
| Destinées entrecroisées | Auteur: hydraGundam | Vue: 5785 |
| [Publiée le: 2006-12-11] [Mise à Jour: 2008-11-15] | ||
| 13+ | Action-Aventure/Général/Romance | Commentaires: 35 |
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Description: Eldarion, fils d'Elessar, et Eolain, fille de Faramir, n'ont rien en commun. Et pourtant... | ||
| Crédits: Les personnages originaux de l'oeuvre de JRR Tolkien ne sont pas à moi. |
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Question existentielles[3702 mots] |
Publié le: 2007-05-20 | |
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Chapitre 21 : Questions existentielles
L’aube se lève sur la cité blanche, l’arrosant de ses doigts de rose, et rien ne bouge encore dans la capitale du Gondor. Arwen s’éveille dans la chambre royale encore à demi obscure, et regarde avec un sourire Elessar endormi à côté d’elle pour oublier le cauchemar qu’elle vient de faire. Dans le sommeil, le roi d’Arnor et de Gondor semble abandonner ses soucis quotidiens, et il dort calmement, encore épuisé par son expédition en Harad. Il ne lui en a dit que les principaux événements, mais elle devine que cela a dû être difficile pour lui. Doucement, elle effleure le bandage qu’il porte à l’avant-bras, puis quelques-unes des nombreuses cicatrices qu’il a sur le torse… Voilà bientôt vingt-et-un ans qu’ils sont mariés, et elle l’aime encore comme au premier jour, comme ce jour où ils se sont engagés, sur la colline de Cerin Amroth… comme il lui a manqué !
Arwen veut oublier son cauchemar, toutes ces nuits où elle a vu en rêve la mort de son époux et de son fils. Ses angoisses, qu’elle refuse de laisser paraître, ressortent ainsi sous forme de cauchemars qui la troublent énormément…
Elessar respire un peu plus fort, puis sourit dans son sommeil avant de dire sans ouvrir les yeux :
« Bonjour, mon amour… »
Arwen sourit et dit :
« Bonjour…tu as bien dormi ? »
Elessar ouvre les yeux et dit :
« Parfaitement…tu ne peux pas savoir comme j’ai mal dormi en Harad, loin de toi… »
Il s’interrompt un moment puis dit :
« Mais tu as l’air inquiète, ce matin…tu penses à Eldarion, n’est-ce pas ? »
Arwen caresse le bras bronzé de son époux et dit :
« J’ai cru te perdre alors que tu étais en Harad…si je perdais Eldarion, je… »
Elessar caresse doucement la joue de son épouse et lui dit :
« Tu ne perdras pas Eldarion, il va très bien, et je suis bien vivant…cesse de t’inquiéter à présent… »
Et il la prend tendrement dans ses bras. Arwen se blottit contre la peau mate de son époux, s’enivrant de son odeur si masculine qu’elle connaît si bien, et se rendort calmement. Doucement, Elessar la pose, la recouvre avec soin avant de se lever et de s’approcher de la fenêtre. Il s’inquiète lui aussi pour son fils, mais il est de son devoir de soutenir moralement son épouse, dont il comprend l’inquiétude. Arwen, puisqu’elle a porté Eldarion, sent certaines choses qu’il ne peut sentir lui-même, mais il sait par instinct, son instinct qu’il a si souvent exercé, qu’Eldarion se porte bien…
Il soupire d’aise, heureux d’être revenu chez lui après les sables du Harad, et regarde le soleil du matin inonder sa cité…
Eldarion regarde la fine pluie qui tombe en cette fin d’hiver morne. Fornost Erain, ancien palais des rois d’Arnor et des princes d’Arthedain, est noyé sous la grisaille qui ne semble pas vouloir se lever. Une voix l’interpelle alors :
« Hé, tu joues ? »
C’est Meneldil, assis en face de lui, et tous deux ont entamé une partie d’échecs pour tuer le temps. Arbarad les a cantonnés là, et s’est enfermé pour une réunion avec l’élite des Rangers, tous apparentés d’assez près à la famille royale. Meneldil a le sourire, car il est chez lui, il est né à Fornost Erain, dans le bâtiment du palais qu’habitent ses parents…son père, le prince Amrod de Fornost, a été Ranger très longtemps, mais dirige maintenant cette partie de l’Arnor au nom du roi Elessar. Eldarion joue son cavalier, Meneldil bouge sa tour, puis demande :
