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| Elinya | Auteur: Folkvnir | Vue: 14724 |
| [Publiée le: 2008-01-13] [Mise à Jour: 2008-12-29] | ||
| AP Signaler | Heroic Fantasy | Commentaires: 25 |
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Description: Voici la suite et fin du cycle de l'Héritage. Alors qu'une bataille est remportée, le mystérieux roi Galbatorix frappe là où ne l'attend pas. Les nains deviennent sa première cible, ainsi que Murtagh, qui va rencontrer son pire cauchemar... Eragon parcourera ainsi tout l'Alagaësia, afin de connaître jusqu'aux fondements même de la terre qu'il foule depuis toujours. | ||
| Crédits: Ce récit reprend les personnages et lieux des deux premiers tomes de la trilogie de L'Héritage, de Christopher Paolini, qui possède leurs droits exclusifs. Tous les autres créés par mes soins sont donc de ma propriété. |
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Undora[1868 mots] |
Publié le: 2008-01-13 | |
| Taille du Texte: (+) : (-) | ||
En une fraction de seconde, poussière d’éternité, il revivait chaque moment passé en compagnie de la jeune femme à Farthen Dûr.
Comment il l’avait rencontrée dans sa cellule, alors que rien ne l’y obligeait.
Comment elle l’avait diverti, ému, amusé, parfois ébahi, voire même choqué, lors de leurs conversations, en dépit de sa lignée, vu qu’il était l’enfant d’un Parjure. Il se rappelait les fins contours de sa silhouette, qui contrastaient d’autant plus avec la rudesse légendaire, mais pourtant réelle, des nains à proximité. Il revoyait l’unique perle qui s’était écoulée sur sa pommette gracieuse, lorsqu’elle lui avait donné sa confiance en lui révélant l’un de ses secrets : sa mère, Falana, était une magicienne, une sorcière, qui adorait se servir de ses pouvoirs sur autrui, Nasuada étant sa cible privilégiée. Un sourire s’étirait sur ses lèvres pulpeuses lorsqu’il la réconforta, relatant son histoire, voisine de celle de la jeune femme, à la différence près que c’était son père qui, pour lui, était cruel.
Comment son père Ajihad l’avait prise avec lui pour fuir vers le Surda, pendant que le sommeil englobait l’être maternel.
Comment il avait compris pourquoi Nasuada détestait tant la magie, symbole vivant de son passé douloureux.
Puis le combat dans Farthen Dûr. Les hurlements de douleur. Le bruit sourd des flèches transperçant le vent puis la chair. Sa tenue de camouflage, une cotte de mailles imposante, surmontée d’un casque au front prononcé, plongeant celle qui se tenait à l’intérieur dans une profonde obscurité, accentuée par sa peau d’ébène.
Comment il l’avait sauvée d’un Urgal qui l’avait désarmée. Son cri de victoire sur l’ennemi puis la fureur d’Ajihad en la voyant sur le champ de bataille.
Comment elle devait le haïr maintenant, lui à qui elle avait donné sa confiance et qui l’avait trahie, elle et tant d’autres.
Le cœur du jeune homme s’obscurcissait à cette pensée.
Elle qui…
Une conscience étrangère effleura son âme, et toutes pensées furent annihilées d’un seul coup, Murtagh se protégeant derrière ses barrières mentales. Mais l’esprit ennemi était d’une force extraordinaire, et perça les défenses du jeune homme et perçut alors les dernières images du Dragonnier. Un sourire narquois s’étirait sur ses lèvres. Puis la pression se fit moins forte, et disparut. Le visage dur de la femme fixait celui du jeune homme d’un regard mauvais.
- Nous ne sommes pas ici pour rêvasser ou nous amuser. Je t’ai fait amener quelques petites choses pour te nourrir. Rejoins-moi dans vingt minutes sans faute dans la salle du trône. Je n’aime pas attendre, alors ne sois pas en retard.
Puis la femme se releva, prit une posture altière, se dirigea vers l’ouverture, proférant quelques mots pour la laisser ouverte, et disparut sans laisser la moindre opportunité au jeune homme de poser les myriades de questions qui se bousculaient dans sa tête.
Comment Nasuada pouvait-elle être dans le château de son pire ennemi ? Comment avait-elle fait pour s’introduire dans son esprit avec une telle férocité ? Et pourquoi lui aurait-elle caché ses pouvoirs ? D’ailleurs, elle semblait autrefois détester la magie, pourquoi s’en sert-elle alors ? Le haïssait-elle tant que ça ?
