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Saint Seiya (Les Chevaliers du Zodiaque)

Hégémonie - Conquête ?   Auteur: Thalion Vue: 3588
[Publiée le: 2008-02-21]    [Mise à Jour: 2010-03-03]
13+  Signaler Action-Aventure/DrameCommentaires: 34
Description:
L'histoire en elle même se situe quelques années après l'hadès, Athéna et la plupart de ceux qui sont partis vaincre Hadès ne sont jamais revenu, et le sanctuaire vit avec une nouvelle génération. Les désordres mondiaux suite aux guerres saintes provoquent des remous dans la société, et des Chevaliers parcourent le monde afin de remettre de l'ordre. Mais après la bataille du sanctuaire, celle d'Asgard, les guerres contre Poséidon et Hadès, il semble que l'adversité ait encore quelques réserves pour mener la vie dure aux protecteurs d'Athéna.
Quelques personnages de la série, beaucoup de nouveaux, quelques scènes un peu violente ou "hot" mais rien qui ne puisse justifier d'un niveau de lecture supérieur à 13+.

Première partie du "double épisode" qui lance le dernier arc de cette histoire.
Crédits:
Les personnages de Saint Seiya ne m'appartiennent pas, les personnages décrits dans cette histoire sont libres de droits, quiconque veut s'en inspirer, voir les utiliser franchement, a toute ma bénédiction.
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Commenter: L'enlêvement

L'enlêvement

[3391 mots]
Publié le: 2008-03-05Format imprimable  
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Rien ne transpirait de la transe dans laquelle Jabu semblait s’être plongé. Il restait immobile, les yeux fixant obstinément le plafond de sa chambre, sans écouter le déroulement de la fiction projetée sur sa télévision. L’hôtel avait eu de la chance, l’électricité fonctionnait encore, et le tenancier croulait sous les demandes d’hébergement. L’armée avait ramené l’ordre un peu plus tôt dans la nuit, une fois les dernières bribes du tremblement de terre passées, mais elle n’avait pas l’expérience nécessaire pour gérer totalement un tel cataclysme dans la capitale. Les secours internationaux devaient arriver sous peu, mais pour le moment, la grande ville était livrée à la lutte farouche pour la survie. Cependant, aucun incident n’avait atteint leur résidence, et pour cela, il s’estimait suffisamment satisfait. Et comme chaque soir depuis des années, le Chevalier de la Licorne luttait contre le sommeil, craignant de voir et de revoir les visages des Chevaliers disparus, mais plus que tout, craignant le revoir sa déesse qui était partie. Tout ça pour ça … le monde n’aurait-il pas mérité un long moment de paix, sous l’influence subtile d’une déesse aimante et dévouée ? Athéna et ses anciens protecteurs n’avaient-ils combattu que pour se retrouver privés d’une victoire par l’intermédiaire d’une vie heureuse ? Que diraient-ils s’ils voyaient cette terre pour laquelle ils s’étaient battus, dévastés par les répercussions des guerres saintes ? La guerre en Amériques, l’anéantissement du quart de la population chinoise par les bombes européennes, lancées en représailles de l’attaque des anciens territoires de Russie, Russie devenue l’alliée des occidentaux après le cataclysme survenu suite à la fonte des glaces du grand Nord, fonte résultante de la catastrophique dégradation d’Asgard … Ilda avait restauré le climat nordique après la guerre, mais maintenant, elle luttait pour sa survie, contre une maladie insidieuse transmise selon Flamme, par l’anneau maudit juste avant sa destruction lorsque l’artefact comprit qu’il avait perdu la bataille. Sirène avait bien tenté de réveiller Poséidon un instant, afin de savoir si c’était vrai, et ensuite trouver comment la soigner, mais l’esprit du Seigneur des océans était trop profondément enfoui dans l’urne, et la disparition d’Athéna l’avait visiblement fait sombrer dans un sommeil sans retour … du moins pour quelques siècles. Et Flamme n’avait pas assez de pouvoirs pour remplacer sa sœur. Tout ça pour ça … le sanctuaire avait survécu, et s’était régénéré depuis la fin des hostilités, mais l’absence des dieux rendait les choses … compliquées pour les mortels. Comme si les forces de la nature, et les instincts meurtriers des humains, maintenant libérés des liens subtils tissés par les volontés divines, donnaient libres cours à une colère sans bornes. Le Pope avait fermement repris en main la situation, et les guerres étaient plus ou moins terminées, mais même Kanon ne pouvait commander à la planète elle-même. Et ces étranges cosmo-énergie ne faisaient qu’en rajouter à la confusion. Tout allait de travers. Et pour  couronner le tout, il sentait que Fiona n’était pas loin d’être amoureuse de lui. Lui qui avait cessé d’être un homme dans le sens le plus profond du terme depuis si longtemps. Il était vide. Totalement vide. Tout lui était égal, et même s’il donnait le meilleur de lui-même pour faire ce qui devait être fait eut égard à son titre de Chevalier, il le faisait sans passion. Il l’avait compris le jour où son armure était tombée d’elle-même sur le sol, sans réaction. Ce jour là, dans un accès de désespoir, il semblait avoir disparu du groupe des vivants conscients. Et même ça ne l’avait pas effrayé. Maintenant, il laissait son cosmos donner l’étincelle qui alimentait sa fusion avec l’armure de la Licorne, il mettait ce qui lui restait d’ardeur dans sa relation avec Fiona, mais ça n’irait jamais au-delà. Il se sentait perdu pour les  hommes. Mais il n’abandonnerait pas la jeune femme. Il l’aimerait s’il le fallait, physiquement au moins, et il jouerait le jeu avec elle, même si ce ne serait jamais plus qu’un simulacre pour lui. C’était tout ce qu’il était capable de faire. Il sentait le cosmos de la jeune femme de l’autre coté du mur, assoupi comme elle devait l’être elle-même. Il enviait la clarté limpide des pensées de Fiona malgré son passé horrible. S’il avait pu ressentir quelque chose, son cœur aurait bondi dans sa poitrine à l’idée d’avoir une compagne comme elle. Mais rien … rien du tout. Il lança tout de même une caresse teintée d’affection, ou du moins ce qu’il pouvait faire passer pour de l’affection, d’une simple onde cosmique. Mais cette fois ci, il n’y eut pas ce retour instinctif qui provenait de l’aura du Chevalier d’argent endormi.  Il écarquilla les yeux, se redressant brusquement sur son séant. Le cosmos de Fiona venait de disparaître totalement.

