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Le Seigneur des Anneaux



La Communauté de l'Anneau   Auteur: Lehonora Vue: 1594
[Publiée le: 2006-10-04]    [Mise à Jour: 2008-06-04]
G Général/Action-AventureCommentaires: 22
Description:
Bah, tout le monde connait déjà l'histoire,lol. Mais, je l'a refait à ma façon et ajoutant des personnages et modifiant des événements tout en respectant l'oeuvre de Tolkien car j'y reste fidèle. J'espère que vous aimerez cette version.
Crédits:
Les personnages et l'histoire ne sont pas à moi. Sauf Léhonora ainsi que sa propre histoire m'appartienne.

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Liens de sang

[4547 mots]
Publié le: 2007-04-09Format imprimable  
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Liens de sang

 

 

 

    Les deux jeunes Elfes approuvèrent en hochant la tête, elles savaient se faire entendre. Lorsqu’il s’agissait d’amis ou de famille, elles agissaient très durement pour faire partie de la mission, quel que soit le danger. Cependant, Eldariel craignait la colère de son père et su qu’il n’acceptera pas à ce qu’elle reste. Si son grand-père avait mentionné son départ, c’était que son père désirait à ce qu’elle quitte ses terres. Pourquoi ? Pourquoi ne lui avait-il rien dit ? Elle se sentit trahie par son propre père.

    Le Seigneur Elrond, sentant son questionnement et son chagrin d’être ainsi à l’écart, répondit :

  - Il s’inquiète pour toi. Il ne veut pas que tu connaisses la guerre et toutes les douleurs qu’elle amènera.

  - Je connais déjà tout cela grand-père. Je les connais depuis bien longtemps et j’ai vécu des choses que la plupart des jeunes filles ignorent, protégées dans leur cocon d’enfant. Je ne suis plus une enfant, je ne l’ai jamais été.

    Eldariel baissa son regard et voulu partir, pourtant :

  - Attends ! Il faudra que tu fasses faire soigner cette blessure par un de mes Guérisseurs.

    Eldariel soupira et voulu affirmer qu’elle allait bien mais lorsqu’il posa sa main à l’endroit de sa blessure, la douleur ressurgit. Il la regarda gravement et demanda à Lessien de l’emmener voir le Guérisseur. La jeune Elfes fut contrainte d’obéir. Que pouvait-elle faire ? De plus, son père sera au courant que sa blessure n’était pas totalement guérite et il s’en mêlera, comme d’habitude lorsqu’il s’agissait de sa santé. Il ne cessait de la considérer comme… comme un bébé et elle détestait cela. Son amie remarqua son regard de colère et l’incita au calme. Le temps viendra où elle pourra lâcher sa colère sur un champ de bataille.

    Les deux jeunes Elfes se dirigèrent vers les Maisons de Guérison en espérant trouver l’Elfe qu’elles cherchaient. Eldariel refusait à ce qu’un homme la soigne, hormis son père ou les Dùnedain. La pudeur était une chose sacré pour elle, elle y accordait plus d’importance que sa propre vie. Autrefois, elle n’y avait jamais pris garde mais depuis ce jour-là, elle devenait folle si elle était menacée, même pour de bonnes intentions comme soigner une blessure, et cela fut le cas.

  - Je suis navrée Princesse mais elle a quitté la cité et je suis chargé de la remplacer, informa l’Elfe.

    Eldariel se tourna vers son amie qui comprit ce qui la dérangeait, pourtant, elle la regarda comme si de rien n’était. Elle devait faire soigner cette blessure.

  - Oh non, non Lessien. Tu ne m’y forceras pas. Même les armées noires de Sauron ne pourront me convaincre.

  - J’espère être pire que ces armées dans ce cas, répliqua Lessien.

    Pourtant, Eldariel était sérieuse et les quitta. Son amie la poursuivit afin de la raisonner. Elle ne pouvait pas laisser cette blessure sans soins, ce n’était qu’un Elfe, de plus elle restera à ces cotés si elle souhaitait. Eldariel s’arrêta et se retourna brusquement.

  - Elfe ou pas, se sont tous les mêmes. Je refuse de montrer mon corps à un homme, est-ce clair ?

