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Harry Potter



From 1975 to 1995   Auteur: Aredhel_Mustang Vue: 296
[Publiée le: 2008-03-15]    [Mise à Jour: 2008-09-01]
13+ Mystère/Humour/SuspenseCommentaires: 15
Description:
Ils s'appellent Maïa Moroz et Jake Stanfield, vivent respectivement en 1975 et 1995, ne se connaissent pas, n'ont pas de lien et évoluent dans des périodes sombres. Deux simples pions qui observent l'Histoire de l'Angleterre magique...
Qui sont-ils ? Pourquoi sont-ils ici ? Pourquoi LEURS histoires ? Pourquoi tout ce sang, ce secret et cette tension dans leur deux époques ? Trop de questions qui devront être éludées...
Crédits:
Maïa et Jake sont à moi; j'ai également créé Emma, Asphodèle et le petit frère de Maïa, Matt et la famille Stanfield. Le reste, tout l'univers de Harry Potter, est à J.K. Rowling.

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Commenter: Chapitre 2 : Partie I

Chapitre 2 : Partie I

[2393 mots]
Publié le: 2008-05-02
Mis à Jour: 2008-07-25
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CHAPITRE DEUX, PREMIÈRE PARTIE.

1975.

Maïa.

 

 

 

Le mois de novembre est arrivé doucement, drapé de neige épaisse et de vents mordants. Les matches de Quidditch ont été extrêmement durs et Serpentard et Poufsouffle ont vraiment été aux coudes à coudes. Bien entendu, aucun Gryffondor et moi la première ne reconnaîtra que Serpentard méritait sa victoire, mais c'est ainsi, ils ont ce mérite.

 

Lily est née le seize novembre.

Les Maraudeurs, quelques amis proches, Asphodèle et moi lui avons organisé une petite surprise. Depuis le début du mois, nous nous voyions pendant les tours de surveillance de Lily pour lui préparer une petite fête avec tout ce qui va avec. Les Maraudeurs ont été chargé de trouver une salle et de la vider pour le moment venu; Asphodèle et moi avions toute la nourriture salée et les boissons à trouver (nous avions mis un peu d'argent en commun et nous ne devions pas dépasser la somme allouée); Ambrosius Flume (l'un de ses amis du Club de Slug, fils du patron de la confiserie Honeydukes) nous a fourni une quantité extraordinaire de bonbons et sucreries en tout genre; pour finir, Barnabas Cuffe, déjà célèbre pour ses colonnes particulièrement acides et justes dans La Gazette du sorcier, membre lui aussi du Club de Slug, a fait passer la nouvelle chez les Gryffondor et amis de Lily avec une discrétion et une adresse à ce que Lily reste dans l'ignorance de notre projet que seul un journaliste des plus brillant pouvait rassembler.

 

Le jour J, nous étions une petite quarantaine dans la Salle sur Demande. Nous avions rassemblé la plupart des Gryffondor, des amis plus ou moins proches, le club de Slug (du moins, sa partie la moins détestable) et imaginé une salle des plus gaies : des grands buffets dans la longueur, quantité de cotillons et autres conneries, des Bièraubeurres et alcools plus forts, les plats cuisinés ou achetés par Asphy et moi, des guirlandes couleurs de feu de part et d'autres de la salle. Nous attendions Lily, qu'une des invités devait amener ici.

 

Et puis, il y a eu les cris. Le cri, plutôt, inhumain tant la douleur l'inspirait, le modulait, le torturait. J'ai senti la chair de poule sur mon bras, mes jambes, et même mon visage. Nous sommes restés pétrifiés pendant un instant et lorsque le cri est devenu hurlement, Remus a secoué la tête et s'est précipité vers la sortie, tout de suite accompagné par James. Asphodèle a fondu en larmes et lorsque Peter s'est approché d'elle pour la consoler, je n'ai pas hésité. J'ai chuchoté, avant de m'éclipser :

- Je te la confie.

 

J'ai couru vers Remus et James, guidée par le son de leur voix. Ils étaient au cinquième étage et j'ai dévalé les deux escaliers qui me séparaient d'eux.

Quand je suis arrivée à leur hauteur, je les ai trouvés figés d'horreur.

- Qu'est ce que... Oh mon Dieu.

Ma voix avait faibli, n'était plus qu'une supplication. L'atrocité était trop grande.

 

Même aujourd'hui, alors que tout ceci est passé depuis maintenant quelques jours, j'ai du mal à le relater. Ma plume tremble et des gouttes de sueur tombe sur le parchemin, malgré la température extrêmement faible qui règne dans le dortoir. Les respirations calmes de Lily et Asphodèle devraient m'apaiser mais mon coeur n'en bat que plus vite.

 

Ce qui avait autrefois constitué une élève de Gryffondor gisait là, baignant au milieu d'un sang noir et grumeleux, enveloppé dans l'horrible odeur caractéristique des organes exposés à l'air du jour alors qu’ils n’ont pas été préparés à voir la lumière de sitôt. Son crâne n'était qu'un immonde trou béant où restait une masse rose de cette tête aux chairs tuméfiées et grotesques. Les murs avaient pris des teintes brunes et roses ; par terre et tel qu'on pouvait en voir sur des étals sur le Chemin de Traverse, gisaient des boyaux sanguinolents mais intacts, encore plein de nourriture à peine digérée. Sauf que cette fois, tout ceci avait appartenu à un humain dont les restes aujourd'hui n'étaient que colonies à bactéries.

