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Saint Seiya (Les Chevaliers du Zodiaque)



La Treizième Armure-Livre 2-Les cieux attendront   Auteur: Galatee Vue: 776
[Publiée le: 2008-02-06]    [Mise à Jour: 2008-11-02]
AP Action-Aventure/Drame/SupernaturelCommentaires: 39
Description:
Hideaki et ses amis sont arrivés au Sanctuaire avec la statuette et la fameuse arme portant le nom de "La Treizième Armure" qui n'est autre que le médaillon "Yours Evers" censé avoir disparut lors de la guerre contre Hadès.
Oleg, le père de Milan, est lui aussi arrivé au Domaine Sacré avec la petite Déesse Athéna, sans savoir que son propre fils, Milan, à découvert sa véritable identité.
Ikki patiente dans les mines de Jade, ayant en sa possession le dernier fragment de la statuette, cette statuette qui détiens le véritable secret de l'arme.
Un autre voyage attend Hideaki et ses amis et une autre bataille se prèpare pour la futur chevalerie de la Déesse Athéna.

MAJ: Chapitre 17 en ligne.
Bonne lecture!
Crédits:
Les personnages Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada. Cette fanfiction est Copyright Galatée.

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Commenter: L'arbre

L'arbre

[3692 mots]
Publié le: 2008-06-28
Mis à Jour: 2008-07-06
Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)

Seconde Partie

 

 

Liaisons

 

 

 

 

Chapitre 7

 

 

 

 

L’arbre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Assis sur le plus haut sommet du monde, Yserdia contemplait la Terre telle qu’elle était : grandiose, magnifique, diverse. Seul point noir à ce tableau : l’Homme.

Cet insecte ne s'avérait pas digne d’habiter cette planète, il la dénaturait, l’épuisait, la détruisait.

Yserdia avait l’intention de rayer l’homme de la surface de cette belle planète pour en faire un endroit où les Anges de l’Olympe pourraient enfin avoir un endroit à eux.

« Alors, c’est donc ça ? C’est pour cela que tu désires tant cette Arme ? »

-Mon pauvre Milan… L’Olympe sans ses Anges… Je pourrais lever une armée entière pour combattre les Dieux et ma mère chérie !

Yserdia avait particulièrement bien appuyé sur les deux derniers mots d’un ton haineux et dédaigneux.

« Et je suppose que tu as l’intention d’enlever le jeune Daniel pour le prendre sous tes ailes ? »

-Tu as tout compris ! Il a grandi et est devenu très fort et très beau !

« Tu n’y arriveras pas ! Diane le surprotège et tu sais très bien qu’il a des problèmes psychologiques ! »

-Comme toi, je te le rappelle ! Aujourd’hui, regarde-toi ! Réduit à un semblant d’âme se débattant dans les ténèbres !

Milan se tut, Yserdia le sentit se recroqueviller dans les coins sombres de son esprit.

Quelle délectable sensation... Offrant son visage d’androgyne au ciel blanc, Yserdia se mit à rire à gorge déployée… Et son rire se répercuta sur les hautes montagnes environnantes et son écho glissa jusque dans les plaines du Tibet où il donna la chair de poule à un autochtone marchant sur un petit chemin de terre dure.

 

-Allez, frappe !! Frappe ! Frappe encore !! Allez ! Donne tout ce que tu as ! Je veux te voir dépasser Daniel !! Continue !!

Le jeune adolescent donnait des coups de pied latéraux dans un panneau épais fait de bois tenu par un jeune homme accroupi derrière.

Ses coups de pied, assez violents, émettaient de puissants bong retentissants qui résonnaient dans toute l’enceinte du Colisée. A chaque coup donné, l’homme derrière le panneau se forçait à ne pas reculer sous les assauts des chocs violents portés par le jeune adolescent ruisselant de sueur.

-Je ne sens rien, Daniel !! C’est quoi, ça !! Des coups de pied dans un tas de sable ?!! s’écria le jeune homme accroupi derrière le panneau. Je veux t’entendre !! Exprime-toi !! Fais sortir ta force, mon garçon !! Fais appel à ton cosmos !! Allez !!

Le jeune Daniel redoubla d’efforts, poussant un cri à chaque coup de pied dans le panneau, les poings serrés, la rage au ventre. Le panneau de bois était marqué du creux des coups qu’on lui donnait sans ménagement. Il avait mal à la jambe, mais cela lui était égal, il devait se dépasser !

