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Le Seigneur des Anneaux



Destinées entrecroisées   Auteur: hydraGundam Vue: 5786
[Publiée le: 2006-12-11]    [Mise à Jour: 2008-11-15]
13+ Action-Aventure/Général/RomanceCommentaires: 35
Description:
Eldarion, fils d'Elessar, et Eolain, fille de Faramir, n'ont rien en commun. Et pourtant...
Crédits:
Les personnages originaux de l'oeuvre de JRR Tolkien ne sont pas à moi.

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Découvertes

[3636 mots]
Publié le: 2007-05-18Format imprimable  
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Chapitre 19: Découvertes…

 

Anorien

 

Avec une patience d'ange, Eldarion change le bandage d'Arbarad. Il a été commis à la garde du capitaine général des Rangers pendant le temps de sa convalescence, et s'acquitte de sa tâche le mieux possible. Arbarad, après avoir foulé le monde de Mandos pendant des jours, se remet lentement de sa blessure au dos.

Pendant tout ce temps, les Rangers ont pris une à une les caches des brigands d'Anorien, il ne reste que la plus importante forteresse, juchée au sommet des montagnes et qui paraît imprenable. Mais impossible n'est pas au vocabulaire des Rangers, et Gilmir, qui assure l'intérim du commandement pendant la convalescence d'Arbarad, prépare un assaut contre la forteresse perchée. Grâce aux renseignements fournis par les brigands faits prisonniers, en échange de la vie sauve, il a pu se faire une idée assez précise de l'intérieur, des fortifications et du nombre d'hommes qui l'occupent. Cette forteresse faisait partie du réseau édifié par les rois du Gondor autrefois, au début des royaumes des Hommes, pour défendre leur pays qui à l'époque ne couvrait pas encore le Calenardhon (Rohan), mais, abandonnée au déclin du royaume, elle avait été prise par les brigands, et restaurée pour servir leurs noirs desseins.

Mais Eldarion ne combattra pas, du moins pas tout de suite. Son rôle pour l'instant est de permettre le rétablissement le plus rapide possible d'Arbarad en le soignant du mieux qu'il peut…

Arbarad a repris conscience, mais passe le plus clair de son temps à dormir pour rétablir ses forces. Eldarion, habitué à être servi depuis son enfance, ne ménage cependant pas ses peines pour soigner le cousin de son père. La blessure a bonne allure, et s’est révélée moins grave que ce qu’on avait pu prévoir au départ. Les poumons ne sont pas atteints, et cette fois on ne craint plus pour la survie d’Arbarad…

 

Harad

 

Toujours vêtu de la tenue haradrim, mieux adaptée au temps étouffant du désert, Elessar demande:

"Vous en êtes sûrs ?"

Faramir, poussiéreux, et Aragorn-Théoden, revenu de sa mission, hochent la tête, puis l'Intendant ajoute:

"Je croyais les Numénoréens Noirs défaits et disparus, ce n'est pas le cas, Majesté…ce sont eux qui ont ourdi tout cela."

Elessar resta pensif…bien sûr, il savait que certains Numénoréens étaient venus s'installer ici avant la Submersion de Nùmenor et qu'ils s'étaient mis sous les ordres de Sauron avec les tribus de haradrim qu'ils dirigeaient. Après la Guerre, Elessar avait signé un pacte de non-agression avec les hommes de Harad, leur permettant de vivre en paix et leur pardonnant leur mauvaise allégeance. Mais pourquoi alors certaines tribus s'agitaient-t-elle encore ?

