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| Elinya | Auteur: Folkvnir | Vue: 14724 |
| [Publiée le: 2008-01-13] [Mise à Jour: 2008-12-29] | ||
| AP Signaler | Heroic Fantasy | Commentaires: 25 |
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Description: Voici la suite et fin du cycle de l'Héritage. Alors qu'une bataille est remportée, le mystérieux roi Galbatorix frappe là où ne l'attend pas. Les nains deviennent sa première cible, ainsi que Murtagh, qui va rencontrer son pire cauchemar... Eragon parcourera ainsi tout l'Alagaësia, afin de connaître jusqu'aux fondements même de la terre qu'il foule depuis toujours. | ||
| Crédits: Ce récit reprend les personnages et lieux des deux premiers tomes de la trilogie de L'Héritage, de Christopher Paolini, qui possède leurs droits exclusifs. Tous les autres créés par mes soins sont donc de ma propriété. |
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Des larmes coulera le sang[2724 mots] |
Publié le: 2008-01-13 | |
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Chapitre 2 : Des larmes coulera le sang
Aiedail, l’étoile du matin, brillait plus vive que jamais, lorsqu’Eragon sortit de son état de rêve éveillé qui était désormais le sien. Il se leva avec grâce, à la manière des elfes, pour ne pas réveiller Saphira, qui dormait apparemment profondément, les brèves agitations de la tête de la dragonne en témoignant. Un sourire s’esquissait alors sur la bouche du Dragonnier, chose rare ces temps-ci.
Depuis deux jours, le monde semblait s’être écroulé autour de lui ; Eragon croyait vivre dans une autre dimension, un rêve… ou plutôt un cauchemar. Il essayait de se tenir au fait que le seul frère qu’il n’ait jamais eu était Roran, et son père, Garrow, mais la voix de Murtagh, celui en qui il avait donné sa confiance, le hantait.
« Je reprends Zar’roc, par droit d’aînesse ». « Selena était ma mère, notre mère, ainsi que Morzan notre père ». Il en était tellement perturbé que cela réveilla la dragonne.
« Cesse de te tourmenter petit homme, cela ne fera qu’aggraver ton désarroi. Beaucoup de personnes tiennent à toi ici, mais aussi comptent sur toi. Souviens-toi de ceci : ce n’est pas le sang qui définit ce que tu es vraiment, mais uniquement tes propres choix. Ne te laisse pas sombrer, Eragon, et… » la dragonne marqua une pause, plaçant son œil couleur saphir au niveau du jeune homme, de sorte qu’il pouvait plonger son regard dans celui de sa partenaire, son amie, sa confidente ;
«… et je t’aime » conclut la dragonne, de telle sorte que la moindre fibre du corps d’Eragon frémit au son de sa voix, son cœur cognant contre sa cage thoracique. C’en était trop pour lui, et à cette déclaration des larmes s’écoulèrent d’elles-mêmes des yeux couleur noisette du jeune homme, qui s’effondra contre l’encolure de sa monture. Il pleura, et pleura encore. Cela dura quinze longues minutes, durant lesquelles seuls ses hoquets et soubresauts rompaient le silence de l’aube. Puis ses yeux, gonflés et rouges, se tarirent, et il se calmait peu à peu. Il leva alors sa tête et lui dit tout simplement, mais avec une intense profondeur « merci ».
Saphira savait fort bien que son Dragonnier était encore très jeune, trop parfois, sa compulsion prenant alors le dessus, comme lorsqu’il se trouvait en présence d’Arya, mais il avait supporté beaucoup plus qu’aucun humain de son âge, voire même qu’un humain tout court : Il était l’ennemi direct du puissant et terrible roi, avait dû combattre et tuer un Ombre et en garder la marque, mais surtout combattit son propre sang, en la personne de Murtagh. En outre du haut de ses seize ans, bientôt dix-sept, il était l’un des personnages les plus puissants d’Alagaësia. Mais il l’avait elle, et vice-versa, constituant leur plus grande force : leurs cœurs, leurs âmes, battaient à l’unisson un peu plus chaque jour, et elle lui en était reconnaissante. Aujourd’hui c’était seulement à elle de le soutenir.
« Viens petit homme, des tâches importantes nous attendent. Nasuada a besoin de ton soutien en cette période trouble. Et Roran voudrait te voir. Je lui ai dit qu’il ne valait mieux pas pour l’instant, mais en tant que frère, tu te dois de l’écouter »
La dernière parole remplit d’une immense gratitude le cœur d’Eragon.
« Oui, j’y vais de ce pas » répondit-il.