David, chevalier d’or du Verseau, commença à encaisser les coups de son jeune apprenti plus durement, ses pieds reculaient de quelques millimètres. Il vit les yeux bleus de Daniel s’illuminer d’une lumière blanche.

« Vas-y, mon grand… Va le chercher, ce cosmos ! »

Daniel se sentit soudain beaucoup plus fort, plus libre, un froid étrange l’enveloppa et il eut la sensation que son corps devenait léger. Il ne sentait plus la douleur dans sa jambe, il frappa de plus en plus fort sans s’en rendre compte et quelque chose se déploya en lui. L’Univers entier vint à lui, son cœur explosa de puissance, le jeune homme se sentit soudain immense et ce fut à ce moment-là qu’il donna un ultime coup de pied qui brisa dans un millier de copeaux la planche que tenait son maître David.

Celui-ci lâcha le panneau et tomba sur le derrière dans la poussière.

Dans son élan, Daniel tourna sur lui-même et tomba lui aussi dans la poussière, ventre à terre, complètement essoufflé.

Le chevalier d’or du Verseau sourit au ciel bleu de cette matinée, la planche de bois épaisse en miettes autour de lui. Son apprenti avait enfin réussi à sortir de ses gonds, son cosmos avait jailli de lui comme une tornade, il entendait le jeune homme tenter de reprendre son souffle.

-Alors ? Comment tu te sens ? lui demanda-t-il, toujours allongé, les yeux scrutant le ciel.

-Fichez-moi… La paix… lui répondit-il sur un ton haletant.

David sourit de plus belle.

Réflexion qui voulait dire que le jeune homme avait adoré.

-Mais vous êtes cinglé ?!!

Le chevalier d’or du Verseau se redressa subitement et tourna la tête vers la voix derrière lui.

-Génial, fit-il à mi-voix, en voyant une femme en robe pourpre arriver vers eux en courant. Voilà maman....

Daniel tentait de se mettre à genoux, les mèches humides de transpiration de ses cheveux châtains tombant devant ses yeux bleus clairs.

-Vous-voulez me le tuer ?!! s’écria la femme en passant devant le chevalier d’or du Verseau qui resta là sans rien dire, accoutumé aux venues périodiques de Diane.

Celle-ci alla aider son fils à se relever.

-J’vais bien, maman, lui dit-il en se mettant à genoux, tournant le dos à son maître d’apprentissage...

Diane jeta de longs regards de reproches à David qui resta de marbre devant les assauts de Diane.

-Vous savez, ce qu’il vit aujourd’hui n’est rien en comparaison de ce qu’il va connaître pendant ses véritables combats contre le Mal.

Diane avait les bras autour des épaules de Daniel.

-Je le sais, ça ! Vous me le répétez sans arrêt ! lui cracha t-elle à la figure.

Diane embrassa son fils sur la joue en ramenant en arrière les mèches de ses cheveux.

-Ca n’a pas l’air d’imprégner votre cerveau, murmura David entre ses dents.

-Qu’est-ce que vous avez dit ?

David se remit sur ses pieds.

-Vous ne pouvez pas continuer à venir interrompre l’entraînement de votre fils à tout bout de champ ! Je vous signale que la semaine prochaine, il doit passer l’épreuve qui lui permettra d’endosser l’armure du Cygne, et pour cela, nous devrons partir pour la Sibérie !

-Je le sais et je viendrai avec vous ! fit-elle levant les yeux vers lui.

-Pardon ?!! s’exclama David en faisant des yeux ronds abasourdis, les mains sur les hanches.

Daniel regarda sa mère, également étonné.

-Vous plaisantez ?!

-Absolument pas !

David poussa un soupir.

-Très bien, le Grand Pope Aiolos risque de ne pas vraiment le prendre bien.

David ramassa les quelques débris de la planche de bois. Daniel se retourna vers lui, le questionnant du regard.

-Entraînement terminé pour aujourd’hui, lui dit-il simplement avant de s’éloigner.

-Attendez ! s’écria le jeune homme en se relevant.

Mais le chevalier d’or du Verseau lui fit juste un signe en disparaissant dans l’ombre de l’arcade du Colisée.

