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Echec à la Dame
[Histoire En hiatus] | Auteur: Celebrian | Vue: 3046 |
| [Publiée le: 2005-07-13] [Mise à Jour: 2008-01-20] | ||
| AP | Romance/Drame/Général | Commentaires: 94 |
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Description: L'Histoire est faite par les vainqueurs. Méfiez-vous de ce que l'on écrit, méfiez-vous de ce que l'on dit. Il existe plusieurs types d'histoires. Celles que tout le monde connait, que l'on peut lire dans les livres. Et il y a les autres, que la plume n'a pas froissé, mais tout aussi subjectives sous les mots de personnages bannis de la mémoire des pierres tombales. Cette mémoire qui fait les choix qui l'arrangent... Car en effet, il y a des choix lourds de conséquences sans que l'on puisse revenir en arrière. Il faut alors chercher le bonheur jusque dans l'Ombre. Narcissa et Lucius en font la douloureuse expérience. La vie va parfois à l'encontre de ce que l'on ressent. Ce qui aurait dû être la plus belle des histoires d'amour vire au drame. Mais au final est-ce le bien ou est-ce le mal qui rit de l'autre? Ces notions existent-elles vraiment... Histoire anciennement nommée: "Pour toi, et malgré toi..." | ||
| Crédits: Aucun des personnages de cette histoire ne m'appartient. Ils sont la propriété de leur auteur J.K.Rowling. Et je tiens à rapeller que je ne tire aucun profit financier de cette fic dont le scénario, et l'histoire en général, m'appartiennent. |
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Tous les coups sont permis.[7931 mots] |
Publié le: 2006-09-27 | |
| Taille du Texte: (+) : (-) | ||
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out d’abord, je me dois de vous indiquer un changement dans la rédaction de cette histoire : J’ai maintenant appelé à l’aide Clairette pour « bêta lecturer » ma fic. Ce qui n’est pas du luxe, je puis vous l’assurer après avoir vu la correction effectuée sur ce chapitre. Je remercie donc Clairette pour son aide si précieuse. Merci beaucoup ma Clairette ^^ . Ensuite je tiens à vous présenter mes regrets pour le délai de parution de ce chapitre, l’accouchement fut long et difficile.
Un autre merci spécial à Mimikaze pour m’avoir poussée à continuer et pour son aide dans l’élaboration des cadeaux. Les montres suisses te saluent ^^ .
Armilia: Mais si, il y a une suite. Et il y en aura tant que Voldemort ne sera pas définitivement mort. ^^ Quant à la vitesse de parution des chapitre, j'aimerai te dire qu'elle sera un peu plus soutenue mais je suis incapable de le promettre, il faut que l'inspiration soit au rendez-vous et que j'en ai le temps.
Elorra: La suite? La voilà. Heureuse de tu soit devenue une de mes (nombreuses) lectrice XD. Lucius en amoureux manipulateur? Cela dépend de qui manipule qui. *rire sadique sous licence*
Drago est bel et bien un descendant de Rowena et il pourrait lui aussi mettre fin aux jours de Voldy. Cela laisse des rebondissements à venir ^^ Tu verra bien.
Pour ce qui est des erreurs de frappes et autres, j'ai trouvé une solution comme tu peut le voir. La nuit de noce n'est pas encore pour tout de suite. Je dirai pas avant le chapitre 24 en fait et je te laisserai à ton imagination, peut-être perverse qui sait?
RPSJ: Je ne pense pas que le secret que Lucius a dévoilé à Nymphadora sera de sitôt d'actualité. C'est une fic qui s'étale sur trente-cinq ans environ donc on a le temps avant que tout ne soit dit. Pour ce qui est de marier Lucius chéri avec Bellatrix, c'est "jamais de la vie!!!!!!!!!!!!!!" . Au moins les choses sont claires ^^ .Quant à l'amitié particulière de Rogue pour Narcissa, ayant enfin lu les 21 premiers chapitres je pense que tu sais à quoi t'en tenir. A bientôt j'espère, sur ma fic ou celle que tu traduis.
Cece: Encore un chapitre de transition, tu vas pouvoir respirer. Quoique... XD Merci de "savourer" ce que j'écris.
Mimikaze: Ma chère jumelle, après tant de temps. Du temps où tu m'as "entendue" me plaindre de ne pas y arriver et autre. Des moments de réflexions intenses notamment avec cette tradition des cadeaux de Noël et les idées qu'il fallait avoir. Alors un grand merci à toi pour ton soutient et ton aide. Merci aussi pour les commentaires. Avec beaucoup de retard, je te dis donc, que je suis bel et bien fière de ta performance de lecture sur la sage Harry Potter. Je le suis également de Banana Crusade. Les caractéristiques de Narcissa et de Lulu étant bien entendu, d'un côté rester en contact avec le siens, cela fait le lien entre les "bons" et les "méchants" et de l'autre, ne rien mettre à jour avant la fin. Le Ciel seul sait si j'y parviendrais. Je tâcherai de tenir ma muse en laisse. Bisous.
Aizen: Mon cher beau-frère, c'est avec plaisir que j'ai pris connaissance du fait que tu t'était mis à jour dans tes lectures ^^ . Comme tu me l'a conseillé, si judicieusement, je vais essayer de ne plus intervenir dans le récit, même si c'est tentant (oublier de poster les invitations au mariage, c'est vraiment un boulet ce James). Quant à dire que ma fic se suffit à elle-même et que même sans connaître Harry Potter on s'en sort, c'est vraiment adorable. Merci . Gros bisous et à bientôt j'espère.
Tous les coups sont permis.
La cérémonie de répartition. C’était la dernière fois qu’elle y assistait. Le temps avait coulé comme l’eau sous les ponts depuis le jour où, à l’étonnement de tous, elle avait été envoyée à Serdaigle. La maison de Rowena… Son aïeule, si proche et si lointaine à la fois.
Aujourd’hui comme hier, Dumbledore présidait la rentrée de Poudlard, tout sourire. A ses côtés, les professeurs peinaient à cacher leur angoisse. Il faut dire que le ministère avait hésité à rouvrir les portes de l’école en septembre. Mais la présence du grisonnant directeur rassurait tant les parents que l’administration, dépassés par les évènements. Puis le choixpeau se tut. Les nouveaux sorciers en herbe furent confiés aux préfets qui attendaient avec les autres élèves que soient officiellement nommés les deux Préfets-en-chef pour cette année. Il furent rapidement exaucés par Dumbledore qui plaça les écoliers sous la garde de Regulus Arthus Black de Serpentard et Narcissa Black de Serdaigle. Si la nomination du premier surprit quelque peu, ce ne fut évidement pas le cas pour la surdouée de Poudlard.
