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Les Reliques du Démon
[Histoire Terminée] | Auteur: superdjidane | Vue: 219 |
| [Publiée le: 2010-01-07] [Mise à Jour: 2010-01-08] | ||
| G Signaler | Action-Aventure/Heroic Fantasy | Pas de commentaire |
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La suite directe du « monde des elfes » | ||
| Crédits: Les personnage de la série "Bob Morane" sont la propriété de Henri Vernes, les autres sont de mon invention. Merci à mon cousin pour la correction du texte. |
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Chapitres 25 Ã 28[10212 mots] |
Publié le: 2010-01-08 | |
| Taille du Texte: (+) : (-) | ||
Ce fut tard dans la matinée que Morane se réveilla chez lui, dans son appartement au quai Voltaire, à Paris. Combien de temps avait-il dormi ? Il ne pouvait l’estimer, mais il savait que son sommeil devait être de très longue durée en repensant au rêve dont il venait de sortir. Une belle aventure digne d’un roman de Tolkien, au beau milieu des elfes. Il ne s’en préoccupa cependant pas, car il répéta ses faits et gestes habituels, se lever, pendre un petit déjeuner, passer sa main dans ses cheveux.
- Bon sang, mes cheveux ont autant poussé que dans mon rêve, j’ai dû dormir longtemps… Enfin bon, je réglerai ce problème à la coiffure du quartier…
Bob fut d’abord étonné de ne pas entendre le bruit ambiant habituel de la ville. Il quitta brièvement son appartement pour relever son courrier et le ramena pour l’éplucher. Il avait constaté avec étonnement au passage l’absence de sa domestique.
- Mais quelle est cette plaisanterie, s’exclama-t-il. Un rendez-vous à nulle part, une lettre venant d’Amérique du sud, de Clairembart à la recherche d’un livre d’or, une publicité pour aller dans Ananké, une pétition de M. Ming, un guide pour les voyages dans le temps… On en veut à mes souvenirs !
Bob posa simplement le tas de courrier, sur la pile de papier à recycler. Il alla dans sa salle de bain faire son habituelle toilette, mais parvenu devant le miroir, il constata qu’il avait toujours ses oreilles d’elfes !
- Ainsi donc je n’aurais pas rêvé ! Mais suis-je bien retourné à Paris ?
Il sortit sur son balcon et reconnut bel et bien son quartier avoisinant, mais un détail le frappa. Le ciel avait cédé son teint azuré à un teint rose saumon. De plus, bien qu’il faisait jour, il n’y avait pas de soleil.
- Bon sang, je veux en avoir le cœur net !
Il décrocha le téléphone, mais n’entendit aucune tonalité. La ligne était coupée. Le Français s’habilla rapidement et sortit de son appartement. Il retrouva sa jaguar à sa place et monta à son bord. Ce fut ainsi qu’il arpenta les rues de Paris et les quais de la Seine avec cet étrange ciel sans soleil. Une autre chose était cependant encore plus surprenante. La capitale française était on ne peut plus déserte… Pas un seul chat dans les rues, les route n’étaient encombrées d’aucun automobiliste.
Quelques centaines de mètres plus loin, un spectacle moins réjouissant l’attendait. Les rues étaient cette fois obstruées par des carcasses de voitures empilée les unes sur les autre, des bâtiments partiellement détruits. Des cadavres humains par-ci par-là.
- Bon sang, que s’est-il passé par ici ? Le nuage de l’apocalypse est-il passé ?
Bob arrêta sa voiture et mit pied à terre, afin de mieux scruter les environs. Jamais il n’avait vu un décor aussi apocalyptique, à part peut-être une fois dans sa vie…
Tandis qu’il poursuivait sa reconnaissance des lieux, il atteignit un commissariat, en tout aussi mauvais état. Il pénétra à l’intérieur sans y rencontrer âme qui vive, et prit alors la décision d’en sortir immédiatement.
Ce fut après une demi-heure d’inspection des lieux qu’il rencontra une forme humaine qui s’approchait.
- Je savais bien que je n’étais pas seul ! s’exclama-t-il.
Il s’approcha de l’individu et le héla. Quand ce dernier se retourna, il constata avec effroi, en voyant son visage, qu’il n’était pas humain. Il s’agissait d’un Khops, une créature humanoïde décharnée dont il avait dû affronter toute une armée par le passé… Ou plutôt par le futur…
Quand la créature l’eut aperçu, elle se mit à courir en direction de Bob Morane, qui dégaina aussitôt son Lüger et tira une salve dans le monstre. Il tomba au sol, mais ne parut pas mort pour autant. Il se mouvait toujours, cette fois, en rampant.
- Au moins il n’est plus en état de me poursuivre… Il faut absolument que je me tire de ce cauchemar avant que d’autres Khops arrivent !
L’idée du fuyard était de regagner sa Jaguar où il retrouverait une relative sécurité. Il lui faudrait une dizaine de minutes pour cela, avait-il jugé.
Lorsque son véhicule lui apparut, deux autres Khops lui apparurent également !
- Bon sang, s’exclama-t-il. Il m’a fallu quatre pruneaux pour leur collège. Avec seulement deux balles dans le barillet, ça va être coton… Il me faut viser la tête !
Le Français tira les deux balles qui lui restait. L’une d’entre elles atteignit un des monstres dans la cervelle. Ce dernier s’écroula. Mais l’autre était toujours en état de course. Bob savait qu’il n’avait pas le temps de recharger. Il se saisit, sans réfléchir, d’un des pare-choc de voiture décharné et s’en servit comme arme. La tôle du pare-choc s’avérait bien tranchante, puisqu’il put l’enfoncer dans le ventre du monstre.
- Et un de moins ! fit-il.
Le monstre n’était pas mort, mais simplement affaibli et hors d’état de le courser. Bob rechargea son arme et put enfin atteindre sa voiture sans encombre. Il s’apprêtait à y grimper, lorsqu’il entendit une voix féminine hurler au secours. Une voix qu’il connaissait bien.
Bob se retourna en direction d’un des ponts qui enjambaient la Seine et reconnut Sophia Paramount, poursuivie par six Khops.
