
|
Echec à la Dame
[Histoire En hiatus] | Auteur: Celebrian | Vue: 3061 |
| [Publiée le: 2005-07-13] [Mise à Jour: 2008-01-20] | ||
| AP | Romance/Drame/Général | Commentaires: 94 |
|
Description: L'Histoire est faite par les vainqueurs. Méfiez-vous de ce que l'on écrit, méfiez-vous de ce que l'on dit. Il existe plusieurs types d'histoires. Celles que tout le monde connait, que l'on peut lire dans les livres. Et il y a les autres, que la plume n'a pas froissé, mais tout aussi subjectives sous les mots de personnages bannis de la mémoire des pierres tombales. Cette mémoire qui fait les choix qui l'arrangent... Car en effet, il y a des choix lourds de conséquences sans que l'on puisse revenir en arrière. Il faut alors chercher le bonheur jusque dans l'Ombre. Narcissa et Lucius en font la douloureuse expérience. La vie va parfois à l'encontre de ce que l'on ressent. Ce qui aurait dû être la plus belle des histoires d'amour vire au drame. Mais au final est-ce le bien ou est-ce le mal qui rit de l'autre? Ces notions existent-elles vraiment... Histoire anciennement nommée: "Pour toi, et malgré toi..." | ||
| Crédits: Aucun des personnages de cette histoire ne m'appartient. Ils sont la propriété de leur auteur J.K.Rowling. Et je tiens à rapeller que je ne tire aucun profit financier de cette fic dont le scénario, et l'histoire en général, m'appartiennent. |
||
| << ( Préc ) | ( Suiv ) >> |
Danger dans la forêt[4134 mots] |
Publié le: 2007-01-23 | |
| Taille du Texte: (+) : (-) | ||
Me revoici donc après un certain temps d’attente… encore, oui je le sais bien. Mais pour excuse, oui il me fallait bien en trouver une, vous avez sous vos yeux la fin de la première partie de Pour toi et malgré toi. Il y aura en tout et pour tout, trois parties, pas une de plus, pas une de moins. Je peut déjà vous dire que la seconde s’achèvera avec l’entrée à Poudlard de Drago et Harry. N’ayez aucune inquiétude quant au fait que la fic se termine un jour, elle se terminera. Par contre, je ne sais pas quand. Prions donc pour que je parvienne à faire ce que je veux dans un délai raisonnable. Je vous remercie tous de votre patience et de votre soutient. Notamment Clairette qui a corrigé ce chapitre ainsi que tous les autres.
J’espère que vous tiendrez le coup et je vous laisse à votre lecture bien mérité après avoir répondu aux commentaires qui m’ont été laissés.
Armilia: Oui ce chapitre c'était fait attendre, un peu comme celui-ci en fait. En tout cas, je suis contente que tu ait tenu le coup et que tu n'ai pas abandonné la fic à cause de mon manque d'ardeur à la tâche. Merci pour ton soutient. Espérons que je soit plus constante.
Mimikaze: Tout retard est bien entendue pardonné d'avance, tu le sais bien. Il est bien entendu que ton aide est toujours précieuse et bienvenue, jumelle de mon cœur. Oui l'avenir est décidément une fatalité, ...inévitable XD . C'est une idée qui me plait en tout cas. Pour le réalisme de la position de Cissa... j'avouerai que ce n'est pas toujours facile. Je ne suis pas l'héritière de Serdaigle, une beauté blonde et parfaite moi! Ce qui fait aussi qu'il m'arrive de m'égarer, avoir une Serpentard au lieu d'une Serdaigle n'est pas vraiment ce que je souhaitais. Espérons donc que j'aurai réussit à redresser le niveau. Pour les fautes... Il faut remercier Clairette et ses bons et jolies yeux! (ainsi que sa patience et son indulgence)
En tout cas, merci pour ta dévotion et tes nombreux encouragements ^^
Trini: Je te remercie et je n'ai pas l'intention d'abandonner même si les délais peuvent laisser paraître le contraire.