Même ici se dessinait la frontière entre les deux camps.
Pourtant dès le lendemain la nouvelle faisait rage : un troisième larron avait fait son apparition. Ou plutôt un retour inattendu et indésirable. Effectivement, un sorcier que l’on croyait mort depuis plus de vingt ans semblait avoir refait surface en signant son crime : un cadavre d’enfant mutilé. A la terreur causée par Voldemort s’en ajoutait une autre, toute aussi atroce et annonciatrice de malheur : celle de …Grindelwald. A peine leurs malles défaites, certains élèves se voyaient contraints, par leurs parents, de rentrer chez eux. Au final ils furent peu nombreux : une dizaine en tout.
Cependant, bien que fort attristée par cette nouvelle, notre chère Narcissa avait bien d’autres motifs d’anxiété en tête. Bien qu’un mois se soit déjà écoulé, elle n’avait pas reçu une seule lettre de la part de son fiancé. Et ce n’était pourtant pas faute d’avoir envoyé des parchemins. Tant de questions envahissaient son esprit, dont la plus inquiétante et la plus redondante : pourquoi ?
Pourquoi Lucius ne lui écrivait pas ? Elle savait qu’il était occupé mais tout de même, après l’été qui s’était écoulé elle ne pouvait croire qu’il se désintéresse d’elle ainsi. C’était impossible, surtout après ce qu’elle avait pu lire en lui. Il était impossible qu’elle se soit trompée. Elle retournait ses soucis dans tous les sens, sans en trouver d’explication rationnelle. Cela avait pris de telles proportions qu’elle avait même envisagé de s’éclipser lors de la prochaine visite à Pré-au-Lard pour le voir. Les longues nuits d’insomnies se succédaient si bien que, certaines de ses camarades, alarmées par son teint livide, lui demandèrent si elle n’était pas malade. Mme Pomfresh l’avait même obligée à se rendre à l’infirmerie pour un contrôle mais elle n’avait rien trouvé et ne pouvait rien reprocher à la jeune fille qui maintenait son niveau scolaire bien hors de portée de ses congénères. Les nuits blanches de la Préfète-en-chef eurent leur utilité car à force de réfléchir, Narcissa conclut que cela ne pouvait venir de Lucius et qu’il y avait forcément autre chose.
Ses doutes se confirmèrent lorsqu’une nuit Napoléon passa sa fenêtre, blessé. Ses pattes portaient des marques de serres sanguinolentes que Narcissa dut nettoyer et soigner. Quant à son bec, le sang dont il était maculé démontrait que l’aigle noir s’était défendu contre son agresseur et que celui-ci y avait laissé des plumes. Le majestueux animal ne portait qu’un bout de parchemin, échappé de la bataille. Un tout petit bout avec un seul mot, mais qui en disait long sur cet interminable mois de silence : « Lucius ».
Assise sur le rebord de son lit, seule dans sa chambre de Préfète-en-chef, la jeune Serdaigle faisait une mise au point. Visiblement quelqu’un volait le courrier qu’elle recevait… Seulement le courrier qui venait de Lucius car ses parents avaient pu correspondre avec elle. Cela la mettait hors d’elle. Dire qu’un instant elle avait pensé au pire à cause de ça ! Après s’être occupée de Napoléon elle se coucha, atteinte par le sommeil qu’elle pouvait à présent accepter en attendant de châtier le ou les coupables.
Qu’ils tremblent.
Dès le lendemain elle se mit en quête de savoir. Dans la salle commune elle chercha les comportements suspects vis-à-vis d’elle. Tout ce qu’elle avait jusqu’à présent refusé de voir sans y accorder la moindre importance. Pour la première fois, elle prit conscience des nombreux regards portés sur sa personne. Rares étaient ceux qui étaient malsains. Quelques filles, le regard plein de mépris et de jalousie, elles ressemblaient à ces sorcières que l’on décrit dans les livres d’image moldus, rendues laides et mauvaises par la haine et la rancœur. A leurs côtés se trouvaient la gente mâle, majoritaire, bien plus inquiétante. Quoique…
Ils la regardaient avidement, comme des chiens affamés regardent un bifteck. Parmi eux elle pouvait distinguer son cousin Regulus. Son regard à lui était différent… Marqué par l’inquiétude ? Elle devait se tromper…
Narcissa avala distraitement son jus de citrouille. Quelle amertume ! Elle n’aimait pas trop ce breuvage typiquement sorcier mais bon… par habitude.
La journée se passa sans autres incidents. Napoléon dormait paisiblement dans sa chambre et se rétablissait peu à peu. Elle lissa les plumes noires dans un automatisme affectueux. La compagnie de l’aigle lui était tellement familière… et puis c’était presque le seul véritable ami qu’elle avait encore à Poudlard, ou du moins celui qui l’approchait avec le moins d’arrières pensées. Narcissa quitta sa chambre de Préfète et commença sa tournée du soir dans les couloirs capricieux de l’antique école.
C’est là qu’elle croisa son homologue masculin. Ce dont elle se serait bien passée, surtout ce soir, mais bon.
— Narcissa…
Et voilà qu’il lui parlait maintenant. Il ne manquait vraiment plus que ça. Elle se retourna sur son blafard cousin, tachant de ne pas avoir l’air contrariée. Après tout, une aristocrate de son rang n’a pas à montrer ses émotions. C’est la première chose que lui avait apprise sa mère.
— Regulus ?
Le ton était glacial. Elladora aurait été fière de sa cadette si elle avait pu l’entendre à cet instant. Le jeune homme prit un air pincé ne voulant pas paraître inférieur à Narcissa.
— Je voulais juste te dire… qu’il te fallait être prudente. Méfie-toi de tout… Les temps sont obscurs.
— Cela fait quelques années déjà que le temps est sombre. Et il l’est pour nous tous Regulus. Mais plutôt que de te soucier de moi, tu ferais bien de t’intéresser à ton propre sort.
