Ne pas suivre ce lien !
Bienvenue sur Les fanfictions (fanfic ou fanfiction) de Fanfic FR

Fanfic Fr

Publiez et gérez vos fanfics en ligne

Club Présences d'Esprits

 Créer un compte.Accueil | FANFICTIONS | Votre Compte | Reportages | Tous les Sujets

Sommaire

Accueil


FANFICTIONS


Lecture


Entre Vous


Infos Perso


Divers


Internet & Liens



Partenaires

Japon Online
Bienvenue sur le site des fanfictions de Keina et isy
Mutantx-fr.net
Alice 19th
des centaines de poèmes, citations et bientôt des livres virtuelles ainsi que des biographies
Pensées de l Aube: Le Forum où Vous Avez la Parole !
Stellar Fan Fic Library
Fictions, héros et analyse
Manga Café
Visiter le site de BulleJapon (Lien externe)
Le monde d'Edenya
Ecoutez des audiofics

[ Nos Partenaires ]


ShoutBlock

Liste des connectés


Deoxysobscur
Dream Theater
erza-fan-de-toi
josy love
Milyd
Namira


ShoutBlock

Derniers Blogs Modifiés


Evénements à venir


Derniers liens


Accueil des Fanfics Liste par Auteurs/Date Recherche Coup de cœur Hasard...

Fics Originales

 > 

Histoires à suivre

L'Horreur engloutie
[Histoire Terminée]
Auteur: Herr_Magog Vue: 130
[Publiée le: 2009-05-14]    [Mise à Jour: 2009-06-25]
G  Signaler Angoisse/Mystère/SupernaturelCommentaires: 7
Description:
Cette histoire n'est qu'un humble hommage à cet écrivain culte et génial que fut Howard Phillips Lovecraft ; ainsi qu'une petite contribution — que j'espère digne — à son "Mythe de Cthulhu". À l'origine simple nouvelle, elle s'est avérée plus longue que prévu, et j'ai dû la publier à part de mon recueil.

L'histoire est celle de Nathan H. Cosgrove, l'assistant du vénérable professeur d'archéologie John Angus Newton de l'Université Miskatonic d'Arkham, qui va faire des découvertes incroyables à partir de son enquête sur d'étranges et antiques bas-reliefs...
Crédits:
Appartiennent à H. P. Lovecraft et à sa mythologie :
- La ville d'Arkham, l'Université Miskatonic, la Miskatonic River.
- Les livres maudits de la bibliothèque de l'Université, tels que le Necronomicon d'Alhazred.
- Et bien sûr, Cthulhu, ses incantations et la ville engloutie de R'lyeh...
Pour le reste, tout est de moi.
<< ( Préc ) ( Suiv ) >>

Commenter: 2 - Premier témoignage de Nathan Cosgrove (dernière partie)

2 - Premier témoignage de Nathan Cosgrove (dernière partie)

[3162 mots]
Publié le: 2009-06-11Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)

 « Le lendemain matin, je retrouvai le professeur Newton en bas de son bureau, et, après avoir placé divers appareils sensibles dans le coffre de la voiture — entre autres un appareil photo très précis, une très bonne loupe, du calque, un thermomètre et un hygromètre —, nous nous mîmes en route en direction des marais et de Nova-Thule.

                « La route fut assez morne, les paysages devinrent de plus en plus sombres au fur et à mesure que nous nous rapprochions des marais. Il faisait bon à Arkham, et même chaud pour un mois d’octobre, nous étions ainsi partis avec les vitres ouvertes ; mais nous dûmes les refermer en nous rapprochant du marais, car d’une part la fraîcheur revenait, et d’autre part nous commencions à respirer les vapeurs humides et méphitiques des eaux stagnantes, car aucun ruisseau, aucune rivière n’apparut à notre vue au cours de notre chemin. Quand enfin nous arrivâmes à Nova-Thule, le ciel s’était assombri, et nous nous garâmes sur un trottoir jouxtant une petite auberge décrépite. Je sortis alors du véhicule pour contempler les maisons qui apparaissaient, de part et d’autre de la rue principale.