-Maman ! objecta Daniel en reportant son regard vers sa mère. Pourquoi faut-il toujours que tu viennes ?!!

-Mais regarde-toi ! Tu es épuisé ! lui dit-elle en entourant le visage de son fils de ses mains.

Daniel se dégagea sans ménagement et recula.

-Je ne me suis jamais aussi bien senti de toute ma putain de vie !!! lui cria-t-il.

-Daniel !!!

Mais le jeune adolescent courait déjà vers la sortie du Colisée, laissant sa mère seule.

 

Quinze ans s’étaient écoulés depuis le jour où Itsuya avait appris qu'elle était enceinte, nous étions en deux mille quatre cent deux et un été radieux montrait le bout de son nez.

En quinze années, le Sanctuaire s’était vu étoffé de toute une flopée de nouveaux chevaliers d’argent et de bronze, la caste chevalière du Domaine sacré se trouvait quasiment au complet, il restait encore quelques chevaliers de bronze qui étaient sur le point d'obtenir leurs armures.

Il y avait une animation au Domaine digne des grands jours, cela rappelait des souvenirs d’antan à Aiolos, fier et heureux de retrouver la digne armée de sa déesse Athéna et cette génération allait être formidable.

 

De là où il était, il pouvait contempler toute la campagne grecque, un vrai plaisir pour les yeux et pour l’esprit. La Grèce, ses montagnes escarpées, ses valons, la couleur argent des champs d’oliviers. Assis sur la plus haute branche d’un cèdre du Liban, Daniel laissait son regard se perdre dans ce paysage de rêve, laissait le silence l’imprégner, le vent faisait grincer les branches de l’arbre, l’odeur du bois et du feuillage lui montait à la tête et il adorait ça. Des tâches de soleil apparaissaient sur son visage d’adolescent. Il repensa à ce qu’il venait de vivre, cette sensation de puissance, de pouvoir, ce cosmos qu’il avait en lui et qu’il avait enfin réussi à faire surgir de son esprit. Il se souvenait de ce froid qui l’avait entouré et de l’appel de l’Univers, il avait vu des étoiles scintiller en lui et une constellation l’accueillir en son sein, celle du Cygne.

Quel merveilleux pouvoir !

Daniel voulait le ressentir une fois encore.

Il tendit sa main devant lui, paume en l’air et se concentra un long moment, jusqu’à ce qu’il ressente cette sensation de froid à nouveau. Au début, il ne se passa rien, puis une onde de froid s’insinua en lui, parcourut son bras, son poignet et sa main. Un mini-tourbillon se créa dans celle-ci et des cristaux de glace s’envolèrent dans l’air environnant, des cristaux légers et aériens. Daniel observa ces cristaux de glace se déployer devant lui et, d’un geste vif, les projeta sur sa droite.

Une partie de la branche sur sa droite fut gelée instantanément.

Le jeune adolescent regarda sa main, puis la branche, puis encore sa main.

Il connaissait les techniques de combat du chevalier du Cygne, il les avait apprises, mais jusqu’à maintenant, il n’avait jamais pu s’en servir en pratique.

Toute cette semaine, il allait devoir redoubler d’efforts s’il voulait gagner son armure du Cygne.

-Et il n’est pas question que maman vienne avec nous, se murmura-t-il en regardant toujours sa main.

-Hé !?

Daniel baissa le regard vers la voix, il vit un jeune garçon aux cheveux couleur prune lui faire des signes depuis le sol.

-Qu’est-ce que tu veux, Samson ?

-Maman te cherche.

-Je sais.

-On t’attend pour déjeuner.

-Ce sera sans moi.

-Elle ne va pas aimer ça.

-Je n’en ai strictement rien à faire !

Samson secoua la tête et entreprit d’escalader le tronc de l’arbre afin de rejoindre son frère.

Agacé, Daniel ne l’aida même pas à venir jusqu’à lui.

-Est-ce que c’est vraiment nécessaire ? lui demanda-t-il lorsque Samson arriva sur la branche où il se trouvait.

-Quelle vue magnifique ! s’exclama le jeune adolescent en prenant place confortablement, ignorant la question de Daniel.

Les deux frères se regardèrent un instant.

-Freluquet ! lui dit Daniel en lui souriant.

-Tu peux parler, je suis plus grand que toi.

-Peut-être, mais c’est moi qui ai un an de plus que toi.

