
| La Communauté de l'Anneau | Auteur: Lehonora | Vue: 1582 |
| [Publiée le: 2006-10-04] [Mise à Jour: 2008-06-04] | ||
| G | Général/Action-Aventure | Commentaires: 22 |
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Description: Bah, tout le monde connait déjà l'histoire,lol. Mais, je l'a refait à ma façon et ajoutant des personnages et modifiant des événements tout en respectant l'oeuvre de Tolkien car j'y reste fidèle. J'espère que vous aimerez cette version. | ||
| Crédits: Les personnages et l'histoire ne sont pas à moi. Sauf Léhonora ainsi que sa propre histoire m'appartienne. |
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L'Ombre du Passé[3801 mots] |
Publié le: 2006-10-04 | |
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L’Ombre du passé
L’Anneau, le Fléau d’Isildur. C’était l’unique nom qui hantait ses pensées depuis la dure nouvelle. L’Anneau Unique a été retrouvé et se tenait entre les mains d’innocents, ignorant son pouvoir corrupteur. Elle avait toujours su que ce jour viendrait, mais pas aussi vite. La guerre avançait à grands pas et désormais, le Seigneur des Ténèbres se montrera plus vil, avide de récupérer ce qui lui appartenait.
Cela faisait maintenant plusieurs jours qu’elle avait quitté le Pays de Dùn pour le Nord. Elle chevauchait à travers champs et forêt afin d’éviter les routes, qui n’étaient plus très sûrs depuis un certain temps, malgré la présence des Dùnedain sur les lieux. Les espions de l’Ennemi parcouraient les terres les plus reculées du Mordor alors que d’ordinaire, ils ne passaient que rarement les Monts Brumeux. Sauron sentait que son bien était retrouvé mais il ignorait encore où chercher.
La cavalière n’était plus très loin de sa destination : les Collines du Tent, au cœur du Royaume Perdu d’Arnor. Elle s’était hâtée après avoir fait un détour afin d’échapper à ses poursuivants et espérait qu’ils avaient abandonné car elle ne se sentait plus capable de les combattre ou de tenir sur son étalon lancé à brides abattues. La fatigue et la douleur de sa blessure s’étaient accrues, ce qui l’affaiblissaient considérablement depuis trois jours.
Elle ralentit l’allure de sa monture et guetta les alentours. La nuit arriva mais ses sens hérités des Elfes lui étaient d’un grand avantage, sa vue perça l’obscurité et son ouïe détecta le moindre son. Elle sentait la présence des Dùnedain mais ne put les voir. Ils savaient se faire oublier s’ils le voulaient.
Soudain, une flèche siffla dans l’air noir de la nuit avant de se planter devant son cheval qu’elle retint de se cabrer. Deux hommes, arcs bandés, sortirent des buissons mais elle remarqua une ombre dans l’arbre d’où était venue la flèche. Ils portaient des vêtements vert foncé ou marron, ce qui les confondaient à la nature. Leur silhouette grande et forte était typique des Dùnedain, ainsi que leurs cheveux bruns voir noirs, et le plus souvent, leurs yeux étaient bleu ou gris.
Reconnaissant la jeune fille, ils baissèrent leur arme.
_ Charmant accueil Hommes de l’Ouest !
_ Quelle joie de te revoir ! Nous nous sommes beaucoup inquiétés pour toi, nous t’attendions plus tôt.
Les Dùnedain avaient une grande estime envers elle et ils la respectaient. Elle était beaucoup aimé des Rôdeurs qui l’appréciaient pour son fort caractère, sa bonne humeur et son humour durant les pires situations, mais ce qui les amusait le plus était son entêtement. Et sa beauté était telle qu’ils la comparaient à une étoile, sa chevelure châtaigne avait des reflets d’or et le bleu gris de ses yeux où brûlait une flamme pénétrait le cœur des hommes.
_ J’ai été traquée comme une bête en quittant les plaines de Dùn. J’ai été forcé de faire un détour mais je crains que cela ne les ait pas arrêté, je sens toujours leur présence.
Les hommes s’empressèrent de la rassurer.
_ N’es crainte, s’ils s’approchent, nous leur réservons un accueil chaleureux. Le camp est à cinq minutes d’ici. Continue tout droit.