                « Le village de Nova-Thule n’était pas très grand. Il ne comptait qu’une grand’rue centrale, et une demi-douzaine de petites ruelles malpropres et obscures qui débouchaient sur elle. Les maisons étaient pour la plupart sales et mal entretenues. Je crois pouvoir dire sans me tromper qu’à peine une petite majorité de ces demeures étaient habitées ; car beaucoup n’offraient à la vue que des fenêtres brisées sur des ténèbres froides et poisseuses. Certaines de ces fenêtres étaient colmatées avec des planches, des bouts de cageots ou des portes de meubles, voire du grillage. La route était peu praticable, elle n’avait pas été bitumée et, avec ce temps humide et orageux, devenait boueuse. Mes yeux glissèrent doucement de ces bâtiments désolés vers la mairie, de style colonial, et vers l’église, qui semblait totalement vide. Sa flèche noire et solitaire se dressait vers le ciel, et son air un peu penché me rappela la griffe de Cthulhu, pointée sur Bételgeuse. Cette église n’avait plus de vitraux ; ils avaient dû être cassés par quelque phénomène, car les fenêtres en ogive étaient ornées de carreaux normaux, de forme carrée. Juste à côté, se tenait une petite villa qui devait être le presbytère, une des fenêtres de l’étage était éclairée. Le prêtre devait toujours donner la messe dans cette église misérable. Mais je fus tiré de mes songeries par le professeur Newton, qui m’appela pour m’inviter à entrer dans l’auberge.

                « L’extérieur de ce cabaret n’inspirait guère confiance. Le bâtiment avait l’air complètement affalé, et les murs autrefois blancs avaient été rendus vert-de-gris par les lichens. Il n’avait que deux étages : le rez-de-chaussée, qui faisait office de restaurant et de pub, et l’étage sous les toits, qui devait comprendre les appartements du propriétaire et quelques chambres. Elle portait le nom de Shapperton’s Pub, et je supposais donc que le tenancier de ce lieu devait se nommer ainsi. Nous pénétrâmes donc dans l’endroit ; et une surprise s’offrit à mes yeux : nous étions dans un hall sombre mais très coquet, aménagé avec goût selon un style de la première moitié du dix-neuvième siècle. Des boiseries recouvraient les murs, ornés d’un côté de patères et de l’autre de sévères portraits d’ancêtres ; le parquet grinçait mais était soigneusement ciré, et un lustre en forme de roue de chariot diffusait une lueur mouvante et jaunâtre. Au bout de la salle, un petit comptoir de bois orné d’une lampe, d’un vieux registre et d’une sonnette semblait nous attendre. Nous nous approchâmes, et je pressai la sonnette, impatient de voir comment serait ce Shapperton. Quelques secondes plus tard, une porte s’ouvrit, et l’aubergiste surgit devant nous. Petit, il ressemblait à Halldórsson par les cheveux noirs gominés et la corpulence, mais était très pâle. Une volumineuse moustache noire, en crocs, se tenait fièrement entre son nez busqué et ses lèvres épaisses. Ses joues creusées et livides étaient mal rasées, mais cela ne donnait étrangement pas l’impression de se trouver en face d’un être négligé : en effet, il était tiré à quatre épingles, vêtu d’un gilet noir et d’un nœud papillon dans le plus pur style maître d’hôtel. Un tablier blanc ceignait ses reins. Il s’approcha de nous, et je pus voir que s’il frottait ses mains comme pour se les laver, c’était pour que l’on ne les voie pas trembler.

                « Je peux faire quelque chose pour vous, messieurs ?

Il avait une voix haute mais douce, quoique mal assurée et un peu tremblotante.

     Certainement, lui répondis-je. Nous passons ici pour rendre une visite à un collègue, et nous pensions manger ici ce midi, si cela était possible.

     Mais très certainement, souffla l’aubergiste d’un air soulagé. Vous ne passerez pas la nuit ici, alors ?

     Non, nous repartirons tout de suite après le repas.

     Cela tombe plutôt bien, je n’ai que trois chambres, et elles sont toutes occupées actuellement. Vous auriez vraiment joué de malchance, deux de ces chambres ont été prises par des voyageurs qui se rendent du sud au Canada… C’est la première fois que j’aurais dû refuser du monde, vous savez, personne ne passe trop ici. Veuillez me suivre…

Il nous guida par la porte d’où il était sorti à travers un corridor biscornu, puis nous aboutîmes à une petite salle aussi coquette que le hall, ornée d’une vaste cheminée. Une demi-douzaine de tables y étaient disposées, et la moitié étaient occupées.

     Installez-vous ici, messieurs, je vous apporte le menu.

Nous jetâmes un regard dans la pièce. Deux petites fenêtres donnaient sur la rue, et l’atmosphère surannée donnait un contraste réconfortant avec l’extérieur humide et sombre. Deux adultes dînaient un peu plus loin (sans doute les voyageurs), et de l’autre côté, deux couples se faisant face mangeaient en chuchotant. Malgré leur costume banal, ils avaient manifestement appris les bonnes manières ; et je supposai qu’il devait s’agir de personnes menant un meilleur train de vie que les autres villageois, comme le pharmacien, le notaire ou l’épicier. Le petit aubergiste nous donna les cartes, et je lui lançai :

     Dites-moi l’ami, en arrivant, j’ai cru que nous avions affaire à un petit pub. Il n’y a pas de bar, ici ?

