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| Hégémonie - Conquête ? | Auteur: Thalion | Vue: 3578 |
| [Publiée le: 2008-02-21] [Mise à Jour: 2010-03-03] | ||
| 13+ Signaler | Action-Aventure/Drame | Commentaires: 34 |
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Description: L'histoire en elle même se situe quelques années après l'hadès, Athéna et la plupart de ceux qui sont partis vaincre Hadès ne sont jamais revenu, et le sanctuaire vit avec une nouvelle génération. Les désordres mondiaux suite aux guerres saintes provoquent des remous dans la société, et des Chevaliers parcourent le monde afin de remettre de l'ordre. Mais après la bataille du sanctuaire, celle d'Asgard, les guerres contre Poséidon et Hadès, il semble que l'adversité ait encore quelques réserves pour mener la vie dure aux protecteurs d'Athéna. Quelques personnages de la série, beaucoup de nouveaux, quelques scènes un peu violente ou "hot" mais rien qui ne puisse justifier d'un niveau de lecture supérieur à 13+. Première partie du "double épisode" qui lance le dernier arc de cette histoire. | ||
| Crédits: Les personnages de Saint Seiya ne m'appartiennent pas, les personnages décrits dans cette histoire sont libres de droits, quiconque veut s'en inspirer, voir les utiliser franchement, a toute ma bénédiction. |
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Un étrange ennemi[3698 mots] |
Publié le: 2008-02-27 | |
| Taille du Texte: (+) : (-) | ||
- Allez sortez de là !!!!! S’exclama Fiona, Chevalier d'argent de la Lyre, soulevant sans efforts apparents la plaque de bétons, plaque qui avait menacé d'écraser cinq jeunes, apparemment orphelins et à la rue, dans cette petite avenue de Beyrouth. Elle se tourna vers les mômes, peu enclins à bouger, visiblement partagés entre la gratitude et la peur de ce visage, certes angélique quelques instants auparavant, plutôt tendance découpeuse de briques avec les dents à ce moment précis. Fiona Messarine, Italienne de son état, mais surtout fille d'Escort-girl désaxée par l'alcool et la drogue, n'aurait jamais du être chevalier. Seulement voilà, un certain Kirhümalia du Bélier était intervenu après l'explosion de son cosmos, alors qu'elle ramassait le dernier d'une longue liste de sévices corporels de la part de sa peu recommandable maman, et du non plus recommandable petit ami de celle ci. Elle était en train de les faire joliment rôtir à petit feu, une lueur démente accrochée à son regard, lorsqu'il était arrivé dans la pièce sordide qui leur servait de demeure. Il n'était pas vraiment plus vieux qu'elle à l'époque, seulement 14 ans, mais sa présence était déjà renversante. Il lui avait parlé sur un ton égal, mais la jeune fille avait perçu la chaleur et la compassion qui l'habitait derrière ce masque de devoir. Ses propositions étaient claires, elle le suivait dans un endroit appelé le sanctuaire, où il l'envoyait dans un monde meilleur tout de suite. Tentée par la seconde proposition, elle avait finalement accepté de le suivre lorsqu'il lui eut fermement promis qu'aucun homme ne poserait les mains sur les parties intimes de son corps sans son autorisation à elle. Bon, elle lui en voulait toujours un peu d'avoir oublié de lui parler de Shina et Marine, mais après avoir réussi à gagner son armure, cela n’importait finalement pas vraiment. Le petit plus de son existence était son entente avec Jabu, chevalier de Bronze de la Licorne, avec qui elle faisait équipe la plupart du temps. Chevalier correct, pas désagréable à regarder, il avait gagné la confiance de la jeune femme en devenant son mentor en terme de combat au corps à corps, sans l'usage du cosmos. Dans ce domaine, il avait progressé de manière fulgurante selon son entourage, et ce dès la nouvelle de la disparition d'Athéna. Il semblait clair que cet événement avait brisé quelque chose chez lui, mais il n'avait pas renoncé à son armure, ce qu'avaient fait plusieurs autres survivants après la dernière guerre sainte. Et comme il ne semblait toujours pas pouvoir gagner en puissance par l'usage du cosmos, il s'était concentré sur la formation physique au combat des nouvelles recrues arrivant en assez grand nombre ces dernières années. Son amitié avec Fiona, et leur entente en mission ne surprirent finalement personne, Jabu avait de l'expérience et des reflexes, Fiona de la puissance et de la hargne. Mais tous deux furent étonnés lorsque le Pope leur confia, en personne, la tâche de se rendre à Beyrouth afin d'enquêter sur