
| Destinées entrecroisées | Auteur: hydraGundam | Vue: 5783 |
| [Publiée le: 2006-12-11] [Mise à Jour: 2008-11-15] | ||
| 13+ | Action-Aventure/Général/Romance | Commentaires: 35 |
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Description: Eldarion, fils d'Elessar, et Eolain, fille de Faramir, n'ont rien en commun. Et pourtant... | ||
| Crédits: Les personnages originaux de l'oeuvre de JRR Tolkien ne sont pas à moi. |
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Instants décisifs[2859 mots] |
Publié le: 2007-01-11 | |
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Chapitre 8 : Instants décisifs
Doucement, Eolain reprend ses esprits, son contrôle habituel et regarde sa mère en demandant d’une voix de petite fille :
« Qu’est-ce…qu’est-ce qui m’arrive ? »
Eowyn dit alors :
« L’amertume de la fin du combat, ma fille…cela arrive souvent la première fois que l’on participe à une bataille, paraît-il… »
Eowyn ne parlait pas d’expérience, n’ayant pas vu la fin de celle du Pelennor, mais Eomer lui en avait parlé, il était revenu ainsi de sa première bataille…Elle regarda sa fille et dit :
« Nous devons aller à visage découvert devant le roi, nous devrons témoigner…quoi que ton père dise, reste campée sur tes positions ! »
Eowyn connaissait bien Faramir, elle savait qu’il s’emporterait au départ mais serait sensible à la sagesse et à la justesse des arguments présentés ensuite.
Emmenant l’assassin ligoté, Eowyn le jette devant le roi, assis près d’un grand feu de camp et dit, alors que Faramir la reconnaît et ouvre des yeux ronds :
« Majesté, je viens dévoiler devant vous une tentative de meurtre sur la personne de mon mari et de mon fils aîné ! »
Elessar hoche juste la tête, la laissant continuer :
« Cet homme qui est là n’est que l’exécutant, la tête pensante en est Talung, un parent proche de mon époux…il avait imaginé, pour devenir intendant, assassiner mon mari en mettant du poison sur son épée, et mon fils aîné en lui faisant envoyer une fléchette empoisonnée par cet homme que vous voyez là ! »
Faramir demande au roi la permission de parler, et demande à son épouse :
« Comment as-tu découvert cela ? »
Eowyn prend alors la main de sa fille, qui se tient en arrière, provoquant encore une réaction d’étonnement de Faramir, et lui répond :
« Eolain a tout entendu, elle est venue me prévenir, il a fallu user de la manière forte mais Talung est en prison à l’heure qu’il est…il prévoyait, après vous avoir tués tous les deux, de tuer Boromir Eomer en faisant passer sa mort pour un accident, avant qu’il n’atteigne l’âge de te succéder… »
Faramir, déjà épuisé par la perte de sang et le combat, reste silencieux…il connaît Talung depuis si longtemps qu’il ne peut croire à sa traîtrise ! pourtant, il sait bien qu’Eowyn n’aurait pas pris le risque de venir le rejoindre si vite si cela ne le justifiait pas…
Eowyn ajouta à l’adresse du roi :
« Talung connaissait l’habitude de Faramir de se battre sans gants, il avait donc répandu sur la garde de son épée du poison qui devait le tuer en douze heures…j’ai préparé une décoction qui neutraliserait le poison, et, accompagnée de ma fille aînée, j’ai chevauché pour rattraper l’armée… »
Elessar connaît la résistance et l’opiniâtreté d’Eowyn, et il sait que le statut d’épouse et de mère n’a pas changé son caractère indépendant. Il sait aussi qu’elle a rompu un serment qu’elle avait fait le jour de son mariage de ne plus combattre, et il fallait vraiment une grande raison pour qu’elle se mette à courir les routes ainsi, accompagnée de sa fille aînée de surcroît !Pourtant, il semblait qu’elle fût la seule personne assez douée pour l’accompagner dans cette situation de crise…
Cependant, il demande :
« Qu’avez-vous fait de vos deux autres enfants ? »
Eowyn regarde de nouveau le roi et répond :
« Je les ai fait emmener à Minas Tirith après mon départ, avec une lettre pour la reine Arwen, lui expliquant la situation et lui demandant de bien vouloir prendre soin d’eux…je ne voulais pas qu’ils restent dans la maison où est enfermé Talung… »
On voyait là une marque de la maternité : vouloir mettre en sécurité ses enfants avant de risquer sa vie…
Elessar invita alors Eolain à s’avancer et lui demanda :
« Dis-moi comment tu as découvert cela, jeune fille… »
Eldarion, assis en retrait de son père, rougit légèrement en voyant Eolain devant lui et s’efforça de ne pas trop la regarder, même s’il avait envie de hurler sa joie de la revoir vivante…Eolain, ayant la même réaction, exposa – avec quelques détails en moins, par exemple la raison de son insomnie – le déroulement des faits dans leur ensemble.
