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Saint Seiya (Les Chevaliers du Zodiaque)



La Treizième Armure-Livre 2-Les cieux attendront   Auteur: Galatee Vue: 784
[Publiée le: 2008-02-06]    [Mise à Jour: 2008-11-02]
AP Action-Aventure/Drame/SupernaturelCommentaires: 39
Description:
Hideaki et ses amis sont arrivés au Sanctuaire avec la statuette et la fameuse arme portant le nom de "La Treizième Armure" qui n'est autre que le médaillon "Yours Evers" censé avoir disparut lors de la guerre contre Hadès.
Oleg, le père de Milan, est lui aussi arrivé au Domaine Sacré avec la petite Déesse Athéna, sans savoir que son propre fils, Milan, à découvert sa véritable identité.
Ikki patiente dans les mines de Jade, ayant en sa possession le dernier fragment de la statuette, cette statuette qui détiens le véritable secret de l'arme.
Un autre voyage attend Hideaki et ses amis et une autre bataille se prèpare pour la futur chevalerie de la Déesse Athéna.

MAJ: Chapitre 17 en ligne.
Bonne lecture!
Crédits:
Les personnages Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada. Cette fanfiction est Copyright Galatée.

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Commenter: La fête de l'Olive

La fête de l'Olive

[4644 mots]
Publié le: 2008-02-06Format imprimable  
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Chapitre 1

 

 

 

 

La fête de l’Olive

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Novembre était le mois propice à la cueillette de l’olive noire. Cette année fut si fructueuse que les branches noueuses des oliviers pliaient sous le poids des petits fruits bien mûrs.

Certaines partaient pour le pressoir, d’autres étaient chargées directement dans des camions afin d’être minutieusement lavées et traitées pour être ensuite vendues sur les marchés des villages ou dans les grandes surfaces.

L’immense verger où poussaient ces oliviers se trouvait sur le domaine Sacré de la Déesse Athéna. C’étaient des centaines et des centaines d’arbres alignés où travaillaient des saisonniers, mais aussi des employés du Sanctuaire montant le long des échelles adossées aux troncs de ces arbres au feuillage vert pâle et argenté. La culture de l'olive était une des principales ressources financières du Sanctuaire, son fruit se trouvait être le meilleur de tout le pays et son huile, disait-on, apportait longue vie et prospérité.

Les gens habitant sur le Domaine Sacré n’oubliaient pas que ces arbres poussaient sur les terres fertiles de la Déesse Athéna et aimaient à dire que son cosmos bienveillant y était pour quelque chose.

La cueillette du fruit se faisait dans une ambiance de fête et d’euphorie. On riait, on chantait, les jeunes comme les vieux se mélangeaient dans les allées encore verdoyantes de ce mois de novembre légèrement frileux. La tâche n’était pas facile, mais la fatigue se faisait plus légère lorsque les gens venaient vous saluer avec une tape dans le dos. La cueillette se faisait à l’ancienne, le temps ne passait pas ici à la même vitesse que dans les grandes villes où la modernité de ces dernières années avait pris le dessus sur la vie quotidienne des gens.

Ici, aujourd’hui encore, les gens pouvaient prétendre à une vie simple, enjouée, où les habitants ne fermaient pas leurs portes, où les enfants jouaient dans la rue sans crainte d'un danger quelconque, où les magasins, même les plus petites boutiques, n’étaient pas menacées de fermeture à cause d’une fréquentation amoindrie. On pouvait voir dans les rues étroites de Rodorio des fils à linge tendus entre les maisons où sèchaient des draps.

Des odeurs d’olive, de menthe, de pin et de fines épices se mélangeaient dans l’atmosphère du village.

C’était une vie que le Grand Pope avait instaurée presque naturellement et qu'il s’engageait à ne jamais perdre.