    Son ton avait été froid et Lessien comprit qu’elle ne changera pas d’avis, alors elle trouva une autre solution. Elle devra demander l’aide de la Dame Arwen, elle avait des talents de guérisseuse, elle pourra la soigner elle-même. Elle laissa son amie partir et elle se dirigea vers le jardin, la Dame Arwen devait sûrement s’y trouver avec Grand-Pas.

    Eldariel se tenait sur son lit, un cousin contre le mur afin d’atténuer la douleur de sa blessure dans le dos. Elle avait son journal entre les mains. Depuis bien longtemps déjà, elle écrivait ses souvenirs dans un journal. C’était important pour elle. Elle leva son regard vers la fenêtre, le vent faisait soulever les feuilles qui s’envolaient. Elle entendait les oiseaux chanter et la mélodie de la cascade. Elle n’était plus la même depuis quelques années et Imladris n’apaisait plus ces angoisses, ni même la belle Lothlorien.

    Un frappement à la porte la tira de ses pensées. Sa mère entra avec de quoi soigner sa blessure. La jeune Elfe sourit, Lessien ne changera jamais, elle était la sœur qu’elle n’avait pas. Eldariel referma son journal et voulu s’asseoir sur le rebord du lit mais sa blessure lui tira le dos. La Dame Arwen s’approcha d’elle en lui demandant de ne pas bouger et qu’elle allait s’occuper de sa plaie.

  - Ton grand-père m’a fais part de ce qui s’est passé dans son bureau. Tu sais qu’il est irrespectueux d’écouter aux portes.

    Eldariel soupira. Sa mère n’a jamais été douée pour les réprimandes, seul son père parvenait à se mettre en colère, et il était vrai qu’elle l’écoutait beaucoup plus.

  - Il parlait d’Omlalys. Que voulais-tu que l’on fasse ? De toute façon, Lessien a fait son choix. Elle partira avec ou non le consentement de grand-père. Je crois qu’il l’a comprit car il n’a pas insisté.

    Sa mère finie de panser sa plaie et sa fille se leva. Le lendemain devait avoir lieu un conseil secret où des Nains, des Elfes et des Hommes, en comptant Frodon et Gandalf, seront présents. Des représentants de chaque race de la Terre du Milieu afin de décider de ce qui adviendra de l’Anneau et du destin de cette terre. Eldariel a fait son choix. Quoi qu’il puisse se décider, elle partira en mission. Elle refusait de rester sans rien faire.

    La Dame Arwen sentit qu’elle préparait quelque chose. Quelque chose qui changera le destin de sa fille mais elle avait d’autres projets pour elle. Le père d’Eldariel avait lui-même décidé cela pour leur fille. Quitter ces rivages. Quitter la Terre du Milieu était la pire des choses qu’Eldariel pouvait subir de la part de ses parents. Elle s’était battu toute sa vie, elle a tout sacrifié, de son enfance jusqu’à son innocence. Elle refusait d’avoir subit tant d’épreuves pour tout abandonner.

  - Je ne partirai pas. Tu le sais et papa aussi. Mon destin, le chemin que je dois suivre se trouve ici.

    Sa mère se leva. Il était impossible de faire céder sa fille, elle en était consciente mais elle pouvait peut être la faire réfléchir.

  - Personne ne connaît l’issu de cette guerre. Personne ne sait où elle nous mènera. Si Sauron est vaincu, tu sais ce qui se passera. Les Hommes deviendront ses esclaves, les Elfes seront torturés. Il fera égorger les enfants et les femmes de sang noble ou princier seront abusées. Tu le sais. Ne le nie pas.

    La jeune Elfe fit face à sa mère.

  - Je ne le nie pas. Mais sache une chose, je mourai avant. Que nous soyons vainqueur ou vaincu, ma vie s’achèvera avec la fin de la guerre. Je veux mourir sur un champ de bataille maman. C’est mon destin et mon choix. Je n’aurai rien au-delà de la guerre. Ni mari ni enfant tu le sais.

    La jeune Elfe soutint son regard. Elle ne céda pas. Sa mère finie par abandonner. Elle n’aura pas raison sur elle. La guerre lui a prit sa vie, elle lui a prit tant de choses.