 

C'en était trop. Mon estomac s'est soulevé, je me suis appuyée contre le mur et j'ai vomi, vomi comme si j'essayais d'extérioriser ce trop-plein de monstruosité et d'hémoglobine, comme pour me dire que cette boucherie n'était pas réelle.

Lorsque mes spasmes se sont calmés, j'ai regardé Remus et James. Remus avait réussi à faire un pas en arrière et il tirait la manche de James pour essayer de le soustraire au carnage, à la chair d'un rouge horrifiant, au sang.

Remus pleurait. Lui que j'avais toujours connu solide, confiant et souriant, lui qui n'avait jamais parlé de ses problèmes. Il pleurait silencieusement, les larmes roulant sur ses joues minces, pleines d’une humidité qui doucement venaient s’échouer sur le sol de pierre du château.

James a réussi à détourner les yeux du cadavre et son regard s'est posé sur le visage de Lunard, comme il l'appelait si bien.

- Remus..., a-t-il dit d'une voix atone, sans vie.

 

Remus pleurait parce que lui avait reconnu le corps sans vie qui gisait dans le couloir du cinquième étage, non loin de la salle de bain des préfets.

 

Pauvre, pauvre Shania Stanfield, pauvre Remus qui avait enfin réussi à être avec elle, pauvre Shania...

 

Shania Stanfield n'avait rien demandé à personne. C'était une jeune fille agréable et sympathique malgré sa réserve, studieuse et n'ayant pas d'ennemi. Toujours prête à écouter les autres, ses yeux verts pastel posés avec bienveillance sur les autres.

Remus avait aimé son mystère, son affabilité, son caractère posé mais pas mou, sa volonté de tout savoir, tout connaître, tout voir.

Pauvre Remus qui perdait encore quelque chose et glissait un peu plus vers la pente qui le mènerait à la chute...

 

Il est tombé à genoux et son visage posé au creux de ses mains, il a éclaté. Les sanglots ont secoué son dos et des spasmes parcouraient tout son corps brisé par la nouvelle. Ses larmes humidifiaient la pierre sans vie sous lui et il pleurait, pleurait, pleurait.

- Remus, a tenté James, Remus...

 

Il s'est agenouillé en appuyant la tête de Remus au creux de son épaule tandis que les bras de ce dernier agrippaient son ami, ses larmes coulant toujours à flots alors qu'il  hoquetait.

- Mais qu'est ce qu'il se passe ici ? a tonné la voix de Lily à l'autre bout du couloir. Je suis en retard, je n'ai pas que ça à f....

Lil n'a jamais achevé sa phrase. Elle s'est arrêtée, a ouvert la bouche et a plaqué sa main dessus, contemplant le cadavre de Shania.

 

 

 

Nous ne nous en sommes rendus compte que plus tard. Shania et Lily étaient les deux seules personnes manquantes à l'anniversaire. Shania avait été chargée d'amener Lily à sa surprise et elle était tombée dans un traquenard.

Comment avions-nous su ? Tout simplement parce que sur le mur de droite était écrit : «GARE À VOUS, SANG-DE-BOURBES ! »

Lily a échappé de peu à la mort, nous l'avons appris bien après. Ils avaient tout chronométré et n'étaient tombés sur Shania que parce que nous l'avions retenue dans la Salle sur Demande et qu'exaspérés de ce retard dans leur plan, ils étaient passés à l'action sans toucher à Lily.

 

Je n'ai jamais rien dit de cela à Lil'. Je préfère l'entendre respirer calmement lorsqu'elle dort, la voir sourire malgré elle aux blagues de James et profiter. La mort n'est certes jamais loin mais il vaut mieux éviter de savoir certaines choses, à mon sens.

 

 

La famille de Shania est arrivée quelques jours plus tard et Dumbledore est allé accueillir Mr et Mrs Stanfield ainsi que leur fils aîné, un grand jeune homme au regard mélancolique,  Cai. Broderick m'a prise par le bras afin que nous allions saluer Cai que nous connaissions un peu. C'était un ami de notre grande soeur, Alicia, qui ne vivait plus à la maison.

- Cai, nous sommes désolés, vraiment, a dit Brod' en lui serrant la main, le regard sincère.

Il nous a souri, d'un sourire si poignant, du sourire de quelqu'un qui lutte pour ne pas pleurer. Tandis qu'il se tournait vers moi pour accepter la main que je lui tendais, il m'a dit :

- C'est bien toi qui as trouvé Shania ?

- Oui.

 

Je ne voulais pas en dire plus. Les mots n'étaient que des euphémismes lorsqu'il s'agissait de décrire ce qui était arrivé à Shania. Parfois, il m'est arrivé d'en rêver, de cette macabre découverte. Mais j'ai serré la main de Cai et je lui ai dit :

- On saura qui a fait ça. Je te le promets.

