Ne pas suivre ce lien !
Bienvenue sur Les fanfictions (fanfic ou fanfiction) de Fanfic FR

Fanfic Fr

Publiez et gérez vos fanfics en ligne

La Borne Manga Sanctuary

 Créer un compte.Accueil | FANFICTIONS | Votre Compte | Reportages | Tous les Sujets

Sommaire

Accueil


FANFICTIONS


Lecture


Entre Vous


Infos Perso


Divers


Internet & Liens



Partenaires

Japon Online
Bienvenue sur le site des fanfictions de Keina et isy
Mutantx-fr.net
Alice 19th
des centaines de poèmes, citations et bientôt des livres virtuelles ainsi que des biographies
Pensées de l Aube: Le Forum où Vous Avez la Parole !
Stellar Fan Fic Library
Fictions, héros et analyse
Manga Café
Visiter le site de BulleJapon (Lien externe)
Le monde d'Edenya
Ecoutez des audiofics

[ Nos Partenaires ]


ShoutBlock

Liste des connectés


Gama-Bunta


ShoutBlock

Derniers Blogs Modifiés


Evénements à venir


Derniers liens


Accueil des Fanfics Liste par Auteurs/Date Recherche Coup de cœur Hasard...

Livres-Romans

 > 

Bob Morane

Les Reliques du Démon
[Histoire Terminée]
Auteur: superdjidane Vue: 131
[Publiée le: 2010-01-07]    [Mise à Jour: 2010-01-08]
G  Signaler Action-Aventure/Heroic FantasyCommentaires: 0
Description:
La suite directe du « monde des elfes »
Crédits:
Les personnage de la série "Bob Morane" sont la propriété de Henri Vernes, les autres sont de mon invention.
Merci à mon cousin pour la correction du texte.
<< ( Préc ) ( Suiv ) >>

Commenter: Chapitres 9 à 12

Chapitres 9 à 12

[8382 mots]
Publié le: 2010-01-08
Mis à Jour: 2010-01-08
Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)

IX


Les jeunes elfes avaient passé une excellente nuit, en compagnie de leurs hôtes respectifs. Après avoir pris leur petit déjeuné, ils s’étaient retrouvés dehors sur le ponton. Il s’était avéré que les parents d’accueil les avaient tous chouchoutés, tant les elfes les intriguaient.

- Les gars, annonça Huub. On m’a expliqué où on pourrait trouver la relique. Il y a, à en croire mes hôtes, des ruines englouties au large de Garlan. De nombreux trésors s’y trouvent, mais aucun des habitant n’ose y aller, car il paraît que de viles créatures y ont logé domicile.

- Des créatures, fit Justin. Cela commençait à me manquer. Voilà une belle aventure qui nous attend ! Le problème, c’est qu’on ne peut pas obtenir le pouvoir de ses habitants… Les gens chez qui j’étais m’ont tout expliqué sur leur pouvoir.

- A moi aussi, fit Quentin. Il nous faut absolument des équipements de plongée pour accomplir notre quête.

- Ne vous inquiétez pas pour ça ! fit Chris qui venait d’arriver, je connais une maison au bord de la plage à environ cinq kilomètres au sud. Vous pourrez y louer des bouteilles d’oxygène, un canot à moteur et tout ce que vous voulez.

- Super, fit Justin.

La petite réunion fut interrompue par le chef du village qui s’était approché d’eux.

- Petits elfes, je croyais vous avoir dit que vous pouviez passer cette nuit dans notre village, mais pas plus !

- Je sais, fit Huub , on n’a pas l’intention de passer une autre nuitée, mais juste de passer une heure ou deux pour parler à nos amis et nous préparer.

- Il n’en est pas question, je vous ai ordonné de filer d’ici la nuit finie. Cela fait maintenant trois heures que le jour s’est levé.

- Hé c’est pas juste, bredouilla Justin. On a bien le droit de se préparer pour accomplir notre quête.

- FOUTEZ-MOI LE CAMP, SCELERATS !

- Il suffit, Dark Vador ! hurla la mère qui avait hébergé Justin. De quel droit te permets-tu d’agresser ces enfants, ils ont le bien le droit de se reposer ici autant de temps qu’ils désirent !

- La ferme, ma vieille, je suis le Chef, et c’est moi qui commande, dans ce village !

Chris fit signe aux quatre aventuriers de s’éloigner.

- Restez en dehors de cette dispute, les gars ! Moi et les autres, allons vous aider à préparer vos affaires.

Alors les garçons se mobilisèrent pour aider chaque elfe à plier bagage. Après s’être assurés de n’avoir rien oublié, ils prirent la direction de la sortie du village, sous le regard foudroyant du chef.

- Non, mon fils, toi, tu restes ici !

Chris lui tira la langue et accompagna les elfes attristés sur la plage.

- T’es vraiment trop sympa, Chris, de nous aider, mais maintenant, on va devoir se séparer, dit Justin en pleurs.

- Non, je ne vous laisserai jamais tomber. Je vous accompagnerai. Vous savez où aller au moins ?

- Oui, fit Huub. On doit se diriger vers la maison où on peut louer des équipements. Les nuits, nous pouvons camper n’importe où.

- J’ai une meilleure idée. A quelques centaines de mètres au sud, vous trouverez une grotte. C’est un de nos lieux de jeux préférés. Allez-y et installez-vous. Quant à moi, je vais revenir au village pour combiner avec mes potes. Après ça, on vous rejoindra !