Sur ces sèches paroles, la demoiselle tourna les talons dans l’intention de finir sa ronde pour mieux se coucher ensuite. Elle trouvait son cousin bien culotté de venir lui donner des conseils. Après tout c’était lui qui suivait Bellatrix dans ses travers de magies noires. Elle était d’ailleurs certaine que le jeune homme renseignait l’horrible Bella sur son compte. Qu’il fasse comme bon lui semble, elle se bornerait à faire de même.
Elle continua sa tournée, imperturbable, renvoyant au lit les égarés. La Préfète-en-chef arriva dans un tournant lorsqu’elle tomba nez à nez avec l’un des Préfets de Griffondor. Barry Tromsore, fils du vice directeur du département des Aurors. D’après ce qu’elle avait observé, c’était un garçon discret mais efficace, elle l’avait souvent eu en cours puisqu’ils étaient tous deux de la même année. Narcissa allait lui demander de faire son rapport lorsqu’elle fut prise de vertiges. Elle s’adossa au mur de pierre, dérangeant au passage la Grosse Dame, en balade dans les tableaux du château.
— Vous pourriez vous excuser ! Effrontée !
— Désolée Madame, je me sens…bizarre.
— Ce sont les maux affectés à ceux de votre âge.
Sur ces dernières paroles sans queue ni tête, la piètre walkyrie partit rejoindre son poste à l’entrée du dortoir des rouges et or. Barry qui venait d’apercevoir la jeune fille se précipita vers elle.
— Ca ne va pas ?
— Je… Je…
Elle ne supportait plus la chaleur et avait l’inquiétante impression de suffoquer.
— Attends Black, je vais t’aider.
Il accompagna les mots du geste, en passant son bras sous l’épaule de la Serdaigle. A mieux y regarder, il commençait plutôt à la serrer d’un peu trop près, faisant sciemment glisser ses doigt sur la poitrine et la gorge de la belle.
— Et maintenant Black, que vas-tu faire ? Je sais qu’à ce moment précis tu as envie de moi, or je ne voudrais pas te décevoir…
Alors que le garçon déblatérait des paroles insensées sur un ton des plus ironiques, Narcissa comprit l’ampleur des problèmes qui l’attendaient à Poudlard. Mais surtout elle constatait avec effroi qu’il n’avait pas tout à fait tord. Une envie irrésistible d’embrasser Tromsore lui tiraillait les entrailles alors que sa tête et son cœur hurlaient le nom de Lucius en un ultime appel à l’aide.
Ce ne fut pas Lucius qui répondit. Mais quelqu’un auquel elle ne s’attendait pas.
— STUPEFIX !
Barry Tromsore fut frappé d’un éclair rouge et tomba, sans connaissance sur le sol glacial. Narcissa n’en menait pas plus large, agenouillée, le dos contre la paroi de pierre. Des frissons parcouraient ses membres. Le sauveur se baissa auprès de la Préfète et pointa sa baguette sur elle.
— FINITE INCANTATEM !
Il réajusta la cape de la jeune fille et se pencha sur le cas de la personne à terre.
— Regulus ?
Finis les tremblements et l’étrange tiédeur qui l’avaient envahie quelques minutes auparavant, la jeune Black s’était relevée et avait rejoint son cousin.
— Tu devrais faire attention à ce qui se trouve sur ta table chère Narcissa. Certains élèves se sont jurés de te détourner de ton mariage avant la fin de l’année, il y a même des paris et tous les moyens sont bons pour eux. Tromsore était l’un des plus dangereux à ce que je sais.
— Merci. Je me méfierai à l’avenir. Et pour ce débris ? On ne va pas le laisser comme ça… Même si l’idée est séduisante.
— Partageons-nous le travail : je le réveille et toi tu lui fais tout oublier.
— C’est dans mes cordes.
Narcissa était redevenue l’implacable Serdaigle, sûre d’elle et aussi impitoyable qu’un sphinx. Elle observa son sauveur sortir Barry de son coma, Griffondor qui affichait un air hagard particulièrement pathétique. Il tourna son regard sur celle dont il pensait faire sa victime mais les rôles s’étaient inversés.
— OUBLIETTES !
Le fils à papa ne se souviendrait de rien. On lui dit qu’il avait trébuché et s’était cogné la tête puis chacun rejoignit ses appartements. Fin de l’affaire.
Ou presque.
De retour dans son alcôve la gente damoiselle fit le bilan des récents évènements. Quelqu’un lui volait les lettres de Lucius qui lui étaient destinées et Napoléon avait été blessé. Elle avait cherché des comportements étranges envers elle et s’était aperçue que beaucoup trop de personnes pouvaient être soupçonnés. Les filles étaient jalouses et les garçons la désiraient. Son verre de jus de citrouille avait été enchanté de façon à ce qu’elle tombe dans les bras du premier venu à la fin de sa ronde, ce fut Barry. Plus intéressant encore, Regulus lui avait confirmé qu’elle était la cible d’élèves malveillants.
Elle chercha la nuit entière une façon de régler cette histoire d’empoisonnement définitivement. S’occuper des apprentis sorciers qui tentaient de briser son idylle viendrait dans un second temps, ce qui importait pour le moment était de se protéger d’eux. Au petit matin elle savait ce qu’elle devait faire et commença à préparer la contre attaque. On ne s’en prenait pas à Narcissa Black impunément.
Nombreux sont ceux qui en ont fait les frais.
Slugorn. Et dire qu’il ne lui restait qu’un an à supporter son insipide babillage… Cela pourrait presque lui manquer. Mais trêve de plaisanterie, pour le moment, il allait lui être utile. Narcissa était certaine qu’il ne pourrait pas lui refuser, rien que pour avoir l’opportunité de lui rappeler ce service rendu, par la suite. Ce qui aurait pu se révéler fort agaçant plus tard si ce n’est qu’avec le maître des potions, l’autorisation d’avoir accès à la réserve de la bibliothèque serait bien plus facile à obtenir qu’avec un autre professeur. La jeune Préfète-en-chef ne s’était pas trompée, tout miel, le rondouillard directeur de Serpentard s’était empressé de satisfaire à sa requête.
Aussitôt le parchemin signé, la jeune Serdaigle l’apporta à Mrs Pince, éternelle bibliothécaire, sèche et revêche compagne de Rusard dans sa quête de persécution des élèves. Cette dernière fit donc entrer la jeune fille dans l’enceinte protégée des livres considérés comme dangereux.
Ce ne sont pourtant pas les pires.
Peut en témoigner la bibliothèque secrète de cette chère Elladora.
