
| La fatalité des Valar | Auteur: Lehonora | Vue: 1823 |
| [Publiée le: 2006-08-27] [Mise à Jour: 2008-06-04] | ||
| G | Général/Action-Aventure/Romance | Commentaires: 39 |
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Description: Le Seigneur des Ténèbres a vaincu les Peuples Libres et a retrouvé sa pleine puissance. Il a fait de Léhonora, l'unique fille d'Aragorn, sa captive. Elle se battra mais cela sera-t-il suffisant en sachant qu'elle a déjà tout perdu? Cependant, le sang des Nùmenorrèens qui coule dans ses veines la fera paraître aussi sauvage et froide que son ennemi afin de se protéger de lui. Et si cela se retournait contre elle à un point où tout retour est impossible? | ||
| Crédits: Les personnages et les lieux ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de J.R.R. Tolkien et de ses oeuvres, sauf le nom de l'épée "Shannara" qui appartient à Terry Brooks. Seules les personnages de Léhonora alias Eldariel,Gryoth,Zakara et Sirakù qui sont de mon imagination. |
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Les Ténèbres du Mordor[4906 mots] |
Publié le: 2006-08-27 | |
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Les Ténèbres du Mordor
Le combat avait cessé à Morannon devant la Porte Noire du Mordor. Le peu de survivant restant était encerclé par l’armée du Mal dont les Nazgùls surveillaient de très près. Un grondement de tonnerre retentit et le ciel se voila. Le sol en cendre se mit à trembler et un épais nuage noir envahit la Tour de Barad-Dûr. Lorsqu’il se dissipa, l’Oeil de Sauron avait disparu et les hommes comprirent qu’il faudra plus qu’un combat pour faire renaître la paix.
Léhonora se rapprocha de son père, elle n’avait que seize ans et elle se trouvait là, face au destin du monde qui s’annonçait. Ses yeux gris reflétaient la peur qui grandissait en elle sans pouvoir la contrôler. Son père, Aragorn, lui prit la main qu’il sentit trembler.
Les Orcs s’écartèrent pour laisser passer un cavalier tout en noir avec le symbole de l’Oeil de Feu. Ses cheveux étaient d’un noir d’ébène et ses yeux de braise laisser échapper une cruauté sans limite. Le Seigneur des Ténèbres était de retour, plus puissant que jamais, avec l’Anneau Unique dont les écritures flamboyaient.
Gandalf, Eomer, Legolas, Gimli et les Dùnedain se rapprochèrent d’Aragorn tandis que celui-ci repoussa sa fille à l’arrière. Elle fut rejointe par Merry et Pippin.
_ Vos espions ont échoués. Comment avez-vous pu croire que des Semis Hommes étaient la clé de votre victoire et de ma perte ? Pauvres fous !
Son regard ténébreux pénétra dans celui d’Aragorn.
_ Enfin j’aurai le plaisir de voir le dernier descendant d’Isildur mourir de mes propres mains.
Mais au moment où il voulu le défier, son regard croisa Léhonora qui sentit un frisson la parcourir. Il ne pouvait se tromper. La jeune fille entendit sa voix dans sa tête et elle crut mourir tant la douleur était grande. Elle tomba à genoux et tout se stoppa.
_ Léhonora, la fille unique… Amenez-la moi ! ordonna-t-il.
Le Roi Sorcier l’obligea à faire face à son Maître et elle ne résista pas. Il l’observa durant un moment qui lui sembla une éternité. Il lui caressa une mèche de ses cheveux emmêlés.
_ Comment une beauté telle que toi a pu se retrouver sur un champ de bataille, en sachant que tu peux vivre avec les tiens à Valinor ? Pourquoi te bats-tu pour le Peuple des Hommes ?
_ Il est mon Peuple et je l’ai choisi il y a bien longtemps.
_ Tu ne devrais pas jouer au héro ma jolie.
_ Je vous interdis de me tutoyer et de m’appeler « ma jolie », répliqua-t-elle sur un ton sec.