 

Dans l'une des allées des oliviers, juché sur une échelle, la moitié du corps caché par les lourdes branches de l’arbre, un homme d’une quarantaine d’années se prêtait pour la première fois à cette culture d’olives noires, l’ambiance festive qui régnait dans les allées lui avait rendu un tant soit peu le sourire. Bien que cet homme se sentait étranger à ces gens, il aimait cet endroit et s’y sentait comme chez lui, un chez lui dont il n’avait aucun souvenir.

L’homme cueillait les fruits mûrs avec des gestes fermes et précis, il aimait ça, les habitants du village le saluaient comme l’un des leurs, tout le monde était très gentil avec lui. Ces six derniers mois, depuis qu’il s’était réveillé d’un coma de deux mois, la tête vidée de tout souvenir précis, il avait réussi à s’intégrer comme il le pouvait.

Une amnésie sélective.

Ce fut ce que le médecin lui diagnostiqua.

Il n’avait pas oublié son prénom, mais ne se souvenait pas de son nom de famille.

Il ne savait pas ce qui lui était arrivé, ni d’où il venait lorsqu’on le trouva à moitié mort sur le bord de la route.

Il n’avait rien oublié en ce qui concernait tout ce qui était culturel, savoir compter, savoir parler, reconnaître une plante, un objet ou une date dans l’Histoire, mais son histoire à lui, c’était le néant.

Tout ce qu’il savait, c'était qu’il ne venait pas de ce pays et qu’il s’appelait Oleg.

 

Le soleil se couchait sur la Méditérranée, enflammant les ruines du temple de Poséidon, près du Cap Sounion, de ses rayons flamboyants. L’immense verger se vidait, les gens rentraient chez eux, le dos fourbu, les bras courbaturés, mais le sourire aux lèvres.

-Oleg, tu viens ?

L’homme salua de la main une jeune femme au visage adorable qui l’attendait à la sortie du verger, elle portait un lourd panier rempli d’olives noires. Oleg les regarda.

-Elles n’ont pas le calibre adéquat, Démeter m’a dit que je pouvais les prendre, fit la jeune fille en souriant à Oleg.

Elle avait noué ses cheveux blonds en queue de cheval aujourd’hui et il l’aimait beaucoup coiffée comme cela ; cela soulignait ses yeux marrons en amande.

Elle lui tendit son bras.

-On y va ?

-On y va, fit Oleg en glissant son bras autour du sien.

Electra était ce qui lui était arrivé de plus merveilleux ces six derniers mois. Elle était jeune, très jeune, elle avait quinze ans de moins que lui, mais personne au village et dans le Sanctuaire n’avait l’air de s’offusquer de leur relation. Electra était gentille, douce et attentionnée, elle l’écoutait quand ses souvenirs perdus lui posaient des problèmes, elle avait du caractère et faisait une cuisine merveilleuse.

Il était encore tôt, mais une fois le soleil disparu de l’autre coté de l’hémisphère, une fraîcheur s’installait dans les collines et les montagnes de la Grèce, cette fin d’année était même particulièrement glaciale par rapport aux autres années. Oleg et Electra entrèrent dans le village de Rodorio, la rue principale était encore bien fréquentée et les boutiques n’allaient pas encore fermer avant sept heures du soir.

Quelques personnes saluèrent le couple de la main. Au loin, Electra vit une jeune fille se pencher sur les dattes du vieil épicier. Elle la reconnut de suite, c’était la jeune Asiatique qui était arrivée avec ce groupe, il y a huit mois. La jeune Chinoise portait une longue natte lui descendant dans le dos, ses cheveux était d’un noir de jais.

Légèrement contrariée, Electra jeta un rapide coup d’œil vers Oleg, l’homme avait le regard monté vers le ciel.

C’est mieux ainsi, se dit Electra.

Le couple bifurqua dans une ruelle à leur gauche et la jeune Asiatique disparut du champ de vision d’Electra.

Soulagée, la jeune fille se serra plus contre Oleg, posa sa tête sur son épaule et ils rentrèrent chez eux.