« Tu ne parles pas souvent de ta famille, Galneth… »
Eldarion dit alors :
« Il n’y a pas grand’chose à en dire, Meneldil…je suis le seul fils d’un dignitaire du palais nommé Narmacil, et j’ai quatre sœurs plus jeunes que moi. »
Ce n’était là après tout qu’un semi-mensonge, il avait bien quatre sœurs, et le roi Narmacil était un de ses ancêtres. Soucieux de ne pas attirer l’attention sur lui, il dit :
« J’ai cru comprendre que ta famille était originaire d’ici, Meneldil… »
Le jeune Ranger le fixa de ses yeux bleus semblables aux siens, et dit :
« Oui, en effet, mon père, Amrod, dirige cette partie de l’Arnor au nom du roi, dont il est le cousin par alliance… »
Cousin par alliance ? Devant l’air perplexe d’Eldarion, Meneldil acheva :
« Oui, ma mère, Gloredhel, est la sœur de la mère de notre roi Elessar… »
Avec un léger sourire, Eldarion se rendit compte qu’en fait Meneldil était son petit-cousin, et un cousin de son père. Cependant, il se tut prudemment et Meneldil dit alors :
« Ne fais pas ton timide, Galneth, le fait que ma famille cousine avec le roi ne me donne rien de plus…Ancalimë, ma sœur aînée, dit toujours qu’avoir le sang bleu ne nous l’oxygène pas plus que le commun des mortels, et je partage son avis… »
Eldarion, bien que né dans la pourpre, avait toujours été élevé avec simplicité, entouré de l’amour de ses parents comme n’importe quel enfant du peuple, et il partageait l’opinion de Meneldil à ce sujet. C’est alors que la porte s’ouvrit et qu’une voix grave dit :
« Eh bien, Meneldil, on ne salue pas son père ? Tu manques de respect, mon fils…»
Amrod de Fornost s’approcha de son fils et lui dit :
« En plus tu ne me présentes même pas ton ami ? Ce n’est pas comme cela que je t’ai éduqué… »
Il était évident qu’il plaisantait, et Meneldil, le plus sérieusement du monde, dit à son père :
« Père, je vous présente Galneth fils de Narmacil…Galneth, voici mon père le prince Amrod de Fornost… »
Eldarion s’inclina et dit :
« Je suis honoré, Altesse… »
Il s’aperçut qu’il ignorait l’appellation adéquate à employer en pareil cas, mais Amrod dit alors :
« Allons, jeune homme, pas d’Altesse, personne ne m’appelle plus ainsi…Meneldil, j’espère bien que tu rendras visite à ta mère, elle souhaite beaucoup te voir, ainsi qu’Ancalimë, qui viendra demain… »
Un peu chiffonné par la remarque de son père, Meneldil acquiesça et son père sortit. Le jeune homme dit alors d’un ton excédé :
« Quand va-t-il cesser de me considérer comme un petit garçon ? On dirait qu’il a oublié que j’ai vingt-trois ans… »
Eldarion se disait parfois aussi cela de son propre père, et parfois aussi d’Eladiel, qui avait tendance à le couver comme s’il était encore un enfant.
Il se leva, un peu gêné, et dit :
« Je vais aller voir Arador, je dois soigner les chevaux avec lui, à plus tard ! »
Resté seul, Meneldil s’approche de la fenêtre, et regarde ce pays qu’il connaît bien, qu’il dirigera un jour à la suite de son père…il pleut, le vent souffle mais cela ne le dérange absolument pas, pour lui il représente ses racines. Il est Ranger depuis presque huit ans, et n’en oublie pas pour autant ses origines, reliées à ce bout de terre gris et sinistre…comme son ancêtre Arvedui, qui était aussi celui d’Eldarion, voyant venir le Roi-Sorcier et les troupes de l’Angmar, il regarde l’horizon, perdant son regard bleu dans la grisaille des nuages bas…
D’une plume légère, Eladiel écrit à son frère cadet :
Très cher frère,
J’espère que cette lettre te trouvera, car je sais que tu as quitté l’Anorien pour l’Arnor. Nous allons tous bien ici, l’expédition de Harad s’est terminée heureusement et tout le monde est revenu. Nos sœurs t’embrassent très fort, et nos parents vont bien.