 

 

Ce café était vraiment pourri … il faut dire que dans un hôpital, à part le personnel féminin, pas grand chose n’était du gout de Sean. Et vu l’état de son visage, il doutait que l’une ou l’autre des mignonnes petites infirmières circulant autour de lui ne lui accorde un petit moment privilégié dans un coin tranquille, sans qu’il soit obligé d’insister un peu, ou de forcer son talent. Ajoutez à cela que baiser avec une femme à moitié morte n’était pas particulièrement attractif … quoiqu’en y regardant bien, elle était vraiment, mais alors vraiment bien foutue cette petite. Il détailla les cheveux châtains clairs mi-longs, encore un peu poisseux du sang qui avait giclé un peu partout, la courbe du drap qui se soulevait sous la respiration difficile de la patiente, et imagina un instant relever le drap et … il secoua la tête, s’enfonçant plus profondément dans son fauteuil de chambre.

-          Bon dieu, j’suis en manque … dit-il tout bas. T’es un gros malade mon pauvre Sean.

Il eut un profond soupir.

-          Monsieur ? Vous allez bien ? Fit une voix agréable, depuis la porte de la chambre.

Allons bon, une jolie blonde, avec tout ce qu’il faut là où il faut, et vêtue d’une blouse de toubib en plus. Son plus grand fantasme, juste après la belle métis qui occupait le douzième temple du zodiaque.

-          Non, pas particulièrement, répondit le Chevalier d’argent. J’ai mal un peu partout pour tout vous dire, ajouta-t-il en forçant un sourire qu’il espérait piteux.

Sans dire un mot, la femme se pencha sur lui et sorti une petite lampe de la forme d’un stylo. Il avait toujours trouvé ça curieux que les médecins s’intéressent d’abord aux yeux d’un type qui venait de prendre une méchante raclée. Mais ça tombait plutôt bien, vu de là, il avait le visage de la … dame ? demoiselle ? Pas d’alliance en tout cas … juste à proximité du sien.

-          Serrez mon bras, rajouta la blonde … T. Jansen, disait la petite plaquette sur sa blouse. T. Terry ???? … En allongeant le bras de coté.

-          Je ne crois pas que ça soit une bonne idée miss T, pensa Sean.

Mais il fit ce qu’il put pour ne pas lui faire de mal.

-          Vous avez l’air d’aller plutôt bien pour quelqu’un qui semble s’être fait rouler dessus par un camion, fit la femme avec un léger sourire.