_ Merci et soyez prudents.
Et elle repartit au galop dans la direction indiquée. Elle avait hâte d’arriver afin de soulager sa blessure qu’elle n’avait pas prit la peine de soigner malgré sa gravité. Enfin, elle vit le feu de camp où les Dùnedain sourirent à son approche. Elle descendit doucement de sa monture et un homme s’avança vers elle.
_ Ton arrivée, si tardive soit-elle, me rassure Eldariel. Je t’attendais plus tôt. Que s’est-il passé ?
_ C’est une longue histoire, plaisanta-t-elle.
L’homme et la fille rirent et il la prit dans ses bras. Elle comprenait sa protection envers elle, malgré qu’elle souhaitait être considérée comme une adulte et non comme une enfant, Halbarad ne cessait de veiller sur elle, c’est-à-dire honorer le serment fait à sa naissance il y a maintenant seize ans.
Soudain, elle ressentit sa douleur revenir et se dégagea brusquement de l’étreinte d’Halbarad.
_ Qu’as-tu ?
Il la regarda gravement. Eldariel pâlit et mit sa main sur son épaule gauche en tombant à genoux.
_ Ce n’est rien. J’ai juste était prise en embuscade et….
_ Depuis combien de temps es-tu blessée ? s’empressa-t-il d’ajouter.
Elle leva ses yeux humides par la douleur vers lui.
_ Trois jours.
Halbarad enleva la main de la jeune fille et vit le sang transpercer ses habits. Sans hésitation, il arracha toute la manche gauche de peur que les vêtements se collent à la peau ensanglantée. La blessure était profonde et s’étendait du haut de l’épaule jusqu’en bas du dos. Les Rôdeurs à proximité ayant vu ce qui s’était passé, s’approchèrent inquiets, mais Halbarad les repoussa vivement.
_ Eloignez-vous. Laissez-la respirer, dit-il en leur faisant signe de reculer. Tu as besoin de soin d’urgence.
Il l’aida à se lever et se dirigea vers une grande tente. A l’intérieur, il y avait assez de place pour contenir une vingtaine de blessé. Agret était le médecin de l’unité, il fit installer Eldariel au fond, mais celle-ci refusa.
_ Non, je dois m’occuper de Silmanarë.
Halbarad l’obligea à s’asseoir, tandis qu’Agret faisait bouillir de l’eau.
_ Ne t’inquiète pas pour lui, je m’en chargerai.
_ Halb….
_ Ta blessure s’est infectée et cela risque de s’aggraver si elle n’est pas soignée. Reste tranquille.
Elle n’osa pas répliquer. Il l’embrassa sur le front et la laissa aux bons soins de son ami. En sortant de la tente, il se dirigea directement vers les chevaux qui étaient tous regroupés sous les arbres. Silmanarë était descellé et un Dùnadan s’apprêtait à le brosser quand Halbarad l’interrompit.
_ Laisse Meneldil. Je m’en occupe.
_ Il est nerveux. Il s’inquiète pour Eldariel.
Halbarad caressa la tête de l’animal et lui parla dans la langue des Elfes.
_ Elle va bien. N’es pas d’inquiétude.
Comme pour dire qu’il avait comprit, l’étalon hocha la tête et tapa du sabot. Meneldil laissa son chef et cousin seul avec le cheval. Halbarad observa la magnifique robe de l’étalon, elle était d’un blanc de neige mais la Lune la rendait argenté, ses yeux avaient la couleur de la nuit. Silmanarë était un jeune poulain quand Eldariel le choisi pour monture.
A l’époque, il était indomptable, personne ne pouvait l’approcher et le père de la jeune fille, six ans à ce moment, s’y était opposé, jusqu’au jour où, à la surprise de tous, elle lui avait passé le licol et l’avait promené ainsi dans les rues de la cité des Elfes de Fondcombe. Personne n’a jamais sut comment elle était parvenue à l’approcher, et sachant que nul autre ne pourra le maîtriser, son père céda et le donna à sa fille. Aujourd’hui, il approchait des onze ans, mais étant un cheval Elfique, il était immortel.
