Souvenirs
« Parler à un nain de son mal être et essayer de lui faire comprendre que la nature pourrait apaiser votre âme est une chose impossible. Gimli a bien compris que j’étais triste et préoccupé. Il m’a posé des questions et j’ai répondu. Mais s’il veut bien admettre mon trouble, il n’arrive pas à comprendre ce qui m’attire tant dans le chant des mouettes et encore moins en quoi être en pleine forêt pourrait m’aider. Je ne lui en veux pas, les nains sont très attachés à leur mine et à leur richesse mais ils ne peuvent comprendre l’attachement des elfes à la nature.
Les Hobbits aussi s’inquiètent pour moi. Ils n’arrivent pas à comprendre pourquoi je suis triste alors que l’on a gagné. Je leur ai juste dit que les miens me manquaient. Je pense que ça ils peuvent le concevoir, voire le comprendre. Au fond, personne ne me comprend. Sauf peut-être Lorim. Quand j’évoque devant elle ma terre natale, elle ferme les yeux et semble visualiser ma description.
Lorim, … encore quelque chose que mes amis ne peuvent comprendre. Pas même Aragorn. Ils m’ont regardé de travers quand je l’ai mentionnée pour la première fois, il y a de ça quelques jours. Ils ne comprennent pas ce qui me pousse à m’occuper d’elle et à lui parler de ma forêt ou bien de la Lorien. Seul Mithrandir a souri, comme si c’était ce qu’il attendait.
La Forêt Noire… je ne peux m’empêcher d’y penser ces derniers jours. Elle me manque. J’aimerai y retourner, voir ce qui a changé depuis mon départ, voir si la destruction de Sauron a rendu à ces lieux leur pureté d’origine. Mais, qui pourrait me comprendre. Je regarde autour de moi, dans la pièce il y a Gimli, Sam, Frodon, Aragorn et Faramir. Ils sont tous occupés à discuter, essayant de soutirer son secret à Aragorn. Je souris doucement. Comment arrive-t-il à résister aux Hobbits ? Ils ne le lâchent jamais avec toutes leurs questions !
Je n’écoutais plus ce qu’ils disaient depuis un bout de temps, j’étais plongé dans mes pensées. Je me lève et sors sans bruit de la pièce. Je me dirige vers les Maisons de Guérison. Peut-être que Lorim pourra me comprendre.
Elle est assise et tresse ses cheveux. Quand elle remarque ma présence, elle me sourit faiblement. Je ne sais toujours pas pourquoi elle est si triste, elle parle peu. La seule chose que je sais, c’est que quand je parle, elle semble oublier sa tristesse. J’aimerais savoir ce qui la tourmente mais je n’ose pas lui demander. J’ai peur qu’elle refuse de me répondre. Je crois que le mieux est d’attendre qu’elle parle d’elle-même.
Je m’assieds à côté d’elle et lui souris. Puis, je me laisse aller dans mes pensées. Sa voix me sort de mes souvenirs : « Parlez-moi de votre forêt natale, s’il vous plait. ». Elle a dit ça si bas que si j’avais été un humain, je n’aurais rien entendu. Je tourne ma tête vers elle et la fixe un peu avant de commencer à parler. Elle rougit sous mon regard comme une enfant qui a commis une faute.
Je commence à lui décrire de mon pays natal en des termes très élogieux, peut-être trop. « Eh bien, c’est une forêt immense, d’une beauté rare. Belle, mais très différente de la Lorien. Elle est d’un vert éclatant, émeraude. Ses arbres sont grands et magnifiques, elle est un lieu de paix, du moins pour moi. Elle est magnifique et les hommes ne l’ont pas encore violée.
Elle a gardé une partie de sa pureté, même si l’Ombre l’a envahie et souillée. Mais nous l’avons protégée. Et cette partie-là n’a jamais été sombre et a gardé sa luminescence d’origine. Elle doit être redevenue aussi pure et belle qu’avant, maintenant que l’ombre de Sauron est partie. Oui, elle doit être redevenue un havre de paix et de joie pour ses habitants. Pour moi, ça reste le plus bel endroit en Terre du Milieu. C’est là que je me sens le mieux, que je me sens chez moi.
