
| L'amnésie d'une inconnue | Auteur: Anastasia | Vue: 349 |
| [Publiée le: 2008-04-16] [Mise à Jour: 2008-06-11] | ||
| 13+ | Action-Aventure/Romance/Drame | Commentaires: 0 |
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Description: Pour ceux qui l'auraient lu, je m'inspire de mon one-shot. Elle ne sait pas d'où elle vient, elle ne sait pas vraiment qui elle est. Cependant, un Nazgûl la met en doute; et si elle était la déscendante de... ! " Frodon... Aide moi... Ne me laisse pas! Je ne t'abandonnerai jamais! " (Désolé, je suis nulle pour les résumés) | ||
| Crédits: Tous les personnages sont de JRR Tolkien sauf Ixyah. |
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Sinistre Lame[3220 mots] |
Publié le: 2008-05-20 | |
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Sinistre lame
La porte de la chambre s’ouvrit brutalement, laissant entrer Sam, qui avait les poings serrés, Merry avec un chandelier allumé et Pippin qui tenait une chaise, les pieds en avant.
- Laissez les partir ! S’écria Sam, ou il faudra vous battre !
Grands-Pas abaissa son épée et Ixyah éclata de rire en rangeant son arc. Frodon lui même ne put s’empêcher de sourire. Les trois autres Hobbits parurent déconcertés puis relâchèrent leur garde.
- Vous avez du courage, murmura le Rôdeur, mais cela ne vous sauvera pas si la guerre éclate.
Il s’approcha de la fenêtre et éteignit toutes les chandelles du bout des doigts.
Dehors, derrière la porte du village, des bruits de sabots retentirent. Le portier sortit de sa loge en grommelant pour aller voir qui venait. Il ouvrit le judas et écarquilla les yeux. Il poussa un cri mais n’eut pas le temps de s’éloigner que la lourde porte s’écrasa sur lui pour laisser passer cinq Cavaliers Noirs qui se dirigèrent vers le centre du village au grand galop.
- Mais qu’est ce qui te fait dire que les Nazgûls vont arriver dans très peu de temps !? Demanda Frodon, alarmé.
- Tu as passé l’Anneau, répondit Ixyah, et justement, les Nazgûls sont attirés par le pouvoir de l’Anneau !
Les quatre Hobbits, l’Elfe et le Rôdeur étaient tous les six dans une petite chambre, à l’auberge du Poney Fringuant qu’ils n’avaient pas quittée. La chambre était située à l’opposé de celle que les Hobbits auraient dû occuper. Grands-Pas était assis à la fenêtre, ainsi qu’Ixyah, en face de lui. Les quatre Hobbits étaient installés dans des lits près de la cheminée. Ils étaient allongés mais ne pouvaient dormir tellement l’angoisse qui pesait sur eux était forte. Une porte grinça et les fit sursauter.
- Qu’est ce que c’est !? Paniqua Pippin.
- Chut !
Ixyah se rapprocha silencieusement de la porte et regarda par le trou de la serrure. Le Rôdeur souffla :
- Que voient tes yeux d’Elfe, Ixyah ?
- Des formes sombres devant la porte de la chambre des Hobbits, répondit elle, d’une voix à peine audible, les Nazgûls… L’épée dégainée…
Elle se recula vivement mais toujours en silence. Il s’en suivit immédiatement des bruits de déchirures et les Hobbits se redressèrent brusquement, incapables de rester plus longtemps allongés.
- Mais que sont ils ? Murmura Frodon, d’une voix tremblante.
- Ils étaient des Hommes, expliqua, Ixyah, des grands rois… Mais Sauron, le Maître des Ténèbres leur donna neuf Anneaux de pouvoir. Ils étaient aveuglés par le Pouvoir, la Puissance et ils acceptèrent l’offre de Sauron sans se poser de questions… Un par un, ils sombrèrent dans les ténèbres.
- Maintenant, ils sont esclaves de la volonté de Sauron, poursuivit Grand-Pas, les Nazgûls, Cavaliers des Ombres, ils vivent mais ils sont morts. Ils ressentent toujours la présence de l’Anneau et ont soif de son pouvoir. Ils ne cesseront pas de vous poursuivre tant qu’ils n’auront pas l’Unique !
- Et que… Que nous feront-ils ? Demanda le Hobbit.
- Ils… Ils ont pour tâche de récupérer l’Anneau, répondit l’Elfe, et… De… De tuer son porteur.
C’était la première fois qu’on entendait un trouble dans sa voix.
Frodon déglutit avec difficulté.