Cela n’avait pas de sens.
Cinq minutes s’étaient écoulées, et il n’avait toujours pas bougé d’un pouce. Il s’en aperçut, tous ses sens en alerte. Il engouffra alors la maigre miche de pain qu’elle lui avait amenée, manquant de s’étouffer entre deux bouchées, l’eau l’aidant à faire passer la nourriture dans son corps. Il s’habilla à une vitesse folle, portant les premiers vêtements qu’il trouvait. Une fois prêt, il enjamba les marches en colimaçon quatre à quatre, lorsque Thorn le contacta.
« Prends garde Murtagh, elle semble dangereuse. As-tu pris Zar’roc avec toi ? »
Le visage du jeune homme se pétrifia. Comment avait-il pu oublier son épée ?
Il redoubla alors d’intensité et d’efforts, dévala les marches, reprit et ceignit son épée à sa ceinture, puis, hors d’haleine, après une dizaine de minutes de lutte contre la pierre, il approcha de la salle du trône, tout en marbre blanc, provoquant la figure noire qui se trouvait en son centre.
Il la voyait dorénavant en plein jour, face à la lumière. Ce n’était pas Nasuada. Elle avait les traits beaucoup plus durs que ce dont il se rappelait de la jeune femme, et son regard était d’acier, empli de défiance et de cruauté. Au soleil on apercevait les rides qui s’étaient creusées sous les yeux et le front de la femme. Néanmoins, elle lui ressemblait beaucoup. Alors il comprit : c’était la mère de Nasuada.
Le jeune homme s’approchait de la femme, le regard imperturbable et glacial, don que lui avait fait son père Morzan. À cinq petits mètres d’elle, il s’arrêta, et attendit qu’elle lui parle. Les statues alentour le scrutaient de leurs yeux sans vie, une étincelle de fierté mortuaire dans le regard. Ils avaient été jadis les rois humains qui gouvernaient les terres centrales de l’Alagaësia, dont l’héritage avait été usurpé par Galbatorix. Avec un sourire sadique, la femme entrouvrit la bouche, et un son caverneux, à glacer le sang, fit vriller l’air à proximité :
- Je vois que tu as enfin compris qui j’étais. Je me nomme Undora. Le roi m’a ordonné de « t’éduquer » pendant son absence. Je crains qu’il ne t’ait que trop dorloté auparavant, cela va changer. Ton dragon et toi allez passer des moments pénibles en ma compagnie, cela est certain, mais c’est la seule manière pour vous deux « d’exprimer » totalement votre allégeance au souverain.
- Comment êtes-vous arrivée à la cour du roi ? Et pourquoi devrais-je me soumettre à vous ? Galbatorix sait très bien que j’ai de grands pouvoirs, personne n’a besoin de m’entraîner.
Le garçon fulminait. Un goût âcre s’empara de sa bouche au moment où une vague de dégoût s’emparait de son âme à la vue d’Undora.
- D’après ce que j’ai pu voir, tu es un piètre magicien. Il ne peut se le permettre.
Ces paroles résonnaient dans la tête de Murtagh comme le venin s’insinuant dans la moindre fibre de son corps. Une fureur sourde s’emparait de son cœur, se muant en une rage sans nom. Jamais on n’avait osé le traiter ainsi, excepté Galbatorix, seul à pouvoir le tenir en respect. Undora allait payer son insolence.
Il ouvrit alors son esprit, cherchant à pénétrer dans celui de sa rivale. Mais il fut trop lent. Elle s’était délectée de la réaction du jeune homme, et savourait déjà sa victoire. Elle rassembla ses forces magiques et se lança à l’assaut de l’esprit du Dragonnier, alors qu’il venait tout juste d’ouvrir son esprit, comme si elle savait quand il allait le faire. Cela eut un effet immédiat. Murtagh se retrancha profondément derrière ses défenses mentales, luttant pour sa survie. Jamais il ne s’était senti si démuni face à quelqu’un. C’était un flot d’énergie pure, qui s’évertuait à éventrer le bouclier mental du nouveau Parjure par la plus petite des brèches possible. Son mental se retrouvait compressé dans un étau, qui resserrait de plus en plus sa prise. Alors le corps étranger quitta Murtagh, retrouvant son intégrité, mais pas sa force. Ses jambes avaient du mal à le supporter, et il dut s’agenouiller lorsque son membre droit vacilla.
