
| Destinées entrecroisées | Auteur: hydraGundam | Vue: 5780 |
| [Publiée le: 2006-12-11] [Mise à Jour: 2008-11-15] | ||
| 13+ | Action-Aventure/Général/Romance | Commentaires: 35 |
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Description: Eldarion, fils d'Elessar, et Eolain, fille de Faramir, n'ont rien en commun. Et pourtant... | ||
| Crédits: Les personnages originaux de l'oeuvre de JRR Tolkien ne sont pas à moi. |
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Les vérités du coeur[3803 mots] |
Publié le: 2007-02-05 | |
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Eldarion se tient devant son miroir, revêtu de sa tunique de cérémonie de velours noir et argent brodée de gemmes. D’un geste machinal, il lisse ses cheveux et tente de les remettre en ordre, puis s’examine soigneusement d’un œil critique…ce soir a lieu un grand bal à Minas Tirith où seront invités tous les grands du royaume de Gondor, et il sait qu’Eolain y sera, alors il tient à s’y présenter sous son meilleur jour.
Il n’a pas eu de nouvelles d’elle après la lettre qu’il lui a envoyée, et il trouve cela normal pour plusieurs raisons : soit elle ne l’aime pas, et sa lettre l’a dérangée, soit elle ne voit pas clair dans ses sentiments, soit ses parents ont intercepté la lettre…à penser à tout cela, il secoue la tête et soupire : ah, si Eladiel était là ! Elle saurait lui apporter ses lumières…
Ses yeux bleus se durcissent, et il décide que c’est à lui de régler cela tout seul, après tout il est assez grand. Il lisse sa tunique de velours, passe encore la main sur ses cheveux une énième fois pour essayer de faire tenir en place la même mèche qui retombe sans cesse sur son front, s’étudie une dernière fois dans le miroir, puis, satisfait de son image, gagne la fenêtre où la nuit tombe…
Emyn Arnen
Eolain, encore en jupon de dentelles, se regarde elle aussi dans son miroir, alors que sa servante achève de coiffer ses magnifiques cheveux blonds en un lourd chignon agrémenté de dentelles blanches. La robe qu’elle va revêtir est encore posée sur une chaise, l’attendant…
La duègne d’Eolain, avec laquelle la jeune fille a fini par assez bien s’entendre, regarde sa protégée en disant :
« Vous êtes magnifique, princesse… »
Eolain lève alors la tête, et contemple son image dans le miroir…est-ce bien elle, cette jeune fille élancée au teint pâle, aux yeux gris légèrement humides et aux cheveux d’or gracieusement retenus en arrière par un ruban de dentelles qui retombe en deux pans légers et arachnéens ?
Pour la première fois, Eolain sourit à son image, mais n’a pas entendu sa mère entrer dans la pièce. Eowyn reste silencieuse un moment, frappée par la beauté de sa fille. Jusque-là dans son cocon, Eolain semble en être sortie cette fois, et sa beauté juvénile rayonne dans toute la pièce…
Doucement, elle s’approche, prend la robe de sa fille et dit :
« Tiens, mets-la… »
La robe est composée d’un fond de fin tissu blanc recouvert d’un voile léger argenté, simple mais seyante. Eowyn l’ajuste sur sa fille, puis la tourne vers elle, la regarde longuement et dit :
« Tu es si belle, Eolain… »
La jeune fille rougit, et sa mère ajoute :
« Tu rayonnes littéralement… »
Elle ne veut pas lui parler d’Eldarion, il s’agit là du jardin secret de sa fille, mais il ne pourra qu’être davantage conquis en voyant Eolain ainsi.