- Merci Chris, fit Justin. On y va tout de suite.


***


La petite caverne indiquée par Chris se trouvait à une vingtaine de minutes de marche. A cet endroit, la plage s’arrêtait, pour fait place à une zone rocheuse. Devant la cavité, un foyer éteint s’y trouvait. La grotte, peu profonde, était un cul-de-sac ; il s’agissait juste d’une pièce de la taille d’une chambre à coucher. Les jeunes elfes avaient la certitude de ne pas s’être trompés en y voyant des couvertures. Mobilier et autres affaires ne pouvaient appartenir qu’aux garçons. Chris leur avait dit de ne pas se gêner et de se servir de tout ce qui s’y trouvait. Après avoir installé leurs effets comme bon leur semblait, ils s’allongèrent sur les couvertures.

- L’avantage des quêtes, s’enthousiasma Quentin, c’est qu’on se fait beaucoup de nouveaux amis.

- Pas toujours, lui répondit Huub. La plupart du temps, on ne va que dans des endroits hostiles où nous n’avons aucun allié. Mais c’est vrai que dans ce voyage, on a rencontré beaucoup d’amis, les Japs et les elfes d’Utaï, et ces garçons extraordinaires de Garlan. Dommage que nous ne pouvons pas rester dans ce village à cause de cet imbécile de chef !

- J’espère que Chris et ses amis arriveront bientôt, dit doucement Justin.

Ce fut une heure et demie plus tard que Chris, accompagné de Jack, apparut. Ils étaient chargés de nourriture et d’autres effets personnels.

- Salut, les gars, annonça-t-il. J’ai apporté de quoi nous faire des repas pour ces prochains jours. Malheureusement, aucun autre de mes potes à part Jack n’a pu m’accompagner. Aussi je n’ai pu prendre aucun des jet-ski de notre village. Il va falloir qu’on en loue un dans cette boutique. Sachez qu’à partir de maintenant, je vous accompagne dans votre quête.

- Moi aussi, fit Jack, mes parents m’ont autorisé à vous suivre.

- Quant à moi fit Chris. La permission, je la prends… Si j’écoutais mon père, je ne pourrais rien faire, pas vrai ?

- Super, s’exclama Justin. On n’espérait pas avoir votre aide.

- Justin, je vous ai dit que je ne vous laisserai jamais tomber !

Alors, dans la joie et la bonne humeur, les amis se concoctèrent un repas de midi, avec ce qu’avait apporté Chris, et le reste de nourriture contenu dans les sacs des elfes, tout en organisant l’emploi du temps de l’après midi.


X


Il fallut une heure de marche le long de la côte vers le sud pour atteindre la cabane dont parlait Chris. Construite en bois, elle était de taille importante. Devant elle, se trouvait un wharf où se trouvaient accostés plusieurs dizaines de petits bateaux à moteur. Par précaution, le groupe d’enfants avait laissé un des leurs à la grotte. C’est Jack qui s’était résigné à le faire. En même temps il avait eu l’idée d’attraper des poissons pour le repas du soir.

L’intérieur de l’habitation était rempli d’équipements et d’outils utiles pour la plongée et la pêche. La maison était aussi habitée par deux hommes au teint bronzé, qui portaient aussi les tatouages du clan de Garlan. Chris avait expliqué qu’ils étaient des leurs, mais qu’ils s’étaient retirés du village. L’un d’entre eux se trouvait au comptoir.

- Salut, Chris, salua le vendeur. Quel bon vent t’amène ? Tu viens avec des elfes ?

- Oui, et ils voudraient explorer le fond de la mer. C’est pourquoi nous sommes venus pour louer des bouteilles d’oxygène, masques et palmes, et un de tes canots à moteur.

- Pourquoi pas, mais vous avez assez d’argents pour me louer tout ceci ?

Justin sortit un porte-monnaie rempli de pièces d’or.

- Ça ira, mais avez-vous déjà plongé avec des bouteilles ?

- Moi, jamais, répondit Huub.

- Moi non plus, fit Zach.

- J’en ai fait un peu avec Justin pendant les dernières vacances, dit Quentin.

- Si vous ne savez pas vous servir des bouteilles, cela ne sert à rien que je vous en loue. En effet, on ne peut les utiliser de trente-six manières, faute de quoi cela peut s’avérer fatal. Mais vous deux, qui avez déjà fait de la plongée, vous savez au mois qu’il faut faire des paliers de décompression et comment les faire ?

- Je m’en souviens un peu, répondit le garçon blond.

- De toute façon, je vous les loue avec un mode d’emploi rédigé par mes soins. Attendez que je choisisse des scaphandres à votre taille.

Le tenancier fouilla dans sa boutique et prit deux équipements qu’il essaya sur les deux garçons. Les deux autres elfes masquèrent leur déception, sachant qu’ils ne pourraient participer à cette aventure

- Parfait. Maintenant, je vais remplir ces bouteilles et faire quelques petits réglages…

Il s’éclipsa alors dans l’arrière-boutique avec les attirails et réapparut dix minutes plus tard.

- Voilà, tout est réglé maintenant. Juste encore une précision, faites-vous une plongée profonde ?

- Non, lui répondit Chris. Nous pouvons atteindre l’endroit par nous-mêmes, nous qui pouvons évoluer dans l’eau…

- Dans ce cas, vous n’avez pas besoin de combinaisons étanches. Vos maillots de bain suffiront… attendez, vous voulez aussi un canot à moteur ?

