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Bob Morane

Les Reliques du Démon
[Histoire Terminée]
Auteur: superdjidane Vue: 134
[Publiée le: 2010-01-07]    [Mise à Jour: 2010-01-08]
G  Signaler Action-Aventure/Heroic FantasyCommentaires: 0
Description:
La suite directe du « monde des elfes »
Crédits:
Les personnage de la série "Bob Morane" sont la propriété de Henri Vernes, les autres sont de mon invention.
Merci à mon cousin pour la correction du texte.
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Commenter: Chapitres 21 à 24

Chapitres 21 à 24

[5835 mots]
Publié le: 2010-01-08Format imprimable  
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XXI


Bob Morane et ses compagnons étaient maintenus enfermés dans un souterrain. Des racines vivantes que les femmes elfes pouvaient contrôler départageaient les cellules. Ils avaient bien entendu été dépossédés de leurs armes. Bob avait été placé en compagnie de Sophia (qui s’était enlacée autour du Français) et Hector et les deux autres avaient été placés dans une alvéole voisine. Mais il leur était toujours possible de communiquer.

Bob avait bien tenté quelque chose contre les racines noueuses, mais elles se contractaient pour opposer davantage de résistance. La force de l’Ecossais s’était révélée tout aussi superflue. Morane s’était ensuite servi de son briquet resté dans l’une de ses poches et que les elfes de la nuit n’avaient pas confisqué, mais les racines avaient du mal à s’enflammer et se débattaient de telle sorte que la petite flamme qui avait prise s’éteignait immédiatement. En ce qui concernait les elfes, il leur était impossible de se servir de leurs sorts, les racines absorbant leur mana, tel une cage de Faraday.

Le séjour dans cette prison s’avérait en outre loin des plus agréables. Après une heure de détention, Hector et Maya semblaient souffrir. Ils expliquaient que leur race était dépendante de la mana et que cette énergie leur permettait de vivre.

- Et la mana vous octroie aussi l’éternité, en déduisit Morane.

- C’est bien cela, en effet. Mais je ne pense pas que nos ennemies aient l’intention de nous la pomper jusqu’à ce que mort s’ensuive.

- Moi non plus. Car comme elle l’a dit elle-même, la prêtresse veut faire de nous ses esclaves.

Trois heures plus tard, la prêtresse était venue rendre visite aux détenus et leur avait annoncé qu’ils resteraient dans leurs cellules végétales un certain nombre de jours, afin de bien les punir et de les conditionner. Puis elle n’était plus reparue. Cinq heures après leur capture, Bob, Bill et Sophia avaient ressenti à leur tour le malaise dont souffrait leurs deux autres compagnons.

- Comment est-ce possible ? souffla Ballantine. Ni moi, ni le Commandant n’usons de magie.

- N’oubliez pas que vous êtes aussi de notre race, lui répondit Hector.

- Ça, ne l’oubliez pas, je vous le ferai payer ! grogna Bill. Si nous étions restés humains, nous aurions peut-être eu une chance de sortir de ce traquenard.

- Ce n’est pas dit, Myria n’est pas du genre à s’embarrasser d’individus qui lui seraient inutiles : elle vous aurait sans doute exécutés sans autre forme de procès, si tel était le cas.

La prêtresse n’avait en effet nullement l’intention de leur accorder une détention reposante. De temps à autre, des femmes du clan venaient leur apporter de la nourriture au compte-gouttes, ce qui ne les rassasiait jamais, mais leur permettait juste de ne pas mourir de faim. Aucun des détenus ne put fermer l’œil la première nuit, si vraiment il faisait nuit dehors. L’obscurité continue du terrier ne leur donnait aucune indication sur le passage du temps. L’absorption de leur mana rendait leur sommeil impossible.

- Notre seul espoir viendrait d’un éventuel sauveur, soupira Bill. La baraka, enfin.


***


Le lendemain, au milieu de la journée, des femmes elfes reparurent au terrier, entraînant avec elles trois autres prisonniers, des elfes, dont une femme.

- Voilà ce qui arrive, quand on essaye de nous défier ! hurla une des femme elfes.

