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Saint Seiya (Les Chevaliers du Zodiaque)



La Treizième Armure-Livre 2-Les cieux attendront   Auteur: Galatee Vue: 781
[Publiée le: 2008-02-06]    [Mise à Jour: 2008-11-02]
AP Action-Aventure/Drame/SupernaturelCommentaires: 39
Description:
Hideaki et ses amis sont arrivés au Sanctuaire avec la statuette et la fameuse arme portant le nom de "La Treizième Armure" qui n'est autre que le médaillon "Yours Evers" censé avoir disparut lors de la guerre contre Hadès.
Oleg, le père de Milan, est lui aussi arrivé au Domaine Sacré avec la petite Déesse Athéna, sans savoir que son propre fils, Milan, à découvert sa véritable identité.
Ikki patiente dans les mines de Jade, ayant en sa possession le dernier fragment de la statuette, cette statuette qui détiens le véritable secret de l'arme.
Un autre voyage attend Hideaki et ses amis et une autre bataille se prèpare pour la futur chevalerie de la Déesse Athéna.

MAJ: Chapitre 17 en ligne.
Bonne lecture!
Crédits:
Les personnages Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada. Cette fanfiction est Copyright Galatée.

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Commenter: Continuer...Toujours de l'avant.

Continuer...Toujours de l'avant.

[7413 mots]
Publié le: 2008-08-17Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)

Chapitre 15

 

 

 

 

Continuer… Toujours de l’avant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout s’était passé très vite.

Beaucoup trop vite.

Thomas Kido s'était fait piquer dans la nuit du vingt-huit au vingt-neuf juillet 2402, le poison du scorpion allait lentement parcourir les veines de son corps et le faire souffrir le reste de la nuit. Au petit matin, le vingt neuf-juillet, Tom ne pouvait plus parler, le poison paralysait ses membres, glaçait son sang, le faisait sombrer dans une semi-inconscience. Il entendait ce qui se passait autour de lui, avait capté les voix de sa sœur Diane et de sa femme Kara. Il comprenait qu’elles priaient pour lui, qu’elles conjuraient les deux chevaliers d’argent de rebrousser chemin.

Mais Tom ne voulait pas qu’ils retournent en arrière, il aurait voulu leur dire, mais ce poison le paralysait, le tuait à petit feu, il savait qu’il n’en avait plus pour longtemps, quand bien même ils feraient faire demi-tour au bateau, il serait mort sur le chemin du retour.

Durant la matinée, Tom était arrivé à ouvrir les yeux et à serrer, à peine, la main des deux femmes.

Il les voit, elles sont en larmes, elles le soutiennent.

Il les aime toutes les deux, il voudrait les serrer dans ses bras, mais ce poison, fait de feu et de glace, le tue tout doucement, il se sent partir.

Il ne peut pas parler.

Il voudrait tant pourtant.

Leur dire qu’il faut continuer, que sa mort n’est rien, qu’il sait où il va aller et que, là où il va, il les protégera de toute son âme.

Mais il ne peut rien dire.

Même cela, Artémis le lui a enlevé.

Et puis le poison atteint ses cellules nerveuses, une douleur aiguë le fait se cambrer, mais c’est plus un réflexe de son corps, car Tom flotte au-dessus de son lit.

Il se voit, respirant à peine, il voit Diane et Kara de chaque côté du lit, l’implorant de tenir le coup, il voit les deux chevaliers d’argent en retrait.

Il voit sa poitrine expirer une dernière fois et alors, il se sent soudain très bien là où il est. Tom regarde au-dessus de lui et se laisse emporter.

Avant de disparaître dans le ciel bleu, il entend les sanglots de Diane et Kara, mais il sait maintenant que leurs pleurs sont inutiles, car la mort n’est qu’un passage d’une forme de vie à une autre.

Là-haut, des bras se tendent vers lui, il reconnaît les anciens chevaliers sacrés d’Athéna : Seiya, Shiryu, Shun et Hyoga qui lui sourient gentiment. Il voit aussi une femme avec de grands yeux vert émeraude comme ceux de la déesse Athéna.

Tom est accueilli à bras ouverts et tous disparaissent dans le firmament.

 

Diane entra en catimini dans la cabine du yacht, elle alla poser ses mains sur la console de pilotage. Elle sait comment cela fonctionne, Karale lui a un jour expliqué la marche à suivre pour changer de cap.

La jeune femme se retourne et pose les yeux sur la barre de direction.

Une petite roue de bois aux poignées argentées.

Elle va y apposer ses mains et commence à tourner la roue, Diane a les yeux déterminés et son esprit est en proie à une folie que seul un immense chagrin est capable de provoquer.

Le yacht commence à virer à la gauche.

Dans le salon, Nathaniel voit le soleil passer d’une fenêtre à l’autre et entend le bruit du moteur s’intensifier.

