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Histoire d'amour impossible (mais qui se termine bien)



Âmes soeurs
[Histoire Terminée]
Auteur: Dyloa Vue: 4050
[Publiée le: 2005-06-25]    [Mise à Jour: 2005-08-25]
G Romance/GénéralCommentaires: 18
Description:
Parfois on dit que deux personnes sont faites l'une pour l'autre... Si pas dans cette vie-ci, peut-être dans une autre ?
Crédits:
Tous les personnages m'appartiennent, à part les personnages historiques qui pourraient apparaître

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Commenter: Versailles 1

Versailles 1

[1447 mots]
Publié le: 2005-08-23Format imprimable  
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Madeleine regardait dehors d'un air distrait, effleurant de ses doigts blancs et fins les doux pétales des fleurs plantées sous la fenêtre. Elle contemplait Versailles, dans l'espoir que son rêve s'accomplisse : elle voulait devenir une courtisane, elle aspirait au luxe, aux fêtes, et surtout, surtout, elle voulait voir le Roi. Son amie Elvire lui avait tant parlé de lui ! Elvire était demoiselle de compagnie chez Mme de Montespan, ce qui faisait qu'elle voyait le souverain à chaque fois que celui-ci venait visiter sa maîtresse officielle. Il y a peu de jours, à la grande fierté de son père mais au grand dépit de sa mère, car Marguerite regrettait la simplicité et le bonheur paisible de la chère campagne qu'ils avaient quitté il y a quelques mois, Madeleine était allée demander une charge à la cour, de préférence la même que son amie Elvire pour qu'elle puisse être ensemble. Avant, Madeleine s'était affichée à des fêtes parée de ses plus beaux atours, étincelante de beauté, dans l'espoir de se faire remarquer et que le Roi voie sa requête avec des yeux favorables. Et depuis, Madeleine restait chez elle et attendait, attendait une lettre qui ne venait pas. A présent, elle s'en moquait que la réponse soit affirmative ou négative, tout ce qu'elle souhaitait c'est que la lettre arrive maintenant, et mette fin à son attente.
Un appel la fit sursauter, venant de l'avant de la maison. La chambre de la jeune fille se trouvait à l'arrière, et donnait sur le jardin. En général les appartements privés se trouvaient toujours à l'étage, comme ceux de ses parents, mais pour Madeleine on avait fait une exception, car la jeune fille avait une peur déraisonnée des escaliers. Madeleine put donc courir directement à la cuisine, car elle habitait au rez-de-chaussée.

- Qu'y a-t-il, Gertrude ? s'inquiéta-t-elle, voyant la bonne tremblante, le souffle coupé et les larmes aux yeux. La bonne grosse cuisinière qui tapotait la main de Gertrude, ressemblant à une petite souris en comparaison, échangea un regard anxieux avec Madeleine.
- Ah, mademoiselle ! Mademoiselle ! s'éventa Gertrude.
- Oui, qu'y a-t-il ? Parle !
- Nous venons de recevoir ceci, annonça la bonne en lui tendant d'une main tremblante une enveloppe cachetée... avec le sceau royal !

Ce fut au tour de Madeleine de devoir s'asseoir. D'une main fébrile, elle rompit le sceau de cire et...

- Je l'ai ! J'ai ma charge à la Cour ! Yahouuuuuu !! s'écria-t-elle en dansant une folle farandole autour de la table de la cuisine, sous les yeux éberlués des deux servantes.
- Ma fille, un peu de tenue je vous prie ! Une jeune fille de votre classe... la réprimanda sa mère, Marguerite, apparue sur le seuil, l'air réprobateur.
- Mère, regardez ! J'ai ma charge à la Cour ! N'est-ce pas fantastique ? s'enthousiasma Madeleine en tendant l'enveloppe à sa mère qui la saisit du bout des doigts.

L'air mélancolique qui ne la quittait jamais s'accentua.

- Vous allez donc nous quitter, ma fille ? dit-elle d'une voix brisée par l'émotion.
- Oui ! répondit Madeleine, trop à sa joie pour réfléchir. Je vais préparer mes bagages tout de suite ! Ou plutôt, non ! Je vais d'abord aller remercier sa Majesté ! Mère, vous vous rendez compte ? Je vais être demoiselle de compagnie de la maîtresse du Roi, avec mon amie Elvire ! Oh, mère, je suis trop heureuse !
- Je vais aller annoncer la nouvelle à votre père, déclara Marguerite d'une voix triste.