Sauron n’aima pas le ton qu’elle prenait avec lui.
_ Quelle insolence envers ton Seigneur et Roi.
_ Mon seul Roi et mon père.
La correction fut directe. Sauron la frappa si brutalement du revers de la main qu’elle vacilla et tomba la bouche en sang. Aragorn sentit la haine l’envahir. Jamais il ne supportera que l’on lève la main sur sa fille. Il voulu agir mais Gandalf l’arrêta.
_ Ne faites rien ou il la tuera.
Le Seigneur des Ténèbres descendit de son cheval et s’avança vers la jeune fille.
_ Je te pensais bien éduqué Princesse Léhonora. Tu perdras ton insolence et t’inclinera devant moi.
Il fit signe aux Nazgùls d’emmener les prisonniers excepté la jeune fille qui fut contrainte de le suivre. Elle lança un dernier regard à son père avant de le perdre de vue, les larmes aux yeux.
Quand ils arrivèrent à la tour, elle fut emmenée dans une chambre. Il y avait un grand lit aux draps rouges, ainsi que les rideaux de la fenêtre qui menait sur un balcon. Lorsqu’elle fut enfin seule, elle se laissa tomber sur le lit en sanglot. Comment cela pouvait-il arriver ? Elle se retrouvait dans le pire endroit. Son cauchemar venait de prendre vie. Pour la première fois de sa vie, elle se sentit perdue, seule et abandonnée.
Rien ne sera plus comme avant. Son père ne sera plus là pour la consoler, l’aider et plus encore, l’aimer. Ses bras la serrant contre son corps afin de la réconforter, ses douces paroles chassant les larmes. Plus jamais, elle ne pourra se réfugier auprès de lui dans les moments de détresse. Lui qui l’a élevé, vu grandir, lui ayant tout enseigné. Léhonora devait faire un trait sur ce passé révolu. Elle avait tout perdu, sa famille et ses amis.
Elle se releva brusquement en essuyant ses larmes lorsqu’elle entendit la porte s’ouvrir. Un serviteur entra avec une robe rouge dans ses bras. Il ne dit tandis qu’il la posa sur le lit, sans un regard pour la jeune fille qui ne s’en plaignit pas et il ressortit comme il était venu. Léhonora prit la robe d’une bonne longueur avec de larges manches pendantes et un décolleté provocant qu’elle n’appréciait guère. Pourtant, elle se changea car elle commençait à se sentir mal à l’aise dans son habit de combat poussiéreux et en sang. Elle détacha ses cheveux et tenta tant bien que mal à bien les remettre. Mais sa séance de beauté fut de courte durée car la porte de la chambre s’ouvrit de nouveau pour faire place au Roi Sorcier.
_ Suis-moi !
Mais la jeune fille resta de marbre, elle n’avait pas l’intention de se faire manipuler, même s’il s’agissait du Seigneur d’Angmar, le seul Nazgùl à la faire fléchir.
_ Si cela ne tenait qu’à moi, je t’aurai achevé devant ton père avant de le laisser mourir à son tour.
_ Alors qu’attendez-vous ?
_ Il te veut vivante.
Il l’attrapa par le bras, l’obligeant à le suivre, ce qu’elle fit sans résistance. Ils traversèrent un long couloir puis descendirent l’escalier avant d’arriver devant une porte. Ils pénétrèrent dans une immense salle, la Salle Noire, la salle du trône en quelque sorte. Léhonora, malgré son mépris et son angoisse, était fascinée par les sculptures et les runes. Mais son regard se tourna vite vers Sauron et les hommes face à lui. Ils étaient des Princes d’Harad, des Capitaines Corsaires, mais le plus méprisant pour Léhonora fut la présence des Numénoriens Noirs, sa propre parenté.
Elle fut poussée face à Sauron et leur regard, sans faille, se croisèrent.
_ Incline-toi devant ton Seigneur ! ordonna le Roi Sorcier.