     Oh, si, monsieur. Le bar est bien ici, mais de l’autre côté de la maison. Vous comprenez, ceux qui y vont ne sont pas de… enfin, n’ont pas la même distinction que ceux qui mangent ici. Je ne vous conseillerais pas d’y aller… Moi, je les connais bien, mais ils n’aiment pas tellement les étrangers. Et de toute façon, il n’y a personne à cette heure-ci, ils sont tous partis manger, chez eux.

     Ah, je vois.

Nous commandâmes nos plats, et il nous servit un repas chaud de fort bonne qualité ; le professeur se laissa même aller à me confier qu’il serait bien revenu, si ce n’était l’isolement de ce petit village et le climat lugubre des lieux. Nous terminâmes notre dessert, prîmes le café et passâmes à l’addition. Le prix n’était pas très élevé, ainsi je n’eus même pas besoin de compléter ce que sortit le professeur, qui tenait à me remercier de l’avoir emmené. Il fit donc une remarque au petit aubergiste.

     C’était très bon, monsieur. Et ce n’est pas très cher, vous ne devez pas vous faire beaucoup de profit sur ce restaurant !

Le petit homme eut un sourire timide en ramassant les billets.

     Oh, vous savez, c’est par passion. J’aime beaucoup cuisiner, et je pense m’être fait une petite réputation dans Nova-Thule, chaque fois que j’ouvre, j’ai quelques clients. Mais cela reste une sorte de violon d’Ingres, un hobby, si vous voulez. D’ailleurs, je n’ouvre que le week-end ; le reste du temps je ne fais à manger qu’aux pensionnaires.

     Oh, très bien. Dites-moi, étant donné qu’on parle de Nova-Thule, j’aimerais vous poser une petite question. Un collègue nous a dit qu’il habitait vers votre village, mais il n’a pas indiqué l’adresse exacte. Mais il nous a décrit les lieux. Pourriez-vous nous aider ?

     Bien sûr, acquiesça-t-il, toujours en souriant.

     À ce qu’il nous a dit, il s’agit d’une sorte de manoir, qui se trouve dans les marais, un peu en dehors du village.

En cet instant, l’aubergiste tourna vivement la tête vers lui et laissa échapper une tasse qui roula sur la table. Il se confondit aussitôt en excuses et la ramassa d’une main tremblante.

     Le… le manoir du vieux Halldórsson ? Cette baraque est vide depuis des années, fit-il avec un ricanement nerveux.

     Il a un petit-fils qui nous en a parlé…

     Oh, je vois… Mais, si voulez mon avis, vous ne devriez pas vous y rendre. C’est un endroit qui… n’a pas bonne réputation, dirons-nous.

     Ah ?

     Oui, en fait, beaucoup de gens y sont morts… ça doit être le terrain qui est malsain, si vous voulez mon avis. Et puis avant, c’était une sorte de temple indien. Ce n’est pas très fréquentable.

     Je comprends, dis-je. Mais nous n’y passerons que quelques minutes.

Il parut hésiter, puis laissa échapper un léger soupir.

     Il faut quitter le village en se dirigeant vers l’église. Passé le pont, vous arriverez à un carrefour ; là, il faut prendre à droite, et c’est la route qui mène au manoir. »

Nous le remerciâmes chaleureusement, et il nous raccompagna au hall, nous souhaitant bonne route, et nous priant de faire vite car dans les marais et avec l’orage qu’il promettait d’y avoir, on avait vite fait de s’embourber. Nous le saluâmes une dernière fois et remontâmes en voiture.