une étrange cosmo-énergie ressentie par le Chevalier d'or de la vierge quelques minutes auparavant. Bien entendu, ils avaient carte-blanche pour enquêter, à l'inverse de Sean du Cerbère ou de Ramius de l'ours, parfois un peu trop créatifs pour agir sans ordres précis. Mais ils ne s'attendaient certainement pas à se trouver au centre d'un cataclysme sismologique de cette importance seulement quelques heures après leur arrivée. Ils avaient tout de suite détecté cet étrange cosmos qui inondait un petit quartier populaire de la ville, invisible pour le commun des mortels, mais particulièrement déplaisant pour les deux Chevaliers. Mais une fois sur place, ce cosmos avait disparu, et les tremblements de terre avaient commencé. N'ayant pas reçu d'ordres précis sur le "quoi faire" en cas de problèmes, ils avaient tant bien que mal participé aux actions de sauvetage après la première secousse, mais depuis cinq autres avaient frappé. Aussi sauvaient-ils ce qu'ils pouvaient. Et en l'occurrence, entre les tremblements de terre et Fiona, ce n'était pas le grand amour. Jabu lui observait la dévastation depuis le toit branlant d'un petit immeuble, ne craignant pas vraiment qu'il s'effondre, mais surveillant précautionneusement son évacuation. Il supervisait les actions de Fiona, lui communiquant par de brève impulsions cosmiques les endroits où son regard affuté détectait des personnes à secourir. Il s'amusait tout de même des réactions excédées de sa consœur, qui semblait prendre cette catastrophe pour une insulte personnelle quant à sa première mission décidée par le pope en personne. Celle ci faisait la navette entre les rues adjacentes sous sa direction, et le duo fonctionnait bien. La vitesse supérieure du chevalier d'argent lui permettait d'accomplir ce que seul il eût du mal à réaliser, tandis que sa perception bien plus développée guidait l'action. Mais avant tout, il guettait le moindre signe d'activité du cosmos qui avait disparu. A sa connaissance, seuls les chevaliers d'or pouvaient dissimuler leur énergie, lui n'avait jamais pu y arriver. Fiona non plus ne disposait pas de ce talent. Et si leur cible disposait du même type de pouvoirs qu'un chevalier d'or, la situation pouvait devenir bien plus dangereuse que prévue. Se laissant tomber de l’immeuble sur lequel il était perché, il glissa jusqu’au sol, quelques morceaux de pierre rebondissant sur son armure. Le Chevalier d’argent à la lyre le rejoignait déjà en maugréant, alors qu’il jetait un dernier coup d’œil appréciateur aux environs. Si la hiérarchie traditionnelle en chevalerie était quelque peu mise à mal, Fiona ne semblait pas en faire une maladie. Jabu était un excellent équipier, et elle savait qu’elle n’aurait pu diriger l’action en cours mieux que lui.
- Ca doit faire trente quarante minutes depuis la dernière non ? lança-t-elle
- A peu près quarante oui …
- Il y en aura d’autres ?
- Je n’en sais rien, je ne suis pas sismologue, mais les intervalles étaient plus courts entre chaque secousse. Je pense que c’est fini, du moins pour ça, soupira Jabu.
- Pour ça ? Fit Fiona en levant un sourcil.
- Ce n’est qu’un début, j’en ai le sentiment. Quelque chose de grave va se produire dans un futur très proche, répondit le bronze songeur.
- Je ne ressens rien, marmonna Fiona dubitative.
- Moi non plus … ce n’est qu’une intuition.
Elle lui lança un bref sourire, auquel il répondit, et tous deux reprirent leurs recherches. Il fallait trouver la source de ce cosmos étrange. Leurs sens en éveil, ils prenaient garde aux journalistes qui affluaient vers le centre de la ville. Leur présence n’était pas un secret, mais ils préféraient éviter ceux dont le travail n’avait finalement qu’un résultat dans le monde des Chevaliers, leur mettre des bâtons dans les roues. Après quelques heures de recherches, ils devaient se rendre à l’évidence, ils avaient perdu la trace. Moroses, ils retournèrent ensemble à leur hôtel, sans s’être débarrassés de leur armure. Mieux valait rester prudent. Le tenancier, un homme bien en chair, les observa avec un peu d’affolement, reconnaissant au moins les Chevaliers pour ce qu’ils étaient, le tournoi Galactique ayant appris cela au commun des mortels. Le regard et la brève explication de Fiona sur les possibles répercussions de leur déplaisir termina de lui faire comprendre qu’un retour à la bienheureuse ignorance quant à l’identité réelle de ses clients, ainsi qu’une propension de bon aloi à la discrétion serait sa meilleure assurance vie.
