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Saint Seiya (Les Chevaliers du Zodiaque)



La Treizième Armure-Livre 2-Les cieux attendront   Auteur: Galatee Vue: 780
[Publiée le: 2008-02-06]    [Mise à Jour: 2008-11-02]
AP Action-Aventure/Drame/SupernaturelCommentaires: 39
Description:
Hideaki et ses amis sont arrivés au Sanctuaire avec la statuette et la fameuse arme portant le nom de "La Treizième Armure" qui n'est autre que le médaillon "Yours Evers" censé avoir disparut lors de la guerre contre Hadès.
Oleg, le père de Milan, est lui aussi arrivé au Domaine Sacré avec la petite Déesse Athéna, sans savoir que son propre fils, Milan, à découvert sa véritable identité.
Ikki patiente dans les mines de Jade, ayant en sa possession le dernier fragment de la statuette, cette statuette qui détiens le véritable secret de l'arme.
Un autre voyage attend Hideaki et ses amis et une autre bataille se prèpare pour la futur chevalerie de la Déesse Athéna.

MAJ: Chapitre 17 en ligne.
Bonne lecture!
Crédits:
Les personnages Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada. Cette fanfiction est Copyright Galatée.

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Commenter: Dans les jardins du Palais

Dans les jardins du Palais

[3149 mots]
Publié le: 2008-07-06Format imprimable  
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Chapitre 8

 

 

 

 

Dans les jardins du Palais

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Deux prunelles d’un vert incroyablement lumineux suivaient le pinceau glisser sur la toile. D’un geste bref de la tête, la jeune fille ramena sur le côté une mèche descendue devant ses yeux couleur émeraude. Une main délicate et fine tenait le pinceau, le trempait dans la peinture et revenait tracer un trait, une courbe. Ses longs cheveux noirs comme l’ébène tombaient en cascade dans son dos en un dégradé harmonieux et la lumière du soleil jouait à en faire ressortir des reflets bleutés.

Un visage parfait, des lèvres fines, un corps de déesse, la jeune adolescente de seize ans restait très concentrée sur ce qu’elle était en train de peindre : l’entrée des jardins du Palais, avec son arche fleurie, sa haie d’honneur parsemée de roses de toutes les couleurs et de lilas odorant.

La jeune fille releva un peu son pinceau de la toile, se leva de son tabouret pliant en bois et recula afin de contempler sa toile dans son ensemble. Elle resta là un instant, un délicieux sourire discret étirant légèrement le coin de ses yeux verts, penchant la tête sur le côté dans une posture songeuse et un peu comique.

-Encore une œuvre magnifique.

La jeune fille, simplement habillée d’un jean et d’un t-shirt aux couleurs de l’arc-en-ciel, se retourna vers la voix. Dans son mouvement, ses cheveux couleur ailes de corbeau ondulèrent avec grâce comme les vagues de l’océan et certaines mèches tombèrent en cascade devant son épaule gauche.

Ses yeux s’illuminèrent encore plus lorsqu’elle vit la personne qui s’approchait d’elle ; le Grand Pope, à visage découvert. Aiolos avait pris quelques rides en quinze années, mais son charme et sa prestance n’avaient subi aucun dommage sur le long terme.

Il était aussi accompagné d’Hideaki et Opalline était encore plus ravie de voir son grand frère.

Elle posa son pinceau sur sa palette de couleur et se jeta dans les bras d’Hideaki.

Celui-ci, surpris et heureux, la serra contre lui.

Attendri par ce moment privilégié, le Grand Pope ne fit aucun commentaire.

Hideaki allait sur ses trente-cinq ans, les années avaient marqué son visage de cicatrices indélébiles, des années à s’inquiéter pour ses enfants, pour son ami Milan qui n'était jamais réapparu, ni corps ni âme. Un visage marqué par les longues heures de travail au Palais, Galec ayant été relégué au rang de porte-parole vers l’extérieur, Hidy était devenu le Premier Ministre du Grand-Pope. Il put, de cette manière, avoir le privilège de voir grandir sa sœur, Opalline, qui se trouvait être également la déesse Athéna, chose que Hidy trouvait très singulier comme situation. Mais il adorait la jeune adolescente. Eveillée, intelligente, douce et généreuse, Opalline souriait à la vie comme on sourit à la vue d’un gros paquet cadeau emballé dans du papier doré. Elle connaissait les richesses de ce monde, ces richesses qui embellissent l’esprit et l’âme. Elle savait où trouver l’esprit des gens, les accueillir à bras ouvert et leur sourire généreusement. Opalline avait l’esprit ouvert et donnait sans compter.