Bob réagit rapidement : il se mit à son volant et mit le moteur en marche, s’élança sur le pont, prit soin de contourner son amie et shoota les six Khops dont trois furent projetés dans la Seine. Le Français s’arrêta.
- Soso, dépêche-toi, grimpe !
Paniquée, la jeune reporter fut soulagée en apercevant Morane et courut à sa rencontre.
- Oh Bob ! Oh Bob ! Mais que se passe-t-il ici ?
- Pas le temps, Soso. Grimpe, et sortons de cette maudite ville.
Jamais les composantes de la Jaguar ne furent soumises à des contraintes pareillement élevées. Il fallut une vingtaine de minutes aux fuyards pour sortir de la ville.
***
- Dis Justin, ça va ?
Le garçon blond venait à peine d’ouvrir les yeux, après un long sommeil dont il ne pouvait déterminer la durée. Après avoir repris ses sens, il reconnut son ami Quentin qui l’avait réveillé.
- Oui… je crois, répondit-il faiblement.
Il scruta l’endroit dans lequel il s’était réveillé et en tira la conclusion qu’il se trouvait dans une vieille mine souterraine, décor qu’il appréciait particulièrement. La pièce que les deux enfants occupaient était éclairée par des torches.
- Mais où somme-nous ? demanda Justin.
- Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c’est que je me suis réveillé quelques mètres plus loin, dans une pièce qui ressemblait à celle-la, répondit Quentin en pointant du doigt l’ouverture par laquelle il était arrivé.
Justin se leva et constata qu’il portait ses vêtements de cuir elfique, tout comme son compagnon, mais n’avait pas son épée.
- Où sont les autres ? demanda encore Justin.
- Je ne sais pas non plus, mais je pense qu’on finira bien pas les trouver.
- Bon… mais je n’ai pas mon épée, et il me faut absolument une arme ! Sinon, on est perdu devant un monstre.
- Justin, j’ai trouvé un atelier en chemin ! Tu devrais trouver ton bonheur, viens !
Quentin le guida à travers un long couloir et le fit déboucher dans une pièce semblable à la précédente.
- C’est ici que je me suis réveillé, expliqua-t-il.
Puis il fit entrer son ami par l’ouverture opposée et retrouva l’atelier qu’il mentionnait. Celui-ci n’avait pas d’autre ouverture. Justin se mit à fouiller dans les outils et y trouva des lames de couteau émoussées et brisées, des massues, des lampes à huile d’Aladdin vides, des bidons d’essence, des torches électriques sans batteries, des appareils électriques tels des perforateurs ou des perceuses, inutiles sans prises de courant, des barres à mines et pieds-de-biche… mais rien qui puisse l’intéresser.
- Mais il n’y a que des trucs inutiles par ici ! Pourquoi il y a des appareils électriques alors qu’il n’y a pas l’électricité, c’est nul ! On n’est pas plus avancés ! mais bon… prenons quand même ce pied-de-biche… et toi, prends quelque chose du genre aussi, c’est mieux que rien !
- Mais tu sais très bien que je me sais pas me servir d’une arme.
- Prends quelque chose, je te dis ! Ça peut toujours servir en attendant qu’on trouve une épée !
Quentin obéit et s’empara d’une barre à mine. Puis tous deux quittèrent l’atelier et retrouvèrent la chambre qui hébergeait Justin lors de son réveil. Cette pièce comprenait deux autres ouvertures en plus de celle d’où ils venaient.
- Laquelle on prend ? demanda Quentin.
- Je ne sais pas, on en prend une et on verra bien. Quoi qu’il en soit, restons toujours ensemble !
- T’en fais pas, on ne risque pas de se séparer, tu sais bien que je ne peux me débrouiller seul devant un monstre !
Après un certain temps de réflexion, Justin se décida :
- Prenons à gauche ! s’écria-t-il
Ils s’engagèrent aussitôt dans l’ouverture, et après un nouveau long couloir, débouchèrent dans une gigantesque salle de la taille d’une cathédrale, creusée naturellement et éclairée par une mystérieuse lumière vert-émeraude. A son fond, on pouvait apercevoir un petit temple.
- Whaouw, c’est magnifique ! s’exclama Quentin. Pas vrai, Justin ? Justin… ça va ?
Justin avait de la peine à avancer.
- Ça va, juste un peu fatigué.
- Je pense qu’on devrait s’arrêter un moment. Asseyons-nous sur un rocher.
Ce qu’ils firent sans attendre en se serrant mutuellement l’un contre l’autre. Puis Justin raconta l’aventure qu’il avait vécue la veille.
- En tout cas, je croyais qu’on t’avait enlevé ! conclut-il.
- Ben ça alors ! Si ça se trouve, ces elfes noirs nous ont tous enlevés et mis dans ces cavernes, si tu veux mon avis. Il nous faut absolument trouver les autres et la sortie !
- Je pense aussi ! Allons-y, fit Justin énergiquement en se levant du rocher. Continuons d’explorer.
- Très bien Justin ! Allons voir dans ce temple, pour commencer !
Les enfants découvrirent encore deux autre ouvertures dans la roche. Mais ils se dirigeaient toujours vers le temple. Arrivés à une centaine de mètres de lui, ils purent apercevoir une forme humaine de la taille d’un enfant, sortant de l’ouverture du petit temple. Cette silhouette se mit soudainement à les héler.
- Mais c’est Zach ! s’écria joyeusement Justin.
Les deux garçons coururent en direction du temple, en direction de leur compagnon d’aventure.
- Zach, tu vas bien ?
- Si on peut dire. Vous aussi, vous vous êtes réveillés dans ce monde souterrain ?
- Oui, dans une sorte de mine de charbon. Nous sommes arrivés par là-bas, et toi ?
- Moi, je me suis réveillé dans une pièce à moitié effondrée, pleine de gravats, par l’ouverture à gauche du temple. Cela ressemblait plutôt à une mine, comme vous dites. Il me semble qu’il y avait trois ouvertures, mais une seule n’était pas obstruée par des gravats, celle qui m’a menée ici par la gauche du temple. Après je suis allé dans ce temple, où j’ai retrouvé Huub enfermé dans une sorte de cage.