Les prisonniers furent enfermés dans une autre alvéole, voisine à celle de Bob Morane. Lorsque les geôlières disparurent enfin, on put converser avec les nouveaux venus.

- Etes-vous aussi des aventuriers qui ont foulé les terres des elfes de la nuit ?

- C’était le cas, il y a plusieurs mois, mais maintenant, nous sommes depuis tout ce temps, réduits en les esclaves de ces chiennes. Mais nous avions profité de l’agitation provoquée par votre arrivée pour nous enfuir. Nous étions presque sortis de cette forêt quand des racines noueuses nous ont entravés. La suite, vous la devinez…

Celui qui venait de parler était un elfe masculin, de la taille de Morane, aux longs cheveux châtain. Il ressemblait à un des enfants du village d’Alent.

- Irvine, s’exclama Hector, quel soulagement de te revoir. Depuis ton bannissement, tu as été prisonnier par ces elfes ?

- Pas exactement, j’ai erré pendant deux mois à la recherche d’un autre village elfe jusqu’à l’avoir enfin trouvé. Les habitants de ce village étaient plus chaleureux que je n’ai osé l’espérer et m’ont accepté comme l’un des leurs. Plus tard, un enlèvement a eu lieu au village. Il s’agissait d’une sorcière expérimentée dans l’usage des sorts les plus puissants. Nous nous sommes rassemblés pour désigner des volontaires qui accepteraient d’aller à son secours, et j’ai accepté pour prouver ma valeur aux yeux des habitants du village. Je fus accompagné de deux autres guerriers, que vous voyez à mes côtés en ce moment. Les recherches nous ont conduits dans le clan des elfes de la nuit, où nous sommes maintenant prisonniers. C’est après une semaine de séquestration en cet endroit maudit que nous avons pu revoir la lumière du jour, afin de travailler comme des forçats à cultiver les champs pour ce clan. Nous avons pu revoir celle que nous cherchions, mais elle se trouvait détenue en compagnie de la prêtresse, qui cherchait à soutirer son savoir. Malheureusement, elle a fini par succomber aux mauvais traitements qu’elle lui infligeait, il y a deux mois.

- Argh, fit Maya. Cette prêtresse et ses chiennes doivent payer pour leurs méfaits !

- Vous avez donc pris le risque de vous évader, demanda Hector.

- Oui, car il nous tenait à cœur de revoir nos familles et de rapporter la disparition de celle que nous recherchions. Pour ma part mon fils me manque et je désire le voir grandir. Nous avions jusqu’à maintenant échafaudé plusieurs plans d’évasion, mais la surveillance de ces harpies ne se relâchait jamais. Nous avions perdu tout espoir… jusqu’à votre arrivée.


***


Ce fut en début d’après-midi que Sheila arriva au village d’Alent, sous l’apparence d’un pégase et portant les jeunes elfes sur son dos. Nathan ne manquait pas de s’étonner car Sheila ne paraissait que très rarement au village. Quant elle eut repris son apparence originale, Justin expliqua rapidement la situation.

- Mon enfant, demanda Nathan. Tu veux utiliser cette relique pour te téléporter chez les elfes de la nuit. Que penses-tu pouvoir faire contre elles ?

- Fais ce qu’il te demande, insista Sheila. Il n’ira pas seul… et je l’accompagnerai, car j’ai aussi à faire chez ces harpies.

Nathan ne répondit pas, connaissant Sheila. Il s’absenta un instant et reparut avec le glyphe de téléportation.


XXII


Les détenus eurent encore deux heures à endurer, dans leur étrange prison qui pompait leur vitalité, avant que quelque chose qu’ils n’osaient pas espérer se produisît. Une orbe noire violacée apparut, et Justin en sortit.

- Mais que viens-tu faire ici ? s’exclama Bob Morane.

- Je viens vous sauver. Après tout, vous avez bien oser vous mêler de notre belle aventure, la dernière fois. Maintenant, je me venge…

- Très bien. Mais sache seulement que tu t’es jeté dans la gueule du loup. Comme tu peux le voir, ces maudites racines nous retiennent prisonniers, et nous pompent notre vie…

- Ne vous en faites pas, je ne suis pas seul. Et je sais ce qu’il faut faire pour vous libérer ! s’exclama l’enfant en dégainant son épée.