Seule face à ces ouvrages, Narcissa entreprit de trouver celui qui lui fournirait la formule voulue, celle qui annulerait les effets de tout poison à son contact.
Il ne lui fallut que quelques heures pour trouver la potion adéquate. Heureusement, elle pouvait être rapidement réalisée malgré un niveau de difficulté assez élevé.
Le lendemain matin, l’héritière Black passa commande des ingrédients qui lui manquait et confia le bon d’achat à l’un des hiboux de l’école, Napoléon étant trop reconnaissable et pas encore rétabli. De toute la journée elle ne put rien avaler, refusant le risque de succomber au joug de sortilèges qui d’une manière ou d’une autre, l’éloigneraient de Lucius.
Lorsque les ingrédients demandés arrivèrent à la tombée de la nuit, elle se rua dans sa chambre de Préfète pour commencer sa provision de potions. Elle y passa toutes ses heures de sommeil. Un temps bien employé selon elle. Au petit matin, en arrivant dans le grand hall elle se fit le plaisir de manger tout ce qui lui faisait envie, son métabolisme lui permettant de manger ce qu’elle voulait, sans se soucier le moins du monde de sa ligne. Un don du ciel.
Un de plus.
Combien de fées ont bien pu se pencher sur le berceau de cette gracieuse enfant ?
Le lendemain, elle s’offrit un autre plaisir : écrire à Lucius pendant son cours de potion. Slugorn ne vit rien et elle eut le culot de rendre la potion la mieux réussie de la classe avec les compliments du professeur.
Mais en cette veille d’Halloween, Narcissa n’arrivait même pas à se réjouir de ce tour de force qui n’en était pas vraiment un. Comment aurait-elle pu ? Toute l’école était endeuillée. Le fait que le crime se soit produit à la lisière même de la forêt interdite n’avais pas pu heurter plus encore les esprits qu’ils ne l’étaient tant il avait été de nature abjecte et inhumaine. Les élèves de première année qui avaient découvert la dépouille aux premières heures du jour étaient encore à l’infirmerie, soumis à des potions très puissantes pour chasser les images qui les hantaient. D’après le discours qu’avait fait Dumbledore, ils ne sortiraient pas avant la fin de la semaine.
Narcissa comprenait aisément. Tuer un être aussi pur qu’une licorne était une sombre ignominie. Pire encore lorsque la victime venait tout juste de naître, car c’est une licorne argenté qui s’était échouée à l’orée de la forêt. La demoiselle et même les Serpentards les plus intégristes maudissaient le nom de l’infâme.
Tous savaient de qui il était question. Grindelwald. Les marques de sang qui ornaient l’innocent en un linceul révoltant étaient sa signature, la même retrouvée sur les enfants qu’il mutilait il y a si longtemps déjà.
Il était près de Poudlard. Dumbledore devait combattre sur deux fronts : Voldemort et Grindelwald. La tâche allait se révéler ardue. L’école ne ressemblait plus à un havre de paix dissocié de la réalité si sordide.
En passant devant le bureau de Slugorn le soir, elle entendit deux voix qu’elle reconnaissait assez bien malgré l’inquiétude qui les troublaient.
— Professeur Slugorn ! Qu’est-ce que ce fou peut bien avoir en tête ? Pourquoi tuer une licorne ? Et si jeune en plus…
Le timbre était déjà sec bien que le temps n’eut pas encore eu de prise sur elle, ce ton pincé appartenait au Professeur Mac Gonnagall, enseignante de Métamorphose et prétendante au titre de futur directrice de la maison Griffondor. Son interlocuteur avait une voix molle et traînante. Intriguée par la tournure que prenait la conversation, Narcissa resta dans le couloir.
— Qu’en sais-je ? Le sang de Licorne ne fait pas partie de l’étagère d’un sorcier qui n’a rien à se reprocher.
— Mais vous êtes bien professeur de Potions…
Le vieil homme soupira, la femme qui lui faisait face était trop idéaliste. Pour elle, les anciens devaient forcément avoir les réponses aux questions qu’elle se posait, plus encore lorsqu’ils avait un rang supérieur au sien. Il se rassura en pensant qu’elle aurait vite fait de réparer cette erreur.
— Minerva, je suis effectivement professeur de Potions mais je ne suis pas allé fouiller assez profondément pour savoir quelle utilisation les mages noirs pouvaient faire du sang de licorne. Car c’est bien la seule utilité que l’on peut y voir : de la magie noire. Mais je sais que… Si quelqu’un venait à boire du sang de licorne, il… Aussi horrible cela puisse-t-il paraître, il parviendrait à prolonger sa vie même si celle-ci arrivait à son terme. Comprenez-vous ? Serait-il en train d’agoniser qu’il survivrait.
— C’est pour cela que…
— Il y a de fortes chances. Dumbledore le sait. Et ce qu’il sait aussi et que Grindelwald doit savoir également, c’est que quiconque perpétra un acte aussi répréhensible, verra son âme damnée. Ce qui n’a jamais inquiété ce mage noir, je ne vous apprends rien.
Ne souhaitant pas être aperçue à cet endroit, la jeune préfète rejoignit le dortoir des Serdaigles, considérant en avoir appris suffisamment. Une fois de plus la haine des hommes la décontenançait.
Enfant encore ignorante.
Tous les hommes haïssent, cela leur donne la possibilité de devenir plus fort.
Nous sommes tous ainsi et tu le deviendras.
Tu l’es devenue.
Le sommeil eut des difficultés à la ravir mais prit le dessus sur la demoiselle harassée par une longue série de nuits torturées.
Dans les jours qui suivirent, aucun changement ne vint troubler la vie à Poudlard. Rien de nouveau. Les première année qui avaient quitté l’infirmerie étaient couvés par les professeurs comme des poussins à peine sortis du nid.
Narcissa reçut des lettres de ses amis qui lui recommandaient d’être prudente. Tous étaient très occupés, que ce soit par l’Ordre du Phénix dont ils ne parlaient pas ou par leur vie privée. Chacun devait voler de ses propres ailes et faire bien attention de ne pas se faire brûler par les temps qui couraient. Avec ça, Narcissa ne pouvait s’empêcher de se faire du souci pour eux, et pour les enfants aussi, victimes privilégiées de Grindelwald. Trois en tout depuis le début de l’année scolaire et on ne comptait pas la licorne.
