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Bob Morane

Les faiseurs d'émotions
[Histoire Terminée]
Auteur: superdjidane Vue: 243
[Publiée le: 2006-09-02]    [Mise à Jour: 2006-09-02]
G  Signaler MystèreCommentaires: 0
Description:
Morane et ses ami enquète sur les agissements d'une organisation officielle chargée de l'étude de la sécurité routière, qui semble avoir provoqué certains accidents de la route pour mieux prôner leurs théories.
Crédits:
Cette histoire utilise bien sûr, les personnages d'Henri Vernes. Veuillez m'excuser pour toutes ressemblances éventuelles avec des personnes ou organisations réelles.
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Commenter: Chapitres 7 à 9

Chapitres 7 à 9

[2249 mots]
Publié le: 2006-09-02Format imprimable  
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VII

 

            Plusieurs jours passèrent encore et Morane reçut un nouvel appel du chef de l’association de motards.

- Cela se précise. Le camion est censé être un convoi de produit cosmétique partant de la république tchèque. Une demande de livraison pour la fin du moi a été effectuée par le BPA. Comme on le sait, les chauffeurs des pays de l’Est sont mal payés et sont contraints à conduire de nombreuses d’heures d’affilées, avec peu de temps à disposition pour se reposer. Il ne se doutera donc pas de la marchandise qu’il transporte réellement.

- Bon plan effectivement, fit Bob. Mais ce camion devra obligatoirement passer la douane pour arriver en Suisse, et je doute qu’on le laissera entrer dans ce pays avec les feux d’artifices…

- Moi aussi je me le demande, mais le BPA semble être vraiment sûr de son plan. Possède-il des complicités dans la police ? Apparemment non, puisqu’elle ne se doute de rien.

- Dans ce cas mon plan est simple : empêcher ce camion d’arriver à destination, en le bloquant au milieu de sa route, quelque part en Allemagne.

- C’est une possibilité… Mais cela ne fera que contribuer à retarder l’échéance et à inciter le BPA à récidiver un peu plus tard, il nous faut absolument réunir des preuves par la même occasion. C’est là notre objectif.

 

***

 

- Commandant, vous êtes sûr que notre camion infernal passera par là ?

- Absolument Bill. Selon les indications fournies par Reagan, il va s’arrêter à Mannheim pour prendre une partie de sa livraison.

- Qui vous dit qu’on ne va pas le manquer ?

- Il a un rendez vous à une heure bien précise, et j’ai l’adresse de l’endroit où il s’arrête. Nous allons nous y rendre.

            Cela faisait plus de deux heures que la Jaguar sillonnait les autoroutes allemandes. Quand ils atteignirent la ville, ils se rendirent dans une zone industriel et arrivés à la bonne rue, ils parquèrent la voiture assez loin de l’entreprise, pour la rejoindre à pied. Il s’agissait d’un bâtiment métallique peint de rose bonbon, portant l’enseigne « Cosmetik Bengler ». Par ailleurs le camion était sensé arborer les couleurs de cette firme. Ils attendirent une vingtaine de minutes, jusqu’à ce qu’un poids-lourd arrivât.

            Celui-ci était bien aux couleurs de l’entreprise ; les amis lurent ensuite le numéro de la plaque, qui concordait bien avec celui qui leur avait été donné.

- Pile à l’heure ! se dit le Français.

            Tandis qu’ils se tenaient à distance de la scène, Morane et Ballantine virent le chauffeur descendre et pénétrer dans le bâtiment.

- Parfait. Je vais en profiter pour coller ces capteurs.

             Morane alla discrètement vers le camion et plaça un émetteur sous le châssis  à l’avant du véhicule et un autre sous la remorque, à l’arrière, puis il revint vers Bill.

-Qu’avez-vous fait, commandant ?

- J’ai collé des mouchards, nous pouvons dorénavant le localiser par GPS.

- Pourquoi deux ?

- Juste au cas où…

- Mais ce n’est pas ça qui va l’empêcher d’entre en Suisse et exploser ?

- Non, mais….

            Un peu plus tard, le chauffeur ressortit de l’usine en compagnie de quelques ouvriers qui l’aidèrent à charger deux palettes de boîtes dans la remorque.

- Ben, ça m’a pas l’air d’être des feux d’artifices, fit l’Ecossais. Pourquoi une entreprise kitch fabriquerait des explosifs maquillés ?

- Bill, tu sais bien qu’un cocktail Molotov peut être déguisé en n’importe quoi. Mais c’est vrai que cela ne prouve rien… Bon, je pense que nous n’avons plus rien à faire dans cette zone industriel.

            Ils regagnèrent la voiture, Bill prit le volant tandis que Bob réfléchissait à un moyen d’arrêter le poids-lourd. Peu de temps après, il finit par dire :

- J’ai trouvé ! Bill, arrête toi devant la prochaine cabine téléphonique que tu verras !

            Il mit une dizaine de minutes pour en trouver une. Il descendirent de la voiture et Bob entra dans la cabine. Il composa le numéro de la police allemande et parla en allemand avec un accent américain pompeux, en se présentant comme un touriste passant dans la région.