Tite_elfe: Voici donc une lectrice avide et passionnée. Je suis ravie de faire ta connaissance. En tout cas, il est peu fréquent de voir des gens lire toute cette histoire (sans fin) d'un trait d'un seul. Je souhaiterais publier plus régulièrement et plus fréquemment mais je pense qu'au stade où j'en suis les promesses ne servent à rien, il faut prier. lol. En tout cas merci pour ton commentaire. J'espère que tu continuera à apprécier ce que je fais. (Quant à dire que je suis une future romancière... c'est un gentil vœux)
Vocedelsilenzio:
Merci d'avoir lu les premiers chapitre, mais autant te le dire tout de suite (même si tu ne lira ça que dans très longtemps), les autres chapitre sont bien plus long. Pour ce qui est de la traduction, je pense t'envoyer un mail plus détaillé.
Flower: 3 commentaires... ^^ Et bien! Visiblement tu as été frustrée de la lenteur de parution... Pour ce qui est du fait que la fic se soit trouvé dans les première page, c'est dû à des mises à jours nécessaires des précédents chapitres.
Je te remercie pour les compliments que tu as développé.
Quelques points à relever tout de même. Narcissa a choisi Lucius parce qu'elle lui est mariée dans le livre et que tu l'as si bien écrit, c'est une histoire parallèle. Remus a certes du charme mais Narcissa ne l'a pas épousé. C'est le fondement même de ma fic. Sans mon couple de base, il n'y a plus d'histoire. Ce que je trouverai dommage. Ensuite, qui as dit que Narcissa était devenue méchante? Je le répète, c'est moi qui écrit l'histoire *sourire diabolique*
Tes suppliques ont été entendue, voici la fin de la première partie de Pour toi et malgré toi.
Encore merci et bonne lecture à tous.
(pour les commentaires, c’est en bas qu’il faut cliquer ^^)
Celebrìan.
Danger dans la forêt.
| L |
es vacances de Noël s’achevaient, et il fallait bien retourner à l’école. Les fêtes avaient ranimé la joie au sein de l’établissement et la page sur les mauvais événements de début d’année avait été rapidement tournée. Narcissa se sentait très légère. Le soir, il lui arrivait de contempler son écharpe pendant des heures. On est amoureuse ou on ne l’est pas.
D’ailleurs le temps passe plus vite lorsque tout va bien. C’est ainsi que sans qu’elle ne s’en rende compte, elle se retrouva au mois de juin. Au château, les mois et les jours n’étaient rythmés que par les échos des décès dus aux aventures nocturnes du Seigneur des Ténèbres et de ses comparses. Un règne de terreur s’était abattu sur le monde des sorciers et Poudlard ressemblait à une forteresse assiégée qui ignorait l’ennemi à ses portes. Seul le maître des lieux savait de quoi il retournait. Dumbledore dans sa tour perchée passait son temps à chercher comment vaincre celui que tout le monde redoutait. L’Ordre du Phénix limitait les dégâts mais était la cible constante des Mangemorts et les pertes étaient nombreuses.
Malgré cela, Narcissa avait confiance en l’avenir. Là où il y a de l’amour, tout n’est pas perdu, surtout pour une jeune fille de dix-sept ans. L’amour fait tourner les têtes, les cœurs et les robes. Et les tournées sont obligatoires pour les Préfets, à plus forte raison pour les Préfets-en-chef. Les couloirs étaient un peu plus sûrs depuis que Tromsore avait été renvoyé de l’établissement. De plus, tous désormais savaient qu’il était préférable de ne pas s’en prendre à la jeune Black ou à son bonheur.
Ceux qui l’ont fait ont eu le loisir de le regretter amèrement.
C’est donc d’un pas sûr que la jeune Serdaigle inspectait les couloirs en ce soir de printemps. Elle n’avait encore rencontré âme qui vive, si on ne comptait pas les fantômes et les personnages prisonniers des tableaux. Au moment où elle s’apprêtait à revenir sur ses pas pour retrouver ses appartements, elle fut surprise par des pleurs. Suivant son ouïe plus que son instinct, la jeune Black retrouva l’éploré. Un garçon aux couleurs d’Elga, probablement en deuxième année.