Le seul baume au cœur pour la jeune fille fut la première lettre de Lucius qu’elle recevait de l’année. Il s’était étonné des évènements qui l’avaient empêchée de communiquer et exprimait son soulagement à savoir qu’elle avait réglé le problème.
Oui elle avait un peu anticipé sur la résiliation de l’inconvénient mais elle avait tout prévu. A Noël, lorsqu’elle reverrait Lucius, tout ceci ne serait plus qu’un mauvais souvenir. Le bal d’automne, organisé pour faire oublier les tragiques incidents d’Halloween, allait lui en fournir l’occasion rêvée.
Les préparatifs du bal avaient eu l’effet escompté, tout le monde n’avait plus l’esprit qu’à la fête. Tout le monde sauf les professeurs bien entendu. Narcissa avait surpris d’autres bribes de conversation qui ne manquaient pas d’intérêt. Voldemort ne restait pas inactif et les attaques contre les Aurors et les membres de l’Ordre du Phénix se multipliaient, Alice et Franck avaient une fois de plus réussi à s’extirper des griffes de l’héritier de Salazard, par miracle. Un miracle de plus, mais jusqu’à quand aurait-on des miracles ? Cela ne pouvait durer éternellement. Dumbledore aussi, vieil idéaliste qu’il était, le savait.
Mais l’heure était à la fête et Narcissa avait des choses à préparer. Tout se déroulerait comme elle l’avait prévu. Elle le pressentait , Tromsore se jetterait de lui-même dans le piège qu’elle lui tendait. Elle n’avait pas évolué dans un monde de Serpentard pour rien.
Le fameux soir enfin arrivé, deux jours avant le départ du Poudlard express pour les vacances de Noël, la demoiselle était fin prête. Comme à l’accoutumée, elle était divine. Le bleu nuit qui décorait son corps rendait la voûte céleste bien pâle en comparaison. Son aigle d’argent autour du cou, elle se rendit à la grande salle alors que le bal commençait tout juste. Du haut de sa dernière année d’étude, personne ne lui arrivait à la cheville. Peu la détestaient pour cela car son courage n’avait rien à envier aux Griffondors et son intelligence se plaçait au dessus du lot commun. Elle était unique et parfaite, selon certains. Ils n’avaient pas tout à fait tord.
Or le monde n’est pas empli de bonnes intentions uniquement. L’héritière de Rowena n’avait pas la naïveté d’y croire. Tromsore en était le parfait exemple. Et ce soir, elle allait confirmer aux yeux de tout Poudlard qu’il valait mieux ne pas la prendre pour cible.
Son entrée fit sensation, un tel ange ne pouvait que signifier que le monde tournait bien rond. Que le ciel veillait sur nous. Deux ou trois élèves de première année, des petites de Serdaigle, allèrent la complimenter sur sa tenue. Puis le directeur de l’éminente école annonça l’ouverture du bal. En leurs fonctions de Préfets-en-chef, Narcissa et Regulus furent les premiers sur la piste. Rien ne laissait paraître une quelconque complicité entre les deux jeunes gens.
Cette danse finie, Narcissa se rendit vers le buffet pour boire un simple jus de fruit. Bien que ne craignant plus rien grâce à la potion qu’elle avait fabriquée en grande quantité, elle s’était promis de ne plus toucher à un jus de citrouille de sa vie. A peine eut-elle posé son verre qu’elle sentit fondre sur elle, tel un rapace, le fameux Barry Tromsore.
Pauvre de lui, il ne sait pas qui des deux est le véritable oiseau de proie.
— Chère Narcissa, tu me vois désolé de te voir venir si seule au bal de Noël…
Quel mauvais comédien, son air faussement apitoyé ne lui seyait guère. A côté de lui, même Pettigrow aurait mérité un Sorcier d’Or.
— Seule ? Mais toute l’école est là Tromsore.
Contrairement à ce qu’avait prévu le jeune Griffondor, la jeune Black avait conservé son ton glacial et son teint d’albâtre. Aucune faiblesse. C’est là que Tromsore eut vraiment l’air dépité. Mais ce n’était pas fini. Narcissa avait deviné que le verre qu’elle venait de prendre était ensorcelé, mais ce que ne savait pas le blanc-bec qui lui faisait face, c’est qu’elle ne pouvait être touchée par ce poison. Il tenta de se remettre d’aplomb.
— Certes, mais tu n’as pas de cavalier, c’est dommage tu ne trouves pas ? Tu aurais pu me demander de t’accompagner et t’éviter ce désagrément.
— Mais je ne suis pas venue seule. Je ne sais pas d’où te vient cette idée.
L’intonation de l’impétueux se fit plus dure et plus agressive.
— Ne raconte pas d’histoires Black, tout le monde sait que depuis que Potter, Lupin et les autres ont quitté l’école, tu viens toujours seule à chacun des bals de l’école. Alors qui serait venu avec toi ?
— Peut-être seras-tu ravi pour moi d’apprendre que mon cavalier se trouve juste derrière toi alors.
Un sourire moqueur au visage, Narcissa regarda Barry découvrir Regulus Black qui le toisait de ses yeux bleus et perçants. Devant la déconfiture apparente de l’apprenti empoisonneur, la jeune préfète sut que c’était le moment. Elle jeta son sort sur la créature. Un sort informulé, bien entendu, cependant toute la salle pourrait profiter.
Avant qu’il n’ait pu dire quoi que soit, les élèves se rapprochaient et murmuraient tout autour du petit groupe.
Comment se fait-il qu’elle soit venue avec son cousin ? Tout le monde sait pourtant qu’ils ne sont pas en meilleurs termes. Et puis avec toute la quantité de filtre que j’ai fait mettre dans les boissons, elle devrait déjà me tomber dans les bras.
— Cela serait étonnant.
Pourquoi me dit-elle ça ? Elle ne peut pas lire dans mes pensées, elle n’oserait pas utiliser la légilimancie devant les professeurs. Et puis que font donc la moitié des élèves près de ce bar, ils n’ont rien d’autres à faire ? Pourquoi me regardent-ils ? C’est pas avec leur aide que je vais réussir à séduire Black.
— C’est certain Monsieur Tromsore. Et je doute que vous y arriviez jamais.
Dumbledore ici ? Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond.