Eragon alla donc se laver, comme il le faisait tous les jours depuis sa formation auprès de maître Oromis, dans le but de paraître frais, disponible et respectueux envers quiconque croiserait son chemin. Il eut du mal à retrouver la tente dans laquelle Roran s’était installé, du fait des mouvements quotidiens de l’armée des Vardens vers la grande citadelle de Cithri. Au bout d’une demi-heure, il aperçut certains effets personnels de Horst et de sa compagne, Elain, qui allait mettre au monde son enfant sous peu. Il en déduisit qu’il se rapprochait de son but. Enfin, il la trouva, et réveilla Roran, paraissant paisible, ce qui ne devait pas être souvent le cas depuis l’enlèvement de Katrina. Son cousin, ou plutôt son frère, ressurgit dans le monde réel avec peine, son visage se durcissant encore un peu plus lorsqu’il rencontra celui d’Eragon.
- Saphira m’a signalé que tu désirais me voir, Roran
- En effet. Je sais très bien que les temps sont difficiles pour toi, mais nous devons nous dépêcher de secourir Katrina. Tu sais aussi bien que moi que chaque jour de plus diminue ses chances de survie.
- J’en ai conscience Roran. Cependant que feras-tu lorsque nous nous trouverons face à face avec les Ra’zacs, à Helgrind ? Crois-tu vraiment que tu puisses leur infliger une simple égratignure avec ton marteau, bien qu’il soit indéniable que tu ne t’en serves remarquablement.
La soudaine sagesse d’Eragon le troubla, puis fit remonter en lui une rage phénoménale.
- Mais je l’aime, Eragon, je ne peux la laisser plus longtemps. Nous sommes fiancés maintenant !
- Il faut que tu t’entraînes à manier l’épée aussi bien que ton marteau avant de partir si nous voulons avoir une chance de les tuer.
Le visage du fils de Garrow passait de la colère, à la stupeur puis finalement au désarroi. Ses yeux s’emplirent de larmes. Tandis qu’Eragon s’éloignait, il lui cria :
- L’aimes-tu ?
La question prit le Dragonnier au dépourvu, il était tétanisé sous le choc.
- L’aimes-tu ? Je t’ai vu regarder cette elfe, Arya, lorsque tu nous as conté ce qu’il s’était passé avec Murtagh, et tu as eu le même regard que moi j’ai pour Katrina.
- En effet, murmura-t-il. Mais mes sentiments ne sont pas partagés.
Une minute de silence absolu passa. Saphira capta alors la tristesse de son compagnon, mais ce sentiment allait vite être dominé, la rendant encore plus fière de lui.
- Braverais-tu les feux de l’enfer pour la sauver d’une mort certaine Eragon ?
- Sûrement.
Après avoir inspiré profondément, il déclara, sans ambiguïté, avec une vigueur nouvelle :
- Cependant cette quête te serait vaine pour l’instant. Tu peux me haïr pour ces paroles, tu en as le droit, mais comprends-moi bien : il est hors de question que tu partes pour Dras-Leona sans la moindre chance de retour, tu es la seule famille qui me reste aujourd’hui. À chaque coucher et lever de soleil, je regarderai, comme je l’ai fait dans le faelvnir l’autre jour, si Katrina est toujours vivante, ce que je ne doute pas vu son rôle d’appât, ainsi que toi : tant que je ne te considère pas assez fort, tu ne pourras t’y rendre. S’il le faut je te ramènerai auprès de moi à dos de dragon.
Roran en avait le souffle coupé. Il avait l’habitude de donner les ordres depuis quelque temps, et là son cadet lui intimait l’ordre de ne pas bouger un pouce pour son âme sœur. Avant qu’il n’ait pu réagir, Eragon lui montra un homme, Fredric, puis monta sur Saphira, qui venait d’apparaître, faisant trembler le sol sous son poids. Ils s’envolèrent, laissant derrière lui des bruits de mécontentements dus à un réveil brutal.
« Tu as agi sagement, Eragon. Je suis fière de toi. Il fallait être ferme avec lui. De plus, tu as des engagements envers Hrothgar, ne l’oublie pas »
La dragonne fit une pause puis lui dit dans une voix qui ne lui ressemblait pas :
« Au fait monsieur le chef, qui t’a dit que tu pourras ramener Roran à dos de dragon s’il s’enfuyait ? »
Elle émit une sorte de gloussement, ce qui détendit l’atmosphère.
Saphira se dirigeait vers la tente de Nasuada, qui était accompagnée alors d’Angela. Eragon savait ce qu’il s’y tramait.
« Vous êtes bien matinales » dit-il innocemment.
Angela lui renvoya un regard meurtrier.