Samson haussa les épaules.

-Qui s’en soucie ?

-Moi ? fit Daniel sur un ton faussement évident.

Un pied sur la branche, l’autre jambe pendant dans le vide, Samson fit glisser ses yeux bleus foncés autour de lui.

-Maman est encore venue pendant ton entraînement ?

Daniel hocha la tête.

-Elle commence à me fatiguer ! Et tu connais la dernière (Samson fit non de la tête) ? Elle veut venir en Sibérie avec David et moi, pour mon épreuve !

-Ecoute, Dany...

-Ne m’appelle pas comme ça !

-Ecoute, faut la comprendre aussi, elle te protège, elle ne te veut que du bien, elle veut que ton père soit fier de toi.

-Tu parles ! Je le connais même pas !

Les deux adolescents laissèrent la place au silence.

Daniel ruminait comme d’habitude, il était rarement de bonne humeur ces temps-ci, songea Samson. Et à bien y réfléchir, Daniel n’était jamais de bonne humeur, il paraissait constamment en guerre contre lui-même et contre le monde entier. Leur mère mettait cela sur le compte de la crise d'adolescence, mais Samson, côtoyant son frère d’une manière différente de leur mère, sentait que l’esprit de rébellion de Daniel venait d’autre chose.

-Un lâche ! fit soudainement Daniel.

-Comment ?

-Mon père. Un lâche, pour avoir laissé maman enceinte de lui ! Si un jour je le croise (il posa son regard bleu clair sur son frère, celui-ci y vit une détermination franche et hostile)... Je lui ferai payer ce qu’il lui a fait !

-Daniel, tu changeras et tu penseras autrement, lui dit sagement Samson.

Le jeune adolescent détourna son visage vers la campagne, sans rien dire, serrant les dents.

Samson se mit à cheval sur la branche du cèdre face à son frère, un délicat scintillement attira son attention sur sa gauche dans son champ visuel. Le jeune homme tourna la tête, un rayon de soleil se reflétait  sur un aspect blanc d’une branche pas très loin d’eux. Fronçant les sourcils, Samson approcha l’index de la branche et toucha cette partie blanche.

De la glace ?

Il regarda son frère.

-Tu as réussi ?

Celui-ci hocha la tête sans le regarder.

-Comment c’était ?

-Libérateur, fit Daniel d’un air rêveur, toujours en regardant loin devant lui...

La glace commençait à fondre.

-Hé !!

Une nouvelle voix se fit entendre du bas, tout deux baissèrent la tête.

-Tiens, voilà la maigrichonne maintenant, fit Daniel. T’as pas ton double avec toi ?! lui cria-t-il.

-Fais attention à ce que tu dis, petit emmerdeur !! J’ai quinze ans et tu n’en as que quatorze ! lui dit-elle depuis le bas en attrapant le tronc de l’arbre.

-Oh non, c’est pas vrai… On peut pas avoir la paix !

Samson se mit à rire.

-Plus on est de fous, plus on rit.

-Maman ne va pas apprécier de ne pas te voir revenir.

Une magnifique jeune fille aux longs cheveux noirs et aux yeux bleus foncés, au corps élancé et maigre, se hissa à la force de ses bras sur une branche parallèle à la leur et alla déposer un gros smack sur la joue de Daniel.

Il s’essuya la joue, écœuré.

-Qu’est ce que tu veux, crevette ? lui demanda-t-il, bien que ravi de la voir.

-Vous faites quoi, tous les deux ?

-On discute, lui dit Samson.

-Intéressant, fit-elle en roulant des yeux.

Félicitée était étrangement le portrait craché d’Itsuya, la sœur de sa mère Kara, mais avait bien acquis le caractère de son père Thomas. La jeune fille se coucha à plat ventre sur une branche épaisse de l’arbre se trouvant un peu plus haute que celle où étaient assis Samson et Daniel et se mit à contempler son ami.

Gêné par le regard mielleux et insistant de la jeune fille, Daniel fit la grimace.

-Félicitée, ça devient pénible que tu me regardes comme ça !

-Tu sais que tu deviens de plus en plus beau, toi.

-Et c’est reparti ! firent les deux garçons d’une seule voix en soupirant.

Ils furent interrompus par des bruits de branches que l’on remue.

-Je t’avais dit qu’ils seraient tous là, fit une voix grave.