_ Je ne m’inclinerai jamais face à un homme dont je refuse de le reconnaître comme mon Seigneur.
Sauron lança un regard noir rempli de haine à la princesse qui resta sur ses positions. Le Nazgùl comprit et frappa la jeune fille dans les cotes gauches. Sous la douleur brutale, elle étouffa un cri et tomba à genoux devant son ennemi.
_ Voilà qui est mieux.
Puis, il se tourna vers ses alliés qui étaient ravis de pouvoir jouir de ce spectacle, surtout les Numénoriens Noirs.
_ Voici devant vous la dernière héritière d’Isildur par son père Aragorn, dit Elessar, Roi légitime du Gondor et d’Arnor. Léhonora, fille des Rois de Nùmenor, est dès ce jour celle qui assurera ma ligné et l’unira à celui d’Elendil. Et j’ajoute que dans quelques jours, la cité de Minas Tirith tombera et le royaume sera sous mon autorité. Pour ce qui concerne le royaume du Rohan, cela n’est plus qu’une question de temps.
Léhonora regarda le sol, elle n’osait pas lever les yeux, peur de croiser son regard. S’il voulait un héritier du sang de Nùmenor, il n’hésitera pas à abuser d’elle pour l’avoir. Elle pensa soudain aux princes restés à Minas Tirith. Elle savait qu’ils se battront jusqu’au bout pour protéger le royaume et son peuple. Mais qu’adviendra-t-il d’Eowyn ? Elle était de sang royal par sa mère.
Sauron regarda attentivement la jeune Elfe. Il était conscient que s’il parvenait à avoir des descendant du sang d’Elendil, il aura le droit légitime de régner sur le Gondor et l’Arnor, ce qu’il souhaitait. Etant donné que Léhonora était la dernière descendante en ligne directe, elle était la seule à lui fournir ce pouvoir légitime sur les deux royaumes. Mais, étrangement, il se répugnait à lui faire du mal, elle était si belle. Alors, il trouva un moyen.
_ J’ai un pacte à te proposer. Si tu l’acceptes, tes amis seront libérés.
La princesse resta silencieuse, elle avait comprit ce qu’il voulait d’elle à travers ce pacte et jamais elle ne se soumettra, quelque en soit le prix à payer.
_ La Liberté ne s’achète pas. Je refuse d’accepter un quelconque pacte pour une liberté où fuir et se cacher seront les seules solutions pour la préserver, répliqua-t-elle avec force.
_ Si cela est ton choix, ne craint pas les conséquences, tu les connais d’avance. Ramenez-la !
Toujours avec sa douleur lancinante, elle se leva et suivit sans faire d’histoire le serviteur. Durant le trajet, elle observa le chemin afin d’éviter de se perdre si elle sortait seule dans la tour, si qui sera sûrement peu probable, mais deux précautions valaient mieux qu’une.
Le serviteur la laissa devant la porte de la chambre sans y pénétrer. Léhonora entra et remarqua une bassine d’eau ainsi qu’un plateau de fruits sur le petit bureau. La jeune fille, mourant de faim, se jeta sur la nourriture et tenta d’en oublier sa douleur due au coup porté par le Sorcier d’Angmar. Dès lors, elle se jura de ne jamais lui céder.
Plusieurs heures passèrent et elle ne cessait de tourner en rond, en réfléchissant au moyen de s’évader et en maudissant Sauron. Son envie de sortir se fit de plus en plus forte mais en ouvrant la porte de sa chambre, elle eut le malheur de croiser le Seigneur des Ténèbres. Elle recula lentement, prise de stupeur. Sauron ne dit rien et son regard neutre n’était peut-être pas un bon présage.
_ Je te laisse la liberté d’aller au bon te semble sur mes terres, mais prends garde, ne te crois pas si libre que cela. Les dragons et les loups te surveillent et seront de rattraper si tu tentes de t’enfuir.
Léhonora, la surprise de le voir passée, remarqua qu’il n’honorait pas son rang et cela eut le don de l’énerver.