- Cela ne sert à rien, s’écria Hector. Ces saletés ne se laisseront pas couper aussi facilement.

Cet avertissement parut cependant incorrect. Le garçon blond avait, par ses pouvoirs, fait rougir son épée, avant de la brandir sur les racines, qui ne purent opposer aucune résistance. Une fois sectionnées, elles n’avaient pas semblé recroître, comme si elles avaient été cautérisées. Au même moment, l’énigmatique Sheila apparut dans l’orbe.

- Bien, mon garçon, fit Bill. Tu nous as ouvert notre cage, mais ce ne pas fini. Il reste encore ces elfes de la nuit, qui ne doivent pas trop apprécier ton intervention. Elles sont beaucoup trop nombreuses pour que nous les affrontions.

En effet, le bruit avait attiré les geôlières dans le caveau. En apercevant la scène, elles en furent interloquées.

- Mais comment avez-vous osé… ?

- Justin, que comptes-tu faire maintenant ? demanda Morane. Tu ne penses tout de même pas affronter deux adversaires à toi tout seul ?

- Pas vraiment, mais…

- Ne vous inquiétez pas, fit Sheila, cet enfant sait ce qu’il fait.

L’enfant fit apparaître des petites trombes d’eau sur les geôlières. Aux endroits où elles furent touchées, leur teint violacé fit place à un teint couleur chair, semblable à celui des hauts-elfes. Elles étaient en réalité recouvertes d’un fond de teint. Se voyant découvertes, elles se sentirent réduites à l’impuissance et ne furent pas capables d’appeler des renforts. Zach et Quentin apparurent à leur tour.

- Vous voyez, dit Justin, elles ne sont pas des elfes de la nuit, mais de vilaines fripouilles qui se faisaient passer pour plus puissantes qu’elles le sont en réalité !

- Justin, qui es-tu ? balbutia Morane. Et comment sais-tu tout cela ?

- Je lui ai tout expliqué, fit calmement Sheila. Ces elfes sont imbues d’elles-mêmes, à tel point qu’elles se croient des elfes de la nuit comme elles veulent le laisser paraître. Elles ont jusque là malheureusement réussi à intimider tous ceux qu’elles capturaient. Je connais leur chef bien avant qu’elle fonde ce clan où elle n’invitait que des femmes qui pensaient comme elle. Mais à présent, je vais la trouver pour la réprimander comme elle le mérite. Attendez simplement que j’aie terminé, et vous pouvez récupérer en toute tranquillité l’objet que vous recherchez.

- Attends, Sheila, l’interpella Hector. C’est toi qui lui as appris ces pouvoirs ? A ma connaissance, ce n’est pas avant l’âge de quinze-seize ans que l’on maîtrise des magies d’un tel niveau.

- Justin est différent, je le répète, répondit-elle simplement. De plus, ne généralise pas.

Elle sortit au-dehors. Après leur apparition, Zack et Quentin, qui avaient manqué le début de la scène, avaient scruté l’endroit avec curiosité. En apercevant Irvine, Zach resta stupéfait. Des larmes roulèrent sur ses joues.

- Mais qu’est-ce qui t’arrive ? demanda Justin.

Zach se précipita dans les bras d’Irvine. Il venait de retrouver son père qu’il n’avait plus vu depuis une année.


***


Une vingtaine de minutes plus tard, Sheila revint au terrier.

- Tout est en ordre. Cependant, je n’ai eu d’autre solution que d’enfermer la prêtresse dans un petit cristal en attendant une autre alternative. Mais ses subordonnées, me voyant supérieures à elle, me respectent à présent, et je leur ai sommé de vous laisser récupérer la relique que vous cherchez.

- Très bien, répondit Hector. Je propose qu’une partie d’entre nous s’en occupe et que les autres rentrent aux village par le portail. Quant à vous deux, Irvine et Zach, allez-y les premiers, vous en avez le plus besoin.

- Mais Shaddar m’a banni…

- Shaddar n’est plus parmi nous, du moins pour le moment. Tu peux retourner à Alent sans problème. Je pense qu’il est plus prudent que ce soit moi et Maya qui se charge de la quête.