— Le couvre feu est passé.
— Je suis parti chercher mon frère, j’arrive pas à le trouver, on avait rendez-vous dans la salle commune de Poufsouffle… Et il n’y a personne dans son dortoir, aucun de ses camarades.
— Ils ne sont pas dans les dortoirs, tu dis ? En quelle année sont-ils ?
— Ils sont en première année. Miss Black, qu’est-ce qu’on fait ?
Miss Black réfléchissait à toute allure, son instinct reprit le pas. Quelque chose d’anormal se passait. Elle entraîna à sa suite l’égaré de la soirée et chercha les autres préfets. Elle ne trouva que Regulus, les autres étant déjà retournés à leur sommeil. Mais son cousin ne put rien lui apprendre pour cette fois. Son protégé toujours à sa suite, elle se rendit dans la salle commune aux couleurs de tournesols. Une seconde suffit pour trouver le premier caillou menant au chemin des égarés. Près de l’âtre, à moitié brûlé, un parchemin zébré de fines lignes vertes était échoué à terre : une imitation parfaite d’un document officiel de Poudlard signé par le directeur. Une dizaine de lignes apprenait à Narcissa qu’une pseudo chasse aux trésors aurait été organisée le soir même avec pour point de départ la forêt interdite, le tout réservé exclusivement aux premières années avec la bénédiction du directeur et sous le sceau du secret. Une telle chose n’aurait pas été possible sans qu’elle n’en fut informée en tant que Préfète-en-chef.
Trop naïfs, les enfants avaient foncé tout droit dans un piège. Et le seul qui avait intérêt à s’en prendre à eux ne pouvait qu’être Grindelwald. Or un grain de sable s’était glissé sous ses rouages parfaits, un des élèves avait voulu prévenir son frère. Impossible de discerner les véritables desseins du mage noir, néanmoins il fallait réagir vite avant qu’il ne soit trop tard. Mais l’autorité suprême de cette demeure se trouvait à l’autre bout de l’antique bâtisse. L’héritière Black apostropha son jeune page.
— Va immédiatement prévenir Dumbledore, qu’il rejoigne la forêt interdite. Il te suffira de lui dire que ça concerne Grindelwald et les premières années. Le mot de passe de son bureau est « pain d’épice ».
— « Pain d’épice » ?
Le garçon s’étonna devant l’incongruité du mot clé, habituel, pourtant, au directeur.
— Si tu crois que c’est le moment de plaisanter ! Et évite de passer par l’allée centrale, c’est là que Rusard doit roder à cette heure.
Narcissa réfléchit une seconde, dégrafa sa broche et la tendit au gamin éberlué.
— C’est mon insigne, en cas de difficulté, montre-le.
La Préfète-en-chef rejoignit à grands pas la cour du château. Une fois sortie de l’enceinte, elle ne fut plus qu’une ombre fuyant la chaleur protectrice des murs de l’école.
Courant vers le danger, la mort et le sang.
Attitude hasardeuse mais réfléchie.
Tu avais, au moins, les capacités pour protéger les enfants.
Tu savais même comment t’y prendre, intelligente Serdaigle.
Mais pour t’en sortir…
Y avais-tu seulement pensé ?
Je n’en suis pas sûr.
Si la forêt bordant le parc du château de Poudlard porte le nom d’interdite, c’est que le sort qui attend tout sorcier s’y rendant, même expérimenté, est assez peu enviable. On n’y entre pas impunément. Entre monstres et gardiens, il est peu probable d’en sortir sans dommage. C’est à cela que se rapporte le discours du directeur en chaque début d’année. « Il est interdit de pénétrer dans la forêt interdite ».
C’est oublier bien volontiers la curiosité maladive des enfants et la haine des adultes.