Vous ne pouvez peut-être pas comprendre ce qu’il y a de si intéressant dans un bois, mais pour nous la nature est tout. Nous comprenons ce que le vent murmure dans les feuilles ; nous entendons ce que les arbres se disent ; nous pouvons écouter les histoires que se racontent les animaux. Nous faisons partie d’elle. Nous avons toujours fait partie d’elle, nous la respectons et l’aimons. Elle est notre demeure, notre mère. Nous lui devons tellement, jamais un elfe ne pourrait abattre des arbres pour construire une ville ou des champs. Non, ce comportement est typiquement humain….»
Je m’arrête brusquement. Je me suis laissé emporter par mes sentiments. Ma dernière phrase a dû lui sembler une attaque. Pourtant, c’est la vérité, jamais un elfe ne ferait souffrir les créations de Yavanna. Je m’apprête à m’excuser mais elle me devance.
« Votre forêt semble magnifique, murmure-t-elle. Alors les elfes n’aiment que la nature. » Je souris et la fixe. Les Rohirrim ne connaissent vraiment pas grand-chose aux Premiers Nés. Je remarque qu’elle est un peu moins triste qu’à mon arrivée. Mais je ne comprends toujours pas sa mélancolie, j’aimerais qu’elle me dise pourquoi elle est si éplorée. J’ai l’impression que toutes ses questions servent à lui faire oublier ce qui la fait souffrir. C’est comme si quand je parlais, elle ne pensait plus à ses tourments.
« Non, nous vénérons aussi les créations d’Elbereth, c’est-à-dire les étoiles. Elles sont si belles. Les elfes en sont amoureux, je crois. Quand nous étions tous au bord du lac Cuiviénen, la nuit était permanente. Notre seule lumière était celle des étoiles. Quand on regarde le ciel de nuit, on peut voir des milliers de diamants sur un drap de velours bleu foncé. C’est magnifique. Rien n’est aussi beau pour nous que leur douce lumière.
Il a fallu de nombreuses années avant que les Valar ne créent la soleil et le lune. Tout ce temps, pour nous, les étoiles ont été notre seule lumière. Nous leur avons dédié de nombreux chants.»
Je me retourne vers elle. Elle a de nouveau fermé les yeux et, je crois, essaie de visualiser ce que je lui raconte. Peut-être qu’elle ne m’écoute pas et qu’elle est juste bercée par ma voix. Au fond, ça m’est égal. Rien que le fait qu’elle me pose des questions et me donne l’occasion de parler de mes souvenirs me suffit amplement.
Elle ne m’a toujours rien dit sur elle, ni sur son passé. Elle reste mystérieuse. J’ignore si c’est délibéré de sa part ou si elle a juste peur de souffrir en évoquant ses souvenirs. La curiosité que je ressentais quand elle était endormie, s’est encore accrue. Elle ne cesse d’augmenter et me laisse de moins en moins de répit. Bien sûr, je pourrais lui poser des questions, mais ça serait manquer de tact et être impoli. Je ne suis pas un Hobbit, pour vouloir à tout prix assouvir ma curiosité, ni un nain pour me montrer impoli et rustre envers une femme.
Je remarque qu’elle a ouvert les yeux et me fixe. Je lui souris. Que va-t-elle me demander maintenant. Elle reste silencieuse, en fait elle perd le semblant de calme que mes paroles lui avaient apportée. Son regard redevient triste et elle fini par détourné la tête pour regarder le sol.
Je peux sentir sa peur. Mais que craint-elle ? Qu’est-ce qui l’effraie ? Et qu’est-ce qui la rend si triste ? Je peux supposer qu’elle a perdu un être cher à son cœur et à son âme. Mais j’ignore comment et pourquoi. Tout comme j’ignore pourquoi elle a pris part à la guerre.
Pour lui rendre le sourire, je me décide à parler. « Est-ce que tu connais la forêt de Fangorn ? » Elle relève la tête et me fixe un peu. Elle est étonnée de ma question. Elle finit par murmurer : « Oui, de nom. Mais je n’ai jamais été là-bas. Mon peuple prétend qu’elle est ensorcelée. » Je la fixe, étonné. Fangorn borde la terre du Rohan et je sais que les humains s’en méfient. Mais j’étais loin d’imaginer les Rohirrim aussi superstitieux !