_ Je vous interdis de me tutoyer, je suis de sang royale et me devait le respect. Vous êtes méprisable.
Sauron lâcha son rire ironique qui fit glacer le sang de la princesse.
_ De si cruelles paroles par une telle beauté. Comment être aussi insolente par un si beau visage ? Mais peu importe, tu te soumettras.
_ Cela m’étonnerait. J’ai toujours étais libre, libre de mes actes et de mes paroles. Quant aux ordres, s’ils me sont imposés, je les défis et peu importe le résultat. Je refuse à ce que l’on dicte ma vie.
A ce moment, elle vit une flamme de haine dans ses yeux mais ne la craignit guère.
_ Je ne supporterai pas ce genre de langage envers moi, Princesse Léhonora, surtout lorsqu’il s’agit d’un Dùnadan.
_ C’est bien dommage car c’est mon père qui me l’a enseigné et j’en suis fière.
Cette fois, Léhonora en avait trop dit et Sauron ne l’apprécia pas. Il s’avança vers elle jusqu’à ce qu’elle soit prise au piège entre lui et le mur. La jeune fille en perdit son assurance et se retrouva sous sa volonté.
_ Fais attention à tes paroles, un seul faux pas et tes amis en payeront les conséquences.
Son regard flamboyant la fit baisser les yeux et il partit. Léhonora attendit qu’il soit hors de vue avant de prendre le chemin opposé. Elle traversa le couloir puis arriva devant un grand escalier. Elle le descendit et se souvenu qu’elle l’avait déjà emprunté. Une fois en bas, la porte menant à la Salle Noire était ouverte. De là où elle était, elle vit la grande porte de la tour et, en la fixant, elle s’y dirigea sans regarder autour d’elle car des orcs veillaient.
Léhonora se trouvait sur la dernière marche, regarda le sol mort du Mordor et y posa ses pieds qui firent soulever la poussière. Le ciel était voilé de lourds nuages noirs et les montagnes menaçantes se dressaient autour du pays. La jeune fille marcha en silence et laissa le vent chaud soulever sa robe.
Elle ne prit pas garde à la distance qu’elle parcourue jusqu’au moment où elle remarqua l’entrée d’une grotte au flanc de la montagne. Elle s’approcha et entra sans même penser où cela pourrait la conduire. Elle emprunta le seul chemin, un escalier qui descendait dans les profondeurs de la terre. Puis se divisa en deux, elle fut hésitante mais prit à droite quand elle entendit des pas venant de gauche.
Elle continua jusqu’à ce que, de nouveau, elle descendit un escalier, moins long que le précédent. Le couloir étroit contenait des cachots fermés par de grosses portes en fer noir. Elle ne put s’empêcher de lâcher un léger cri quand une odeur pestilentielle monta à ses narines, elle pouvait parier que des cadavres pourrissaient ici depuis longtemps.
_ Quelle horreur ! Maudit soit Sauron ! s’exclama-t-elle à voix haute sans s’en rendre compte.
Elle voulu faire demi-tour mais une voix familière l’interpella. Elle se retourna et tenta de déterminer sa source.
_ Ada ! Ada !
Des cris de tortures provenant de l’étage en dessous furent les premiers à répondre suivit par son père, enfermé dans un cachot. Léhonora débloqua le lourd loquet avec peine, mais celui-ci finit par céder et la porte s’ouvrit.
Aragorn était attaché aux poignets par une chaîne qui était scellée au mur. Il serra fort sa fille contre lui lorsqu’elle se jeta dans ses bras où elle lâcha ses larmes. Il caressa sa chevelure et l’embrassa sur la joue. Il prit sa tête entre ses mains et regard son visage meurtrit par la douleur et le chagrin.
_ Il t’a touché ? T’a-t-il fait du mal ?
Elle secoua la tête, les yeux rougis par les larmes.
_ Non, il n’a rien fait, pas encore en tout cas. J’ai peur papa, si tu savais à quel point j’ai peur.