Elessar savait que les certains des Numénoréens Noirs mêmes étaient en parenté avec son ancêtre Elendil, qui avait su s'enfuir de Nùmenor avant sa ruine. Ces hommes rêvaient sans doute de vengeance, mais pourquoi vingt ans après ? Cela dépassait l'entendement…

Le roi leva les yeux vers l'Intendant et son fils aîné qui se tenaient là, et leur dit:

"Nous ferons ce qu'il faut, messieurs…faites venir Eomer, nous allons faire un conseil de guerre pour décider de ce qu'il est bon de faire…"

Les deux princes d'Ithilien sortirent, et Elessar resta seul, encore plus pensif…cette affaire, partie de razzias effectuées sur les territoires du Gondor et du Rohan, prenait un tour imprévu avec l'implication des numénoréens noirs, pourtant calmés depuis la Guerre de l'Anneau. Son instinct lui disait qu'il n'était pas prêt de rentrer en Gondor…

 

Edoras

 

Ce matin, Eolain assiste Lothiriel pour les plaids qu’elle assure en tant que régente. Elle écoute les problèmes soumis, et essaye d’y trouver une solution en son âme et conscience. Ce n’est pas si simple, et elle se sent un peu écrasée par la décision qu’elle doit prendre pour chaque problème.

Lothiriel, pourtant, la trouve vraiment royale mais aussi gentille et patiente envers les gens qui viennent lui soumettre leur problème. Eolain est simplement vêtue, un bandeau tressé d’or ceint ses cheveux et elle porte une robe bleu clair d’une coupe fluide et légère.

Une fois le dernier plaidant sorti, Eolain regarde sa tante et soupire :

« C’est difficile de prendre une décision, même si on a tous les éléments en main… »

Lothiriel la regarde et lui dit :

« La difficulté réside ici, effectivement…il faut avoir confiance en ton jugement, et ne pas douter de toi-même… »

En tant que régente, Lothiriel a beaucoup de travail, même si elle est épaulée par le maréchal qu’Eomer n’a pas emmené, alors Eolain tente de l’aider de son mieux. Elle visite les pauvres, aide à la gestion du palais et continue les séances de combat avec Elfwine. Progressivement, elle devient la princesse responsable que son père avait voulu faire d’elle assez maladroitement l’année précédente.

Décidément, si Eolain épousait vraiment le prince Eldarion un jour, il ne perdrait rien au change, bien au contraire…

L’arrivée d’Elfwine interrompit les pensées de la reine qui sourit à son fils…elle lui demanda :

« Eh bien mon garçon, je te croyais avec ton professeur… »

L’adolescent sourit à sa mère, et dit :

« J’ai fini, maman, je venais voir si Eolain était libre… »

A seize ans, Elfwine était le portrait de son père, dont il avait adopté la coiffure en demi-queuee qui donnait un semblant de discipline à ses cheveux blonds. Il avait beaucoup grandi ces derniers mois, et dépassait maintenant d’une bonne tête Eolain qui était pourtant assez grande. Il avait été assez petit avant, mais avait enfin commencé sa croissance, au grand soulagement de ses parents…

Lothiriel lui dit alors :

« J’ai encore un peu besoin d’Eolain, elle pourra te rejoindre après… »

Elfwine hocha la tête et sortit, laissant sa mère et sa cousine seules. Lothiriel retira alors sa couronne et dit :

« Que penses-tu d’Elfwine, en ce moment ? »

Prise un peu au dépourvu par la question, Eolain répondit :

« Mais…que pourrais-je en dire ? A part le fait qu’il a fait beaucoup de progrès… »

Qu’aurait-elle pu dire ? Elle refusait de trahir son cousin qui s’était confié à elle…en effet, Elfwine était tombé amoureux de la fille d’un noble du Snowbourn, et en avait parlé avec sa cousine. Pourtant, Lothiriel, en bonne mère, avait su voir cela sur son fils…

Eolain, soucieuse alors de brouiller les pistes, dit alors :

« Mais Elfwine n’a pas changé du tout, ma tante, sauf qu’il prend plus d’assurance maintenant… »

Le regard de Lothiriel sonda le regard gris d’Eolain et n’y lut aucune malice. Cependant, elle sentait qu’elle lui cachait quelque chose à propos d’Elfwine mais ne voulut pas pousser plus avant ses investigations. Elle la regarda et dit :

« Bon, tu peux aller le rejoindre, il t’attend… »

Restée seule, Lothiriel sourit et se mit à rire carrément en pensant que cet entêté d’Elfwine avait dû trouver une jeune fille qui lui convienne, d’où tous ces conciliabules…ah, il faisait bon être jeune !  Elle se souvenait de l’époque où toutes ses sœurs avaient des galants, et où elle devait jurer le secret à chacune d’elle après avoir eu connaissance de cela. N’empêche qu’elles avaient eu moins de chance qu’elle, elle avait pris son temps mais avait trouvé meilleur parti.