Je me décide à reparler : « Vraiment ? Tu as tort. C’est un très bel endroit, tu devrais y aller un jour. Et puis elle n’est pas ensorcelée. C’est juste qu’il existe des Ents : des arbres immenses capables de se mouvoir par leur propre volonté et de parler. Ce sont les bergers de la forêt. Il n’y a rien de dangereux là-bas sauf si tes intentions sont mauvaises.
C’est un endroit qui est très vieux, plus vieux que moi ! Les arbres y ont acquis une grande sagesse. C’est magnifique. Les arbres sont les seuls maîtres et tout y respire la pureté. Rien n’a été souillé, ni les orques, ni par les hommes. Dans ces lieux on peut encore sentir l’esprit des Valar. Ce sont les elfes qui ont appris aux arbres à parler… »
Je remarque sa fatigue. Ses traits sont tirés et ses yeux commencent à se fermer. Je me lève et vais lui remplir sa cruche d’eau. J’en profite pour ramener de quoi manger. Elle s’est allongée durant mon absence. Quand j’arrive, elle se redresse et grimace de douleur. Sa plaie la fait encore souffrir apparemment.
Je mange avec elle, même si je n’ai pas faim. Puis, elle se recouche lentement pour éviter que sa blessure ne la fasse souffrir. Elle essaie de résister, mais la fatigue a raison d’elle. Elle finit par s’endormir. Je me décide à rejoindre ma chambre.
Une fois arrivé, je me mets à la fenêtre. La nuit est claire et le ciel dégagé. Je peux observer à loisir les étoiles. Je perçois les bruits des gardes à l’extérieur, ils font leur ronde habituelle. Je garde les yeux fixés sur le ciel et essaie de faire abstraction du reste. Je n’ai pas besoin de dormir, mais il n’y a rien à faire de nuit dans cette cité.
Je me détourne et m’allonge sur le lit. Mes pensées volent de nouveau vers les paroles de la Dame de Lorien. Je ressens de nouveau l’appel de la mer. Mon cœur est déchiré en deux et mon âme est en proie à un dilemme : partir ou rester. Je doute, que dois-je choisir ?
Partir, ce serait délivrer mon cœur de ses tourments et de ses questions. Ce serait rejoindre les miens, ceux qui ont déjà quitté Arda pour gagner Valinor. Et cela me permettrait de vivre dans un endroit paisible, loin de la destruction et du mal que Sauron a apporté à ces contrées-ci. Même mort, le mal que Sauron, et Morgoth avant lui, a engendré vit toujours. Cette terre est souillée à jamais.
Rester, c’est accepter les tourments. Mais je sais que je ne quitterai jamais Arda. Du moins pas maintenant. Peut-être plus tard. Pour l’instant je suis incapable de partir, d’abandonner la Terre du Milieu.
J’ai trop de souvenirs ici, que ce soit avec les miens en Forêt Noire ou bien avec les Hobbits et le reste de la compagnie. Nous avons partagé trop de choses pour que je les quitte. Car aller à Valinor, c’est ne plus jamais les revoir. Et ça je ne peux pas. Même à mon âge, je reste attaché à mes souvenirs et à mes amis.
Je me retourne sur le côté et fixe le mur en face de moi. Ne plus penser à mes tourments… je tourne mes pensées vers Lorim. Elle reprend un peu plus de force chaque jour. Mais son état psychique ne change pas. Et ça m’inquiète. Au fond, je me suis attaché à elle à la longue de la soigner.
Je soupire et m’assieds. Je finis par me lever et par sortir. J’ai besoin de marcher en plein air, de sentir le vent contre ma peau. Une fois dehors, je me dirige vers le promontoire. De là, ma vue perçante peut embrasser toute la cité et une bonne partie de la plaine.
De nouveau je m’interroge sur Lorim. Pourquoi parle-t-elle si peu ? Pourquoi cette tristesse permanente ? Je crois qu’elle ne me fait toujours pas confiance, ou du moins elle se méfie encore un peu de moi. Je peux comprendre, ça ne fait que 7 jours qu’elle s’est réveillée. Pour elle, je suis toujours un étranger.