Il jette un regard rempli d’urgence à Aqualys qui se lève et se précipite dehors.

-Combien tu paries que c’est Diane qui est à l’origine de ça ?! s’exclama Nathaniel.

Mais Aqualys ne lui répondit pas, il se précipita vers la cabine de pilotage et Nathaniel avait eu raison, Diane se trouvait à la barre du yacht.

C’était la troisième fois depuis la mort de son frère le matin même.

-Diane, je vous en prie, soyez raisonnable !

-Mon frère doit être enterré sur notre île ! fit-elle sans se retourner vers le jeune chevalier, le dos raide.

Aqualys posa sa main sur celle de la jeune femme.

-Je vous en prie.

Le regard de Diane monta vers celui du jeune chevalier, elle le défia.

-Vous ne me ferez pas changer d’avis ! fit-elle les dents serrées.

-Sotoro se trouve beaucoup plus loin que l’endroit où nous devons aller, Tom n'aurait pas voulu que vous abandonniez cette mission.

-Je me fous de cette stupide mission !!! éclata la jeune femme au visage du chevalier. Athéna a abandonné mon frère !! C’est à cause d’elle s’il est mort !!!! Qu’elle aille se la chercher elle-même, son Arme !!!

Puis elle éclata en sanglots.

-Moi, je retourne sur mon île enterrer mon frère !!!

Diane se détourna du chevalier d’un mouvement sec de tête.

Aqualys ne bougea pas d’où il était, resta silencieux durant un moment, il devait très vite rendre à la raison la jeune femme, sinon leur cap allait être trop long à rattraper.

Il voyait le visage de Diane tordu par la colère, le chagrin et l’amertume, sa poitrine se soulevait pa rà-coups, elle serrait les poignées de la barre à en faire blanchir ses jointures.

-Tom vous aimait et il vous aimera toujours, Diane.

La jeune femme serra ses lèvres, refoulant un sanglot.

-Même si vous n’allez pas l’enterrer sur son île. Il restera à tout jamais dans votre cœur, c’est ce qu’il vous dirait et je pense qu’il voudrait que l’on donne son corps à l’océan.

-Arrêtez !

-Je suis sûr qu’il est là avec nous.

Diane reporta son regard sur le chevalier, ses joues ruisselaient de larmes, Aqualys constata que ses yeux perdaient cette colère et cette détermination.

-Il va me manquer… Si fort…

Aqualys posa une main réconfortante sur la nuque de Diane.

-Je le sais.

-Je n’y arriverai pas… Pas sans lui…

-Bien sûr que si, vous n’êtes pas seule, Diane, votre amie Kara est avec vous, elle aussi, elle souffre, elle vient de perdre un mari et un ami, vous avez besoin l’une de l’autre.

Doucement, Aqualys tentait de reprendre le contrôle de la barre de navigation, il glissait sa main droite autour de celle de Diane qui le regardait comme un être merveilleux.

-Kara…

Diane parut se réveiller.

-Ma pauvre Kara…

Diane plaqua sa main gauche sur sa bouche pour étouffer un sanglot.

-Elle vous attend, lui dit Aqualys.

Diane, encore hésitante, regarda au loin, ses yeux, rougis à force d’avoir trop pleuré, se perdirent sur l’immensité océanique qui s’étendait devant le yacht.

L’eau scintillait, comme de la soie recouverte de paillettes.

Diane n’avait plus de force, plus aucun courage, elle se sentait si vide à l’intérieur, elle venait de perdre un bout d’elle, la meilleure partie, son frère, son Tom, venait de mourir.

Sans un mot.

Elle n’avait même pas pu lui dire adieu.

Soudain, elle lâcha la barre.

-Je vais aller voir Kara.

Puis elle tourna les talons et ressortit de la cabine.

Aqualys, soulagé, reprit les commandes et remit le cap sur le Mexique.

 

Hideaki et Itsuya se serraient l’un contre l’autre, Hidy berçait une Itsuya en proie à un chagrin sans fin. Le couple venait d’apprendre la mort de Thomas par le Grand Pope.

La déesse et le Monarque avaient longuement discuté sur le fait de leur annoncer la triste nouvelle ou pas.

-Chut…

Il serrait sa femme contre lui, caressant son dos.

Lui aussi se sentait terriblement triste et il remercia Dieu que son dernier échange avec Tom n'ait pas été son coup de poing mais cette poignée de mains chaleureuse avant qu’ils ne partent.

Itsuya regarda Hidy, elle sanglotait, avait du mal à respirer.

-Comment vont-elles faire ? fit-elle éperdue.

Hidy effaça tendrement une larme sur la joue de sa femme avec son pouce.

-Elles y arriveront… Kara est forte, tu le sais.

Itsuya hocha la tête.