J’ai trouvé l’information que tu me demandais dans ta précédente lettre, le Ranger qui a pour nom de combat Herunan s’appelle Hador, il a cinquante et un ans à présent. Il nous est apparenté d’assez loin, mais la majeure partie de sa famille vient d’Arnor. Je suis désolée, je n’ai pas d’autres informations sur lui, c’est tout ce que j’ai pu trouver sur sa fiche d’enrôlement. J’espère que cela pourra néanmoins te servir…
Tout va bien ici, il n’y a plus d’inondations et les pluies de printemps se sont taries, les Valar en soient loués. La cité a été épargnée mais la majeure partie des terres proches de l’Anduin ont été sévèrement touchées, il faudra du temps pour reconstruire.
Nous espérons tous que tu vas bien, et que tout se passe bien pour toi. Si tu as une permission, nous aimerions te voir, si c’est possible…
Mes obligations m’appellent, je laisse là ma missive et t’embrasse très fort, petit frère, je prie les Valar de veiller sur toi…
E. U. T.
Eladiel cacheta soigneusement la lettre, puis la confia à sa demoiselle de compagnie par laquelle elle recevait les missives de son frère, elle la ferait tenir à son destinataire. D’un pas léger, elle sortit de sa chambre et gagna le bureau de son père, comme venait de l’y inviter le serviteur personnel du roi. L’huissier qui gardait la porte frappa, puis, à l’assentiment royal, ouvrit la porte et s’écria :
« Son Altesse royale la princesse Eladiel ! »
Elessar se leva, puis vint embrasser sa fille aînée en disant :
« Je n’étais pas là pour ton vingt-et-unième anniversaire, ma fille, aussi ai-je décidé de t’offrir tes cadeaux maintenant… »
En effet, Eladiel avait eu vingt et un ans le 27 février précédent mais personne n’avait eu le cœur à le lui fêter, et elle l’avait fort bien compris. Elessar prit deux paquets derrière lui et dit :
« Ces deux cadeaux ne sont pas tout à fait de moi, je t’offrirai le mien après… »
Eladiel dénoua le nœud du premier cadeau, et ouvrit la boîte dissimulée sous le papier. La boîte de bois précieux contenait un présent encore plus précieux encore : une magnifique couronne elfique…
« Elle appartenait à ta mère, elle la portait à mon couronnement, lorsque ton grand-père Elrond me l’a donnée pour femme… c’est elle qui a décidé de te l’offrir, tu es assez femme pour la porter à présent, et elle te revient… »
Malgré son contrôle apparent, les yeux bleus d’Eladiel se voilèrent, et son père lui dit :
« Allons, tu ne vas pas pleurer, ma fille…essaie-la… »
Il souleva la couronne de sa boîte et la posa sur la tête de sa fille en disant :
« Comme tu es belle, princesse… »
Il prit un miroir, le dirigea vers elle, et Eladiel eut l’impression de voir sa mère dans ce reflet d’elle-même. Elessar, émotionné lui aussi, dit alors :
« Voici ton second cadeau, il t’a attendu longtemps… »
Eladiel ouvrit le paquet, et souleva, les yeux écarquillés, un magnifique cristal de manufacture elfe. Une lettre y était jointe, soigneusement tracée en caractère fëanoriens :
« Très chère Eladiel, ce cristal de divination appartenait à ma grand-mère Indis, il te sera remis par ton père à ton vingt et unième anniversaire, quand tes pouvoirs auront atteint leur pleine maturité…puisse ce cristal qui a survécu à la chute de Tirion t’apporter la clairvoyance complète. Que les Valar te protègent, descendante d’Elrond, et qu’ils te donnent longue vie.