Elle prend alors le petit diadème d’Eolain, et le pose sur la tête de sa fille avant de dire :
« Nous partirons dans une demi-heure… »
Puis elle sort, laissant sa fille seule avec sa duègne. Eolain regarde son image dans le miroir, et sourit une fois de plus malgré sa nervosité…en effet, elle est remplie d’appréhension, même si elle est heureuse de revoir Eldarion elle est bien incapable de lui exprimer ses sentiments comme lui l’a fait. S’il lui demande, que va-t-elle lui répondre ? Depuis qu’elle a reçu sa lettre, la question la hante nuit et jour…le problème n’est pas ses sentiments, elle a enfin admis qu’elle l’aimait, le problème est de les exprimer, et devant lui en plus. Elle ne peut deviner qu’il a eu exactement le même problème…
Minas Tirith
Arwen sort de la salle commune des princesses, ses filles sont prêtes, après moult délai de la part des jumelles qui ont fait une fois de plus un esclandre pour un ruban, toutes habillées d’un camaïeu de bleu qui rappelle la couleur de leurs yeux…seule Eowyn porte un diadème, car elle en a l’âge, mais les jumelles ont tout de même une prestance inégalable dans leurs premières robes longues d’adolescentes. Elles n’ont pas mis leurs robes de velours, trop lourdes en cette saison, pour privilégier une mode plus libre, plus elfique dans le fond mais qui leur va bien.
Lentement, elle marche dans les couloirs pour aller chercher Eldarion, mais elle pense à Eladiel…sa fille aînée lui manque déjà beaucoup, et il y a seulement une semaine qu’elle est partie. Même si elle sait que c’est pour son bien, son cœur de mère saigne…
Elle frappe doucement à la porte de son fils, et attend son assentiment pour entrer. Eldarion est assis près de la fenêtre, il regarde la lame de son épée Eärendil briller doucement sous la lune…
Il sourit doucement à sa mère et demande :
« Elle brille tellement…je me demande ce qu’elle recèle… »
Arwen pense alors avec émotion à son père, Elrond, qui offrit cette épée à son petit-fils, mais elle se reprend vite et dit :
« Tu le sauras le moment venu, Eldarion…mais pour l’instant viens, il est temps… »
Elle sent la nervosité et la tristesse de son fils, aussi lui sourit-elle et lui dit-elle :
« Ce soir est soir de fête, mon fils… »
Eldarion regarde sa mère et dit :
« Eladiel me manque, maman… »
Arwen, doucement, caresse la joue de son fils et lui dit :
« Nous penserons à elle, ainsi ce sera comme si elle était là…elle sera avec nous par la pensée… »
Alors Eldarion retrouve le sourire, ce sourire si semblable à celui de son père, et embrasse sa mère avant de demander :
« Les filles sont prêtes ? »
Arwen acquiesce, et lui dit :
« Va rejoindre ton père, il est temps… »
Eldarion sourit encore, et court vers le bureau de son père, laissant sa mère avec un sourire attendri…son fils est déjà si grave, mais encore si enfantin parfois…
Elessar finit de mettre la dernière main à son costume quand l’on annonce son fils. Il se retourne, admire la prestance de son héritier en remarquant cependant le soin pris par son fils de ses cheveux et des détails de sa vêture…
Se doutant de la raison, il se retient de sourire et dit :
« C’est bien, tu es déjà prêt…as-tu choisi une cavalière ? »
Cette question pourtant posée sur un ton sérieux et innocent par son père eut le don de faire rougir Eldarion jusqu’à la racine des cheveux, au grand amusement de son père qui se doutait un peu de la réaction qu’aurait sa question.
Eldarion hoche la tête sans rien ajouter, et Elessar reprend :
« Allons, n’aie pas honte, mon fils…j’étais à peine plus âgé que toi quand j’ai rencontré ta mère… »
Eldarion jette un regard perplexe sur son père, puis demande :
« J’ignore si Eolain voudra de moi, père… »
C’était la première fois qu’il en parlait franchement, preuve de la confiance qu’il avait en son père. Elessar sourit et dit :
« Si j’avais raisonné ainsi, jamais je n’aurais épousé ta mère…comment voulais-tu que moi, simple humain, puisse arriver à la cheville d’une princesse elfe de milliers d’années plus âgée que moi, immortelle de surcroît ? Son père était opposé à notre union, même si ta mère la souhaitait. Cela n’a pas été facile, nous avons beaucoup perdu, elle et moi, mais le jeu en valait la chandelle, tu ne crois pas ? »
Il posa la main sur son épaule et dit :
« Si tu crois en toi, Eldarion, et en la force de tes sentiments, tout est possible… »
Ce n’était pas le conseil d’un père à son fils, mais d’un homme à un autre…Eldarion regarda son père, ne répondit rien mais une forte émotion passa dans son regard.