-Féristice et Félicitée ? Comment leur apprendre que leur père vient de mourir ?

-Je n’en sais rien, Itsuya (il la reprit contre elle)... Je n’en sais rien…

 

Figée derrière la porte qui menait à la chambre qui avait vu mourir son frère, Diane entendait Kara chanter une berceuse. Les paroles de cette berceuse parlaient d’un petit garçon et d’un avion en papier qui avait volé trop haut et s’était pris les ailes dans un cerisier en fleurs.

Kara pleurait, elle reniflait pendant la chanson, sa voix tremblait dans les syllabes des mots, mais elle restait mélodieuse et douce. Diane entra et la jeune femme cessa de chanter, la native de Sotoro vit le corps de son pauvre frère allongé par terre, entouré d’un drap blanc dont Kara cousait les deux extrémités.

Sans un mot, Diane s’agenouilla en face de Kara et regarda le visage de son frère.

-Il a l’air si serein maintenant.

-C’est parce qu’il a retrouvé la paix de l’âme.

Diane mit sa main sur la joue froide de son frère et se mit à chuchoter :

-Réveille-toi, Tom…S’il te plaît, réveille-toi…Elle n’est plus drôle, ta blague…

-Ne fais pas ça, Diane.

-Pardon…

Kara repris sa couture.

Les deux femmes se turent un moment, Diane perdue dans la contemplation du visage de son frère.

A un moment donné, elle détacha le bandeau bleu qu’il portait depuis toujours autour du front et entreprit de se l’attacher autour du cou, les deux extrémités pendant dans son dos.

-Elle était très jolie ta chanson tout à l’heure.

-Ma maman… nous la chantait à moi et à Itsuya lorsque nous avions cinq ans, nous aimions beaucoup cette berceuse.

Kara piquait son aiguille dans les deux épaisseurs de draps qui, petit à petit, enfermaient Tom dans un linceul de fortune et Diane trouvait cela si indigne de lui.

-Tu crois vraiment que c’est ce qu’il mérite ? lui demanda-t-elle à brûle pourpoint sur un ton presque agressif.

Kara la regarda.

-Que veux-tu dire ?

-Je voudrais tant aller l’enterrer sur son île, après tout, c’est là-bas qu’il est né !

-Je le sais, j’ai senti le bateau virer de bord tout à l’heure, tu as encore essayé ?

-Où vais-je aller me recueillir s’il n’a pas de tombe ?

-C’est moi qui ai proposé cette idée d’offrir son corps à l’océan et il aurait trouvé cette idée très bien, j’en suis sûre, et tu n’as pas besoin d’une tombe pour penser à lui, pour lui rendre hommage.

-Aqualys m’a sorti le même discours. 

-Tiens (Kara lui tendit quelque chose) ! J’ai trouvé ça dans la cuisine, c’est un stylo à l’encre indélébile. Marque ton amour pour lui sur ce linceul.

Diane s’empara doucement du marqueur.

-C’est si sommaire ! S’il pouvait parler…

-Mais il ne le fera plus…

Diane regarda son amie avec étonnement.

-Je t’en prie, Diane, j’ai besoin de toi, je n’y arriverai pas toute seule.

Sans attendre de réponse, Kara reprit son aiguille afin de terminer son travail de couture.

Au bout d’un certain temps, Diane se pencha sur le linceul et commença à inscrire un texte sur le tissu.

 

-Dis lui adieu.

La jeune sœur de feu Tom Kido ne voyait plus que le visage de son frère, le reste du corps disparaissait dans le drap de fortune qui servait maintenant de suaire pour le défunt.

Ses mains tremblaient, tout son corps était en proie à une désolation sans nom.

-Je ne peux pas, Kara…

Kara s’empara de la main de la jeune femme et la serra très fort.

-Toutes les deux, on y arrivera, je te le promets. Je ne sais pas ce qui nous attend encore, ni ce qui va se passer dans cette grotte lorsque cette statuette sera enfin reconstituée, mais je te promets que je ne te laisserai pas tomber !

A chacun de ses dires, Kara avait exécuté une pression autour des doigts de Diane et celle-ci avait ressenti sa force, malgré le chagrin qui les tenaillait toute les deux.

-Tom compte sur nous !

Diane hocha la tête.

Cela allait être dur, très dur, elle le savait.

Elle alla embrasser le front froid de son frère, se leva et, avant de sortir de la pièce :

-Je vais demander à Aqualys et Nathaniel de venir chercher Thomas.

Puis Diane sortit de la chambre.

Kara resta seule avec le corps de son mari et lut ce qu’avait écrit son amie :

« Bien que ce soit l’océan qui gardera cette enveloppe, ce sont ta voix, ton sourire, ton audace et ton amour qui resteront dans nos cœurs.