Narcissa Black, future épouse Malefoy, s’engouffra dans les bois sombres. Sa baguette d’ébène lui permettait de se mouvoir sans trop d’accrochage dans les entrelacs des branchages. Elle ne trouva pourtant pas le moindre indice qui lui aurait permis de trouver les élèves dans cet enfer de verdure.
— Et comment dois-je faire pour empêcher Grindelwald de nuire si je n’arrive même pas à le trouver ?
La jeune aventurière adressait une supplique aux étoiles qui la dévisageaient. Ce fut alors qu’une lueur bleuté entoura sa baguette. La même que celle qui était apparue ce jour-là dans la boutique d’Ollivander, il y a de cela plusieurs années. A cinq ou six mètres devant elle, une réponse apparut sous la forme d’un halo bleu identique. Dans la clarté de la nuit elle entraperçut une silhouette argentée s’avançant à sa rencontre. Elle eut du mal à croire ses yeux mais ce qui faisait route vers elle était bien réel. Un être que peu de personnes ont eu l’occasion de croiser : une licorne argentée. Normalement les licornes perdent leur pelage argenté en grandissant mais exceptionnellement certaines le gardent.
— Suis-moi.
La licorne avait parlé dans l’esprit de la jeune fille. Celle-ci n’hésita pas et emboîta le pas à la pureté incarnée. Cinq bonnes minutes s’étaient écoulées et Narcissa espérait qu’il n’était pas trop tard. Les arbres paraissaient dessiner une allée devant les deux dames de la nuit. La forêt, sans doute consciente du drame qui allait se jouer, favorisait la jeune sorcière et sa compagne d’un soir. Ce fut de cette façon, qu’à un jet de pierres de la clairière où l’action allait vraisemblablement se dérouler, elles purent être à l’abris des regards.
Au centre de ladite clairière, un pentacle avait été dessiné à la cendre, le site sentait le souffre. Les premières années étaient groupés, terrorisés au centre de ce même pentacle. Face à eux, en dehors du sceau magique, se tenait droit comme un piquet un homme de haute stature dans une robe rouge sang parcourue d’étranges symboles, les mêmes qui maculaient le corps de ses défuntes victimes.
— Ses précédents meurtres lui ont permis de réunir assez d’énergie pour se régénérer et pour entreprendre le rituel final.
— Rituel final ? Quel rituel ?
— Celui qui mène à la connaissance absolue. Voilà ce qui travaille Grindelwald depuis des décennies. La dernière fois, il était prêt du but, si près, mais l’enfant qu’il s’apprêtait à tuer était en fait un sorcier adulte qui avait changé d’apparence. Grindelwald fut défait et condamné à errer comme spectre de longues années alors que le sorcier qui lui avait tenu tête en est mort. A présent il est revenu et compte bien réussir dans son entreprise. C’est un vieux rituel, en défaisant Grindelwald tu feras sombrer dans l’oubli jusqu’au souvenir de cette pratique. Maintenant c’est à toi d’agir, je ne t’aiderai pas.
— Ce n’est pas grave, merci.
— IMOBILIUS !
A ce son, Grindelwald fut momentanément paralysé. Le sort ne devait pas fonctionner très longtemps. Narcissa devait profiter de ces quelques secondes au maximum. Elle rompit le pentacle en effaçant une partie du dessin de suie avec sa main. Ainsi les enfants purent sortir. Elle prit l’une des jeunes filles par les épaules.
— Ecoute-moi bien, tu vas conduire les autres jusqu’à la lisière de la forêt, et vous allez attendre Dumbledore. Tu es responsable de tes camarades, vérifie qu’ils soient tous présents. Maintenant suis cette direction et va toujours tout droit. Allez vite.
Narcissa désigna le bosquet d’où elle venait et pressa les premières années à partir. A peine avaient-ils disparu qu’un rire grave retentit derrière la jeune Préfète-en-chef.
— Tu crois vraiment pouvoir contrecarrer mes projets ? ABSORBUM MARA !
