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Planète vide
[Histoire Terminée]
Auteur: Gorgoth Vue: 321
[Publiée le: 2005-08-05]    [Mise à Jour: 2005-08-05]
G One-Shot/Mystère/GénéralCommentaires: 4
Description:
Ce matin, à mon réveil, je n'imaginais pas que je me retrouverai seul, que tous les humains avaient disparus...
Crédits:
Tous est de moi, ou modifié par moi.

<< ( Préc )

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Planète vide

[1359 mots]
Publié le: 2005-08-05Format imprimable  
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Planète vide



Je me réveillais en sursaut, couvert de sueur malgré la fraîcheur de ma chambre. Bien que je ne le compris que plus tard, j'avais été tiré brutalement de mon sommeil par l'absence de bruit, par ce silence que je n'étais plus habitué à connaître, au point que le sifflement de mes tympans résultant du brouhaha continue de la vie me parut soudain aussi fort qu'un hurlement. Malgré l'appréhension qui m'étreignait, je ne pus m'empêcher de regarder le radioréveil par réflexe, comme si l'heure était la chose la plus importante qui soit. Huit heure et demi.

D'habitude, pour un samedi, je serais resté à flemmarder au moins une trentaine de minutes, mais mon angoisse, bien qu'inexplicable, était si forte, que je ne pus faire autrement que de me lever. Mais en même temps, je ne trouvai pas la force de faire autre chose que ce qui correspondait à ma routine. Une toilette rapide - je prenais plutôt ma douche le soir - un petit déjeuner rondement mené, puis je m'habillais. Pendant tout ce temps, ma peur ne se dissipa pas le moins du monde. J'essayais de me changer les idées en branchant une console et en lançant le dernier "Metroid", mais contrairement à l'accoutumée, je ne parvins pas à me concentrer sur ma partie et tombais rapidement sur l'écran "Game Over".
Mon incompréhensible crainte continuait son travail de sape. Puis, quelque chose me frappa alors que j'éteignais ma machine : depuis mon réveil, j'étais la seule source de bruit identifiable.
C'est là que je compris la source de mon angoisse. Comment, dans une résidence animés, entouré de voisins peu discrets, et dans une ville de plus de cent mille habitants, pouvais-je être la seule personne à faire du bruit à presque dix heure du matin ? Pris de panique, je me ruais à la porte sans même enfiler mes baskets et sortis, traversant le couloir et quittant le bâtiment, je me retrouvait sur le parking et je regardais autour de moi, insensible au froid hivernal qui habituellement me paralyse en quelques instant.

Toutes les voitures étaient à leur place, même celle de mon voisin travaillant dans une société de gardiennage. Mais pire encore s'imposa à mon esprit : tous les volets étaient clos. Je tentais de me calmer. Peut-être y avait-il eut une grande fiesta la veille et tout le monde y avait participé et était vanné. C'était possible, me disais-je, vu que j'évitais ce genre d'événements comme la peste. Mais un coin de ma conscience m'avertissait sans ménagement qu'il était impossible que tout un quartier peuplé de gens si hétéroclites ait fait la fête au même endroit le même soir, et sans que je les entende de surcroît.
Le téléphone. Oui c'était ça ! Je n'avais qu'à appeler des amis, et leur voix me convaincraient de l'absurdité de mes craintes ! Je le cherchais et me rendit compte que je ne l'avais pas sur moi, mais pire, lorsque je voulu rentrer dans le bâtiment, je réalisais soudain que j'avais laissé mes clés sur la porte de mon studio ! Je me mis alors à sonner chez mon voisin directe. Pas de réponse. J'insistais. Toujours rien. J'essayais un autre appartement. Même échec. J'étais donc seul, du moins dans la résidence, et dehors, en plein hiver, sans manteau ni gants ! Mes mains se mettaient d'ailleurs à blanchir, douloureux rappel de mon syndrome de Reno, et je n'arrivais pratiquement plus à bouger les doigts, bien qu'il devait faire pratiquement dix degrés.