Galadriel. »
Par chance, Eladiel maîtrisait cette écriture, et la lecture de la lettre la fit fondre en sanglots. Elessar caressa la joue de sa fille et dit :
« Elle savait beaucoup de choses, bien plus que ce que j’ai jamais soupçonné…elle m’a remis cela à ton baptême, avec mission de te le remettre à ton vingt et unième anniversaire…elle savait probablement que tu maîtriserais tes pouvoirs à ce moment-là… »
Eladiel leva la tête vers son père, et le roi sourit en disant :
« Tu es sa digne descendante, Eladiel, elle te le signifie par ce cadeau… »
Il prend un paquet enveloppé de soie et dit :
« Voici mon cadeau, j’espère qu’il te plaira… »
Eladiel ouvrit le paquet et souleva un collier étincelant, de facture très ancienne. Elessar dit :
« Il appartenait à ma mère, elle serait heureuse que tu le portes… »
Et il le lui passa autour du cou. Le collier était un extraordinaire mélange de mithril et de pierres précieuses étincelant sous la lumière des torches et mettant en valeur la peau laiteuse de la jeune princesse.
Arwen fit alors son entrée et dit :
« Nous avons fomenté cela avec ton père, et ce soir nous fêterons cela dignement avec tes sœurs…tu ne croyais quand même pas que nous avions oublié ton anniversaire, Eladiel ? »
Elle avait été si occupée pendant cette période qu’elle ne s’était même pas formalisée qu’on ne lui avait pas fêté son anniversaire. Elessar s’approcha de sa fille aînée, l’embrassa sur le front et dit :
« Que comptes-tu faire à présent ? Dans quatre ans, selon la loi de Nùmenor, tu seras majeure, et libre de faire ce que tu veux…as-tu des projets ? »
Eladiel regarda son père, puis sa mère, et dit :
« Je me trouve bien ici pour l’instant, père… »
Arwen devina qu’elle n’en dirait pas plus, Eladiel avait toujours été très secrète, tout viendrait à point…elle embrassa elle aussi sa fille aînée et dit :
« Tu es magnifique, Eladiel, l’homme que tu choisiras pourra s’estimer heureux… »
Nul réaction sur le visage impassible, si elfique, de sa fille, mais Arwen ne pouvait deviner les pensées secrètes de sa fille…Eladiel dit alors :
« Je vais aller me changer, veuillez m’excuser, père, mère… »
Avec une révérence, Eladiel sortit du bureau de son père. Elessar se tourna alors vers son épouse et demanda, inquiet :
« Ai-je fait ou dit quelque chose de mal ? »
Arwen secoua la tête :
« Non, pas du tout, mais tu connais Eladiel, elle en dit peu sur elle-même et nous laisse peu soupçonner ses états d’âme, elle ressemble à mon père pour cela. Laissons-la, c’est la meilleure chose à faire… »
Elessar prit son épouse par la main et dit :
« Tu as toujours mieux compris Eladiel que moi, vous vous ressemblez beaucoup elle et toi, et pas seulement physiquement… »
Arwen sourit et dit :
« Ne nous inquiétons pas pour elle, si la situation s’aggrave nous interviendrons, mais je crois savoir ce qui la tourmente…laissons-la pour l’instant mener sa vie à sa guise… »
Eladiel, après avoir revêtu sa robe préférée, une robe elfique bleue qu’elle avait ramenée de Rivendell, s’assit devant son miroir et enleva la couronne que venait de lui offrir son père. Comment expliquer ce qu’elle ressentait à qui que ce soit ? Son père lui demandait quels étaient ses projets, mais elle savait qu’elle ne pourrait jamais avoir une vie normale avec les pouvoirs dont elle avait hérité, elle les contrôlait mais ils étaient encore trop imprévisibles…A cette idée, deux larmes jaillirent de ses yeux bleus, mais elle les essuya vite, elle refusait de s’apitoyer sur elle-même. Bien sûr, elle savait que de nombreuses princesses de sa famille avaient possédé son don, ce qui ne les avait pas empêché de se marier et d’avoir des enfants, mais c’était à une autre époque…maintenant, ses pouvoirs impressionnaient et effrayaient les gens, même si elle voulait les mettre à leur service.