- Tu as donc vu Huub !
- Oui, mais j’étais à la recherche de quelque chose pour le délivrer.
- Je pense qu’avec ça, répondit Justin, on devrait pouvoir ouvrir ta cage, montre-nous.
Zach emmena ses compagnons dans les entrailles du temple, vers l’endroit où était retenu Huub. Ce bâtiment devait certainement être une sorte de sanctuaire. Il avait l’apparence d’un monument grec par ses colonnes cannelées. Son intérieur formé d’une seule pièce était magnifiquement décoré par différentes sculptures, dont certaines dorées. En son centre se trouvait une cage métallique retenant un jeune elfe, dont les traits s’illuminèrent à la vue des nouveaux venus.
- Huub, je pense que je devrais pouvoir t’aider avec ce pied-de-biche.
- Excellent Justin, mais où l’as-tu déniché ?
- Dans un vieil atelier, je l’ai pris en guise d’arme au cas où, mais je n’ai pas eu à m’en servir, jusqu’à maintenant. Dis, Huub, tu t’es réveillé dans cette cage ?
- Oui, et je me demande comment je suis arrivé là.
Justin essaya d’abord de briser les chaînes retenant la porte, mais manquant de force, il la passa à Huub qui parvint à se libérer.
- Pour ma part, fit Zach, je me demande bien pourquoi, nous autres, n’avons pas été enfermés de la même façon.
- Et ce qui est encore plus bizarre, c’est que nous avons pu nous retrouver aussi facilement, sans faire de mauvaise rencontre, compléta Quentin. Tout cela me paraît trop facile !
- J’ai comme l’impression, fit Justin, que ceux qui nous ont amenés ici, ont vraiment voulu qu’on s’en sorte !
- Ne cherchons pas une raison, décida Huub. Pour le moment, cherchons plutôt la sortie de ces cavernes.
***
Le mont Hellscream se trouvait parmi une vaste chaîne montagneuse s’étendant à quelques milliers de kilomètres à la ronde. Ce mont ne différait pas des autres, mais avait la particularité d’abriter un lourds secret, pouvant compromettre l’avenir du monde d’Héra et celui de Terra, par la même occasion. Ce secret se trouvait enfui dans les entrailles de la montagne, dans un réseau souterrain glacé.
Cela faisait à présent plusieurs jours qu’un groupe d’elfes noirs, secondé par un individu arborant de long cheveux gris, arpentait ces cryptes, les nettoyant, grâce leurs sorts, sans la moindre difficulté, de toutes les créatures qui y avaient élu domicile. En ce moment, ils s’étaient arrêtés dans une gigantesque salle, à proximité d’un bloc de glace de trois mètres de haut enrobant les ossements d’un certain démon. Le chef de ce cortège poussa un cri de triomphe.
- Excellent, nous l’avons enfin trouvé !
- Vous êtes sûr, seigneur Gareth, qu’il s’agit bien du roi Liche ? demanda l’un des sbires.
- A n’en point douter. Il émane de lui exactement la même énergie maudite que des reliques que nous avons eu tant de mal à rassembler. Nous allons d’ailleurs disposer ces reliques autour du trône de glace… et Valmar sortira de sa torpeur… et nous servira !
- N’y a-t-il pas de risque qu’il se retourne contre nous, et qu’il prenne le dessus ?
- Pas le moindre ! Le roi Liche s’est offert à se subordonner à quiconque le réanimera ! Il ressuscitera le fléau pour notre cause. Par la même occasion, nous disposerons des elfes d’Alent qui se joindront à nous sans discuter après leur traitement de faveur !
Cela faisait environ trois quarts d’heure que la Jaguar avait laissé le pseudo Paris derrière elle. Pour la fuite, Morane avait tout naturellement emprunté une autoroute qui ne comportait aucune voiture (pas même un chauffard ou un conducteur du dimanche), la première qui se trouvait à sa portée. En vérité, il ne connaissait pas du tout la direction à prendre.
- Soso, tu t’es remise de tes émotions, à présent ?
- Oui, je crois…
- Comment es-tu arrivée au bord de la Seine où je t’ai retrouvée ? T’es-tu réveillée à Paris comme moi ?
- Non, c’est dans mon appartement à Londres que je me suis réveillée, après m’être endormie dans le village elfique, à côté de toi. Je croyais d’abord que toute cette aventure dans le pays des elfes, n’était qu’un rêve, mais depuis que je me suis vue dans le miroir, je ne sais que croire. Quand j’ai ouvert mes volets, j’ai vu ce ciel rose, illuminé sans soleil, avec un silence de mort régnant dans la ville.
- Il m’est arrivé la même chose, mais cela s’est passé dans mon appartement au quai Voltaire.
Tandis que Bob continuait d’avancer, il lui raconta son aventure depuis son réveil, jusqu’à la rencontre avec son amie.
- J’ai exploré la ville de Londres, que je croyais déserte, à pied. Mais j’ai compris que je me suis trompée au moment où j’ai croisé des individus aux traits asiatique. Je leur ai adressé la parole, mais sans me répondre, ils m’ont attaquée. Heureusement, j’ai pu me défendre toute seule et ai pris la fuit dés que possible. Mais à bout de souffle, je me suis réfugiée dans le premier bâtiment ouvert que j’ai trouvé, une baraque abandonnée au bord de la Tamise, puis je me suis barricadée. Mais ces types, je ne savais pas ce qu’ils me voulaient, ont foutu le feu à la baraque, et je me suis retrouvée prisonnière des flammes à l’étage. Je croyais ma dernière heure venue quand une trappe au sol s’est mystérieusement ouverte. Je m’y suis introduite, et ai arpenté un long couloir souterrain. Quand j’ai revu la lumière du jour, j’ai reconnu les rues de Paris. Mais où sommes-nous ?
- Je n’en ai pas la moindre idée.
Morane dut arrêter momentanément sa Jaguar. Ils se trouvaient à l’extrémité d’un pont rompu. Le Français se résolut à faire machine arrière et à prendre la première sortie qu’il trouvait.
