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Harry Potter



Mésalliances   Auteur: feylie Vue: 10024
[Publiée le: 2005-04-11]    [Mise à Jour: 2007-08-15]
13+ Général/Romance/Action-AventureCommentaires: 189
Description:
Faire un résumé ? Ca va être dur pour cette fic... Bon, on peut déjà dire que c'est du DMHG. Ensuite, que l'histoire ne se passe pas à Poudlard. Nous sommes au 14 e siècles et l'Angleterre et la France vont bientôt se trouver aux portes de la guerre de cent ans.Mais, revisitons l'Histoire, voulez-vous bien. Imaginez que ceux qui tirent les ficelles ne soient pas les rois mais des sorciers ? Des sorciers dont le but est de détruire les moldus sans devoir passer par la magie ? A vous de lire, chers lecteurs ! J'ai peur que ça ne plaise pas mais bon... on verra ^_^
Crédits:
Les persos de Harry Potter ne sont pas à moi mais à l'illustre J.K.Rowling, que je salue au passage, lol. Ensuite, les persos d'Histoire ne sont pas fictifs mais on bel et bien existé sauf quelques persos que je vais inventer au fur et à mesure. Que c'est compliqué déjà, lol.

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Commenter: Entre obligations et intrigues

Entre obligations et intrigues

[8581 mots]
Publié le: 2005-04-17Format imprimable  
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Salut !!!!

 

En forme, chers lecteurs ? Je l'espère !

 

Pour commencer, mes "coucou" :

 

- Elialys : Ouh ! J'ai compris... je vais continuer cette fic avec sérieux sinon tu vas me tomber dessus avec une hache ! Et oui, la pauvre Hermione n'a pas dû faire la différence entre un démon et un ange... Drago un ange ? Et quoi encore ?! La boue dans son bled doit avoir quelques effets sur le cerveau... je vais aller voir, lol.

 

- Shiaru : Moi aussi, c'est mon Best couple ! Dommage que ça ne se fasse pas dans les bouquins.... je suis sur que ça se fera pas... Alors pour me consoler, je vais faire une fic qui donne envie à l'auteur de terminer son oeuvre sur un Drago/Hermione !

 

- Chouchou de la place clichy : mais c'est quoi ce pseudo ? T'ai plus mas soeur, Nissy ! Dégage ! Viens pas sur ce site !!! Et on peut savoir depuis quand tu me frappes ? Et je vois que ton côté narcissique est toujours aussi fort. Bon, les gens vont finir par croire qu'on est tous des Ayame dans la famille. Allez zou ! Retourne chez Elo et laisse-moi !

 

Et un coucou à mes soeurs de coeur du SHA :

 

- Shi-chan, tu sais que je ton avis compte plus que tout !!!!! Et c'est rassurant de savoir que je n'ai pas fait n'importe quoi. Oui, je connais Juliette Benzoni (et oui, je lis pas que des mangas, lol) et c'est un auteur qui sais bien mener romance et histoire dans un tempo harmonieux. Mais le fait, que ça te fasse penser aussi à Miyazaki.... alors, là ! je pleure ! Je ne vais pas abandonner cette fic et je vais la continuer rien que pour te faire plaisir et faire plaisir à Mando. Et si tu vois au fil des chapitres que je me trompe sur quoique se soit sur l'univers de HP, préviens-moi. Je tiens à respecter malgré tout cette oeuvre que tu places au dessus de tout au point de ne pas vouloir écrire dessus. Bisous.

 

- Soeurette a fait une infidélité à Onizuka en allant se blottir dans les bras de Drago ! Oulà ! Entre les 2 décolorés, le choix était dur. Mais c'est vrai que là, c'est une fic plus sérieuse et peut-être plue prenante. Et continue tes koms de trois pages, c'est toujours marrant de lire tes délires avec Koji. Et au passage, the power of scorpion... mon oeil ! J'ai intérêt à t'éloigner de ma soeur, sinon je vais avoir 2 scorpionnes survoltées. Bisous.

 

 

Pour cette semaine, vous allez en apprendre plus sur les persos qui vont évoluer au fil de la fic. Et je mêle toujours persos fictifs et persos historiques... saurez-vous distinguer qui va dans telle ou telle catégorie ? Lol. Allez, la leçon d'histoire commence !

 

Bonne lecture !!!!

 

xxxxxxxx

 

 

Chapitre 3 : Entre obligations et intrigues

 

 

 

Elle fut soulagée d'apercevoir, au loin, les briques blanches de la maison.

 

Pourquoi sa tante l'avait-elle envoyée  faire les courses alors qu'il ne manquait, à priori, rien dans les cuisines ? Elle se posait la question depuis son départ de la maison. Et malheureusement, elle ne recevrait sans doute pas de réponse, elle le savait. Et après le retard pris pour préparer le déjeuner avec la cuisinière, elle allait  encore recevoir des réprimandes.

 

Elle avait perdu du temps sur la  route à cause des fils Humphrey qui n'avait cessé de se moquer de son accoutrement. Ils avaient passé vingt bonnes minutes à se passer son panier avant qu'elle ne puisse le récupérer en donnant un coup bien placé entre les jambes du cadet qui avait fini à  genoux et en pleurs.

 

Bien fait pour cet idiot ! songea-t-elle. La prochaine fois, il saura qu'il ne faut pas m'énerver.

 

Hermione passa par la porte de derrière qui menait directement aux  cuisines.

 

« - Qu'est-ce que tu foutais, encore ? Je t'attendais, moi ! » s'écria la cuisinière en la menaçant de sa louche.

 

« -  Je suis désolée, répliqua Hermione en posant son panier sur la table. J'ai eu quelques ennuis sur la route. »

 

« - Ouais, c'est ça ! T'as sûrement fricoté avec le fils du boucher. Vivement que la patronne te trouve un mari pour calmer le feu que t'as aux fesses ! Si elle le fait pas vite, tu vas amener la honte sur cette maison ! Heureusement pour nous, je crois que la patronne t'a trouvé un prétendant. »

 

« - Quoi ?! » s'écria Hermione en lâchant subitement l'un des oeufs qu'elle tenait dans la main.