- Hé, s’écria Justin. Je ne pourrai pas le faire ?

- Pas question. On ne sait pas quelles créatures ont pu se loger dans ces caves. Et tu n’es encore qu’un enfant, ne l’oublie pas.

- Je me suis très bien débrouillé jusqu’à maintenant, et je connais quelques sorts. C’est comme ça que vous me remerciez pour vous avoir libérés ?

- Hector, intervint Sheila. Il peut le faire ! Fais lui confiance.


XXIII


Des jours avaient passé depuis l’aventure dans la forêt des elfes de la nuit. Quelle ne fût pas la surprise d’Alia qui avait fondu en larmes en voyant de retour celui qu’elle avait toujours aimé. Il avait cependant semblé à Irvine que sa dulcinée avait prit de la corpulence, ce qui prouvait que son chagrin l’avait poussé à manger pour compenser. Zack, quant à lui, avait à peine fini de se remettre de ses émotions.

Durant ces deux jours, rien de particulier ne s’était passé. Justin avait continué son entraînement, tandis que le maniement de l’épée semblait toujours inaccessible pour Quentin, bien que toujours encouragé par Nathan qui lui répétait qu’il pouvait y arriver.

La relique de Valmar récupérée par Justin chez les elfes de la nuit (une épée runique maudite dont le manche était garni d’une tête de mort sculptée dans de l’acier) avait été placée en compagnie des deux précédentes dans le coffre en plomb précieusement stocké chez Hector.

Shaddar et deux de ses séides brillaient toujours par leur absence. Les deux autres étaient placés en détention dans les cachots du château d’Uther. Et il s’avérait impossible de les localiser, malgré les efforts de Sheila. Morane était, le lendemain de leur retour, descendu à Durandal en vue de contacter Jaina et solliciter ses services. Elle accepta de passer une nuit à Alent pour sa recherche, sans aucun résultat. Elle s’était finalement résolue à retourner chez elle, déçue de n’avoir pas pu aider ses amis.

- Si nous ne trouvons pas Shaddar, avait déclaré Hector, c’est lui qui nous trouvera !

- Je ne l’espère pas, avait répliqué Morane.

Le soir venu, tous s’étaient à nouveau réunis chez Hector, sans que le débat n’avançât davantage.

- Si vous voulez mon avis, répliqua Bill Ballantine, nous ne pouvons plus rien faire ici : il ne nous reste donc, moi, le Commandant, Sophia et les gamins plus qu’à rentrer chez nous ! Quitte à revenir plus tard, quand il y aura du nouveau.

Bob ne répondit pas immédiatement, il savait que plus rien ne pouvait s’opposer à la proposition de Bill Ballantine, le portail n’étant plus gardé, mais il s’était juré de ne pas repartir avant d’avoir aidé ses nouveaux amis.

- Bill, finit-il par répondre. Si Shaddar refait surface quand nous serons partis, les villageois d’Alent seraient sans doute sans défense. C’est pourquoi nous devons absolument le trouver.

- Il ne vous est pas nécessaire de vouloir nous sauver, fit Hector. Nos pouvoirs ne nous laissent pas démunis.

- Mais vous savez pourtant bien que les pouvoirs de Shaddar sont supérieurs aux vôtres !

- Bien sûr. Mais je ne tiens pas non plus à vous retenir ici, d’autant plus que vous avez des amis dans l’autre monde.

- Je le pense aussi, ajouta Sheila. N’allez tout de même pas jusqu’à abandonner des êtres qui vous sont chers pour notre cause. Cela s’avérerait complètement ridicule.

Morane réfléchit un moment, tandis que Quentin repensait à ses parents.

- Si je rentre maintenant, mes parents vont me tuer en arrivant. Dire que ça fait dix jours que je les ai quittés…

- Ne te fais pas de soucis, mon enfant, le rassura Sheila. Pour commencer, ils ne t’attendent que depuis deux jours et demi. Peu après ton arrivée parmi nous, j’ai contacté tes parents en rêve pour leur expliquer ce qu’il t’arrivait et leur dire que tout se passait bien. Cela n’était pas facile, car ils ne fermaient pas l’œil de la nuit à cause de ta disparition, mais ils ont pu s’assoupir pour une heure environ et cela m’a suffit. Sache seulement que tu peux les retrouver sans problème.

