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Histoire d'amour impossible (mais qui se termine bien)



Âmes soeurs
[Histoire Terminée]
Auteur: Dyloa Vue: 4051
[Publiée le: 2005-06-25]    [Mise à Jour: 2005-08-25]
G Romance/GénéralCommentaires: 18
Description:
Parfois on dit que deux personnes sont faites l'une pour l'autre... Si pas dans cette vie-ci, peut-être dans une autre ?
Crédits:
Tous les personnages m'appartiennent, à part les personnages historiques qui pourraient apparaître

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Commenter: Moyen-Âge 3

Moyen-Âge 3

[1351 mots]
Publié le: 2005-07-11Format imprimable  
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2 ans avaient passé. 2 ans riches en évènements !
Tout d'abord Guillaume avait été pendu.
Ensuite Ferdinand, veuf, avait exigé de Michel qu'il lui donne sa petite sœur Céline en mariage. Comme elle n'avait encore que 12 ans, elle irait vivre au palais du seigneur le temps d'atteindre l'âge. Michel, comprenant que c'était un gage de soumission envers son nouveau suzerain, avait cédé.
Les mois s'étaient écoulés, paisibles et chaleureux, et Sarah et Michel se voyaient de plus en plus régulièrement, en cachette ou lors d'une fête... Jusqu'à ce que Sarah lui annonce catastrophée qu'elle était enceinte. Michel s'était alors empressé d'aller demander sa main à son père. Mais celui-ci avait rétorqué :

- Vous voulez vous marier, soit. Je bénirai votre mariage volontiers. Mais pourquoi avec ma fille ? Je lui réserve un bien meilleur parti que vous ! Epousez plutôt votre belle-sœur, Jeanne, qui n'a rien à envier à Sarah du point de vue de la beauté et qui a besoin d'un père pour son enfant dont la naissance est imminente !

Et c'est ainsi que Michel avait du plier une fois de plus, et épouser la veuve de son frère Raynald. Il lui fit néanmoins une promesse lors de leur nuit de noces, où elle lui paraissait plus que réticente à se coucher auprès de lui :

- Je ne toucherai jamais, je t'en fais le serment, car pour moi tu es une sœur et non pas une femme. Je serai toujours là pour vous protéger, toi et ton enfant, mais je ne me crois aucun droit de vous obliger à faire quoi que ce soit qui vous déplaise. D'accord ?
- D'accord. Merci, sourit Jeanne avant d'accepter enfin de venir s'allonger à ses côtés.

Et Michel tint son serment, même durant les longs mois où Sarah le bouda, lui en voulant d'avoir accepté d'épouser une autre. Mais elle dut bien se résoudre à se tourner vers lui lorsque sa grossesse devint trop évidente.

- Mais que veux-tu que je fasse ? Je ne peux pas devenir bigame ! protesta Michel, tenant dans ses bras son neveu, le petit Raynald alors âgé de 4 mois.
- Non, mais tu n'as qu'à me donner à ton frère Christian ! Il vit encore chez toi, le temps d'atteindre l'âge de pouvoir gérer son fief tout seul... On se verrait souvent !
- Christian ?! Mais il n'a que 15 ans ! Je sais, il est très précoce et déjà très apprécié des femmes, mais ça reste beaucoup trop jeune !

Ferdinand fit beaucoup moins de manières, soucieux de préserver l'honneur et la réputation de sa famille. Il accorda la main de Sarah à Christian sans hésitation, car sa fille avait déjà beaucoup moins de valeur à ses yeux depuis qu'elle avait couché avant d'être mariée... Ce fut Michel qui piqua une vraie crise de jalousie lorsque Christian, au petit-déjeuner, lui apprit tout guilleret que leur nuit de noces avait été consumée et qu'il en était très satisfait, beaucoup plus visiblement que Sarah qui avait refusé de se lever pour pouvoir rester au lit et pleurer. Michel se leva d'un bond, blême de rage, et gifla violemment son frère.

- Petit crétin ! Tu as forcé une femme enceinte ! cracha-t-il.
- Non ! Ne me dis pas que... articula Christian, la main sur la joue. C'est toi le père ?!

Michel ne répondit pas, mais sa rougeur soudaine ainsi que son regard coupable en disaient long. Christian se leva à son tour de table, très lentement et calmement, plein de dignité.