Voilà qui n’était pas vraiment prévu.
Un éclair rose s’échappa de la baguette du magicien et à la manière d’un feu d’artifice, étendit sa lumière à l’ensemble du ciel.
— Que dis-tu de ça, petite ? Quoique non, tu es déjà trop grande à mon goût. Un sacrifice de ta personne n’ira jamais. Toujours est-il que ce bouclier empêchera à la fois Dumbledore de venir fourrer son vieux nez dans mes affaires et tes petits protégés de sortir de la forêt. Ce qui fait que, lorsque j’en aurai fini avec toi, je n’aurai plus qu’à les récupérer. Enfantin !
— J’admets que c’est bien pensé. Mais il vous faut encore vous débarrasser de moi.
Ce qui s’est véritablement passé ce soir-là dans cette clairière,
Il me faudra le demander à Grindelwald lorsque je le verrai tout à l’heure.
Toujours est-il que quelques minutes plus tard,
Minutes qui ont dû sembler plus d’une éternité à certains,
Le sang maculait les lambeaux de la robe grise de Narcissa.
Des coupures souillaient la nacre de ses jambes.
La fière héritière des Blacks était couchée à même le sol.
Premier véritable affrontement.
Quel résultat ?
Spectacle pitoyable non ?
Un frémissement sortit du bosquet d’où surgit la licorne . Elle se glissa sous le corps gisant de la demoiselle et la porta sur son dos. A cet instant précis un éclair traversa le ciel et le tonnerre retentit en Grande Bretagne. Puis se fut la pluie qui vint effacer les traces du combat et du rituel qui avait été préparé.
La nature s’en est mêlée.
Elle t’est venue en aide Princesse.
Le mal a été vaincu pour cette nuit.
La licorne et sa cavalière de fortune quittèrent ce lieu que la nature sauvage de la forêt se chargerait de réinvestir rapidement.
…….
Albus Dumbledore, le célèbre directeur de Poudlard, n’avait pu, malgré tous ses efforts, passer le bouclier magique qui encerclait la forêt interdite. Il fut rejoint à la lisière du bois par les parents de Narcissa qu’il avait fait demander par hiboux. La personne qui les accompagnait n’était, elle, pas prévue. Et à vrai dire, le vieux sorcier aurait préféré qu’il ne vienne pas.
— Dumbledore ! Qu’est-ce que ce cirque ? J’exige des explications !
— J’y viens Arthus… Mais il ne me semblait pas avoir fait venir Mr Malefoy.
— Il se trouve qu’à l’heure où j’ai reçu votre missive, Lucius était à dîner chez nous. Etant donné que vous évoquiez une urgence à propos de Narcissa il était normal qu’il nous accompagne.
Un moment le directeur et l’impétueux Malefoy s’affrontèrent du regard, mais Dumbledore avait d’autres soucis pour l’instant que la mise à mal de son plan par Lucius.
Car il contrecarre tes projets, vieux fou.
La jeune Narcissa a plus en tête son cher bonheur que tes nobles desseins.
— Nous expliquerez-vous enfin ?
— J’y viens Elladora… Vous avez entendu parler de Grindelwald, bien sûr. Il est arrivé en fin d’après midi dans la forêt interdite. Il avait tendu sa toile depuis quelques temps déjà mais je n’ai rien vu venir, je l’admets. Il a enlevé tous les élèves de première année. Narcissa se trouve à cet instant confronté à lui.
— Vous avez laissé ma fille faire votre travail ? C’est elle qui protège vos élèves ? Dumbledore ! Si je m’écoutais, je vous décollerais la tête des épaules !
Arthus était furieux et même le directeur de Poudlard ne pouvait se permettre de se mettre à dos le vénérable sorcier. Il tenta d’apaiser le courroux de l’écarlate patriarche.
— Allons Arthus, vous connaissez aussi bien que moi les capacités de Narcissa. Je ne pense pas qu’il faille se faire du souci pour elle.