- Écoutez, je vous ai déjà expliqué que j’essaierai de supprimer le sort que j’ai lancé sur Elva à Tronjheim, mais comme O… euh comme on me l’a expliqué lors de ma formation à Ellesméra, il faut que nous réunissions les mêmes conditions que lors de cette « bénédiction » si on veut espérer que ce contresort soit efficace. Croyez-moi, je suis aussi désolé que vous, voire même plus, de ce que j’ai déjà fait à cette fillette, cela entachera à jamais mon honneur, mais ceci est le mieux que je puisse offrir.
Eragon attendait une protestation acerbe de l’herboriste, comme elle savait si bien le faire, mais elle n’en fit rien, partant même sans un regard pour la dragonne, dont les écailles brillaient de mille feux.
- Je ne te parlerai pas d’Elva, Eragon, je sais très bien que tu as pleinement conscience de cette tragédie, lui dit alors Nasuada, sur un ton doux mais à la fois ferme. Nous avons perdu beaucoup de nos valeureux combattants, et nous attendons avec impatience le contingent envoyé par la reine Islanzadí. Tu dois te rendre à Farthen Dûr, puis à Tronjheim, pour rendre honneur à Hrothgar. La tension est palpable entre les différents chefs de clan, et nous ne pouvons pas nous permettre maintenant une guerre entre eux, nos chances de victoire, déjà minces maintenant qu’il y a deux Dragonniers ennemis, seraient réduites à néant.
Le roi nain était déjà transporté vers leur capitale, pour y être enterré parmi ses ancêtres, mais il ne ferait parti de la montagne elle-même que dans une semaine, les préparatifs à un si sombre événement prenant du temps.
- Très bien, alors si vous le permettez, je désire m’y rendre dès maintenant, de façon à mieux gérer cette crise et calmer les chefs de clan.
- Et bien soit, et reviens-nous vite Argetlam !
Eragon allait sortir lorsqu’il repensa à Roran, il se retourna alors :
- Ma suzeraine, pourrais-je vous demander un service ?
- Évidemment Eragon. Qu’y a-t-il ?
- Pourriez-vous veiller, discrètement si possible, à ce que mon cousin Roran s’entraîne ardemment au maniement de l’épée, en vue de partir prochainement pour Helgrind. Quand nos amis elfes arriveront, je souhaiterais que l’un d’eux le prenne en charge personnellement. De plus, il ne faut pas qu’il s’en aille seul, bien que je lui ai promis de garder un œil constant sur lui, je ne peux me déplacer à la vitesse du vent.
« Ça c’est ce que tu crois mon cher », répondit Saphira mentalement.
Bien que cette épopée ne plaisait guère à Nasuada, elle n’avait d’autre choix que d’agréer sa requête.
- Soit !
Et Eragon, montant en un bon gracieux sur le dos de Saphira, chose qu’il n’aurait pu faire avant l’Agaëti Sanghren, partit vers l’est, en direction de l’entrée du tunnel menant aux gigantesques montagnes des Beors. Il aperçut alors Arya, voyageant avec Orik. Elle devait sûrement représenter les elfes pour l’enterrement, et cela lui plaisait d’être en sa compagnie. La nuit tombée, Eragon prit un bol en bois, y versa un peu d’eau et dit, tout en réfléchissant à Katrina :
« Draumr Kόpa ».
Le liquide s’assombrit, puis une image claire de l’aimée de son cousin apparut. Elle était, tout comme la dernière fois, enchaînée, debout, ses longs cheveux roux pendant sur ses épaules. Elle était bien vivante, ce qui rassura Eragon. Si par malheur elle mourait, Roran le considèrerait responsable de cette mort-ci aussi. Il fit de même pour Roran, s’assurant qu’il était toujours au camp de Nasuada, entre les Plaines Brûlantes et Cithri.
Alors ils s’engouffrèrent dans le ventre de la montagne.
Arya semblait plus douce, un peu plus proche qu’avant, tout en maintenant cette barrière qui les séparait l’un de l’autre. Elle savait qu’Eragon avait plus que jamais besoin de son amitié et de ses conseils avisés aux vues des récents événements. C’est ainsi qu’ils arrivèrent, après quatre jours de marche, sans autre lumière que celle des torches magiques naines, ainsi que celle d’une boule scintillante de couleur émeraude que tenait à la main l’elfe, à la cité naine de Tronjheim. Eragon, malgré la perte de repères temporels, n’oubliait pas sa promesse et son devoir envers Roran et Katrina, Saphira étant toujours là pour y veiller au cas où. Les chefs de clan étaient déjà présents, et tous les observèrent, lui et sa dragonne, certains avec une tristesse sans nom, d’autres avec mépris, voire de la colère. Ceux-ci devaient sûrement le considérer comme responsable de la mort du roi. Parmi eux devait sûrement se trouver le chef du clan de l’Az Sweldn rak Anhûin, les larmes d’Anhûin, ceux qui s’étaient déclarés mortellement ennemis des deux compères depuis leur passage à Tarnag. Derrière lui Eragon reconnut Ûndin ainsi que Gannel, qui, à sa vue, lui donna un sourire de circonstance.