 

« - Mais qu'est-ce que tu fais, idiote ! cria la cuisinière en lui donnant une tape sur la tête. Je vais devoir rapporter ce que tu as fait à la  patronne ! »

 

« - Qu'avez-vous dit ? Ma tante a trouvé un prétendant... pour moi ? »

 

« - Ouais, je te dis. Elle a mis sa plus jolie robe pour accueillir le monsieur qui vient de Londres. Elle discute affaire dans le salon. Et même que ça à l'air de bien avancer parce que le monsieur a repris deux fois de notre vin. Ca prouve bien qu'il est à l'aise. Je crois que tu vas finir par être casée, ma jolie ! »

 

La cuisinière partie dans un éclat de rire. Hermione quant à elle ne riait pas. Son visage était aussi pâle que du linge blanc.

 

Qui était cet homme qui venait lui demander sa main ?

 

Curieuse, elle s'approcha de la porte du salon, et l'entrouvrit discrètement.

 

Elle aperçut un homme aux cheveux blond tissés de fils gris et aux  tempes grisonnantes. Il était tellement maigre que son garde-corps - un  manteau à capuchon et longues manches fendues - semblait l'engloutir complètement. Son chapeau de feutre était posé en face de sa tante parée pour l'événement dans une robe affreusement rose qui amplifiait ses formes pleines.

 

« - Mais ne vous inquiétez pas, le rassura Rosalie, ma nièce est une demoiselle adorable quoique timide mais c'est une qualité pour une jeune fille, n'est-ce pas ? Elle fera une épouse dévouée et aimante. »

 

« - Ce que désire mon maîtres est une femme soumise et qui ne soit  pas curieuse, rétorqua l'homme d'un ton bourru. »

 

« - Ma petite Hermione est exactement ce portrait. Elle est parfaite pour votre monsieur... Et si nous parlions argent ? »

 

L'homme fronça les sourcils. Qu'une femme en vienne directement  à discuter affaire, cela n'était pas dans les coutumes. Cela signifiait qu'elle usurpait le rôle de l'époux. A la place de son mari, il lui aurait infligé quelques coups bien placés afin qu'elle demeure à la place qui convenait à une épouse selon l'église. Elle était sûrement une de ces femmes du peuple qui, par un beau mariage, avait pu accéder au statut de bourgeoise.

 

« - Il se trouve que ses parents sont morts sans laisser un sou, expliqua Rosalie. Mon beau-frère était un mauvais administrateur. Il dilapidait sa fortune mais nous ne l'avons appris qu'à sa mort. Ma belle-soeur, en  mourut de chagrin. Et c'est ainsi qu'en bonne chrétienne que je suis, j'ai recueilli leur fille. Mais pour sa dot... J'ai une fille moi-même et... nos moyens sont tout de même limités, quoique  nous puisions dire. »

 

« - Je comprends... Mon maître n'a pas besoin de recevoir cette misérable dot. Il m'a confié une bourse qui doit servir à renouveler entièrement le trousseau de votre nièce. Une seconde bourse vous sera également remise à notre départ pour Londres. »

 

« - Oh, gloussa Rosalie. Je vois que votre monsieur est un homme généreux ! »

 

« - Vous avez un mois pour préparer les bagages de votre nièce. »

 

Hermione ouvrit brusquement la porte.

 

« - Vous n'avez pas le droit ! Vous n'avez pas le droit de me vendre ainsi ! »

 

Rosalie se leva promptement et fondit sur sa nièce qu'elle agrippa par les cheveux et qu'elle fit entrer dans la cuisine sous le regard indifférent de leur hôte qui n'avait que faire des cris d'une jeune fille.

 

Enfermées dans la cuisine, Rosalie gifla Hermione avec force.

 

« - Je ne veux plus t'entendre sinon ce sera le fouet, tu m'entends ?!  J'ai enfin trouvé un homme qui veut de toi et ça sans dot. Il nous offre en plus de faire ton trousseau et de nous rembourser ta charge. »

 

« - Ma charge ?! Vous vous êtes déjà payée en me volant mon héritage ! Et puis, si cet homme est aussi bien, pourquoi ne pas proposer Victoria ?! »

 

« - Parce que je sais que cet homme sera bon avec toi. Il est riche.  Même si tu ne comprends pas ma façon d'agir, je suis ta tante. Et je ne souhaite que ton bien. »

 

Hermione avait du mal à croire les paroles réconfortantes de sa terrible tante. Sa gentillesse était feinte. C'était une simple manoeuvre destinée à l'amadouer.

 

« - Je dois retourner voir le monsieur. Sors donc prendre l'air. »

 

Hermione était au bord des larmes. Elle regarda sa tante regagner le salon.

 

Que faire ?

 

La jeune fille sortit de la cuisine sous l'oeil railleur de la cuisinière.

 

Je ne veux pas de cet homme, songea-t-elle en se dirigeant vers  l'écurie. Mais que faire ? Fuir ? Je le voudrais mais une femme seule sur les routes anglaises... Je vais finir violée et tuée. Est-ce un sort plus enviable que celui d'être liée à un homme contre son gré ?

 

Hermione continuait sa marche lorsque deux bras la saisirent brusquement à la  taille et la soulevèrent. Elle émit un cri.

 

« - Doucement ma chère cousine, ce n'est que moi. »

 

« - Colin ! Relâche-moi, veux-tu ? »

 

« - Que me donneras-tu si j'accède à ta demande ? »

 

« - Pense plutôt à ce que je te ferai si tu ne laisses pas mes pieds regagner le sol ! »

 

« - Tu es toujours aussi dure envers moi, cousine. »

 

« - Cesse donc un peu tes jeux de gamins et je te considèrerai comme un  adulte ! »

 

Il la relâcha. Elle lui fit face. Elle vit alors une lueur étrange briller dans les prunelles bleues de son cousin.