                « Nous sortîmes donc du village suivant les indications de l’aubergiste, et franchîmes bientôt un pont branlant au-dessus d’une sorte de bras d’un étang ; ce n’était pas une rivière, il n’y avait pas le moindre courant et l’eau paraissait recouverte d’une sorte de couche huileuse au remugle délétère. Au carrefour nous prîmes à droite, et roulâmes sur une sorte de chemin de terre mauvais et poisseux. Au bout de cinq minutes à rouler en plein marais, sous un ciel marbré de lourds nuages noirs, nous arrivâmes au manoir. Halldórsson Mansion était une sorte de vieille masure, dans un état lamentable. Elle avait un corps de logis à un étage plus un grenier, une aile qui devait servir d’écurie et de garage au vu des grandes portes branlantes et moisies, un pigeonnier ainsi qu’une tourelle d’escalier dont les fenêtres, sortes de meurtrières hautes et étroites, étaient ornées de vitraux. Les fenêtres à meneaux étaient là aussi barricadées avec des planches prises sur des meubles, et la porte était maintenue fermée par une chaîne rouillée qui pendait, protection inutile contre les éventuels visiteurs. Les murs et le toit étaient couverts de mousse çà et là, comme des pustules sur un corps de malade ; les tuiles laissaient voir des grandes crevasses dans la toiture ; la cheminée s’était effondrée. Je garai la voiture et nous l’observâmes quelques minutes, stupéfaits par une telle peinture d’abandon et de désolation. Cerné par les étangs fangeux et les ruisseaux boueux, par la bruyère rouille et les mousses verdâtres, environné de deux ou trois arbres morts et distordus comme des mains de squelettes, en proie aux vents qui transportaient les miasmes putrescents du marécage et surtout à l’absence totale de vie apparente des lieux, ce manoir semblait le témoin morbide et lugubre de la dégénérescence du genre humain, de la fin inéluctable de toute vie, du chaos et de la mort fétide, gluante et glacée.

                « Ne trouvant pas le courage d’émettre un son, nous enfilâmes nos bottes de caoutchouc — en effet, nous nous étions arrêtés un peu plus loin, la petite montée au sommet de laquelle était juché le bâtiment était recouverte de vase — et sortîmes du véhicule. Rendu nerveux par la demeure lépreuse et le seul bruit du vent charriant des senteurs de putréfaction, je ne pus m’empêcher de glisser la main dans la poche de mon costume pour y vérifier la présence de mon revolver, que j’avais emporté, au cas où. Le professeur réajusta son chapeau, et proposa que nous allions tout d’abord explorer le bâtiment pour vérifier si le jeune Halldórsson était là. J’approuvai et nous nous dirigeâmes ensemble vers cette étrange masure. En nous rapprochant, nous nous aperçûmes que nous n’étions pas les seuls êtres vivants. Des sons de plongeons et des coassements nous avertirent de la présence de crapauds et de grenouilles, et un couple de corneilles s’envolèrent du toit moussu en lançant des cris rauques. Nous atteignîmes la porte branlante, et le professeur Newton me posa la main sur le bras.

                « Avez-vous remarqué, Nathan ? En sortant de la voiture, nous nous sommes fait attaquer par les moucherons et les moustiques, comme dans n’importe quel marais.

     Oui, en effet…

     Par contre, ici, au pied de la maison, il n’y en a pas un seul !

     C’est vrai, c’est étrange… répondis-je, fronçant les sourcils.

Me demandant la raison de cette soudaine répulsion des moustiques pour la maison, j’ôtai la chaîne de la porte, ce qui fut fait en quelques secondes. Je poussai la porte, qui renâcla contre le seuil moussu.

                « L’intérieur du manoir était aussi malsain que l’extérieur. Les mousses et les bruyères avaient envahi le dallage. Les deux ou trois meubles qui restaient tombaient en pourriture et servaient de logis aux grenouilles. Une dépression dans le sol au centre de la salle avait recueilli de l’eau, formant une petite mare.

     Seigneur… murmura le professeur. Je ne sais pas si notre garçon est ici, mais ce qui est sûr c’est qu’il ne fait pas bon vivre dans cet endroit. Ce manoir est tout à fait insalubre…

Nous nous dirigeâmes vers une porte au fond de la salle. Visiblement, toutes les pièces du rez-de-chaussée étaient dans le même état de délabrement. Les autres pièces étant moins ouvertes sur l’extérieur, elles étaient mieux protégées de l’humidité ; mais tout paraissait aussi lugubre et solitaire, aussi glauque et abandonné. Nous prîmes la décision d’explorer l’étage, si l’escalier et les planchers le permettaient. Nous trouvâmes la tourelle ; l’escalier était encore solide. Nous gravîmes les degrés avec circonspection, et constatâmes que l’étage du dessus était en de meilleures conditions, il aurait même été habitable si ce n’avait été l’air putride du marais. Nous trouvâmes le bureau de Gunnar Halldórsson, et l’emplacement où les parchemins étaient rangés. Il n’y avait rien d’autre d’intéressant.

     Bon, dit le professeur, apparemment notre ami n’est pas ici. Il nous reste la cave à explorer ; nous allons y aller, et une fois ce bas-relief étudié, nous allons repartir. Cet endroit n’est pas sain.

     Certes, je me demande comment cet homme pouvait vivre dans un endroit pareil !