- Exactement.

- Comme vous n’êtes que des enfants, je n’ai pas la certitude que vous me le ramènerez intact.

- Comment ça ! se vexa Justin. On a quand même un sens des responsabilité !

- Oui, mais je ne serais pas étonné si l’envie de faire de la vitesse vous prenait, c’est pourquoi je ne peux vous le laisser sans une garantie de votre part.

- Quoi, comme garantie ? demanda Huub.

- Par exemple, un de vos équipements elfiques, comme vos pantalons de cuir. Ou alors un de vos joyaux. Je sais que votre race ne se refuse rien…

- Oh, zut, soupira Justin, on a laissé toutes nos affaires dans la grotte !

- Dans ce cas…

- Non, attendez ! s’écria Zach. (Il ôta de son cou le pendentif dont il ne se séparait jamais.) Ça peut aller, si je vous confie cela !

- Non, Zach! s’écria Huub. Tu ne vas tout de même pas laisser ton précieux trésor de famille.

- Si, il faut bien qu’on puisse poursuivre notre quête, pas vrai ?

- Cela me paraît convenir… Pas de problèmes, vous pouvez louer le canot… Attendez que je vous cherche un moteur, je ne les laisse jamais sur les canots, par crainte de me les faire piquer…

Le marchand prit la gemme ciselée, disparut de nouveau derrière le comptoir et reparut quelques minutes plus tard avec un assez gros moteur : un Evinrude de 15 Chevaux.

Justin régla la note, puis tous sortir sur le ponton et le tenancier fixa le moteur sur un canot de trois mètres de long.

- Voilà, les enfants. A présent, amusez-vous bien ! s’exclama-t-il en riant.

- Au revoir, Monsieur !

Ils s’éloignèrent à faible vitesse du ponton.

- Avec ça, fit Chris, on sera de retour à la grotte en moins de temps qu’il ne faut pour le dire !

- Attends, je voudrais bien essayer nos équipements, dit Justin

- Plus tard, quand on sera au campement, répondit Chris.

- Je préfère qu’on essaye maintenant. Parce que s’il y a un problème on peut tout de suite le rapporter à la boutique.

- Comme tu veux.

Chris manœuvra la barque vers la plage et tous en sortirent. Tandis que Justin se paraît des bouteilles, selon le mode d’emploi, Une voix retentit derrière les garçons :

- Stop, Justin, ce n’est pas un jouet. Laisse-moi faire !

Justin se retourna et reconnut Bob Morane, accompagné de Bill Ballantine, sortant d’une forêt.


***


- Ben ça alors ! s’exclama Justin surpris. Tu nous aurais suivi jusqu’ici ?

- J’en avais bien l’intention. Mais moi et Bill avons perdu vos traces et nous sommes égarés en chemin. Nous avons alors progressé vers l’ouest dans l’espoir d’atteindre la mer. Mais nous avions dérivé trop vers le sud sans le savoir. C’est par les renseignements fournis par les habitants d’un village balnéaire que nous avons pu localiser Garlan. Nous avons alors longé le bord de la mer durant une journée et demie, entrecoupée de pauses. Nous en avons pris justement une en haut de ces colline sous l’ombre d’un bosquet lorsque nous avons entendu un bruit de moteur venant de la mer. J’ai juste lancé un regard en direction du canot et j’ai aperçu des enfants. J’ai observé avec mes jumelles et vous ai reconnu. Voyant que vous vous dirigiez subitement sur la plage, nous sommes alors venus à votre rencontre. Mais qui est cet adolescent tatoué qui vous accompagne ?

- C’est Chris, un des habitants de Garlan. Il est super sympa. Pas comme le chef du village qui est un gros malhonnête. Tiens, Chris, je te présente le fameux commandant Bob Morane et Bill Ballantine.

- Heu, bonjour… balbutia Chris.

- Justin, ne me vante pas trop… Enfin, que veux tu dire par « gros malhonnête » ?

- Il nous a juste laissé passer la nuit au village ; après, il nous a chassés, parce qu’il déteste les elfes. Heureusement, tous les gamins du village nous ont aidés…

Justin raconta, de manière quelque peu confuse, ce qu’ils avaient vécu au village. Chris rajouta des détails pour éclaircir.

- Bien, je vois que vous vous êtes bien débrouillés, jusqu’à maintenant. Mais que faites-vous avec cet équipement de plongée ?

- Nous voulons explorer des ruines englouties. On pense que c’est là que notre relique s’y trouve.

- Ne savez-vous pas que son utilisation est un peu risquée pour des mains peu expertes dans ce domaine ?

- Oui, mais Quentin et moi avons déjà fait un peu de plongée, pendant nos dernières vacances d’été. On sait donc qu’il fait faire des paliers de décompression…

- J’espère bien ! Mais enfin, fais voir cet attirail…

- Heu, le gars chez qui on l’a loué nous a donné un mode d’emploi, et c’est bien expliqué.

- Je vois… Tu te débrouillais pas trop mal. Enfin, tout me paraît correct…

- Tu veux contrôler l’autre équipement ?

- Volontiers.

Le Français examina l’autre scaphandre et ôta accidentellement le tuyau du détendeur. Une guêpe visiblement dérangée s’échappa du tuyau.

