
| Pochemu ya sta tvoi ? (Pourquoi suis-je avec toi ?) | Auteur: Anastasia | Vue: 706 |
| [Publiée le: 2008-07-28] [Mise à Jour: 2008-12-24] | ||
| 13+ | Romance/Drame | Commentaires: 6 |
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Description: Elle était parfaite, du moins, elle l'était, pour lui... Fred Weasley est en septième année et Anastasia Rhomanov est en cinquième année et ils pensaient pouvoir s'aimer, mais à Poudlard tout n'est plus comme avant: La nouvelle professeur de Défense Contre les Forces du Mal fait règner une sorte de terreur dans l'école et n'a rien contre les pratiques illégales pour punir les élèves. A l'exterieur, les Mangemorts tuent de plus en plus chaque jours et les gens du Ministère de la Magie deviennent fous: Les Sangs-de-Bourbe sont mis en esclavage et les Traitres à leur Sang encourent la peine de Mort... Ils se doutaient de tout sauf de ça... Car Fred est un Traitre à son Sang et Anastasia est une Sang-de-Bourbe. (J'ai modifié le résumé, je ne l'aimais pas ^^ J'espère que ça vous plaira quand même) | ||
| Crédits: La grande majorité de mes personnages appartiennent à JK Rowling. Certain personnages comme Anastasia ou raspoutine sont à moi (je ne sais pas encore s'il y en aura d'autres) . ( Si si! Il y en a d'autres) |
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Des changements à l'appui[4427 mots] |
Publié le: 2008-08-20 | |
| Taille du Texte: (+) : (-) | ||
Et c’est moi qui écris ça ! Franchement, j’arrive à en HAIR mes personnages ! ( Pas Ann, certains autres… Lisez, vous comprendrez )
Enjoy !
Le lendemain, Harry, Fred et Anastasia se levèrent d’humeur maussade, tant à cause de la fatigue qu’à cause de leurs retenues de la veille. Anastasia était scandalisée de ce qu’Ombrage avait fait subir à Harry et elle n’était pas la seule, tous les Gryffondors semblaient choqués ; C’était de la torture ! Et de plus d’être cruel, c’était totalement illégal.
Après le petit déjeuner, Fred et George partirent en direction de la salle de Défense Contre les Forces du Mal alors qu’Harry, Ron, Hermione et Anastasia se préparaient pour un cours de Soins aux Créatures Magiques.
- Et ne cherche pas Ombrage… Lança Anastasia à Fred
- Arrête ! On dirait ma mère ! Rétorqua ce dernier, faussement indigné.
- Si ça avait été quelqu’un d’autres, j’aurais dit la même chose aussi !
Il l’embrassa pour couper court à la conversation. Elle rougit fortement lorsqu’il plongea son regard dans le sien. Le jeune homme n’aurait détourné son regard pour rien au monde ; Il aimait la couleur étrange de ses yeux et… Elle était si mignonne quand elle rougissait. La jeune fille non plus n’avait pas envie de détourner son regard ; Elle aimait bien son regard, barré par quelques mèches rousses, rebelles. Des gloussements les firent revenir brutalement à la réalité. Anastasia lança un regard noir à deux filles de quatrième année de Poufsouffle.
Les deux Gryffondors sortirent de la Grande Salle ensemble, Anastasia riant à une plaisanterie de Fred, sous les regards de quelques curieux. Le professeur Ombrage, qui était attablée à la table des professeurs, les regarda s’éloigner, un sourire mauvais sur les lèvres. Elle s’était jurée de faire payer cette sale petite peste russe, une Sang-de-Bourbe, qui plus est ! Personne n’avait le droit de lui parler ainsi, encore moins une gamine de quinze ans. Et elle aimait faire souffrir…
- Qu’est ce que je suis machiavélique… Songea t’elle.
Les deux Gryffondors disparurent, son sourire s’élargit.
Anastasia et Fred s’arrêtèrent dans un coin du hall d’entrée, derrière une statue. La jeune fille allait dire quelque chose mais Fred l’en empêcha en effleurant ses lèvres de ses doigts. Elle frémit. La cloche retentit, ce qui les fit sursauter. Ils se séparèrent à regrets et partirent vers leurs cours respectifs.