Nous t’aimons, Thomas Kido, bien plus qu’Athéna ne saurait t’aimer…Adieu, mon frère…Mon âme... »

 

Les deux chevaliers d’argent sortirent le corps sur le pont supérieur du yacht, là où se trouvait un plongeoir qui surplombait l’océan, ils posèrent le corps dessus.

Non loin de là, Diane et Kara se tenaient la main, regardant avec un chagrin grandissant le linceul posé sur ce plongeoir qui n'aurait dû normalement connaître que des moments de joie.

Nathaniel récita un très beau texte lié aux vies antérieures et aux retrouvailles célestes des êtres chers.

Tout au long de la prière, Diane se coupa du monde, s’efforçant de se rappeler le moment où elle lui avait parlé pour la dernière fois. Quels avaient été les mots de son frère avant que ne se passe cette tragédie ?

Elle se souvint.

Elle avait tenté de lui soutirer des informations sur son fils, des choses qu’il savait, encore une fois, elle avait insisté. Pourquoi ne lui avait-elle pas plutôt dit qu’elle l’aimait ?

Diane leva les yeux dans un ciel qui se couvrait de nuage blanc-gris.

Des larmes coulèrent sur ses joues, une fois encore.

Elle n’entendrait plus jamais sa voix, ni son rire, elle ne le verrait plus courir le matin, elle ne pourrait plus jamais lui tenir les mains, ni regarder ses yeux bleus, câlins et attentionnés posés sur elle. Elle ne pourrait plus jamais lui reprocher ses attitudes désinvoltes.

-Reste avec moi, Diane, lui murmura Kara, sentant que son amie chancelait contre elle.

Nathaniel et Aqualys prirent délicatement le linceul, le soulevèrent du plongeoir et tournèrent la tête vers les deux femmes.

Des poids pendaient sous le linceul pour que le corps coule correctement dans l’eau.

Diane cacha son visage au creux de l’épaule de son amie, laissant le chagrin la submerger toute entière.

-Adieu, mon Tom… Adieu, mon adoré…

Et dans un élan, les deux chevaliers d’argent laissèrent tomber le corps embaumé dans un linceul, le corps tomba un instant dans le vide et toucha l’eau dans un bruit d’éclaboussement. Il resta quelques secondes à la surface, puis les poids l’emportèrent sous les eaux. Il fut visible durant plusieurs secondes, puis il disparut dans les profondeurs.

Kara ferma les yeux, laissant couler ses larmes.

Les deux chevaliers d’argent revinrent sur le bateau et Nathaniel incita son ami à regarder vers l’ouest.

Alors que les deux femmes ne voyaient rien, Nathaniel et Aqualys aperçurent les deux Anges d’Artémis les narguer au loin, leurs silhouettes se dissipaient dans l’horizon brumeux.

-Comment osent-ils venir ici ?! Dans un moment pareil ! chuchota Aqualys en contenant une colère sans nom.

Kara l’avait entendu et se retourna vers l’endroit où ils regardaient, Diane pleurant toujours sur son épaule.

Kara déposa un baiser sur la tempe de son amie et la lâcha pour aller se percher tout au bout de la proue du yacht, faisant face aux Anges qui planaient au-dessus de l’eau.

-VOUS N’AUREZ RIEN !!!! hurla-t-elle à plein poumons. VOUS N’AVEZ FAIT QUE NOUS RENDRE PLUS FORTES !!!! NOUS IRONS JUSQU’AU BOUT !!!! VOUS M’ENTENDEZ ??!!!

Dans cette immensité, sa voix porta loin, très loin. Kara respirait très fort, au bord de l’évanouissement, Aqualys la rattrapa avant qu’elle ne tombât dans l’eau.

Au bout d’un certain temps, les deux Anges disparurent.

Epuisés, les deux chevaliers d’argent conduisirent les deux femmes dans le salon.

Diane s’allongea, toujours silencieuse, et Kara resta prostrée, assise, le visage dans ses mains, les coudes sur ses genoux, ses jambes serrées l’une contre l’autre.

Les deux chevaliers s’éclipsèrent.

-Nous savions que cela allait être difficile quand nous avons accepté cette mission, fit Nathaniel à son ami lorsqu’ils se retrouvèrent sur le pont.

-Je ne sais pas ce que cette Arme peut faire, mais j’espère que cela vaut la mort de cet homme !

 

Dans la même semaine, au Sanctuaire, fut élevée, dans le cimetière, une pierre de marbre en mémoire de Thomas, son visage sculpté dans la pierre.

Féristice et Félicitée entreprirent une longue élocution qui retraça la vie de l’homme, ils le firent avec une dignité sans égale, il était certain que les deux adolescents refoulaient leur chagrin, mais cela ne se vit pas pendant le service funèbre.