 

Demain allait être le dernier jour de récolte et une grande fête allait avoir lieu en fin de journée, une fête qui allait durer jusqu’au petit matin. On entendait dire que même les nouveaux chevaliers d’or (ceux qui avaient déjà réussi à obtenir leurs armures d’or et donc à revenir sains et saufs de leurs dures épreuves) seraient présents, ainsi qu’une partie des futurs chevaliers d’argent. Electra attendait cette fête depuis des semaines et avait hâte de voir de près les visages de ceux qui allaient défendre le monde au péril de leur vie.

 

Le lendemain, le soleil était au rendez-vous. On alla cueillir les dernières olives avec un entrain non dissimulé et un enthousiasme non feint, et on s’encourageait afin que le travail se finisse plus tôt et que la fête soit plus longue. Les femmes restées au village préparaient des mets délicats et subtils pour le banquet, des odeurs affriolantes venaient chatouiller les narines. On décora les rues de banderoles de tissus multicolores, la fanfare se mettait en place sur l’estrade de la place du village, accordant leurs instruments à cuivre, leurs percussions, leurs tétracordes et autres guitares. On vint apporter un gigantesque bol de sangria que l’on posa en plein centre de la table du banquet.

Des enfants couraient parmi les chaises et les tables en se lançant des bombes à eau.

On disposa des lampions un peu partout dans le village, des bandelettes de couleurs accrochées aux fils à linge s’agitaient au gré du vent, des guirlandes de papiers kraft pendaient aux fenêtres ou décoraient l’encadrement des portes.

 

 

 

Palais du Pope

 

Onissifor avait l’air préoccupé. Assis à une table de la bibliothèque royale, il feuilletait avec intensité les pages d’un vieux grimoire poussiéreux. La lumière blafarde du crépuscule entrait par la grande fenêtre close et éclairait faiblement les pages jaunies écrites dans une langue indéchiffrable.

-Qu’est ce que cela fait qu’elle s’appelle Diane ? fit une voix venant de la mezzanine qui surplombait les imposants rayonnages de livres. C’est une coïncidence.

-Je n’aime pas vraiment les coïncidences, Galec.

-Que cherches-tu en réalité ? lui demanda son Premier Ministre en redescendant les marches qui menaient à la mezzanine.

-Une raison pour laquelle ses parents l’auraient appelée Diane.

-Et tu penses trouver ça dans un vieux livre tout poussiéreux ?

Le Grand Pope décela une certaine moquerie dans le ton de son Premier Ministre. Il tourna le livre vers celui-ci et posa son index sur une peinture reproduite sur la page.

Elle représentait une gracieuse jeune femme prenant un bain dans une rivière au milieu des bois.

-Diane, Déesse romaine, elle est la reine des montagnes et des forêts, apparentée à la Déesse Grecque Artémis où on lui accorde les mêmes attributs.

Galec regarda un instant la peinture puis posa ses yeux sur son ami le Pope.

-Tu veux parler de la chasse et de la fécondité ?

-Tout particulièrement de la fécondité.

-Mais Artémis n’est-elle pas chaste ?

Le Grand Pope soupira.

-Elle l’est, ainsi que Diane. Mais quelque chose me titille. Pourquoi avoir appelé cette jeune îlienne Diane ? Pourquoi ses parents ont-ils choisi précisément ce prénom ? Pour quelle raison ?

Galec regardait le Grand Pope faire les cents pas dans la bibliothèque, le visage profondément absorbé par ces questions acerbes.

-Songerais-tu à une manipulation ? lui demanda Galec dans un froncement de sourcils.

-Je dirais plutôt à une suggestion…Une suggestion qu’Artémis aurait soufflée aux oreilles des parents de Diane.

-Pourquoi Artémis aurait-elle fait une chose pareille ?

-Dans mes méditations, j’ai appris qu’Artémis avait mis quelque chose en branle du temps de l’ancienne génération de chevaliers, une chose qui lui a échappé par la suite.