Le lendemain matin, ils partirent aux premières lueurs de l’aube. Grands-Pas leur avait dit qu’ils ne fallait pas traîner et qu’il les amènerait à Fondcombe, qui était à sept jour de marche s’ils allaient bon train.
Alors qu’ils passaient entre des arbres, Merry demanda à Frodon :
- Qu’est ce qu’il te fait croire que ce Grands-Pas est vraiment un ami de Gandalf ?
- Je pense que si c’était un serviteur de l’ennemi, il nous aurait déjà tous tués… Et puis Ixyah le connaît… Ou en tout cas, elle a l’air. Nous n’avons de toute façon d’autre choix que de le croire.
La matinée était déjà bien avancée lorsque les Hobbits s’arrêtèrent. Merry et Pippin commencèrent à déballer les provisions qu’ils avaient emportées de l’auberge alors que Frodon et Sam restaient à l’écart. Grands-Pas et Ixyah, qui étaient devant se retournèrent.
- Mais qu’est ce que vous faites ? Demanda le Rôdeur, nous ne nous arrêterons pas avant la tombée de la nuit.
- Mais… Et le petit déjeuner ? Protesta Pippin.
- Nous l’avons déjà pris, répliquèrent l’Elfe et l’Homme.
- Le premier, oui, dit Pippin, mais qu’en est-il du deuxième petit déjeuner ?
Grands-Pas adressa un regard interrogateur à la jeune femme qui se contenta de hausser les épaules. Les deux s’éloignèrent, laissant les Hobbits derrière.
- Ils n’ont pas l’air au courant pour le second petit déjeuner, Pippin, lança Merry, en regardant son cousin.
Pippin parut désolé, il s’écria alors :
- Mais et la pose de onze heures ? Et le déjeuner ? Le thé de l’après midi, le dîner ? Le souper ? Ils le savent ? N’est ce pas ?
- Ne compte pas la dessus, rétorqua Merry.
Une pomme surgit soudain au dessus d’un buisson. Merry la rattrapa. Une autre vint heurter la tête de Pippin. La voix d’Ixyah retentit :
- Ne traînez pas ! Nous souhaitons arriver au Mont-Venteux pour passer la nuit, et ce n’est pas tout près !
Vers le milieu de l’après midi, une forte pluie s’abattit sur eux. En quelques minutes, ils furent tous trempés jusqu’aux os et glacés. Ixyah et Grands-Pas marchaient à vive allure, alors que les Hobbits traînaient derrière, glissant dans la boue et peinant au milieu des flaques d’eau. S’apercevant de leurs difficultés, l’Elfe se rapprocha du Rôdeur et dit :
- On devrait faire une pose ! Je sais que le moment est mal choisi mais au moins pour les Hobbits… Ils sont exténués et ils n’ont jamais marché autant en si peu de temps.
- Très bien, lâcha Grands-Pas, mais pas plus de dix minutes.
Les quatre Hobbits se dirigèrent vers un grand arbre qui pourrait les protéger un minimum de la pluie et s’assirent sur les racines. Pendant que l’Homme inspectait les environs, Frodon se leva et se rapprocha d’Ixyah.
- Tu as une idée de où nous sommes ? Demanda t’il.
- Nous avons parcourus pas mal de kilomètres, répondit elle, le Mont-Venteux n’est plus loin… Je sais que vous n’en pouvez plus, mais ils faut atteindre Fondcombe le plus vite possible, ajouta t’elle, en jetant un coup d’œil à Sam, Merry et Pippin, qui étaient derrière eux, entrain de boire.
Tous leurs vêtements étaient collés à leur corps tellement ils étaient mouillés et les bas de leurs capes étaient brunis par les tâches de boue.
L’Elfe sursauta lorsqu’elle sentit les doigts de Frodon qui attrapaient son pendentif.
- Allez ! En marche !
La voix de Grands-Pas les tira de leur rêverie. Quelques minutes plus tard, ils avaient repris la route.
Le jour commençait à décliner lorsque le Mont-Venteux leur apparut. L’ancienne tour de garde était en ruine à son sommet. Il fut décidé par le Rôdeur qu’ils y resteraient pour la nuit. Une fois en haut, ils avaient une vue plongeante sur toute la vallée. Quand ils se furent installés, à l’abris des vents, l’Homme déballa un long paquet qu’il ouvrit en l’étalant sur le sol. A l’intérieur, il y avait quatre épées, une pour chacun des Hobbits.
- Gardez ça avec vous, ça peut servir, leur dit Grands-Pas.