Félicitée porta son visage sur sa droite et un grand sourire illumina celui-ci.

-Hé !? Salut les garçons !

Deux nouvelles têtes apparurent entre les branches feuillues de l’arbre. L’une avait les cheveux roux foncés et un visage franc et déjà adulte, l’autre avait de gentils yeux vert amande et encore un visage d’enfant entouré de cheveux bruns clairs.

-Féristice, tu sais que Lauryn n’a pas le droit de monter dans cet arbre ! le sermonna Samson.

-Lauryn fait ce qu’il veut, Lauryn est un grand garçon !

-C’est clair ! répondit celui-ci.

Les deux nouveaux venus s’assirent sur une branche adjacente de celle de Félicitée un peu plus loin des deux premiers garçons et un peu plus haute aussi.

Daniel les regarda tous.

-Génial ! Moi qui pensais passer un moment tranquille ! fit-il sans méchanceté aucune.

-Rabat-joie, répliqua Féristice, un grand gaillard d’un mètre soixante-dix.

-Dans un sens, tu t’attendais à quoi ? C’est quand même notre point de rencontre, précisa Samson.

-Notre refuge, rajouta Lauryn en lui souriant gentiment.

C’était une image singulière de voir cinq jeunes adolescents assis au milieu des branches d’un cèdre du Liban, un arbre qui avait été planté plus de trois cents ans en arrière. Son tronc avait une circonférence de presque dix mètres et sa hauteur, pas loin de trente. Les enfants élirent domicile dans cet arbre dès qu’ils eurent l’âge d’y monter et le droit. Bien qu’Itsuya eût interdit à Lauryn d’y monter, celui-ci ne pouvait être sourd aux appels de ses amis.

C’était un arbre qui se trouvait sur le Domaine Sacré, du côté Ouest.

Gigantesque, imposant, majestueux, les cinq adolescents se sentaient en sécurité dans cet arbre, en harmonie avec la nature.

-Alors ? Tu es prêt pour ton épreuve ? demanda Féristice à Daniel.

-Je crois, oui.

-Tu crois ? lui dit Félicitée, abasourdie.

-Daniel, ce n’est pas un jeu ! Si tu rates cette épreuve, tu n’auras pas de seconde chance ! lui dit Féristice avec réprobation.

Samson jeta un regard semi-étonné, semi-gêné vers Lauryn et Félicitée.

-Je sais, Féristice ! s’écria Daniel quasiment hors de lui. Tu me le répètes sans cesse !

-Vous n’allez pas recommencer, tous les deux ? leur dit Samson.

-Je suis sûr que Daniel peut réussir, fit Lauryn, presque navré d’avoir pris la parole.

-Inutile de me défendre, Lauryn, fit celui-ci sans ménagement, je peux me débrouiller tout seul !

-Toujours autant de tact ! lui reprocha Félicitée.

Daniel les regarda tous, son regard bleu-clair devint flamboyant de rebellion.

-Vous êtes tous contre moi ou quoi ?!!

-Non ! On veut que tu réussisses ! lui dit Lauryn, nullement contrarié par ce qu’il venait de lui dire.

-Je vais réussir !

Lauryn et les faux jumeaux, Féristice et Félicitée, pour le moment, étaient les seuls à avoir réussi leurs épreuves afin de gagner leurs armures de bronze.

Lauryn possédait l’armure d’Andromède gagnée sur l’île du même nom.

Félicitée était partie aux Cinq Pics de Chine en compagnie de son maître, Falco, le chevalier d’or de la Balance, et avait gagné l’armure du Dragon haut-la-main.

Féristice, quant à lui, gagna son amure de Pégase au Sanctuaire même, sous l’œil attentif du Grand Pope.

Il ne restait plus que Daniel et Samson.

Samson savait qu’il allait bientôt partir pour une annexe de l’île de la Reine Morte, un endroit fort austère où il devrait gagner l’armure du Phénix en compagnie de son père et maître, Paladin, le chevalier d’or du Lion.

Mais c’était Daniel qui allait partir avant lui, pour la Sibérie, et il savait que le jeune homme était impatient de connaître cette région.

-Ce n’est pas un voyage d’agrément, Daniel, lui dit Samson.

-C’est clair… Tu arrives, tu réussis ton épreuve et tu repars ! expliqua Féristice.