Pourquoi occupe-t-elle tellement mes pensées ? Elle n’est plus une occupation pour me distraire, elle m’est devenue aussi précieuse que mes compagnons de route, que Gimli. Elle est devenue une amie. »
« Je me relève en sursaut. Je sens des larmes baigner mes joues, et de la sueur tremper mon corps. Je tremble comme une feuille prise dans un courant d’air. Pourtant, je n’ai pas froid, non, j’ai juste peur. La terreur s’est logée au fond de moi et ne me quitte plus.
Je me recouche doucement et essaye de calmer ma respiration saccadée. Je redoute la nuit, je redoute le moment où mes yeux se fermeront, où je ne pourrai plus contrôler mes pensées. Je sais que dès que je sombrerai de nouveau dans le sommeil, ils seront là.
Car ils ne me quittent jamais. Du moins, pas depuis le jour où je les ai vu mourir, où j’ai appris qu’ils me laissaient seule ici bas. Ils me hantent. Je regrette tellement de ne pas avoir pu les sauver, de ne pas avoir su les protéger…. Même si je me demande ce que j’aurais pu faire ce jour-là.
Ils me manquent tant. Je m’en veux de ne pas avoir pu les préserver de la mort ; d’être encore en vie alors qu’eux sont morts. Je n’arrive pas à imaginer ce que sera ma vie maintenant. Comment vais-je faire pour continuer à vivre sans eux ?
Je sens mes yeux se refermer. J’ai beau lutté, le sommeil aura raison de moi. Je me sens sombrer dans l’inconscience …. .
Quand je me réveille au matin, le médecin est à mes côtés avec deux femmes. Ils vont changer mon bandage. Peut-être voudra-t-il bien que je marche aujourd’hui. J’ai besoin de sortir de cette pièce. Ici, j’étouffe.
Il me regarde et m’annonce que ma blessure est presque refermée. J’ose ouvrir la bouche pour lui parler : « Pourrais-je me lever et marcher ? …. S’il vous plait…. ». Il me fixe quelques minutes avant d’acquiescer et de me recommander de me faire accompagner.
Ils quittent tous trois la pièce et je me retrouve de nouveau seule avec mes souvenirs, avec ces visions d’horreur qui me hantent jour et nuit. De nouveau les larmes baignent mes joues amaigries. Je fais un effort pour manger et boire un peu.
Quelques temps plus tard, le Seigneur elfe vient me voir. Il est là tous les jours. Je me demande pourquoi il s’occupe autant de moi. J’aime sa présence, car quand il est là, il me parle de son pays. Il le décrit tellement bien que j’arrive à le visualiser en fermant les yeux. Mais surtout quand il me parle, j’oublie mes tourments.
Il s’assied à côté de moi et me fixe pendant quelques instants. Je me rends compte soudain de mon égoïsme envers lui. Je lui ai posé des questions sur sa vie, mais je n’ai jamais parlé de moi. Je me tourne vers lui pour lui demander : « Voulez-vous bien m’accompagner dehors, s’il vous plait ? » il me regarde étonné et finit par me sourire.
Il m’aide à me lever et me mène dans un jardin. Je me sens essoufflée au bout de quelques pas. Ma hanche me tiraille et me fais grimacer. Il me force à m’asseoir sur un banc. D’où nous sommes nous pouvons voir deux enfants, un garçon et une fille, jouer. Je souris doucement, tandis que de tendres souvenirs effleurent mon esprit.
Sa voix me tire de mes pensées : « C’est rare quand vous souriez ». Je me tourne vers lui avant de lui répondre : « Ils me rappellent mon frère et moi quand nous étions petits. Comme elle, je passais ma vie à le suivre et à le taquiner. »
C’est la première fois que je parle de mon passé avec lui. D’ailleurs, à part avec ma famille, je n’en parlais pas souvent. Les souvenirs que l’on évoque ne concernent que peu de gens, et seulement ceux qui vous sont proches et les ont vécus avec vous peuvent en comprendre le sens et l’importance.
Il ne dit rien et attend que je continue à parler si je veux. Je ressens le besoin d’évoquer mes souvenirs d’enfance, d’évoquer ma terre natale pour être sûre qu’ils ne sont pas morts avec les miens.
« J’avais un frère aîné et deux petites sœurs. Il n’y avait que trois ans entre mon frère et moi. Nous étions très proches l’un de l’autre. Dès que l’un faisait une bêtise, l’autre suivait. Et mère nous punissait tous les deux. De toute manière, il était impossible de savoir qui était le réel responsable.