Le sentant agité, Halbarad tenta de l’apaiser.
_ Calme mon beau.
Halbarad fini de le brosser et le laissa en compagnie de ses semblables. Ayant toujours des craintes sur la santé de la jeune Elfe, il repartit vers la tente.
Agret avait fini de bander Eldariel. Il lui avait donné un remède afin de l’endormir et d’apaiser la douleur. Allongée sur le ventre, car la blessure dans le dos l’empêchait de s’y appuyer, elle fut plongée dans un sommeil agité. Il lui mit une chaude couverture et autorisa Halbarad à pénétrer dans la tente.
_ Ne reste pas longtemps. Elle doit se reposer.
Halbarad mit sa main sur le front de la fille.
_ Elle a de la fièvre.
_ Je sais. La blessure est profonde et infectée, sans compter que le saignement n’a pas cessé durant ces trois jours. Elle a perdu beaucoup de sang, ce qui l’a affaiblit. Un jour de plus et je n’aurais rien pu faire.
Les deux hommes surent qu’elle était passée tout près de la mort, même si elle a connu de nombreuses blessures durant ces dix dernières années en compagnie des Dùnedain.
L’aube approchait quand Eldariel fut réveillée par un mauvais rêve. Elle sentit un étourdissement dû à la blessure et au remède donné par Agret. Elle savait qu’elle devait rester allongée, mais son entêtement prit le dessus, comme d’habitude. Elle se redressa avec peine et s’assit au bord du lit, jusqu’au moment où Agret arriva.
_ Cesse de n’en faire qu’à ta tête et reste allongé.
_ Tu sais que je ne supporte pas de rester sans rien faire. Où est Halbarad ?
Le Dùnadan était désespéré par son comportement.
_ Partit en éclaireur avec deux des nôtres.
Cette fois, Eldariel se leva. Grâce à son sang Elfique, ses blessures superficielles cicatrisaient vite, quant aux plus grave, seuls les soins pouvaient les guérires.
_ Tu n’es pas sérieuse.
_ Dis-moi quand je le suis.
Tout deux rirent, Agret mit son bras gauche en écharpe et fut contraint de la laisser sortir. Cependant, sa bonne humeur lui prouvait qu’elle allait bien et cela le rassura.
Dehors, elle discuta avec Halym, aide de camp, Meneldil, Elegost, Ador, et bien d’autres encore. Ils étaient une quinzaine dans ce camp, chaque unité comportait le même effectif de Rôdeurs, les Dùnedain. Tous descendaient des Rois de Nùmenor et étaient cousins, plus ou moins loin, de l’Héritier Légitime. Elle regrettait de ne pas voir certains de ses amis, des changements ont étaient fais et elle ignorait vers quelle unité ils avaient été transféré. Peut-être les croisera-t-elle quand elle continuera son chemin. Elle connaissait la mission dont elle avait été chargé, mais elle devait patienter dans ce camp jusqu’à l’arrivé de celui qui lui en dira plus long sur ce qu’elle devait faire.
Elle quitta le groupe de Rôdeurs dans lequel elle était pour aller voir Silmanarë. Elle savait qu’Halbarad s’était occupé de lui. Hormis elle, seuls les Dùnedain pouvaient l’approcher, quant à le monter, personne ne s’était risqué à l’expérience. Elle s’approcha des chevaux et appela son étalon qui répondit à la seconde.
_ Comment vas-tu mon beau ?
Pour toute réponse, il hocha la tête. Eldariel sourit et caressa sa magnifique robe.
_ Comment te sens-tu ?
Elle se retourna brusquement, surprise d’avoir quelqu’un derrière elle sans l’avoir entendu arrivé.
_ Je ne voulais pas t’effrayer, s’excusa Halbarad.
_ Je ne t’avais pas entendu, sourit-elle. Je vais bien mieux, merci.
Le Rôdeur défit le filet de son étalon gris. Les chevaux que possédaient les Dùnedain étaient Nùmenoréens, ou Royaux, car en ce temps là, cette race appartenait à la famille Royale. A présent diminuée, les Dùnedain tentaient tout pour le tout afin de la préserver, car une légende disait :
« Si les Chevaux Royaux venaient à disparaître, la Lignée des Rois s’ombrera avec eux. »
Grands, forts, rapides, ils avaient une vie aussi longue que leur maître qui arrivait à 200 ans bien comptés. Mais surtout, ils avaient un lien unique entre eux, ils étaient fidèles et surmontaient leur pire peur pour leur cavalier.