Sur le chemin qui la menait au parc, Anastasia ne cessait de se poser des questions ; Elle détestait Ombrage et elle était sur que Fred et George allaient écoper d’une retenue à la fin du cours. Elle avait bien vu le résultat de la retenue de Harry et elle ne souhaitait pas que d’autres élèves que ce soit Fred ou George ou d’autres, des Gryffondors ou des élèves des autres maisons subissent la même chose. Mais où Dumbledore avait-il la tête ? Elle se le demandait…
Elle avançait tranquillement dans le parc quand elle fut bousculée. Elle ne se retourna pas, sachant d’avance qu’il s’agissait de Drago Malefoy. Et il s’avéra qu’elle ne s’était pas trompée lorsqu’elle entendit sa voix traînante.
- C’est bizarre que tu sois seule… Lança t’il, d’un ton rempli de sous-entendus.
Elle l’ignora et continua son chemin, se doutant que Malefoy n’allait pas la laisser d’ici la, car il se rendait au même endroit qu’elle. Elle ignora également les mains baladeuses et les remarques déplacées. Après tout, n’était-elle pas habituée ? Cependant, l’attitude du Serpentard commençait sérieusement à l’inquiéter ; Il n’avait jamais été aussi insistant… Dans tous les sens du terme.
Quand ils arrivèrent cinq minutes plus tard, Malefoy la laissa pour rejoindre les Sepentards et elle, elle rejoignit Harry, Ron et Hermione.
- Qu’est ce qu’il te voulait ? Demanda Harry.
- Tu connais Malefoy, répliqua la jeune fille, avec un sourire crispé.
Pour la suite, elle essaya de se concentrer sur son cours, mais ce fut impossible ; Celui-ci ne fut guère intéressant : Elle connaissait déjà les Botrucs. Jamais encore elle n’avait été aussi distraite. Elle revint un peu à la réalité lorsque le Botruc qu’ils avaient pris pour en faire le dessin planta profondément ses doigts tranchants dans l’une des phalanges de Harry. Ce dernier le serrait un peu trop fort, pour éviter de frapper Malefoy, et la créature s’était presque brisée en deux. Une goutte de sang tomba et tâcha le parchemin.
- Ah ! Saleté ! S’exclama Harry, en portant son index à ses lèvres.
Le Botruc s’en alla en courant, vers la forêt interdite. Les quatre Gryffondors entendirent les Serpentards pouffer de rire et ils n’en furent pas surpris. Après cinq ans, on commençait à s’y habituer.
Anastasia, qui pensait à Fred qu’elle n’allait pas voir de la journée, alors qu’elle réalisait son dessin, n’entendit même pas la remarque que Malefoy lui lança :
- Eh ! Rhomanov ! Tu devrais enlever ton pull plus souvent et déboutonner ton chemisier la prochaine fois ! J’aimerais en voir davantage !
Harry, Ron et Hermione se tournèrent d’un même mouvement vers Anastasia. Cette dernière releva la tête, avec une expression mi-furieuse, mi-étonnée sur le visage. Des étincelles rouges sortirent de sa baguette magique et elle répliqua, d’une voix froide et sèche :
- Euh… Malefoy, la prochaine fois que je voudrai t’entendre parler, je te le ferai savoir ! Maintenant, tes conneries tu te les gardes pour toi !
- Et si j’ai pas envie ? Rétorqua t’il, d’une façon provocante.
- Je t’obligerai à la fermer !
La sonnerie retentit. Alors que les autres élèves rangeaient leurs affaires, Malefoy continua de narguer la jeune fille.
- Ah ouais ! J’aimerais bien voir ça, Sang-de-Bourbe !
- Oh ! Je vois ! Tu as déjà oublié la petite altercation dans le train ou faut il que je te rafraîchisse la mémoire ?
Elle prit sa baguette magique en main si rapidement que le bruit du mouvement de l’air se fit entendre, sous les regards anxieux de Harry, Ron et Hermione. Le Serpentard attrapa également la sienne. Les deux se fixèrent pendant un certain temps puis Malefoy attaqua le premier et c’était ce qu’Anastasia attendait. Elle répliqua par un sort du bouclier, dont elle ne prononça pas la formule et enchaîna avec un sort de désarmement, muet également. Le Serpentard se retrouva à terre, sans savoir vraiment comment il s’était retrouvé la, alors que deux secondes auparavant il était encore debout. Quelques élèves qui s’étaient arrêtés applaudirent, essentiellement des Gryffondors et Serdaigles. La baguette magique de Malefoy finit son vol plané tournoyant dans la main de la jeune fille.