    Eldariel attendit que les pas se soient éloignés avant de sortir de sa chambre. Elle marchait calmement dans les couloirs, allant au hasard. Puis, elle se dirigea vers un lieu qu’elle aimait beaucoup dans cette cité. Elle se retrouva dans une grande salle ovale dont les murs étaient peints. Il y avait comme une sorte de petite cours au milieu que l’on pouvait atteindre par des escaliers. Les immenses peintures représentaient des événements importants de la Terre du Milieu, comme la chute de Sauron et le combat au Mordor avec l’Alliance des Hommes et des Elfes. Elle arriva devant une magnifique statue, une femme a la tête baissée, l’air triste. Elle tenait un socle où reposait une épée brisée sur de la soie bleue marine.

    Narsil, ou Andùril la Flamme de l’Ouest, l’Epée des Rois. Elle fut brisée par Sauron lorsque Isildur lui arracha l’Anneau de Pouvoir il y a fort longtemps. Seul son unique héritier aura le pouvoir de la brandir et Eldariel le connaissait fort bien. Mais ce rôle lui faisait peur et il a choisi l’exile. Elle s’approcha et voulu la tenir dans ses mains mais un étrange sentiment s’être observée la fit renoncer.

  - Pourquoi en as-tu peur ? Tu ne devrais pas, fit une voix qui lui était familière.

    La jeune Elfe se tourna vers sa droite et vit Grand-Pas assit sur un banc en marbre, un livre à la main. Son regard d’un gris pénétrant s’engouffra au plus profond d’elle. Elle avait parfois l’impression qu’il pouvait sonder ses pensées et elle baissa les yeux.

  - Je n’en ai pas peur contrairement à l’homme qui devrait en hériter. Cela n’est pas à moi de la brandir.

    Grand-Pas su très bien à qui elle faisait allusion mais il ne dit rien. C’est alors qu’un homme qu’elle n’avait jamais vu se joignit à eux. Il avait des cheveux châtain et raide, son regard mi gris mi marron déplu à la jeune Elfe. Il lui lança un étrange sourit qui n’eut pas de réponse de la part d’Eldariel. Il se tourna vers le Rôdeur.

  - Vous n’êtes pas un Elfe ?

  - Je suis un ami de Gandalf le Gris, répondit-il.

    Le nouvel arrivant lui sourit.

  - Dans ce cas, nous avons un but commun… mon ami.

    Eldariel secoua la tête en soupirant. Cet homme venait du Sud, elle avait reconnu l’accent du Gondor. Elle s’apprêta à partir mais il l’interpella :

  - Excusez-moi jeune Demoiselle mais je ne crois pas vous connaître. Je suis Boromir du Gondor.

    La jeune Elfe le regarda fixement. Il était trop fier de lui, il était hautain, elle savait sentir ce genre de chose chez autrui. Elle ne faisait pas confiance aux hommes, sauf les Dùnedain, et encore, elle évitait ceux qu’elle ne connaissait pas. La jeune Elfe prit son air hautain comme son interlocuteur afin qu’il comprenne qu’elle n’était une fille soumise.

  - Tout ce que vous serez de moi est que je me nomme Eldariel.

    Et, après une légère révérence afin de ne pas salir la réputation de son peuple, elle partit. Cependant, Boromir ne sembla pas de cet avis et voulu la suivre mais Grand-Pas le stoppa.

  - Il vaut mieux pour vous ne pas faire cela. Vous ne la connaissez pas et elle ne vous connaît pas. Elle est très méfiante envers les inconnus et peut se montrer violente. C’est dans votre intérêt Seigneur Boromir.

    L’homme de Gondor quitta la salle sans un mot. Le Rôdeur n’avait pas aimé ce regard qu’il avait lancé à la jeune Elfe et le fait qu’il emprunta le chemin opposé le rassura. Le Rôdeur posa son livre et se leva en se dirigeant vers la statue. La jeune Elfe avait raison mais quelque chose en lui refusait ce destin même s’il était conscient que son heure était venue.

    Eldariel passa devant la cour de la ville lorsqu’elle vit Lessien avec son cheval, prêt pour un proche départ. Elle portait de simples vêtements légers avec son carquois et son épée. Sa chevelure était attachée en queue-de-cheval. Eldariel descendit les escaliers en courant afin de la rejoindre avant qu’elle ne parte. Pourquoi ce départ prématuré ? Elle aurait dû participer au Conseil.