Dans sa plus tendre jeunesse, vers ses dix ans, elle avait été plus rebelle et intrépide, s’évadant du Palais à plusieurs reprises pour aller se promener dans les rues du village de Rodorio et s’amuser avec les enfants de son âge. Mais à quatorze ans, son éveil à sa nature divine mit un terme à ses sautes d’humeur et la jeune fille prit soudain très au sérieux son nouveau statut, elle y avait été préparée depuis longtemps déjà.

-Comment vas-tu, mon grand frère adoré ?

Hidy contempla le visage rayonnant d’Opalline, essayant, comme souvent à chaque fois qu’il la voyait, de retrouver les traits du visage de sa mère Liliane, mais il pouvait s’évertuer à chercher, aucune ressemblance ne trahissait son lien avec Lily Kido, ce qui, dans un sens, ne le surprenait guère.

-Je vais bien, petite sœur, lui dit-il avec un pauvre sourire.

Opalline n’avait pas l’air convaincue, elle fit une moue dubitative qui montrait sur son visage combien elle était encore jeune.

-Je n’en suis pas si sûre.

-Hideaki a eu beaucoup de travail ces temps-ci, lui dit Aiolos pour la rassurer.

-Oh ! Pardonnez mon indélicatesse, Majesté, je ne vous ai même pas salué ! fit la jeune adolescente en se penchant devant lui.

-N’en faites rien, ma chère enfant, vous êtes excusée.

-Tu as encore peint une toile superbe, dis-moi ? fit avec admiration Hidy en s’approchant du chevalet qui portait une toile peinte à l’huile.

-Merci de ton compliment, Hidy, fit la jeune fille rougissante. Je peins avec mon cœur et mon âme.

-C’est pour cela que vos peintures sont si belles, mademoiselle, lui dit le Grand-Pope en s’inclinant. Je vais vous laisser, jeunes gens, je retourne au Palais, des affaires m’attendent. Passe une bonne fin de journée, Hideaki.

-Je repasserai au Palais tout à l’heure.

-Je préfère que tu te reposes, ta sœur a raison, tu as l’air très fatigué.

La jeune fille hocha la tête pour appuyer les dires du Grand Pope.

-Très bien, à demain alors.

Aiolos prit congé et quitta les jardins.

Opalline prit Hidy par le bras en prétextant vouloir lui montrer quelque chose.

 

A la villa, une porte claqua violemment à l’étage.

-Inutile de le prendre de cette manière, Daniel !!! hurla Diane depuis le rez-de-chaussée.

-C’est quoi, tout ce tintouin ? s’enquit Kara qui sortait du bureau dans lequel elle travaillait.

La jeune fille avait bien changé, elle avait fait couper ses cheveux bruns jusqu’à la nuque et portait désormais une franche effilée sur son front large, ce qui rendait plus grave son visage.

Kara allait sur ses quarante-deux ans et Diane, sur ses quarante et un, et toutes deux ne vieillissaient pas de la même manière, Diane en paraissait cinq de plus, tant Daniel lui avait procuré de tracas.

-Cet enfant va me tuer à petit feu, fit Diane d’un ton presque éteint. On les a encore retrouvés dans cet arbre.

-Tous les cinq ?

Diane hocha la tête.

A ce moment-là, les jumeaux pointaient leur nez dans l’entrée.

Kara les observa un instant.

-Désolé…

-On est désolés, maman.

Tom apparut derrière eux.

-Dans vos chambres ! leur ordonna-t-il.

Félicitée et Féristice prirent les escaliers et disparurent à l’étage.

Kara n’était pas du tout en colère contre eux, par contre, une fois encore, elle ne comprenait pas la sévérité de son Tom.

-Tu es trop sévère avec eux, Tom ! Je te l’ai déjà dit !

-Sur ce point-là, on est tous les deux en complet désaccord !

Tom se dirigea vers la cuisine. Diane, quant à elle, partit s’allonger dans une chaise longue sur la terrasse, elle avait l’air dans tous ces états.

Kara alla rejoindre Thomas dans la cuisine.