Dès qu’ils eurent mangé, froid bien sûr, Ixyah et les Hobbits s’endormirent tous, sauf Frodon et le Rôdeur. L’Elfe, qui n’avait plus vraiment dormi depuis trois jours était enroulée dans sa cape, blottie contre le jeune Sacquet. Ce dernier l’avait enlacé et écoutait le Rôdeur chanter une chanson mélancolique en elfique.
- « Tinùviel elvanui, elleth alfirin ethelhael O hon ring finnil fuinui a renc gelebrin thiliol »
- Qui est elle ? La femme que vous chantez ? Demanda Frodon, en se redressant.
- Il s’agit de Lùthien, femme Elfe qui a donné son amour à Beren, un mortel, répondit l’Homme, tristement.
- Et que lui est-il arrivé ? Voulut savoir le Hobbit.
- Elle mourut, dit Grands-Pas, mais alors que des larmes coulaient le long de ses joues, il prit un ton qu’il voulait enjoué et ajouta, il faut que vous vous reposiez, Frodon.
Frodon contempla longuement Ixyah à ses cotés. Finalament, il se rallongea à coté d’elle et passa un bras autour de sa taille.
Quand Frodon se réveilla, il faisait nuit. Ixyah dormait toujours à coté de lui et le Rôdeur était parti. Il sursauta lorsqu’il entendit des murmures et un crépitement. A quelques mètres de lui, Merry, Pippin et Sam avaient allumé un petit feu et y faisaient cuir des tomates et du bacon. Il entendit Merry s’exclamer doucement que sa tomate était en train de brûler. Rapidement, le Hobbit se leva, réveillant l’Elfe et se précipita vers les autres.
- Mais qu’est ce que vous faites !? S’écria t’il, en tâchant d’éteindre le feu avec son pied, vous allez nous faire repérer !
Il n’avait pas fini sa phrase qu’un cri de Nazgûl retentit. Les cinq sursautèrent. Ixyah se précipita immédiatement vers la falaise pour regarder dans le vide, suivie des quatre Hobbits. Ils virent cinq ombres noires, cinq Nazgûls avancer dans les ténèbres.
- Rassemblez vous au sommet de la tour ! S’écria la jeune femme.
Ils s’y précipitèrent et se serrèrent les uns contre les autres, l’épée sortie. Frodon regarda le premier Nazgûl avancer vers eux, effrayé. Les autres se retournèrent dans la même direction pour voir les cinq Cavaliers Noirs avancer lentement, de front. Ensemble, les Cavaliers Noirs sortirent leurs longues épées et les pointèrent vers l’Elfe et les quatre Hobbits. Ixyah qui s’était mise devant les quatre autres lança d’une voix assurée :
- Retournez en Mordor ! Et ne nous suivez plus !
- Venez avec nous et en Mordor nous vous emmènerons ! Répliqua l’un des Nazgûl, le plus grand, alors que les autres s’esclaffaient.
L’Elfe leva alors AE ster et s’élança contre le Nazgûl. Elle esquissa quelques beaux coups mais au bout d’une dizaine de minutes, elle fut violemment projeté contre une pierre par l’un des Cavaliers Noirs. Sam l’imita, mais il ne porta guère plus de deux coups avant de se faire brusquement envoyer sur le coté. Merry et Pippin, qui constituaient la dernière « barrière de défense » entre Frodon et les Nazgûls se dérobèrent en voyant ces derniers approcher. Le jeune Sacquet, paralysé par la peur et incapable de se défendre laissa tomber son épée par terre, avec un bruit métallique, avant de lui aussi s’effondrer au sol. Puis, comme poussé par une forme invisible, il sortit l’Anneau de la poche de sa veste. Les Nazgûls se tournèrent tous d’un même mouvement vers lui, brandissant leurs longues lames sombres. Le Hobbit recula, se traînant à terre jusqu’à ce qu’il heurte une pierre et ne put plus reculer. Il regarda l’Anneau. Ce dernier lui murmurait des paroles inaudibles, des paroles chantantes. Frodon se dit que s’il mettait l’Anneau, il serait invisible, et alors il pourrait s’éclipser… C’était tentant… Il passa l’Anneau autour de son doigt et se retrouva plongé dans les ténèbres qu’il connaissait, mais en face de lui, se dressaient les silhouettes blanches, vaporeuses des Cavaliers Noirs. Il pouvait très bien les voir à présent. Le Nazgûl qui avait levé son épée arrêta son geste. Il murmura quelques paroles où Frodon saisit des mots comme « L’Anneau… La vie »
Terrorisé, le Hobbit leva sa main gauche, à laquelle il avait enfilé l’Anneau. Le Nazgûl redressa la tête et, dans l’espoir de récupérer l’Unique tendit sa main vers celle du Hobbit. Ce dernier, qui semblait essayer de résister à une force invisible, retira vivement son bras qu’il ramena contre lui. Le Cavalier Noir parut contrarié. Il leva son épée et l’abattit. Frodon sentit la longue lame de métal glacé pénétrer sa chair ; Aussitôt, une douleur fulgurante et un terrible froid se répandit dans son épaule et le long de son bras gauche. Il hurla.