Elégamment, elle se leva de sa cathèdre et alla jusqu’à la fenêtre en souriant légèrement…

 

Minas Tirith

 

Arwen appose son sceau sur un document officiel qu’elle tend à son ministre en disant :

« Faites porter cela tout de suite à Lossarnach… »

Tout le monde sorti, Arwen soupire et s’avance jusqu’à sa fenêtre en se disant qu’enfin les inondations sont jugulées. Par chance, elle a pu compter sur les princes locaux pour aider et répercuter les mesures décidées pour aider les réfugiés et sauver ce qui pouvait l’être. L’Anduin et ses affluents ont enfin rejoint leurs lits respectifs, laissant beaucoup de dégâts en Lebennin et dans les provinces avoisinantes, il faut tout reconstruire. Plusieurs fois, elle s’est rendue sur place pour voir les camps de réfugiés, accompagnée de ses filles et souvent d’Eowyn, princesse d’Ithilien, qui s’est occupée de soigner les blessés et a fourni tous les produits nécessaires. Les princesses royales, aidées d’Arwen, la fille de Faramir et d’Eowyn, ont cousu et tricoté couvertures et vêtements pour les réfugiés.

Entre alors Eladiel, sa fille aînée, qui l’a aussi beaucoup aidée, et elle dit :

« Mère, le prince Imrahil souhaite vous parler… »

De plus en plus, Arwen a l’impression de se regarder dans un miroir quand elle regarde Eladiel, encore plus quand la jeune fille porte des robes d’inspiration elfique. Ses cheveux d’ébène sont liés par un ruban d’argent et pendent dans son dos en une vague sombre, accentuant son air éthéré…

Arwen sourit et dit :

« J’arrive, Eladiel… »

Elégamment, elle soulève un pan de sa robe de velours pour gagner le salon où l’attend Imrahil…Eladiel, elle, va rejoindre ses sœurs dans la bibliothèque. Les jumelles sont là, plongées dans un livre qui semble les intéresser. Pourtant, si elles ont l’air propre, Eladiel remarque quelques taches de boue sur leurs jupes, manifestement elles ont dû aller courir dans la terre. Si Elsea et Elya sont maintenant des adolescentes de quatorze ans, elles gardent leurs petits défauts, dont celui d’adorer courir dans le jardin. Eladiel renonce à leur désigner les taches sur leurs robes, nulle cérémonie n’est prévue pour aujourd’hui, mais dit cependant à ses sœurs :

« N’oubliez pas que vous devez aller tout à l’heure voir la couturière… »

En effet, elles ont tellement grandi qu’elles ont besoin d’une nouvelle robe de cérémonie. Leur moue manque de faire sourire Eladiel mais elle reste digne et achève :

« Allons, jeunes filles, pas de mauvais esprit… »

Elya demande alors : 

« On ne peut pas rallonger la robe précédente, Eladiel ? Je n’aime pas la couturière, elle me pique avec ses aiguilles ! »

Elsea renchérit :

« Oui, elle nous fait mal… »

Eladiel reste calme, et dit :

« Que d’histoires pour si peu…enfin, si ça peut vous rassurer, je viens avec vous, allons-y… »

Le sourire des jumelles éclaire la pièce, et toutes trois sortent pour aller à l’atelier de la couturière…

 

Harad

 