 

« - Des jeux d'adulte, c'est bien cela que tu désires ? » demanda-t-il avec un sourire narquois sur les lèvres.

 

« - Que veux-tu dire par là ? »

 

« - Rien... Il paraît que tu vas bientôt nous quitter. »

 

« - Va-t-en ! » cria-t-elle en lui tournant la dos.

 

« - Ne souhaiterais-tu pas que je t'éclaire sur quelques points concernant ton futur mari ? »

 

« - C'est un homme riche qui vit à Londres ! rétorqua-t-elle en faisant volte-face. Tu vois, ce ne sera pas un avenir complètement désastreux car je n'aurai plus à travailler comme une esclave ! »

 

« - Certes… Mais tu t'épuiseras autrement. »

 

Elle le regarda avec un air interrogateur.

 

« - Ton homme est certainement riche mais je peux t'assurer que son goût pour les plaisirs du lit... Tu rougies ? se moqua-t-il. Ah, j'oubliais ! Ma cousine est encore une jeune pucelle ignorant tout des choses de l'amour. »

 

« - Je t'en pris, Colin ! » dit-elle.

 

Elle commença à s'éloigner, mais il lui saisit le bras.

 

« - Ce lord a épuisé trois femmes, toutes de ton âge, en à peine cinq ans. Les pauvres, le devoir conjugal n'a pas dû être de tout repos. »

 

Il la tira vers elle et l'enlaça.

 

« - Que fais-tu ? »

 

« - Je trouve vraiment dommage de sacrifier une vierge sur l'autel du mariage. Je refuse l'idée qu'un gros porc flétrisse la belle fleur que tu es. »

 

Il caressa sa joue.

 

« - Que dirais-tu de connaître la douceur d'un amant avant la brutalité d'un mari ? »

 

« - Nous sommes parents ! »

 

« - Tu n'es pas vraiment ma cousine... Mais il est vrai que certain trouverait cela déplacé. »

 

Il soupira.

 

« -Tu es vraiment une sorcière Hermione, reprit-il. J'aurais dû écouter ma mère. Me voilà devant toi prêt à commettre un péché condamné et puni par l'église. »

 

« - Colin, lâche-moi ! » dit-elle en détournant les yeux.

 

Il prit son menton entre ses doigts et le leva afin que ses yeux rencontre les siens.

 

« - Pas tant que tu ne m'auras pas donné ce que je désire depuis longtemps ! »

 

Hermione ferma le poing puis, guidée par une pulsion, elle frappa Colin au visage. Sous ce geste, elle recula, interdite.

 

Colin essuya, du dos de la main, le sang qui coulait de son nez.

 

« - J'espère que tu souffriras la nuit de tes noces ! cria-t-il avant de s'enfuir en direction de la maison. »

 

Le sable commençait à s'écouler lentement du sablier.

 

Dans un mois, elle serait conduite à Londres pour célébrer un mariage qu'elle ne voulait pas avec un homme qui allait la détruire le soir de ses noces.

 

Je suis maudite, se dit-elle en pleurant. Je n'aurai jamais droit au bonheur.

 

xxxxxxxxxxxxxxxxx

 

Il sortit du bureau du comte de Flandre avec un énorme poids sur le coeur.

 

La conversation avait été on ne peut plus clair. Et il devrait rapporter ces paroles au roi Edouard.

 

Il retrouva ses compagnons dans une taverne de la ville de Bruges. Il s'assit et commanda une bière au tavernier.

 

Une jeune femme, à la poitrine plus qu'avantageuse, lui ramena son pichet et en profita pour le reluquer. Un lord. Ce n'était pas tous les jours qu'ils recevaient des nobles de la cour anglaise. Mais après que son mari l'eut réprimandée, elle s'éloigna en prenant tout de même soin de balancer ses jupes.

 

« - Tu as une touche, mon cher Dominic. Vas-tu en faire ta maîtresse pour obtenir ce que ta chère femme refuse de te donner en ce moment ? » plaisanta son compagnon, un chevalier à la chevelure brune.

 

L'homme ne prit pas la peine de rire à cette boutade. Ce qui alarma ses deux compagnons. Lord Dominic Denfield était un bon vivant qui aimait rire de son malheur depuis la grossesse de son adorable épouse. Bel homme, il avait la chevelure châtaine des Denfield, ce qui le faisait ressembler à son neveu - fils de sa soeur - Andrew Kelsey. Il avait également leurs yeux marron qui sous le soleil viraient parfois à l'ambre.

 

« - Je devine que ton entretien avec le comte de Flandre a été plus que concluantes », nota le second chevalier aux cheveux mi-longs et blonds.

 

« - Les rumeurs sont bien fondées, admit Dominic. Notre homme est bien décidé à rallier la cause des français. »

 

Silence.

 

« - Je vais devoir en rendre compte à notre roi et... »

 

« - Les représailles contre la Flandre ne vont pas tarder », termina le brun en reposant brusquement son pichet sur la table.

 

« - Et ce n'est pas vraiment ce que tu souhaites, n'est-ce pas ? demanda le blond. Un tiers pourrait croire que tu désapprouves la façon de faire de notre roi. »

 

« - Je ne désapprouverai jamais notre roi. Et je défie quiconque osera prétendre le contraire ! »

 

« - Ce n'est pas ce que nous disions. »

 

« - J'ai été son plus fervent défenseur dans la coalition contre Roger Mortimer, reprit Dominic. Et depuis qu'il a pris les rênes du pouvoir à sa mère, je n'ai jamais failli à ma tâche. Mais, là... il se trouve que l'environnement du roi devient malsain. Je n'aime pas certains de ses conseillers.

