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Bob Morane

Les faiseurs d'émotions
[Histoire Terminée]
Auteur: superdjidane Vue: 242
[Publiée le: 2006-09-02]    [Mise à Jour: 2006-09-02]
G  Signaler MystèreCommentaires: 0
Description:
Morane et ses ami enquète sur les agissements d'une organisation officielle chargée de l'étude de la sécurité routière, qui semble avoir provoqué certains accidents de la route pour mieux prôner leurs théories.
Crédits:
Cette histoire utilise bien sûr, les personnages d'Henri Vernes. Veuillez m'excuser pour toutes ressemblances éventuelles avec des personnes ou organisations réelles.
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Commenter: Chapitres 4 à 6

Chapitres 4 à 6

[2432 mots]
Publié le: 2006-09-02Format imprimable  
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IV

 

- Bon sang ! s’écria Bill. Ca fait depuis la sortie de la ville que celle-là me colle au cul !

            En effet, une Citroën bleue conduite par une femme de la trentaine suivait étrangement la Jaguar, alors qu’elle arpentait cette route en milieu de forêt. Un peu plus tard, la Citroën s’approcha dangereusement de la Jaguar.

- Aucun respect des distances de sécurité, celle-là.

            Bill accéléra dans l’espoir de la distancer, mais son assaillantefit de même et maintint finalement la distance constante.

- A cette vitesse, c’est du suicide ! Il faut absolument que je me défasse d’elle.

- Laisse-là te dépasser ! proposa Justin.

- Bien sûr, mais c’est elle qui veut pas !

            Bill se plaça sur la voie de gauche, décéléra et laissa la Citroën dans son élan lui passer devant. Ceci fait, il se rabattit sur la voie de droite.

- Elle veut me faire flasher, celle-là, ou quoi ?

            Ballantine roulait à présent à une allure normale, souhaitant ne pas revoir la chauffarde. Il dut cependant déchante, car il l’aperçut à nouveau devant lui. Cette fois, elle le précédait sur la voie de droite. Elle ralentit dangereusement et Ballantine manqua la tamponner. Il était un as du volant, il fallait le dire. La conductrice continua de décélérer, de manière à énerver l’Ecossais, qui réfléchissait à  un nouveau moyen de s’en débarrasser.

            Il trouva : il freina, laissa un automobiliste arrivant en face passer, puis accéléra promptement et dépassa la Citroën à toute allure.

- Le problème, fit Justin, c’est qu’on l’a à nouveau au cul !

- Ca tu peux le dire, fiston ! Mais on devrait être bientôt arrivé au village, on ne devrait plus en avoir pour longtemps, j’espère.

            Ballantine voulut tenir le coup jusqu’à l’arrivée. Cependant, la Citroën accéléra  violemment, et lui fit une queue de poisson.

- Argh, elle veut vraiment l’accident celle-là !

Bill freina à nouveau afin de laisser son assaillante prendre de la distance. Il s’arrêta  même au bord de la route, laissant quelques usagers de la route passer. Il redémarra ensuite, espérant que la chauffarde s’était lassée de ce petit jeu. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Elle l’attendait narquoisement, stationnée à l’embranchement d’un chemin forestier.

- J’ai hâte de rentrer, j’ai hâte de rentrer ! grogna Ballantine.

            Cette fois, elle se mit à zigzaguer sur les deux voies, le forçant à faire de même, et Bill ne parvint pas à s’en défaire. Tous deux manquèrent le choc frontal avec une voiture arrivant en face. Ce fut à un virage que l’assaillante perdit le contrôle de son véhicule. L’Ecossais ne put l’éviter et la tamponna par l’arrière. Fort heureusement, ils roulaient presque à la même vitesse et le choc fut relativement modéré. Les airbags s’étaient déployés et ni Bill, ni Justin ne souffrirent du choc.

 

***

           

            La police arriva sur les lieux de l’accident un quart d’heure après l’appel de la chauffarde. Ce fut d’abord la dame que les policiers interrogèrent. Son témoignage se résumait ainsi : elle quittait tranquillement Porrentruy jusqu’au moment où elle rencontra la Jaguar. Tout d’abord, son conducteur refusait de se laisser dépasser et accélérait à chaque tentative. Par la suite, elle y réussit et il lui fit une queue de poisson. Il en fut ainsi jusqu’à l’accident.