- Alors ? Lança t‘elle, ses yeux ayants pris une teinte orangée.
Il ne répondit rien, mais on pouvait clairement voir qu’il fulminait. Anastasia jeta sa baguette magique loin de lui et se détourna.
Le Serpentard était fou de rage ; C’était la deuxième fois en moins de quatre jours qu’il se faisait humilier par cette Sang-de-Bourbe. Elle paierait… Tôt de préférence. Il s’arrangerait.
La jeune fille rejoignit Harry, Ron et Hermione. Elle était à peine arrivée à leur hauteur que Hermione s’exclamait déjà :
- Tu sais maîtriser les sortilèges muets ! Mais c’est du niveau des sixième années !
- Oh… Je suis sur que t’y arriverais toi aussi, répliqua son amie, avec un petit sourire.
Tous les quatre retournèrent au château en se moquant de Malefoy qui, il faut le dire, s’était retrouvé complètement perdu une fois à terre.
La journée passa affreusement lentement, au goût d’Anastasia et elle ne fut pas vraiment attentive au cours de métamorphose, son dernier cours de la journée. En même temps, elle n’avait pas vraiment galéré à changer sa tasse en hérisson. De plus, ce dernier était aussi naturel qu’un vrai. La jeune fille reçut, d’ailleurs, les félicitations du professeur McGonagall. Cependant, la plupart de ses camarades avaient un certain mal à obtenir un hérisson « naturel » et non pas couleur et texture porcelaine. Anastasia, qui regardait ses camarades en action, fut « réveillée » par la sonnerie. Elle ramassa ses affaires et lança un « Partez sans moi » à Harry, Ron et Hermione puis sortit rapidement de la salle de classe. Elle croisa Fred dans le couloir qui menait à la salle d’enchantements.
- Ne me dis rien, tu as eu une retenue, lança t’elle, essoufflée et en s’arrêtant dans un magnifique dérapage.
- Euh…
Fred ouvrit et referma la bouche comme s’il avait été un poisson hors de l’eau. Anastasia se raidit. Elle demanda, d’une voix hachée :
- Et . quand . ça ?
- Maintenant… Répondit le jeune homme, en baissant la tête.
- Mais pour une fois, je te jure qu’on n’avait rien fait ! Se défendit George, alors que la jeune fille se tournait vers lui.
- Pa… Parce que toi… Toi aussi ! S’exclama t’elle.
Il acquiesça.
- Vous ne savez pas encore jusqu’à quelle heure ? Continua Anastasia, elle ne vous a rien dit.
- Non, pas encore, répondit Fred, mais si tu comptes le faire, ne nous attend pas ce soir.
La jeune fille ne dit rien, mais elle n’était pas décidée à aller se coucher tant qu’ils ne seraient pas rentrés à la salle commune.
Ils se remirent en marche et se séparèrent à l’embranchement des couloirs du premier étage. Anastasia les regarda s’éloigner puis disparaître à l’angle d’un mur. Il était à peine six heures, ils avaient à peine fini les cours. Et une retenue maintenant signifiait qu’ils ne pourraient pas manger. C’était assez rare, mais le « spécimen Ombrage » était unique en son genre. La jeune fille prit le couloir de gauche et repartit, tête basse, à la tour de Gryffondor. Quand elle fut dans la salle commune, elle vint rejoindre Harry, Ron et Hermione, près de la cheminée. Hermione expliquait à Ron le principe d’additivité des masses et des propriétés magiques des ingrédients pour le devoir de potions qu’ils devaient rédiger pour la semaine suivante. Ron paraissait effrayé par tant de choses et tant de formules. Harry, quant à lui, s’entraînait au sortilège de métamorphose qu’il devait absolument savoir exécuter convenablement pour le prochain cours. Quand Anastasia arriva près d’eux, Hermione lança, étonnée :
- Bah… Tu n’es pas avec Fred !?
- Il est collé, avec George, par Ombrage, répondit l’arrivante.
Cette dernière tourna son regard vers Harry et s’assit à coté de lui.
- Je peux voir ta plaie ? Lui demanda t’elle.