Il la prit à nouveau dans ses bras. Il savait ce que Sauron voulait de sa fille, il l’avait comprit au moment il l’avait emmené avec lui. Léhonora lui raconta ce qui c’était passé et il comprit d’où venait sa peur.
_ Il existe une plante, une fleur à pétales rouges et au pollen bleu…
_ La Fleur de Virginité ? Maman m’en a déjà parlé et m’en a montré. Elle m’a aussi dit qu’elle poussait dans n’importe quel endroit.
_ Trouve-la ! Cherche sur les pentes des montagnes et des collines, entre les rochers, mais prends garde à ne pas alerter Sauron.
Léhonora comprit la raison qui poussait son père à lui indiquer où chercher, mais elle préférera mourir plutôt que de se soumettre. En pensant à cette solution, elle lâcha dans une voix de détresse.
_ Je voudrai me jeter du haut d’une falaise.
_ Je te défends de dire une chose pareille Laïa. Je te le défends.
Et afin qu’elle ne perde pas espoir, il enleva l’Anneau de Barahir et la lui mit au doigt.
_ Papa, je…
_ Garde-le ! Ainsi, tu seras que je serai toujours à tes cotés.
Il l’embrassa sur le front et elle enfouit sa tête dans ses bras afin de graver à jamais dans son cœur la chaleur et la sécurité de son corps.
_ Emouvant !
Ils se lâchèrent brusquement et virent Sauron à l’embouchure de la porte.
_ Je t’avais dis que tu es surveillé ! Pourquoi n’écoute-tu pas ce que je te dis, cela t’évitera bien des ennuis.
_ Je n’écoute déjà pas mon père, alors pourquoi vous ?
Le Seigneur des Ténèbres entra dans le cachot et la jeune fille recula.
_ Vous devez être fière de votre fille Seigneur Aragorn. Un tempérament de feu, je sais désormais de qui elle tient, mais une telle insolence pour une fille de son âge est désolant, vous êtes passé à coté de son éducation. Cela est indigne à son rang.
Aragorn sentit son sang bouillir dans ses veines.
_ Elle honore sa lignée et ses ancêtres.
_ Si c’est ce que vous pensez.
Il fit un signe et deux serviteurs entrèrent en prenant la jeune fille qui se débattit.
_ Non, lâchez-moi !
Mais rien n’y fit et ils sortirent suivit de Sauron.
_ Si vous la touchez, ne serai-ce qu’à un seul de ses cheveux, vous me le payerez. Je vous en donne ma parole, rien ne pourra vous protéger.
Il se retourna, le sourire aux lèvres.
_ Je n’en doute pas, mais une si belle fille n’est pas faite pour rester vierge.
Sur ces mots, la porte du cachot claqua et Aragorn, la haine en lui, s’écria :
_ J’aurai ma revanche, dans cette vie ou dans l’autre, si tu lui fais le moindre mal.
Pour seule réponse, le ricanement de Sauron et l’appel à l’aide de Léhonora. Aragorn se laissa tomber à genoux et pria pour que les Valar la protégent.
Dans les Plaines de Gorgoroth, Léhonora continuait à se débattre. Perdant sa patience, Sauron l’attrapa par les cheveux, l’obligeant à se mettre à genoux face à lui.
_ Ecoute-moi bien, ici c’est moi le maître. Tiens-toi tranquille et aucun mal ne te sera fais. Est-ce clair ?
Ne pouvant dire un mot sous la peur, elle hocha la tête, ce qui déplu au Seigneur des Ténèbres qui tira encore plus.
_ Oui, murmura-t-elle dans un sanglot.
Sauron la lâcha et ses serviteurs la reprirent avec fermeté.
En arrivant à la tour, un étalon noir et un groupe de combattants l’attendaient.
_ Veillez à ce qu’elle reste dans sa chambre jusqu’à mon retour.
_ Bien mon Seigneur.