- Pour finir, la ville de Paris était aussi déserte que Londres. J’ai à nouveau croisé des gens, mais je ne les ai pas hélés, de peur de recommencer le même scénario. Mais ils m’ont sentie et… j’ai reconnu ces horribles montres que nous avions affrontés dans le New York post-apocalyptique. J’ai dû à nouveau fuir, jusqu’à ce que tu les renverses. Oh Bob, comment tout cela peut-il être possible ?
- Je ne sais pas. Mais j’ai ma petite idée. J’ai eu la chance (ou la malchance) de me réveiller en pleine nuit, quand des araignées géantes et des elfes noirs se sont introduits dans la ville.
Le Français raconta l’aventure de la nuit dernière.
- Tu penses donc qu’il s’agit d’un maléfice que les elfes de la nuit nous auraient lancé ?
- Sans doute.
Après avoir progressé le long d’une route départementale durant quelques minutes, le paysage devint totalement inconnu à Morane. Le bitume avait cédé sa place à du gravier.
- Tiens donc, on dirait que l’on a changé de pays.
- Qu’est-ce que cela va changer, pour ce qui nous concerne ? Mais quoi qu’il en soit, je veux que ce cauchemar s’arrête ! Et maintenant !
- Ma petite, reprends-toi. Mais au fond, je te comprends.
- Tu me comprends, tu me comprends ! Mais tu ne comprends rien du tout !
En son for intérieur, Bob donnait raison à son amie.
***
Ce fut après une longue grasse matinée, que Bill Ballantine se réveilla dans son lit, comme à son habitude, dans son manoir perdu en Ecosse. Du moins le croyait-il. Sortant de son sommeil de loir, il s’étira, puis s’habilla, avant de descendre dans sa cuisine en vue de se rôtir du lard fumé pour le petit-déjeuner.
- Je savais bien que tout cela n’était qu’un rêve, s’exclama-t-il nonchalamment. Après un petit café, tout ira bien, il n’y a pas de raison.
Après s’être suffisamment calé l’estomac avec son bacon, il alla naturellement à sa salle de bain accomplir son rituel quotidien. C’est à cet endroit qu’il réalisa que son rêve était bien réel.
- Argh, le Commandant m’a bel est bien entraîné dans cette histoire, m’obligeant à me transformer en elfe ! Comment vont réagir mes amis du bled le plus proche en me voyant ? Qu’à cela ne tienne, un petit verre de Zat 77 me remettra d’appoint !
Il rejoignit immédiatement son cellier et y dégotta une bouteille scellée de sa boisson fétiche, puis remonta dans son salon et s’y assit.
Ce fut quant il ôta le bouchon de la bouteille que l’impensable se produisit. Le liquide contenu se vaporisa pour se matérialiser soudainement en fantôme. Bill crut d’abord avoir affaire à un des esprits hantant son manoir.
- Eh bien, que le commandant ne prétende surtout pas que ma superstition me joue des tours ! Fripon, rends mon Whisky immédiatement.
- Hors de question ! Tu ne t’enivreras pas aujourd’hui, tu sais parfaitement que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé ! répondit l’esprit d’une voix à la tonalité étrange.
- Foutaises, cela fait depuis mon enfance que j’accomplis ce rite !
- Ha ha ha ha ! Tu ne boiras pas maintenant !
- C’est ce qu’on va voir, hurla Bill en se précipitant en direction de son cellier, où une autre mauvaise surprise l’y attendait.
Lorsqu’il s’empara d’une seconde bouteille, son bouchon sauta tout seul du goulot, libérant un second fantôme. Le premier avait à présent rejoint le cellier.
- Damned, que l’on me dise surtout pas que tout mon bon whisky est hanté ! Avec quoi vais-je étancher ma soif à présent ?
- Ha ha ha ha ha. Quel idiot entêtement ! Si tu as soif, bois de l’eau ! Mais en aucun cas du Whisky !
- Vous êtes pas dignes de mes ancêtres, de vous moquer ainsi de moi ! Vous me le paierez ! Comment ose-t-on ne pas me laisser boire une petite gorgée !
Sur ces mots, tous les bouchons de toutes les autres bouteilles se descellèrent, libérant plus d’une trentaine d’autres esprits immatériels.
- Si tu veux boire, le voici, ton élixir !
Tous les fantômes se mirent à laisser s’écouler un liquide jaune de leur bouche sur le sol du cellier. Le fluide remplit à vue d’œil le cellier, et l’inonda. Pris de panique, l’Ecossais se précipita en haut des escaliers, dans le salon. Mais son répit ne fut que de courte durée. Car le niveau du liquide l’atteignit très rapidement. La chose la plus sage à laquelle il puisse se résoudre, était de quitter le manoir. Ce qu’il fit immédiatement. S’il lui était encore possible de courir dans le salon, l’eau l’atteignit à mi-cuisse quand il fut devant la porte d’entrée.
Son manoir se situait au fond d’une petite vallée inscrite entre deux monticules, ce qui permettait au fluide de venir remplir le creux qui lui était offert. Sérieusement entravé par le fluide, Bill dut se résoudre à faire preuve de ses talents de natations. Tout en nageant, il avala à plusieurs reprises, accidentellement, le liquide qui n’était autre que du Zat 77.
- On ne peut pas dire que ces fantômes maquent de générosité. C’est la première fois de ma vie que je vois une quantité aussi importante de ce Whisky.
Ses efforts ne furent pas vains, puisqu’il finit par atteindre une berge de l’étrange inondation. Le niveau de Whisky avait à présent cessé d’augmenter, ce qui lui permit de souffler. Il en profita pour observer le paysage avoisinant et y reconnut toujours l’Ecosse. Seul cet étrange ciel rose sans soleil différait de ce qu’il connaissait.
- Je me fiche de savoir quelle est cette sorcellerie, mais Ananké a intérêt à ne pas se trouver derrière tout ça
***
Après la délivrance de leur compagnon, les enfants s’étaient mis en devoir d’explorer la pièce qu’ils occupaient à ce moment. Tout d’abord, il y avait une double porte de pierre sculptée scellée à l’opposé de l’entrée. Tous l’avaient bien examinée pour tenter de l’ouvrir, sans y parvenir. Ils en conclurent alors qu’une clé était nécessaire pour la passer.
