
| Destinées entrecroisées | Auteur: hydraGundam | Vue: 5778 |
| [Publiée le: 2006-12-11] [Mise à Jour: 2008-11-15] | ||
| 13+ | Action-Aventure/Général/Romance | Commentaires: 35 |
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Description: Eldarion, fils d'Elessar, et Eolain, fille de Faramir, n'ont rien en commun. Et pourtant... | ||
| Crédits: Les personnages originaux de l'oeuvre de JRR Tolkien ne sont pas à moi. |
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Changements[3167 mots] |
Publié le: 2007-01-29 | |
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Faramir est assis dans le jardin, des béquilles posées près de lui et une couverture sur les genoux. Il lit, une de ses activités favorites, et profite du soleil qui répand une douce chaleur sur l’Ithilien verte et prospère.
Eowyn n’est pas loin, elle s’occupe de son petit jardin de plantes médicinales, et, levant le nez de son livre, il l’observe en souriant…
Son observation est interrompue par l’arrivée d’Eolain, qui lui amène un verre…elle le lui tend et dit :
« Maman a dit qu’il fallait que tu prennes ceci… »
Toutes les quatre heures, il doit avaler cette mixture à base d’écorce de saule (note : l’écorce de saule contient de l’acide acétylsalicylique, principe de base de l’aspirine), propre à enrayer l’infection dont il souffre. Il prend le verre de la main de sa fille aînée et l’avale d’un trait, tentant d’oublier son mauvais goût…
Discrètement, il soupire : il n’aime pas être ainsi réduit à l’inaction, mais il n’a pas le choix s’il veut que sa blessure guérisse. Paradoxalement, il s’aperçoit qu’il apprécie le calme de sa demeure, il n’y est pas habitué vu qu’il mène une vie trépidante depuis des années. Il y a seulement là ses filles et son fils cadet, son fils aîné se trouvant en Rohan chez son oncle…
Il lève alors les yeux sur Eolain, qui demeure debout près du banc, et se rend compte à quel point elle a changé. Toujours habillée à la rohirrim, cultivant ainsi quelque part sa ressemblance avec sa mère, il y a cependant en elle quelque chose de nouveau, qu’il ne peut nommer et qui transparaît un peu dans sa façon d’être. Eolain, si sauvage, si anticonformiste, deviendrait presque un peu policée dans sa coiffure, elle a attaché ses cheveux en une longue natte nouée soigneusement d’un ruban bleu clair en bas, coiffure qu’elle n’a pas l’habitude de porter.
Il sourit à sa fille et lui dit :
« Assieds-toi un moment avec moi, Eolain… »
La jeune fille obéit, et tous deux restent un moment silencieux avant que Faramir ne dise :
« Je ne t’ai jamais demandé si tu étais satisfaite de ta vie… »
Surprise de la question, Eolain le regarde et répond :
« Mais oui, papa…Pourquoi me poses-tu cette question ? »
Faramir regarde sa fille aînée, un sourire bienveillant sur les lèvres et dit :
« Tu pourrais désirer autre chose, à ton âge…notre vie est assez retirée… »
De plus en plus surprise par l’attitude de son père, Eolain répond :
« Je me plais ici, j’ai bien le temps d’aller au palais… »
Croyant comprendre ce que son père veut lui dire, elle lui sourit et continue :
« Je n’aime pas les mondanités…Je sais que mon rôle serait maintenant d’aller parmi les demoiselles de compagnie de la reine, comme il sied à mon rang, puis ensuite trouver un prétendant pour m’épouser, mais j’ai bien le temps pour tout cela, non ? »
Faramir sourit à sa fille aînée et lui dit :
« Je suis ravi que tu comprennes ce qu’implique ton rang, Eolain…mais que cela ne t’empêche surtout pas de rester toi-même. Tes capacités particulières contribuent à ta force et à ta personnalité, et n’importe quel homme devrait se sentir honoré de t’avoir comme épouse… »
Eolain découvre là une facette de son père qu’elle ne connaît pas beaucoup, l’homme compatissant et compréhensif, qui voit clair dans les gens…pourtant, même s’il est dans de bonnes dispositions, il n’est pas encore temps de lui dire qu’elle aime Eldarion, il n’est pas encore prêt à cela.