- Bon sang ! s’écria Morane. Vous plongiez avec ce scaphandre et cette guêpe se serait retrouvée dans votre trachée. Elle vous aurait piqués…et vous risquiez de mourir étouffés. J’arrive à temps, on dirait.

- C’est bizarre, fit Quentin. Le type l’avait pourtant vérifié derrière le comptoir. Il aurait dû la voir. On l’a en tout cas attendu pendant dix minutes au moins et il a fait la même chose pour le moteur.

- Tiens donc…

Bob débrancha le tuyau du premier scaphandre, mais on n’y trouva aucune guêpe.

- Mais à quoi tu penses, Bob ?

- Les enfants, je sens qu’on veut vous empêcher de réaliser vos projets ! Bill, le mécanicien de service, vérifie le moteur de leur canot.

- Bien, Commandant.

L’Ecossais s’empressa d’ôter le couvercle du moteur… et ôta un détonateur muni d’un petit pain de C4.

- Commandant, j’ai trouvé que ce moteur avait une fonction supplémentaire !


***


Bob examina le détonateur et reconnut un capteur odométrique, mesurant la fréquence de rotation du moteur. Il reconstitua la tentative d’attentat. Les enfants auraient plongé, l’un d’entre eux aurait fait un malaise sans qu’ils puissent en déterminer la raison. Ils l’aurait remonté au canot et instinctivement, pour chercher du secours, ils auraient poussé leur moteur dans ses plus hautes aptitudes, ce qui aurait mis en marche le détonateur… et Boum, plus d’enfants.

Le Français rapporta sa déduction aux enfants, qui en demeurèrent pantois.

- Mais comment on aurait pu deviner qu’au lieu de vérifier les équipements, le type les piégeait ?

- Avec un peu de discernement, répondit-il simplement. Votre insouciance et votre manque d’expérience a fait en sorte que le comportement du marchand ne vous a pas semblé douteux. Mais cela n’est pas grave dans votre cas, il faut bien faire des erreurs pour apprendre… Quoiqu’il en soit, trop de dangers vous guettent maintenant.

- Cela veut dire que vous n’allez plus nous laisser explorer les ruines ?

- C’est effectivement plus sage que nous le faisions à votre place…

- Et dire que je me réjouissais tellement de cette nouvelle aventure ! fit Justin en pleurant. Surtout qu’avec ce qui nous est arrivé là, j’ai encore plus l’envie d’y aller…

Le Français demeura pensif, et se rendit compte de la soif d’aventure du garçon blond. Il se souvint qu’à de nombreuses reprises, lui-même n’avait pas toujours vu des pièges que ses ennemis lui tendaient, et qu’il s’en était sorti grâce au pressentiment qu’il avait eu juste à temps ou à des alliés qui apparaissaient au bon moment…

- Mon garçon, vous allez pouvoir explorer les ruines, mais nous le ferons ensemble. Après tout, vous vous êtes très bien débrouillés jusqu’à maintenant. Je vais réparer ce que j’ai démonté…

Justin sécha ses larmes et se jeta dans les bras de Morane. Après avoir remis les scaphandres en état, Bob annonça son nouveau projet.

- Moi et Bill, allons retourner chez votre marchand et allons louer aussi des scaphandres. Pour ne pas éveiller les soupçons, nous nous comporterons comme des personnages imbus d’eux-mêmes que l’on rencontre dans les pièces de Molière. Nous ferons les vérifications nous-mêmes une fois dehors.

- Décidément Commandant, s’exclama Bill Ballantine, nous ne sommes pas les seuls à avoir la baraka !



XI


Depuis combien de temps Jack attendait-il le retour de ses compagnons ? Il n’aurait pu le dire. Il savait qu’il avait attendu très longtemps, mais occupé à l’une de ses activités favorites qu’était la pêche, il ne s’était pas ennuyé une seule minute. Cinq poissons de bonne taille, dont des loups, avaient mordu à son hameçon.

- Avec ça on en aura assez, c’est sûr, se disait-il. Peut-être faudrait-t-il que j’en attrape encore un…

Pensant que ses amis devaient bientôt reparaître, il avait allumé un feu à l’entrée de la caverne, à la nuit tombante. Il ne s’était pas trompé, car il entendit un bruit de moteur. Un canot s’approcha et vint à sa rencontre. Il fut soulagé de reconnaître Chris et ses amis elfes, mais demeura perplexe et apercevant deux adultes inconnus à bord.

- Jack, demanda Chris en débarquant. On t’a pas trop fait attendre ? La pêche a été bonne ?

- Oui, on a de quoi se faire un bon repas, mais…

- Ne t’inquiète pas Jack, ce sont des amis à moi ! le rassura Justin. Ils sont avec nous.

Justin lui présenta les nouveaux venus.

- Heu, bonsoir, répondit Jack. Le problème, c’est que je ne sais pas si on aura assez de poissons pour tout le monde…

- Ne t’inquiète pas, lui répondit Morane, nous aussi avons pris des vivres, au cas où…

Le Français observa les prises de Jack qui se trouvaient dans un seau d’eau de mer.

- Oh, tes poissons sont bien assez gros pour nous tous, je peux te le certifier !

- On n’a plus qu’à les mettre sur le feu, ajouta Chris.