-          Et encore j’suis passé entre les roues, acheva Sean rivant son regard à celui de sa proie. Si jamais Huriis apprend ça, j’suis mort ajouta-t-il pour lui-même dans le silence de son esprit. Mais là, c’est plus possible …

Il accentua son sourire, et déclencha son cosmos, faisant sournoisement trébucher la dame. Celle ci, bien évidemment, se retrouva dans ses bras en poussant un léger cri de surprise, mais elle ne rajouta rien. Le Chevalier d’argent avait déployé son pouvoir pour faire ressentir à cette pauvre petite mortelle combien il était dangereux, puissant, mystérieux … en un mot, irrésistible. C’était totalement discourtois et déloyal, ça allait à l’encontre de toutes les lois de la chevalerie, mais comme chaque fois, il se contenta d’estimer avoir assez ramassé aujourd’hui pour se permettre une consolation. Et si le boss n’était pas content … et bien ce qu’il ne savait pas ne pouvait lui causer du tort. Quelques instant plus tard, la femme, Terry effectivement, et son bel et dangereux étalon était dans la petite salle de bain attenante à la chambre, s’envoyant férocement en l’air, tout en essayant de garder un silence de bon aloi. Il n’avait jamais compris pourquoi la gente féminine était si attachée à s’envoyer les pires séducteurs de la terre, mais bon, il y trouvait son compte, et c’était déjà ça. De plus, cette femme n’avait pas vraiment la moindre chance de lui résister, toute hormone en fusion qu’elle était une fois l’aura d’attrait du cerbère déclenchée. La belle Terry et le Chevalier d’argent s’effondrèrent sur le sol carrelé après plus d’une demi-heure intensive, demi-heure durant laquelle son bipper sonna un nombre incalculable de fois. Si quelqu’un trouvait la mort à cause de ses ébats, la soufflante se transformerait en correction et personne en ce bas monde ne voulait recevoir une correction d’un chevalier d’or. Alors à chaque sonnerie, il avait pris un rythme plus tranquille le temps pour sa belle de jauger de la gravité de la chose, à chaque fois anodine visiblement. Soufflant de satisfaction, les deux amants restèrent un moment sur le sol plein de buée, et partagèrent une cigarette, en infraction avec la loi de tous les hôpitaux de cette planète. Mais la femme sembla reprendre ses esprits, et son visage exprima toute la désolation qu’elle ressentait après ce moment de total égarement. Elle se prit la tête entre les mains, et se morigéna copieusement … Sean lui souleva le visage par le menton, et la fixa un instant.

-          Bravo, fit-elle avec un sourire sardonique. Je ne sais pas vraiment ce que tu m’as fait, enfin avant d’entrer dans cette salle de bain, mais bravo pour cette réussite.

-          J’ai du succès, admit modestement le Chevalier. Et j’obtiens toujours ce que je veux.

-          Et bien j’aimerais pouvoir en dire autant, fit Terry en se relevant. Ho ça l’était, jusqu’à aujourd’hui, ajouta-t-elle d’une voix qui se faisait tremblante, mais je suis foutue maintenant.

Sean la regarda gravement, pensivement.

-          Si je trouve un poste, ça sera dans un autre pays … quelque part où personne ne saura que le bon docteur Jansen se fait sauter par son premier cas un peu mignon venu … Et délaisse ses patients pour une partie de jambes en l’air.

Sean ne dit rien, continuant de la fixer, pendant que Terry regardait dans le vague, se rhabillant comme elle pouvait.

-          Enfin … t’es un bon coup, c’est déjà ça, acheva-t-elle avec un soupir et un pauvre sourire.

-          Tu as de la famille ici ? Répliqua Sean, des attaches ?

-          Pourquoi ?

-          Réponds moi, fit le jeune homme fermement.

-          Non, personne, pas de parents vivants, et pas de mari si c’est ce que tu crains.

Sean eut un premier sourire, se redressa et la prit par les épaules.

-          Dis moi, tu dois certainement déjà avoir vu ça à la télévision.

Il fit briller doucement l’aura de son cosmos.

-          Qu’est-ce que …

-          Je suis un Chevalier, un Chevalier d’argent.

-          Alors ça … fut tout ce que Terry put répondre, les yeux écarquillés.

-          Je ne peux pas aller me dénoncer et raconter partout que je t’ai influencé … enfin pas si je tiens à ma peau, et c’est le cas.

-          CONNARD !!!!!!!! Explosa-t-elle, lui expédiant une gifle. Qui fut bloquée à mi-course.

-          Je te propose un autre poste, fit-il sévèrement. Dorénavant, tu vas servir au sanctuaire, pour t’occuper des Chevaliers blessés.

-          Mais que …

-          Et quelque chose me dit que nous risquons d’en avoir besoin. Historiquement, nous n’avons jamais eu de médecin, mais on va changer ça.