D’une main tremblante, elle dénoua ses cheveux et les brossa soigneusement jusqu’à ce qu’ils luisent comme de l’obsidienne, puis elle posa dessus la précieuse couronne elfique. Le collier de Gilraen luisait à son cou, et elle eut soudain l’impression d’avoir sur ses épaules tout le passé de sa famille…
Edoras
Eolain répare une pièce de harnachement avec attention, sans entendre son oncle Eomer entrer dans la pièce. Le roi de Rohan observe sa nièce et, malgré l’air neutre qu’elle affiche, il sent toute sa tristesse et son désarroi…
Il s’assied à côté d’elle et dit :
« Que se passe-t-il, Eolain ? »
Eolain lève son regard bleu sur son oncle et répond :
« Mais rien, oncle Eomer…pourquoi veux-tu qu’il se passe quelque chose… »
Eomer dit alors :
« Je le vois bien, et Lothiriel aussi l’a vu, tu es triste et quelque chose te ronge… »
Eolain fixe la pièce de cuir sur son emplacement et dit :
« Ce n’est rien d’important, mon oncle… »
Eomer regarde sa nièce, et se dit qu’elle ressemble bien à sa mère, toujours faire croire que tout va bien pour éviter d’alarmer ses proches. Eomer caresse ses cheveux et dit :
« Si ce n’est rien d’important, pourquoi ne manges-tu plus rien et restes-tu seule ? Tu ne peux continuer ainsi… »
Eolain plonge dans le regard bleu de son oncle, puis lui dit :
« Que se passera-t-il si Eldarion ne veut plus de moi ? S’il a trouvé quelqu’un d’autre ? Qu’est-ce que je vais devenir ? ma réputation est perdue, car les gens imagineront que s’il m’a abandonnée, c’est que je suis déshonorée…»
Deux larmes apparaissent au coin de ses yeux, et elle les essuie d’un geste rageur. Eomer réfléchit un instant et dit :
« Que vas-tu t’imaginer là ? Ce n’est pas la peine de t’imaginer ces choses avant d’en être sûre…tu sais, quand j’ai épousé ta tante, elle avait dépassé l’âge normal du mariage, personne ne voulait d’elle parce qu’elle était excellente cavalière, qu’elle combattait à la perfection et, pour les nobles de la cour de son père, cela était une tache sur sa réputation, elle ne pouvait pas être pure en étant entourée d’hommes en permanence…lorsque je l’ai choisie, je ne me suis pas préoccupé du tout de cela, c’était elle que je voulais, je savais pouvoir compter sur elle, et je n’ai jamais été déçu…le tout, c’est de faire confiance à l’autre, tu dois avoir confiance en Eldarion, et ne surtout jamais douter de lui… »
Eolain essuya ses larmes et regarda son oncle qui lui dit :
« Allons, cesse de pleurer à présent, je ne veux pas que ma nièce bien-aimée pleure sous mon toit, juste avant les fêtes de mon couronnement dont elle sera l’un des plus beaux ornements… »
Devant l’air interrogateur d’Eolain, il dit :
« C’est toi qui me présentera ma couronne pendant la cérémonie principale, pendant qu’Elfwine me présentera mon sceptre…tout le monde pourra ainsi admirer ma merveilleuse nièce… »
Eolain sourit à son oncle et lui dit :
« Que ferais-je si tu n’étais pas là, oncle Eomer, ainsi que tante Lothiriel ? Votre gentillesse me touche vraiment… »
Eomer sourit et dit :
« Nous avons vécu Lothiriel et moi des situations difficiles du même style, c’est pourquoi nous essayons de t’aider de notre expérience… »
Il s’interrompit et dit :
« Sors un peu, maintenant, Elfwine t’attend pour aller chevaucher, ça te remettra d’aplomb… »
Eolain embrassa son oncle, et sortit, le cœur plus léger…Eomer sortit lui aussi, et gagna sa chambre, où Lothiriel était assise en train de broder quelque chose. Elle leva la tête lorsqu’il entra et dit :