Il embrocha les poissons sur un bâton qu’il plaça à hauteur acceptable au-dessus du foyer grâce à des pierres. Puis il alla au fond de la caverne exiguë chercher une petite boîte contenant du riz parfumé déjà cuit et des algues séchées.

- Ce n’est pas le menu cinq étoiles, mais ça devrait aller pour ce soir !

- Dites donc, vous deux, vous êtes bien débrouillards ! siffla Morane.

Chris et Jack lui sourirent. Lorsque les poissons furent cuits, tous s’assirent autour du feu pour se délecter du frugal repas. Le Français avait raison, car il restait encore un peu de poisson quand ils furent rassasiés. Morane avait à plusieurs reprises balayé du regard les mystérieux tatouages portés par les deux autochtones.

- Ainsi le tatouage est dans les mœurs de votre clan ? leur demanda-t-il.

- Oui, mais tout le monde n’est pas tatoué, répondit Chris. C’est juste mon père qui m’a forcé à me faire tatouer. Quant à Jack, il l’a fait de son plein gré pour me soutenir.

Les deux garçons redonnèrent la même explication, qu’ils avaient donné la veille aux jeunes elfes. Bob ne parut guère surpris d’entendre tout ceci.

- Ce n’est pas pour vous consoler, mais sur terre, chez certains peuples des îles ou dans des pays asiatiques, de bien plus jeunes que vous subissent la même chose.

- Mais c’est ignoble ! se scandalisa Quentin.

- Mais, à moi, fit Jack, ça me va plutôt bien !

- Je n’ai pas dit le contraire, répliqua Morane. Mais Chris, si tu recherches quelqu’un pour te détatouer, je connais une petite folle du nom de Jaina qui pourrait le faire !

- Je pense que j’irai chez elle dès que je pourrai… répondit l’adolescent .

Une conversation animée, où Justin raconta leurs aventures et redonna les informations que lui avaient données les parents de Jack, eut lieu entre tous les occupants de la grotte, qui avait été transformée en QG. Quand il eut finit, Bill ne put s’empêcher d’ajouter :

- Ainsi, les membres de votre clan, qui étaient autrefois des individus civilisés, sont retombés dans un état proche de la sauvagerie !

- Bill, n’exagérons pas, dit Morane. Mais on peut dire qu’ils se sont rapprochés d’une vie que mènent les peuplades primitives.

La conversation fut interrompue par un bruit de moteur. Bob sortit de la grotte, observa l’horizon et vit un autre canot motorisé. Il observa avec ses jumelles. Il faisait nuit mais le clair de lune lui permettait de le distinguer. En plus le canot était éclairé.

- Je peux voir ? demanda Chris.

Bob lui donna ses jumelles et l’adolescent observa à son tour.

- Mais c’est mon père qui est à bord ! Il est encore parti pour ses affaires douteuses.

- Dans ce cas, conseilla Morane, nous ferions mieux de rentrer le canot dans la grotte, et après cela, éteignons ce feu !

- Pas de panique fit Chris, tout le monde ici sait que nous, les garçons du village, nous regroupons souvent ici.

- Peut-être mais en rentrant le canot, on diminue les chances de se le faire saboter pendant que nous dormons. De plus, pas question d’aider nos ennemis !

Tous obéirent et aidèrent à porter la barque. Jack versa plusieurs seaux d’eau de mer sur le feu qu’il avait jusque là soigneusement entretenu.

- Je deviens de plus en plus certain que ces villageois caressent de sombres desseins, expliqua Morane. En nous étant arrêtés à une auberge au bord de la mer, il me semblait avoir vu un homme au teint bronzé et portant aussi des tatouages. Il mangeait en face d’un autre individu aux traits asiatiques tout en conversant avec lui. Je n’ai presque rien entendu de ce qu’ils se disaient, mais à quelques mots, ils me paraissaient parler d’affaires douteuses.

- Moi aussi, j’ai entendu mon père parler avec des gens bizarres ! glissa Chris. Je lui ai même dit qu’il devrait arrêter de faire ses magouilles, sinon ça allait mal finir un jour. Mais il me répète sans cesse que Garlan ne pourrait pas continuer d’exister, si on ne travaillait pas pour eux.

Dans l’obscurité, on discuta encore un moment. Puis tous s’enroulèrent dans les couvertures au sol et s’endormirent aussitôt. Chacun avait gardé de quoi se défendre si le besoin s’en faisait sentir.


***


Bob et Bill furent les premier réveillés, le jour levé. Les enfants dormaient encore comme des loirs. Leur premier geste fut de vérifier leurs équipements qui avaient été saupoudrés du sable fin de la plage, la veille. Il y était toujours et aucune trace de main ne s’y trouvait, certifiant qu’ils n’avaient reçu aucune visite nocturne. Ils se mirent en devoir de remettre le canot a flot.

- Commandant, comme ces petits anges dorment, nous pouvons encore aller chercher les croissants ! plaisanta Bill.

- Bien sûr, Bill, si tu me trouves une boulangerie dans la région !

En réalité tout deux savaient qu’ils devraient se contenter de leurs provisions. Les deux amis avaient dans leur sac à dos du pain, de la viande séchée et du thé dans un thermos.

- Vous avez parlé de croissants ? fit une petite voix du fond de la grotte. C’était Justin qui venait de se réveiller.

- Désolé, fiston, il n’y a rien de cela. C’était juste Bill et ses mauvaises blagues.

L’enfant marqua une déception.