Je me rappelle qu’une fois nous avions libéré toutes les poules et le coq dans la cour. Père a mis des heures à tous les réunir, et nous, on s’était installé au milieu et on riait de le voir courir après la volaille. Mais la correction qu’il nous a donnée ensuite nous a passé l’envie de recommencer. »
Je me tais et observe le décor qui m’entoure. Même ici, dans cette cour j’étouffe. Je pense que je commence à comprendre pourquoi sa forêt lui manque. Dans cette cité tout n’est que pierre. Je soupire avant de reprendre la parole.
« Je pensais que sortir de ma chambre me ferait du bien, mais même ici je suis oppressée. » Je sens son regard posé sur moi. Je ressens la question muette qui est née dans son esprit. « Êtes-vous déjà aller au Rohan, mon Seigneur ? ». Il me fait oui de la tête et continue de m’observer.
« Moi, j’y ai grandit. Oh pas à Edoras, la capitale, là où vivait notre roi. Non, je suis née et j’ai toujours vécu au cœur même du Rohan. Là où l’on peut sentir réellement son âme, là où l’on peut comprendre ce que ressente ses habitants.
Je suis née dans les plaines. J’ai parcouru avec mon frère et ses amis, ses prairies dans tous les sens. Il nous arrivait de nous perdre et de mettre des heures à retrouver le chemin pour rentrer.
Je n’ai toujours eu pour horizon que la plaine. Je ne pense pas que vous pouvez comprendre. Vous, vous vivez dans une forêt remplie d’arbre. De là où je viens, rien n’arrête la vue sauf le ciel bleu.
J’aime entendre le vent jouer dans les hautes herbes. Son chant est si mélodieux, si doux. Il m’a toujours reposé, il me berçait quand j’étais petite et que le sommeil tardé à venir. Pour moi, son chant est précieux. C’est une des choses qui me manque le plus ici.
J’ignore comment on peut vivre dans un monde fait de pierre, où jamais ne pousse une brindille d’herbe ; où jamais on entend le chant mélodieux des oiseaux….
Ce que je souhaitais de tout cœur c’était de vivre ma vie entière au milieu de ma plaine, au milieu de la nature, là où le vent, les oiseaux ont encore tout pouvoir. Je ne voulais pas quitter cet endroit. Pour moi, il représente…. Euh… l’endroit où l’on doit être le mieux, celui où il ne doit plus exister en vous que l’émerveillement du spectacle qu’offre le coucher de soleil au-dessus des herbes ondoyantes… »
Je me suis tue. Les larmes ont recommencé à couler le long des mes joues. Mon frère se moquait gentiment de moi quand je lui parlais ainsi de la plaine. Il ne pouvait comprendre mon attachement à cette région. Lui disait pouvoir sans problème quitter tout ça et vivre dans une cité. Au fond, sur certains points on ne s’est jamais compris.
J’essaye en vain de calmer mes pleures. J’aimerais retrouver la force qui autrefois m’habitait. Cette énergie qui faisait dire à mon époux que rien ne pouvait m’ébranler ou me détruire. Alors, pourquoi ? Pourquoi, aujourd’hui, je n’arrive pas à la retrouver au plus profond de mon être ? Pourquoi est-ce que je ne peux arriver à me maîtriser ?
Je n’arrive plus à contenir ma tristesse. Mes larmes ne sont plus silencieuses et je me courbe vers l’avant pour étouffer mes sanglots. Ma blessure, sous l’effet de ce mouvement brusque, tire et me fait souffrir. Mais cette souffrance physique n’est rien à côté de celle qui ronge mon cœur.
Je sens une main se poser délicatement sur mon épaule. Le contact me réchauffe, m’apaise un peu même si je continue à sangloter. Je ne peux pas arrêter le torrent qui se déverse sur mes joues. J’ai trop mal pour ça !
Je sens qu’il bouge à côté de moi et il finit par enserrer mes épaules entre ses bras. Je retrouve l’impression que me donnaient les bras de mon frère quand nous étions enfants. À l’époque, chaque fois que je tombais et que les larmes salissaient mes joues il me serrait comme ça contre lui.