Pendant que sa fille parlait, Eowyn voyait que Faramir l’examinait du regard, et elle aussi était passée au crible…plus il regardait, plus ses yeux bleus se chargeaient de nuages. Le règlement de comptes serait sanglant…en effet, elle le connaissait mieux que personne et, même s’il était calme et posé de nature, il pouvait parfois se mettre en colère, surtout quand on s’en prenait à sa famille.
Derrière lui, Aragorn Theoden semblait calme, mais sa mère pouvait voir sa peur dans ses yeux bleus, comme une peur rétrospective d’avoir échappé à la mort. Il regardait sa sœur cadette avec admiration et gentillesse, cependant, impressionné par le fait qu’elle ait combattu à ses côtés aussi bien qu’un homme.
Elessar hochait gravement la tête, réfléchissant et navré, comme à chaque fois qu’il se passait quelque chose de mauvais dans son royaume. Avec la mort de Sauron, il avait cru que chaque chose mauvaise aurait été éradiquée avec lui, mais il y avait encore et toujours dans le cœur des hommes cette faiblesse pour le pouvoir ou des biens matériels, qui avait amené Isildur à garder l’anneau et qui amenait à ce genre de choses, le parent voulant la mort de son parent pour hériter de sa charge, alors que les Hommes, qui avaient été proches d’être détruits, en auraient dû ressortir plus forts et plus unis…c’était cela la contradiction humaine par excellence, cette capacité d’être grands en une seconde et mauvais la suivante. Ce Talung, qui avait suivi Faramir depuis ses premières armes de Capitaine du Gondor, avait dû être un homme intègre pour qu’il lui ait ainsi accordé sa confiance : comment en était-il arrivé à trahir ainsi son cousin pour simplement hériter de sa charge ?
Il fit signe à un de ses soldats d’emprisonner l’homme sous bonne garde, et regarda Eowyn en disant :
« Vous resterez ici jusqu’à demain, puis vous rentrerez avec nous… »
Eowyn logerait sous la tente de son époux, mais que faire d’Eolain, qui normalement, en tant que jeune fille de bonne famille, ne devrait même pas se trouver là, au milieu des hommes ? A défaut de gouvernante, son frère dit qu’il partagerait sa tente avec elle, c’était la seule option possible.
Mais Eolain ne put dormir, et, alors que le soleil se levait, elle était déjà dehors, assise à côté d’un des feux de camp, pensive et proche des larmes…Qu’allait-il se passer pour elle ? son père déciderait-il de la marier sur le champ pour l’empêcher désormais de combattre ?
Eowyn, elle aussi, avait passé une très mauvaise nuit. Faramir lui battait froid, cela était prévisible mais elle savait que c’est parce qu’il avait eu peur pour elle et pour Eolain. Il comprenait parfaitement sa réaction, et le fait qu’elle lui ait sauvé la vie, mais ce qu’il ne lui pardonnait pas c’était d’avoir entraîné Eolain dans cette folle équipée…
Eowyn soupira, et s’assit sur son lit de camp, installé près de celui de son mari…elle se tourna vers lui, il dormait encore, épuisé par la bataille et sa blessure, le visage reposé. Elle sourit malgré elle…pourtant, se rendait-il compte qu’il agissait avec sa fille comme son père avait agi avec Boromir, au détriment de ses propres enfants ? Ne voyait-il pas que sa fille devenait une femme qui était parfaitement capable de maîtriser son propre destin, aussi particulier fût-il ?