- Je crois que je vais de suite rejoindre mes terres, accompagné de mon précepteur si tu le désires, mais en tous cas je ne reste pas une minute de plus dans ce château où je risque d'être cocufié à tous les instants !
- Ah ! Comme si toi tu ne trompais pas Sarah avec tout ce qui porte jupon et possède quelques charmes ! répliqua Michel.
- C'est différent : les femmes ne possèdent pas d'âme, c'est bien connu. Elles sont pécheresses par nature, et n'ont qu'à expier leurs fautes en se taisant et en obéissant.
- Belle mentalité ! Tu dis que les femmes n'ont pas d'âme, parce que tu n'as jamais pris la peine de la chercher en elles ! Moi, l'âme de Sarah je l'ai cherchée et je l'ai trouvée : elle est pure et radieuse, merveilleuse !
- Moi qui croyait que ce n'était que charnel entre vous... réfléchit Christian. Tu m'as l'air bien amoureux, dis donc !
- Oui ! Et c'est pour ça que tu ne peux pas, que tu ne dois pas nous séparer. Je peux ne plus la toucher si tu le veux, car notre amour est au-dessus de ça, mais tu dois nous laisser être ensemble pour le court moment qu'il nous reste avant que je ne parte en croisade, pour ne jamais revenir peut-être !

Christian finit par accepter. Et c'est ainsi qu'il devint complice de leurs amours, qui s'épanouissaient au fil du temps... Plus la date fatidique du départ approchait, plus ils prenaient conscience de ce que serait la vie sans l'autre et se rapprochaient inconsciemment. Leur lien se resserra d'autant plus à la naissance de leur enfant, bien qu'officiellement l'enfant fût de Christian. Christian d'ailleurs, très mûr pour son âge, si bien que tout le monde et son précepteur en tête criait au génie, en connaissaient un brin sur le sujet, étant devenu assez rapidement le petit prince chéri de ces dames. Il proposa un plan qui ne fut pas accueilli par tous avec le même enthousiasme.

- Non, non et non ! C'est beaucoup trop dangereux ! criait Michel.
- C'est la seule solution, mon cœur, le raisonna Sarah, berçant avec une tendresse infinie le petit Michel nouveau-né.
- Je serai très prudent, mon frère, je te le promets, renchérit Christian.

A deux contre un, plus le bébé qui le fixait de ses grands yeux implorants, du même bleu que sa mère, Michel dut s'avouer vaincu. Christian l'accompagnerait donc en croisade, et s'il lui arrivait malheur il reviendrait à toute vitesse prévenir Sarah. Sarah n'avait dit à personne ce qu'elle projetait de faire si cela arrivait, mais Michel le savait par expérience et Christian le devinait, même si cela lui importait peu car de toutes façons il ne pouvait pas toucher sa femme et elle ne l'aimait pas, tandis que veuf, il pourrait se remarier avec la personne de son choix, qu'il aimerait et réciproquement.
Et c'est ce qui arriva. La croisade des barons débarqua en Terre sainte en 1099, année où Michel fut tué. Ses derniers mots furent pour Christian :

- Veille sur Jeanne, sur son fils Raynald et sur le petit Michel, mon frère. Et prends soin de toi !

Il ne mentionna pas Sarah, sachant que de toute façon elle se suiciderait. Mais lorsque Christian arriva enfin, porteur de la funeste nouvelle, en 1101, Sarah à sa grande surprise déclara :

- J'ai survécu à 5 ans sans lui, et je survivrai encore le temps que la vie m'accordera. J'ai réfléchi, et je pense que je ne peux pas faire ça à notre enfant, que je me dois de vivre pour lui.
- M-mais et moi ? ne put que balbutier Christian.
- Tu peux me tromper autant que tu veux, tu peux me répudier même si tu le souhaites, je ne me soucie plus de ma réputation ou de quoi que ce soit d'autre. Cela n'a plus la moindre importance, maintenant qu'il n'est plus là... La vie me paraît si fade, sans lui ! Mon seul réconfort est mon fils, et c'est pour cela que je dois vivre pour lui.

Cependant elle ne vécut plus très longtemps, dépérissant assez rapidement sans son amour... Elle s'éteignit à 24 ans, l'âge que Michel avait lors de sa mort à Jérusalem en 1099.

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