Ce n'était pas tant pour la mémoire de Shania que pour moi. Certes, Shania ne méritait pas ce qu'il lui était arrivé mais si j'avais décidé que nous saurions qui avait fait ça, c'est surtout à cause de l'image qui remontait, parfois, sans prévenir. Et aussi pour les cauchemars qui m'empêchaient de dormir des nuits entières.

Et puis, il y avait mon pote Remus, et mon amie Lily, qui eux aussi avait vu ça. Mais le plus important était Remus, qui encore une fois, perdait l'une des choses qui lui était la plus chère.

Le professeur Dumbledore a bien essayé de trouver qui avait fait cela. Les directeurs de maisons ont invité chaque élève à venir soumettre sa baguette à une Remontée des Sortilèges, mais rien n'a été trouvé. Tout le château a été fouillé pour trouver des indices : une baguette, un papier, un signe, n'importe quoi. Ils ont fait encore une fois chou blanc.

 

McGonagall a reconstitué du mieux qu'elle pouvait le corps de Shania et c'est bien l'une des rares fois où j'ai vu son regard s'embuer. Lorsque le cortège constitué du père de Shania, de Cai et de ses amis a amené le cercueil au milieu du parc, les larmes ont coulé sur son visage d'ordinaire si sévère. Nous avons souri à notre directrice dans l'espoir de la faire aller mieux et elle nous l'a rendu, entre deux larmes.

Shania Stanfield est partie en novembre 1975 alors que les responsables assistaient à ses funérailles juste à côté de ses amis.

 

 

A chaque fois, dans ces écrits, j'ai toujours abrégé et simplifié. A présent, à cause de ces évènements, je vais devoir aller plus lentement, expliquer plus en détail, les conversations.

A commencer par celle que j'ai eue avec Sirius, ce matin même du vingt-huit novembre.

Cela fait maintenant douze jours que Shania est morte et la vie reprend ses droits sur le château, petit à petit, jour après jour. Les cours ont repris, les élèves papotent joyeusement de tout et de rien, la nuit succède au jour. Mais pour Remus, le retour à la normale de l'ensemble des gens du château ne semble pas avoir de prise. Il est toujours aussi sonné par la perte de Shania et ne veut pas que l'on en parle. Il n'admet rien, Lunard, mais c'est compréhensible.

Ce matin, je me suis levée tôt et je me suis dirigée vers la bibliothèque, sûre de n'y trouver personne d'assez motivé pour être debout à sept heures un samedi matin.

J'ai salué Madame Pince et me suis dirigée vers les rayonnages, sans but précis. J'ai tiré un livre au hasard, me suis assise à l'une des tables et ai feuilleté distraitement l'ouvrage.

 

- La place est-elle libre ?

J'ai relevé les yeux pour tomber sur Sirius, la main appuyée au dossier de la chaise voisine de la mienne, l'expression harassée de quelqu'un qui n'a pas fait une nuit complète depuis bien longtemps.

- Bien sûr.

Je l'ai regardé s'installer, les yeux dans le vague, l'air fatigué. Bien sûr, il se faisait du souci pour Remus, comment avais-je pu l'oublier.

- Comment est-ce que ça va ? ai-je demandé, tentant d'accrocher son regard, rivé pour le moment sur ses mains jointes sur la table.

- Remus n'en dort pratiquement plus, m'a-t-il répondu, il ne dit plus rien, ne sort que parce qu'on l'y oblige -et encore...-, n'a plus goût à rien...

J'ai soupiré en refermant mon livre et je me suis tournée vers Sirius.

- Et toi ?

La question a paru le surprendre. Comme si cela faisait longtemps qu'on ne la lui avait pas posée. Il m'a souri d'un sourire fatigué, le sourire bienveillant d'un camé qui sait qu'il va enfin avoir sa dope. C'est certes imagé mais c'est ce qui colle le mieux.

 

- Je n'en peux plus, moi non plus. Toute cette peur, ce doute dans les yeux de tous, cette méfiance... Et Remus et James qui font des cauchemars... Remus ne vit plus, il n'avait pas besoin de ce malheur, il en avait déjà assez...

J'ai sourcillé mais je me suis tu. J'ai écouté Sirius parler pendant vingt minutes.

Ma main a serré la sienne et je lui ai souri. Parce que nous en avions besoin, parce que la mort avait trop sévi, parce qu'entre potes, on doit toujours se soutenir.

- Maïa ?

- Oui ?

- On le retrouvera ...?

 

Je n'ai pas compris en cet instant. J'ai pris cette phrase comme une question, alors qu'en fait, ce n'était qu'une interrogation oratoire. Sirius voulait les coupables pour Remus, pour James, pour nous, pour lui. Pour qu'il puisse enfin dormir en paix la nuit, pour effacer cette page de l'histoire de Poudlard. Pour son confort personnel aussi, parce qu'affronter la mort ne faisait pas partie des priorités de Sirius.

- Je le pense. J'espère qu'on y arrivera.

 

Au prix d'efforts, de sang, de disputes, de haine, de peur et de méfiance. Mais nous y sommes arrivés.

 


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