Tom se servit un verre de jus d’orange.

De son côté, Thomas s’était embelli avec les années, il allait sur ses quarante et un ans, avait un corps d’athlète et un charme ravageur. Toujours aussi rouquin, il avait encore sa longue mèche rebelle entre ses yeux bleus francs et directs.

-Ne me dis pas encore une fois que je joue mal mon rôle de père ! dit Tom à Kara en la pointant du doigt.

-Je n’ai pas dit ça, fit-elle en haussant les épaules. Et je te signale que je me suis excusée de t’avoir lancé ça à la figure la dernière fois.

Tom avala son jus d’orange par deux grandes gorgées et posa le verre dans l’évier.

-Qu’est-ce qui te pousse à agir ainsi, Tom ? lui demanda une Kara toute douce et compatissante.

Les bras croisés sur son large torse, Thomas poussa un long soupir.

-Trois d’entre eux sont déjà chevaliers de bronze, Kara.

-Je le sais et j’en suis très fière.

-Que va-t-il se passer le jour où ils devront vraiment partir au combat ?

-Ils en reviendront, j’en suis sûre.

-Et s’ils ne reviennent pas ?

Le regard de Kara devint soudain douloureux.

-J’essaie de ne pas y penser et de rester positive, Tom… Fais de même.

-Je n’y arrive pas !

Kara vit les yeux de Tom briller.

Elle s’approcha de lui et lui prit les mains.

-Nous le savions, nous avons accepté notre destin, rappelle-toi.

Thomas détourna son regard de Kara.

-Ce ne sont encore que des gosses, fit Tom bouleversé bien malgré lui...

-Je le sais, mon amour (Kara le serra très fort dans ses bras)... Je le sais…

Le couple s’étreignit un long moment, le visage de Tom plongé dans l’épaule de Kara.

A l’étage, on pouvait entendre des petits coups étouffés.

Daniel avait une balle de tennis dans sa chambre et il s’amusait à la faire rebondir contre le mur.

Tom et Kara levèrent la tête.

-Daniel est nerveux, fit cette dernière.

Elle reposa ses yeux sur Tom et caressa son visage.

-Je comprends ta colère, mais les empêcher de faire ce qu’ils ont envie n’est pas une solution, on doit les laisser respirer.

Tom pouvait comprendre ça.

-Je vais parler à Diane, fit-elle en l’embrassant sur la bouche. Ca va aller ?

Tom hocha la tête.

La jeune femme quitta la cuisine pour se diriger sur la terrasse.

Diane se retourna en entendant la porte-fenêtre coulisser.

-Je sens que tu vas me faire la morale, toi, fit-elle, désabusée alors que Kara venait s’asseoir à côté d’elle.

-Comment tu vas ?

-Je l’ai giflé… Je n’avais jamais porté la main sur lui auparavant.

Kara lui prit la main.

-Il part pour la Sibérie la semaine prochaine… Il n’est pas prêt !

-Tu n’en sais rien.

-Je ne veux pas qu’il soit prêt, Kara ! Je ne veux pas qu’il parte ! Qu’elle se débrouille sans lui, cette Athéna !!

-Et Samson ? Tu y as pensé ?

Diane fit l’étonnée, comme si Kara venait de prononcer un nom inconnu d’elle.

-Samson ?

-Oui, Samson. Comment crois-tu qu’il se sente, cet enfant ? Tu attaches beaucoup plus d’importance à Daniel qu’à lui !

-Mais Daniel est quand même le fils de Mi…

Diane s'interrompit de justesse.

Surprise, Kara comprit que la jeune femme avait failli donner l’identité du père de Daniel.

-Je sais que tu n’as jamais voulu nous dire qui était le père de Daniel et c’est ton droit le plus libre, mais il n’en reste pas moins que tu as eu un second enfant et que le père n’est autre que le chevalier d’or du Lion, et Samson a autant besoin de toi que Daniel.

Diane n’en pouvait plus, voilà quinze ans qu’elle gardait ce secret en elle et jamais plus, depuis, elle n’avait revu l’amour de sa vie, Milan.

Qu’avait-il bien pu devenir ?

Où était-il allé ?

Etait-il toujours en vie ?

-Tu m’entends, Diane ?

La jeune femme posa ses yeux bleu mauve sur son amie Kara.

-C’est promis, je ferai plus attention à Samson désormais.