Et il partit à grande allure à travers les plaines suivit de sa troupe. Léhonora les regarda s’éloigner dans un nuage de poussière. Puis, elle fut poussée en avant. Ils entrèrent dans la tour et gravirent les marches du grand escalier jusqu’à sa chambre. Un des serviteurs ouvrit la porte en la jetant à l’intérieur et la claqua derrière elle. Léhonora alla sur le balcon et regarda le ciel masqué par les nuages noirs du Mordor.
_ Oh Elbereth, aide-moi.
Un coup de vent froid sur son visage lui fit comprendre qu’elle avait été entendue. Elle parvint à sourire et retourna dans la chambre. Elle ignorait où Sauron était partit, mais elle savait qu’elle avait du temps avant son retour, alors elle examina plus en détaille la chambre et vit une porte au fond de la pièce. Elle l’ouvrit et découvrit une salle de bain avec une énorme bassine, une cheminée et deux cordes reliant les deux mures opposés. Léhonora referma vivement la porte lorsqu’elle entendit quelqu’un entrer.
C’était une jeune fille, du Pays d’Harad, elle en avait l’apparence, avec ses longs cheveux noirs attachés en natte et les yeux marron avaient un reflet gris. Elle portait une simple robe rouge et noire. Elle avait l’air d’avoir le même âge que Léhonora.
_ Je suis Gryoth. Mon Seigneur m’envoie à vous en tant que serviteur. Il me charge de vous aider à vous préparer pour son retour.
_ Je n’ai nul besoin d’aide, répliqua-t-elle avec froideur.
Cependant, elle regretta vite ses paroles car elle vit de la peur dans ses yeux. Gryoth se dirigea vers la salle de bain pour faire chauffer de l’eau. Léhonora se mit à l’embouchure de la porte et s’empressa de s’excuser auprès d’elle.
_ Je suis désolée. J’ai le mal du pays et je… je ne voulais pas vous effrayer.
Mais elle ne répondit pas. La princesse se détourna et s’en voulue d’avoir était aussi dure avec elle. Après tout, elle ne la connaissait pas et, apparemment, elle aussi était là contre sa volonté. Un cri la tira de ses pensées et retourna dans la pièce. Une des deux cordes avait cédé et a frappé la main de la fille qui se mit à saigner. Léhonora déchira sans hésitation le bas de sa robe, mit le tissu dans l’eau froide pour pouvoir ensuite bander la plaie, mais celle-ci refusa.
_ Non, ça va aller.
_ La blessure peut s’infecter…
_ Personne ne s’est jamais occupé de moi, pourquoi vous, vous le feriez ? répliqua-t-elle sur un ton sec cachant de la tristesse.
Léhonora comprit qu’elle n’avait pas une vie de rêve comparée aux autres serviteurs qu’elle avait croisé. Avec douceur, elle insista.
_ Donne-moi ta main. Je ne te ferai aucun mal.
Hésitante, elle accepta de se faire aider.
_ Je m’appelle Eldariel.
La princesse savait que la servante ignorait son identité, alors elle en profita pour la masquer et lui donner son nom d’emprunt qu’elle utilisait depuis tant d’années.
_ Vous êtes une Elfe ?
Léhonora hocha la tête et fit un nœud pour que le bandage tienne.
_ Merci. Moi c’est Gryoth.
_ Je vais t’aider…
_ Non, ce…
_ J’insiste. Nous sommes tous égaux.
_ Pas pour lui.
De toute façon, Léhonora ne lui laissa pas le choix. Gryoth lui expliqua le fonctionnement du Mordor et l’autorité effrayante qu’avait Sauron.
_ Il ne me fait pas peur.
_ A moi si, même en sachant qu’il ne me fera jamais de mal.
Léhonora fut perplexe.
_ Mon père était un fils de Dùnadan, mais dès son adolescence, il fut corrompu par Sauron et il lui a fait allégeance.
_ Il est devenu un Nùmenoréen Noir.