« Tu lui as parlé ? »
Eomer acquiesça :
« Oui, elle ira mieux maintenant, c’était bien ce que tu pensais… »
Lothiriel sourit et dit :
« C’est bien ta nièce, vous avez tous le caractère si entier dans votre famille ! »
Eomer l’embrasse puis demande :
« Que confectionnes-tu ? »
Lothiriel sourit :
« Oh rien, un simple abécédaire… »
Eomer fronça les sourcils, et demanda :
« Un abécédaire ? Mais pour qui ? »
Lothiriel se mit à rire et lui dit :
« A ton avis ? »
Eomer dit alors :
« Pour une de tes sœurs ? »
Lothiriel éclata franchement de rire et lui demanda :
« Tu n’as rien remarqué ? »
Eomer se gratta le crâne :
« Non, j’aurais dû ? »
Lothiriel s’approcha de son époux et lui dit :
« Je sais que c’est inespéré, mais tu seras de nouveau papa à la fin de l’année ou au début de l’année prochaine… »
Eomer resta interdit puis s’écria en prenant son épouse dans ses bras :
« Mais c’est merveilleux ! »
Et il embrassa Lothiriel qui lui dit :
« J’espère que ça sera une fille cette fois… »
Eomer sourit largement et répondit ironiquement :
« Une fille ? Mais que vas-tu dire là ? On a toujours engendré des garçons dans la famille ! »
Lothiriel rit et dit :
« Si ta sœur t’entendait ! »
Eomer, heureux, serra son épouse contre lui…
Arnor
Eldarion lut une seconde fois la lettre d’Eladiel qu’il venait de recevoir…il voyait bien qui était Hador, un homme sombre, silencieux, aux cheveux châtains clairs et aux yeux bleus, l’un des meilleurs Rangers qui entouraient Arbarad.
Le Ranger qui avait apporté le courrier lui dit alors:
« Veux-tu aller porter au capitaine ces dépêches urgentes, Galneth? Tu seras gentil… »
C’était là l’occasion rêvée, Hador se trouvait avec Arbarad pour redéployer les unités de Ranger sur les points encore sensibles de la Terre du Milieu. Il fit signe à Arador de le suivre et se dirigea vers le bureau d’Arbarad…Arador lui demanda :
« Mais pourquoi veux-tu que je t’accompagne ? »
Eldarion lui dit, le plus doucement possible :
« J’ai réussi à savoir qui est ton père, Arador, il est en réunion avec Arbarad actuellement… »
Arador écarquilla les yeux et demanda :
« Mais…comment ? »
Eldarion lui fit un signe de dénégation et dit :
« J’ai fait jouer mes relations discrètement, voilà tout…après je te laisse juge… »
Il frappa à la lourde porte de bois, et attendit l’assentiment d’Arbarad pour entrer :
« Nous apportons des dépêches urgentes qui viennent d’arriver de Minas Tirith, capitaine… »
Il s’avança, alors qu’Arador restait à la porte, derrière lui, son regard ne pouvant se détacher de l’homme qui se trouvait à la droite d’Arbarad. Le capitaine de Rangers remercia Eldarion, puis les deux garçons sortirent. Arador était sous le choc, et ne put dire un mot pendant plusieurs minutes…quand il reprit ses esprits, il demanda :
« Comment s’appelle-t-il ? »
Eldarion sortit la lettre d’Eladiel et lut :
« Il s’appelle Hador, il a cinquante et un ans et il est apparenté d’assez loin à la famille royale…sa famille vient principalement d’Arnor. Voilà tout ce que la personne a qui j’ai demandé a pu savoir aux archives des Rangers, mais il sera facile d’en savoir plus maintenant que nous avons son identité… »
Eldarion sourit à son ami, et lui dit :
« Allons, courage, Arador… »
Le jeune Ranger lui rendit son sourire, plein d’espoir…
A suivre…
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