- Hum, je vois, fit le policier. A voir l’impact, j’en déduis que vous avec perdu la maîtrise de votre véhicule ! Qu’avez-vous à dire ?

- Evidement, cet inconscient m’a donné la peur de ma vie : en voulant éviter le pire, j’ai dérapé !

            Le policier recueillit le témoignage de l’Ecossais, qui raconta exactement ce qui lui était arrivé.

- Hum vous dites que cette dame a tout fait pour provoquer l’accident ! Difficile à croire ! enfin j’en prends note.

- Ne croyez pas son mensonge. Comment peut-on insinuer que je cherche le malheur des autres ? répliqua la chauffarde. Je crois qu’ils sous l’emprise de l’alcool ! Avec un enfant à bord, en plus !

- Laissez moi faire mon travail, s’il vous plaît ! Enfin, M.Ballantine, soufflez-moi dedans.

- Je ne suis pas ivre !

- J’ai dis, soufflez-moi dedans !

            L’Ecossais obéit, bien qu’il ne présentât pas de symptôme d’état d’ébriété. Le policier mesura une teneur de 0.45 ‰.

- Hum, vous en avez, de la chance. Vous pouvez  récapituler votre témoignage ?

            Bill répéta. Mais le policier ne sembla pas y croire.

- Mais c’est vrai ! appuya Justin. Cette pouffe nous collait au cul depuis qu’on est sortis de la ville !

- Je ne t‘ai pas sonné ! Les jeunes de ton âge restent en dehors de ça ! Et surveille ton langage !

 

V

 

            Les dommages subis par la jaguar se révélèrent conséquents, mais encore réparables. Elle fut amenée, trois heures plus tard, au garage du village. Le temps de réparation était estimé à une semaine.

            Morane avait rejoint son ami au garage. Bill venait de lui raconter sa mésaventure.

- Bon sang, Bill. Il t’arrive donc la même chose qu’à Justin, il y a bientôt quinze jours.

- Presque : une imbécile a cherché à me faire faire un accident, puis nie complètement les faits devant la police. Pire encore, elle me tient pour responsable.

- Mais tu ne sais pas si elle appartient au BPA ?

- Pas du tout, mais je le pense. Il ne s’agit pas de la Magali Dubuis avec qui Justin a eu affaire, mais d’une certaine Aline Crétin, au nom qu’elle a donné. De plus il me semble avoir aperçu cette dame dans le bar à quelques tables devant nous. Elle n’était pas toute seule.

- Elle s’en serait donc prise à toi après que tu aies quitté le bar…

- Lors de la déposition, elle a insisté pour que le policier me fasse subir le test d’alcoolémie. Heureusement qu’il me faudrait boire tout un tonneau pour être contrôlé positif ! Bon sang, elle m’a vu boire mon verre de whisky…

- Et elle s’en est frotté les mains ! Hum, le plus difficile va être de faire valoir nos droits, si on donne raison à cette crétine.

- Ca risque bien, à voir la réaction du policier !

            Le garagiste, qui était afféré à établir le devis, avait entendu un peu de la conversation.

- Vous pensez avoir été victime d’un complot du BPA ? Ils n’en sont pas qu’à leurs premiers coups, croyez-moi ! J’ai eu une bonne dizaine de mes clients qui ont vécu un truc pareil.

- Bonne consolation, effectivement, fit Bob.

- Je connais aussi une association de motards suisses Un de mes clients qui en est membre, me l’a fait connaître. Certains d’entre eux ont aussi vécu des manigances du BPA. Vous devriez leur raconter votre mésaventure ; ils vous en seront très reconnaissants. En effet, ils cherchent à démontrer l’implication du BPA dans les accidents, ce qu’ils n’ont pu hélas faire jusqu’à présent, faute de preuves suffisantes.

- Ce n’est pas une si mauvaise idée, Bill, qu’en penses-tu ?