-Avec ton armure sur le dos, lui dit Félicitée sur un ton d’évidence.

-Ca tombe sous le sens ! lui répliqua Daniel en lui souriant.

-Je suis certain que tu vas réussir.

Daniel se tourna vers Lauryn, celui-ci lui souriait amicalement.

« Ce garçon a un visage d’ange… » songea Daniel.

Le mot Ange sonna étrangement dans sa tête, il enflamma ses pensées, il vit une silhouette s’envoler dans un ciel bleu azur, un être avec des ailes dorées, qui l’appelait.

Le regard dans le vague, Daniel vit deux doigts claquer devant lui, la silhouette s’évapora, l’image idyllique disparut.

-Allô ?

-Hein (Daniel revint parmi ses amis)... Qu’est ce qu'il y a ?

-Je sais pas où tu étais, mais ça avait l’air super intéressant, fit Féristice en plaisantant.

-Vous saviez qu’avant qu’on naisse, les femmes chevaliers portaient un masque ? leur dit Félicitée.

-Oui, maître Eliott m’a dit cela l’autre jour.

-Ah oui ?

-Ouais… Le Grand Pope Aiolos a aboli cette loi l’année de ma conception ! s’exclama avec une certaine fierté la jeune Félicitée.

-Si le Grand Pope n’avait pas aboli cette loi, Félicitée serait obligée de porter un masque en présence d’autrui, leur expliqua Lauryn.

-Pouah ! Quelle horreur !

Soudain, une voix leur parvint un peu plus loin.

-Ils sont là !! Je les ai trouvés !!

-Ho, ho… Moment de détente terminé, fit doucement Samson en regardant en bas...

-Ca va être notre fête, fit sombrement Lauryn.

-On se serre les coudes, les ados ?

Félicitée se redressa sur sa branche et s’assit.

En bas, ils virent arriver deux adultes, Thomas et Diane.

-Pas de problème, fit Daniel.

Thomas et Diane se tenaient au pied du cèdre.

Les jumeaux virent le visage implacable de leur père, ils se regardèrent :

-Qu’est-ce qu’on va prendre ! firent-ils à l’unisson.

-Veuillez descendre immédiatement ! Tous les cinq !! leur ordonna Thomas.

Les cinq jeunes gens descendirent de leurs branches, mal à l’aise.

Daniel vit le visage anxieux et rempli de colère de sa mère et une grosse déprime s’abattit sur lui.

-Ils sont venus en force.,murmura Féristice aux autres.

Arrivés à proximité du sol, les cinq adolescents bondirent sur leurs pieds.

Ils se tinrent devant les deux adultes, silencieux, baissant presque les yeux.

Les bras croisés sur son large torse, Thomas les fusilla du regard, particulièrement Féristice et Félicitée.

Diane s’approcha de son fils Daniel et le gifla.

Le bruit fit comme un coup de fouet dans le silence de l’endroit. Les autres retinrent leur respiration.

Daniel, grandement surpris, porta sa main gauche sur sa joue qui le picotait suite à cette gifle inattendue.

Thomas jaugeait ses enfants :

-Vous êtes décevants ! Vous êtes censés montrer l’exemple !

Félicitée baissa les yeux.

En revanche, Féristice ne se laissait pas impressionner, il planta son regard dans celui de son père.

Celui-ci ne se démonta pas.

-Vous êtes leurs aînés ! Toi aussi, Lauryn ! fit-il en se tournant vers l’intéressé. Ta mère t’a interdit de monter dans cet arbre !

-C’est ma faute.

Les quatre autres regardèrent Daniel qui venait de parler.

-C’est moi qui y suis monté le premier, fit Daniel tout en regardant sa mère.

Diane respirait fort, les lèvres serrées.

-Filez à la villa ! Au pas de course !!

Les cinq adolescents détalèrent comme des lapins en direction de la villa.

Thomas se dirigea vers sa sœur Diane.

-Il était inutile de le gifler, tu sais, lui dit-il doucement en la prenant par l’épaule.

Diane éclata en sanglots bruyants et alla se blottir dans les bras de son frère.

-J’ai… tellement peur, Tom !!!

-Oui, je sais…Moi aussi…

-Ils sont… tellement jeunes encore…

Tom regarda les cinq adolescents disparaître au loin sur le chemin et se demanda si c’était vraiment la bonne méthode.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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