- Bill, ce n’est pas très malin, tu lui a donné de faux espoirs !

- Commandant, je disais juste cela pour la bonne humeur. Il ne faut pas perdre espoir, vous savez !

Les autres garçons se réveillèrent les uns après les autres, et tous prirent le petit-déjeuner ensemble, tout en planifiant l’exploration des ruines englouties. Chris avait donné son idée, qui se révélait des plus judicieuse.

- De toute façon, il faudra bien qu’un ou deux d’entre nous se sacrifient pour garder le campement. Huub et Zach, qui ne peuvent plonger, seront les personnes idéales dans notre cas.

- C’est ce que je pensais, répondit Huub. Je ne supporterais pas l’idée de rester sur le canot et de vous voir plonger…

- Moi aussi, fit Zach.

- Chris, tu as vraiment de la suite dans les idées. Ton plan est presque parfait !

Bob améliora encore certains détails.

- Il faut aussi, une fois sur le site, qu’un ou deux d’entre nous restent sur le canot pour se tenir prêts à démarrer rapidement en cas de mauvaises rencontres. Nous verrons pour les volontaires quand nous y serons. Aussi, que chacun prenne de quoi se défendre. Mais sachez une chose : nous nous contenterons de nous emparer de l’artefact, mais nous ne nous mêlerons pas de nous comporter en justiciers pour rétablir l’ordre. Nous ne sommes pas assez nombreux, et n’avons pas le temps pour cela.

- D’accord, répondit Chris.

En son for intérieur, il aurait souhaité que son père, qui lui avait imposé une vie difficile soit arrêté, mais il comprenait la situation. Justin prit dans ses affaires sa fidèle lame et le katana que lui avait donné Kaël.

- Le problème, fit-il, c’est que nous arcs seront difficiles à utiliser sous l’eau… seules nos lames pourront nous être utiles…prenons aussi les kunaï…

- Mais où as-tu déniché ces japonaiseries ? lui demanda Bob.

- Je vous ai dit qu’on est passés dans un villages de Japs… et ils nous ont donné ces armes.

- Bien… Justin, je prends ton katana… et distribue les poignards aux autres.

Justin obéit et tous furent prêts. Ils prirent place dans la barque.

- Un moteur de 15 chevaux, fit Bill en examinant la machine. Autant dire que sur terre, vous n’auriez jamais pu le louer. En effet, il faut un permis pour piloter un bateau avec un moteur de plus de 10 chevaux, et je peux vous assurer que ce ne sont pas des mômes qui peuvent le passer…

- Mais ici, fit remarquer Quentin, on n’est pas sur Terra ! Alors, autant en profiter !

Morane pensait la même chose. Il faut toujours utiliser ses libertés comme bon nous semble, du moment qu’on ne met pas en danger la vie d’autrui. Pilotée cette fois par Jack, la barque fila vers le large.



XII


L’allure de la barque avait ralenti, à la demande de Chris qui pensait être arrivé au bon endroit. Puis les deux autochtones plongèrent dans l’eau azurée, y restèrent une ou deux minutes, et réapparurent.

-On n’est pas tout à fait arrivé, dit Jack. Il faut aller vers la gauche.

Justin fit changer le canot de cap, tandis que Chris apparut à nouveau.

- On peut encore aller un peu plus loin !

Après une courte avance de la barque, il héla enfin :

- C’est bon les gars, on est bien au-dessus des ruines ! Vous pouvez plonger.

Le Français réfléchit un moment et annonça son plan :

- Nous allons plonger les quatre, et ferons une première reconnaissance des lieux. Pendant ce temps, vous, les deux garçons, garderez la barque.

- Bien, fit Chris. Mais nous resterons sous l’eau à côté de la barque, et vous observerons. Comme ça, nous restons prêts à intervenir.

- Comme il vous plaira ! Quant à vous deux, petits elfes, je vous ferai signe quand on passera les paliers de décompression.

Ce fut ainsi que l’exploration sous-marine commença. Ce fut un grand moment d’émerveillement pour les aventuriers en herbe. Bob et Bill reconnurent des restes de monuments pseudo-grecs par les fragments de colonnes cannelées. Ils pénétrèrent dans quatre petit bâtiments, mais ils n’y découvrirent rien. Un temple attira cependant leur attention. Son entrée était fermée par une grille cadenassée. Ne pouvant parler, ils échangèrent des gestes. Justin avait bien entendu envie d’aller de l’avant. Avec son épée et la force de l’Ecossais, ils parvinrent à briser les chaînes retenant la grille. Ils purent alors s’introduire dans le bâtiment. Après un relativement long et large couloir, ils atteignirent des escaliers, dont le sommet débouchait dans une poche d’air. Il s’agissait d’une salle carrée assez grande. Les parois étaient gravées de fresques représentant quelques créatures, des dieux grecs ou atlantes. Des statues de femmes au corps de serpent, de la taille d’un chien, ornaient la chambre. Des caisses empilées étaient rangées à l’opposé de l’entrée. Ils purent ôter leur masque et converser à nouveau.

- Ben ça alors, une pièce sèche sous l’eau, constata Bob. Et ça m’a l’air drôlement bien conservé.

- Et surtout bien entretenu, ajouta Bill Ballantine. Après ces maudites chaînes, je ne peux que penser à une cache de contrebandier.

On ouvrit les caisses ; certaines étaient remplies de joyaux, d’autres de poudre blanche.