Et puis je me souvins : Pierre ! Mon ami et collègue de licence en neurosciences ! Il habitait à seulement trois minutes à pied de chez moi ! Sans réfléchir d'avantage, et trop heureux de trouver, du moins en apparence, un soutien si proche, je me ruais littéralement chez lui, et sonnais comme un forcené. C'est là seulement que je commençai à réaliser la situation : pas de réponse, ni de lui ni de sa petite amie, ni de ses voisins ! Et à y réfléchir, je n'avais pas croisé un seul véhicule en mouvement ni un seul piéton en traversant ce qui était pourtant un route très fréquenté !
Une vague de folie me gagna, et je me mis à frapper la porte du petit immeuble en hurlant comme un enragé. Je cognais, cognais, cognais encore, jusqu'à ce que je finisse par me calmer, épuisé et gelé. Puis je me remis à réfléchir. Si la ville était déserte, peut-être avait-elle été évacuée pour un exercice ou quelque chose que la malchance voulut que j'ignore ? Il devait forcément y avoir une explication raisonnable à tout cela ! Si tel était bien le cas, et je commençais à m'en persuader malgré ma petite voix contredisante, on ne m'en voudrait pas trop si je faisais quelques trucs illégaux pour au moins ne pas mourir de froid. J'allais donc ramasser une grosse pierre qui servait à décorer le parking de la petite résidence où Pierre vivait, et je la trimballais jusqu'à chez moi, avant de la projeter contre la porte vitrée. C'était du verre Sécurit, aussi me fallut-il m'y reprendre à plusieurs fois avant que la vitre ne cède, et que je puisse ouvrir le loquet et entrer. Je rentrais alors chez moi et me saisis de mon portable. J'appelai ma mère, sans succès. Mon frère avec le même résultat, tout comme avec mes amis et connaissances de la fac et d'ailleurs. Personne.

Je commençais à me résigner, j'allumais la radio et cherchais à toutes les fréquences en y repassant deux ou trois fois : rien à part des parasites. La télévision ne laissait apparaître que de la neige. Mais que se passait-il ? Est-ce que tout un pays était mort dans son sommeil, ou pire, le monde entier ? Et comment vérifier cela ? Je réfléchis un moment, puis me décidait à aller voir chez les voisins. Bien évidemment, les portes étaient fermées à clé, et impossible pour moi d'enfoncer ces portes blindées d'acier. Il ne me restait qu'une solution. Je pris mes clés de voitures et descendis au sous-sol pour la démarrer : au quart de tour, étrange… Je la sortis du garage souterrain et prenait la direction de l'hypermarché voisin, m'arrêtant au feu rouge par réflexe. Puis je plaçais mon véhicule en face de l'entrée tout de verre du magasin, reculais aussi loin que possible, et m'élançais, fracassant la vitre mais étant sacrément secoué. Là, je remplissait coffre et habitacle avec diverses choses, notamment des outils, puis je retournais à ma résidence. Une fois arrivé, je pris la hache que j'avais "emprunté" et abattit volets et vitres de tous les appartement du rez-de-chaussée : tous vides. Pris d'une nouvelle frénésie, je me mis à parcourir tout le quartier en agissant de même, fracassant et fouillant tous les appartements et maisons accessibles sans trouver personne. La nuit tombait, et le froid combiné à la fatigue me rappelèrent à la raison. Frigorifié et affamé, je revins chez moi, prendre mon premier vrai repas depuis le matin. C'est là que je pris ma décision. Dès le lendemain, je partirai à la recherche des autres. Je les retrouverai où qu'ils soient sur cette maudite planète.

Et c'est ainsi que depuis ce jour, je parcours le monde à la recherche d'autres humains. J'ai déjà trouvé des traces qui prouveraient qu'il y a eu d'autres "survivants" comme moi, mais en quinze années, le seul que j'ai rencontré avait perdu la raison à force de solitude, et je dus l'abattre pour sauver ma vie après qu'il ai prononcé des paroles incompréhensibles et ai tenté de se jeter sur moi. Mais je garde espoir de retrouver les autres, même ce fou m'a prouvé que j'avais raison d'essayer. C'est ce qui me fait vivre et me donne la force de poursuivre encore aujourd'hui.


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