  - Lessien, s’écria-t-elle en arrivant à sa hauteur.

    La Gardienne d’Imladris se tourna vers elle avec un étrange regard. Elle sentit que son amie se questionnait et s’inquiétait.

  - Un messager est venu d’Omlalys, il est mourant. Le royaume est en perdition et je dois partir maintenant afin de les aider. Aucune aide extérieure ne viendra. Ma présence est nécessaire afin de motiver les hommes, de préparer les défenses et faire évacuer les survivants. La citée voit ses habitants se diviser. Le Seigneur Elrond a confiance en moi pour les réunir.

    Eldariel avait sentit de la peur dans sa voix.

  - Moi aussi, j’ai confiance en toi. Fais attention.

    Les deux jeunes Elfes s’étreignirent.

  - Nous nous reverrons Eldariel. Nos épées chanteront ensemble au combat.

    Elles se séparèrent à contre cœur et Lessien monta sur sa magnifique monture. Elles se regardèrent une dernière fois en prononçant la prière rituelle des Elfes avec la main sur le cœur.

  - Que les Valar veillent ta route et te guide dans les chemins sombres.

    Lessien fit cabrer sa jument et quitta Imladris au galop.

    Eldariel resta dans la cour durant un long moment. Même le crépuscule ne la fit pas rentrer. Elle regarda les étoiles qui apparurent dans le ciel éclairé par la Lune. La nuit promettait d’être belle mais son cœur n’y était pas. Elle entendit des pas s’approcher derrière elle. Elle ne se retourna pas, connaissant leur identité.

  - Vous devriez vous reposer jeunes Hobbits. La journée de demain risque d’être longue.

    Sam et Frodon se regardèrent au moment où la jeune Elfe se retourna en leur souriant. Elle demanda à Frodon comment allait sa blessure. Les Guérisseurs Elfes l’avaient remit sur pieds.

  - Et vous Dame Eldariel ? Votre blessure était guérie ? demanda Sam.

  - Je suis plus solide que ce que vous pensez Maître Sam, mais oui, elle est guérie.

    Bien qu’Eldariel avait voulu passer la soirée seule, la présence des deux Hobbits lui fit chaud au cœur, surtout lorsque que Merry et Pippin vinrent les rejoindre. La soirée de la jeune Elfe fut moins triste depuis le départ de son amie. Le chant des Elfes apaisa Eldariel, elle se sentit calme et sereine. Elle s’installa contre un arbre dans le jardin où elle écouta, sombra dans les chants de son peuple.

    Le sommeil commença à l’emporter lorsqu’elle sentit des bras la soulever. Elle connaissait ce contact chaud et réconfortant. Sa voix ressemblait à un chant. Elle garda les yeux fermés afin de garder cet instant magique. Elle se sentit poser sur son lit où sa couverture fut tirée sur elle afin de la recouvrir.

  - Ada, murmura-t-elle.

    L’homme sourit et l’embrassa sur le front avant de quitter la chambre.

    Le lendemain matin, l’aube était à peine levé qu’Eldariel se tenait prête pour le Conseil. Les feuilles brunes tombaient des branchages des arbres, le vent les faisait danser dans la citée. La jeune Elfe s’était vêtue d’une robe d’un vert sombre dont des symboles étaient entrelacés par des fils argentés sur le décolleté. Sa chevelure était coiffée d’un diadème en argent qui attachait des mèches de cheveux tressés. A travers son regard gris, elle se regarda dans le miroir et quitta sa chambre.

    Le couloir était silencieux. Les gardes s’inclinèrent à son passage. En chemin, elle vit Frodon et Gandalf qui rejoignaient la terrasse isolée où se tiendra le Conseil. Des sièges formaient un cercle autour d’un socle se dressant au milieu. Ils étaient tous identiques sauf un, celui du Seigneur d’Imladris qui était surélevé par rapport aux autres. Les personnes convoquées étaient déjà installées. Les trois arrivants s’inclinèrent devant le Maître des lieux et prirent leur place.