Outre les statues ornant le sanctuaire, il y avait quelques trésors en or et en pierres précieuses, et surtout quelques épées de différentes tailles dont le manche était remarquablement serti.
- Génial, on a enfin trouvé des armes. Équipons-nous sans attendre.
- Justin, il vaut mieux ne pas y toucher, il y a peut-être un piège.
- Il est inutile de t’inquiéter, lui répondit une voix féminine venant de derrière les jeunes garçons qui se retournèrent aussitôt. C’était Sheila qui venait de faire son apparition dans la salle.
- Sheila ! Mais comment es-tu venue ici ? s’écria Justin.
- Je peux entrer dans les rêves de gens, ne l’oublie pas !
Sheila embrassa chacun des enfants.
- Parce qu’on est en train de rêver, maintenant ? demanda Quentin.
- Tout juste. Mais pour commencer, écoutez mon histoire. Lors de l’attaque de votre village, je suis la seule à avoir pu échapper aux elfes noirs. C’est donc impuissante, que j’ai assisté à votre enlèvement collectif.
- Mais comment ont-ils pu tous nous porter, et où nous ont-ils emmenés ? demanda Huub.
- Vous ne connaissez pas ceci ?
Elle sortit un cristal d’ambre de sa poche et le présenta.
- Idéal, pour transporter des corps en réduisant leurs dimensions et en les y scellant temporairement ! Pour répondre à ton autre question, je n’ai aucune idée de l’endroit où vous avez été transportés. Mais j’ai pu sentir que vous étiez tous endormis. C’est d’ailleurs grâce à moi que vous avez pu évoluer jusqu’à maintenant, en effaçant des créatures et en ajoutant des objets, tels ces épées.
- Je me disais bien que c’était trop facile jusqu’à maintenant ! répondit Justin. C’est toi qui a aussi mis des outils dans la mine ?
- Non, car je n’ai pas connaissance des objets utilisés sur Terra. Ils sont sans doute issus de votre imagination.
- Hein ?
- Oui, j’ai découvert que ceux qui ont crée l’univers imaginaire dans lequel vous évoluez à présent l’ont modulé par votre intermédiaire. Vous êtes donc confrontés à votre imagination et à votre propre expérience.
- Mais que veux-tu dire par là ? s’écria Zach.
- Je ne puis vous en dire plus. Mais croyez-moi, la seule chose à faire maintenant est de continuer votre évolution dans cet univers, et de faire plus que jamais preuve de discernement pour vous ouvrir la voie.
- Comme cette porte en pierre ?
- Entre autres. Sachez aussi que je ne pourrai pas toujours vous protéger. Je suis d’ailleurs au regret de vous laisser à vous-mêmes, mes pouvoirs n’étant pas infinis. N’ayez crainte, je suis persuadée que vous vous en tirerez sans problème, connaissant vos aptitudes. Mais je reviendrai quand l’occasion se présentera.
Puis le corps de Sheila s’évapora dans l’air.
- Bon, fit Justin, continuons alors notre aventure !
Les jeunes elfes avaient, en premier lieu, visité les deux ouvertures situées aux extrémités du temple. Celle du côté gauche, où Zach s’était réveillé, ne contenait rien de particulier, à part des gravats, comme il le disait lui-même. Il n’y avait aucun moyen de dégager le passage écroulé. Ils se dirigèrent alors vers l’ouverture opposée, qui les mena à un lac souterrain, éclaire du même vert émeraude que la grande salle principale. L’eau était très claire, ce qui leur permit de constater qu’aucun objet et aucun passage immergé s’y trouvait. A proximité de l’ouverture par laquelle ils avaient débouché se trouvait une alcôve avec un étrange dessin gravé sur la paroi du fond, une sorte de rosace qu’aucun des jeunes elfes ne reconnut.
- Dans ce cas, fit Justin, il ne nous reste plus qu’à retourner à l’endroit par où je suis arrivé avec Quentin. Je me souviens qu’il y avait encore un passage que nous n’avons pas visité.
Ce qu’ils firent sans attendre. Justin et Quentin firent une brève reconnaissance des lieux pour leurs compagnons et leur firent visiter les différentes pièces et l’atelier. Puis ils s’engagèrent dans le passage qui leur restait encore inconnu. Après un assez court couloir sinueux dans lequel ils virent de petits trous de la taille d’un poing, creusés dans la paroi à son milieu, ils se retrouvèrent à nouveau dans une pièce rectangulaire taillée dans la roche.
Dans cette pièce étaient rangées des tenues de travail de mineurs, et même des lampes frontales. Une machine d’environ un mètre cube s’y trouvait.
- Drôle d’objet, fit Zach.
- Ça, c’est un générateur pour avoir de l’électricité et ça fonctionne à l’essence, dit Justin. Et ça m’a l’air en plutôt bon état.
- C’est donc un objet de ton monde.
- Exactement. Ben ça alors, ce générateur ressemble beaucoup à celui qu’a mon père.
La chambre comportait une autre ouverture que les jeunes elfes s’empressèrent d’explorer, mais après un court parcours, ils trouvèrent un cul-de-sac. Le couloir était obstrué par un éboulis.
- Zut alors ! s’exclama Huub, cela veut dire que nous sommes enfermés dans ces cavernes si nous ne trouvons pas la clé que nous cherchons. Le temple semble être le seul moyen de sortir !
- A moins de s’amuser à déblayer, mais nous ne sommes pas assez costaud pour ça, répondit Quentin.
- Je me couperais en deux si derrière ces gravats, on ne trouvait pas la pièce où je suis arrivé, fit remarquer Zach.
- Ta remarque ne nous avance à rien, lui répondit Huub.
- Bon, fit Justin, il ne nous reste plus qu’à faire demi-tour.
Ils revinrent alors sur leur pas, et, après avoir effectué quelque mètres, Zach s’arrêta.
- Tiens, je sens des courants d’airs venant de cette paroi ! s’exclama-il.
Les autres s’arrêtèrent et examinèrent le mur. Il était fissuré. Huub donna un coup d’épée dans la paroi.
- Ça sonne creux, fit-il.