Frustrée, épuisée, elle laissa deux larmes courir sur son visage pâle…
Eldarion s’était effondré sur son lit de camp, mais se réveilla quelques heures après, l’esprit encore plein des cauchemars sanglants qui l’avaient agité. Il se redressa, se frotta les yeux et ressentit immédiatement le froid du petit matin…rejetant son attirail de guerre qu’il avait mis en tas près de son lit, il enfile une tunique propre qu’il a emportée et sort, les yeux encore dans le vague. Il crut d’ailleurs qu’il rêvait en voyant Eolain, ses longs cheveux répandus sur son dos, assise devant lui, l’air pensif et ses yeux gris humides. Il reste debout là, sans faire de bruit, à simplement la regarder…
Mais Eolain finit par s’apercevoir de sa présence, se lève précipitamment et le salue d’une révérence parfaite. Eldarion la relève gentiment et, sans un mot, regarde dans ses yeux gris, puis il dit :
« Ne pleurez pas, je vous en prie…je…je voulais vous remercier de m’avoir sauvé la vie… »
Mais il ne sait pas quoi dire d’autre, en fait, pour apaiser sa tristesse. Alors Eolain craque, sa fatigue, sa peur et sa tristesse prennent le pas sur sa résistance et elle s’effondre en larmes…Eldarion, doucement, la prend dans ses bras et la serre contre lui. Une irrépressible envie de pleurer lui vient aussi, et il éclate en sanglots, évacuant toute la pression qu’il a accumulé ces derniers jours. Tous deux restent ainsi, dans les bras l’un de l’autre, jusqu’à ce qu’Eldarion lâche Eolain et lui dise :
« Vous devez me trouver bien ridicule de pleurer ainsi… »
Eolain, son nez tout rouge, renifle et dit :
« Oh, non, Altesse, cela signifie juste que vous êtes un homme de cœur… »
Et elle regarde Eldarion en esquissant un faible sourire, captée par ses yeux bleus encore noyés d’eau…le prince sourit lui aussi, et tous deux restent là, les yeux dans les yeux, les mains dans les mains. Doucement, Eldarion pose un baiser léger sur les lèvres d’Eolain…
Sortant de sa tente, Eowyn assiste à cette scène…ce qu’elle avait pressenti est donc vrai, et va sérieusement compliquer les choses. Faramir ne laissera plus Eolain sans surveillance, ni ne la laissera faire ce qu’elle veut, et surtout pas approcher Eldarion.
Ne voulant pas qu’ils voient qu’elle était là avant, elle baille soudain bruyamment et s’étire…elle s’incline devant Eldarion et dit :
« Je vous remercie de prendre soin de ma fille aînée, Altesse… viens, Eolain… »
Sans un mot de plus, elle emmène sa fille faire un brin de toilette rapide à l’Anduin…quand elles reviennent, Faramir est réveillé, et le guérisseur de l’armée est en train de lui changer son bandage, il semble vraiment de mauvaise humeur…Eowyn voudrait attribuer cela à la douleur mais elle sait bien de quelle opiniâtreté son époux est doté, c’est d’ailleurs cela qui lui a permis de survivre à plusieurs reprises et aussi de résister face à son père qui voulait le briser et le dévaloriser.
Autour d’eux, l’armée levait le camp pour rentrer à Minas Tirith. Un bataillon était laissé là pour assurer la sécurité du passage du fleuve, un autre était parti réduire les dernières poches de résistance situées en aval, il n’était plus nécessaire que le gros de l’armée reste à Cair Andros.
Eomer fait ses adieux au roi, il rentre à Edoras avec les cavaliers qui lui restent, car il a subi quelques pertes. Tous deux s’étreignent et Eomer dit en souriant :
« Maintenant que cette région est de nouveau pacifiée, tu n’as plus d’excuses pour ne pas venir en voyage officiel en Rohan… »
Elessar acquiesce, et dit :
« Je n’y manquerai pas…transmets mon meilleur souvenir à ton épouse et à ton fils… »
Eomer hoche seulement la tête, monte à cheval, et lance une puissante sonnerie de son cor avant de se mettre en route.
Elessar le regarde, puis monte à cheval et fait venir Eolain et Eowyn près de lui…l’armée s’ébranle sous le soleil qui inonde la plaine…
Arwen, assise dans son fauteuil, raconte une histoire à Boromir Eomer, qui l’écoute avec intérêt. Depuis que l’enfant est arrivé ici avec sa sœur aînée, elle essaie de le distraire du mieux qu’elle peut pour éviter qu’il ne se sente abandonné…
Un peu plus loin, Eladiel apprend un nouveau point de broderie à Arwen d’Ithilien et à sa sœur Eowyn. Ces deux dernières étaient quasiment jumelles, nées à un jour d’intervalle…Eowyn était venue à Minas Tirith pour une cérémonie, et n’avait pu repartir à Emyn Arnen pour accoucher. La reine, elle aussi enceinte à ce moment-là, avait accouché le lendemain. Trouvant cela ironique, elles avaient baptisé leurs filles ainsi…
Arwen n’aime pas savoir son fils et son mari en guerre, mais le lien qu’elle a avec eux la rassure souvent, elle sait qu’ils vont bien. Même si, en devenant mortelle, elle a perdu la plupart des pouvoirs liés à son ancienne condition elfique, elle garde la capacité de ressentir si les gens qu’elle aime vont bien. Elle a toujours eu avec Elessar un lien télépathique, et elle en a un avec Eldarion aussi, ainsi qu’avec chacune de ses filles….