Eolain sourit encore plus largement et dit :
« Mais qu’il ne s’attende pas à trouver une épouse docile…tu devras le prévenir à l’avance, papa, sinon il risque d’être surpris ! »
Faramir rit doucement et dit :
« Allons, tu es une guerrière mais pas un foudre de guerre ingérable, ma fille…et puis, s’il est amoureux de toi, la narration de tes exploits guerriers ne pourra qu’assurer ses sentiments. »
Eolain a l’impression que son père a mentionné là une part de son vécu, et elle lui demande :
« Tu savais ce que maman avait fait avant de l’épouser ? »
Faramir regarde son épouse, encore en train de travailler dans son jardin, sourit et dit rêveusement :
« Bien sûr, j’avais cherché à en savoir le plus possible sur elle…mais vous êtes si semblables toutes les deux que je sais maintenant à quoi m’attendre de ta part… »
Eolain peut voir dans les yeux bleus de son père tout l’amour qu’il porte à sa mère, et elle sourit doucement en pensant à ceux d’Eldarion posés sur elle...
Ce fut la voix de son père qui la tira de sa rêverie, alors qu’il disait :
« Nous n’en sommes pas encore là, Eolain, tu viens juste d’avoir dix-sept ans…cependant, une petite précision : je n’ai rien contre le fait que tu t’entraînes à l’épée et que tu chevauches Tempestwind, mais essaie tout de même de te comporter le plus possible de façon féminine, comme tu le fais en cet instant…tu auras besoin de cela plus tard, et c’est tellement à ton avantage. »
Eolain sourit, se jette au cou de son père et l’embrasse avant de lui dire :
« Merci, papa, j’en ai besoin… »
Et, légère, elle court vers la maison, laissant son père légèrement interloqué mais heureux du bien-être de sa fille aînée…
Eldarion appose sa signature en bas de la lettre qu’il vient enfin d’arriver à écrire, la roule et y pose son sceau, puis il la confie au courrier qui part quotidiennement vers l’Ithilien. Il a enfin réussi à mettre ses sentiments dans ses mots, et maintenant il se sent un peu bizarre en se demandant comment Eolain va réagir à cette lettre…peut-être se faisait-il des idées sur les sentiments qu’elle lui porte ?
Cela l’agite beaucoup, et il sort de sa chambre, voulant marcher un peu pour se clarifier les idées. Il arrive à la salle des princesses, s’y trouvent Elsea et Elya, en train de se chamailler pour un ruban, et Eowyn qui se trouve au milieu d’elles pour essayer de régler le différends. Eldarion se souvient brusquement qu’aujourd’hui est celui du départ de sa sœur aînée pour Rivendell, ce soir Eladiel partira parmi les elfes pour apprendre à maîtriser ses pouvoirs. A cette idée, Eldarion se sent triste…que va-t-il faire sans elle ? Eladiel a toujours compris ses problèmes, l’a toujours soutenu…mais il sait aussi qu’elle a toujours été beaucoup plus elfe qu’humaine, qu’elle a hérité de leur mère beaucoup plus qu’eux…
Eladiel se tient sur l’esplanade, ses robes légères volant derrière elle au vent d’été. Elle regarde la cité, devant elle, et le Pelennor, voulant graver cela dans ses yeux…elle ne va pas revoir ce spectacle de sitôt, alors elle tente d’en garder un souvenir précis car, si elle donne toujours l’impression d’être calme et posée, Eladiel est triste de quitter Minas Tirith. Pourtant, elle sait que cela est nécessaire pour acquérir une maîtrise sur ses pouvoirs de divination…