Justin réfléchit, puis s’exclama :
- J’ai trouvé !
Il courut vers le générateur.
- J’ai vraiment l’impression qu’on pourra le faire marcher ! Maintenant, direction l’atelier !
- Mais où veux-tu en venir ?
- Vous voulez qu’on sorte d’ici, pas vrai ? Alors suivez moi !
Tous se rendirent à l’atelier, s’emparèrent d’un bidon d’essence, de deux perforateurs en assez bon état, d’une masse et d’une rallonge électrique.
- Justin, tu veux défoncer ce mur ?
- Exactement, et on pourra progresser ! répondit-il joyeusement.
Quelques minutes plus tard, le groupe électrogène était en marche.
- Super, ça fonctionne, s’exclama le garçon. Maintenant, on creuse !
- Mais cela fait beaucoup de bruit, fit Zach.
Il fallut moins d’une vingtaine de minutes aux jeunes garçons pour briser le mur, de façon à leur permettre le passage.
- Il était temps que tout ce vacarme finisse, se plaignit Zach après que Justin eût arrêté le générateur. C’était affreux.
Tous passèrent alors par la brèche qu’ils venaient d’ouvrir. Après un court couloir naturel, ils se retrouvèrent en plein air.
- Ah, il était temps ! s’exclama Quentin. Je commençais à en avoir assez de vivre comme une taupe. Enfin de la verdure !
Ils pouvaient aisément observer le paysage avoisinant de leur position. Devant eux s’étendait une vaste prairie, décorée de quelques arbres et arbustes. Au loin se trouvait un lac, sur lequel flottait un étrange objet cubique. Mais ce qui les frappa était cet étrange ciel rosâtre sans soleil. Ils n’avaient jamais rien vu de pareil.
***
La Jaguar roula à tombeau ouvert durant une nouvelle heure, sans que son conducteur ne pût déterminer sa direction dans ce paysage aléatoire. Il s’était demandé à de nombreuses reprise si son bolide pourrait parcourir toute la distance qu’il lui faudra pour parvenir à un éventuel but.
Pourtant, quelques élément du paysage parurent soudainement familier à Bob : les Highlands !
- Tiens, fit Morane. Nous voilà maintenant en Ecosse. Quelque chose me dit que nous n’allons pas tarder à retrouver Bill !
- Avant de retrouver Nessie, je le souhaite, lui répondit Sophia d’une voix peu rassurée.
Bob ne fit pas cas de cette remarque, mais arrêta sa voiture.
- Ma jolie, une petite pause s’impose ! Un temps de récupération peut m’être nécessaire pour m’éviter le sommeil au volant. L’idéal serait de se dégourdir les jambes, et d’en profiter pour reconnaître les lieux.
- Si tu veux, mais promets-moi que nous allons rester ensemble.
Tous deux sortirent du véhicule et s’écartèrent du chemin en gravier. Bob savait cependant bien que les hautes landes étaient très vastes, et que, même s’ils reconnaissait le paysage global, les chances de se trouver non loin du manoir de Bill se révélaient minces. Cela ne l’aurait toutefois pas étonné de s’y trouver. Le couple marcha durant une vingtaine de minutes, quand Bob entendit des cris de colère venant de loin. Il ne connaissait bel et bien qu’une seule personne pour agir de la sorte, d’autant plus que les exclamations devaient être en gaélique.
- Je veux en avoir le cœur net, fit soudainement Morane, allons dans cette direction !
Tous deux gravirent un petit monticule et purent assister à un étrange spectacle. Le manoir de Ballantine était à moitié englouti. Leur ami agité se tenait juste à une rive de l’inondation.
- Bill, que se passe-t-il, ici ?
- Vous êtes là, Commandant ? Vous tombez à pic ! Je ne sais pas ce qui se passe, mais des mauvais esprits s’en sont pris à moi, ce matin. Ils m’ont volé tout mon Zat 77, pour me le rendre ensuite sous forme de lac. Ce n’est pas la générosité qui leur manque, mais de quel droit ose-t-on se moquer de mes ancêtres ?
Ce fut ainsi que l’Ecossais relata sa mésaventure. Puis Bob lui fit part des siennes. Il goûta ensuite avec curiosité le liquide formant l’inondation, et constata qu’il s’agissait bel et bien du whisky fétiche de son ami.
- Bill, ne me dis surtout pas que ce phénomène t’incommode. Tu disposes à présent de ton élixir pour le restant de tes jours, cela ne se refuse pas !
- Si, Commandant ! Cet élixir est une fourberie ! En fin de compte, Commandant, je me demande bien si nous nous trouvons toujours dans le monde des elfes… ou de retour sur Ananké.
- Je n’ai pas pu trouver la réponse à cette question depuis mon arrivée, mais s’il te plaît, ne me parle pas de malheurs ! Car je commence à croire que le monde dans lequel nous marchons est constitué de nos souvenirs !
- Commandant, je n’ai jamais vécu la venue d’esprits frappeurs chez moi ! Il y a peut-être encore autre chose !
- Oui, Bill. Peut-être rien que notre imagination. Il m’a toujours semblé que tu n’avais cessé d’évoquer des démons, lors de nos discussions…
- Mais c’est affreux, Bob, s’écria Sophia. Tout cela signifie, que nous allons avoir à affronter encore nos pires cauchemars !
- J’en ai bien peur. Mais crois-moi, la seule solution qui s’offre à nous est d’aller de l’avant. A l’aveugle, mais nous ne devons pas nous arrêter. Il est fort possible, que l’on veuille qu’on flanche. Et cela ne doit pas être !
- Bien, Commandant, mais promettons-nous de rester ensemble.
- Bill, crois-u que je pourrais t’abandonner ?
- Non, mais il arrive souvent que vous partiez seul avec entêtement !
Bob ne jugea pas nécessaire de revenir sur ce débat en de telles circonstances.
- Rejoignons ma voiture, proposa-t-il. Espérons que nous ne tarderons pas à rencontrer nos amis elfes. Peut-être en savent-il plus sur cet étrange univers.
