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Histoire d'amour impossible (mais qui se termine bien)



Âmes soeurs
[Histoire Terminée]
Auteur: Dyloa Vue: 4046
[Publiée le: 2005-06-25]    [Mise à Jour: 2005-08-25]
G Romance/GénéralCommentaires: 18
Description:
Parfois on dit que deux personnes sont faites l'une pour l'autre... Si pas dans cette vie-ci, peut-être dans une autre ?
Crédits:
Tous les personnages m'appartiennent, à part les personnages historiques qui pourraient apparaître

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Commenter: Rome 3

Rome 3

[1400 mots]
Publié le: 2005-07-02Format imprimable  
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Marcus avait couru jusqu'à chez Sana pour l'avertir du danger, mais à sa grande surprise celle-ci refusa de s'enfuir.

- Fuir serait synonyme de renier notre religion ! Nous n'avons pas à en avoir honte, Marcus, et ils n'ont pas à nous le reprocher ! Nous ne fuirons pas devant leur esprit borné et brutal, et nous défendrons notre religion contre eux au contraire ! Peut-être seront-ils touchés par la force de notre foi et se convertiront-ils ? Quoi qu'il en soit, si nous fuyons Dieu ne nous recevra pas au paradis, alors je préfère mille fois mourir en martyr que brûler en enfer !
- Mais Sana... Et moi, tu m'oublies ? Nous avons une deuxième chance de concrétiser notre amour, ne la laissons pas passer ! Je t'en supplie, ne cours pas au-devant de la mort, ne me laisse pas seul
- Comment ? Tu ne comptes pas toi aussi clamer haut et fort ton appartenance à notre religion, la seule vraie et pure ?!
- Sana... Quand me serais-je converti ? Lorsque tu me racontais l'histoire de Jésus et de ses apôtres ? Non, non, si j'avais l'air touché c'était par toi, et toi seule, pas par ton récit ! Pour ma part j'appartiens toujours à ma bonne vieille religion romaine, avec Jupiter père des dieux, Junon sa femme et tous les autres.

Sana recula, comme horrifiée par ses dires. Marcus avança alors pour lui prendre la main, qu'elle tenta en vain de libérer, et pour l'implorer une dernière fois :

- Je t'en supplie mon amour, fuyons et vivons heureux, cachés mais ensemble !
- Marcus, j'ai déjà renié une fois mon culte, lorsqu'en Egypte ils ont tué mon père parce qu'il croyait en Aton, et que j'ai préféré me taire plutôt que de subir le même sort. Je ne veux plus être lâche ! Je ne veux plus devoir me cacher, vivre dans le secret et la honte ! Non !
- Bon. Je resterai si tu restes, car je t'aime. Mais enlevons au moins la croix du mur, d'accord ? Rien que ça : enlever la croix du mur ! Sans elle, ils ne pourront rien prouver.
- Prouver quoi ? Que nous sommes une secte de chrétiens, d'hérétiques ? Mais j'y pense, toi aussi c'est ce que tu dois penser, puisque tu viens de m'avouer que tu croyais encore en tes dieux parjures qui mentent, trompent, boivent et ripaillent à longueur de temps ! C'est pour cela que tu veux me cacher, pas vrai ? Tu ne veux pas qu'on sache que tu aimes une chrétienne, ce serait la honte et l'opprobe sur toi et ta famille, quelle horreur ! S'emporta Sana.

Marcus, blessé au coeur par cette attaque inattendue, se tut, encore meurtri et déçu que celle qui défendait la liberté des cultes ait incendié ses dieux avec tant de fanatisme, faisant même fi de leur amour ! Car c'était surtout cela qui l'avait blessé, le fait qu'elle préfère son Dieu à lui... Il pivota lentement sur ses talons et s'apprêtait à partir lorsqu'un coup de pied fit valser la porte jusqu'à l'autre bout de la pièce, emportant Marcus avec elle. Marcus, sonné d'avoir atterri contre un mur, resta quelques temps recroquevillé sous les débris de porte, et les soldats ne le virent pas lorsqu'ils procédèrent à l'arrestation de Sana. Sana, quant à elle, lui jeta de nombreux coups d'oeil éperdus, qu'il ne vit pas encore groggy par le choc, et ne le voyant pas réagir et ne pas rester caché ainsi à ne rien faire, elle crut qu'il l'avait abandonné et ne résista plus au soldat, désespérée, se laissant attacher et conduire docilement jusqu'aux arènes où ils l'enfermèrent dans un cachot jusqu'aux prochains jeux.
Lorsque Marcus reprit ses esprits, il trouva la maison vide mais parfaitement ordonnée, comme s'il n'y avait pas eu de lutte. Le seul signe de violence était la croix qui se consumait lentement, arrachée du mur et jetée par terre avant d'être piétinée et brûlée. Hagard, il sortit de la pièce en titubant et heurta quelqu'un dans la rue, qu'il n'avait pas vu dans son état second. C'était Fabius.