- Et je t’accompagnerai, ajouta Nathan. Le mieux est que nous y allions demain. Votre monde se trouve encore en pleine nuit, maintenant.

- Exactement, répondit Morane. Je pense que Justin devrait aussi rentrer chez lui, il lui faut se réhabituer à un train de vie normal.

- Mais papa n’est pas encore rentré, répondit Justin. Si j’ai bien calculé, il ne revient à la maison que dimanche, juste avant la rentrée, ce qui fait dans deux jours dans notre monde. C’est-à-dire huit jours chez les elfes. En plus, je ne sais pas si je pourrai rentrer, après ce que j’ai vécu.

- Moi non plus, répondit Quentin. Cette vie d’elfe ne nous va pas si mal après tout.

- Si vous m’avez emmené ici, c’est bien parce que j’ai un rôle important à jouer, pas vrai ?

- Vous deux, fit Morane, je comprends que vous ayez envie de rester et vivre ici. Mais sachez seulement qu’une telle décision est très grave !

- Mes enfants, j’ai pris une grande responsabilité en vous faisant venir ici. Je savais que vous vous plairiez dans cette nouvelle vie, expliqua Sheila. Cependant, je préférerais que vous retourniez dans votre monde et que vous réfléchissiez sérieusement à la question. Je désire seulement que votre choix soit judicieux et que vous ne le regretteriez pas.

- Je sais, répondit Justin, mais on voudrait seulement rester encore un peu, rien que pour connaître la fin de cette histoire.

- Moi aussi, lui répondit Morane, je voudrais connaître la fin du film. Mais moi, Bill et Sophia avons aussi d’autres chats à fouetter. Il ne nous est pas possible de rester ici plusieurs années consécutives.

La réunion se poursuivit sur le même sujet durant un nouveau quart d’heure, puis chacun alla se coucher. Ce fût avec l’air un peu triste que Justin s’endormit. Tout en rêvant, il espérait seulement que ses aventures allait continuer. Il ne doutait en revanche pas que son désir allait se réaliser dans peu de temps.


XXIV


Ce fût au milieu de la nuit que Morane se réveilla. Il savait que cela ne lui arrivait jamais sans raison. Sans bruit, il se leva et jeta un coup d’œil à sa montre : passé deux heures du matin. Puis il alla à la fenêtre et observa la vue qu’elle lui offrait sur les ruelles et la place du village éclairé au clair de lune, et ce durant quelques minutes. Jusqu’au moment où une forme étrange ayant plusieurs pattes apparut, venant sur la place. Une observation plus approfondie lui permit de distinguer une sorte d’araignée de la taille d’un cheval.

- Bon sang, pensa Bob. Soit mon esprit me joue des tours, soit j’ignorais que des espèces de cette taille avaient pour habitude des balades nocturnes dans les villages. Soit encore une menace plane sur ce village.

En son for intérieur, il souhaitait seulement que l’une des deux possibilités soit vraie, mais il savait que les araignées géantes n’effrayaient jamais personne par simple plaisir. Il balaya à nouveau du regard la vue qui s’offrait à lui, et aperçut d’autres arachnides de taille semblable. Selon Morane, elles n’avaient pas particulièrement l’intention d’attaquer Alent, mais semblaient plutôt à la recherche de quelque chose. Le Français pouvait à présent constater que certains des monstres étaient chevauchés par des formes humaines encapuchonnées.

- Il faut prévenir Hector ! Il faut prévenir Hector ! pensa-t-il encore.

Mais il savait qu’il ne pouvait pas y accéder par la voie conventionnelle, sous peine d’être repéré. Il se résolut donc à atteindre son ami par les toits.

Avant son entreprise, il se munit de son Luger au bout duquel il ajusta un silencieux. Une fenêtre du toit lui ouvrit la voie. Il parvint à progresser sans créer le moindre bruit.

Fort heureusement, les maisons étaient accolées les unes aux autres. Cependant, juste devant la maison d’Hector, un espace se dressa devant lui et il dut songer à effectuer un saut. Ce qui ferait immanquablement du bruit, mais c’était la seule solution.