 

Ces quinze dernières années, bon nombre d’enfants étaient partis dans les différents centres d’entraînement appartenant au Sanctuaire, certains partirent en Bolivie, d’autres en Suisse, au Népal ou en Nouvelle-Zélande. Seuls les enfants d'Hideaki et ses amis avaient fait leur apprentissage au Sanctuaire.

Pour quelle raison ?

Le site dans les plaines de Sibérie n’existait plus, Camus décédé lors de la dernière guerre, personne n’avait repris le flambeau pour entretenir l’endroit. Bien que l’armure du Cygne y soit retournée (comme les autres dans les différents endroits) pour se régénérer et attendre d’être délivrée par son prochain successeur, le village où avait vécu Hyoga du Cygne pendant son apprentissage fut déserté lors du siècle suivant la dernière Guerre Sainte.

Comme nous le savons, le lieu d’entraînement de Shiryu, les Cinq Pics en Chine, fut préservé par Itsuya Kido, mais là aussi, personne ne put reprendre les rènes du site après son départ.

L’Ile d’Andromède, rappelez-vous, fut presque entièrement détruite par le chevalier du Scorpion, Milo, lors de la Bataille du Sanctuaire, tandis qu'Albiore, le maître de Shun, avait été assassiné par Aphrodite, chevalier des Poissons. Par la suite, l’île fut désertée et là aussi, excepté l’armure de bronze d’Andromède qui retourna au fin fond de l’Océan, personne ne revint entretenir le site.

L’île annexe de l'île de la Reine Morte, le lieu où Samson devrait obtenir son armure. avait connu le même destin ; Ikki ayant tué son propre maître et par la suite, dans son erreur, ayant terrorisé les habitants, l’île fut oubliée, laissée à la Nature où elle reprit ses droits.

Le Sanctuaire lui-même, site d’entraînement du chevalier Pégase, faillit connaître le même sort, comme si la fatalité avait cherché à faire disparaître presque tous les sites qui accueillirent les cinq chevaliers sacrés d’Athéna.

C’est pour cela que le Grand Pope, cette fois-ci, préféra que les cinq enfants s’entraînent au Sanctuaire durant les sept ans d’apprentissage.

Mais cela n’excluait pas qu’ils devaient se rendre quand même là où les Armures de Bronze dormaient depuis la dernière Guerre Sainte.

L’armure du Cygne reposait dans un glacier imprenable, incassable, que seul le vrai successeur de Hyoga pourrait fendre par la seule force de ses poings et de son cosmos.

L’armure du Phénix attendait son successeur au fond d’un cratère sur l'île proche de l'île de la Reine Morte, un cratère toujours en activité, un cratère que devrait descendre par ses propres moyens celui qui voudrait s’approprier l’armure de bronze. Le futur chevalier devrait prouver sa résistance, son endurance, sa détermination, montrer qu’il pouvait garder espoir même en des moments éprouvants et sombres.

L’armure d’Andromède patientait au fond de l’Océan Indien, au pied d’un rocher autour duquel le futur successeur de Shun devrait être enchaîné et subir le supplice de la jeune Andromède à la différence près que le jeune futur chevalier ne devrait pas attendre un monstre horrible, mais se libérer des chaînes avant que la marée ne l’engouffre et le noie.

L’armure du Dragon dormait, elle, au fond de la cascade de Rozan et son futur détenteur devrait, par la force de son cosmos et de sa foi, faire remonter le cours de l’eau de la cascade. Un prodige qui défiait les lois de la physique et de l’apesanteur.

Comment, alors, ces cinq jeunes gens pouvaient-ils prétendre aux différentes armures de bronze sans avoir connu pendant sept ans les durs climats des cinq sites (quatre en l’occurrence, car le climat de la Grèce n’était pas vraiment difficile à vivre) ? Tout simplement en allant y vivre la dernière semaine de leur apprentissage par leurs propres moyens en compagnie de leurs maîtres respectifs.

Lauryn connut les froides nuits de l’île d’Andromède et ses journées lourdes de chaleur sans pluie.

Félicitée, elle, apprit à vivre pendant une semaine dans la région des Cinq Pics en Chine en pleine transition automne/hiver.