 

« - Pourtant, notre roi est un excellent roi. Jamais l'aristocratie anglaise n'a paru autant satisfaite de son souverain. »

 

« - Parce qu'il agit en accord avec elle. Il propose aux courtisans des divertissements et des tournois où il démontre toute son adresse en bon chevalier qu'il est. Et pour s'attirer les bonnes grâces du baronnage, il les appâte en leur offrant quelques conflits avec l'Ecosse. Mais, il délaisse les petites gens. Nous savons tous que si une guerre devait se déclarer, ceux qui en payeraient les conséquences seraient les petites gens. J'aime notre roi mais je sais que certains de ses collaborateurs se ne soucient que très peu du peuple. Je crains que le roi ne soit pousser à prendre des décisions qui conduiraient le pays à sa ruine. »

 

« - Un conflit avec la Flandre », avança le brun qui venait de reprendre la parole après son silence.

 

« - Oui, ce serait un bon moyen d'entamer une guerre. Si nous attaquons la Flandre, la France se verra dans l'obligation de se rallier aux côtés du comte de Flandre. Et cela enclenchera les hostilités entre nos deux pays. »

 

« - Notre roi n'est pas dénué de discernement. Il ne souhaite que le bien de l'Angleterre et non son malheur. Je ne pense pas que le roi attaquera le peuple flamand. Un simple avertissement sera sans doute dissuasif pour le comte de Flandre. »

 

« - J'espère que tu as raison. »

 

Mais les doutes l'assaillaient toujours autant. De mauvais conseillers pouvaient entraîner un souverain à commettre des fautes énormes et à se mettre le peuple à dos. La reine Isabelle n'avait-elle pas été déchue par les mauvais conseils de Roger Mortimer ?

 

Roger Mortimer, comte de la Marche, avait été l'amant de la reine Isabelle de France, mère de Edouard III. Sous l'influence de cet homme, la reine avait comploté pour faire abdiquer son mari le roi Edouard II. Après des complots fomentés depuis Paris, elle débarqua un beau matin de janvier 1327, sur les cotes anglaises et réussit à faire abdiquer son mari et du même coup à l'assassiner.

 

Beaucoup crurent que le fils Edouard, alors âgé de quinze ans, obtiendrait la couronne. Ce fut le cas mais en vérité l'autorité royale resta entre les mains de la reine Isabelle et ceux de son amant le cruel Roger Mortimer qui n'eut de cesse de dévoiler ses nombreux défauts aux peuples. Vrai dictateur, il fit régner la terreur attisant par la même l'hostilité des partisans du jeune roi Edouard. Une coalition fut formée, avec à sa tête le jeune souverain, pour écarter ce Roger du pouvoir. Finalement, ce ne fut qu'après trois ans de fausse régence, que le roi Edouard récupéra l'effectivité de sa couronne. Une nuit d'octobre 1330, Roger Mortimer fut arrêté et sa mère Isabelle évincée du pouvoir.

 

L'exécution de Roger Mortimer avait été un soulagement pour les anglais, mais surtout un moment bien étrange.

 

Il avait assisté à cette exécution et les paroles de Roger lui restaient encore gravées dans la mémoire.

 

Il pleuvait ce jour là et le bourreau se tenait à la gauche du pilori comme à son habitude. Les gens s'étaient tassés devant la place où se tenait l'exécution, pressés de voir un être aussi brutal payer pour ses crimes.

 

Si ce jour-là, la foule de badauds s'attendait à voir un homme pendu, il ne s'attendait pas en revanche à voir un serpent passer tranquillement devant le pilori. Le diable ! avait aussitôt hurlé les gens,  peu habitués à voir un tel reptile en cette saison et dans cette partie de Londres.

 

Le serpent s'était tenu devant Roger puis l'avait fixé intensément. Alors l'homme avait rit puis déclaré d'une voix railleuse : "Vous mourez tous, moldus ! Vous mourez tous par la volonté de Lord Voldemort !!! Profitez bien de cette exécution car bientôt se seront vos corps qui pendront devant notre maître. Mon maître ! Car Mangemort, j'étais, Mangemort je resterai !"

 

Il avait continué à rire et à clamer le nom de Voldemort puis le bourreau avait actionné le mécanisme du pilori, enclenchant la mort de Roger Mortimer.

 

Mais les gens étaient restés pétrifiés non pas devant son exécution mais par la folie qui avait emporté Roger avant sa mort. Il allait subir les flammes de l'enfer, cela ne faisait aucun doute. Car pour tous les témoins présents, ce jour-là, Roger avait fait un pacte avec le diable lui-même, et le serpent était venu récupérer son âme. La preuve, la bête avait disparu lorsque le dernier souffle avait quitté le corps de Roger.

 

- Lord Voldemort... Qui est-ce ? murmura Dominic.

 

- Que dis-tu ?

 

- Rien.

 

Moldu et Mangemort, songea-t-il. J'ai déjà entendu ces mots quelque part... Et si quelqu'un peut m'aider à en trouver la signification, c'est bien ce satané vieux grincheux de Rusard, celui qui semble toujours parler aux fantômes.

 

Il se souvenait que le vieil Argus Rusard et sa chatte Miss teigne vivaient en reclus, depuis qu'il avait quitté le service des Denfield, dans une vieille bâtisse au milieu de la campagne anglaise où il passait pour l'illuminé du village.

 

- Je vous rejoindrai à Windsor, déclara Dominic. Pendant ce temps, tentez d'en apprendre plus sur l'entourage du comte, et écoutez ce qui se passe du côté du peuple.

 

Il se leva.

 

- Où vas-tu ?

 

- Voir un vieil ami, si l'on puit dire, de notre famille.

 

- Voilà une minute tu craignais pour le peuple et maintenant tu décides d'aller rendre visite à un ami. La situation aurait-elle changé durant ces dernières secondes ? ironisa le brun.

 

- Si vous arrivez avant moi chez notre roi, dites-lui que je n'ai pas encore pu parler au comte.

 

- Mentir au roi !