- Je suis fou à lier, pensa-t-il encore en prenant de l’élan.

Il réussit à effectuer son saut et retomba avec fracas sur le toit opposé. Bob eut rapidement l’idée de se cacher derrière une cheminée, voyant que la meute avait bel et bien réagi au son et affluait vers sa position. Il attendit simplement, puis les insectes retournèrent à leurs occupations. Aucun d’entre eux ne l’avait apparemment repéré.

Hector avait laissé sa fenêtre de toit ouvert, ce qui soulagea Morane qui s’y introduisit aussitôt.

- Bon sang, qui… Mais c’est toi Bob, s’écria Hector qui venait de se réveiller. Pourquoi t’introduis-tu en pleine nuit chez moi par les toits.

- Chut. Ne crie surtout pas !

- Bob, vas-tu m’expliquer…

Morane lui fit rapidement part de sa découverte et invita son ami à observer les nouveaux venus.

- Qui sont ces visiteurs ? demanda-t-il.

- Bon sang, des Nérubiens ? C’est impossible ! Ces créatures malfaisantes n’auraient-elles pas toutes été éradiquées ?

- Que veux-tu dire ? Et quels sont leurs cavaliers ?

- Ces monstruosités ont toujours servi le mal absolu. Nous les hauts-elfes pourrions facilement les vaincre par nos pouvoirs de feu. Mais avec des elfes noirs qui les montent, cela va être difficile…

- Oh non ce n’est pas vrai. Un seul de leur race nous a causé des déboires à la sortie du restaurant, l’autre jour, mais plusieurs… Il est évident que Shaddar, ou Gareth, tirent les ficelles de tout ceci !

- Il y a effectivement de fortes chances…

- Si tel est le cas, ils doivent sans doute en avoir après les artefacts que nous avons récemment récupérés. Mais comment peuvent-ils savoir que nous les possédons ?

- Je n’en ai aucune idée, mais tu avais certifié que dans cette boîte en plomb, leurs auras étaient annihilées.

- Je continue de le penser… Pour l’instant, nos visiteurs nocturnes ne semblent pas l’avoir localisée, ce qui confirme mon idée.

Tandis que les monstruosités poursuivaient leur tour du village, les deux elfes avaient songé à réveiller et alerter tout le monde, mais ils devinaient les risques encourus en descendant dans les ruelles, à la merci des montres. La seule solution encore sûre restait l’escapade par les toits, ce qu’ils envisagèrent aussitôt.

- Réveillons d’abord Sheila et Maya, proposa Hector. Puis nous nous occuperons des enfants et les mettrons en lieu sûr.

- C’est aussi mon idée. Cependant, cela ne va pas être facile de retenir ce blondinet qui prendra très certainement l’envie de montrer ses talents de bretteur.

- Ce ne sont pas les araignées qui lui poseraient des difficultés, mais bien ces Elfes Noirs et leurs incantations maudites.

Fort heureusement, Hector évoluait sur les toits encore plus aisément que Morane. Le premier appartement à leur portée était celui où dormait Sheila. Cette dernière semblait déjà éveillée.

- Je suis rassuré de ne pas vous avoir réveillée en sursaut ! fit le Français.

- N’aie crainte. Je suis toujours réveillée à l’approche d’une menace, répondit-elle.

- Avez-vous une idée quant à la réelle intention de ces envahisseurs ?

- Pas plus que vous. Mais je sais qu’ils ne sont pas là sans raison. Poursuivez seulement votre entreprise, et réveillez les autres. Moi, j’agirai à ma manière !

Mais elle eut à peine fini de prononcer ces mots que l’on entendit du fracas. Hector observa ce qu’il se passait par la fenêtre.

- Bon sang ! Ils essayent de s’introduire chez Maya. Il faut absolument la…

- Laissez-moi faire…

Sheila prit la place de Hector et fit une incantation. Les deux arachnides qui tentaient de défoncer la porte de leur amie, en face de leur position, furent spontanément enflammées. Le personnage qui montait l’une d’elles s’affaissa au sol, étourdi.