***
Une fois au grand air, les jeunes elfes s’étaient empressés de marcher en direction du lac, persuadés que l’immense cube qui y flottait était leur but. La descente de la pente leur prit environs deux heures, au cours desquelles ils n’avaient rencontré aucune faune hostile, mais plutôt de la flore hostile.
En effet, en début de marche, une plante carnivore s’était refermée sur le pied de Zach. Fort heureusement, la plante fut lacérée à temps par les lames, puisqu’il s’en sortit avec quelques égratignures. Une demi-heure plus tard, un plantome placé en haut d’un arbre avait saisi Quentin, avant d’être enflammé par Justin. Et juste avant leur arrivée sur la rive, Huub avait été attiré par une odeur particulière et s’était dirigé sans âme vers un étrange arbre dont Justin avait soupçonné une autre plante carnivore. Ses pouvoirs de feu avaient pu conjurer le phénomène. La fatigue avait gagné tous les jeunes aventuriers à leur arrivée. Cependant, ils n’osèrent penser à se reposer.
Ils purent, de leur nouvelle position, mieux observer l’objet flottant. Apparemment, il était constitué de tôles d’acier rouillées. Une ouverture se trouvait à sa base. Après une exploration de la berge, ils trouvèrent une barque de bois, munie de rames et de la place pour tous les quatre.
- Parfait, fit Quentin. On va pouvoir aller vers ce cube rouillé.
- C’est pas très prudent de l’utiliser, répondit Zach. On ne sait pas si cette barque va tenir la traversée.
- Mais si qu’elle va tenir. Elle m’a l’air même neuve, lui répondit Justin.
- Et il se peut aussi que des créatures vivent dans les profondeurs du lac. Si une nous attrape…
Tous se mirent à réfléchir, puis Justin déclara :
- Si vous voulez mon avis, je pense que cette barque n’est pas là par hasard. Et j’ai vraiment l’impression qu’on veut nous aider à nous en sortir ! D’ailleurs les outils que nous avons trouvés dans la mine nous ont aidé à nous en échapper. Si on voulait vraiment nous enfermer, je ne pense pas que ces outils seraient là, alors… Je pense qu’il nous faut ramer jusqu’au cube !
- Si tu le dis, Justin… lui répondit Huub. J’espère seulement que tu as raison…
Ce fut ainsi que tous embarquèrent et usèrent de leur énergie pour atteindre le cube oxydé. A l’ouverture se trouvait un ponton permettant le débarquement. Ils ne disposaient d’aucune corde pour amarrer la barque. Uns fois sur la plate-forme, elle s’éloigna d’elle même par un léger courrant.
- C’est malin, fit Zach. Et pour revenir, on fera comment ?
- Je ne sais pas, lui répondit Justin. Il se peut qu’on revienne par un autre chemin.
- Je n’en peux plus, fit Quentin. Et j’ai une de ces faims !
- Moi aussi, firent les autres. Mais on n’a rien trouvé à manger.
Ils se résolurent à entrer au cœur du bâtiment flottant. La pièce d’entrée était une simple petite salle aux parois métalliques nues, avec une porte à l’opposé qu’ils s’empressèrent de passer.
De l’autre côté se trouvait une immense salle chichement décorée avec une table couverte de mets de toutes sortes, fumants comme s’ils venaient de sortir des fourneaux. Il y avait un rôti de porc, du canard laqué au miel, du poulet, des frites, des pâtes, différents légumes, et plusieurs desserts tels que crème brûlée, îles flottantes, et bien d’autres.
- Mais c’est trop beau pour être vrai, s’exclama Quentin. Je n’ai jamais vu autant de plat à la fois de ma vie. A table !
- Attends, il se peut que cette nourriture soit empoisonnée, avertit Zach. C’est bizarre que des gens qui nous ont enfermé dans un monde maudit, nous servent aussi bien à manger.
Justin renifla quelques plats, puis en conclut.
- Ça ne m’a pas l’ait de contenir du poison.
- Mais ça ne se sent pas forcément, répondit Zach.
- Zach, il faut toujours que tu sois aussi perspicace !
L’interpellé se retourna et reconnut une nouvelle fois Sheila qui s’était magiquement introduite dans la pièce.
- Sheila, c’est toi qui as mis cette table ? demanda Justin.
- Tu l’as bien deviné. Cette nourriture est donc non seulement sans danger, mais vous permettra aussi de reprendre vos forces. N’hésitez pas à disposer de tout ce que vous trouverez ici. Vous trouverez aussi des lits derrière ces rideaux, et de quoi vous refaire une santé derrière cette porte.
- Mais nous n’avons pas le temps de dormir, Sheila ! s’exclama Huub.
- N’ayez crainte, quelle que soit la durée de votre sommeil, le temps ne s’écoulera pas pour vous ! Alors, délectez-vous selon vos envies et remettez-vous en forme. Vous en avez besoin, car bien d’autres péripéties vous attendent encore en ce monde.
Ce fut sur ses mots qu’elle disparut. Les jeunes elfes se servirent chacun de ce qui les tentait sur la table et mangèrent avec appétit. Lorsque chacun fut rassasié, il restait encore les trois quarts des mets, prouvant que Sheila n’avait pas lésiné sur la quantité. Quand ils se levèrent de table, les plats et couverts disparurent.
Derrière la porte se trouvait un bain thermal parfumé qui leur permit de se revigorer. Ils découvrirent une double porte qui semblait fermée à clé. Après quoi ils s’allongèrent dans les lits pour un long sommeil.
En cet après-midi pluvieux à Durandal, Uther se trouvait en compagnie de Jaina et Sheila, qui avait réussi à échapper aux elfes noirs lors de leur invasion d’Alent. Les mauvaises nouvelles qu’elle avait transmis au jeune roi l’avaient fortement inquiété. Bien qu’elle ait pu accéder à leur esprit, elle était incapable de localiser les elfes. C’était d’ailleurs au sujet de leur recherche qu’ils discutaient. La conversation fut interrompue par un garde des portes de la ville, qui fit irruption dans la salle du trône.
- Uther, une armée de mort-vivants nous attaque par surprise.
- Que dites-vous ?