— Malheureusement pour vous c’est exact. Il est interdit de chercher à envoûter un élève de cette école par le biais de la magie. Comme il serait normalement interdit à quiconque de vous jeter un sort afin que chacun puisse savoir ce à quoi vous pensez…
Barry eut du mal à comprendre mais tout le monde autour de lui comprenait fort bien. Trop bien même. On lisait en lui comme dans un livre ouvert, au sens propre comme au figuré. Les phrases de fumées se formaient au dessus de Barry, révélaient ses plus sombres pensées. Il s’était trahi, aidé quelque peu part Narcissa, il est vrai.
— Mais que… ? C’est un cauchemar, je vais me réveiller. Ne me dites pas que cette garce de Black a découvert le pot aux roses.
— Monsieur Tromsore, je viens de vous dire que chacun ici peut avoir accès à vos pensées. N’aggravez pas votre cas et suivez-moi dans mon bureau, nous allons régler cette histoire. Un conseil, récitez en silence une comptine.
Même confronté à des individus peu recommandables, le prestigieux directeur de Poudlard gardait son sourire avenant. Après un clin d’œil pour la sorcière aux cheveux d’or, il quitta la grande salle suivi par un Barry Tromsore, la tête entre les épaules.
— Voilà qui est remarquablement joué Narcissa.
— Merci Regulus. Oh ! Une valse. M’invites-tu ?
Le bal se finit sans encombres, mais les murmures devaient durer encore un certain temps et Barry allait en faire les frais. Purent en témoigner les propos que proliféra une masse translucide et immatérielle lorsque le garçon passa, devant elle, sur les pas de Dumbledore.
— Et dire qu’il s’agit d’un brillant élève de ma maison. Je ne sais pas si je m’en remettrai un jour.
— Qu’est-ce que tu veux Quasi-sans tête… Tous les Griffondors ne sont pas immaculés. Railla un cinquième année de Serpentard.
— Je préfère "Sir Nicholas". En tout cas, le Baron Sanglant ne me laissera pas oublier de sitôt cette humiliation.
Pour ça non.
Aussi vrai qu’il est le fantôme de la maison de Salazar.
— Tu as lu ça Severus ? Une école. Toute une école, dix-huit enfants.
L’ombre sinistre qui était tapie sous l’un des patères du hall d’entrée parcourut une dizaine de mètres pour se retrouver tout juste derrière la frêle silhouette qui épluchait avidement la Gazette du sorcier.
— Grindelwald a donc frappé dans les Highlands. Ce qui est positif dans cette histoire c’est qu’il s’est éloigné de Londres et qu’il ne rôde plus dans la forêt interdite.
— Comment peux-tu être aussi indifférent Severus ? Ces enfants ont été tués puis mutilés… c’est immonde.
L’autoproclamé Prince de Sang-mêlé prit le chiffon de papier des fines mains de la jeune fille. Il était revenu d’un voyage à l’étranger pour une petite semaine selon ce qu’il avait affirmé à la future mariée.
— Narcissa, tous les sorciers ne sont pas de gentils sorciers. Tu le sais tout autant que moi. Il y en aura toujours pour s’en prendre aux plus faibles. Tu ne peux pas remédier à tout, même toi. C’est la loi du plus fort. Le plus fort survit.
— Je devrais pourtant y remédier. On devrait tous le faire.
L’air contrit de la jouvencelle réussit à arracher un sourire, quelque peu moqueur certes, de la part du croque-mort.
— Petite Princesse. Tu en fais déjà beaucoup. D’après ce que j’ai pu comprendre de tes propos, tu t’en es bien sortie depuis septembre.
— Le cas Tromsore ?
— Oui. J’imagine déjà le savon que son père a dû lui passer à ce cher petit. Mais dis-moi ? La potion que tu utilises, tu en prends tous les jours ?
Une ridule d’étonnement fit son apparition sur le visage si parfait de Narcissa.
— Oui, chaque matin.
— Même depuis que tu es rentré de Poudlard ?
— En fait c’est devenu un automatisme donc…
Le sombre jeune homme coupa si sèchement son amie qu’elle eut un hoquet de stupéfaction.
— Jette tout ton stock. Je vais te préparer une autre potion. Celle que tu prends va te rendre dépendante en moins de temps qu’il n’en faut pour dire "Goutte du mort-vivant". D’ailleurs, ça a déjà commencé d’après ce que je constate. Dès que tu seras définitivement sortie de Poudlard, n’en utilise que lorsque tu te rendras à des réceptions à l’extérieur.
— Bien. Je suppose que tu sais ce que tu fais. Je te fais confiance.
— Une balade sous la neige Severus ? Lucius ne vient me chercher que dans deux heures.
C’est avec plaisir que les deux rapaces, celui qui en avait l’apparence et celui qui en avait la ligne de conduite, rejoignirent le jardin blanchi par les flocons. Couple étrange en vérité. Couple d’amis partageant la joie d’un après-midi laiteux de décembre dans les jardins vierges de fleurs.
*****
— Hey ! Toi, le rat ! Apporte-nous à boire et plus vite si tu ne veux pas qu’il te pousse des ailes !
— Oui, tout de suite messieurs.
La voix, geignarde et mielleuse à l’écœurement, s’éteignit avec la distance que prenait la rampante créature.
— Macnair, tu ne devrais pas autant l’effrayer, il pourrait mourir de terreur et dans ce cas, il ne me servirait plus à rien.
Cette voix-là était caverneuse, mielleuse, légèrement sifflante, stridente même. Seuls autour de cette table étaient des spectres noirs, soulignant encore plus, si c’était possible, l’ambiance sordide de ce trou de pierres verdies par les affres du temps.
— Maître, à propos de Grindelwald, que devons-nous faire ?
— Mon cher Lucius, je comptais justement en parler ce soir. Je vois que tu es décidément un bon élément. Merci Bella de me l’avoir amené.
Celui qui faisait figure de chef dans cette assemblée marqua une courte pause, dévisagea chacun des convives. Ils buvaient le moindre mot qui sortait de l’orifice lui servant de bouche de bouche, plaie béante aux yeux des justes. Bien que sachant pertinemment avoir l’attention des uns et des autres, il fit durer l’attente avant de reprendre.
— Pour Grindelwald, nous allons lui proposer une alliance. Il aime les enfants, qu’il prenne donc la vie des petits moldus, cela nous facilitera la tâche. S’il refuse… ma foi, tant qu’il ne se met pas en travers de mon chemin…
Le rire glacial s’engouffra dans les moindre recoin de la pièce, tétanisant les plus faibles et ceux qui l’étaient moins, ne laissant de marbre que ceux qui étaient devenus les bras droits du Lord aux yeux rougeoyants.