- C’est tout ?
Elle laissait ses paroles faire leur office, et s’extasiait à ce spectacle.
- Nous avons donc beaucoup de travail, cela est certain. Espérons que ton dragon sera plus…compétitif que toi !
Murtagh aurait voulu répliquer, mais il se sentait vide, ses forces l’avaient abandonné. Undora convoqua alors Thorn dans la salle du trône, ouvrant le gigantesque dôme de la salle pour le laisser pénétrer à l’intérieur. Après une minute d’attente, le dragon écarlate virevolta dans la salle, une fureur démente dans les yeux. Il gronda intensément en direction de la femme, mais celle-ci ne s’en souciait guère. Il avait dû ressentir la douleur de son Dragonnier lorsqu’il avait été attaqué.
Sans même se présenter, ou dire quoi que ce soit d’autre, Undora s’attaqua à l’esprit du dragon. Une toute autre partie venait de s’entamer, la magie ruisselant dans le corps du dragon étant incomparable à celle d’un humain. Cependant, il avait du mal à résister à l’assaut mental de l’ennemie. Jamais il n’avait effleuré une telle puissance de la part d’un humain, et cela le terrifiait. Il n’osait imaginer ce que le roi lui-même serait capable de lui faire subir. Le dragon se redressa de tout son corps, ses membres antérieurs en l’air. On pouvait apercevoir la blessure que lui avait infligée le roi avec l’huile de Seithr. Même si sa patte avait recouvré toute sa force, les cicatrices qu’elle portait étaient les témoins de la punition qu’il avait subie, séquelles que le roi avait sûrement dû désirer pour ne pas autoriser Murtagh à la soigner par magie.
Undora se concentrait comme jamais, son regard d’acier plongeait dans celui de braise du dragon. Une veine palpitait à la base de son cou. Thorn semblait s’affaiblir, ce qui valut un maigre sourire à la femme. Alors il contacta son Dragonnier :
« Aide-moi Murtagh, elle devient dangereuse. Il faut que tu crées une diversion. Je lui réserve une petite surprise ».
Alors le jeune homme semblait retrouver ses forces à mesure qu’une infime partie de l’énergie de son dragon se déversait en lui. Il empoigna Zar’roc, la sortit de son fourreau à une vitesse hallucinante, concentrant son regain d’énergie à la célérité de son geste. Undora para le coup de justesse de sa lame d’un vert sombre avec une telle force que le jeune homme fut projeté un mètre plus loin. Aussitôt un jet de flammes sortit de la gueule du dragon rouge, et sans prononcer un seul mot, elle stoppa le brasier qui s’apprêtait à la dévorer. Elle paraissait essoufflée, surprise et donc d’autant plus colérique. Elle ne remarqua cependant pas que le bas de sa tunique n’avait pu être protégé à temps du souffle de braise de Thorn. Elle s’affola, puis proféra « Letta brisingr » pour éteindre le feu qui consumait maintenant le bas de son châle. « Maintenant » pensèrent en chœur les deux compères.
En une fraction de seconde, il se releva et tout son corps s’élança vers celui de leur nouvelle « préceptrice », l’épée rouge sang, pointe en avant. Le corps de la jeune femme vrilla sous l’effet de surprise, mais pas assez rapidement. La lame venait de se planter dans son avant-bras gauche, un petit cri de douleur mêlé d’étonnement s’échappant bien malgré elle de sa bouche. Puis un large sourire narquois s’esquissait sur ses lèvres, son regard prenait une teinte de feu, ses yeux provoquant le jeune Dragonnier.
Avec un effroi grandissant, Murtagh regardait le bras mutilé de la jeune femme de devenir de plus en plus translucide, jusqu’à ce que la lame ne pût être arrêtée et qu’elle cédât à la gravité. Une horreur sans nom l’envahit tandis que Zar’roc s’effondrait au sol, incapable de la retenir. L’avant-bras d’Undora reprit une certaine consistance, et redevint aussi réel que l’extase qui luisait dans les yeux de la femme devant son « apprenti » transfiguré par la peur.
Undora, la mère de Nasuada, était en fait un Ombre.
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