Eldariel s’approcha du cheval gris foncé et aux crins lavés, qui se laissa caresser la tête.
_ Tu es beau Alendal.
Il secoua la tête.
_ Si c’est vrai, petit voyou, ria-t-elle.
Halbarad sourit face à son amour pour les chevaux, elle pouvait mieux les comprendre que leur propre maître, elle avait un lien fort avec eux.
_ Je peux le brosser ?
_ Bien sûr.
Il tapota l’encolure de son étalon.
_ Je te laisse entre de bonnes mains. Si tu as besoin de moi, je suis dans la tente de travail avec Meneldil.
Elle hocha la tête et s’occupa de l’animal, qui ne cessait de vouloir lui prendre la brosse.
_ Eh, ça suffit.
Halbarad s’empêcha d’éclater de rire face à ce spectacle, mais il reprit vite son sérieux lorsqu’un cavalier pénétra dans le camp.
_ Qui est-ce ? demanda-t-elle
_ Sûrement un messager, il était attendu pour aujourd’hui.
Et il la laissa pour aller à la rencontre du nouvel arrivant, qui était un Dùnadan venant d’une unité plus au Nord de l’Arnor pour lui apporter des nouvelles et une lettre d’un visiteur que lui, et Eldariel en particulier, attendaient.
Dans la journée, Agret insista pour vérifier le bandage d’Eldariel et la blessure afin d’éviter que l’infection ne s’aggrave.
_ Tu peux bouger ton bras et ton épaule ?
_ Non, ils me brûlent si je fais un effort.
Agret examina avec soin la plaie, qui avait meilleure allure que la veille, et remit le bandage.
_ Laisse-les au repos pendant deux à trois jours, avec la bande bien serrée. Et pour une fois, écoute ce que je te dis.
La jeune fille ne put s’empêcher de rire.
_ J’essayerai, plaisanta-t-elle.
Mais cette plaisanterie ne plût pas à son ami, ni à Halbarad qui venait d’entrer dans la tente.
_ Agret a raison. S’il t’arrivait malheur, jamais je ne me le pardonnerai, et ton père encore moins.
Eldariel s’approcha de lui et lui embrassa la joue.
_ Ne t’inquiète pas. Je serai aussi sage qu’un agneau.
Eldariel était libre, même trop libre, de faire ce qu’elle voulait. Son père ne supportait pas de devoir lui refuser ce qu’elle demandait, mais il n’hésitait pas à hausser la voix quand elle dépassait les limites, tout comme Halbarad. Elle savait très vite à qui elle avait à faire et prenait le dessus sur une personne qui devait, en théorie, avoir autorité sur elle. Mais elle n’osait jamais de prendre le dessus sur son père ou Halbarad, car elle savait qu’elle risquait d’être sévèrement réprimandée.
Elle sortit de la tente avec le cousin de son père.
_ Halbarad, il y a un village près d’ici…
_ La réponse est non, coupa-t-il.
_ Avant même d’avoir entendu la question ?
Il se mit face à elle.
_ Je sais ce que tu veux Eldariel. Les temps ont changé, aucun endroit n’est sûr désormais. Il y a un an, je pouvais encore te laisser traîner dans les villages, seule…
_ Dans ce cas, quelqu’un se proposera de m’accompagner.
Cette fois, s’en était trop pour Halbarad qui eut le regard froid.
_ Eldariel ça suffit. Les Neufs ont quitté Minas Morgul…
_ Quoi ?
_ Ils parcourent en long, en large cette terre, sans résistance, afin de trouver l’Anneau. Sauron nous traque depuis des siècles pour nous exterminer et brisée la Lignée Royale. Avec les Nazgùls en liberté et le nombre croissant d’espions du Mordor, nous ne pouvons plus assurer la sécurité que nous avions autrefois…
_ …
_ Désormais, tes caprices personnels attendront et tu resteras ici jusqu’à l’arrivée de Mithrandir, ou je me chargerai de te faire surveiller nuit et jour.