Le Nazgûl ne daignait retirer son épée de l’épaule du Hobbit, comme pour laisser la douleur s’accroître. Finalement, il la retira. Immédiatement après, à travers sa vue brouillée par les effets de l’Anneau et par les larmes, Frodon distingua une silhouette brandissant des torches et des flèches en feu qui s’abattaient sur les Nazgûls. C’était certainement ça qui les avait fait fuir. Avec le peu de force qui lui restait, le Hobbit arracha l’Anneau de son doigt, redevenant visible aux yeux de tous. Sam se précipita tout de suite vers lui.
- Monsieur Frodon ! S’écria t’il.
- Sam… Murmura le jeune Sacquet, d’une voix faible.
Le sang coulait à flots de la blessure que Sam pansa su mieux qu’il pu avec un pan de sa cape qu’il avait arraché. Ixyah, qui venant d’enflammer une flèche on ne sait trop comment, se tourna vers eux. Elle écarquilla ses yeux à la vue des Hobbits agglutinés autour de Frodon. Elle décocha sa flèche, qui enflamma la tête d’un Nazgûl, ce dernier se jeta dans le vide, et elle se précipita vers eux.
- Comment tu as fait pour mettre le feu à ta flèche ? demanda Pippin, étonné.
- C’est une longue histoire, répliqua t’elle, affolée, mais qu’est ce qui s’est passé ?
- Il a été blessé par un Nazgûl, répondit Sam, en avisant le long coutelas qui reposait à quelques mètres.
L’Elfe se glaça. Un Nazgûl ! Elle ne réagissait plus, comme assommée par l’annonce. Elle sursauta lorsque Frodon lui effleura la main et souffla d’une voix rauque :
- Ixyah… Je… Je ne… Je ne sens plus… Je vais…
- Calme toi… Dit elle, alors que les larmes coulaient le long de ses joues, il ne faut pas que tu fasses d’efforts, puis elle cria, Dùnadan ! A l’aide !
Le Rôdeur, qui venait de lancer sa torche sur le dernier des Cavaliers Noirs se précipita vers eux.
- Un Nazgûl l’a attaqué… Dit précipitamment Ixyah, paniquée, fais quelque chose pour ralentir l’action du poison, je t’en prie ! Je sais que c’est la médecine elfique qui lui faut, mais je n’ai pas assez de connaissances pour ce genre de blessure !
- Ixyah arrêtes… Lança Grands-Pas.
- Mais il risque de mourir…
- Ixyah ! Stop !
Elle se tut. Les Hobbits n’avaient jamais vu la jeune femme aussi fébrile et aussi décontenancée. Le Rôdeur ramassa le manche de la dague dont le bout de la lame était cassé. Le reste de cette lame, noire comme les ténèbres, se volatilisa tel de la fumée.
- Il faut atteindre Fondcombe au plus vite ! S’exclama t’il, moi, je ne peux pas grand chose… Le seigneur Elrond pourra faire quelque chose…
Il chargea Frodon sur son dos et se mit à courir, immédiatement suivi d’Ixyah et des Hobbits.
- On n’y arrivera jamais ! Lança l’Elfe, Fondcombe est à six jours de marche !
- Il faudra bien, répliqua l’Homme, en forçant l’allure.
Ils cheminèrent ainsi quatre jours, s’arrêtant à peine dix minutes toutes les deux heures pour reprendre le souffle et manger quelque chose.
L’état de Frodon empirait rapidement ; En quelques dizaines d’heures, son teint était devenu cireux, ses yeux bleu azur avaient pris une affreuse teinte gris perle et sa respiration se faisait difficile et bruyante.