 

- Je vous en prie. Je tiens à parler moi-même de cette affaire à notre souverain. Avec un peu de chance, nous éviterons un conflit.

 

Ils soupirèrent.

 

- Entendu mais ne t'attarde pas. Tu sais que le roi n'est pas patient.

 

- Tout comme tout bon roi qui se respecte.

 

Lord Dominic Denfield jeta une pièce sur la table, salua ses amis avant de sortir de la taverne.

 

Il monta sur son cheval et partit au galop.

 

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« Nous devons nous unir et combattre contre ces rois qui nous asservissent et nous condamnent au silence. Parce que notre parole représente une menace, nous sommes obligés de nous terrer comme des criminels. Il est temps de renégocier notre avenir ! Il est temps que le peuple regarde enfin ces tyrans droit dans les yeux et qu'il leur adresse un « non » catégorique et explicite ! Disons au comte de Flandre que nous voulons reprendre les rênes de nos vies ! »

 

L'homme aux prunelles noires captivait son auditoire depuis son entrée sur la scène. Il possédait un charisme que nul n'oserait lui contester. Il émanait de lui une certitude, une force, un espoir et une folie qui captivaient ses partisans. Seul au milieu de l'estrade, il réussissait à attirer l'attention de l'assemblée par son discours éloquent et révolutionnaire. Du jour au lendemain, il était parvenu à se faire respecter par les classes moyennes et pauvres qui assistaient impuissantes à la dégradation de leurs conditions de vie au fur et à mesure que le pouvoir des seigneurs s'entérinait.

 

« Soulevons-nous ! Osons enfin leur dire que nous voulons la paix et non la guerre ! Refusons de leur servir de pions dans le jeu qu'ils s'apprêtent à jouer simplement pour des questions de féodalité et de dynastie ! Nous n'avons que faire de savoir à qui échouera réellement la couronne de France ! Ce que nous voulons, c'est continuer à vivre en paix avec nos enfants ! » s'époumona-t-il.

 

La foule exaltée accompagna ces dernières paroles par de vives acclamations. Elle ne cessait de scander le nom de son sauveur. Celui qui en lui accordant une oreille attentive, avait compris sa douleur et s'était aussitôt dressé comme étant son messie. Par la pureté de son discours, il parviendrait à purifier les âmes les plus noires qui composaient le pouvoir actuel. Il serait le fondateur de ce monde idéal rêvé par tous. Les clefs du paradis terrestre se trouvaient entre ses mains et dès qu'il se hisserait au sommet, il leur ouvrirait enfin les portes.

 

Adossé contre un mur, au fond de la salle, Harry regardait d'un oeil critique la foule de gens.

 

En vérité, les témoignages d'affections et les regards pleins d'espoirs de cette assemblée agaçaient le Survivant. Les hommes se bornaient toujours à suivre stupidement un meneur auquel il confiait leur destin et celui d'innocentes victimes. L'auditoire élevait cet homme au rang de libérateur − une sorte de guide chargé de sortir de l'ombre les malheureux et de porter leur espoir vers le dieu soleil − alors qu'il ne savait strictement rien de lui, à part ce qu'il voulait bien leur dire.

 

Malgré tout, il comprenait ces gens.  Il en avait assez de voir une catégorie de personne écartée de toute décision politique. Il en avait assez de constater la difficulté qu'avaient les classes inférieures à se hisser parmi les rangs supérieurs. Il se demandait chaque matin, en voyant ces visages et ces corps marqués par les rudes travaux effectués pour les seigneurs, comment l'écart entre les hommes avait pu s'élargir autant.

 

"Attention !! Les hommes du comte !!!!"

 

Un mouvement de panique s'empara des gens qui sortirent de la taverne et s'éparpillèrent.

 

Les deux jeunes hommes, au fond de la salle, se fondirent alors dans le décor sans que personne ne sache comment. La foule était bien trop affolée pour remarquer ce fait qui l'aurait fait crier au diable.

 

Dissimulés sous une cape d'invisibilité, ils quittèrent la taverne des moldus pour se diriger vers le Chaudron Flamand, endroit bien connu des sorciers de Flandre.

 

« - Crois-tu que nous mêler des histoires moldus soient une bonne chose ? » demanda le roux en sortant de sous la cape.

 

« - Nous n'avons que cette solution, et tu le sais », répondit le brun à lunette (NdA : à cette époque, ce n'était pas nos lunettes si pratiques et esthétique, mais nous allons dire, malgré l'anachronisme que notre Harry porte ses légendaires lunettes rondes).

 

« - Oui, mais nous allons bientôt faire partie du ministère de la magie. Si certains apprennent que nous voulons aider les moldus... »

 

« - Ecoute Ron, tu sais tout comme moi que Voldemort ne jouera jamais franc jeu. Il se tient tranquille pour le moment dans le monde des sorciers, mais nous savons tous qu'il s'emploie à détruire le monde des moldus avec d'autres moyens que la magie. Je refuse de le laisser faire ! Je veux éviter à d'autres enfants de se retrouver orphelins... Cette terre en abrite suffisamment sans que Voldemort en rajoute davantage en provoquant une guerre chez les moldus. Et puis, je sais que j'ai le soutien de Dumbledore même s'il ne le dit pas clairement. »

 

« - Penses-tu réellement que cet homme, Jacob van Artevelde, soit du côté de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononçer-le-nom ? »

 

« - Je ne sais pas, mais as-tu vu la manière dont ces gens ont bu ses paroles ? Il est très charismatique et doué pour l'éloquence. Il serait parfait pour insuffler les mauvaise paroles comme le souhaite Voldemort. »

 

« - Oui, mais pour le moment, il ne fait qu'aider les flamands à refuser la décision de leur comte. Je ne pense pas qu'il souhaite un conflit. »

 

« - Attendons, Ron. Rien ne nous dit qu'il ne cherche pas en vérité à les pousser à la guerre civile. La seule chose à faire est de garder un oeil sur ce Jacob van Artevelde. »

 

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Mais quel ennui ce dîner, pensa-t-il en soupirant.