_ Oui. Le plus fidèle à Sauron. Un jour, il prit le commandement d’une flotte navale pour l’Harad où il a rencontré ma mère. Ils se sont aimés, mais elle a voulu lui faire briser son serment. Il l’obligea à l’accompagner au Mordor. Je suis née ici et mon père m’a maudit le jour de ma naissance car je n’étais pas le fils qu’il attendait et que… ma mère est morte en me mettant au monde. Il m’a hais et a fais promettre à Sauron, sur son lit de mort, de me garder sous son toit et de me marier à ma majorité afin de retrouver mon honneur. Jamais il ne brisera ce serment, il avait trop d’estime pour mon père.
Léhonora ne sut quoi dire. Elle était née sans l’amour d’une famille et … Sauron avait de l’estime ? Voilà une chose qui la fit rire intérieurement.
_ As-tu pleuré tes parents ?
_ Pourquoi le ferai-je ? Je n’ai jamais connu ma mère et mon père m’a réduit en esclavage dès ma naissance. Je n’ai aucune raison de les pleurer.
Léhonora fut de plus en plus triste pour elle. Puis, elles se rendirent compte que l’eau était prête. Gryoth quitta la pièce. Une fois seule, la princesse enleva sa robe qu’elle détestait tant et entra dans l’eau. Elle était chaude et agréable.
Pendant ce temps, Gryoth étala sur le lit une longue robe rouge et or, ainsi qu’un fin ruban rouge qui servira à attacher la chevelure de Léhonora.
En sentant l’eau refroidir, elle ne s’était pas rendu compte du temps qui avait passé et sortit du bain à contrecœur. Elle prit une des longues serviettes qu’elle attacha autour d’elle et rejoignit la chambre où Gryoth lisait.
_ Je suis désolée d’avoir mit autant de temps.
_ Je suis pareille.
Léhonora attacha sa longue chevelure mouillée pour pouvoir mettre la robe et les re-détacha. La robe traînait au sol, ses manches larges et tombants avaient deux fils en or retenu par une flamme sur l’épaule. Sur le décolleté, moins osé que le précédent, étaient brodées des runes du Parler Noir en or. Malgré la couleur qu’elle détestait depuis son enfance, Léhonora dut admettre que la robe était belle.
_ Vous devez avoir une grande importance pour qu’il vous traite aussi noblement. En général, il torture, surtout les Elfes, et pire, les Dùnedain qu’il traque sans relâche mais qui lui échappent sans cesse. Surtout leur Capitaine, il veut briser à jamais la lignée royale.
_ Je sais, mais il veut l’unir à son propre sang pour gouverner légitiment sur les royaumes des Rois de Nùmenor.
Là, Léhonora vit qu’elle avait décroché et ne comprit pas. Elle alla sur le balcon en se demandant si elle pouvait lui faire confiance et vit un signe positif des Valar.
_ Tu es une fille de Dùnadan, Eldariel ?
Mais elles furent interrompues par l’ouverture de la porte. C’était le Roi Sorcier.
_ À ce que je vois, tu es très spontanée. C’est une bonne chose. Je passerai te chercher dans un quart d’heure.
Léhonora s’avança vers lui.
_ De quel droit me tutoyez vous ? Je ne le supporte pas, j’en ai fais la remarque au Seigneur des Ténèbres et cela va de même pour vous.
Gryoth était surprise de sa réaction. Personne n’osait lui parler ainsi.
_ La même détermination que ton cher père. C’est ce qui lui coûtera la vie, à force de défier Mon Seigneur.
_ Votre Seigneur ? Mérite-t-il vraiment ce titre ? J’en doute.
Gryoth comprit qu’elle ne devait pas être une simple fille du Dùnadan.
_ Tu as des paroles de vipère Princesse.
_ Princesse ? Ne put s’empêcher de s’exclamer Gryoth.
_ Si tu t’en mêles, tu passeras le restant de la semaine aux cachots.
Léhonora ne supporta pas qu’on puisse la traiter ainsi.
_ Je vous interdis de la toucher.
_ Ton insolence envers moi te coûtera chère, Princesse Léhonora.