-Tu veux parler de cette arme ?

-Pas seulement, il y a autre chose, un mécanisme sournois qui la relie à elle et ces jeunes gens. Pour le moment je ne sais pas exactement ce que c’est, mais Hideaki et ses amis sont nés sous des étoiles fragiles et tragiques et la disparition soudaine de Milan me perturbe grandement. Artémis est dévorée par la vengeance, elle est prête à tout pour arriver à ses fins.

Le Grand Pope referma le vieux grimoire dans un claquement sec.

-Galec ?

-Oui.

-Je vais te demander de faire surveiller, mais très discrètement, la jeune Diane. Fais attention à son frère jumeau qui a l’air de la protéger de très près.

-Je ferai tout mon possible.

Aiolos se tourna vers la grande fenêtre.

-Après tout, ce n’est peut-être rien, une simple coïncidence.

Galec prit congé en saluant le Grand Pope et quitta la bibliothèque du palais. Dans le couloir, le Premier Ministre songea à la dernière phrase du Pope et s’aperçut qu’Aiolos ne croyait guère à une coïncidence.

 

 

Village de Rodorio

 

Thomas, adossé au chambranle de la porte d’entrée qui menait à l’intérieur de la petite villa que le Grand Pope leur avait léguée gracieusement à leur arrivée, observait d’un œil torve les va-et-vient des villageois en effervescence et qui préparaient la fête qui honorait la fin de la récolte de l’olive.

Une Diane toute guillerette arriva derrière lui.

-Je crois que ça va être une belle fête !

Tom ne répondit rien, les bras croisés.

Diane ignora la mauvaise humeur de son frère et continua sur sa lancée d’un ton enjoué :

-Kara et Itsuya sont déjà là-bas ! Tu vas venir ? lui demanda-t-elle en se tournant vers lui, pleine d’espoir.

-Je ne vois vraiment pas pourquoi cet événement te met dans cet état, répondit Tom. Je me demande ce que vous allez y faire ?! On est même pas d’ici ! rajouta-t-il d’un ton cassant sans regarder sa sœur.

-Tu es pénible ! Tu es toujours en colère depuis qu’on est là ! Quand vas-tu te faire à l'idée que c’est ici notre maison maintenant ?

Tom pivota sa tête vers sa sœur, son regard bleu plus colérique que jamais :

-Notre maison ?!! Cet endroit ?! Cette prison !! Notre maison ?! L’île de Sotoro est ma maison, Aiguille est ma ville, là où je suis né ! Là où nos parents nous ont élevés, toi et moi ! L’aurais-tu oublié ?!

-Bien sûr que non, Tom, mais nous sommes ici aujourd’hui et te rebeller contre la décision du Pope ne fera rien avancer.

-Tu n’as pas envie de sortir d’ici pour retrouver Milan ?

Diane se renfrogna soudain.

-C’est déplacé de ta part d’argumenter sur ce sujet en prenant à partie la disparition de Milan. Tu ne l’as jamais aimé, tu l’as détesté dès le premier jour !

-Tu es dure.

-Non, réaliste ! Prouve-moi le contraire ! Tu t’en fiches de Milan ! Tu te fichse de savoir si on le reverra un jour ou pas ! Pour toi, c’est un bon débarras !!

Sur ces mots, sans attendre une réaction de son frère, Diane quitta la villa en courant en direction du village, les larmes aux yeux.

 

Elle retrouva ses deux amies, Itsuya et Kara, au centre du village, elles aidaient les villageois à allumer les lampions qui pendaient au travers des rues. La jeune fille leur fit signe de loin. Kara l’aperçut et se fraya un chemin au travers des longues tables du banquet et de la foule qui commençait à envahir la place. Diane la vit arriver vers elle avec un large sourire.

-Tout est prêt ! ça va être génial ! lui dit-elle, toute excitée.