    A la droit du Seigneur Elrond se tenait Frodon aux cotés de Gandalf, ensuite venait des Nains. Gloin, Seigneur des Nains, accompagné par son fils Gimli et deux autres Nains qui semblaient être des conseillés. Les Elfes suivaient, certains étaient d’Imladris car leur chevelure sombre était typique du peuple qui y vivait, mais d’autres avait une chevelure blonde et Eldariel vit le Prince Legolas. Eldariel reconnue, à son grand regret le Seigneur Boromir, là elle comprit qu’il s’agissait du fils de l’Intendant du Gondor. Si elle l’avait su plus tôt, elle aurait évité son ton froid de la veille. Elle avait toujours apprit à respecter les Seigneurs, même s’ils ne méritaient que du méprit. Cependant, il ne sembla pas lui en tenir rigueur car il ne cacha pas son sourire. Cette fois, Eldariel le lui rendit. Grand-Pas rit de cela. Il se tenait à sa droite et la jeune Elfe se trouvait près du Seigneur Elrond.

    Le Seigneur Elrond, après avoir fait les présentations, commença son discours et un silence de mort s’installa.

  - Etrangers venus de terre lointaine, Amis de toujours, nous sommes réunis en ce jour afin de répondre à la menace du Mordor. La Terre du Milieu est au bord de la destruction, nul ne peut y échapper. Vous vaincrez ou vous serez vaincu.

    Il se tourna vers Frodon en lui demandant de mettre l’Anneau sur le socle en pierre. Tous eurent leur regard fixer sur cet objet maléfique. Les Elfes eurent un mouvement de recule, comme s’ils sentaient ce noir pouvoir s’engouffrer en eux. Eldariel eut la même réaction. Elle crut sentir le feu en elle et entendre sa voix sombre. Elle ferma les yeux afin de se détendre mais ce fut la main de Grand-Pas sur la mienne qui la calma.

    Après le choc de la terrible découverte, le Seigneur Elrond continua :

  - Cet Anneau a été forgé dans les flammes de la Montagnes du Destin. Il n’y a que là-bas qu’il puisse être détruit et votre hache ne lui insufflera aucune égratignure Gimli fils de Gloin, rajouta-t-il en voyant le Nain se lever avec sa hache, conscient de ce qu’il avait eut l’intention de faire. Si nous voulons détruire le Seigneur des Ténèbres dont son langage, le Parler Noir, est désormais entendu dans tout le Sud, l’un de vous doit emmener cet Anneau et le jeter dans l’abîme flamboyant d’où il est apparu autrefois.

    Il sonda l’assemblée d’un regard grave et termina :

  - L’un de vous, doit le faire.

    Il n’y aucun mouvement, pas un bruit hormis le chant des oiseaux et le vent dans les branchages. Ce silence insupportable pour Eldariel fut interrompu par Boromir qui se leva.

  - Lors d’un rêve, j’ai vu à l’Ouest le ciel s’assombrir mais une pâle lueur persistait et une voix me disait : votre fin est proche. Le Fléau d’Isildur a été retrouvé.

    Boromir s’avança vers l’Anneau afin de s’en saisir mais il eut un mouvement de recule et renonça.

  - Cet Anneau est un don, un don fait aux ennemis du Mordor. Pourquoi ne pas s’en servir ? Depuis longtemps mon père, l’Intendant du Gondor, a tenu à distance les forces du Mordor. C’est grâce au sang de notre peuple que vos terres sont encore en sécurité. Donnez-nous l’arme de notre ennemi et laissez-nous l’utiliser contre lui.

  - On ne peut le contrôler, personne ne le peut, coupa Grand-Pas, l’Anneau Unique ne répond qu’à Sauron, il n’a pas d’autre maître.

    Boromir s’avança vers lui, bien décidé à gagner sa cause.

  - Et qu’est-ce qu’un Rôdeur connaît à ces choses.

    Eldariel, sentant une insulte, se leva brusquement.

  - Prenez garde à vos paroles. Vous pourriez le regretter.

    Boromir la regarda curieusement, sans crainte mais avec une forte envie de la remettre à sa place. Il avait du mal à croire qu’une fille Elfe si belle pouvait cacher une langue de vipère.