La femme resta silencieuse, les yeux toujours aussi grands ouverts.

-          Et accessoirement, ajouta malicieusement Sean, toi aussi tu es un bon coup. Il se pourrait que les bénéfices soient doubles, termina-t-il avec un sourire, en caressant le bras de la femme.

-          Espèce de …

-          Tss tss tss tu sauves des vies, et là, tu pourras t’occuper de ceux qui sauvent le monde.

Devant son air interloqué, il afficha son meilleur sourire. Il pensa un instant aux problèmes qu’il allait avoir à expliquer ça à Huriis, et ensuite au Pope en personne, mais plus ça allait, plus il trouvait l’idée excellente.

- t’inquiètes pas, le boulot est livré avec la villa de fonctions qui va avec.

 Il souriait encore lorsqu’il ouvrit la porte de la salle de bain, mais son expression se figea lorsqu’une femme, vêtue d’une armure verte se retourna en position d’attaque, attaque à priori initialement destinée à celle qui gisait inconsciente sur le lit d’hôpital. Il eut juste le temps de se rappeler qu’il ne portait rien à part son jean troué, qu’une boule d’énergie brillante partait dans sa direction.

-          Et merde, grommela-t-il.

 

 

-          Le vol 3084 à destination de New York, tous les passagers sont priés de se rendre en zone d’embarquement. Le vol 3084 à destination de New York ….

Axel jeta sa cigarette vers le cendrier colonne à la sortie de la zone de l’aéroport international de la capitale mexicaine. Son armure devait déjà être chargée à bord, avait le sigle diplomatique grec scotché en gros sur le film plastique. Il se hâta de rejoindre l’entrée de son aire d’embarquement, et pris la file avec une impatience affichée. Quelques heures auparavant, il avait pensé y aller à pied, après tout, il se déplaçait bien plus vite qu’un avion de ligne. Mais en y repensant bien, il aurait été hors d’état d’aider Sean après un tel voyage. Alors il devait ronger son frein et prendre l’avion. Bien … Il laissa trainer les yeux sur les autres passagers … rien de notable, rien d’inquiétant, rien d’intéressant. Quelques personnages importants qui avaient encore les moyens de partir de la ville qui tombait en morceaux, quelques étrangers qui rentraient chez eux le plus vite possible … Il avait fait ce qu’il pouvait, et sauvé un grand nombre de personnes dont plusieurs dizaines de gosses qui se trouvaient enfermés dans les ruines de l’hôpital central, et dans le même temps, il avait évité les caméras. Dans un calme relatif, il se retrouva dans l’aire d’embarquement à discuter avec une dame d’un âge vénérable qui lui racontait l’épouvantable journée qui venait de se terminer. Répondant distraitement à son interlocutrice, il fixa sa montre. Tard … très tard. Il espérait que tout allait bien pour son ami dans la grande pomme, et que la femme qui l’avait attaqué s’était tenue tranquille ensuite. Mais le coup de fil du Chevalier d’or du lion l’avait perturbé, et même Sean pouvait avoir besoin d’un coup de main de temps à autres. Lorsqu’il fut enfin assis à sa place dans le Boeing, il commanda un verre de whisky, et s’installa confortablement. Le pilote annonça des conditions météo agréables, souhaita un bon vol à l’équipage, et Axel commença à repasser mentalement le fil de la journée écoulée. Cette cosmo-énergie était tout de même bien étrange, intense à son arrivée, d’une force relativement faible mais extrêmement désagréable. Un peu comme une odeur de moisi qui vous taraude toute la journée.

Il jeta un regard à travers son hublot, et vit les lumières de la ville. Il était content de quitter Mexico. Dans quelques heures il serait avec Sean, et si ennemis il y avait, tant pis pour eux.

 

 

Jabu, son armure sur lui, entra dans la chambre de sa coéquipière, la porte s’ouvrant à toute volée. Là, trois silhouettes sombres, étaient concentrés sur Fiona, propulsant par leur main droite une sorte de flux mouvant d’une substance noirâtre qui couvrait totalement la jeune femme. L’un d’eux se retournait à peine pour faire face au nouvel arrivant, qu’il prenait le genou de la licorne en pleine face. Il alla s’écraser contre le mur, sa cape noire arrachée par la violence de l’impact. Sans porter plus avant son attention sur son premier ennemi, Jabu se tourna vers les deux autres. L’un des deux avait déjà interrompu son flux vers le Chevalier d’argent, et laissant juste le temps au Chevalier de bronze de prendre une posture de défense, expédia un puissant rayon dans sa direction. Impossible de l’éviter … le rayon frappa le chevalier et l’engloba totalement. Propulsé  contre le mur de la chambre, celui-ci senti l’impact puis un second lorsqu’il percuta le mur suivant après avoir traversé le premier. Un peu groggy, il esquiva avec peine une seconde attaque qui traversa les murs, semant la destruction dans les chambres suivantes. Serrant les dents, il se propulsa le long du sillon laissé par le deuxième coup et remonta rapidement vers son adversaire. Celui-ci encaissa un violent coup de l’abdomen, mais le Chevalier de la licorne ne put profiter de son avantage, la première silhouette s’étant redressée, et le frappant brutalement dans le dos. Sentant son armure se fissurer, il fut envahi par un flot de souffrance alors que le lâche lui demanda :