- De la cocaïne ! Ainsi ces vilains cocos se livrent à du trafic de drogue… Ils ne se refusent rien !

Les caisses du trésor recelait aussi de précieuses montres. Des Rolex, des Patek, des Cartier et autres grandes marques. En les soulevant Bob fit la constatation :

- Ce ne peut être que des fausses… Elles sont trop légères.

Tous avaient à présent la certitude que le chef du village était derrière tout ceci. Mais ils n’oublièrent pas l’objectif de leur quête : ramener l’artefact de Valmar. Tandis que les deux jeunes elfes fouillaient dans les caisse de joyaux, Bob dit à Bill :

- Bill, remonte à la surface et demande à Chris et Jack de nous rejoindre : j’ai des questions à leur poser. Tu garderas le canot à leur place.

- J’y cours, Commandant.

Bill disparut, et les deux jeunes garçons apparurent un quart d’heure plus tard à leur tour. Justin et Quentin n’avaient toujours pas trouvé la relique.

- C’qui s’passe ? demanda Chris.

- Mon garçon, n’as-tu jamais su que ton père se livrait à du trafic de bijoux et de drogues.

- Non, mais je me suis toujours douté de ce qu’il faisait, sans en avoir la preuve.

- N’as-tu jamais entendu parler de cet endroit ?

- Non, pas du tout !

- Mon non plus, fit doucement Jack.

-Dites les enfants, fit Morane en se tournant vers Justin et Quentin, vous n’avez toujours rien trouvé ?

- Non, on continue de chercher, balbutia Justin en renversant les caisses les unes après les autres. Le problème, c’est qu’on n’est pas sûr à 100 % qu’elle se trouve là.

- Continuez de chercher ! Nous ne conclurons pas trop vite tant qu’il reste des caisses à ouvrir. Jack, Chris, aidez-les. Nous ferons mieux de ne pas nous éterniser ici !

Morane se mit en devoir d’aider les enfants dans leur recherche, tout en s’emparant des caisses de poudre blanche et en vidant leur contenu dans l’eau, à l’entrée de la pièce.

- L’humanité peut très bien se passer de ce poison a faire planer, bougonna-t-il avec dégoût.

Lorsqu’il ne resta plus de cocaïne, il se remit à fouiller les tas de bijoux.

- Vous êtes sûrs que vous ne l’auriez pas déjà vue sans penser qu’il s’agit de l’artefact que nous cherchons ?

- Impossible ! répondit Justin. J’aurais très nettement ressenti, par mes pouvoirs elfiques, son émanation maudite. Nathan m’avait signalé que toutes les reliques Valmar dégageait cette sale énergie !

Tous poursuivirent les recherches durant une dizaine de minutes. Toutes les boîtes avaient été retournées, et l’on finit par se rendre à l’évidence : ils avaient fait fausse piste. Mais à cet instant, ils entendirent un bruit de mur de pierre qui s’animait. Ils se retournèrent et virent un pan de mur pivotant sur lui-même.

- Un passage secret, s’écria Bob. J’aurais dû m’en douter !

De l’ouverture apparurent plusieurs hommes au teint bronzé. Certains étaient tatoués, dont un intégralement. Les enfants reconnurent les villageois de Garlan et son chef.


***


- Ainsi, vous, maudits elfes, êtes finalement venus vous mêler de nos affaires, s’écria le chef furieux. Hommes, emparez-vous d’eux !

Ses dix complices se précipitèrent sur Morane et ses jeunes compagnons. Cependant Jack, qui leur avait échappé, parvint à se précipiter dans l’eau.

- Mais qu’attendez-vous ! gronda le chef à ses deux sbires qui ne tenaient pas de prisonnier. Rattrapez cet enfant !

Les deux interpellés plongèrent à leur tour dans l’eau rendue laiteuse par la poudre blanche que le Français avait vidé des caisses.

- Ainsi donc, vous les elfes, avez fait partir en fumée plus de deux cent mille dollars !

- Mais ce n’est pas grave, lui répondit narquoisement Morane. Le dollar, de nos jours, ça chute de plus en plus… ouch.

Les deux hommes qui le tenaient venaient de lui administrer un coup de poing sur le visage.

Le souverain entraîna ses complices et ses prisonniers dans l’ouverture par laquelle ils étaient apparus. La première chose qui attira le regard des compagnons était un piédestal, placé au centre de la pièce, sur lequel reposait une gemme rhomboédrique violacée.

- Voilà ce qu’on cherchait ! s’exclama Justin.

- Voilà donc la raison qui vous a poussés à mettre du désordre dans notre cache à trésors ! Mais croyez-moi, vous ne l’aurez pas ! Ou dans une autre vie peut-être… En attendant, vous aurez le châtiment conséquent à vos méfaits !

Ils aboutirent dans une autre pièce, plus longue et moins haute que la première. Dans une extrémité de cette dernière, un cachot avait été aménagé avec des parois de grilles. Deux elfes s’y trouvaient enfermés. Sans doute réduit à l’esclavage, ils étaient occupés à des travaux d’orfèvrerie. Le côté opposé de la chambre était meublé par une table munie de sangles, sans doute destinée à un usage peu réjouissant. En effet, couteaux de différentes tailles, fouets et pinces étaient accrochés au mur. Morane et les enfants furent soigneusement ligotés et assis au sol, du côté des instruments de torture.