Madeleine fit un rapide signe d'assentiment, avant de courir aux écuries demander un cheval. Elle était une très bonne amazone, et même si sa dignité lui commandait normalement d'aller au palais en chaise à porteurs, sa joie faisait primer la vitesse. Galopant à vive allure à travers les jardins royaux, les cheveux flottants au vent, elle avait l'impression d'avoir des ailes...
Quelqu'un d'autre la prenait pour un ange, et c'était le jardinier qui la vit passer comme une flèche, caché derrière le rosier qu'il était occupé de tailler. Depuis l'arrivée de Madeleine à Versailles, Simon avait eu le coup de foudre. Tous les matins il allait l'observer en cachette, sachant que Madeleine avait l'habitude de respirer l'air frais à sa fenêtre dès son réveil. Ses boucles rousses en désordre, ses yeux d'un vert émeraude, tout le séduisait et le charmait, chez elle. Mais il y avait quelque chose de plus... Comme une vague impression de déjà-vu, comme s'ils se connaissaient depuis longtemps... et l'intime conviction qu'ils étaient fait l'un pour l'autre.
Madeleine n'avait pas pris le temps de se changer ni de s'arranger, elle avait donc gardé sa robe bleu pastel brodée de dorures, garnie de dentelle aux manches s'arrêtant aux coudes, et également sur le bord du corsage vert qui mettait en valeur ses yeux et rappelait la couleur de la jupe du dessous, qu'on ne pouvait voir que par le devant vu que derrière elle était cachée par la traîne de la robe qui recouvrait à présent la croupe du cheval très inélégamment. Ses boucles rousses fixées sur le devant comme le voulait la mode n'étaient maintenues par aucune crépine, et furent vite décoiffées. De plus, Madeleine ne s'était pas maquillée. Quelle différence avec sa tenue de quelques jours avant, dont Simon se souvenait dans les moindres détails ! La robe était alors écarlate, et brodée d'arabesques dorées disposées en bandes, comme sur la jupe blanche. Le bord des dentelles aux manches était également cousu de fil d'or, ce qui donnait au tout une apparence bien plus riche. Un gros nœud rose sur le côté gauche maintenait la robe écartée sur le devant pour laisser apparaître la jupe. Un autre nœud de la même couleur, mais plus discret, ornait chacune des manches ; et le corsage blanc était maintenu en place par trois autres nœuds roses, alignés dans le sens vertical. Une mantille de dentelle et de fil d'or couronnait les cheveux cuivrés de la jeune fille, attachés en chignon pour l'occasion. Elle s'était parée de bijoux précieux, maquillée, poudrée, et avait même collé une mouche au coin de sa mouche. Ce jour-là elle était vraiment resplendissante... A ce souvenir, Simon soupira. Comment pourrait-elle un jour s'intéresser à lui ?

- Elle aime les fleurs. Je pourrais même dire qu'elle les adore ! Elle a grandi à la campagne, vous savez, alors la nature...
- Hein ? Quoi ? Mais comment... ?! sursauta Simon, se retournant pour voir qui lui avait susurré ces mots à l'oreille.

Une jeune fille moqueuse le regardait, un sourire en coin aux lèvres.

- Vous vous trompez, mes intentions au sujet de cette jeune fille sont... se défendit Simon, rougissant.
- Allons ! J'ai vu comme vous la regardiez ! sourit son interlocutrice, franchement cette fois. Je suis Elvire, sa meilleure amie.
- Je... Je m'appelle Simon, bafouilla le jardinier.
- Vous voulez que je vous aide à conquérir son cœur ? Faites-moi confiance.


Pendant ce temps Madeleine était arrivée au palais, essoufflée, les joues en feu mais contente. Mais son enthousiasme retomba bien vite devant une Mme de Montespan qui la dévisageait de haut en bas avec une moue de dédain.

- Mais ma pauvre fille, vous avez vu comme vous êtes ? lâcha-t-elle d'un ton suffisant.
- C'est que... Je suis venue à cheval, madame. Aussi vite que j'ai su... se justifia Madeleine, dépitée, essayant discrètement de remettre ses mèches rebelles en place.
- Pff ! Quel manque de décorum ! Bon, je vais vous garder à l'essai, mais je vous préviens : il faudra vous surpasser pour me faire oublier cette première impression si... décevante.
- Oui, madame, murmura Madeleine, tête basse, les mains derrière le dos, honteuse.
- Allons, ne restez pas plantée là ! Suivez-moi ! s'impatienta Mme de Montespan qui avait avancé de deux pas sans que Madeleine ne manifeste la moindre intention de bouger.
- Mais... C'est que je pensais... Enfin, je n'ai pas encore vu mes nouveaux appartements et...
- Vous les verrez plus tard ! Dès maintenant, vous entrez en service à mes côtés, jusqu'à ce qu'Elvire ne revienne de sa promenade... Vous pourrez la remercier, d'ailleurs, elle est intervenue en votre faveur et vous a obtenu cette charge. Je ne sais pas si elle est méritée, mais bon !

Madeleine la suivit en traînant les pieds, prise en faute. Elle regrettait déjà, et pourtant le calvaire ne faisait que commencer...

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