Peu à peu mes larmes s’estompent et je reprends mon souffle. Je commence à me calmer. Il me lâche et se recule. Je lève les yeux vers lui : « merci». C’est tout ce que j’arrive à murmurer. J’essuies mes joues et me plonge dans la contemplation du jardin.
Je me sens si lasse tout à coup. Je me lève doucement pour ne pas réveiller le tiraillement de ma blessure. Il m’imite et me reconduit dans ma chambre. Il remarque vite que marcher est difficile et douloureux pour moi, gentiment il m’offre le bras.
Une fois arrivés, il m’aide à me coucher avant de, comme tous les soirs, m’apporter de quoi souper et boire. Il mange avec moi. Ensuite, il me fixe. J’ai la vague impression qu’il cherche à savoir si je suis calmée. Puis il se lève et me salue avant de partir.
Je me recouche et fixe le plafond. C’est la première fois que je pleure comme ça devant lui. Il ne m’a rien demandé, pas une seule fois depuis que je suis réveillée, il n’a posé de question. Il semble si discret. J’admire le calme et la sérénité avec lesquels il a fait face à mes larmes tantôt.
Au fond, sa présence m’est réconfortante. Je retrouve la même sensation qui m’étreignait quand enfant je me réfugiais dans les bras de mon frère suite à un cauchemar ou à une chute.
Je ferme les yeux. J’aimerais une fois, juste une nuit, ne pas revivre ces scènes ; ne pas revoir les miens mourir sous les coups des Orques, ne pas devoir revoir ce qui m’a brisée au plus profond de moi-même, ce qui m’a détruite. J’aimerais pouvoir dormir d’un sommeil sans rêve et reposant.
Je me tourne vers le côté. Je sais que bientôt je ne pourrais plus lutter, que je finirai par dormir. Je pensais naïvement que l’inconscient était le seul lieu où je ne souffrirai point. Comme j’avais trot ! Quel que soit mon état, réveillée, endormie, je revis sans cesse les mêmes moments.
C’est comme si mon esprit refusait de se souvenir d’autre chose, de se rappeler les moments de joie partagés avec les miens. Il ne me reste que souffrance et tristesse. La joie qui m’animait autrefois et mon appétit de la vie sont morts en même temps que mon neveu.
J’aimerais retrouver le calme, la paix…. Brusquement, je me souviens de ce que ma mère disait : « raconte ce qui t’attriste, tes problèmes et ils te sembleront moins lourds quand tu les auras partagés ». Mais à qui ? À qui aujourd’hui puis-je ouvrir mon cœur et mon âme. À qui puis-je raconter tous ces cauchemars, tous ces souvenirs ?
J’ai besoin de parler, de raconter pour soulager mon esprit, mon cœur et mon âme. J’ai besoin que quelqu’un m’écoute et me réconforte, me console comme mon frère le faisait. J’ai besoin de quelqu’un, d’un ami.
Brusquement, je réalise que le seul ami que j’ai c’est lui. Demain, je lui parlerai, peut-être qu’il comprendra…. Il est mon seul ami…. »
À suivre
La soleil et le lune : non, je n’ai pas fait une faute de frappe, le soleil est féminin et la lune est masculine pour les elfes. Et je peux vous expliquer pourquoi ! Ça vous intéresse. Ok en bref, alors dans le Silmarillion, Tolkien raconte les deux premiers âges d’Arda et notamment la création de ces deux astres. Quand les Valar ont créé le soleil et la lune, ils les ont mis sur des char distinct et ont choisi parmi leurs serviteurs deux conducteurs : une femme pour le soleil, car elle seule pouvait en supporter la chaleur et un homme pour la lune. Et en prime, il explique les éclipses. Voilà pourquoi chez les elfes on dit la soleil et le lune ;).
Réponses aux reviews
Anariel : Salut Anariel, heureuse de te revoir’. Et surtout, je suis super contente que l’histoire te plaise toujours. Pour Lorim, c’est normal qu’elle veuille encore mourir, elle n’est pas amnésique. Elle se souvient de tout et regrette toujours ses proches. Mais je te promets que ça lui passera. Bof, moi je ne trouve pas qu’ils s’ouvrent, disons qu’ils se rendent compte qu’ils ont besoin des autres. À moins que c’est ce que tu entends par s’ouvrir ? Merci pour tes encouragements, ça me fait chaud au cœur et merci de ne pas me lâcher, comme tu dis. Allez, au plaisir d’avoir de tes nouvelles. À bientôt ! Bisous.