Il lui tendit sa main. On aurait vraiment dit des marques faites au scalpel, des lettres pointues… Ça avait l’air douloureux. Anastasia grimaça. Elle murmura :
- Du fait que c’est une blessure faite par je ne sais pas quel sort, je ne peux pas la guérir, au risque de l’aggraver, mais je peux atténuer la douleur…
- Si tu le peux, ce serait sans refus, répliqua Harry, avec un demi sourire, qu’elle lui rendit.
La jeune fille tira sa baguette magique et murmura quelque chose. Quelques instants plus tard, Harry ne sentait plus les picotements lancinants et la sensation de brûlure qui les dérangeaient tant. Il dit :
- Merci, mais… Ça dure longtemps ?
- Je pense que tu serais tranquille au moins jusqu’à demain soir, expliqua Anastasia, mais si tu as de nouveau mal, va à l’infirmerie et demande un bol d’Essence du Murlap, ça a le même effet.
- Ann, je ne sais pas ce que je ferais sans toi…
- Et au fait, tu ne dois plus y retourner, en retenue ? Demanda Hermione.
- Si, la semaine prochaine, quand la plaie sera presque refermée, je suppose…
- Cette femme est un monstre !
Jusqu’à sept heures et demi, ils s’occupèrent à rédiger leurs différents devoirs, puis ils descendirent manger. Anastasia ne mangea presque rien et repartit rapidement à la salle commune pour finir d’annoter le dessin du Botruc avant de partir pour sa ronde qu’elle devait effectuer, en temps que Préfète.
- Fred va la tuer, si elle se met dans des états pareils à chaque fois qu’il a une retenue ! S’exclama Ron, alors qu’elle franchissait les portes de la Grande Salle.
La jeune fille ne se dirigea pas tout de suite vers la tour de Gryffondor mais elle passa par la bibliothèque, pour emprunter un livre qui pourrait l’aider dans sa traduction de Runes Anciennes et elle passa également devant la salle de Défense Contre les Forces du Mal. Aucun bruit ne provenait de la salle. Serrant son livre contre sa poitrine et s’empêchant de penser des choses trop pessimistes, elle tourna les talons.
Quand elle fut dans la salle commune, où il n’y avait que cinq élèves de sixième année, Fred et George n’étaient toujours pas rentrés.
Cela faisait à présent plus de deux heures qu’ils écrivaient. Ombrage les regardait avec une expression sur le visage où se mêlait le plaisir et la satisfaction. Comme elle ne pouvait les différencier, sans être sur de leur identité, elle avait décidé de les punir systématiquement ensemble. Elle les détailla davantage :
L’un avait une écriture plutôt fine et penchée vers la gauche alors que l’autre avait une écriture style pattes de mouche et plus ronde que celle de son frère.
Le premier était d’une pâleur incroyable et serrait le poing gauche au point que ses jointures en étaient devenues blanches. Le sang ruisselait de la large plaie, qui couvrait le dos de sa main, jusqu’à la table. Le second était couvert d’une sueur froide qui devait être particulièrement désagréable et devait le mettre très mal à l’aise. A la différence de son jumeau, il avait une teinte rose sur ses joues et sa main saignait beaucoup moins ; Elle suintait, seulement.
La professeur regardait avec avidité ce spectacle morbide, leurs chairs s’arracher, se lacérer, laisser échapper le sang… Au début ça allait encore : La peau se refermait et restait rouge ainsi qu’un peu brûlante. Puis, petit à petit, elle se refermait de moins en moins. A présent, la plume qui pompait leur sang leur entaillait les mains plus profondément encore… Du sang, toujours plus de sang…
Ombrage jubilait intérieurement : Elle les viderait de leur sang et si, quand elle les libérerait, c’est à dire dans un peu plus de deux heures, ils n’avaient pas écris six feuilles, recto-verso, elle se ferait une joie de les mettre une semaine de plus en retenue. Et ils écrivaient de moins en moins vite…
Cependant, celui des deux qu’elle voulait, c’était Frédérick Weasley, le garçon avec qui Anastasia Rhomanov sortait.
- Comme c’est pathétique… Songea Ombrage, C’est son petit ami qui prend à sa place.
Elle ne put empêcher un petit sourire de se dessiner sur ses lèvres.