- A présent, que deux d’entre vous se portent volontaires pour la suite… Vous autres pouvez disposer…

Le maître de céans s’empara de la gemme et fit apparaître une orbe lumineuse, de la hauteur de la chambre. Six des complices s’y introduisirent et disparurent. Puis, toujours avec la gemme, il fit disparaître l’orbe et reposa la pierre sur son socle.

- C’est donc par là que vous êtes entrés ! s’exclama Morane.

- Exactement ! Cet artefact permet de nous téléporter où bon nous semble. Malheureusement, beaucoup de mana est nécessaire pour cela. Nous, les hommes amphibies, n’en avons pas. C’est pourquoi mes deux elfes prisonniers la fournissent gracieusement pour raviver le cristal. Leur prison est conçue de manière à les empêcher de se servir de leurs enchantements et à absorber leur mana. Magnifique, non ?

- Magnifiquement diabolique ! répondit Quentin.

- Si vous le prenez ainsi… Pas d’importance… De plus nos prisonniers nous sont très utiles pour leur minutie au travail. Ils retouchent les bijoux et montres que nous faisons fabriquer dans un métal ferreux que nous dorons ensuite. L’objectif est de s’assurer qu’ils ressemblent aux vrais à s’y méprendre. Tout cette entreprise, rémunérée par ceux que nous servons, permet la prospérité de notre village.

- Je vois, de la contrefaçon ! vous êtes vraiment un scélérat de la pire espèce ! bougonna Morane.

- Oh, mais venant de la part d’un elfe, c’est un compliment ! En effet votre ignoble race, que j’exècre depuis tout jeune, s’est permise de prendre la vie de certains des nôtres, il y a deux ans. Dont ma femme sans défense, et ce dans le but de causer la ruine de Garlan.

- Arrêtez de faire le fanfaron, s’écria un des elfes du cachot. Vous savez très bien que vous vous êtes lâchement placé juste derrière votre femme pour esquiver un sort de foudre dirigé contre vous ! Il ne vous aurait pas tué s’il vous avait atteint !

- Silence, au fond, faites votre travail ! Sinon, vous savez ce qui vous attend ! Ah ces elfes, tous pareils ! Enfin où en étais-je ? Ah oui… Justement, il y a maintenant six mois que nous sommes parvenus à capturer nos ennemis elfes, ils sont tellement imbus d’eux-mêmes… Ils étaient trois dans les cachots, mais comme ils ne sont pas mêmes des hommes… L’un d’entre eux qui ne s’était pas plié à mes ordres, n’a pas résisté aux tortures que nous lui avions infligées. Il hurlait comme une petite fille… et a succombé bien vite !

- Cessez de déformer la vérité à votre guise ! s’écria à nouveau un des deux elfes prisonniers. Vous l’avez décapité sans autre forme de procès. Puis dépecé pour un banquet…

- Silence ! ai-je dit. Enfin je vous châtierai plus tard… Pour en venir à votre cas, ajouta le chef en se tournant vers Morane et les enfants, je vois pas très bien votre utilité… A part peut-être vous, commandant Morane, vous avez commis de nombreux exploits dans votre vie. Votre force pourrait m’être utile…

- Vous me connaissez ?

- Bien sûr, ceux que nous servons en ont beaucoup bavé avec vous… mais grâce à moi, ce sera fini… Quant à vous les enfants, votre candeur sera votre perte. Vivant, vous ne feriez que m’encombrer… Savez-vous que notre peuple se nourrit principalement de produits de la mer et occasionnellement d’autre chose. De la bonne viande rouge serait bienvenue ce soir. C’est peut-être ignoble de la part d’un humain de se nourrir de ses semblables… mais quelques exceptions… de la bonne viande elfique, en plus jeune et bien fraîche… Voilà l’utilité de mes petits inconscients ! Rien ne se perd, ici !

- Vous n’allez tout de même pas manger ces enfants ! Depuis quand êtes-vous anthropophages ? s’écria le Français.

- Oh, rassurez vous !, nous l’avons fait seulement une fois. Et ne le recommencerons qu’aujourd’hui, dans l’espoir qu’aucun autre elfe ne vienne nous nuire à l’avenir… Pour commencer, je m’occuperai personnellement de mon fils qui ne m’est pas resté loyal.

Les deux sbires se saisirent du jeune garçon, lui ôtèrent les liens et l’immobilisèrent sur la table avec les sangles.

- Pour commencer, fiston, tu m’as déshonoré en aidant des créatures impies. Et tu les as aidés dans leur cambriolage. Tu dois maintenant payer pour cela. Combien de fois t’avais-je prévenu auparavant ?

- Vous n’allez tout de même pas tuer votre propre fils ! s’exclama Morane, pantois.

- Ce n’est plus mon fils, désormais !

- Parfait ! s’écria Chris en pleurs. Un enfoiré fini ne peut être mon père !

- Sachez seulement, déclara Morane, que nous ne sommes pas venus seuls : mon ami Bill, sur le canot, ne nous voyant pas revenir, viendra à notre rescousse !

- Inutile de bluffer : avant de me téléporter ici, j’ai demandé à mes autres homme de se charger du canot… et il n’a aucune chance contre eux.

Le chef de Garlan s’empara d’un sabre et se retourna vers la table.



Commenter: Chapitres 9 à 12
<< ( Préc ) ( Suiv ) >>



© Fanfic Fr 2003 / Mentions légales