Nimrodel de la Lorien : Bonjour Nimrodel de la Lorien (tu n’as pas un diminutif ? enfin depuis je l’ai eu ;)), heureuse que tu sois encore là. Merci pour le compliment, il me touche. Et oui, je connais’ Ely, entre autre grâce à sa fic sur la fusion, de plus je lui ai dédicacé celle-ci (enfin bon un détail). Mais il semble que vous vous connaissez bien aussi. Tout à fait d’accord avec toi, dès qu’il sagit de Legolas, elle fonce et devient ingérable. rire Je tiens à préciser, que j’ai beaucoup apprécié tes remarques, elles m’ont aidé à avancer (je ne voulais pas paraître vexée ou sèche dans ma réponse, sorry). Je ne suis pas non plus une spécialiste du monde de Tolkien, mais j’essaye de ne mettre que ce que je connais. Mon histoire d’une grande qualité ? Ce n’est pas ma meilleure, du moins à mon humble avis. Mais j’ai aussi fait pire. Merci de ton aide, j’espère que tu me l’apporteras encore. J’apprécie beaucoup les gens qui font des review comme les tiens. Non, je n’ai personne qui corrige mes histoire, mis à part ma sœur qui lit quand elle a le temps et mon fiancé qui survole. Ça doit manquer un peu à mes fics, je suppose. Enfin, depuis j’ai Ly. Euh, je ne sais pas comment on fait pour corriger quand c’est publié, sorry. Merci pour la review, et à la prochaine. Bisous.
Luciole : Bonjour, Luciole. C’est mignon ça comme surnom. Bon hé bien, une lectrice en plus apparemment. Heureuse que la fic t’est plue. En fait, j’adore utiliser le point de vu interne. Je trouve (point de vue personnelle) que c’est plus facile de décrire quand on se met à la place du personnage. Quant au fait que ce soit triste…. Promis ça va aller en s’arrangeant, avant de retomber dans le noir (moi sadique ? Pas du tout, c’est une idée que tu te fais ;)). Merci pour tes encouragements, quant au nombre de chapitres n’espère pas une fic avec 30 chapitres, ce n’est pas mon genre. Mais il y en aura encore quelques uns, promis. Bisous à toi aussi, et merci pour les ondes, j’en ai bien besoin.
Jylly Brandebouc : Coucou, Jylly Brandebouc. Tiens tu fais partie de la famille de Merry ? Bon, heureuse de te compter parmi les lectrices (suppose que tu es une fille, vu le nom). Merci pour ton commentaire. J’espère que la suite te plaira autant. Bisous.
Elysabeth : Comme d’habitude un roman ! Tu n’es pas croyable…. Enfin, merci pour tous tes conseils et remarques, ils m’aident. Sinon, heureuse que la fic te plaise toujours autant (ou c’est juste de la curiosité ?;)) et que tu continues à me critiquer. Un grand merci d’avoir corrigé.). Hum, quoi d’autre ? Ah oui, à quand une suite dans la fusion ou minuit ? Bon, pour le reste, tout a été dit en mail, je pense. Donc, comme d’habitude, à très bientôt très chère Muinthel nìn ;). Bisous.
Alma77 : Kikou. Heureuse de te revoir’ alma 77. Intéressant et sympa ? Je le prends comme un compliment ! Merci. Bof, le chapitre 3 n’est pas d’une grande gaieté non plu…. J’essayerai de m’améliorer pour les autres avant de faire déprimer tous les lecteurs ;). Ta fic ? Si tu me donnes le titre ou le site, je pourrais la lire. Tu as un compte Fanfiction ? Mes cours ? Au moment où j’ai reçu ton mail et bien j’étais en stage, donc c’était moi qui faisais les cours ;). Et là je retourne sur les bancs lundi, snif. Enfin merci pour les encouragements. Bisous.