À cet instant, nous entendîmes un son. Non pas un son du marais, ni émis par l’antique charpente du manoir vermoulu, mais un son qui était indubitablement d’origine humaine, vu qu’il s’agissait d’un cri :

     Non ! Non !

Le teint du professeur vira au blanc ; quant à moi, je lâchais ma lampe-torche, qui rebondit sur le plancher avec un bruit énorme. Je jurai, et aussitôt les bruits cessèrent.

     Il doit être dans la cave ! Allons-y ! Vite !

Je me précipitai dans l’escalier, le professeur me suivant plus doucement. Arrivant au niveau du rez-de-chaussée, je butai contre une sorte de mur en planches, mais ne me laissant pas bloquer là je lui donnai un solide coup d’épaule ; le “mur” — qui n’était en fait qu’une porte — pivota sur ses gonds et je trébuchai dans l’escalier, basculant en avant vers la cave. J’avais mon revolver dans la main, et je dois avouer que j’eus peur un instant de faire feu, mais fort heureusement, je réussis à me rattraper et à éviter l’accident. Je descendis trois marches environ, mais aussitôt, je stoppai. D’une part, tout était totalement obscur devant moi, malgré la lumière de la torche électrique ; et d’autre part, une horrible odeur, putride et gluante, me rendait à ce point nauséeux que je ne pouvais effectuer un pas en avant. Un haut-le-cœur me contracta la poitrine, mais je réussis à remonter les marches et à sortir de l’escalier en suffoquant. Le professeur me rejoignit, et je l’entendis me conjurer de ne pas y retourner, en tout cas pas tout de suite. Et c’est là que retentirent à nouveau les hurlements, des hurlements horribles, totalement inhumains, qui nous pétrifièrent sur place. Cela ne pouvait pas être Edward Halldórsson !

                « Complètement glacés par l’effroi, nous restâmes ainsi quelques minutes ; puis je repris mon courage à deux mains et me reprécipitai dans le souterrain, malgré les avertissements de Newton. Les hurlements venaient juste de cesser. Je saisis mon revolver, et de l’autre plaquai un mouchoir contre ma bouche et mon nez.

     J’arrive, Edward ! J’arrive ! essayai-je de crier, mais les ténèbres poisseuses et quasi palpables du bas de l’escalier changèrent cette phrase en une sorte de chuintement liquide.

Ce nuage bitumeux et épais donnait l’impression de nager dans de l’obscurité liquide. L’espace d’un instant, j’eus l’idée un peu folle de me perdre dans ce noir nauséabond, et de ne jamais m’en sortir, comme s’il s’agissait d’un monstre sans forme, une substance vivante et spongieuse qui m’absorberait et me digèrerait. Cependant, je butai contre une porte et l’ouvrai d’un coup de pied, et tombai nez-à-nez avec quelque chose qui ressemblait à Edward Halldórsson. Une chose vêtue de son costume, mais qui n’aurait pas eu la même consistance ; on aurait dit que le corps de l’étudiant était une masse de métal incandescent. Il hurlait, d’un hurlement abominable, suraigu, et il luisait comme un soleil ; puis il implosa dans un fracas épouvantable, et sous le choc de cette vision, je perdis connaissance.

 

                « Lorsque je me réveillai, j’étais au rez-de-chaussée, étendu sur le seuil de ce manoir affreux. Le professeur Newton était penché sur moi, le visage ravagé par l’inquiétude.

     Oh, mon Dieu ! Vous allez bien, Nathan ?

Je reprenais petit à petit mes sens.

     Que… que s’est-il passé ? Edward… Où est-il ? Il a disparu !

     Courage, Nathan, courage. Vous avez subi un choc. Buvez un peu de ce cognac, vous vous sentirez mieux.

     Vous… vous m’avez porté jusqu’ici ?

     Non, vous êtes remonté tout seul, en rampant. Vous étiez dans un état affreux ! Vous murmuriez des insanités…

     Des insanités ?

     Oui, des choses à propos de lueurs, d’étoiles et de Cthulhu… de grâce, prenez un peu de ce cognac !

J’en avalai une gorgée, et me sentis légèrement mieux. Passé mon moment de faiblesse, je me remis debout ; puis nous nous redirigeâmes vers la voiture, et nous quittâmes cet endroit maudit ; n’étant pas en mesure de l’explorer après ce que nous venions de vivre. »

 


Commenter: 2 - Premier témoignage de Nathan Cosgrove (dernière partie)
<< ( Préc ) ( Suiv ) >>



© Fanfic Fr 2003 / Mentions légales