— Je vous le souhaite, car s’il venait à manquer un seul de ses cheveux sur la tête ou si elle se cassait ne serait-ce qu’un ongle, vous le regretteriez amèrement.
Le bouillant père de famille connaissait suffisamment sa fille pour savoir qu’elle ne se serait jamais mise dans une situation dont elle ne pensait pas pouvoir sortir. Quel que soit l’objectif qu’elle se serait fixé, elle l’atteindrait. Pourvu qu’elle ait pensé à pouvoir sauver sa vie. Il l’espérait.
A côté de lui, la colère froide de Lucius ne sortait pas. Ou à peine.
— Doit-on comprendre que vous avez sciemment laissé Narcissa entrer dans la forêt pour affronter Grindelwald ?
Tu n’es pas si loin du compte Lucius.
Après avoir appris le départ de Narcissa pour la forêt interdite, notre cher directeur s’est dit qu’il serait bon de la laisser mettre hors d’usage le sorcier.
Un début pour ensuite l’embarquer dans une croisade anti-Voldemort.
Or il aurait voulu pouvoir intervenir au cas où.
Il a été mis en échec.
Il n’a pu entrer.
As-tu fait une erreur, présomptueux Dumbledore ?
L’illustre vieillard n’eut pas à répondre à la question du jeune aristocrate. La lueur rosée disparue autour de la forêt, et les jeunes enfants en sortirent en courant pour s’effondrer, haletants, aux pieds des adultes. Pas un ne parvint à articuler un mot, à la grande fureur du père et du fiancé. Cependant, quelques minutes plus tard, une lumière fantomatique sortit des buissons. Tous alors virent une chose peu habituelle, unique même. Leur chère Narcissa leur revenait des ténèbres à dos de licorne argentée. La pluie ne l’avait pas épargnée, ses cheveux ruisselaient sur sa chemise rendue transparente par l’eau. Ses doigts étaient emmêlés dans la crinière de l’enchanteresse créature, pour éviter de tomber. Elle était visiblement exténuée et ce fut presque en s’effondrant qu’elle glissa à bas de sa monture d’une nuit. Aussitôt, Lucius et Arthus furent auprès d’elle pour la soutenir, les autres n’ayant pas osé s’approcher de la licorne.
— Père ? Lucius ?
Narcissa n’en dit pas plus, harassée par l’effort fourni quelques temps auparavant. Avant de sombrer dans une demi-inconscience, elle se raccrocha à la chemise de son fiancé qui la prit dans ses bras pour la ramener à sa chambre après l’avoir recouverte de sa cape. Elèves, parents et directeur les observèrent s’éloigner sous la pluie battante. Ils ne furent bientôt plus qu’un point dans la noirceur de la nuit.
— Nous devrions nous aussi rentrer, je pense. Avant de tomber malade. Allez, les enfants, tous au château !
Albus Dumbledore se retourna vers la licorne qui n’avait pas bougé. Elle semblait observer ce petit point dans la nuit qui emportait une lumière blanche, dans un sombre manteau. Après un bref instant, elle reprit sa route en direction de la forêt.
Sa tâche était achevée.
Celle qu’elle avait protégée ce soir devait à présent avancer seule.
Face à son destin.
Destin lumineux entaché par des lâches.
— D’après ce qu’avait dit Ollivander, lorsque nous avons acheté la baguette de Narcissa avant sa première année, la licorne qui aurait donné de son crin pour sa baguette était une licorne argentée. Se pourrait-il que ce soit elle ?
Mr. Black avait murmuré pour lui-même plus qu’autre chose. Il commençait à se demander si les aventures comme celle de ce soir étaient la destinée de son enfant chérie.
As-tu pris la bonne décision, Arthus Black ?
N’as-tu pas livré ta fille à un bourreau pire encore ?
L’amour est en effet un assortiment de tourments.
Quelle idée a germé dans ton esprit à ce moment là ?
Celle qui t’a coûté la vie ?