Il était près de vingt-deux heures et toujours aucune trace des jumeaux. Alors que tous les autres élèves de Gryffondor avaient déserté la salle commune pour leurs lits, Anastasia planchait encore sur une version de Runes Anciennes. Elle regarda sa montre et posa sa plume ; Il était temps qu’elle aille faire sa ronde. Celle-ci n’était pas très longue mais prenait quand même une bonne demi-heure. La jeune fille mit son pull sur ses épaules, fit un nœud avec les manches puis se leva pour franchir le portrait de la Grosse Dame et sortir.
Il faisait sombre dans les couloirs et parfois on entendait le grincement d’une armure, mais elle ne rencontra rien d’anormal. Elle fit tout de même un détour par la salle de Défense Contre les Forces du Mal mais aucun bruit ne se faisait entendre. La Gryffondor se hâta alors de rentrer. Elle murmura le mot de passe et le portrait bascula. La salle commune était toujours aussi déserte que trois quarts d’heure auparavant. Le petit sourire qu’elle avait sur les lèvres disparut immédiatement. Elle se dirigea vers la table, d’une allure d’automate, où ses livres, ses parchemins, ses brouillons, sa plume étaient étalés et elle se laissa tomber sur la chaise. Elle commençait sérieusement à s’inquiéter ; Une retenue qui durait plus de quatre heures était excessivement rare.
Anastasia attrapa sa plume et continua de traduire la page qu’elle avait commencée. La jeune fille commençait vraiment à fatiguer. Etait-ce du au stress, le fait qu’elle s’était levée tôt le matin ? Ses yeux se fermaient tout seuls.
Se rendant vite compte qu’elle ne pourrait aller plus loin dans son devoir, elle posa sa longue plume à coté de son encrier et sortit un petit livre de son sac, qui était posé à ses pieds. Elle ne prit même pas la peine de ranger ses affaires et commença sa lecture, les jambes croisées, son dos calé contre le dossier de sa chaise.
- Je ne… Dois pas… M’endormir… Se répétait elle mentalement, inlassablement.
Mais elle n’eut même pas le temps de lire trois pages entières qu’elle tomba, affalée contre la table, sa joue sur ses parchemins, et son bras droit, qui tenait le livre, juste au dessus de sa tête.
Vingt-trois heures.
« Je ne dois pas être insolent » « J.E N.E D.O.I.S P.A.S Ê.T.R.E I.N.S.O.L.E.N.T »
- Cessez d’écrire ! Lança Ombrage, d’une voix de gamine.
George posa la longue plume noire et pointue à coté de l’encrier alors que Fred, incapable de contrôler les tremblements de sa main droite la laissa tomber sur sa feuille, éclaboussant de sang les alentours.
- Bien, voyons voir…. Murmura la professeur, en contournant son bureau pour venir vers eux.
Leur main saignait abondement, surtout celle du garçon qui se trouvait à sa gauche. D’ailleurs, ce dernier était d’une pâleur fantomatique. Il semblait qu’une retenue de plus et il tomberait raide mort. Son frère suivrait rapidement.
Tous les deux avaient copié cinq pages complètes et commencé la sixième. Ombrage laissa un sourire sadique transparaître sur ses lèvres. Elle lança :
- Il me fallait six pages complètes, je vous avais prévenus…
- Encore cinq lignes et nous aurions eu fini ! Répliqua George, qui sentait la colère grimper en lui.
- Silence Weasley ! La semaine prochaine, tous les deux, ici, même jour, même heure ! Annonça la professeur, vous pouvez partir.
Elle les poussa presque dehors et claqua la porte. Une fois seule, elle s’approcha de la table sur laquelle ils avaient laissé leur sang. Ombrage attrapa deux feuilles, l’une écrite par George, l’autre écrite par Fred. Elle aimait ce spectacle morbide et si elle pouvait faire bien pire, elle n‘hésiterait pas. Elle avait des projets, beaucoup de projets…
- Fred… Ça va ?
George regardait le visage de son frère avec inquiétude ; Il était pale à faire peur, il regardait fixement devant lui et ne disait rien. Dès qu’ils avaient quitté la salle de Défense Contre les Forces du Mal, Fred s’était empressé de panser sa plaie avec l’aide de George, qui avait fait de même juste après. Il ne supportait pas la vue du sang et puis la douleur était telle… Etait-ce son imagination ? Il avait l’impression que sa main allait se mettre à flamber. En deux jours, deux retenues, et deux fois où il se retrouvait à deux doigts de faire un malaise à cause du sang. Quelle ironie du sort, il en rirait presque.