 

                                                                       ***

 

            Ce fut en en un après-midi pluvieux que Morane et Ballantine se rendirent aux bureaux de la Chopper Team, situé dans une ruelle à Neuchâtel, après avoir pris contact la veille. Ce furent des gens fort sympathiques qui les accueillirent autour d’une table ronde. Ils étaient des passionnés de Harley Davidson et d’autres grandes marques pour la plupart. L’Ecossais avait d’abord donné son témoignage.

- Vous avez bien eu raison de venir faire part de votre témoignage, déclara le chef de l’association, un certain Jimmy Reagan. Le bureau de prévention des accidents s’attaque particulièrement aux motards, dans l’espoir de faire passer les deux-roues comme le moyen de locomotion de tous les dangers. Ce sont des fanatiques, je vous le dis. D’autant plus qu’ils se sont mis en tête de ne plus vouloir aucun mort sur les routes…

            Un des motards raconta ensuite qu’un de ses ami avait perdu la vue à la suite d’un accident de moto. Cela c’était passé ainsi : il avait d’abord toujours été prudent et attentif sur la route et portait toujours le casque, conformément à la loi. Un jour, alors qu’il effectuait un court déplacement d’un pâté de maison à un autre et avait son neveu de dix ans comme passager, il ne l’a pas mis. En traversant un carrefour pourtant libre, il reçut un choc et perdit connaissance à ce moment-là. Lorsqu’il se réveilla  à l’hôpital, quelques jours plus tard, il ne put percevoir aucune image. Les médecins lui expliquèrent qu’une partie de son cerveau avait été endommagée, que c’était celle qui gérait la vue, et qu’il n’aurait aucune chance de la retrouver. Quant à son neveu, il s’en était sorti parfaitement indemne. Son accident fut mentionné dans les journaux, ainsi que dans la revue du BPA, qui lui avait demandé de recueillir son témoignage. Ils avaient semblé y prendre un malin plaisir. En revanche, il n’était fait nulle part mention du témoignage du neveu. D’après celui-ci, la voiture qui a causé l’accident avait accéléré juste au moment où elle était devant eux.

- C’est le genre de manigance que je ne pardonnerai jamais ! grogna Bill.

            D’autres témoignages suivirent, dont l’histoire d’un autre ami qui s’était pris un bâton dans les rayons de la roue avant, fut projeté à quelques mètres de haut et tué sur le coup. Comme les morts ne parlent pas, il était plus qu’aisé d’établir la responsabilité sur l’accidenté.

- Coup classique, fit Morane.

- Il y a quelques années, le BPA s’est mis en tête d’imposer le bridage technique à tous les deux-roues de manière à ce qu’ils ne puissent pas rouler à plus de 80 km/h, et il avait séduit le conseil fédéral avec ce projet de loi, expliqua Reagan. Fort heureusement, nous avons organiser un manifestation afin d’y opposer une forte résistance. Nombreux furent ceux qui se joignirent à notre mouvement. Il consistait en un peloton de deux-roues ne dépassant pas la vitesse de 80 km/h sur l’autoroute de Genève à Berne. Le conseil fédéral renonça alors à donner suite au projet de loi quelques semaines après cette journée. Comme quoi le peuple a parfaitement la possibilité d’exprimer son opposition. Je trouve juste regrettable qu’il n’en fasse pas preuve plus souvent, au vu des autres lois liberticides entrées en vigueur, et pas seulement au niveau de la sécurité routière.

- Je ne vous le fais pas dire, répondit Morane. A ce train-là, les gens finiront par accepter l’implant cutané d’une puce et leur fichage.

- J’en ai bien peur. Mais si nous prouvons l’implication d’un membre du BPA dans un de leurs accidents provoqués, nous détruirons la crédibilité de cette maudite association. Nous devons y parvenir. Or, dans les deux accidents que vous m’avez décrits, les oiseaux se sont envolés.

- Je pense qu’il y a un moyen, proposa un jeune membre de l’audience qui avait la vingtaine. Il nous faudrait intervenir dans une de leurs manigances avant qu’ils ne la commettent.

- Il nous faudrait d’abord en avoir connaissance pour cela, répondit Reagan. Le BPA est trop bien organisé.