Le Grand Pope parla également, ainsi qu’Athéna qui s’adressa directement à Thomas comme s’il se trouvait parmi la foule qui s’était déplacée pour honorer sa mémoire.

Les jours suivants, une étrange torpeur s’abattit sur le Domaine, peut-être était-ce dû à la lourde chaleur de l’été ou bien au caractère étrange de cette mort soudaine, le fait était que beaucoup de gens et de chevaliers se mirent à discuter sur une guerre imminente, on sentait une peur froide et humide s’insinuer dans les rues de Rodorio. Les anciens du village s’attendaient à ce qu’ils avaient déjà connu. Les jeunes chevaliers, eux, allaient dans l’inconnu. Les plus jeunes, ceux de bronze, qui n’avaient pas encore gagné leurs armures, demandaient conseil à leur maître.

Ce fut également cette même semaine que revint Samson en compagnie de Paladin, le chevalier d’or du Lion, avec l’armure de bronze du Phénix. Il fut félicité par Athéna et le Grand Pope et il apprit, par la même occasion, la mauvaise nouvelle : la mort de Thomas Kido.

 

Un après-midi d’août, Samson se rendit à l’arbre, celui sur lequel ils montaient tous lorsqu’ils voulaient être ensemble, eux, les cinq chevaliers de bronze.

Là-bas, il trouva Félicitée, assise à califourchon sur une branche du cèdre, regardant au loin. Il grimpa le tronc afin de la rejoindre, elle était seule, silencieuse, les yeux fixes et rougis.

La jeune chevalier du Dragon avait pleuré.

Ses longs cheveux noirs, noués en queue de cheval, retombaient dans son dos qu’elle avait tout droit.

Samson ne fit aucun commentaires, il alla s’installer sur une branche à côté de la sienne, qui se trouvait au même niveau. Il regarda son visage, la jeune fille était terriblement belle, un visage ovale et net, mais tout sourire en avait disparu.

-Papa me manque, fit-elle sans regarder Samson. Et c’est d’autant plus difficile à supporter en sachant que je ne le reverrais plus jamais.

Elle avait dit cette phrase sur un ton posé, sans tremblement dans la voix, d’une manière qui faisait penser qu’elle avait bien compris que c’était fini.

Samson ne répondit rien, mais il lui prit la main.

Ils se tinrent la main comme cela en silence, leurs jambes se balançant dans le vide, leurs dix doigts emmêlés les uns avec les autres.

-Et toi ? Comment vas-tu ? lui demanda-t-elle.

-Je suis inquiet pour Daniel, je voudrais aller le délivrer, m’assurer qu’il va bien.

-Il ne se laissera pas faire ! Et nous, quand ce sera le moment, on ira se battre !

-Je suis déterminé !

-Moi aussi ! Qu’Artémis nous envoie ses Anges !! Elle va voir comment on va les recevoir ici !!

Ils s’étreignirent encore plus les mains.

 

Artémis se reposait, languissante, dans un petit temple à colonnades d’un jardin de l’Olympe, allongée sur un divan. La déesse jouissait du silence olympien de cet après-midi divin. Un sourire délicat sur les lèvres, les yeux clos, elle laissait un vent discret venir lui caresser le visage, faire onduler ses cheveux blonds. La pierre du temple retenait l’air frais.

La déesse pensait à son petit trésor, son scorpion qui avait dû se sacrifier pour sa cause, le petit animal avait fait un excellent travail, le descendant du chevalier Ikki était mort, son corps était en train de pourrir dans l’océan.

A cette pensée, le sourire de la déesse s’élargit.

Certes, les deux femmes risquaient de ne pas se laisser abattre, qu’à cela ne tienne, Artémis avait encore beaucoup de cartes dans son jeu.

Une biche passa par là, tranquille.

Des papillons et des abeilles se partageaient le pollen des milliers d’espèces de fleurs qui poussaient dans les environs.

Tout à coup, Artémis ne se sentit plus vraiment en paix, elle se redressa de son divan, regardant autour d’elle, elle s’assit, posant ses pieds nus et blancs sur le dallage froid du petit temple rond.

Quelqu’un venait d’entrer dans le jardin.

La déesse se leva, gracieuse dans sa longue tunique blanche et d’un chiton plus court fait d’un tissu plus transparent. Une main posée sur une des colonnes, Artémis parcourut des yeux le jardin silencieux, elle sentait bien une présence par-delà les pins parasols et les oliviers verts et argentés.

Et puis, elle le vit, avançant doucement, elle le reconnut sans peine bien qu’il eût beaucoup changé… Il ou elle… Car Yserdia avait évolué, sans conteste.

Artémis resta où elle était, fixant des yeux cet être refoulé, cet individu dont elle n’avait plus voulu lorsqu’elle avait compris son erreur.