- A présent, ordonna Sheila, courez chez elle. Je vous couvre ! Souvenez-vous que nos ennemis sont sensibles aux magies de feu.

Les deux elfes obéirent. Le temps de traverser la ruelle, aucun monstre ne s’y trouvait. Ce qui leur permit d’atteindre Maya. Celle-ci s’étaient réveillée en sursaut au bruit. Hector lui rendit rapidement compte de la situation. Bien que paniquée, elle se joignit à eux. Ce fut ainsi que les elfes d’Alent combattirent l’envahisseur en chemise de nuit.


***


La première préoccupation de Morane et Hector était de sauver les enfants. Pour cela, il leur fallut atteindre l’opposé du village. Tout d’abord deux araignées barrèrent leur route deux rues plus loin. Les flammes d’Hector lui permirent d’en avoir raison.

- Cela me parait trop facile, fit Morane. S’ils succombent à un simple sort !

- Peut-être, mais n’oublie pas que tous nos confrères ne maîtrise pas des magies d’un tel niveau. Seuls moi, Maya, Sheila, Nathan et peut-être Justin peuvent enflammer ces araignées.

Les deux fuyards firent encore quelques centaines de mètres avant d’atteindre la maison où se trouvaient les jeunes elfes, à l’extérieur du village. Mais avant d’avoir pu sortir d’Alent, trois arachnides et un elfe noir bloquèrent leur route. A cause de ce dernier, Bob eut de la peine à garder confiance en lui. Il tira un pruneau de son Luger en direction de l’être malfaisant, qui tomba sans vie au sol. Quant à Hector, il enflamma deux des araignées, mais il sentit après que sa réserve de mana touchait à sa fin. Lorsqu’il tenta de faire de même avec la dernière bête, celle-ci fut embrasée par un sort venant de son arrière.

Bob et Hector poursuivirent leur progression, et découvrirent leur allié qui n’était autre qu’un enfant en chemise de nuit qu’ils reconnurent aussitôt.

- Justin, tu n’aurais pas du sortir… fit Morane.

- Je sais… Mais je voulais vous trouver, ou Nathan…

- Comment vont les autres ? Ils sont toujours chez Alia ?

- Je ne sais pas… Tout ce que je sais, c’est que j’ai été réveillé en pleine nuit par des gens qui sont venus dans notre chambre… J’ai vu qu’ils étaient en train d’enlever Zach et Quentin qui dormaient toujours… Ils on essayé de me prendre, mais j’ai pu saisir mon épée, et sortir de ma chambre. J’ai vu Alia et Irvine endormis par terre… impossible de les réveiller… Ces méchants ont essayé de m’attraper, mais j’ai pu m’enfuir. Une de ces grosses araignées a essayé de m’attaquer, mais j’ai pu me défendre et lui couper des pattes. J’ai vu au loin, dans le village, des elfes utiliser des magies de feu pour tuer les araignées et j’ai compris comment les vaincre… heureusement que Sheila m’a donné ses pouvoirs… et je vous ai trouvé…

- Tu es vraiment courageux, et surtout très fort pour un garçon de ton âge. Un autre n’aurait pas pu faire de même, lui répondit Morane. Mais maintenant, reste avec nous.

- Sheila avait donc vu juste en nous recommandant cet enfant, fit Hector perplexe. Pour l’instant, retrouvons Sheila et les autres. Si comme le dit Justin, des elfes noirs se trouvent chez lui, nous ne pourrons nous en occuper seul.

- C’est donc des elfes noirs, ces individus ?

- Exactement, mon enfant, répondit Hector. Et de redoutables adeptes de magie noire et d’invocations maudites. Nous craignons de ne pas pouvoir les repousser de notre village.

-Mais il n’y a pas un bouclier qui empêche les créatures du mal d’atteindre Alent ? continua Justin.

- Bien sûr, mais il n’a pas semblé repousser nos envahisseurs, je ne puis te l’expliquer.

Ce fût ainsi que les deux elfes et l’enfant retournèrent en direction de la place du village. En chemin, ils furent surpris par un groupe d’elfes noirs qui les arrêtèrent. Impuissants, les compagnons virent l’un d’entre eux s’apprêter à leur lancer un sort, qui leur fit perdre conscience.



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