Daniel, lui, allait devoir affronter les froids glaciaux de la Sibérie, les tempêtes de glace (portant le nom de « Poussières de Diamant » comme l’une des techniques de combat du chevalier du Cygne), la soif, la faim, les lèvres gercées, la peau sèche. Le jeune homme allait devoir comprendre le froid avant d’avoir le droit de s’attaquer au glacier où était enfermée l’armure du Cygne. Si le prétendant à l’armure n’arrivait pas à s’accoutumer au froid pendant huit jours, alors son maître pouvait très bien prendre la décision de rallonger l’expérience d’une semaine ou bien d’arrêter tout net l’apprentissage sans que le futur chevalier n'eût pu délivrer l’armure de son glacier.

Bien qu’il se trouvât au Sanctuaire même, Féristice n’en eut pas moins un dur apprentissage, le soleil pouvait taper très dur en haute saison d’été.

Samson, quant à lui, se préparait déjà à aller vivre une semaine sur son lieu d'entraînement, qu’il savait rude et sans pitié.

L’épreuve de l’armure n’était pas ce que devait le plus redouter les cinq adolescents, mais bien ce qui précédait cette épreuve.

 

Katarina se leva du banc situé près d’une haie de roses blanches lorsqu’elle vit arriver Aiolos près d’elle. Le Pope et la nurse se regardèrent un instant, dans leurs yeux l’on pouvait lire la passion, l’amour et l’adoration.

Aiolos prit l’une des mains de la femme et la baisa délicatement.

-Mince alors !

Opalline se baissa soudain et alla se cacher derrière une haie de mini-genévriers. Hidy la suivit.

-Qu’est-ce que tu fais ?

-Regarde ça !

La jeune adolescente et son frère virent au travers des branches de la haie le Pope et la nurse officielle d’Opalline échanger quelques mots silencieux et s’embrasser doucement.

-Tu savais que le Pope avait une idylle avec ta nourrice ? chuchota Hidy.

-J’avais entendu dire qu’il en pinçait pour elle mais je ne les avais jamais vu ensemble comme ça.

Hidy recula.

-Nous ne sommes que deux voyeurs impolis…Ce n’est pas digne d’une jeune fille de ton rang.

Elle regarda son frère d’un air moqueur.

-Tu es devenu trop sérieux… Je suis contente pour eux deux, fit-elle avec assurance et sincérité.

Hidy offrit son bras à sa sœur et ils continuèrent leur promenade dans les jardins du Palais.

 

Le soleil vint enflammer la Méditerranée et trois petits coups brefs retentirent à la porte de chambre de la jeune Félicitée, qui reconnut leur auteur :

-Entre, maman.

Félicitée, assise devant sa coiffeuse, une brosse à la main, vit sa mère entrer et se diriger vers elle.

Kara alla s’asseoir à ses côtés.

-Tu viens me mettre les points sur les "I" ? lui demanda-t-elle d’un air taquin.

Kara lui sourit tendrement en lui caressant les cheveux.

-Non… Je n’ai jamais été contre que vous montiez dans cet arbre… Ton père se fait du souci pour vous.

Félicitée ramena ses longs cheveux couleur marine sur son épaule droite et reprit son brossage.

-Je sais qu’il pense que nous ne sommes pas conscients de notre destin, fit Félicitée simplement. Mais il se trompe, même Daniel en est conscient.

-Il a peur. La peur fait faire des choses idiotes.

-Papa a pourtant un caractère bien trempé, il ne devrait pas aller à notre encontre, au contraire, il devrait nous soutenir.

-Il ne veut pas vous voir partir.

Félicitée regarda sa mère droit dans les yeux.

Kara se surprit à penser que son regard ressemblait tant à celui de son père, il y a quinze ans à peine.

-Entre nous, maman, ce qu’il doit craindre n’est pas notre départ, mais le vôtre.

Kara en resta interloquée.

 

Daniel était descendu boire un verre de lait dans la cuisine quand Diane apparut à l’entrée de celle-ci.

La fils et la mère se regardèrent un instant.

Dans les yeux de Daniel, il y avait de l’amertume.

Dans ceux de Diane, de la peur et de la gêne.

-Ecoute, je…

-Laisse-moi, maman !

Le jeune garçon posa brutalement son verre sur la table et sortit de la cuisine.

-Daniel !

Diane ne sut retenir son fils qu’elle vit remonter à l’étage en montant les escaliers quatre à quatre.

La jeune femme cacha son visage dans ses mains et éclata en sanglots.

 

     


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