Yserdia s’approcha, foulant l’herbe verte du jardin de ses pieds habillés d’un vêtement divin, une armure scintillant sous le soleil de l’Olympe, une armure qui recouvrait ses jambes jusqu’aux cuisses, ses bras, une partie de son torse, une ceinture maintenait en place un court chiton blanc. De magnifiques ailes dorées se déployaient dans son dos et une longue chevelure blonde et ondulée descendait en cascade le long de sa colonne vertébrale.

Artémis ne put s’empêcher d’être quelque peu impressionnée par la métamorphose de cet être.

« J’aurais dû le détruire quand j’en ai eu l’occasion » songea la déesse sans émotion.

-Je sais ce que tu penses, ma chère mère, fit Yserdia en s’arrêtant à quelques mètres de la déesse.

Les yeux d’Artémis se firent perçants.

-Alors comme cela, c’est vrai, tu existes toujours.

Une certaine tension s’installa tout de suite entre les deux êtres.

-Taranis et Dyster te sont très fidèles, mais ils ne sont pas assez discrets.

Artémis regarda plus en détail Yserdia, elle semblait lui trouver une certaine ressemblance avec un humain qu’elle connaissait et haïssait tout particulièrement.

-Comment peux-tu ressembler à ce Milan, ce descendant du chevalier du Cygne !?

Yserdia feinta un étonnement et ce fut ironiquement qu’il lui répondit :

-Oh mais, je ne te l’ai pas dit ? J’ai habité son corps pour me façonner et je me suis ensuite emparé de tout son esprit (Yserdia sourit d’une façon qui déplut grandement à Artémis). Je dois dire que je suis assez fier de ce que j’ai fait, tu m’as donné des facultés insoupçonnées, chère mère, ajoute à cela un soupçon des pouvoirs que comportait l’esprit de Camus du Verseau…Un cocktail détonnant !! Regarde un peu !! s’exclama fièrement Yserdia en exécutant un geste ample de ses deux bras autour de son corps, comme pour démontrer le résultat.

Les deux Anges d’Artémis, sentant leur Déesse dans une situation pénible, se matérialisèrent à ses cotés, prêts à la défendre.

-Que veux-tu ? Pourquoi es-tu toujours ici ? lui demanda-t-elle, agressive.

-Eh bien, j’ai l’intention d’aller m’emparer de l’Arme (Artémis ouvrit de grands yeux) et j’ai particulièrement bien préparé le terrain, je dois dire, fit Yserdia sur le ton de la conversation.

-De quoi parles-tu ?

-Je penses que tu seras heureuse d’apprendre que j’ai continué sur ta lancée, chère mère, j’ai, moi aussi, couché avec l’ennemi. Tes deux gardes du corps ont dû te rapporter que je m’étais permis d’enlever le jeune chevalier du Cygne ?

Artémis ne répondit rien, regardant Yserdia, méfiante.

Puis, les yeux d’Yserdia changèrent, le bleu de ses pupilles devint plus noir, plus ténébreux et menaçant et ce fut d’une voix grave qu’il dit :

-Ce jeune homme est mon fils, Artémis, et c’est un atout de poids, vois-tu !

Artémis accusa le coup.

-Tu as certes frappé très fort en supprimant Thomas Kido ! Mais moi, je possède un chevalier d’Athéna qui a certaines de mes facultés ainsi que celles des chevaliers de bronze ! Cet adolescent va me servir, devenir très fort et nous allons faire de grandes choses ensemble.

Artémis, toujours silencieuse, se dirigea doucement, non sans continuer de regarder Yserdia, vers une petite fontaine où se baignaient des moineaux et des hirondelles.

Ses Anges la suivirent.

Cette fontaine était un genre de petite cuvette montée sur un pied ouvragé, arrivant à la taille de la Déesse.

Les oiseaux s’envolèrent à son arrivée.

Yserdia s’approcha de la Déesse protégée par Taranis et Dyster.

Artémis jeta un regard de défi vers Yserdia, puis passa sa main au-dessus de l’eau de la fontaine, une image se matérialisa à l’intérieur de celle-ci et l’on y vit le yacht voguer tranquillement vers l’ouest. L’image fit ensuite un zoom vertigineux vers les locataires du bateau. On voyait Kara dans le salon en train de jouer du piano, le chevalier d’argent Aqualys surveiller l’horizon à la proue du bateau. A la poupe se trouvaient Nathaniel et Diane qui semblaient discuter.

Artémis leva les yeux vers Yserdia, l’image dans l’eau faisait briller le bas de leur visages et les rendait comme atteints de folie.

-Regarde ce dont est capable une Déesse !

D’un geste gracieux qui détonnait complètement avec la situation, Artémis passa sa main au-dessus de l’eau du petit bassin où dansait l’image du yacht et se mit à la faire tourner sans la toucher.

 

A la poupe du yacht, Nathaniel tentait d’entamer le dialogue avec Diane, cela semblait une entreprise sans succès.