La nuit bleue du désert est tombée sur le camp des Hommes, mais Elessar ne dort pas encore. A côté de lui, le chef de tribu Akaram, Eomer, Faramir et Aragorn-Theoden…le haradrim explique les façons de procéder des tribus rebelles aux Gondoriens, pour mieux leur permettre d’élaborer une stratégie efficace. Jusque-là, ce qu’ils ont fait semble porter ses fruits, mais il reste encore quelques tribus rebelles qui refusent de se soumettre…

Mais il commence à se faire tard et, progressivement, tous regagnent leur tente, mais Aragorn-Theoden reste encore un peu auprès du feu. Devant son père et son oncle il a bien soin d’être comme d’habitude, mais il sait, lui, que quelque chose a changé…Depuis qu’il est rentré de sa mission à Minas Tirith et Edoras, il se sent mélancolique, mais il n’a pas pris le temps de se pencher sur la raison de cette mélancolie soudaine. Pourtant il n’a pas de raison d’être triste, le fait d’être aide de camp de son oncle lui plaît et il apprend énormément auprès de lui, et cette fois il combat aussi avec son roi et son père, que demander de plus ? Il soupire, et admet que cet état de mélancolie date du moment où il a vu la princesse Eladiel, à Minas Tirith…la jeune femme a visiblement frappé son cœur au plus sensible.

Mais comment expliquer au roi qu’il est amoureux de sa fille aînée ? Il voit bien comment la situation s’est terminée pour Eolain…

Il attendra, donc, d’être enfin reconnu comme un homme responsable et ce jour-là il demandera au roi la main de sa fille aînée…

Il se lève, faisant voler ses cheveux châtains clair attachés en catogan sur sa nuque, et regarde la lune qui vient de se lever sur le désert…

 

Anorien

 

Eldarion retire sa tunique de cuir pour gagner son lit, quand son ami Arador entre dans la tente qu’il partage avec lui. Cette fois, le joyeux drille est silencieux, et Eldarion ne dit rien de plus, soucieux de respecter le silence de son ami…

Alors Arador se tourne vers lui et lui demande :

« Pourquoi tu es entré chez les Rangers, Galneth ? »

Eldarion regarde son ami et dit : 

« Mon père a estimé qu’il était temps pour moi de faire mes propres expériences…surtout, j’avais demandé la femme que j’aimais en mariage, et nos parents ont estimé que nous étions trop jeunes… »

Après tout, c’était la vérité, même si Arador ignorait qui était véritablement Eldarion et ce qu’impliquait cette demande en mariage. Mais le jeune prince sentait chez son ami une zone d’ombre particulière, quelque chose qui le minait…Arador le regarda alors, l’air sombre, mais ne dit rien. Eldarion respecta le silence de son ami, qui finit par lui dire :

« Je vais te dire pourquoi je suis ici, mais tu dois me promettre de garder le secret… »

Eldarion acquiesça, et Arador reprit :

« Je suis ici non seulement pour devenir un Ranger digne de ce nom mais aussi pour trouver mon vrai père…je sais qu’il est Ranger, et je veux savoir à quoi il ressemble… »

Eldarion, évitant de lui montrer son étonnement, dit alors :

« Tu connais son nom ? »

Arador hocha la tête :

« Non, ma mère n’a pas voulu me le dire, et je n’ai pas insisté, elle est assez malheureuse comme cela…mais j’ai quelques indices, et je le trouverai. »

Eldarion resta pensif : il est vrai que les Rangers n’étaient pas très nombreux, mais il savait que la quête de son ami serait difficile. Il lui demanda alors :

« Mais quels indices as-tu ? Je peux peut-être t’aider… »

Arador regarda son ami avec un léger sourire et lui dit :

« Je t’en remercie, Galneth, mais je dois chercher seul…

Eldarion resta silencieux un moment, réfléchissant, puis dit :

« Donne-moi au moins l’indice que tu as, moi je vois plus ceux des autres compagnies que toi vu qu’ils viennent en visite auprès du capitaine Arbarad… »

L’argument était de poids, et Arador s’y rendit :