La petite voix de Boromir Eomer l’interrompt alors, et il demande, ses yeux noisette soudain pleins de larmes :
« Quand maman reviendra-t-elle ? et papa ?»
Arwen l’embrasse, le serre contre elle et lui dit :
« Bientôt, mon petit, bientôt… »
Elle comprend parfaitement la réaction de l’enfant, qui a vu partir en l’espace de deux jours ses deux parents et sa sœur aînée sans comprendre vraiment pourquoi. Elle espère qu’Eowyn et Eolain ont pu arriver à temps pour sauver Faramir et Aragorn Theoden…en tout cas, la situation était grave, comme l’expliquait Eowyn dans sa lettre, toute la famille de l’Intendant était en danger de mort. Pour l’instant, l’important était de prendre soin des enfants, c’était tout ce qu’elle pouvait faire…elle connaît les exploits accomplis par Eowyn pendant la Guerre de l’Anneau, et sait qu’elle est capable de beaucoup.
L’entrée de la gouvernante des enfants portant des tasses de chocolat chaud arrive à point nommé pour distraire le petit garçon de ses idées tristes…retrouvant le sourire, il saute des genoux d’Arwen et court vers le goûter. Arwen sourit : ce petit ressemble tellement à Faramir, mais aussi à Eowyn, il en a l’impulsivité. Quel être serait assez inhumain pour vouloir tuer un si bel enfant simplement pour hériter d’une charge ?
Souriant, elle s’approche de la table, essuie la moustache laissée par le chocolat chaud sur la bouche de Boromir Eomer et lui demande :
« Veux-tu venir au sommet de la Tour Blanche voir la plaine avec moi ? »
L’enfant, ravi, hoche la tête. Arwen le laisse alors avec les filles, et va chercher un vêtement pour le couvrir, le vent est froid au sommet de la Tour Blanche. Elle ouvre un coffre, et en sort une cape de velours noir qui a appartenu à Eldarion quand il était petit…il avait si fière allure dedans ! Elle laisse un instant la nostalgie l’envahir, mais se secoue vite…
Elle revient dans la salle, enveloppe le petit garçon de la cape et l’emmène tout au sommet de la Tour Blanche…devant eux, les champs du Pelennor, Osgiliath, et l’Anduin qui serpente comme un ruban d’argent sous le soleil. Boromir Eomer ouvre des yeux ronds face à ce magnifique spectacle, et ne dit plus rien pendant un moment, puis il regarde la reine et dit :
« Papa m’a raconté qu’il montait parfois ici avec son frère aîné, mon oncle Boromir, et qu’ils regardaient eux aussi la plaine…c’est là que mon oncle jura de reprendre Osgiliath, qui était aux mains de l’Ennemi… »
Non seulement l’enfant adore qu’on lui raconte des histoires, mais encore il les retient, il s’intéresse aux légendes et à l’histoire de la Terre du Milieu, comme son père.
Il montre un point, au delà d’Osgiliath, et dit :
« Je sais aussi qu’avant Minas Ithil était une ville de l’Ennemi sous le nom de Minas Morgul, et que personne ne peut encore y habiter parce qu’elle a été au Mal trop longtemps…le Roi en a décidé ainsi… »
Arwen sourit, caresse la tête du garçon et dit :
« Tu es bien savant, jeune homme… »
Boromir Eomer sourit et dit :
« J’aime bien écouter ce que papa dit à mes frères et sœurs plus grands…il dit que je suis encore trop petit pour apprendre tout cela, mais j’ai déjà huit ans… »
Arwen sourit, croyant entendre il y a peu les jumelles récriminer quand on les disait encore trop petites pour certaines choses…ce n’était pas si facile d’être le cadet d’une famille, finalement.
L’enfant frissonna, et Arwen dit :
« Viens, rentrons… »
C’est alors qu’apparaît, près de l’Anduin, une colonne en mouvement brillant sous le soleil et l’enfant s’écrie :
« Les voilà !! »
Arwen pose les mains sur les épaules de l’enfant, et reste silencieuse…bonne ou mauvaise nouvelle ? Eolain et Eowyn avaient-elles réussi, non seulement de sauver la vie de Faramir et d’Aragorn Theoden, mais aussi de rester incognito ? Car elle se souvenait de la réaction de Faramir face à la fugue de sa fille, il ne faisait nul doute qu’il réagirait mal cette fois aussi, même si c’était Eowyn qui avait cette fois toute la responsabilité de l’affaire. Elle au moins avait compris que si elle ne l’avait pas emmenée Eolain serait venue tout de même…de plus, c’était une épéiste et une cavalière hors pair, qualité utile dans ce genre de choses…
Elle emmène le petit garçon par la main et rentre dans le palais pour accueillir avec honneur les combattants victorieux…
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