-Diane…

La jeune femme avait son regard perdu au loin, triste, tourmenté, sa poitrine se soulevait en même temps qu'elle poussait de grands soupirs sans fin.

-Je vous trouve tous les après-midi ici, à ne rien faire, sans parler, à regarder l’est s’éloigner de nous… Je vous en prie, tournez votre visage vers l’avant, Diane, continuez d’avancer…Diane…

La jeune femme tourna doucement son visage vers le jeune chevalier d’argent.

-Quel avenir, Nathaniel ? Une quête dans laquelle nous risquons de laisser notre peau ? Pour quelle issue ? Des Dieux se battent pour s’accaparer une Arme comme s’ils se chamaillaient pour un nouveau jouet ? Mon frère est mort, Nathaniel !! Et Athéna n’a rien fait pour empêcher cela !!! En quoi je dois croire, maintenant ?!

Nathaniel posa sa main sur son cœur.

-En vous, Diane, en Kara, en votre frère et en tous ceux que vous avez laissés au Sanctuaire.

Diane allait répondre quelque chose quand un grondement se fit entendre au loin. Nathaniel tourna son visage vers l’horizon.

Des nuages menaçants, noirs, lourds, remplis d’éclairs jaunâtres s’entassaient.

Le jeune chevalier se leva.

Un vent vint secouer leurs cheveux.

-Allez vous mettre à l’abri, Diane.

La jeune femme se rendit dans le salon, quant à Nathaniel, il alla rejoindre Aqualys à la proue du yacht.

-C’est incroyable, le temps a changé en une fraction de seconde, lui dit son compagnon, le regard grave scrutant la masse de nuages sombre et imposante qui s’avançait vers eux.

Le bateau commença à tanguer sérieusement, l’eau gicla contre la paroi.

Les deux chevaliers se tenaient au bastingage.

-Nous allons essuyer une sacrée tempête !

Un flash violent éclaira la masse nuageuse et le coup de tonnerre s’ensuivit quelques secondes plus tard dans un brouhaha assourdissant.

Au-dessus d’eux, les nuages se formèrent à vue d’œil, masquant le ciel bleu. Les deux chevaliers se regardèrent, pensant la même chose.

-Cette tempête n’est pas ordinaire ! s’exclama Nathaniel dans le vent qui se mit à tournoyer brutalement autour d’eux.

Les éléments se déchaînèrent, les vagues devinrent plus hautes, dangereuses, le yacht les grimpaient comme un cheval sauvage galopant des montagnes charnues.

La température baissa soudainement et l’environnement s’assombrit. 

Le tonnerre claqua, les éclairs s’abattaient sur la colère océane.

-Rentrons dans la cabine de pilotage !! s’écria Aqualys.

Ils retrouvèrent Kara qui menait le yacht difficilement dans cet océan colérique, les mains tenant fermement la barre.

Diane se cramponnait à la boussole géante se trouvant vers les instruments de bord.

La pluie, finalement, s’abattit en trombe.

Le bateau était brutalement ballotté d’une vague géante à l’autre.

-Mes amis, priez pour que, cette fois-ci, Athéna ne nous fasse pas faux bond !fit Kara en empêchant que la barre ne tourne dans tous les sens.

Diane était complètement terrorisée, elle tentait de ne pas aller se fracasser la tête contre une vitre tant le yacht était secoué de droite à gauche. Par la fenêtre, elle voyait la pluie venir écraser le verre de la vitre et le vent essayer d’arracher tout ce qui pouvait se faire arracher sur le yacht. Abasourdie, elle vit passer, dans le chaos indescriptible dehors, la banquette qui se trouvait à la proue du bateau. Diane se tourna vers les autres et vit qu’eux aussi avaient vu la même chose qu’elle.

La foudre plongeait ses doigts sinueux chargés d’énergie dans l’océan et longeait, comme un système veineux fait d’une myriade de ramifications, les nuages épais et gonflés de pluie.

La barre dut être tenue à deux tant le vent et la houle étaient violents.

Les vagues venaient se jeter sur le yacht qui penchait comme un ivrogne au bord du coma éthylique.

 

Au Sanctuaire, Athéna, dans ses appartements, s’agenouilla au milieu de sa chambre et se mit à prier, une aura douce et dorée irradia de son être.

 

Sur le yacht, soudain la barre se stabilisa toute seule et quelque chose fit que le bateau se mit à traverser les vagues folles comme si c’étaient des draps de velours.

Kara et Nathaniel, qui la tenaient à deux, la lâchèrent et se regardèrent, étonnés. 

 

Sur l’Olympe, Yserdia eut un sourire en coin, satisfait.

-Il semblerait que quelqu’un ne soit pas prêt à vous laisser les détruire.

-Athéna, fit Artémis mécontente...