Ils arrivèrent devant le portrait de la Grosse Dame. Cette dernière leur demanda :
- Qu’est ce que vous avez encore fait vous deux ?
- Pour une fois, on n’avait vraiment rien fait du tout, répondit George, car Fred semblait incapable d’ouvrir la bouche, Plume en Sucre !
- C’est vous qui le dites, répliqua le portrait, en s’écartant.
George laissa entrer Fred en premier. Ce dernier n’avait pas encore les deux pieds dans la salle qu’il s’arrêta net. Son jumeau lui rentra dedans alors que le portrait se refermait derrière lui.
- Quoi ? Demanda celui-ci.
- Je lui avais pourtant dit de ne pas nous attendre, soupira Fred, qui ouvrait la bouche pour la première fois depuis le début de leur retenue.
En se décalant un peu, George comprit enfin le sens des paroles de Fred. Anastasia était effondrée sur une table, un livre dans la main droite, sa plume dans la main gauche. Son pull avait glissé de ses épaules et était tombé à terre. Ses cheveux ondulaient dans son dos et remuaient légèrement, suivant le rythme de sa respiration. Fred lui tira la plume et le livre des mains. George admirait la délicatesse dont il faisait preuve. Fred s’agenouilla près d’Anastasia. Il allait la secouer légèrement pour la réveiller mais il hésita ; Il n’avait pas vraiment envie de la réveiller… Il passerait la nuit à la regarder dormir.
- Elle lit… Un livre en français ! S’étonna George, en feuilletant le bouquin qu’elle avait en main quelques instant auparavant.
- Elle est trilingue, George, répliqua son frère, dans un murmure.
En tournant les pages, George remarqua une photo glissée entre deux feuilles. L’image était en noir et blanc et ne bougeait pas. Le jeune homme s’exclama :
- Eh ! Fred ! J’en reviens pas ! Viens voir !
Ce dernier se releva et vint se placer aux cotés de son frère.
- Je n’avais jamais vu sa… Sa famille… Continua George.
- Hum… Moi non plus…
La photo représentait les parents d’Anastasia, bien sur, avec leurs cinq enfants autour d’eux. La jeune femme et ses filles étaient très belles, vêtues de simples robes dont on ne pouvait dire la couleur, elles portaient de simples bijoux et le père et le fils portaient des costumes semblables. Fred reconnu tout de suite Anastasia, même si elle était la plus jeune des quatre filles ( Elle devait avoir sept ou huit ans ), même si elle était habillée et coiffée différemment ( C’était amusant de voir ses cheveux retenus sur les cotés avec des rubans ), même si elle n’avait pas les deux mèches blanches autour de son visage, que Raspoutine lui avait fait, en lui jetant un sort mortel. Tout portait à croire sur cette photo qu’elle était destinée à une vie magnifique avec une famille aimante et rien n’indiquait que quelques années plus tard presque tout le monde allait être assassiné.
George remit la photo où il l’avait trouvée et posa le livre sur la table.
- Des Runes ! J’ai toujours détesté ! Lança t’il, en jetant un coup d’œil aux parchemins.
Fred se remit à genoux et posa une main sur son épaule.
- Ann… Murmura t’il, en la remuant doucement.
Elle gémit et remua légèrement. Fred la secoua avec un peu plus d’insistance puis…
- NIET ! ALEXANDRE ! 1
Elle avait sursauté puis crié le nom de son frère, sans s’en rendre vraiment compte. A présent, elle était assise contre le dossier de sa chaise, tremblante, la respiration saccadée, les yeux humides. Fred et George, qui avaient tous les deux presque bondis, demandèrent, à l’unisson :
- Qu’est ce que tu as ?
La jeune fille regarda autour d’elle, réalisant subitement qu’elle n’était plus entrain de voir son frère mourir ni entrain de se faire assassiner. Elle se tourna vers Fred, qui la regardait avec inquiétude.
- Je… J’étais… J’ai… Bredouilla t’elle.
Elle regarda ses mains et fondit en larmes. Elle se laissa tomber de sa chaise pour se jeter au cou de Fred. Ce dernier l’enlaça de son bras droit et la serra contre lui. Il savait très bien de quoi elle avait rêvé. George s’agenouilla à coté d’eux et posa une main sur son épaule. Elle se raidit à ce contact mais se détendit dans la seconde qui suivit.