Et il quitta la chambre en claquant la porte. Gryoth s’éloigna d’elle comme si elle en avait peur.
_ Mais… qui êtes vous ?
_ Eldariel est un nom d’emprunt, comme le font tout les Rôdeurs du Nord pour cacher leur identité et ainsi se protéger contre l’Ennemi.
La jeune princesse hésita puis se révéla.
_ Je suis Léhonora Laïa Elessar, fille d’Aragorn Elessar Telcontar, descendant des Rois de Nùmenor, Capitaine des Dùnedain et Héritier du Trône des Royaumes du Gondor et d’Arnor.
A présent, Gryoth comprit pourquoi Sauron la voulait et pourquoi elle ne le craignait pas. Et, sous la surprise de Léhonora, elle s’inclina mais la releva.
_ Je ne suis rien ici.
_ Au contraire, vous êtes beaucoup. Toute ma vie j’ai prié pour que Sauron soit défié et vaincu. Votre Venue est un signe d’espoir pour moi.
_…
Elle s’inclina de nouveau.
_ Moi, Gryoth, fille d’Harad au sang des Dùnedain, je jure fidélité, à vous, Princesse Léhonora, fille des Rois de Nùmenor, que je nommerai Eldariel.
La princesse ne put refuser, elle lui prit la main et la releva.
_ Moi, Léhonora, fille de Nùmenor, j’accepte ton serment et que, par ces paroles, les Valar soient témoins de ton serment d’allégeance et te fassent ma protégée.
Elles se sourirent et, comme pour la remercier, Gryoth fit une révérence.
_ Je tiens juste à te dire que je refuserai toutes révérences de ta part et je t’en pris, tutoie moi.
_ Bien sûr mais…
Mais elle n’eut pas le temps de finir sa phrase que le Roi Sorcier revint. Sans un mot, les deux filles le suivirent. Léhonora redoutait le pire, elle ignorait ce qu’étaient advenus les Princes du Gondor qui étaient restés à Minas Tirith. Arrivés devant la porte de la Salle Noire, le Nazgùl repoussa la servante.
_ Tu n’es pas autorisée à y assister.
Léhonora essaya de maitriser sa peur et son stress. Le Nazgùl la fit entrer dans la salle où se trouvaient les capitaines Corsaires, les Princes d’Harad, des lieutenant de l’armée de Sauron et lui-même. Dès leur entrée, le Seigneur Noir fit un signe à un serviteur qui ouvrit une porte et quatre Nazgùls entrèrent en escortant les Princes du Gondor ; Faramir d’Ithilien, Imrahil de Dol Amroth, Golasgil d’Anfalas, et d’autres encore. Tous avaient défendu la cité de Minas Tirith jusqu’à la fin et, d’après les rapports des lieutenants du Mordor, les Princesses Eowyn du Rohan et Lothiriel, fille d’Imrahil, avaient pu fuir la cité en emmenant les habitants avec elles avant l’assaut. Faramir fut amené devant Sauron.
_ Prince Faramir, votre rang d’Intendant vous donne le droit de traiter avec moi.
_ Nous avons un Roi et par conséquence, je refuse de traiter avec vous.
_ Mais étant donné les circonstances, il est dans l’incapacibilité de négocier.
_ Mais moi si, répliqua Léhonora, je suis fille de Roi, je parlerai au nom de mon père.
Les princes furent surpris de la voir ainsi le défier mais ce ne fut pas au goût de Sauron.
_ J’ai tous les pouvoirs et je vous le dis sans détour, qu’aucun fils de Gondor ne se soumettra à vous.
_ Alors chaque fils de Gondor, devra mourir
Son regard de feu pénétra celui de la princesse qui vira au gris orage, la haine se lisait dans ses yeux.
_ Tes amis recevront tous le même sort.
Ses yeux, cachant ses larmes et sa douleur, regarda Faramir où elle put lire dans son regard gris :
« _ Le combat final arrivera plus vite qu’il ne le pense, et il payera tous le mal qu’il aura fait. »
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