Elessar reprit :
« On conquiert le cœur d’une femme en étant soi-même…ne tente pas d’être un autre à ses yeux, sois simplement toi et tout ira bien. Le reste ensuite dépend d’elle… »
Eldarion hocha simplement la tête…
Emyn Arnen
Encore un peu handicapé par sa blessure, Faramir ajuste sa tenue de cérémonie…près de lui, Eowyn pose son diadème sur sa tête, et il ne peut s’empêcher d’admirer son profil droit et beau. Alors elle se tourne vers lui, et lui sourit en disant :
« Que regardes-tu ainsi ? Ai-je quelque chose qui ne va pas ? »
Il sourit et dit :
« Non, au contraire, tu es resplendissante ! »
Un peu de rose vient colorer la peau pâle d’Eowyn qui répondit cependant :
« Nous sommes mariés depuis bientôt dix-neuf ans, et jamais tu ne m’as dit cela depuis… »
Faramir contempla encore une fois son épouse et dit :
« Mais je l’ai pensé tout ce temps-là, chaque jour, en me disant que j’avais énormément de chance d’avoir une épouse si belle et si intelligente… »
Eowyn, de plus en plus étonnée, ne répond rien cette fois…Faramir n’est pas un habitué des compliments, ordinairement, et elle est presque surprise de l’entendre en dire. Seule son habitude de garder sa contenance et son calme l’empêchèrent de fondre en larmes…
Faramir se leva, tendit sa main à Eowyn pour qu’elle se lève aussi, puis vint à elle et l’embrassa tendrement avant de dire :
« Alors que ma blessure s’était infectée par ma faute, tu m’as soigné, jour après jour, m’entourant de tes soins dévoués, malgré tout…au regard des causes tu aurais pu me laisser résoudre cela seul, mais tu ne l’as pas fait… »
Eowyn prit sa main, et lui dit :
« J’ai juré de rester à tes côtés au jour de notre mariage, je ne l’ai pas fait à la légère…me croyais-tu capable de trahir ce serment à cause de ton entêtement ? »
Faramir posa la main de son épouse sur son cœur et dit :
« Je voulais m’excuser d’avoir été un si mauvais patient parfois… »
Eowyn sourit à son époux et dit :
« Ca m’aura au moins donné le plaisir d’avoir à te remettre parfois à ta place… »
Et elle se mit à rire franchement, vexant un peu son mari mais il ne le montra pas…c’est alors que leurs filles, qu’ils avaient envoyé chercher, firent leur entrée.
Arwen avait revêtu une robe de cendal blanc, et l’on avait simplement tressé dans sa chevelure quelques rubans assortis, car elle était encore trop jeune pour porter un diadème, et l’entrée d’Eolain provoqua la stupéfaction de son père. A ce moment-là, il prit vraiment conscience qu’elle était désormais une femme en pleine possession de ses moyens, mais comprit aussi confusément qu’il y avait quelque chose d’autre responsable de cette transformation…
Quand il retrouva la parole, ce fut pour simplement dire :
« Vous êtes toutes deux magnifiques, mes filles… »
Et il vint embrasser chacune d’elles avant de dire :
« Il est temps de partir à présent… »
Minas Tirith
Habillé de sa tenue de cérémonie, Elessar marche dans les couloirs vers une salle dont il est seul, avec Arwen, à avoir l’accès. Il va y chercher un trésor qui appartient à sa famille depuis les débuts du monde ou presque, l’Elendilmir, soigneusement tenu serré dans une chambre forte. Cependant, il ne le porte que pour les grandes occasions, et c’est parce qu’il récompensera ce soir des dignitaires d’Arnor qu’il souhaite le porter. Il connaît bien l’histoire de ces pierres qui furent données à Elendil avant la submersion de Numenor, et dont plusieurs exemplaires disparurent…celle qu’il va chercher avait appartenu à Valandil, fils d’Isildur, et fut retrouvée en Isengard, au milieu d’autres trésors appartenant au Rohan et au Gondor volés par Saroumane.