- Ça faisait longtemps que je n’avais plus fait ce rêve… C’est si affreux… Murmura Anastasia, puis elle ajouta, précipitamment, je m’apitoie sur mon sort mais… Et vous deux… C’était bien avec Ombrage votre retenue…
- Euh… Oui… répondit George.
- Elle vous a… Mon Dieu !
La jeune fille étouffa une exclamation en voyant l’état de leur main gauche. Surtout celle de Fred. A présent, elle était totalement éveillée. Elle farfouilla dans son sac et en sortit sa baguette magique. Elle dit :
- J’ai fait la même chose à Harry, je ne peux pas guérir la blessure mais je peux atténuer la douleur et empêcher le sang de couler…
Elle se tourna vers Fred et lança :
- Tu me fais penser à mon frère, avec ta main…
- Pourquoi ? Demanda t’il, en pensant au jeune garçon de la photo.
- Il était hémophile… Tu saignes presque autant que lui…
Fred ne répondit rien et se laissa faire. Quelques instants après, il ne sentait plus les brûlures de la plaie. George subit le même traitement et juste pour la faire marcher un peu, il retira sa main au dernier moment puis demanda :
- On ne sent rien ?
- Non, on ne sent rien, répliqua calmement Anastasia, mais si tu as peur de ma baguette magique, je peux toujours te soigner façon Moldue… Mais alors la ce sera plus douloureux.
- Non, sans façon…
Fred ricana et la jeune fille laissa un sourire se dessiner sur ses lèvres. Quand elle eut rangé sa baguette magique, Fred lui murmura à l’oreille :
- Je t’avais dit de ne pas nous attendre.
- Je sais, répondit elle, simplement, mais j’étais… inquiète…
- Tu t’inquiètes trop, Ann, lança George, en lui déposant un baiser sur le front, bon, je vous laisse, bonne nuit.
- Bonne nuit, dirent Fred et Anastasia, en cœur.
Cette dernière se redressa, alors que George disparaissait dans les escaliers menant aux dortoirs. Elle replia rapidement ses affaires, ce qui ne prit guère de temps, qu’en on voyait la quantité de livres et de parchemins étalés. Elle se détourna pour faire face à Fred. Ils s’embrassèrent puis partirent chacun dans leurs dortoirs respectifs.
Le lendemain matin, aucun incident notoire se produisit. Tout s’annonçait comme une journée parfaitement ordinaire. Ce fut seulement à l’heure du déjeuner que les élèves eurent de l’animation. Certains sortaient des cours, d’autres étaient déjà dans la Grande Salle ou d’autres encore venaient du parc.
- Dorénavant Dolorès, j’aimerais que vous me préveniez, avant de punir des élèves de ma maison !
Tous les élèves présents dans la hall d’entré et les alentours se retournèrent et s’approchèrent du grand escalier.
- Je ne tolère pas les insolents durant mes cours !
Il y eut quelques exclamation de la part de l’auditoire, essentiellement composé d’élèves, dont Harry, Ron, Hermione, Anastasia et les jumeaux Weasley. Le professeur McGonagall et le professeur Ombrage se livraient une joute verbale en plein milieu du grand escalier, dans le hall d’entré, à coté de la Grande Salle.
- Moi non plus, je ne tolère pas les insolents, répliqua la professeur de Métamorphose, ce sont seulement vos méthodes moyenâgeuses qui me déplaisent au plus haut point !
- Ces élèves étaient dans ma classe, j’ai le droit de choisir de quelle manière les punir ! Ce n’est pas la peine d’avertir quiconque ! S’exclama Ombrage.
Elle monta une marche de l’escalier, si bien qu’à présent, elle faisait la taille du professeur McGonagall. Cette dernière lança, en montant d’une marche, elle aussi :
- Pas du tout, Dolorès ! Vous devez toujours en référer au directeur de la maison… Mais peut-être n’avez vous pas écouté le professeur Dumbledore !
Ombrage se renfrogna. Elle s’exclama alors d’une voix forte, en se tournant vers la foule d’élèves :
- Ceci est un ordre du Ministère de la Magie ! Il faut que cela change et il en est plus que temps !
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