C’était le soir du quatrième jour. Sam et Grands-Pas étaient partis chercher de l’Athelas que Sam avait qualifié de mauvaise herbe, mais qui pouvait atténuer la douleur de Frodon et retarder les effets du poison. Merry et Pippin étaient partis chercher du bois pour le feu qu’il fallait alimenter en permanence. Ixyah était restée avec Frodon, à leur campement provisoire car elle savait que dans une heure au plus tard, ils seraient partis. Ils étaient près du feu ; La tête de Frodon reposaient sur les genoux de l’Elfe qui lui tenait la main. Le Hobbit était gelé et ne cessait de trembler. La jeune femme se leva pour aller mettre la dernière bûche dans le feu et entendit Frodon murmurer :
- Ixyah… Ne me laisse pas…
- Non ! Bien sur que non… chuchota t’elle, en retournant auprès de lui.
Il lui attrapa immédiatement la main, une fois qu’elle se fut agenouillée. Au fond de lui, Frodon était terrifié : Il savait pertinemment que sa vie était en jeu, mais aussi peut-être celle d’Ixyah. Depuis qu’il avait été blessé, il avait besoin de la présence de l‘Elfe, il fallait qu’il la sente auprès de lui. Mais à cause de la blessure, il consumait sa vie à lui et la sienne et l’affaiblissement risquait de la tuer. Il aurait voulu le lui dire, lui dire de fuir, de partir loin, mais il n’avait pas la force et ne pouvait se résigner à la laisse partir. En quelque sorte, il avait reporté une partie de sa dépendance à l’Anneau sur le jeune femme.
Le Rôdeur et les Hobbits ne tardèrent pas à revenir. Grands-Pas fit tout de suite bouillir les feuilles d’Athelas que lui et Sam avaient rapportées et les appliqua sur la plaie de Frodon. Ce dernier sursauta violemment quand les feuilles entrèrent en contact avec la blessure.
- Il ne tiendra jamais assez longtemps… Gémit Merry.
L’Homme allait répondre quelque chose lorsque des bruits de sabots, qui figèrent momentanément les Hobbits, l’Elfe et le Rôdeur, se firent entendre. Puis, un cavalier surgit entre les arbres. Ce n’était pas un Nazgûl ; La monture était un grand cheval blanc à la longue crinière. Le cavalier avait de longs cheveux blancs retenus en une demi queue et il portait par dessus ses vêtements une longue cape verte.
- Glorofindel ! S’exclama Grands-Pas, en se dirigeant vers l’arrivant.
Il ajouta quelques paroles en elfique puis ils se tournèrent tous les deux vers Frodon qui était dans les bras d’Ixyah.
- C’est un Elfe… Murmura Pippin, en regardant Glorofindel approcher Frodon et le jeune femme.
L’Elfe s’adressa soudain à Ixyah :
- Il faut l’emmener à Frondcombe le plus vite possible, sinon…
Il ne finit pas sa phrase mais adressa un regard assez éloquent. Ixyah rabattit son capuchon sur sa tête et se redressa. Elle annonça :
- J’irai… J’irai à Frondcombe. Laissez moi votre cheval et je l’atteindrai demain soir.
- Mais il y aura sûrement des Nazgûls à vos trousses, dit gravement Glorofindel.
- Je sais, répliqua t’elle, en aidant Frodon à se redresser, je n’ignore pas les risques.
On l’aida à hisser le Hobbit sur le cheval, avant qu’elle ne monte derrière lui.
- Par Elbereth… Qu’il ne vous arrive rien, ni à toi, ni à Frodon, murmura Grands-Pas.
Elle leur adressa un signe de la tête et lança le cheval au galop, tenant la bride d’une main et de l’autre, la taille du Hobbit. Elle chevaucha sans encombre jusqu’au matin, en murmurant de temps en temps « Noro Lim » au cheval.
La matinée était déjà bien avancée quand un cri de Nazgûl se fit entendre. Elle se détourna et découvrit les neuf Cavaliers Noirs derrière elle, montés sur des chevaux noirs. Ils se rapprochaient à vive allure.
- NORO LIM ! S’écria l’Elfe, en forçant l’allure du cheval.
Elle arriva à un gué après plusieurs minutes de course. Elle le traversa et se retourna ; Les Cavaliers Noirs étaient restés sur la rive opposée. Les chevaux ne semblaient pas apprécier l’eau et faisaient refus. L’un des Nazgûl lança :
- Rends nous le Semi-Homme, femme Elfe !
- Si vous le voulez, venez donc le réclamer, répliqua Ixyah en dégainant AE ster.
Frodon remua légèrement et poussa un gémissement lorsque les Nazgûls avancèrent un peu plus dans l’eau. Le Cavalier qui était en tête lança :
- Il n’y a pas que le Hobbit que l’on veut, toi aussi… Le Maître aimerait voir la dernière personne qui lui reste !
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