Seule des enfants royaux, Eladiel a connu son grand-père Elrond, elle se souvient même de ses paroles le jour où il était venu, à la naissance d’Eldarion. Il l’avait appelée hîl ned Luthien,‘héritière de Luthien’, et, bien qu’elle n’eût que deux ans et qu’il parlât en elfique, elle l’avait compris. Pour une raison inconnue, elle s’est toujours sentie différente, connaissant l’elfique sans presque avoir eu à l’apprendre, sachant lire l’avenir dans l’eau comme le faisait son arrière- grand-mère Galadriel…est-elle vraiment la réincarnation de Luthien, comme le disent ses oncles ? Ce n’est pas possible, vu que sa mère semble l’être aussi, mais sait-on jamais ? Eladiel ignore encore beaucoup de choses sur ce qu’elle est et sur ce qu’elle est capable de faire, c’est pourquoi sa mère a estimé qu’un séjour à Rivendell ne pourrait que l’aider. En effet, il y a là- bas les derniers elfes qui restent en Terre du Milieu, ils l’aideront à y voir plus clair…
Lentement, de son pas calme et tranquille, elle regagne le palais pour y finir de préparer ses bagages…
Elle va arriver à sa chambre quand elle croise Eldarion, toujours aussi pensif…elle devine sans peine ce qui l’agite ainsi, et va vers lui. Eldarion, qui regardait par la fenêtre, lui dit :
« Tu me manqueras, grande sœur… »
Eladiel sourit à son frère et lui dit :
« Je ne serai pas absente très longtemps, six mois ou un an, tout au plus…et rien ne t’empêche de venir me voir là-bas. »
Eldarion esquisse un sourire et dit :
« Moi, là-bas ? oh non, je n’ai rien à y faire, ma place est ici, je n’ai presque pas de pouvoirs elfiques… »
Eladiel dit calmement :
« Tu en as quelques-uns, et tu es mon frère, donc tu as ta place à Rivendell…cependant, comme tu l’as dit, tu as à faire ici… »
Au sourire de sa sœur, Eldarion comprend immédiatement qu’elle sait…d’ailleurs, qu’est-ce qui pouvait bien lui échapper ?
Il se redresse et dit :
« Effectivement, grande sœur…tu m’écriras, n’est-ce pas ? »
Eladiel effleure le bras de son frère cadet en un geste de tendresse et dit :
« Bien sûr, crois-tu que je ne l’aurais pas fait ? Comme ça je pourrai toujours t’aider et te soutenir, petit frère… »
Elle lui tapote le bras en signe de tendresse et entre dans sa chambre, laissant Eldarion méditer sur ce qu’elle lui a dit…
Il lève les yeux, et sourit au ciel…
Eowyn frappe à la porte de sa fille, puis entre quand celle-ci le lui signale. Eolain est debout au centre de la pièce, son épée à la main, seulement vêtue d’une tunique légère et d’un pantalon court fait dans la même matière, transpirante car elle vient de s’entraîner. Eowyn lui tend alors la lettre d’Eldarion, sans un mot, puis sort. Elle a intercepté le courrier juste à temps…
Eolain reste là, interdite, la lettre posée sur ses mains, ne sachant pas si elle doit la lire ou pas…puis elle s’assied et la regarde longuement avant d’oser briser le sceau et la dérouler pour découvrir son contenu.