  - Cet homme n’est qu’autre qu’Aragorn, fils d’Arathorn et Héritier du trône du Gondor.

    Le Prince de Gondor, qui n’était pas le seul surprit, sut cacher son étonnement.

  - Le Gondor n’a pas de Roi, il n’en a pas besoin, répliqua-t-il.

    La jeune fille voulue répliquer mais elle fut retenue par Aragorn qui lui attrapa le bras.

  - Léhonora, assis-toi ! Cela suffit !

    Son ton sec et sévère l’obligea à se calmer et se rassit. Cependant, Frodon remarqua qu’il avait utilisé un autre prénom et se demanda si elle s’était présentée sous une fausse identité lors de leur rencontre. Bien sûr, Boromir le remarqua, peu en réalité n’étaient pas étonnés, il s’avança et Eldariel désobéit à l’ordre reçu.

  - Léhonora ? Pourquoi avoir un nom d’emprunt alors que celui-ci est bien plus joli ? Vous agissez comme les Rôdeurs du Nord, pourtant, ce n’est pas à eux que je m’identifierai si je devais cacher mon identité.

    Le regard de la jeune Elfe vira au gris orage et le pétrifia sur place.

  - Le sang des Dùnedain coule dans mes veines. La flamme des Nùmenorèens brûle en moi comme le feu dans une forêt.

    Elle jeta un regard à Aragorn qui lui fit comprendre que le temps du mensonge était révolu. Elle l’avait prévenu, elle l’avait avertit qu’un jour, la vérité sur ses origines sera dévoilée. Son regard balaya l’assemblée et elle déclara :

  - Je me nomme Léhonora Laïa Elessar, fille de la Dame Arwen d’Imladris. Mon père est Aragorn et je suis fière de mes deux origines, aussi opposées soient-elles.

    Un grand silence s’installa. Léhonora alla se rasseoir près de son père dont elle sentait de la colère, pourtant, elle crut qu’il lui souriait. Elle avait eu le courage qu’il n’avait pas. Ce mensonge devenait trop lourd à supporter. Elle n’avait pas eu le choix, elle serait devenue folle. Gandalf brisa le silence et reprit le sujet concernant l’Anneau afin d’éviter un autre dérapage, cependant, il comprit la réaction de Léhonora.

  - Aragorn a raison, nous ne pouvons le contrôler.

    Boromir secoua la tête. Cette Elfe venait de lui ruiner ses plans, mais il n’avait pas dit son dernier mot.

  - Il n’y a pas que des Orcs qui gardent les portes du Mordor. En ces lieux, il y a un mal qui ne dort jamais et… le Grand Œil est toujours attentif. C’est une terre déserte et stérile. Remplit de poussière et d’une chaleur insupportable. Même une armée ne pourra en venir à bout.

    Cette fois, ce fut le Prince Legolas qui intervenu.

  - N’avez-vous donc pas comprit ? L’Anneau doit être détruit.

  - Et si nous échouons ? Que se passera-t-il si Sauron récupère son Anneau ?

    Dès lors, tous se levèrent et se fut l’anarchie la plus complète. Les Nains, ne voulaient pas des Elfes comme alliés, les Elfes ne souhaitaient pas des Hommes, jugeant qu’ils étaient faibles et vite corrompus. Alors que les races de la Terre du Milieu pouvaient s’unir et combattre le même mal ensemble, ils fallaient qu’elles trouvent le moyen de se quereller. Léhonora observa l’Anneau qui semblait prendre du plaisir à les voir se quereller. Elle vit Frodon se lever et elle comprit ce qu’il avait en tête.

  - Je vais le faire, déclara-t-il.

    Pourtant, personne n’en prit compte, sauf la jeune Elfe et son grand-père.

  - Je vais le faire, répéta-t-il plus fort.

    Tous se stoppèrent et se retournèrent vers lui. Il sembla effrayé par tous ces regards mais il continua, ce que Léhonora trouva courageux de sa part.

  - Je vais emmener l’Anneau en Mordor, bien que… je n’en connaisse pas le moyen.

    Gandalf s’approcha de lui en lui mettant la main sur l’épaule, confirmant qu’il l’aidera aussi longtemps que durera sa quête. Aragorn quitta à son tour l’assemblée pour aller s’agenouiller devant Frodon.