Lucius, tu n’as pas tremblé alors que même Bellatrix et Macnair avaient le sang glacé.
Lucius…
Les vacances furent trop courtes. Elles le sont toujours lorsqu’on les passe en compagnie d’êtres chers.
Pour certain, elles sont un Enfer.
Lucius avait fait des efforts pour avoir un maximum de temps libre à passer avec sa promise. Celle-ci était aux anges.
Comme les anges étaient à elle d’ailleurs.
Le jeune et charmant Malefoy avait bien demandé à sa fiancée quels avaient été les problèmes qu’elle avait dus affronter depuis la rentrée mais elle s’était contentée de répondre que c’était de l’histoire ancienne et que nul ne s’aventurerait plus à l‘avenir dans ce genre de plaisanterie douteuse. Elle avait conscience de la position de Lucius au sein du Ministère et elle savait également que l’intégralité de l’histoire, ou presque, arriverait tôt ou tard à ses oreilles. Qu’importe ! Narcissa tenait à ce qu’il lui fasse confiance.
Et qu’elle sera sa réaction lorsqu’il apprendra que sa fiancée chérie a failli être abusée par un impudent qui l’avait droguée ?
En tout cas, Noël fut un ravissement. Narcissa avait passé une journée entière au Chemin de Traverse avec Remus pour trouver le cadeau idéal. Celui qui lui plairait. Mais devant chaque devanture une nouvelle déception l’attendait. Un foulard, il pouvait se l’offrir. Une cape aussi. Après avoir parcouru les rues encombrées une bonne dizaine de fois, la jeune fille finit par s’asseoir sur un banc un peu à l’écart, au bord des larmes.
— Est-ce sérieux ? La demoiselle qui a ridiculisé le fil du vice directeur des Aurors devant tout Poudlard, offrant ainsi un sujet de conversation aux tableaux de l’école pour les décennies à venir, pleure car elle ne trouve pas de présent digne de son fiancé ?
Remus tenta de réconforter la jeune fille en la serrant contre lui. On l’oubliait souvent mais cette jeune personne n’avait encore que seize ans. Une adolescente au cœur fragile. Elle se détendit un peu et tenta de se reprendre.
Chassez le naturel il revient au galop.
— Je ne trouve pas Remus. Aucune idée ne me vient à l’esprit. C’est effrayant.
— Petite Princesse, c’est un homme qui n’a pas de besoin matériel. Ce n’est donc pas de ce côté qu’il faut chercher. Et puis ce qui devrait être le plus important pour lui à Noël, c’est d’être auprès de toi, non ?
Moi c’est ce que je voudrais, et cela m’irait parfaitement. Je serais comblé même, ne demandant rien de plus, Princesse.
— Alors que faire ? M’enrouler dans du ruban et lui dire « Tiens voilà ton cadeau ! » ? C’est ridicule non ?
Remus ne dissimula pas le fou rire qui le prit.
— En effet, mais quel beau présent ! Idée incongrue, je te l’accorde. C’est ta robe de mariée qui fera office de ruban d’ici quelques mois.
A mon grand regret, ce cadeau sera bel et bien pour Lucius.
Regret partagé par de nombreux représentants de la gente masculine.
Narcissa rougit et Remus en profita pour la taquiner un peu. Ces derniers temps, il n’avait pas souvent l’occasion de partager avec son amie de tels moments d’intimité et de complicités. Son traitement à Sainte Mangouste était sur la bonne voie mais les mises aux points prenaient du temps et beaucoup d’énergie.
— Tu ressembles un peu à Molly comme ça tu sais.
A ces mots la jeune fille eut un sursaut, une révélation venait de lui tomber du ciel, ou plutôt de la bouche du jeune Lupin.
— Mais oui ! Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ? L’horloge de Molly ! Voilà ce qu’il me faut!
— Tu ne vas pas lui offrir l’horloge de Molly ? Elle y tient beaucoup et puis…
— Mais non, gros bêta. Mais je sais maintenant ce que je vais acheter. Il me faut une montre !
D’un pied ferme et bien décidé, la fière petite dernière d’Arthus Black entraîna un certain loup-garou à sa suite. Elle alla tout droit chez Tempus Magistry. Ce dernier se targuait d’être le meilleur antiquaire du monde contemporain. Or chacun savait que l’enseigne, tout à fait hors de prix, du sorcier recelait de magnifiques horloges mises au point par les meilleurs sorciers des ateliers suisses. Autant dire qu’il était question du must.
Un léger carillon accompagna l’entrée fracassante des deux jeunes gens. Un homme d’une quarantaine d’année, les cheveux poivre-sel et l’air hautain sortit de l’arrière boutique, un salon privé pour les ventes de grosses envergures. Narcissa y avait déjà été introduite pour accompagner son père. Il la reconnut instantanément.
— Mademoiselle Black. Quel plaisir et quel honneur de vous revoir dans ma modeste boutique. Que puis-je donc faire pour vous être agréable ? Commandez, votre serviteur obéira.
Est-il besoin de préciser qu’il était aussi célèbre pour son éloquence ? Certaines mauvaises langues prétendaient qu’il était apparenté au professeur Slugorn. Mais Narcissa, elle aussi, savait jouer à cette ronde des mots.
— Mon cher Tempus. Je cherche un objet unique voyez-vous.
— Vous avez frappé à la bonne porte douce Dame. Puis-je savoir de quel genre d’objet êtes-vous en quête ?
— Une montre.
— Vous n’auriez pu me faire plus grand plaisir que de venir ici pour cet article. Une montre… Mais il n’y a que moi pour vous contenter sur cette terre ! Je suis l’homme qu’il vous faut.
— Je n’en doute pas, c’est la raison de ma présence ici.
— Alors je vous prierai de bien vouloir me suivre dans le petit salon. Il me semble que j’ai quelques petites merveilles qui pourront vous plaire.
La jeune Serdaigle, Remus sur ses pas, investit le petit salon en question. Confortablement installée dans des fauteuils de velours grenat, ils firent honneur au thé servi par l’elfe de maison de leur hôte.
— Sachez ma chère demoiselle que je reviens tout juste d’un voyage en Suisse et que j’y ai déniché un pur trésor. Je l’avais mis de côté car je le considère comme trop précieux pour aller dans de communes mains, mais je réalise à présent qu’il était destiné à vous revenir. Je vais de ce pas vous le présenter.