 Elle vit alors les yeux humides de son amie.

-Mais qu’est-ce qui t’arrive, ma chérie ?

Kara la prit dans ses bras.

-Oh…Ce n’est rien…

-Tu t’es encore disputée avec Tom ? (Diane hocha la tête, piteuse.). Il changera d’avis, lui dit Kara avec un regard assuré et protecteur.

-Il est buté.

-Je le sais, mais il changera, tu verras.

Itsuya vint les rejoindre, elle avait l’air essoufflée, mais ravie.

-Ces gens sont bel et bien heureux ! Ils ont une telle joie de vivre, un tel optimisme ! Profitons-en un maximum ce soir, les filles, d’accord ?

La bonne humeur d’Itsuya était communicative et Diane lui rendit son sourire. Elle regarda autour d’elle et vit des villageois commencer à danser sur un morceau de musique joué par un guitariste chevronné et une tétracordes.

-Hideaki n’est pas là ? demanda-t-elle à Itsuya.

-Il est toujours au palais, mais il m’a assuré qu’il serait là en début de soirée.

-Allez, les filles ! Allons nous amuser ! s’écria Kara en prenant ses deux amies par le coude.

Et le trio alla se fondre dans une foule toujours plus dense.

 

 

Palais du Pope

 

Hideaki rangeait ses notes dans une pochette lorsqu’on frappa à la porte de son bureau. Il alla ouvrir à son visiteur et Galec se présenta devant lui.

-Entrez, monsieur le Ministre ! lui dit Hideaki en lui serrant la main.

-Pas de Monsieur avec moi, appelle-moi Galec.

-Très bien.

Hidy referma derrière lui.

Le Premier Ministre du Grand Pope jeta des regards autour de lui.

-Tu as l’air d’avoir bien pris tes marques… Tu vas sans doute au village rejoindre tes amis après ?

Hideaki, impressionné de recevoir l’interlocuteur direct du Grand Pope, ne savait quoi répondre d’intelligent.

-Euh… Oui. J’ai terminé mes derniers dossiers, je suis à jour pour cette semaine.

-Oh, je ne me fais pas de soucis pour nos dossiers, je suis justement là pour cela. Le Grand Pope aimerait que tu saches qu’il est très content de l’excellent travail que tu accomplis ici(Galec prit le jeune homme par l’épaule, celui-ci ne savait plus où se mettre.). Tu es un sacré travailleur et un très bon professionnel, car classer toutes ces notes, tout ces dossiers amassés tout au long de ces dernières années n’est pas une mince affaire !

A part un simple merci , Hideaki ne sut quoi répondre.

Il n’avait vu le Grand Pope qu’une seule fois, le soir de leur arrivée. Depuis, il ne voyait plus que son Premier Ministre et cela qu’une à deux fois par semaine, donc à chaque fois, c’était un événement pour le jeune homme. Car, qui disait Galec, disait le Grand Pope juste derrière et Hideaki cherchait à atteindre le Souverain du Domaine, car lui seul pouvait retrouver Milan à l’heure actuelle.

Galec avait repéré le jeune homme au début de leur séjour sur le Domaine et s’était un jour présenté à la porte de leur villa pour lui proposer du travail au Palais. Hidy savait qu’il n’aurait pas de meilleure chance pour approcher le Grand Pope d’aussi près, il accepta donc la proposition de Galec.

Aujourd’hui, Hidy eut envie de se lancer et de demander enfin une audience pour rencontrer le Pope.

-Pourquoi désires-tu le rencontrer ? lui demanda Galec.

Hidy baissa ses yeux verts.

-Pour qu’il retrouve mon ami Milan, dit-il tout simplement, la voix tremblante.

Galec se dirigea vers la porte et posa la main sur la poignée.

-Je tâcherai de lui en toucher un mot, lui dit-il en tournant son regard vers lui. Mais je ne peux rien te promettre, mon garçon.