Deux gardes sont en permanence devant la porte, mais il faut actionner une clé compliquée, qu’il porte en permanence autour de son cou sur une chaîne, pour y rentrer. Elessar entre alors dans la pièce, et tire la porte derrière lui. C’est une petite pièce sombre, et il doit allumer une lampe pour s’éclairer. Dans cette petite pièce sont entreposés les trésors les plus précieux du Gondor, les joyaux de la couronne…
Il y a là bien sûr les couronnes royales et princières, ainsi que le sceptre d’Annuminas et divers trésors ayant appartenu aux grands rois du passé. Mais l’objet qu’Elessar cherchait était enfermé dans un coffret précieux de lebethron aux ferrures d’argent…lentement, avec des gestes d’une infinie douceur, il souleva l’Elendilmir qui brilla à la lumière, se reflétant dans les yeux bleus du roi, puis le reposa dans son coffre et sortit de la pièce.
Il regagna ses appartements, portant le coffre comme une relique précieuse…Arwen était là, finissant de mettre son collier de pierres précieuses. Elle comprit immédiatement ce qu’il y avait dans le coffre, et elle savait aussi qu’il était de son devoir d’épouse de l’attacher au front de son mari. Elessar s’assit, et Arwen ouvrit le coffre, souleva la fine résille de mithril qui permettait de faire tenir la gemme sur le front, si fine mais si solide, et l’attacha derrière la tête de son époux. Elessar alors se leva, et la lumière de la gemme sembla éclairer la pièce et le rendre plus grand encore qu’il n’était, augmentant sa majesté naturelle. La lumière se reflétait sur le velours de sa tunique bleue, lui donnant une sorte d’aura…
Arwen, elle aussi habillé de bleu, contempla son mari un moment et lui dit :
« Eärendil n’avait pas autant de prestance que toi avec le Silmaril, mon cher époux… »
Elessar sourit à son épouse et dit :
« Je ne pense pas en avoir autant que lui, mais il est vrai que cette pierre a quelque chose de royal… »
Au contraire des rois de Gondor, la lignée d’Anarion et de Meneldil, qui portaient de lourdes couronnes, les rois d’Arnor, héritiers d’Isildur et Valandil, fidèles à l’ancienne coutume numénorienne, ne portaient qu’une gemme au front. En la portant ce soir, Elessar voulait rappeler aux dignitaires d’Arnor, qui se plaignaient parfois qu’il ne restât qu’en Gondor, qu’il était aussi leur roi…
Arwen dit alors :
« Je vais chercher les enfants, nous te rejoindrons… »
Elle l’embrassa et sortit, laissant le trente-neuvième roi de Gondor et d’Arnor seul avec ses pensées…
Le palais, éclairé, pavoise, mais Eldarion n’y fait pas vraiment attention et sent monter sa nervosité. Ses questions reviennent : Eolain voudra-t-elle de lui ? Ressent-elle quelque chose pour lui ? Son cœur le pousse à répondre que oui mais sa raison lui dicte qu’il n’en sait rien, une impression n’étant jamais quelque chose d’assuré…
Son esprit fonctionne à toute allure et il n’entend même pas sa mère arriver…il est vrai qu’Arwen a gardé son marcher elfe, léger et gracieux…
Voyant l’air absorbé de son fils, elle comprend immédiatement ce qui l’agite, mais sait aussi qu’il doit résoudre tout cela seul car elle aussi a connu les mêmes interrogations, autrefois…les siennes étaient toutefois plus graves, car son destin était en jeu.
Doucement, elle pose sa main sur l’épaule de son fils et lui dit :
« Il est temps, le bal va commencer… »
Eldarion, tiré de ses pensées, sursaute légèrement mais ne dit rien, se contentant de hocher la tête.