Dans la haute tour des Serdaigles, Lucius gravissait les marches, portant sa promise. Narcissa n’avait toujours pas repris conscience et pour parvenir à entrer dans les appartements de la Préfète, le jeune sorcier avait dû jeter un sort au tableau d’entrée qui menaçait de faire un véritable scandale. Arrivé dans la chambre, il la déposa sur le lit puis resta quelques minutes à la détailler. Elle avait l’air si paisible dans son sommeil qu’il avait du mal à se faire à l’idée que d’ici quelque temps, quelques semaines maintenant, il pourrait la voir dormir à ses côtés chaque nuit. Ou du moins lorsque ses activités nocturnes ne l’en empêcheront pas. Lucius s’était résolu à la réveiller pour qu’elle puisse se changer et enfiler des vêtements secs lorsqu’elle ouvrit les yeux.
— Il semblerait que vous ayez couru un bien grand danger.
Narcissa réprima difficilement un sanglot.
— J’ai cru que je ne te reverrais pas. L’espace d’une seconde j’ai cru que c’était la fin et que j’avais fait une erreur.
— C’est fini maintenant. Tu vas prendre un bain et te détendre, tu as besoin de repos.
Narcissa s’exécuta tel un automate. Pendant qu’elle se délassait dans de l’eau chaude, presque brûlante, son fiancé examinait, d’un oeil avare, l’ensemble de ses appartements. Ils étaient damassés de bleu roi, celui des Serdaigles. Le mobilier était simple, un lit à baldaquin, un bureau parsemé de photos et une table de chevet sur laquelle se trouvait l’écharpe en demi guise qu’il lui avait offerte à Noël. A part cela il n’y avait pas trop de touche personnelle. Une volonté de ne pas s’impliquer ? Les évènements de ce soir prouvaient pourtant le contraire.
Lorsqu’il se retourna enfin vers la porte de la salle de bain, Narcissa se tenait dans l’embrasure, les cheveux dévalant son corps, dessiné par la chemise de nuit qui collait à sa peau trempée.
— Tu as été des plus imprudentes, tu ne penses pas ?
— Je sais, mais je ne pourrai jamais permettre que quelqu’un s’en prenne à des enfants. Je ne pourrai pas vivre en sachant que je n’ai rien fait pour les sauver. Pourtant je sais aussi que je ne pourrai pas vivre sans toi.
Lucius s’assit sur le lit et invita sa fiancée à le rejoindre. Il referma ses bras autour d’elle d’un geste protecteur.
— Tout va bien, je suis là et nous allons nous marier très bientôt. Endors-toi à présent.
— Reste avec moi. Ne me quitte pas.
— Je vais attendre que tu t’endormes avant de rentrer.
C’est ainsi que la jeune fille s’endormit contre l’homme qu’elle aimait. La fatigue la terrassa rapidement et, après l’avoir soigneusement bordée, Lucius s’éclipsa sans bruit. Dumbledore l’attendait à la porte.
— Mr Malefoy, je pense qu’il serait bon que nous ayons une discussion.
— Effectivement. Je trouve inadmissible, et j’insiste sur ce mot, que vous ayez mis la vie de Narcissa en danger.
— Je vous comprends mais dorénavant elle le sera tout le temps. Vous n’ignorez pas que c’est la guerre. Ce soir Miss Black a montré son fort potentiel en abattant Grindelwald. Voldemort ne la laissera pas en paix. Ou elle se rallie à son camp ou elle devient un obstacle. Et dans ce cas c’est une condamnation à mort pour votre fiancée.
Lucius ne sembla pas démonté par l’ardent discours du vieux sorcier.
— Je m’arrangerai. Elle n’aura rien à craindre, croyez-moi.
Voilà un serment que l’on ne peut faire à la légère.
Tu avais tout prévu Lucius…
Voici comment s’acheva la scolarité de Narcissa Black Malefoy.
Une nouvelle ère s’ouvrait à elle.
Pleine de promesses
…
Mais aussi de désillusions.
| << ( Préc ) | ( Suiv ) >> |