Hideaki hocha la tête, comprenant très bien, les lèvres serrées.

L’homme ouvrit la porte, s’apprêta à sortir, puis se ravisa, semblant réfléchir :

-Tu sais, Onissifor, si cela ne tenait qu’à lui, il serait tous les jours parmi nous, il viendrait se promener dans les rues du village, mais il a un rôle énorme et ses obligations le contraignent à rester enfermé dans le Palais (Galec esquissa un petit sourire). Allez, va rejoindre tes amis et ta petite amie et amusez-vous ce soir.

Sur ces mots, Galec sortit en refermant la porte derrière lui.

Un petit pas en avant pour moi, se dit Hidy.

 

Il la fit virevolter comme une éolienne, riant aux éclats, belle comme une déesse, il n’avait jamais vu Itsuya aussi heureuse. Elle était habillée dans une longue jupe droite de satin bleu-clair, d’un chemisier blanc et d’un gilet bleu ciel pailleté., et avait attaché ses longs cheveux noirs en une queue de cheval soyeuse. Kara s’amusait également comme une folle, vêtue d’une jupe trapèze couleur fauve et d’une veste de même couleur. Tom ne vint pas à la fête, mais ce ne fut pas un problème pour la jeune fille, décidée à profiter de cette soirée. Il n’y avait que Diane qui était affectée de l’absence de son frère. Milan n’étant pas près d’elle, la jeune fille avait espéré que Tom ferait un effort. Assise sur une chaise, les coudes sur ses genoux, le menton dans le creux des mains, elle regardait, désespérée, ses amis danser, s’amuser, rire au milieu d’autres villageois, la musique volait dans tous les sens, des fusées multicolores explosaient dans un ciel étoilé. Kara vint soudain la prendre par le bras, la tirant par la même occasion de sa torpeur.

La jeune brunette l’emmena dans la foule.

-Allez, Diane !! Ne le laisse pas te gâcher cette soirée ! lui cria-t-elle au travers de la musique rythmée. C’est lui qui se pénalise !

-ça ne te fait rien, toi, que Tom ne soit pas là ?

-Bien sûr que si ! Mais il est hors de question que je le laisse me gâcher des moments comme celui-ci !

Kara l’entraîna avec elle dans la danse, Diane se laissa envelopper par l’ambiance et au bout de plusieurs minutes, un sourire enchanté se dessina sur ses lèvres.

 

Partout dans les rues du village, la liesse s’empara des gens, dans les maisons éclairées on entendait des cris de joie, des enfants qui riaient. Des amoureux s’enlaçaient dans les ruelles, des feux d’artifice s’improvisaient dans les champs aux alentours du village. Des alcools sucrés coulaient à flot et des mets délicats et épicés embaumaient l’atmosphère. Sur la place principale, le bal battait son plein, la fraîcheur de cette nuit de novembre n’arrivait pas à refroidir les cœurs revigorés chaque seconde par l’allégresse, l’amitié et la chaleur humaine qui émanait de ces gens.

A un moment donné, Hidy aperçut au loin dans la foule une jeune fille blonde danser dans les bras d’un homme qui avait l’air plus âgé qu’elle, la jeune fille blonde souriait comme un soleil. Sur l’instant, Hidy ne fit pas vraiment attention à l’homme, son regard se reporta sur Itsuya qui s’accrochait à son cou, et puis ce fut le choc. Hidy sentit son cœur sauter dans sa poitrine, ses yeux se dirigèrent à nouveau vers le couple.

L’homme tenait la jeune fille par la taille, il lui parlait, Hidy le voyait de profil. Le jeune homme ouvrit de grands yeux étonnés, il avait cessé de danser, ce qui interpella Itsuya, qui lui demanda ce qui se passait, mais il ne l’entendit pas, tout comme il n’entendait plus la musique et la foule autour de lui.

Oleg.

C’était Oleg.

Oleg était ici, au Sanctuaire, et il dansait à quelques mètres de lui.