-          Une dernière parole Chevalier ? La voix était mielleuse, désagréable.

Il tenta tant bien que mal de se remettre sur ses jambes, mais le coude d’un des trois l’atteignit en plein visage, faisant voler son casque. Récupéré par le second, le Chevalier senti plus qu’il ne vit la poigne qui l’agrippait par cheveux pour le redresser. Celui ci lui expédia une attaque couleur verte en plein visage. Il sentit la chaleur infernale lui englober le visage, sa chevelure prendre feu, et sa peau bouillir dans une souffrance inimaginable. Un dernier coup le cloua au sol en lui fracturant les cotes.

-          Il va mourir, signala celui qui s’occupait toujours de Fiona.

-          Ce n’est qu’un Chevalier de Bronze, signala celui qui venait de porter le dernier coup. De la piétaille même si celui-ci paraît fort. Evidemment qu’il va mourir. Mais il est hors de question que je lui porte le coup de grâce. Il ne le mérite certainement pas.

-          Comme tu voudras ! En tout cas, j’ai ce que je suis venu chercher, reprit le premier avec gourmandise, jetant un regard pervers au Chevalier de la Lyre.

-          Je ne comprends toujours pas pourquoi nous faisons ça, dit le troisième rageur.

-          Peu importe, moi non plus pour tout te dire. Mais Shanys veut que nous enlevions ce Chevalier, et que je m’en occupe personnellement … rajouta le premier avec un ricanement pervers.

Il passa la main au travers du flux, entourant le Chevalier endormi, et caressa sa poitrine.

-          Et c’est bien ce que je compte faire, termina-t-il sur le même ton.

 

***

 

-          Il est encore en vie, c’est déjà ça, dit Andreas d’Argol.

-          A peine, lui répondit son interlocuteur. Bon sang, qu’est ce qui l’a attaqué ? Fit la voix fortement teintée d’accent de Suzume de la baleine blanche.

Le gigantesque asiatique s’était relevé, et appelait déjà des secours qui mettraient des heures à arriver au vu du chaos ambiant.

-          Ecarte-toi, fit le Chevalier au Sinistre bouclier. Je vais le stabiliser le temps qu’une ambulance arrive.

Il leva le bouclier vers le chevalier agonisant, et son pouvoir brilla un instant dans la pièce.

-          Ca me donne toujours froids dans le dos de te voir faire ça, fit sombrement Suzume.

Le Chevalier d’argent d’Argol écarta une mèche de ses abondants cheveux noirs, et après avoir vérifié la présence du cosmos de Jabu, tourna ses yeux bleu-acier vers le pan de mur dévasté qui donnait sur l’extérieur.

-          Ca ne me plait pas beaucoup non plus. Mais dans les circonstances actuelles, je n’ai pas le choix. J’avoue que j’aimerais bien croiser celui ou ceux qu’il a affrontés.

-          Et moi donc. Je détesterais que Kensial tombe en premier sur ce qui est responsable de ça. D’ailleurs, je pense le lui rapporter encore vivant, juste pour voir notre cher Chevalier d’or en faire de la pâté pour chien.

Il rumina de manière sinistre.

-          Je vais patrouiller dans le coin, signala le Grec, avec de la chance, quelqu’un pourra nous donner quelques détails sur ce qu’il s’est passé ici.

-          Tu veux que je vienne ?

-          Désolé mon ami, mais tu es trop effrayant pour les gens normaux, répondit Andréas avec un ricanement.

-          Boohhh si peu, admit modestement Suzume. Bon, je vais attendre les secours. Et si tu tombes sur celui qui a fait ça …

-          Je t’avertis. A tout à l’heure, et surtout ne laisses pas l’ambulance repartir sans Jabu, même si les ambulanciers risquent de ne pas comprendre.

Le Chevalier d’Argol laissa celui de la baleine blanche qui ricanait, et parti s’enfoncer dans les ruelles obscures du voisinage.

 

 


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