- Une armée visiblement constituée de goules, de zombies, d’araignées géantes et autres créatures décharnées tente de forcer nos portes. Pour l’instant, nos archers ont commencé la riposte, mais nous vous demandons l’autorisation de nous servir des armes à feu qui nous ont permis de contenir les armées d’Orcs.
- Des morts-vivants ! s’exclama Jaina. C’est impossible ! Le fléau est censé avoir été éradiqué, il y a plusieurs siècles.
Uther se précipita en compagnie de la sorcière en haut d’une tour et se rendit compte que son subordonné n’avait pas sombré dans la démence. La vague d’assaut impie devait être constituée de plus de dix milles combattants.
- Bon sang, s’écria Jaina. Il nous faut, en plus des fusils d’assaut, mobiliser la totalité de nos sorciers !
Puis ils redescendirent à la salle du trône, auprès du garde.
- Je vous accorde l’autorisation. Prenez les clefs de mes caves et rassemblez tout ce dont vous avez besoin. Mais surtout, donnez l’ordre à tous nos sorciers de participer à la contre-attaque.
- Certains y sont déjà, mon roi.
- Rappelez leur également que les magies élémentaires du feu et toute magie curative sont les plus efficaces contre ces créatures, expliqua Jaina Je vous rejoindrai.
- Je ferai de même, dit Sheila.
Ce fut ainsi que l’alerte sonna dans tout Durandal. Tous ceux aptes au combat durent se placer au front, et les autres se terrer dans les soubassements de la ville. Parvenue au rempart, la jeune sorcière, tout en s’apprêtant à lancer ses incantations contre des créatures volantes, remarqua un dragon au loin dans le ciel, juste en dessus des assaillants, le même qui survolait les guerriers Orcs lors des précédentes attaques. Jaina ne douta pas qu’il n’était autre que le sorcier malfaisant qu’elle avait vu dans l’arène souterraine chez les Orcs corrompus.
***
Cela faisait à présent plus d’une heure que la Jaguar sillonnait les chemins de gravier en direction de l’inconnu. C’était Bill qui s’était chargé de tenir le volant. Le paysage où ils se trouvaient était constitué de plaines verdoyantes aux arbustes rares.
- Commandant, ce paysage est monotone. Je commence sérieusement à m’ennuyer !
- Calme-toi Bill. Il se peut toujours que cela change d’un moment à l’autre.
Il ne s’était pas trompé. La route de gravier fit progressivement place à un chemin de terre difficilement carrossable. Puis ce dernier disparut complètement. La Jaguar avait de ce fait dû bien ralentir son allure.
- Ce paysage me rappelle quelque chose, fit Bob.
- Pourvu que ce ne soit pas à nouveau de mauvais souvenirs, répliqua Sophia.
Une dizaine de minutes plus tard, on pouvait apercevoir des formes gigantesques à l’horizon. Bob sortit des jumelles de sa boîte à gant.
- Je m’en doutais, des triceratops. Nous sommes bel et bien revenus dans le crétacé !
- Eh bien ! il ne manquait plus que ça.
- Bob, dis-moi que ce n’est pas vrai ! Ne me dis pas que l’on va avoir affaire à des dinosaures !
- Ma petite fille, j’ai bien peur que si. Pour le moment, nous nous contenterons de nous tenir aussi loin que possible d’eux.
- Je ne suis plus une petite fille !
Tandis qu’ils évoluaient à travers un paysage exagérément plat, ils rencontrèrent successivement des brontosaures, stégosaures et diplodocus qui se contentaient de leur broutage tout en regardant curieusement l’objet métallique qui passait devant eux.
- Bah, ce n’est encore qu’un simple safari jurassique, fit Ballantine. Tant que l’on ne rencontre pas de T-Rex !
- Bill, n’évoque pas le malheur ! C’est de cette façon qu’il nous trouve !
Ce fut à cet instant que le moteur tressaillit puis s’arrêta.
- Commandant, il va nous falloir continuer à pied ! A moins que l’on ne trouve de station service dans ce lieu perdu au crétacé…
- Bob, dis-moi que ce n’est pas vrai ! s’écria Sophia.
- Normalement je dispose toujours d’un bidon d’essence rempli à l’arrière en cas de pépin. Nous devrions pouvoir faire le plein.
Morane sortit de sa voiture et la contourna pour accéder à son coffre qu’il ouvrit. Il y retrouva son bidon d’essence, rempli comme il l’avait espéré.
- Tadaa ! La marche à pied n’est pas pour maintenant !
Au moment où le Français ôta le bouchon du réservoir et du bidon, on entendit des pas sourds provoqués par un mastodonte. Il regarda autour de lui, et aperçut une forme au loin.
- Bill, tu es très malin, se dit-il. Je pense que je devrais avoir fini le plein bien avant qu’il n’arrive.
On sentit nettement des vibrations, quand il resta un quart de carburant dans le bidon.
- Bob, s’écria Paramount. Dépêche-toi !
Morane parvint à vider le bidon en gardant un calme relatif. Il reboucha uniquement le réservoir, mais laissa le jerrican dehors. « Pas le temps d’être écolo » se dit-il. Bill redémarra le moteur au moment où Bob regagna sa place. La Jaguar ne se fit pas prier et fila aussitôt à la demande de Bill.
Le tyrannosaure était nettement visible à une cinquantaine de mètres des fuyards. Mais cette distance s’amenuisait rapidement, en raison de la vélocité du saurien. Bill mit les gaz autant qu’il le put, mais le terrain limitait fortement la vitesse de la Jaguar, bien qu’elle fût conçue à toutes épreuves. Elle parvint à garder un éloignement constant de vingt mètres de son poursuivant, durant quelques minutes.
Le carnassier parvint tout de même à proximité du véhicule. Il donna quelques coups de museau sur le pare-choc, mais sans pouvoir nuire à l’avancée de la voiture. Les pneus étaient soumis à rude épreuve, et l’un d’eux éclata lorsqu’il rencontra un caillou. Un des éclats fut projeté sur la tête du monstre qui hurla de douleur.
Bien que sérieusement entravé par la perte du pneu, la Jaguar continua d’avancer péniblement. Les fuyards avaient gagné du temps, le tyrannosaure s’étant arrêté quelques instants, mais ils savaient que cela ne durerait pas.
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