- Bonjour, ici Gédéon Gibbons, j’appelle depuis une cabine. Sur un aire d’autoroute, je viens d’apercevoir un camion portant des boîtes qui m’ont tout l’air d’être des explosifs, bien qu’étant aux couleurs d’une entreprise de produits de beautés. Son chauffeur à ouvert la porte arrière et j’ai pu les voir… J’ai pris note du numéro de plaque… Non, le chauffeur n’avait pas l’air de venir d’un pays arabe… Pour la déposition ? Passez plutôt me voir à l’hôtel, disons dans deux heures…

            Bob donna l’adresse d’un hôtel qu’il connaissait bien dans Mannheim. Puis il termina la conversation qu’il venait de monter de toutes pièces.

- En ben Commandant, vous êtes plutôt doué pour inventer de pareilles sornettes et réussir à convaincre. Mais quand ils ne trouveront personne à l’hôtel, ils comprendront qu’ils s’agissait de mauvais plaisantins.

- Bien sûr, mais ils ne nous trouverons jamais, la seule coordonnée de nous qu’ils ont réellement est celle de la cabine, que nous aurons quitté depuis longtemps. Et les policiers n’omettront pas de fouiller le camion et trouveront les pétards…Il prennent toujours au sérieux ce genre d’histoire. Bon, à présent, retournons au pays des edelweiss…

 

                                                                       ***

 

            Tandis que Ballantine conduisait, Morane pouvait observer les déplacements du camion sur son laptop, grâce aux mouchards. Il etait figuré par un point se déplaçant sur une carte. Un peu plus tard, ils constata que le point s’était arrêté et ne bougeait plus.

- Hum, je crois que ma ruse à marché… fit-il, victorieux.

            Il fit ensuite part du succès de leur entreprise à Reagan par téléphone portable. Tout en poursuivant leur route à bonne allure, le gouvernement allemand n’imposant pas de limite de vitesse sur les autoroute, les amis écoutaient une radio locale de variétés. Quand ils eurent atteint la frontière suisse-allemande, Morane, qui avait régulièrement gardé un œil sur le laptop, vit le point se déplacer à nouveau.

 

VIII

 

            Fatigué par l’événement qu’il venait de vivre, le chauffeur tchèque bougonna dans sa langue maternelle.

- Argh, si je tenais le gamin qui a inventé une histoire pareille !

            Quatre heures plus tôt, il avait rencontré sur l’autoroute des voiture de police qui lui avaient fait signe de se rabattre sur la bande d’arrêt d’urgence, puis de s’arrêter. Le camion avait été ensuite perquisitionné, puis amené au poste de police le plus proche pour y subir une fouille radicale, tandis que lui-même avait été amené à répondre aux questions des policiers. Il ignorait complètement que son chargement était constitué d’explosifs, et avait dû débattre durant plus de trois heures. Après cela, des policiers étaient reparus en disant qu’aucun explosif n’avait été découvert dans le camion, que le touriste ayant donné le signalement ne se trouvait pas à l’hôtel dont il avait donné l’adresse. Par ailleurs, les documents concernant la commande étaient authentiques et l’entreprise genevoise qu’ils mentionnaient existait bel et bien. Il avait donc été victime d’une mauvaise plaisanterie. Les policiers s’étaient excusés pour les désagréments encourus et l’avaient laissé repartir.

            Il avait ensuit appelé l’entreprise à laquelle il devait livrer le chargement. A sa grande surprise, on lui avait alors recommandé d’aller se reposer à Bâle dans un hôtel, et sommé de ne pas livrer avant le lendemain à la même heure. Mais ce fut sans regret qu’il profita des heures supplémentaires de repos.

 

                                                                       ***

 

            A un moment donné, la radio que Morane et Ballantine écoutait, fit  mention, aux information, d’une fausse alerte concernant un camion rempli d’explosifs qui n’en contenait en réalité aucun, due à un mauvais plaisantin que la police avait juré de retrouver, en raison de la mobilisation inutile.

- Bon sang, fit Morane, nous n’avons pas arrêté ce camion infernal ? Sur quoi Reagan s’est-il basé pour dire que le camion était chargé d’explosifs ?

            La Chopper Team leur avait donné rendez-vous dans une auberge de campagne. Le Français y exposa les fait.

- En effet, fit le chef, le camion n’était pas rempli d’explosifs avant d’atteindre la frontière, comme nous en étions convaincus. Le BPA et ses complices ne s’étaient pas échangés que des courriels, et nous n’avons eu accès qu’à certains d’entre eux, par le soin de nos pirates informatiques. Mais le retard du chauffeur à entraîné une vague d’agitation au BPA et de nouveaux messages électroniques ont été échangés. Nous y avons appris que les explosifs étaient amenés dans le camions, à l’insu du chauffeur, à Bâle. Nous avons également connaissance du point de départ de la voiture drone, un garage quelque part dans la banlieue de Bâle.

            Morane surveilla encore l’écran de son laptop, qui indiquait que le camion se trouvait arrêté à Bâle, plus précisément à un hôtel.