L’enterrement de Hrothgar se déroulerait le lendemain. Eragon vagabonda dans la cité, passa le plus clair de son temps dans la bibliothèque, parcourant un ouvrage sur les légendes naines. Cela lui parut d’ailleurs étrange de lire ces runes qui paraissaient dorénavant étranges, ayant l’habitude de lire de l’Ancien Langage lors de sa formation à Ellesméra. Le jeune homme s’engouffra dans l’histoire du fondateur de Tronjheim, ainsi que dans la création d’Isidar Mithrim, qu’Arya et Saphira avaient dû briser pour vaincre Durza, l’Ombre. Pour se dégourdir les jambes, il alla donc rendre visite, en compagnie de Saphira, aux maîtres nains travaillant à la reconstruction de l’Étoile de saphir, et, à son grand étonnement, vit que le travail était presque terminé. Cela lui déchira d’autant plus le cœur, Hrothgar aurait tellement aimé la revoir briller sur sa cité.
Il ne vit ni Orik, qui devait sûrement peaufiner ses préparatifs pour rendre le plus bel hommage à celui qui représentait la deuxième famille qu’il venait de perdre, ni Arya de la journée. Il rentra, après s’être rassasié aux cuisines, mangeant exclusivement des fruits, dans sa couche avec Saphira. Après s’être assuré que tout se passait comme prévu au sujet de Roran et Katrina, il s’endormit contre le ventre de sa dragonne, ronronnant à son contact, le réchauffant de son feu intérieur.
La procession commença lorsque l’astre solaire frappa l’endroit où resplendissait autrefois Isidar Mithrim. Un immense cercueil, d’un marbre blanc le plus pur qui soit, dirigeait la troupe ordonnée de nains, venus honorer une dernière fois celui qui fut leur roi. Quelques gémissements faisaient vriller les âmes ça et là, mais la plupart de la file naine, si compacte que l’on aurait cru qu’elle ne faisait qu’une, était muette, le cœur lourd. Le cercueil, maintenu par douze nains s’arrêta alors, et des humains, ainsi qu’Arya, arrivèrent à leurs côtés pour bénir la mémoire du défunt. Eragon savait quel honneur il avait eu de pouvoir défiler avec les autres nains, le considérant de ce fait comme leur semblable…enfin, tous sauf les nains du clan des Larmes d’Anhûin, qui ajoutaient à leur semble-t-il complainte du dégoût à la vue du Dragonnier humain, qui portait fièrement son heaume parsemé du marteau et des douze étoiles de l’Ingeitum. Orik chanta alors un éloge funèbre, laissant la foule au bord des larmes, retranscrivant avec une telle force, une telle vivacité, son désarroi, et, Eragon le savait, son désespoir, que Saphira elle-même versa une petite perle du coin de son œil bleu saphir, qui se brisa dans le bas du cou de son compagnon. Toutes leurs pensées ne furent alors plus qu’une, dictées par l’intensité du moment.
À l’une des extrémités les plus hautes de la cité, reliée au cœur de la cité grâce à Vol Torin, l’escalier sans fin, Eragon perçut un faible signal lumineux, puis une suite de petits rayons. Il se tourna et vit qu’Arya, le visage sombre et inquiet, l’avait aperçu elle aussi, et cela l’inquiéta d’autant plus. Dix minutes solennelles s’écoulèrent, durant lesquelles seule la voix d’Orik, puissante et vibrante, troublait le silence de la montagne, comme si celle-ci rendait elle aussi hommage au roi. Puis un tapis de cuir, sur lequel était assis un nain, sortit du long tunnel qui ceinturait l’escalier en hélice, celui qu’Eragon lui-même avait dû utiliser, alors qu’il n’était pas conçu pour des humains, avant son combat contre Durza. Il savait que c’était une voie d’urgence, ce qui confortait ses craintes. De vives protestations éclatèrent dans la foule, mais le nain se dirigeait, l’air alarmé, vers le promontoire, là où se tenait la dépouille du défunt roi. Alors, d’une voix traduisant toute la crainte que son visage exprimait, il dit :
« Il…Il est venu…Galbatorix…Le roi s’est attaqué à nous, il est à Tarnag ! »
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