C’était la première fois qu’il lui parlait ainsi et elle en avait été blessée. Halbarad la regarda froidement jusqu’à ce qu’il obtint une réponse satisfaisante. Elle baissa les yeux.
_ J’attends.
Eldariel sut qu’elle n’avait plus qu’à lui obéir. Jamais il ne cédera, elle le connaissait que trop bien, il était comme son père.
_ Je ferai ce que tu voudras.
Halbarad sut qu’elle avait comprit mais l’observa une dernière fois avant de quitter le camp avec deux rôdeurs. Elle retenue ses larmes face à la manière dont il lui avait parlé. Capricieuse, c’était ainsi qu’il l’avait traitée. Elle alla s’asseoir contre un arbre et réfléchit. Les Nazgùls étaient en liberté, la pire crainte d’Eldariel s’était confirmée.
Meneldil, ayant vu ce qui s’était passé, s’approcha d’elle. Même en sachant que son cousin avait raison, il voulait la réconforter.
_ Si tu es venu me faire une leçon, ne dis rien, attaqua-t-elle.
Il s’arrêta face à elle. Il connaissait son tempérament qui, parfois, lui échappait. Il s’installa prés d’elle.
_ Suis-je vraiment capricieuse ? Je ne m’en rends pas compte.
_ Je dirais plutôt têtue. Très entêtée. Halbarad voulait seulement te faire prendre conscience de la gravité de la situation.
Elle baissa la tête, consciente de l’héritage qu’elle possédait grâce à son père et elle détestait la protection due à cela. Elle ne voulait pas du sang qui coulait dans ses veines et qui, un jour ou l’autre la fera reconnaître telle qu’elle était. Mais elle ne pouvait pas échapper à son destin et elle l’acceptera tel qu’il soit. Meneldil se leva en lui tendant la main.
_ Allez debout ! Je veux voir ton sourire illuminer ton visage.
Eldariel obéit et prit sa main qui l’aida à se relever.
_ Les temps sont durs pour nous tous. Ne te laisse pas abattre par ces paroles, il veut te protéger.
_ C’est une surprotection.
_ Peux-tu l’éviter ?
Elle secoua la tête. Il avait raison, elle devait s’y contraindre. Ils se sourirent lorsqu’un bruit d’alerte retentit. Halbarad et les deux hommes revirent précipitamment au camp.
_ Des hommes de Dùn sont à deux heures d’ici. Nous devons les arrêter.
Les hommes qui l’avaient accompagné, soutenaient un Rôdeur gravement blessé. Il était partit en éclaireur la veille et il avait été repéré près du camp ennemi. Après sa fuite, les Dunlendings s’étaient mis en route.
_ Comment ont-ils pu arriver jusqu’ici ? Comment ont-ils retrouvé ma trace ?
_ Je l’ignore. Les éclaireurs, maintenez votre poste quant aux autres, préparez-vous à partir.
Chacun obéir et Meneldil qui n’était pas en éclaireur cette journée, voulu retourner dans sa tente mais Halbarad l’interpella.
_ Tu veilleras sur Eldariel en mon absence.
_ Quoi ? s’écria-t-elle, je veux venir.
_ Nous plaçons notre espoir sur la mission qui te sera attribuée. Cela entraînera les événements qui vont suivre.
Elle voulu répliquer mais il fut plus rapide.
_ Tu restes ici !
Après un dur regard, Eldariel baissa la tête face à lui. Son protecteur fit rassembler tous les rôdeurs non-éclaireur pour un départ dans l’immédiat. A contre cœur, elle les regarda partir et s’aperçu que Meneldil la surveillait du coin de l’œil, de peur qu’elle désobéisse, ce qu’elle faisait souvent. Pourtant, cette fois, elle demeura raisonnable car la guerre venait de prendre un tournant qu’elle n’aimait guère, comme tous les autres.
Avant le dîner, Eldariel se trouva un endroit au calme, près de la rivière. Elle tira son épée dont la lame était longue et fine mais solide. Elle se souviendra à jamais du jour où elle reçue l’arme de la main de son père, forgée par les Elfes du Royaume de Lorien et une puissance avait été transmise dans la lame. Elle fit quelques mouvements mais sa blessure encore récente empêcha certains gestes.