- A croire que ce camion est en train de changer de chargement, maintenant…

- Possible, mais le BPA a repoussé l’exécution du plan exactement d’un jour, car ces gens sont déterminés à produire le gigantesque accident au moment des sorties de bureaux.

Après avoir longuement rediscuté du plan, tous allèrent se coucher.

 

IX

 

            Le lendemain, dans la matinée, le laptop indiquait deux positions pour le camion, séparées dans Bâle.

-Mais qu’est-ce que cela signifie ? demanda Reagan.

            Morane demeura pensif, puis finit par répondre :

- J’avais collé un capteur à l’avant du camion et un autre à l’arrière, pensant que cela pourrait être utile. Le camion aurait donc été séparé en deux…

- Quelle excellente intuition vous avez eue ! Dans ce cas il faut que certains d’entre nous se rende compte sur place. Une partie de mes hommes ira à la position du premier point et une autre au second.

- C’est la meilleur chose à faire. Mais nous connaissons l’adresse du garage d’où doit partir la voiture drone ? Il faudrait aussi nous y rendre…

- Bien sûr. A présent, répartissons nous les tâches.

            Une partie des hommes à Reagan fut désignée pour se rendre à un des points indiqués sur le laptop et une autre, accompagnée de Morane et Reagan, à l’autre. Bill Ballantine se désigna pour se rendre au garage.

 

                                                                       ***

 

            Il fallut une heure à l’Ecossais pour trouver le garage en question. Il s’agissait d’un petit atelier où trois voiture étaient en cours de révision, dont une Ferrari rouge qui sauta aux yeux de Bill.

- Hum, m’étonnerait pas que ce soit celle-là…

            Son capot était ouvert et Bill y glissa un œil. Etant bon mécanicien et bon connaisseur en automobile, il reconnaissait aisément les différentes parties, mais un appareillage lui semblait complètement inconnu. Il s’agissait d’une boîte rectangulaire pourvue d’une antenne, de laquelle partaient plusieurs fils. Elle ne devait pas s’y trouver à l’origine.

- Voila donc l’engin qui contrôle la voiture…

            Bill colla un capteur sous le châssis et songea à saboter le terminal, mais il se demanda si c’était judicieux pour l’instant ; de plus, il entendit quelqu’un venir dans l’atelier. Il s’agissait d’un homme vêtu d’une salopette de travail.

-Vous désirez ? demanda-il.

            Ballantine improvisa rapidement.

- Oui, un problème de batterie, si vous voulez bien jeter un coup d’œil ?

- Je le ferai très volontiers, mais là j’ai une révision à terminer et mon client va venir reprendre sa voiture dans une heure. Déjà que j’ai dû retarder l’échéance d’un jour… Voulez-vous bien repasser à… disons 17 heures ?

- Pas de problème, fit l’Ecossais.

            Il était vrai que la batterie de la jaguar commençait à s’affaiblir, mais il n’y avait aucune urgence à y remédier pour l’instant. La réponse du garagiste concordait bien avec le plan. Bill quitta l’atelier puis regagna sa voiture parquée en face du garage. Il s’y installa, mais ne démarra pas. Il appela Morane pour dire qu’il avait bien repéré la voiture drone, puis attendit la suite des événements.

 

***

 

 

            Retrouver le camion ne fut guère aisé car à peine Morane (au volant) et Reagan avaient atteint le centre ville qu’il commença à ce déplacer. Il leur fallut alors une demi-heure pour l’avoir dans leur champ de vision. Ceci fait, il le suivirent en le talonnant à une vingtaines de mètres. Le poids lourd était bien entier et toujours de la même couleurs. En s’étant approché, Morane constata que la plaque minéralogique était toujours la même.

- Le camion ne s’est pas séparé en deux, fit Morane. Etonnant que le mouchard qu’on avait placé à l’arrière ne s’y trouve plus… L’aurait-on découvert et enlevé ?

            Reagan eut la réponse à cette question par un appel, une dizaine de minutes plus tard. L’autre équipe avait trouvé la remorque de camion, à l’endroit indiqué par le point, et elle correspondait bien à la description de Morane et Ballantine. A la demande du Français, on avait bien retrouvé un mouchard à l’endroit exact où il avait été posé. La plaque minéralogique avait été démontée.

- Que contient cette remorque et où l’avez vous trouvée ? demanda Reagan.

            Il apprit qu’elle avait été trouvée dans un entrepôt abandonné, apparemment désert. La remorque était solidement fermée, mais en lacérant la bâche au couteau, on y avait trouvé des palettes remplis de produit cosmétique. Celles qui avaient été chargées en Allemagne.

- Quel coup de maître ! s’exclama Morane. Le BPA avait bien prémédité son forfait. Remplacer la remorque, sans doute à l’insu du chauffeur ! J’avais eu raison de placer deux capteurs…

- Oui, et il est temps de mettre fin à cet abject stratagème, répondit Reagan d’un ton décidé. Reste à savoir comment nous allons nous y prendre !

- Arrêter ce camion infernal par tous les moyens ! fit Bob. Tout en prenant garde à ne pas déclencher un cataclysme dans notre zèle.

 


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