Pour la première fois elle découvre l’écriture d’Eldarion, nette et ferme, et commence à lire…
Je ne sais pas comment je dois m’adresser à vous, mais j’avais juré d’écrire cette lettre si je revenais vivant, et j’espère que vous pardonnerez mon outrecuidance. Je ne sais pas exactement comment vous le dire, je n’ai pas le talent de mes ancêtres pour les choses écrites et la poésie, mais je voulais que vous sachiez les sentiments que j’ai pour vous. Dès le premier instant vous m’avez séduit par votre beauté, votre courage et l’aura particulière que vous dégagez…j’espère que vous voudrez bien me pardonner aussi les deux fois où je vous ai embrassée, je n’ai pas pu m’en empêcher, vous étiez si belle et si séduisante ! Je suis tombé amoureux de vous en voyant votre courage, votre ténacité quand vous teniez tête aux pirates, mais aussi votre sensibilité, alors que vous étiez assise près du feu, après la bataille…
J’espère ne pas vous avoir heurtée en vous disant tout cela, je ne me le pardonnerais pas, mais je devais le faire également par respect pour vous, et je ne peux plus le cacher…
Bien à vous,
Eldarion
Eolain, après avoir lu cela, reste là, avachie, comme ayant perdu le sens…elle ne peut croire qu’Eldarion l’aime, qu’a-t-elle fait pour cela ? Quelqu’un au ciel aurait-il entendu ses vœux ? Et pourtant, c’est ce qu’il a écrit…elle éclate alors en sanglots, ayant en même temps envie de rire et laisse la pression s’évacuer ainsi. Elle reste ensuite longtemps assise, se souvenant des lèvres d’Eldarion sur les siennes, de l’amour contenu dans ses yeux bleus bienveillants, et sourit aux anges…
Eowyn, après avoir laissé sa fille, est allée dans la soupente où sèchent ses plantes. En souriant, elle dépend les bouquets mis là à sécher, pensant à sa fille…elle l’a vu parler avec son père, plus tôt, ce qui a l’air d’avoir résolu quelques problèmes, mais elle sait que le problème se reposera quand Faramir apprendra que sa fille est amoureuse. Elle se doute aisément de ce que contient la missive d’Eldarion, mais sourit tout de même, heureuse pour sa fille aînée…
Revoyant Eolain au repas, elle est presque étonnée de la voir si enjouée, si rayonnante, si belle…obéissant à l’injonction de son père, qui désire qu’elle soit toujours convenablement habillée pour le repas, elle a mis une robe propre, a refait sa natte en y mêlant un autre ruban au milieu, et ses yeux gris pétillent…
Faramir n’a pas manqué de le remarquer non plus, et il demande plus tard à son épouse, alors que les enfants sont couchés et qu’ils sont seuls dans la grande salle :
« Sais-tu pourquoi Eolain est ainsi ? Je veux bien croire que c’est parce qu’elle est quasiment adulte mais il n’y a pas que cela… »
Eowyn décide qu’il est trop tôt pour lui dire quoi que ce soit, et répond tout en lui changeant son pansement :
« Ah non, je n’en sais rien…mais je t’ai vu lui parler cet après-midi, elle ne t’a rien dit ? »
Faramir dit :
« Oh non, même si ces temps derniers je trouve qu’elle embellit…je voulais lui rappeler ses devoirs elle mais les connaissait, et ensuite nous avons parlé d’autre chose… »
Eowyn attache le bandage correctement et lui dit :
« Tu seras bientôt guéri, et tu pourras recommencer à battre la campagne… »
Faramir sent un regret dans la voix de son épouse et, doucement, il lui relève la tête et dit :
« Il est vrai que je suis souvent absent, et que ta vie doit être solitaire ici, malgré les enfants…mais bientôt j’en aurai fini, et alors je resterai plus souvent à la maison… »
Eowyn lui sourit alors et dit :
« Ma vie n’est pas aussi triste que tu crois, car je sais que tu dois rentrer chaque soir…et puis moi aussi j’ai des devoirs à remplir, qui m’occupent suffisamment, crois-moi ! »
Faramir sourit et dit :
« Je n’en ai jamais douté : tout le voisinage vient te consulter pour tes connaissance médicinales…mais tu n’es pas femme à seulement te satisfaire de cela, je me trompe ? »
Eowyn verse la poudre d’écorce de saule dans un verre, ajoute de l’eau et dit en tendant le tout à son époux :