_ Agret t’a dis de laisser tes membres au repos.
Elle ne se retourna pas car elle savait que son ami était là depuis un petit moment.
_ Ce n’est qu’un échauffement, Meneldil.
Ne voulant pas se quereller avec lui, elle baissa son arme et l’entendit se rapprocher.
_ J’ai peur de la mission dont on m’a chargé. Si j’échoue, imagine les conséquences. Pourquoi ne pas envoyer quelqu’un d’autre de plus expérimenté ?
_ Tu inspires plus la confiance, cela est due à ton coté elfique. S’il t’a confié cette mission, c’est que tu es capable de la faire. Es confiance en toi, ne doute pas.
La jeune fille sourit et il la prit dans ses bras afin de la rassurer. Eldariel avait peur, peur de ce qui allait se passer au cour de cette guerre et ignorait comment elle risquait de se terminer. Personne ne le savait. Elle pensa aux paroles de son père : « pense au présent, l’avenir n’est pas encore écrit, tu le créée maintenant avec tes choix qui détermineront le destin de beaucoup ». Il lui manquait, elle souhaitait qu’il soit à ses cotés afin de l’aider. Elle se sentait perdu sans lui en fonction des situations.
Meneldil l’embrassa sur le front et la ramena au camp où le léger dîner fut servit. La jeune fille n’avait pas très faim mais se força à manger car Agret insistait afin qu’elle reprenne des forces. Mais cela était surtout dû au fait qu’Halbarad était absent et qu’il se sentait responsable d’elle.
Le groupe revint le lendemain dans l’après midi accompagnée par un homme, un vieillard au manteau gris ainsi que son grand chapeau pointu et sa longue barbe.
_ Gandalf ! s’écria la jeune fille en accourant à lui.
_ Quand je me suis aperçu que tu étais suivie, j’ai tenté de te rattraper mais Silmanarë est rapide.
Le magicien insista lourdement pour lui parler maintenant, ainsi qu’à Halbarad qui laissa ses hommes aider les blessés. Ils s’installèrent dans une tente et Eldariel sentit la nervosité la gagner.
Gandalf leur raconta en détail son voyage en Comté et la fuite du Semi Homme ainsi que l’arrivée des Neuf. Ils n’avaient que peu de temps avant que ces maudits cavaliers ne le rattrapent. Eldariel comprit qu’elle devait agit rapidement et partir sur-le-champ mais Halbarad eut un moment d’hésitation malgré la gravité de la situation.
_ Elle est blessé à l’épaule gauche et ne peut tenir son arme. Elle se fera tuer si vous l’envoyez. Trouvons quelqu’un d’autre ! Mes hommes sont compétents.
_ La blessure est si grave…
_ Non. Je suis droitière, cela ne me pose aucun problème, ajouta-t-elle précipitamment.
Le magicien et le Dùnedain la regardèrent comme si elle venait de signer son arrêt de mort.
_ Ton père n’a jamais été adhérant à ce que tu fasses cette mission et savoir que tu pars blessé risque de le mettre en colère.
Elle baissa la tête avant de la relever vers ses amis, le regard d’un gris orage.
_ Cette mission, je l’ai accepté et je l’accomplirai que tu le veuilles ou non. De plus, il n’est pas censé savoir que je suis blessée. La blessure ira beaucoup mieux, voir disparu, le jour où je le reverrai. Je vais préparer Silmanarë, décida-t-elle en se levant.
Ses compagnons surent que quoi qu’ils disent, elle partira. Il aurait fallu réfléchir à deux fois avant de l’engager dans cette affaire. Son père lui-même était contre mais étant donné qu’elle avait assisté à la réunion à son insu, elle avait su d’avance qu’il fallait être volontaire et non choisit.
En sortant de la tente, son cœur battait la chamade en sachant qu’elle devra, très probablement, affronter les Neuf et cela l’effrayait mais elle devait se montrer forte, pour les siens. Elle ravala sa peur et la flamme des Nùmenorèens brilla dans ses yeux.
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