La Déesse repassa sa main au-dessus du bassin et l’eau redoubla son tournoiement, formant une spirale en son centre.

 

-Regardez !! s’écria Diane en pointant son doigt vers l’avant.

Tous regardèrent l’endroit qu’elle montrait et ce fut avec effroi qu’ils virent tous le maelstrom titanesque qui venait de se former.

-Nous allons passer un sale quart d’heure ! fit Aqualys. Cramponnez-vous !!!

Et ce fut dans un chaos de foudre, de vent et de pluie sauvage que le yacht s’engagea dans le tourbillon. Penché sur le côté droit, il longea les bras de la spirale, attiré et aspiré vers le centre.

-Il faut faire quelque chose !!! cria Diane.

-Et quoi ?! lui dit Nathaniel. Nos pouvoirs sont limités, jeune dame. Nous sommes des chevaliers, pas des Dieux !

Hélas, il avait raison, Diane dut se rendre à l’évidence.

 

Dans sa chambre, Athéna redoubla ses prières et s’adressa à sa sœur :

« Cesse ce jeu ! Tout de suite ! A quoi cela va te servir de tous les tuer ? » 

Sur l’Olympe, Artémis fulminait de colère.

Yserdia souriait.

 

Le yacht fut enveloppé dans une aura dorée, reposante et protectrice.

-C’est Athéna, elle nous protège !

-C’est pas trop tôt ! s’écria Diane.

Le tourbillon commença à disparaître, le yacht reprit doucement son cap et l’océan se calma. Les nuages de tempête se disloquèrent aussi vite qu’ils étaient arrivés et le soleil réapparut.

Le calme revint soudain après le chaos.

Les quatre membres du bateau regardèrent autour d’eux, n’arrivant pas à croire qu’ils venaient de frôler le naufrage qui aurait mis un terme définitif à leur quête. Puis, sans prévenir, ils furent tous entourés d’une aura dorée, la même qui avait protégé le yacht et la belle et douce voix d’Athéna se fit entendre :

« Vous avez tous été très courageux, je sais que cette quête est très éprouvante pour vous tous. »

Malgré l’amour qu’elle ressentait de la part de la Déesse, Diane ne put s’empêcher d’intervenir dans les propos d’Athéna :

-Eprouvante ?!! Pourquoi ne venir nous aider que maintenant ?! Thomas est mort et vous n’avez rien fait pour empêcher cela !!

Les quatre passagers du yacht regardaient autour d’eux, car la présence d’Athéna était partout sur le bateau :

« Je sais ce que tu ressens, Diane car je le ressens, moi aussi. Je ne pouvais rien faire pour ton frère, car Artémis aurait trouvé autre chose pour le tuer. Si cela n’avait pas été un scorpion, elle aurait envoyé un serpent ou bien elle aurait tenté de pervertir son esprit pour qu’il se noie. »  

-Pourquoi Tom ?

« Ne le sais-tu donc pas, Diane ? Tom était un pilier parmi vous, un meneur, un caractère fort. »

Diane comprit soudain.

-Elle l’a fait pour nous affaiblir ? Nous rendre vulnérables… Simplement pour cela ?

-C’est abject ! fit avec colère Kara.

« C’est d’autant plus abject que ma sœur ne s’arrêtera pas là. Je vous demande donc la plus grande prudence, ne faites confiance ni à vos rêves ni à ce que vous pourriez voir dans les jours prochain… Je sais que vous portez un lourd chagrin à l’heure actuelle et pour vous alléger un peu de ce poids, je vais aller chercher le corps de Tom au fond de l’océan et le ramener au Sanctuaire. »

Le regard de Diane s’illumina soudain comme si l’on venait de lui retirer une pierre énorme de la poitrine.

-Merci… Athéna.

Puis la présence Divine de la Déesse disparut.

 

Sur l’Olympe, Artémis pulvérisa le bassin d’eau où venaient se baigner les oiseaux, le son de l’explosion fit fuir les animaux qui se trouvaient dans les parages.

-J’ai de la chance que ta sœur soit une bonne protectrice, fit Yserdia les bras croisés. Je n’ai pas bien compris le but de ta manœuvre, chère mère ! Etait-ce de l’esbrouffe ?

-Sache pour ta gouverne que je suis plus forte que toi !

Yserdia lui sourit gracieusement :

-ça, on verra.

L'Ange lui tourna le dos.

-Ce petit interlude m’a bien plu, mais je dois te laisser, j’ai une Arme à dérober !

Yserdia disparut dans un tourbillon de vent.

-Vous allez me le surveiller… De très près ! fit Artémis à ses deux Anges.

 

Kara vérifia les instruments de bord et fut soulagée de voir que cette tempête ne les avait pas trop déviés de leur objectif. Le yacht continua donc sa route.

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 


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