- Oui, mais avec un ami qui s’y connaît en informatique, on a pu avoir accès à la messagerie des membres du BPA. Malheureusement, beaucoup d’entre eux sont cryptés, mais de temps à autres certains oublient cette précaution. On a pu en déduire que quelque chose de bien moche se prépare.

 

                                                                       ***

 

            Le jeune homme s’était levé et avait tendu un papier sur lequel était imprimé un des mail dont il parlait. Il faisait mention d’un rendez vous à une heure bien précise à Bâle, un 11 mai. Ce courrier parlait également d’un camion rempli de matières pouvant exploser au moindre choc, qui devait quitter la ville à une certaine heure.

- Tiens donc ? répliqua Morane. Le BPA ferait joujou avec des explosifs, à présent ?

- J’en ai aucune idée, répondit simplement Reagan. Mais ça sent le roussi. Nous devons absolument décrypter les mails échangés entre les membres du BPA pour voir de quoi il en retourne.

- Mon ami s’y attaque, fit le jeune. Il lui faut au moins une semaine pour parvenir à casser le code.

- Il nous reste donc un mois pour prendre connaissance du complot et nous préparer à agir, répondit Reagan.

            Après encore un bref échange de dialogue, le chef de l’association ne jugea guère utile pour Morane et Ballantine de rester et leur proposa de garder contact et de les rappeler s’ils avaient du nouveau. Tous se quittèrent poliment.

 

VI

 

            Deux semaine avaient passé depuis la visite de Morane et de Ballantine à la Chopper Team. Tous deux étaient retournés dans l’appartement du Français au quai Voltaire. L’Ecossais avait reçu entre temps le constat de son accident, et il s’était avéré qu’il était fautif. Rien ne permettait malheureusement à Bill de se disculper. Il dut payer les dommages subits par la Citroën. Morane se chargea des frais de réparation de sa voiture.

- Bill, nous aurons notre revanche. Je te le jure.

- Qu’est-ce qui vous fait dire ça, Commandant ?

- Reagan m’a tenu au courant de l’évolution de leurs recherches. Il y a cinq jours, ils ont intercepté un autre message parlant d’une voiture drone devant simuler un automobiliste fou roulant à tombeau ouvert.

- Mais à quoi bon ?

- Nous l’ignorons toujours. Mais à entendre cela, je pense que le BPA veut créer un gigantesque accident et faire porter le chapeau à un ou plusieurs chauffards. Dans les correspondances, ils espèrent heurter l’opinion publique comme ils ne l’ont encore jamais fait, peut-être à l’envergure des attentats de Madrid. Je ne suis pas du genre à me mêler de ce qui me regarde pas, mais j’ai juré d’empêcher l’exécution de ce complot par tous les moyens.

- Moi aussi, commandant.

 

                                                                       ***

 

            Ce fut en fin d’après midi que le téléphone sonna. Reagan était à l’appareil.

- Bob, notre génie de l’informatique est parvenu au décryptage complet des courriers électroniques échangés entre les membres du BPA, annonça-t-il d’une voix peu rassurée.  En gros, il veulent faire s’effondrer le bâtiment de l’aire d’autoroute de Pratteln. Il s’agit d’un bâtiment orange enjambant l’autoroute.

- Il veulent démolir un bâtiment. En quoi cela pourra heurter l’opinion Publique ?

- Je ne sais pas si vous avez déjà emprunté cette autoroute. Autrement, nul usager courant n’ignore cette arche orange. Si se bâtiment s’effondre sur l’autoroute aux heures de pointes, imaginez la catastrophe. Après l’effondrement, les voiture ne pourront s’arrêter à temps et entreront en collision avec les décombres ; s’ensuivra ensuite une collision en chaîne.

- Quel rapport avec la voiture drone et le camion d’explosifs ?

- La voiture drone simule un automobiliste fou qui perdrait le contrôle de son véhicule et percuterait le camion d’explosifs, juste sous l’arche de Pratteln.

- En plus de jouer sur l’émotion, le BPA joue également les terroristes ! Il est donc temps de mettre fin à leurs manigances !

 


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