Itsuya suivit le regard du jeune homme, sans comprendre ce qui pouvait se passer.

La jeune fille blonde qui dansait avec Oleg tourna soudainement la tête vers lui, comme si elle avait senti qu’on l’observait et tout alla très vite.

La jeune fille se précipita vers Hidy, le prit par la main et l’emmena loin de la foule.

Itsuya sentit qu’on arrachait Hidy de ses bras et le vit s’éloigner malgré lui avec une autre jeune fille blonde.

Elle resta là interdite, tout comme Oleg, bousculés par les villageois qui continuaient de danser comme si de rien n’était.

Kara et Diane, qui s’amusaient un peu plus loin, n’avaient rien vu de la scène.

 

Electra conduisit Hidy loin de la fête, à la sortie du village, là où elle serait sûre que personne ne les entendrait.

-Vous pouvez me lâcher maintenant ?! lui dit Hidy d'un ton assez agacé.

-ça va, ça va !

Hidy regarda autour de lui, ils se trouvaient sur un chemin de terre, à l’entrée d’un champ. Au loin, on pouvait entendre les clameurs de la fête.

-Bon, vous l’avez reconnu.

-Qu’est-ce qu'Oleg fait là ? Où est ma mère ? Et vous êtes qui, d’abord ?

Electra soupira.

-Je savais que cet affrontement allait avoir lieu, je suis d’ailleurs étonnée que ça ait attendu si longtemps.

Hidy ne tenait pas en place, il faisait les cent pas devant la fille.

-Vous pouvez vous tenir tranquille, s’il vous plaît ?

-Pardon ?!

-Laissez-moi vous expliquer.

-Allez-y ! Je suis tout ouïe !

-Oleg est amnésique (Hidy allait dire quelque chose quand Electra l’arrêta d’un geste.). Lorsque vous et vos amis êtes arrivés au Sanctuaire, Oleg était déjà là depuis plusieurs jours, mais il était dans un sale état, c’est lui qui a amené la Déesse avec lui.

-Pourquoi le Pope ne nous a rien dit ?!

Electra regarda Hidy et vit ses grands yeux verts mélancoliques.

-Mon Dieu, je donnerais n’importe quoi pour ne pas vous annoncer une nouvelle aussi douloureuse, vous avez l’air d’un garçon tellement gentil. J’ai été chargée de vous apprendre toute l’histoire.

-De quelle histoire vous parlez ?

-De votre mère et d’Oleg.

Hidy eut soudain très mal au ventre.

 

-Je vais rentrer, fit Diane, qui était un peu fatiguée.

-Pas déjà ! lui dit Kara, déçue.

-Ne m’en demande pas trop, Kara.

La jeune fille comprit où elle voulait en venir.

-D’accord, si tu le vois, dis-lui qu’il a raté quelque chose !

-Je le lui dirai.

Diane sortit de la foule qui commençait à se tarir et prit la direction de la villa.

Kara vit Itsuya qui venait à sa rencontre, elle avait l’air inquiète.

-Tu as vu Hidy ?

-Non, pourquoi ?

-Une fille l’a emmené tout à l’heure.

-Une fille ? fit Kara, qui semblait amusée.

-Ne te moque pas ! C’est sérieux ! Il avait l’air très préoccupé.

La nuit était très avancée et la fête arrivait à son terme.

-On va le chercher.

-Ok !

Elles ne le virent nulle part, le cherchèrent pendant plus d’une demi-heure, demandant aux villageois qu'elles connaissaient, mais aucun ne put leur dire où était Hidy. Finalement, elle décidèrent de rentrer, après tout, il était sûrement à la villa.

Lorsqu’elles y parvinrent, la pointe du jour jetait ses premières esquisses sur la Mer Méditerranée et les lumières du salon étaient allumées.