Morgana : Kikou Morgana. Serais-tu une fée ;). Ben, si ça vient du fond du cœur, ça me fait énormément plaisir et puis on n’a pas toujours quelque chose de constructif à dire ! Heureuse que l’histoire et les personnages te plaisent ! Il t’aura fallu attendre presque un mois mais voici la suite ! applaudissement attendu de la part de l’auteur En fait, j’ai énormément de boulot pour l’école donc je ne sais plus publier aussi régulièrement qu’au début. Bref, tu en as pour encore un mois ou deux avant d’avoir une suite ! Leur relation, ça s’est à découvrir….. Mais moi, je connais la réponse ;). Mais non, tu peux poser des questions, ça ne me dérange pas de répondre. En fait, j’apprécie énormément…. Tu n’es pas la seule à me la faire (vous êtes 3) ! Pff, je suis une incomprise soupir de désolation. Bon, non sérieusement, ça me paraissait logique quand j’ai écrit le chapitre, mais ça ne semble pas être le cas pour les lecteurs. Disons que je pars du principe qu’il la connaît et qu’il ne la considère pas comme une inconnue mais comme quelqu’un d’assez proche. Et si j’en dis plus, je dois raconter la suite…. bon, j’espère que ça t’éclaire quand même un peu ! Et ne t’inquiètes pas pour la remarque, elle est légitime et je l’ai très bien prise. Bisous !
Roselyne : Kikou toi ! Ça va ? Merci pour le compliment rougis. Euh, je me permets de te le retourner : toi aussi tes histoires sont très bien écrites, belles et poétiques et surtout elles ont une certaines profondeur qui les rend très agréable à lire (euh, tu as compris ?). Youpi ! Après 3 tentatives, la review passe ! soupir de soulagement Qu’est-ce que l’on est heureuse, pas vrai ? Pour Lorim, normal que je l’approfondisse c’est mon personnage que moi je connais bien mais pas les lecteurs. Pour Legolas, il est moins approfondi parce qu’il vient d’apparaître dans l’histoire, mais au fond tous les lecteurs le connaisse, non ? Oui, comme déjà répondu à d’autres lectrice, c’est parce que pour moi ça semble normal. En fait, (j’ai l’impression de me répéter là) pour moi il ne considère pas Lorim comme une étrangère mais plutôt comme quelqu’un de proche de lui. Je pense développer ça un peu mieux dans les autres chapitres ! Enfin, j’espère que tu as compris ! Une transposition Faramir Eowyn ? Euh si tu veux…. Enfin non, Lorim n’est pas comme Eowyn et la relation Legolas - Lorim tient plus au départ de l’égoïsme que de l’amour ! En fait, ils ne sont pas amoureux ! Avant tout ils s’intéressent à l’autre pour eux et par égoïsme. Je pense avoir un peu mieux développer ce point dans ce chapitre-ci ;). Et j’ai les versions longues chez moi ;). Et puis j’ai lu le roman! Moi être une fan du Seigneur des Anneaux et de Tolkien ! Lire la suite, tu viens de le faire, pour le chapitre suivant rendez-vous probablement au mois de mars, après mon 2nd stage ! Merci pour tout. J’espère te « revoir »très bientôt ! Big kiss my dear friend (fais des progrès en anglais, non ? ;) .
Risoki : Salut risoki. Simple question : tu es fan de manga ? Je trouve que ton nom sonne japonais ;). Bon sinon, fucker ça signifie ? Moi, parler anglais juste un tout petit peu… alors traduction please…. Bon, si tu le trouvais ennuyant, je n’ai qu’un conseil à te donner : arrête de lire ! Parce que ce n’est pas près de s’arranger au niveau action ! Moi et l’action, on n’est pas très copain en fait. Voilà ! Tu t’es perdu ? Bon, c’est du au fait qu’il y a les pensées de 2 personnes différentes ? Ou bien parce que tu as décroché ? Ou …. Enfin pour moi, ça semble simple vu que c’est moi qui écris. Donc je ne peux pas vraiment comprendre le problème que tu as rencontré. Enfin, j’espère que tu t’es retrouvée dans celui-ci ! Ah quand même, un petit compliment ! Merci. Et bien la voilà la suite. J’espère qu’elle t’a plue ! À plus, bisous.
Voilà, c’est fini pour cette fois ! À dans …. euh…. 2 ou 3 mois ! Bisous à toutes et à tous, merci pour les reviews et merci à ceux qui ne font que lire. À plus.
Junon2