 

Drago passa en revue les personnes attablées autour de la longue table. A la place d'honneur, au bout de la table, se tenait Lucius Malefoy et à l'extrémité se tenait Narcissa Malefoy. Et chacun avait à sa droite un représentant de la famille Parkinson. Les femmes d'un côté et les hommes de l'autre. Et lui, il se trouvait  entre eux à côté d'une sangsue qu'il tentait d'éloigner sans succès. D'ailleurs, une main se reposa sur sa cuisse.

 

Il tourna la tête pour voir Pansy Parkinson lui faire les yeux doux.

 

Par Merlin, qu'est-ce qu'elle s'imagine ? Que je vais la conduire dans mes appartements et lui sauter dessus ?

 

Il saisit sa main sous la table pour l'éloigner de sa jambe. Durant quelque instant, elle se tient tranquille mais recommença son manège cinq minutes plus tard.

 

Il allait une fois de plus ôter la main baladeuse lorsque la conversation entre son père et celui de Pansy l'interpella.

 

« - Je suis certain que votre fille sera une bru parfaite. »

 

« - Je pense également que votre fils Drago fera un excellent gendre. »

 

Drago se gratta la tête.

 

Depuis quand avait-il décidé d'épouser Pansy ? Il avait beau se creuser la cervelle, il était certain de ne pas avoir donner son accord pour cette sordide alliance.

 

« - Père ! Depuis quand dois-je... »

 

« - Tais-toi, Drago ! Nous sommes à table en présence d'invités. Si tu tiens à discuter avec moi, attend donc la fin du repas. Nous le ferons en privé. »

 

« - Mais, père ! » s'écria Drago en se levant.

 

« - Drago, rassis-toi ! »

 

« - Vous ne pouvez pas m'obliger à accepter une union que je ne tolère pas ! »

 

« - Que tu ne tolères pas ?! répéta-t-il à deux doigts d'exploser. Ai-je bien entendu ? »

 

Drago vit les yeux de son père se glacer et prendre un air menaçant. Il déglutit. Il était aller trop loin en s'opposant au grand Lucius devant témoins. Mais il ne pouvait tout de même pas accepter d'épouser Pansy alors qu'elle le répugnait.

 

Il se rassit en prononçant un faible "excusez-moi, père", puis il baissa ses yeux gris sur son assiette.

 

Il imaginait déjà la punition que lui infligerait son père pour cet outrage. Il y était habitué depuis le temps, mais savoir que la jeune fille qui était à ses côtés allait bientôt devenir sa femme lui donnait encore plus la nausée que les sortilèges impardonnables de son père.

 

Pourtant son père ne lui avait-il pas fait la promesse de ne pas lui imposer d'épouse s'il lui promettait en retour de rejoindre les rangs des mangemorts après l'arrivée de son premier fils né ? Il lui avait promis de respecter son choix du moment qu'il épousait une sorcière en temps et en heure. Mais Lucius avait une fois de plus craché sur sa parole et cela sans vergogne.

 

Une colère immense s'empara de lui, mais comme toujours Drago la garda en lui.

 

A chaque fois.

 

Depuis toujours.

 

Garder cette colère en soi sans jamais la laisser exploser.

 

Il allait devenir fou un jour ou l'autre.

 

Le reste du repas se termina sans autres anicroches.

 

Les elfes de maison débarrassèrent la table. Les hôtes ainsi que leurs invités se retrouvèrent dans la grande salle qui servait de salon. Une pièce haute et froide de part les couleurs des tapisseries qui ornaient les murs. Des tapisseries vertes et grises où l'on distinguait des serpents cousus d'argent.

 

Drago ne tenait pas à assister aux préparatifs de son futur mariage. Il prit congé des quatre adultes et sortit de la pièce. Il s'apprêtait à monter les escaliers froids en direction de la tour, où se trouvaient ses appartements, lorsque des bras s'entourèrent autour de sa taille.

 

« - Pansy, lâche-moi ! »

 

« - Voyons Dragounet, ne joue pas les timides. »

 

« - Comment m'as-tu appelé ? »

 

« - Dragounet ? Pourquoi ? »

 

« - J'ai horreur des surnoms ! »

 

« - Mais nous serons bientôt mari et femme. Il faut bien que nous soyons intimes. »

 

Il la plaqua brusquement contre le mur de pierre.

 

Elle, sa future femme ? Il faisait un cauchemar !

 

Celle qu'il épouserait devrait être aussi rusée que lui, mais également posséder les qualités des sorciers de Gryffondor, ceux qu'il haïssait par dessus tout et en particulier Saint Potter et son animal de compagnie la Belette Weasley. Il avait peut-être du mal à se l'avouer mais il voulait une femme courageuse qui ne craindrait pas de le défier du regard, qui oserait affronter les plus téméraires juste pour une cause qu'elle croyait juste. Il voulait une femme digne qui puisse rendre ses enfants fiers d'être des Malefoy. Et Pansy Parkinson était tout sauf cela.

 

Physiquement, elle ne lui plaisait pas. Il n'aimait pas son visage et surtout en ce moment. Sa longue natte entrelacée d'un fil argenté ne lui allait pas car elle tirait ses cheveux en arrière, faisant davantage ressortir son front et découvrir son visage dépourvu d'attrait. De plus, elle avait une attitude qui ne convenait pas à une Dame.

 

Pour venir se présenter, la fiancée n'avait pas hésité sur sa toilette, luxueuse mais surtout très près du corps. Son décolleté offrait une vue qu'il ne seyait pas à une pucelle, mais plutôt à une catin. Et dire qu'il allait épouser une femme qui osait mettre une telle tenue avant son mariage. Elle avait l'air d'une traînée dans sa robe pourpre bordée de fil d'or.