L’homme ouvrit le tiroir d’une des nombreuses commodes de la pièce et en sortit un coffret d’ébène. Il l’apporta à Narcissa qui l’ouvrit délicatement.
Elle en resta sans voix.
— Alors ? N’est-elle pas unique ?
— Elle est parfaite. Je la prends.
— Vous faites de moi le plus heureux des hommes.
Le jeune loup-garou assista en silence à la transaction et réussit à ne pas s’étouffer en entendant la somme demandée par le commerçant. Il comprenait maintenant que la réputation de l’endroit n’était pas usurpée et que cette enseigne n’était vraiment pas accessible au sorcier moyen. Pourtant la jeune fille régla la facture rubis sur l’ongle. Remus ne s’en étonna pas, sachant qu’elle avait hérité de la fortune de son père biologique. Argent qu’elle avait accepté, dans un souci d’indépendance financière, à défaut d’accorder l’honneur de la paternité à Erwan Eaglet.
Ils quittèrent donc les lieux au gré du sourire épanoui de la jeune fille, non sans que Tempus n’ait pu faire part de son plaisir d’avoir fait affaire avec elle.
— Voir votre beauté s’épanouir jour après jour est le meilleur des salaires. J’espère vous revoir bientôt dans mon humble échoppe.
La journée se finit joyeusement dans divers achats pour le reste de la famille et les amis.
Puis vint Noël, le jour saint. La soirée était presque parfaite chez Arthus Black. Bellatrix et son époux n’avaient pas pu venir car une affaire pressante les attendait. Heureuse nouvelle pour Narcissa. D’autant plus que Lucius était bien évidemment de la partie. On comptait aussi Regulus et Sinistra pour cette fête, mais Narcissa était habituée à faire avec.
Tout se déroula sans encombre : le dîner fut savoureux, et l’ambiance assez détendue. Peu avant l’échange des cadeaux, les uns et les autres s’éclipsèrent quelques minutes, histoire de porter les derniers arrangements aux présents de la nativité.
Dans l’un des corridors du manoir, les deux hommes palabraient. L’un semblait maladivement oppressé par l’autre.
— Voilà donc ce qui s’est vraiment passé à Poudlard. Bon, viendra le jour où je règlerai cette histoire moi-même. En attendant j’espère pour toi que tu ne te défileras pas. Le maître n’apprécierait pas.
Le dominant paraissait quelque peu fâché par ce qu’il venait d’apprendre mais gardait un calme terrifiant. Le gamin, accablé, acheva la conversation.
— Je ferai ce que j’ai à faire. Quant à toi, tu devrais retourner auprès de ta fiancée, elle arrive vers nous et je gagerais que c’est toi qu’elle poursuit.
L’ombre brune s’éclipsa, laissant là l’aristocrate, bientôt rejoint par sa promise.
— Lucius, je vous cherchais justement.
Les mains de la blanche damoiselle, de rouge vêtue, tremblaient sur un coffret de bois d’ébène. Devant l’homme de ses rêves, Narcissa déesse de marbre redevenait une adolescente de chair et de sentiments. Une jeune fille qui n’avait que son amour pour arme et absolument rien pour se défendre.
— Que puis-je donc faire pour être agréable à ma future épouse ?
— Tenez, je voulais vous l’offrir avant que nous ne rentrions dans la grande salle.
Le jeune homme prit la cassette entre ses mains.
— Qu’est-ce ?
— Votre cadeau. J’espère qu’il vous plaira.
Narcissa se tordait nerveusement les mains. Remus avait beau eu la rassurer pendant qu’elle enchantait l’objet, elle avait peur que son cadeau ne plaise pas. Pour sûr, si c’était le cas, elle ne s’en remettrait pas. Lucius le comprit également. Il déposa un baiser sur le front de sa fiancée.
— J’en suis certain. Merci.
Enfin il mit fin au supplice en ouvrant la précieuse petite boite. C’était une montre, datant visiblement de plus d’une centaine d’années, elle avait une chaîne en orichalque. Les miroitements flamboyants du métal antique donnaient à la scène une atmosphère hors du temps. Tempus n’avait pas menti, la montre était un pur trésor valant bien les nombreux gallions que Narcissa lui avait cédés.
— C’est un très beau présent Narcissa. Je ne suis pas près de me séparer de cette montre.
— Vous pouvez l’ouvrir.
Lucius ouvrit donc le cadran pour découvrir les aiguilles d’or qui, en plus de donner l’heure, indiquait "au manoir Black" de son doigt portant le nom de Narcissa. La jeune fille avait ensorcelé la montre pour qu’elle puisse révéler l’endroit où elle se trouvait et la situation dans laquelle elle était. Si la dénomination avait été ajoutée, on aurait pu, également, y lire"embarrassée".
Lucius resta coi l’espace de quelques secondes. Décidément, sa fiancée l’étonnait jour après jour, un tel sort n’était pas à la portée de tous les sorciers, même confirmés. Et il doutait beaucoup de la capacité de ces sorciers à avoir des joues aussi empourprées que celles qui obsédaient ses pupilles.
— Voilà qui me sera très utile je pense. Ce qui me laisse perplexe par contre, c’est la façon dont je vais pouvoir vous dire à quel point ce cadeau est exceptionnel pour moi. Mais j’ai peut-être une idée.
Cette fois, ce furent les lèvres de la demoiselle qui eurent le privilège d’être gratifiées d’un baiser. Lorsque la jeune fille put à nouveau parler, ce fut pour s’extasier sur l’écharpe en fourrure de demiguise qui fut passée autour de sa gorge blanche. Les longs poils soyeux de l’animal étaient souvent utilisés pour fabriquer des capes d’invisibilité mais leur couleur argentée plaisait tant, que parfois, certains sorciers se payaient le luxe de le porter en accessoire.
— Elle est superbe. Merci, vraiment.
— Je me suis dit que les couloirs de Poudlard en hivers ne devaient pas s’être réchauffés en sept ans et que, n’étant pas là pour y remédier, il fallait que je trouve une solution pour être sûr de retrouver ma fiancée entière pour mon mariage.
— Mais je n’oserai jamais la porter à l’école.
— Alors vous la garderez dans votre chambre en pensant au nombre de jours qu’il vous reste à vous languir de moi avant de me revoir.
— C’est une idée.
La musique provenant du salon les rappela sur Terre en cette nuit de Noël. Moment de répit pour le Monde.
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