« Voilà…un simple surnom, Herunan (le seigneur de la vallée, en sindarin)…mais tu ne dis rien, hein ? »

Eldarion jeta à son ami un regard grave et dit :

« Sur mon épée, je te jure que je ne dirai rien, je ne préviendrai que toi et tu aviseras… »

Jurer sur Eärendil était le plus grave qu’Eldarion pût faire dans sa position actuelle, mais cela était suffisant. Arador dit alors :

« Tu as de la chance, toi, tu as une vraie famille… »

Eldarion acquiesça, mais se sentit soudain un peu triste en pensant à sa propre famille…alors lui revinrent à l’esprit les beaux traits royaux de son père, la beauté elfique de sa mère, le calme d’Eladiel, la gentillesse d’Eowyn, l’impulsivité des jumelles.

Alors qu’Arador s’endormait, Eldarion pensa à Eolain comme tous les soirs, mais cette fois son souvenir envahit son cœur et son corps si fort qu’il tressaillit. Eolain, si loin de lui, qui peut-être ne pensait plus à lui, ayant donné son cœur à un rohirrim…non, il ne devait pas se laisser envahir par le doute, il devait croire en elle, avoir confiance en son amour. Si ses parents avaient réussi à résister soixante-dix ans loin l’un de l’autre, ils devaient pouvoir y arriver. Il savait très bien que la situation n’était pas la même, mais il voulait y croire…

Il fallait, pour cela, qu’il tienne le coup ici, et, pour commencer, qu’il aide son ami à retrouver son père. Bien sûr, Arador ne lui avait pas raconté toute l’histoire, mais il pouvait en partie la reconstituer : sa mère    s’était mariée enceinte avec un homme qui n’était pas le père de son fils…il savait que le père d’Arador avait un certain âge, cela corroborait parfaitement ses déductions. Arador avait dû apprendre ou découvrir la vérité quand il avait été assez grand, et cela l’avait poussé à partir de chez lui s’engager dans les Rangers avec la ferme intention de rencontrer son père…

La décision d’Eldarion fut alors prise : il allait écrire à Eladiel pour qu’elle fasse quelques recherches dans les archives de deux royaumes qui avaient été regroupées à Minas Tirith, lui ferait son enquête discrètement de son côté…il savait pouvoir compter sur le silence de sa sœur aînée.

Alors que la nuit se faisait plus profonde sur le campement Ranger, Eldarion souffla sa bougie et s’endormit, l’image d’Eolain devant les yeux…

 

Edoras

 

Eolain est sortie sur la terrasse, devant le palais de Meduseld. La nuit est en train de tomber, et elle regarde la plaine, qui s’étend devant elle, plonger lentement dans l’obscurité. Malgré la relative douceur de la température, elle frissonne sous sa mante à cause du vent qui souffle sans discontinuer…

Son regard se perd vers l’horizon, et elle pense à Eldarion, dont elle ignore la destination…son souvenir se répand en elle comme une vague brûlante, et elle se sent vide comme elle ne l’a jamais été. L’absence d’Eldarion la saisit alors au cœur, au corps et elle sent les larmes couler seules sur ses joues, sans qu’elle puisse les retenir. Elle a été courageuse jusque-là, mais elle sent son courage vaciller quand elle pense à l’homme qu’elle aime. Que ne donnerait-elle pas pour être dans ses bras, en sécurité, sans être obligée en permanence de prendre sur elle pour paraître sereine ?

Mais il n’est pas dans son caractère de s’apitoyer sur son sort, il lui faut redresser la tête à tout prix, rester elle-même tout en devenant la princesse qu’elle est déjà de naissance…défi difficile, mais elle sait qu’elle peut y arriver. Son futur dépend entièrement d’elle-même…

Le vent sèche ses larmes, et dénoue ses cheveux, la faisant ressembler encore davantage à sa mère…Eolain a pris en main son destin, tout comme Eowyn l’avait fait autrefois.