Elessar attend le reste de sa famille pour descendre dans la salle de bal où se pressent déjà les invités. Il sait que tous ressentent durement l’absence d’Eladiel en ces circonstances festives, lui le premier, mais, dans sa grande sagesse, il comprend que cette absence soit nécessaire…
Il sent alors une main se poser sur sa manche droite, une main qu’il reconnaît entre mille, et il regarde Arwen suivie de ses enfants en disant :
« Bon, nous allons pouvoir descendre, maintenant que tout le monde est là… »
Il admire Arwen, vêtue d’une robe bleue qui lui va à ravir, ainsi que ses filles Eowyn, Elsea et Elya, répliques vivantes de leur mère, avec la même élégance mais mâtinée d’humanité…quel charmant tableau cela formait !
Derrière elles se tenaient Eldarion, l’air légèrement emprunté à cause de sa haute taille…son père lui sourit en signe d’encouragement, puis, la main d’Arwen posée légèrement sur son bras, se dirigea vers l’escalier alors que les hérauts l’annonçaient et que les enfants le suivaient.
Alors qu’il descendait l’escalier derrière ses parents et devant ses sœurs, Eldarion aperçut soudain Eolain dans l’assistance et, victime d’un coup au cœur, faillit manquer une marche. Heureusement, il se reprit vite et l’on ne remarqua pas son trouble.
Eolain, elle aussi, avait vu Eldarion, mais personne ne remarqua son rougissement, fort heureusement, tous occupés à regarder la famille royale.
Une partie du bal serait en fait une cérémonie destinée récompenser quelques dignitaires méritants. Faramir se tiendrait près du roi, et en remettrait lui-même un certain nombre.
Il était d’usage, dans ce genre de bal, que chacun eût un cavalier, excepté les princesses trop jeunes, comme Eowyn, Elsea, Elya, ou Arwen d’Ithilien, mais Eldarion devait, lui, avoir une cavalière. La peur au ventre, les jambes flageolantes mais tentant de paraître assuré, il s’approcha d’Eolain, s’inclina devant elle et lui demanda :
« Voulez-vous être ma cavalière, mademoiselle ? »
Eolain, rougissante, réussit néanmoins à lui répondre par l’affirmative…
Alors Eldarion se redressa et tendit son bras, comme il avait vu son père le faire peu avant. Eolain, qui était juste un peu plus petite qu’Eldarion, posa alors sa main sur le bras d’Eldarion, mais n’osa pas relever la tête.
Autour des deux adolescents, une rumeur se leva, les courtisans étant comme toujours avides de rumeurs, mais un regard noir d’Eowyn fit taire tout le monde.
Le Roi et l’Intendant remirent les récompenses aux dignitaires méritants, puis commença le bal proprement dit.
Eldarion abaissa alors les yeux sur Eolain, qui s’était tenue à son côté pendant toute la cérémonie, et, en souriant, s’inclina en demanda :
« Voulez-vous m’accorder cette danse ? »
Malgré la timidité qu’il ressentait, ses yeux bleus brillaient et son sourire fit fondre le cœur d’Eolain, qui, pour la première fois un peu assurée, mit sa main dans la sienne…
Les voyant évoluer sur la piste de danse, Arwen sourit, et regarda Eowyn d’un air entendu. Par chance, Faramir, occupé à discourir avec le roi, n’avait rien vu encore…
Pour une fois, Eldarion se sentait calme, malgré la proximité physique d’Eolain, il se perdait dans son regard gris pleins d’interrogations mais aussi de choses qu’elle ne pouvait cacher…cependant, quand il commença à lui parler, sa belle assurance disparut :
« Je…je voulais savoir si…euh…vous aviez reçu ma lettre… »
Eolain rougit encore, et lui répondit d’une voix légère :
« Oui, Altesse, je…l’ai reçue… »
Elle parvint à sourire, et ce sourire toucha directement Eldarion au cœur, puis elle lui répondit :
« Elle m’a touché énormément, Altesse… »
Elle était parvenue à parler de sa voix normale, sans baisser la tête, en gardant son regard sur le beau visage d’Eldarion…et il lut enfin dans ses yeux sa déclaration muette, tout ce qu’elle voulait mais ne parvenait pas à lui dire.