 

Pris d'une rage subite, il l'embrassa. Il ne fut pas étonné lorsqu'elle se colla à lui et qu'elle prit part au baiser avec une avidité presque bestiale.

 

Il glissa ses mains sous sa robe puis sous son jupon. Ce qui provoqua chez la jeune fille des gémissements. Il quitta alors sa bouche pour s'attarder sur sa nuque puis sur la naissance de ses seins.

 

Et toujours ses gémissements qui lui gâchaient tout plaisir.

 

C'était plus qu'il ne pouvait en supporter.

 

Il s'écarta vivement d'elle. Ce qui lui valut une plainte de Pansy.

 

« - Si tu crois que je vais épouser une femme qui, à peine marier, se donne à un homme dans les escaliers, tu rêves ! »

 

« - Pourtant, c'est ce que tu vas faire, Drago. Crois-tu que ton père te laissera prendre une femme qu'il n'aura pas choisie ? Cesse donc de te voiler la face, mon coeur. Tu m'épouseras ! Il en sera ainsi parce que ton père l'a décidé ! Tu devras honorer ma couche comme tout bon mari se doit de le faire, et j'y prendrai grand plaisir. »

 

Drago osa à peine croire ce qu'il entendait. Où avait-elle été éduquée ? Il n'avait encore jamais entendu une jeune pucelle - supposée ignorer les devoirs du mariage - se vanter d'aimer les assauts de son mari. Qu'elles soient sorcières ou moldus, les jeunes filles étaient toutes les mêmes devant l'idée de devoir partager leur couche avec un homme. Elles étaient toujours terrorisées et pleuraient avant les noces. Mais Pansy Parkinson, non ! Elle parlait de l'amour comme seule une catin savait le faire. Il se demanda alors si la demoiselle n'avait pas déjà cédé sa virginité à un autre. Ce qui ne l'étonnerait pas.

 

« - Même si je devais d'épouser, Pansy, je jure par tout ce qui est de plus sacré sur cette terre que je ne coucherai jamais avec toi ! »

 

« - Il le faudra bien pourtant... ne serait-ce que pour donner à Lucius, ce petit-fils qu'il attend, ce petit-fils dont il pourra se sentir fier. »

 

Les dents serrées, Drago la gifla violemment.

 

« - Ferme-là ! Tu m'entends ? Ferme-là et disparaît de ma vue avant que je ne te défigure ! Et crois-moi même la magie ne pourra rien pour te redonner figure humaine ! »

 

« - Fais-toi une raison, Drago, dit-elle en passant sa langue sur sa lèvre d'où perlait une goutte de sang. Nos épousailles sont proches. Si tu tiens à rentrer dans les bonnes grâces de ton père, tu devrais faire ce qu'il te demande. »

 

Puis, elle s'éloigna en riant.

 

Il cracha par terre et se frotta les lèvres.

 

Et dire que je vais devoir coucher avec elle...

 

Il monta deux à deux les marches qui menaient à sa chambre. Lorsqu'il ouvrit la porte, il se laissa tomber sur son lit.

 

Que faire ? Accéder au souhait de son père pour lui prouver qu'il était un vrai Malefoy et un Serpentard digne de devenir Mangemort ?

 

Si seulement, il pouvait trouver une solution. Il pouvait épouser la première venue mais il savait que cela ne lui irait pas... Quoique toutes autres femmes auraient fait l'affaire face à Pansy. Mais quelque chose le retenait... Il n'était jamais tombé amoureux. Il aurait tant voulu trouver sa moitié, celle qui parviendrait à comprendre ce qu'il gardait au fond de lui sans qu'il n'ait à parler, celle qui saurait l'écouter sans le juger et le croire sans qu'il n'ait à promettre.

 

Il n'existe aucune solution, Drago, pensa-t-il amer. Fais ce que te dit Lucius, comme un bon garçon que tu es. Et ensuite, fais-lui un enfant à cette Pansy et tu pourras ensuite l'enfermer pour de bon dans la plus haute tour du manoir.

 

Il n'avait jamais eu le moindre bonheur dans sa vie. Quand sa mère avait voulu lui en donner, Lucius avait tôt fait de le lui ôter par la suite. Il avait grandi entre haine, méchanceté et crainte d'un père. L'amour il ignorait ce que cela était réellement. Il n'en connaissait même pas la signification. La tendresse il n'en connaissait même pas la douceur. Et l'amitié il n'en connaissait même pas la folie.

 

Il avait été toujours seul.

 

Il avait grandi dans une tour froide et sans splendeur malgré le luxe.

 

Enfant, il lui arrivait de s'enfuir des terres des Serpentard pour celle des Gryffondor et là... Là, il voyait ses deux ennemis de toujours, Harry Potter et Ron Weasley. Il les voyait rire, s'amuser, et profiter de la chaleur d'un foyer. Et même si Harry, le Survivant, avait perdu ses parents dans leurs confrontations avec Voldemort, il y a dix-sept de cela, il vivait avec son parrain Sirius Black dans une maison bourgeoise. Et la joie qui s'en échappait était révélatrice des liens qui les unissaient.

 

Pourquoi Potter et Weasley étaient-ils plus heureux que lui ? Qu'avaient-ils que lui ne possédait pas ?

 

Il était pourtant riche, il avait ses deux parents et était fils unique, un rêve ! Et pourtant... Il avait été le plus malheureux des enfants, et resterait sans doute le plus malheureux des hommes. Un père ancien mangemort qui avait la main lourde à ses heures. Une mère qui craignait de lui donner de l'affection pour ne pas déplaire à son époux. Des amis inexistants et une maison qui faisait office de prison. Triste vie que celle de Drago Malefoy.

 

Il étouffait dans ce manoir. Il étouffait dans sa condition d'héritier.