  - Si par ma vie ou ma mort je peux vous protéger, je le ferai. Mon épée est votre.

    Dès lors, le Prince Legolas et le Nain Gimli se joignirent à eux. Puis, ce fut Boromir qui s’avança.

  - Vous avez notre destin à tous entre les mains petit homme, et si telle est la volonté du conseil, le Gondor se joindra à vous.

    Léhonora ne bougea pas. Sa décision lui fit soudain peur mais l’arrivée soudaine de Sam la fit rire. Il confirma que Frodon ne partira nulle part sans lui et le Seigneur Elrond, bien qu’il n’ait pas été convié au Conseil, sourit. Pourtant, il n’avait pas tout vu car Merry et Pippin se joignirent à eux, disant qu’ils avaient besoins de gens intelligent et qu’il faudrait les attacher à un arbre pour les empêcher de partir.

    La jeune Elfe fixa le regard de son père. Il semblait vouloir lui dire de ne pas aller jusqu’au bout de sa décision mais désormais, rien ne pourra la faire renoncer. Elle se leva et s’avança vers le groupe.

  - Votre présence me sera d’un grand réconfort Dame Eldariel… Dame Léhonora. Pardonnez-moi.

  - Vous n’avez pas d’excuse à me faire Frodon. Je vous ai caché mon identité et vous pouvez toujours me nommer Eldariel si vous le souhaitez.

    Léhonora avait fait son choix, elle ira avec eux. Son père ne pouvait rien lui dire. Même s’il lui interdisait sa présence, elle suivra le groupe à son insu. Personne ne s’y opposa mais seul Boromir semblait réticent.

  - Une femme n’a rien à faire à la guerre.

    Léhonora le regarda de ses yeux gris et répliqua :

  - Lorsque j’aurai quelque chose à vous demander, je le ferai. Je ne vous dois pas obéissance et vous n’avez aucune autorité sur moi. Je suis libre d’agir comme bon me semble.

    Cela eut pour effet de le faire taire. Après un court silence, Elrond jugea que le Conseil était clos et il annonça :

  - Dix compagnons. Neuf pour protéger le Porteur de l’Anneau, neuf afin de rivaliser avec les Nazgùls. Vous formerez la Communauté de l’Anneau. Cela ne vous engage pas à aller plus loin que vous ne le désirez. Le libre choix d’abandonner, de quitter la Communauté appartient à chacun d’entre vous.

    Lorsque chacun repartit de son coté après le Conseil, Léhonora sentit le regard pesant de Boromir. Elle avait l’étrange sensation qu’il ne la lâchera pas de si tôt. Son père ne lui adressa pas la parole. Lui en voulait-il de ce qui s’était passé ? Elle en jugea que oui. Toute sa vie il n’avait cessé de la protéger, et aujourd’hui, elle partait au devant de la guerre, vers cette mort qui l’attendait dans un virage dangereux.

    Elle se dirigea vers le jardin, elle voulait se retrouver seule afin de pouvoir laisser échapper ses larmes. Elle ne regrettait pas son choix mais elle avait peur. Elle avait peur de ce qui allait se passer.

  - Ne pleure pas ma fille.

    Léhonora se tourna vers cette voix si douce qu’était celle de sa mère.

  - Papa est en colère contre moi. Il n’accepte pas ma décision.

  - Il est fier de toi mais la peur de te perdre est grande. N’oublie pas qui tu es, ce que tu es. Tu es l’avenir, l’espoir de ton peuple.

    Elle avait raison. Elle était l’héritière d’Isildur, elle incarnait l’espoir parmi les siens. La Dame Arwen prit sa main et lui remit un pendentif, celui qui ne la quittait jamais, l’Evenstar.

  - Je ne peux l’accepter. Il t’appartient.

    Pourtant, sa mère le lui mit au cou.

  - Il te guidera dans les Ténèbres. Il te montrera la Lumière là où il n’y en a pas. Tu sentiras le courage et la paix là où il n’y a que désespoir et souffrance.

    Léhonora lui sourit en la remerciant et sa mère la prit dans ses bras.

  - Crois-moi, ton père est fier de toi. Tu es sa fierté, tu es sa vie.

 


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