La danse se termina, et Eldarion ramena Eolain au bord de la piste, ému comme il ne l’avait jamais été. Mais comment faire au milieu de toute cette foule ? Avec effort, il s’inclina et dit :
« Je dois retourner à mes devoirs, je vous prie de m’excuser… »
Eolain alors se sentit remplie d’un désespoir sans nom, même si elle comprenait fort bien les obligations de l’homme qu’elle aimait. Elle s’assit sur un siège bas, et feignit de s’intéresser au bal…pourtant, au bout d’un long moment, sentant qu’elle n’en pouvait plus, qu’elle se sentait étriquée au milieu de toute cette liesse qu’elle ne partageait pas, elle sortit sur le balcon, voulant essayer d’atténuer l’impression de malaise qu’elle ressentait depuis qu’Eldarion l’avait lâchée. Etait-cela, d’aimer quelqu’un ? Souffrir ainsi ?
Elle baissa la tête, mais refusa de fondre en larmes, même si elle sentit les larmes lui brûler les yeux. Jamais plus elle ne pleurerait devant Eldarion…qu’allait-il penser d’elle ? Comment avait-il pu l’aimer alors qu’à chaque fois qu’il l’avait embrassée elle pleurait à chaudes larmes, preuve de sa faiblesse ?
Elle respira à fond, et regarda longuement la lune, retrouvant peu à peu son calme. Alors Eldarion, qui la cherchait, sortit lui aussi et dit :
« J’ai eu peur que vous ne vous soyez sentie mal, il fait extrêmement chaud à l’intérieur… »
Eolain alors se sentit mieux, et regarda Eldarion avec un petit sourire :
« J’ai eu envie de prendre l’air… »
Eldarion sourit lui aussi, et dit :
« Je comprends ce que vous voulez dire…échapper à tout cela, à toute cette pompe futile à laquelle je dois me plier… »
Il regarda devant lui et dit :
« Mais tel est mon destin, je suis né prince et je dois l’accepter, quoi qu’il puisse me coûter… »
Eolain crut entendre le reflet de ce qu’elle devait elle aussi subir. D’un mouvement preste, elle lui prit la main, s’étonnant elle-même de sa hardiesse, et lui dit :
« Mais c’est parce que vous y arrivez que vous êtes un prince, Altesse… »
Eldarion en perdit la parole…doucement, il prit l’autre main d’Eolain et lui dit :
« J’aimerais avoir votre discernement… »
Eolain baissa alors la tête et dit :
« Je n’ai pas autant de discernement que vous semblez m’en accorder, Altesse…je n’ai pas eu le courage de vous répondre… »
Alors qu’il allait parler, elle continua :
« S’il vous plaît, ne m’interrompez pas…je…je veux enfin vous dire que mon cœur est à vous… »
Elle avait enfin réussi à lui dire ! Comme si cela lui eût consumé une partie de ses forces, elle chancela alors qu’Eldarion ne disait rien, comme privé de sens, mais il la rattrapa et dit :
« Vous m’aimez ? est-ce bien ce que vous avez dit ? »
Eolain leva alors ses yeux gris sur lui, et ce qu’il y vit répondit à sa question…alors, libéré de ses interrogations, il l’embrassa, et ce fut cette fois un vrai baiser tels qu’en échangent de vrais amoureux…
Malheureusement, juste à ce moment, Faramir, libéré de son service, revenait auprès de son épouse et de sa fille cadette quand son regard tomba sur une scène qui le fit pâlir : sa fille, dans les bras d’Eldarion qui l’embrassait…il ne changea pas d’expression mais seule Eowyn, qui le connaissait bien, sut interpréter que la suite des événements serait difficile pour les deux tourtereaux…
Rivendell
Eladiel, habillée à l’elfique, se releva brusquement de la vasque d’eau sur laquelle elle exerçait ses dons de vision…quelque chose, une émotion forte, venait de la perturber, et elle savait qu’il s’agissait d’Eldarion. Elle ferma les yeux afin d’affiner sa sensation, et sourit : il s’agissait d’une extrême joie ressentie par son frère au même moment…
Elle savait de quoi il s’agissait, et, levant la tête, regarda la lune pleine en se disant que le chemin serait encore long à parcourir…
A suivre
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