Kara et Itsuya, épuisées par la nuit qu’elles venaient de passer, trouvèrent Diane et Thomas assis sur le canapé du salon. Diane était bouleversée, Tom semblait réfléchir intensément.

-Que vous arrive-t--il ? demanda Kara.

-Vous avez l’air anéantis. Où est Hidy ? s’inquiéta soudain Itsuya.

-Il est dans sa chambre, il est… Il vient d’apprendre (Tom s’humecta les lèvres, même pour lui, la nouvelle avait du mal à passer.)... Il vient d’apprendre que sa mère est morte.

-Quoi ?! Mais !...

-Oh non…

Itsuya se précipita à l’étage.

-Une jeune fille du nom d’Electra a ramené Hidy tout à l’heure, il était dans un état pitoyable, raconta Tom. Il est monté dans sa chambre, sans un mot, on aurait dit un mort-vivant tant son visage était cireux.

-Elle s’est ensuite excusée et nous a raconté ce qui lui arrivait, continua Diane d’une voix un peu tremblante.

Kara alla s’asseoir dans le fauteuil qui faisait face au frère et à la sœur.

-Oleg est ici, au Sanctuaire.

-Le père de Milan ?

-Raconte, toi, moi, je n’en ai pas la force, fit Diane à son frère.

-Au mois de mai dernier, un homme a été trouvé à moitié mort à la frontière nord du Sanctuaire. Il y avait avec lui un couffin avec un bébé à l’intérieur. Ce bébé n'est autre que la Déesse Athéna. C’est Electra qui a trouvé l’homme, qui n’était autre qu’Oleg, et elle a compris rapidement qui était le bébé, puisque partout au village, on n'arrêtait pas de parler du retour de la Déesse. Elle est ensuite allée chercher un fermier du village et ils ont ramené Oleg au Sanctuaire dans une charrette où on lui a prodigué des soins. Electra s'est ensuite présentée devant Galec avec l’enfant et a été reçue par le Grand Pope, qui l'a mise au courant des circonstances de la naissance de la petite Déesse. Il lui a raconté qu’un jour prochain, un jeune homme viendrait et reconnaîtrait l’homme blessé, et que ce jeune homme était le fils de la femme qui avait mis l’enfant au monde au péril de sa vie. Le Grand Pope a demandé à Electra de prendre soin de l’homme jusqu’au jour de notre arrivée. Mais ce que n’avait pas prévu le Pope, c’était l’amnésie d’Oleg et l’amour d’Electra pour lui, et le fait qu’elle avait décidé de garder pour elle ce secret pour préserver l’homme qu’elle aime… Jusqu’à ce soir. »

-Il est amnésique jusqu’à quel point ? demanda Kara.

-Il sait comment il s’appelle, il n’a rien oublié de sa culture générale, mais en ce qui concerne sa vie, ses souvenirs, son passé, il a tout oublié. D’après Electra, il peut recouvrer la mémoire à tout moment.

-Vous voulez dire que cette fille, cette Electra, a annoncé comme ça la mort de Lily à Hideaki ?! s’écria Kara scandalisée.

-Il me semblerait, fit Tom dans un soupir, les mains dans les poches de son pantalon.

Kara se retourna vers l’escalier qui menait à l’étage, là où Itsuya venait de disparaître, la jeune fille n’avait pas l’air de revenir.

-Hidy n’est pas comme Milan, il ne se renfermera pas sur lui-même, fit Tom.

Pour une fois, Diane était d’accord avec lui.  

-Je serais d’avis d’attendre que la journée soit bien avancée avant d’aller les déranger, proposa Diane.

-Je suis d’accord, fit Kara.

Mais l’attente ne fut pas longue ; une heure plus tard, alors que le soleil se levait, un soldat du palais se présenta à leur porte, ils étaient tous attendus au Palais.

 

De son côté, Electra expliqua à Oleg sa soudaine absence par le fait qu’elle avait vu une ancienne connaissance.

Oleg la crut et ce fut bien comme cela.

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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