 

On lui aurait rit au nez s'il avait avouer cela... mais c'était pourtant la vérité. Il aurait voulu espérer pour l'avenir mais impossible. L'espoir... quel espoir ? Les jours se ressemblaient. Le coeur toujours aussi lourd. Jamais que les ténèbres... il n'osait pas imaginer la couleur de la lumière.

 

Comment ne pas baisser les bras ? Si seulement il pouvait trouver la personne pour qui il serait prêt à tout braver, une personne capable de l'aider à pousser cette porte qui lui cachait la lumière.

 

Il y avait eu cette petite fille pour qui il avait ressenti une certaine tendresse. Cette petite fille si apeurée, cet être fragile qu'on avait poussé dans la vie sans l'avertir. Il avait ressenti sa peine... Il avait cru voir un espoir dans ses yeux. Elle avait cru en lui. Elle lu avait ouvert donner un peu de sa chaleur... Et il voulait retrouver cette sensation. Ce bien-être malgré la tempête.

 

Qu'était-elle devenue aujourd'hui ? Sûrement mariée puisqu'elle aurait l'âge de convoler en justes noces ?

 

Mais on s'est en quelque sorte promis de se retrouver, se dit-il avec un espoir.

 

Soudain, la porte de sa chambre s'ouvrit avec fracas. Il sursauta et se releva en voyant son père sur le pas de la porte.

 

« - Les Parkinson viennent de partir. Leur fille s'est plainte de toi. Tu te serais montré trop... entreprenant avec elle. »

 

« - Moi, entreprenant avec Pansy ? » s'étonna Drago qui hésitait entre hurler de rire et retrouver la jeune fille pour lui infliger une correction dont elle se souviendrait.

 

« - Cela ne me regarde en rien, reprit Lucius. Mais si tu la déflores, tu devras obligatoirement l'épouser. »

 

« - Alors, c'était donc ça son manège ! Me sauter dessus et... »

 

Lucius venait de pointer sa baguette sous le nez de Drago.

 

« - Une demoiselle comme Pansy Parkinson n'est pas une catin, Drago. Alors, surveille ton langage, veux-tu ? Je me suis excusé devant son père mais sois certain que désormais le contrat de mariage et signé. »

 

« - Vous avez fait en sorte de me l'envoyer dans les bras, hein ? osa-t-il avancer malgré la menace de l'endoloris. Vous pensiez que je la prendrais sur le champ comme le ferait un animal en rut, n'est-ce pas ? Mais désolé, père, je ne suis pas aussi idiot que vous ne le pensez ! Vous m'avez promis que vous me laisseriez choisir ma femme ! »

 

« - Tu ne l'as toujours pas trouvé ! »

 

« - Ce n'est pas étonnant ! J'ai l'impression que toutes les filles de Serpentard me fuient. Dites-le que vous avez fait en sorte que je ne puisse trouver personne d'autre que Pansy Parkinson ! »

 

« - Ecoute Drago, je ne vais pas m'éterniser sur ce point. Je te laisse une semaine pour trouver une sorcière honorable, passé ce délai tu n'auras plus le choix. »

 

« - Entendu. »

 

« - Bien. Je voudrais que tu te rendes chez les moldus, dès ce soir. »

 

« - Quoi ?! Mais... ! »

 

« - C'est une mission que je te donne ! »

 

« - Combien de temps devrais-je rester là-bas ? »

 

« - Le temps que durera la mission que je te confierai. »

 

« - Comment voulez-vous que je mette sérieusement à la recherche d'une épouse si vous m'envoyer chez les moldus ?! Allez-vous me laisser le délai à mon retour ? »

 

« - Non, ce délai commence dès maintenant. »

 

« - Mais comment parviendrais-je à trouver une sorcière chez les moldus ! Vous n'avez pas le droit de faire cela, père !!!! »

 

« - Fais tes bagages, dit-il sur un ton qui ne tolérait aucun refus, et rejoint-moi ensuite dans mon bureau, je te dirai ce que j'attends de toi. »

 

La porte se referma sur Lucius.

 

Rageusement, Drago prit sa baguette de la poche de sa robe de sorcier négligemment posé sur son lit.

 

« - Failamalle ! »

 

Et tandis que ses affaires se rangeaient seules dans son sac de voyage, Drago s'assit de l'autre côté de son lit. Soupirant, il passa une main sur son visage.

 

Cette fois-ci, il devait se rendre à l'évidence. Lucius n'avait jamais eu l'intention de tenir sa promesse. Pour lui, l'alliance avec les Parkinson était évidente, et Drago n'avait pas son mot à dire dans cette histoire.

 

Il aurait tout donné pour détruire les prétentions de son père. Il n'allait pas se laisser mener de cette manière sans se rebeller. Il allait reprendre sa vie en main et ce voyage était un bon moyen de réfléchir loin de Lucius.

 

Il se leva, quitta sa chambre et se rendit à grand pas vers l'aile droite du manoir où était le bureau de son père.

 

Il frappa à la porte. Une voix lui répondit d'entrer, ce qu'il fit.

 

Le bureau de Lucius était sans doute la pièce la plus sombre du manoir. Une fine fenêtre laissait filtrer un filet de lumière, les bougies s'occupaient d'éclairer complètement la pièce meublée d'un secrétaire, des chaises, une bibliothèque contenant des livres de magies noires et des fioles les plus étranges les une que les autres dont les ombres dansaient sur les tapisseries du mur d'un vert sombre.

 

Sous l'ordre de son père, Drago s'assit en face de son père qui scellait un parchemin.

 

« - Je voudrais que tu ailles à Windsor », dit-il.

 

« - Pourquoi cette requête, père ? Vous m'avez toujours interdit de me mêler aux moldus et aujourd'hui vous m'ordonnez de me rendre parmi eux. Pourquoi ? »

 

« - Drago, tu es assez grand désormais pour comprendre ce que je vais te dire. Nous sommes des sorciers et il est vrai que nous n'avons rien à gagner à nous mêler aux moldus. Toutefois, il est parfois nécessaire de taire ses répugnances