- Je t'avais prévenu, Marcus, fit celui-ci d'un air désolé. Je ne voulais pas, vraiment pas en arriver là, mais tu ne m'as pas laissé le choix : ton hérétique va être dévorée par les fauves lors des prochains jeux de cirque, dans deux jours.

Marcus s'apprêtait à le gifler, lorsqu'une idée se forma dans son esprit.

- Fabius, je m'en rends compte à présent, tout cela n'était qu'une formidable erreur... Merci de m'avoir ouvert les yeux ! Dit-il en lui donnant l'accolade.
- Heureux de te l'entendre dire ! Approuva Fabius en lui donnant des tapes amicales dans le dos.
- Cependant, il me reste quelque chose comme une pointe de regret, ce qui est parfaitement inadmissible... Il faudrait que je trouve un moyen d'oublier cette fille tout à fait...
- C'est pourtant simple ! Tu n'as qu'à m'accompagner aux arènes, dans deux jours ! Proposa Fabius avec enthousiasme, parfaitement convaincu du brusque revirement de son ami.



Sana entra dans l'arène et s'immobilisa, aveuglée par son passage de l'obscurité de son cachot à la clarté du soleil et assourdie par le rugissement de la foule en délire, ravie de voir enfin apparaître les première victimes humaines, alors que jusqu'ici on s'était limité aux combats d'animaux. Le sacrifice des chrétiens venait ensuite, et on finirait en beauté par les combats de gladiateurs... Sana, dégoûtée, observa chaque spectateur un par un, pour bien emmener leur image avec elle dans l'au-delà et les maudire pour l'éternité. Quand, à sa grande surprise, elle reconnut l'ami qui accompagnait Marcus lors de leur retrouvailles, celui qui les avait dénoncé ! Et à ses côtés, l'air réjoui, Marcus !! Et ils étaient au premier rang des gradins, pour ne rien perdre du spectacle ! Mais elle n'eut pas le temps de se remettre de sa stupeur que déjà on la poussait dans le dos avec une lance pour qu'elle avance et laisse passer les autres condamnés. Effondrée, elle ne se défendit même pas et marcha jusqu'au centre de l'arène comme un automate, fixant ses pieds avec un morne désespoir. Elle ne vit donc pas Marcus la reconnaître avec anxiété, ni la foule se mettre à trépigner lorsque les fauves furent lâchés dans l'arène. Aussitôt, un guépard énorme se dirigea vers Sana, alléché par l'odeur de la peur qu'elle dégageait, les babines retroussées dégoulinantes de salive jaunâtre. Sana se mit à reculer, puis voulut carrément fuir sous les acclamations de la foule à qui elle offrait un bon spectacle avec sa résistance, mais les acclamtions se muèrent en huées et en sifflets lorsqu'elle heurta quelqu'un qui venait de sauter des gradins dans l'arène : Marcus. Sans lui accorder un regard, il la plaça derrière lui pour faire face au félin, devant lequel il s'agenouilla et tendit ses mains. Le fauve intrigué se mit à les flairer, et reconnaissant l'odeur de Meshit il se détourna et alla traquer une autre proie. Sana, le coeur bondissant, avait retenu son souffle jusqu'ici et poussa un grand soupir de soulagement en se jetant dans les bras de son sauveur.

- Pardon d'avoir douté de toi, Marcus. J'aurais du savoir que tu ne m'abandonnerais jamais, car telle est ta nature : fidèle en amour comme en religion...
- En religion ? Mais, Sana, je viens de trahir ma religion pour toi en venant te sauver ! Maintenant, il ne me reste plus qu'à mourir pour toi, et avec toi, et nous retenterons notre chance dans une prochaine vie...
- Oui, oui ! Et nous vivrons heureux, ensemble, pour la vie ! Promit Sana, l'embrassant.

En effet, si les fauves les laissèrent en paix grâce à l'étrange affinité qui les reliait à Marcus, les spectateurs déçus se mirent bientôt à réclamer, et lorsque les gladiateurs entrèrent en piste, avant de se battre ils commencèrent par achever les derniers suppliciés, grièvement blessés mais qui respiraient encore, et transpercèrent Marcus tenant Sana serrée contre lui d'une seule et même lance.

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