« Il y a bien longtemps que j’ai renoncé à me battre, même si j’ai dû le faire récemment…pourtant, cela fait partie de moi, et tu le sais très bien…ma vie ici me convient, mais elle me conviendrait encore mieux si tu étais là plus souvent… et tu connaîtrais mieux tes enfants, également… »
Elle sourit plus largement et dit :
« Tu saurais par exemple que ton fils cadet en saura bientôt autant que toi à dévorer les livres de la bibliothèque… »
Faramir sourit et dit :
« Je sais que Boromir Eomer est un surdoué, qui a appris à lire la Haute Langue tout seul…je pensais justement l’envoyer bientôt à Minas Tirith, à l’école du palais où il pourra apprendre autant qu’il le voudra… »
Eowyn répond :
« Alors tu le savais…tu as bien caché ton jeu, mon époux : Tu as feint de le traiter en gamin pour qu’il prouve ses véritables capacités…Bien joué ! »
Et elle ajoute :
« Et c’est pour cela que tu as envoyé Aragorn Theoden en Rohan… »
Faramir croise les bras et dit :
« Lui n’a rien besoin de me prouver, c’est à lui-même qu’il doit le faire… »
Il sort alors un rouleau de sa poche et dit :
« Ah, j’ai oublié de te dire, nous sommes conviés à Minas Tirith la semaine prochaine pour un bal…Eolain viendra avec nous mais je pensais aussi emmener Arwen, il est temps qu’elle fasse ses débuts dans le monde elle aussi… »
Arwen aura bientôt quatorze ans, mais Eowyn pense que ce n’est pas une mauvaise idée…ainsi Eolain pourra aussi revoir Eldarion. Elle hoche la tête et dit :
« Bien, je m’occuperai de tout… »
Faramir sourit alors malignement et dit :
« Mais là, j’ai besoin que tu t’occupes de moi avant tout… »
Et il attrape son épouse pour l’attirer à lui…
Eladiel, prête à partir, regarde une dernière fois autour d’elle les murs familiers de sa chambre, et la tristesse l’étreint. Elle porte sa cape, et tient un sac léger qui contient les quelques choses dont elle aura besoin pendant le voyage. Ses bagages ont déjà été chargés sur un cheval de trait, et sa haquenée blanche l’attend pour la porter.
Une main se pose alors sur son épaule, et Eladiel reconnaît sa mère. Arwen sourit et dit :
« Allons, ma fille, point de tristesse…tu seras très bien à Rivendell, et tu y trouveras la paix de l’âme, tu en as besoin… »
Eladiel regarde sa mère de ses yeux bleus si semblables aux siens et dit :
« Ne voulez-vous pas venir avec moi, mère ? Après tout, c’est votre peuple… »
Arwen secoue la tête et dit :
« Non, je suis ici chez moi, maintenant…mais mon peuple saura t’aider à maîtriser ce que je t’ai transmis… »
Doucement, elle murmure à sa fille :
« No i Melain na le,Sílo Anor bo men lín, sell nîn » (que les Valar soient avec toi et que le soleil brille sur ta route, ma fille)
Deux larmes coulent alors sur le visage de porcelaine fine d’Eladiel, et Arwen la prend dans ses bras pour éviter qu’elle ne la voie elle aussi pleurer. Elessar entre, et dit :
« Il est temps, Eladiel… »
Il serre sa fille dans ses bras et dit :
« Fais attention à toi, et reviens-nous vite, ma fille…transmets notre meilleur souvenir à tes oncles… »
Il refuse de le montrer, mais lui aussi est très triste…il se sent soudain si vieux ! Sa fille a déjà dix-neuf ans, et il lui semble lui avoir appris à marcher hier. Doucement, il l’embrasse et dit :
« Cuio mae,sell nîn, gerich veleth nîn...“ (Vis bien, ma fille, tu as mon amour…)
Eladiel, comme il se doit, s’incline et répond:
« Le hannon, Ada… » (Merci, père)
Mais elle n’a pas le temps d’en dire plus, il est temps d’y aller à présent. Encadrée de ses deux parents, Eladiel descend dans la cour devant le palais, où l’attendent son frère et ses sœurs. Les trois filles pleurent, et Eldarion en est bien près…Eladiel les embrasse tous, puis monte sur sa haquenée et fait un signe de la main. Le convoi s’ébranle, alors qu’Eldarion laisse échapper deux larmes qui coulent le long de sa joue…
Elessar serre Arwen contre lui et dit à ses enfants :
« Cessez de pleurer, votre sœur reviendra bientôt… »
Alors son regard s’égare vers l’est, à Rivendell où tout avait commencé…
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