 

Anorien

 

Arbarad grommelle :

« Doucement, tu me fais mal ! »

Depuis qu’il a repris conscience, le capitaine Ranger n’est pas très aimable, mais Eldarion ne se formalise pas des sautes d’humeur du cousin de son père, car il se rend compte qu’il souffre beaucoup. Il sait aussi qu’Arbarad, en temps normal, est quelqu’un de calme et sympathique…

Entre alors un Ranger qu’il commence à connaître, Meneldil. Celui-ci, un peu plus âgé que lui, est l’un des hommes qui secondent Arbarad. Malgré son jeune âge, il est courageux et possède la capacité de fédérer les hommes autour de lui…Assez grand de taille, il est cependant assez fluet. Il porte un harnois de guerre complet, et ses cheveux châtains  mi-longs sont retenus par un lien de cuir sur sa nuque…

Les yeux bleus du Rangers tombent sur Eldarion, il lui sourit gentiment et il lui demande :

« Comment se porte-t-il ? »

Arbarad se retourne alors et grogne :

« Je déteste qu’on parle de moi lorsque je suis là, jeune présomptueux ! »

Meneldil se retient de rire et Eldarion lui répond en souriant :

« Comme vous pouvez le voir, il est tiré d’affaire à présent, il pourra bientôt reprendre ses fonctions… »

Meneldil sourit encore plus largement et dit :

« Tu as bien du courage, Galneth, tu lui as quasiment sauvé la vie avec tes connaissances médicales… »

Eldarion rougit légèrement sous le compliment et dit :

« J’ai juste mis en application quelques principes de base que j’ai appris… »

Meneldil dit alors :

« Bon, je venais porter des nouvelles encourageantes…le siège de la forteresse tourne à notre avantage, les sapeurs ont réussi à creuser une brèche et Gilmir est très optimiste… »

Mais Arbarad ne se réjouit pas tout de suite :

« Qu’il ne crie pas victoire trop tôt, et qu’il soutienne son effort… »

Arbarad avait plus d’expérience que Gilmir, et c’était cette expérience qui faisait qu’il ne tenait rien pour acquis. Meneldil savait cela lui aussi, mais il faisait ce que Gilmir lui avait dit  de faire, porter des nouvelles à Arbarad et prendre ses ordres. Arbarad resta silencieux un instant puis dit :

« Je n’ai rien à lui faire dire, sinon de continuer… »

Meneldil hocha la tête, sourit à Eldarion et sortit de la tente, laissant le prince finir les bandages du capitaine. Arbarad dit alors à son jeune cousin :

« Ce garçon, Meneldil, a tout ce qu’il faut pour devenir un jour mon successeur, il faudra compter avec lui…je ne pense pas que tu le saches, mais il descend lui aussi d’Isildur, sa mère était la plus jeune des sœurs de Gilraen, il a donc toutes les qualités requises… »

Cela n’avait pas été dit de façon explicite pour ne pas ébruiter la véritable identité d’Eldarion, mais celui-ci avait compris que Meneldil était lui aussi un cousin de son père, comme Arbarad. Aragorn, descendant direct d’Isildur, avait nommé Arbarad à la veille de son mariage (voir le one shot ‘La fin d’une errance’), quand il avait dû quitter le commandement des Rangers. Comme c’était la tradition, le capitaine des Rangers était un descendant d’Isildur à un degré plus ou moins direct…

Eldarion hocha la tête, et finit d’enrouler le bandage autour du torse d’Arbarad…

Arbarad avait conscience d’être un miraculé, mais le fait qu’Eldarion l’ait soigné avec une telle dextérité ne l’étonnait pas, il savait qu’Elessar avait dû apprendre les pouvoirs des plantes et en particulier de l’athelas à son fils. Il savait que les mains du roi étaient guérisseuses et, vu qu’Eldarion était destiné à monter sur le trône après son père, il avait dû hériter des pouvoirs royaux…

Mais il restait encore beaucoup à apprendre au prince héritier…

 

A SUIVRE

 

 


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