Dire que Sean était désappointé relevait du doux euphémisme.
- Toi qui t’attendais à une engueulade, murmura-t-il, et maintenant voilà que je dois escorter mademoiselle Chevalièriscide en puissance à l’hosto.
Le ton sec du chevalier d’or du capricorne n’avait souffert d’aucunes contestations, et il était vrai qu’Huriis avait promit à son subalterne de régler les ennuis administratifs. Installé dans l’ambulance, il pensait à l’attaque qui attendait le flic en face de lui, flic qui le regardait d’un air mauvais, lorsqu’il recevrait le message de laisser son « prisonnier » tranquille, et que de toutes façons le monde tournerait bien mieux s’il rentrait s’occuper de sa femme et de ses gosses.
- Dis donc Ribbson, aboya ledit flic, je rêve ou je t’ai dit de la fermer y a pas deux minutes ?
Sean leva les yeux sur son vis à vis, et pria Athéna que ce gros con fasse la connerie d’essayer de lui envoyer son arme de ceinture dans la mâchoire. Quitte à se faire engueuler au sanctuaire, autant qu’il y ait une raison valable.
- Oui officier … Johns c’est ça ???
- Ouais connard, gronda l’officier, et si je t’entends maugréer, je te fais sauter les dents. J’aime pas les enculés qui s’attaquent aux femmes.
Sean eut un sourire intérieur. Moi j’aime pas les femmes qui peuvent écrabouiller un connard dans ton genre en moins d’une seconde, pensa-t-il très fort. Sauf si elles portent une armure de Chevalier d’Athéna … et encore … Cette journée avait vraiment tourné à la foire. Le flic passait par-là, avait remarqué le grand jeune homme et la femme étendue sur le seul devant lui, baignant dans une marre de sang. Il avait appelé du renfort et des secours, mais seule une ambulance était venue. Visiblement les autres flics étaient retenus en ville à cause d’une espèce d’illuminé qui prêchait la fin du monde, et pour parachever le tableau, la voiture de police de l’agent Johns était tombée en panne. Le seul problème dans cette affaire, du moins du point de vue des flics, était que le néo-prophète semblait escorté par une nuée de fidèles qui avait vraisemblablement un problème coté cerveau. Du point de vue de Sean, c’était plutôt la sensation étrange que cette journée dans la grosse pomme n’avait pas finie de lui créer des surprises. Il s’était arrangé pour se soigner comme il pouvait, le flic ayant ordonné aux ambulanciers de le « laisser se démerder ». Un ruban solide autour des côtes, quelques gouttes d’alcool sur la figure pour désinfecter les plaies, plus quelques renforts énergétiques issus de son cosmos avait déjà fait pas mal pour lui redonner apparence humaine. Il allait repenser à Mexico et à son pote Axel, quand le flic le saisi par le col, et lui envoya son haleine puante au visage.
- Tu sais mec ! Si je t’éclatais le crane à coup de talon, juste là comme ça, personne n’y trouverait rien à redire.
- ….
- Et me regarde pas comme ça ducon ! Tiens !
Le flic lui envoya son poing dans le visage … qui ne bougea pas d’un centimètre. Sean regarda l’homme au-delà de son poing, et, à la stupeur de celui-ci, lui prit le poignet qu’il écarta doucement. Celui là allait comprendre, tant pis pour les emmerdes. Il fit briller son cosmos légèrement, et regarda le flic droit dans les yeux, avec une expression qui aurait rendu fier l’animal légendaire représentant sa constellation. Le flic terrorisé transpirait à grosses gouttes.
- Ecoutes moi bien, minable, parce que je ne vais pas le répéter. » Il accentua la pression sur le poignet juste d’un rien. « Tu vas rester sage maintenant. Tu vas te taire, et tu vas arrêter de me les casser » il accentua encore, jusqu’entendre un gémissement du flic dont les os commençaient à rompre. Il le relâcha. « C’est compris ?
- Ou …. Oui, réussi à gémir le flic en suant comme un bœuf.
- Parfait.
Il se rassit, même pas soulagé d’avoir fait crever ce crétin de trouille. Il observa la fille un moment, et avisa que l’ambulancier le dévisageait comme s’il faisait face à un serpent venimeux. Il fit un mouvement de tête à l’intention du type afin qu’il continue à maintenir sa victime en vie, le temps d’arriver à l’hôpital, ce que ce dernier s’empressa de faire. Enfin rasséréné, le Chevalier d’argent laissa trainer son regard sur la ville qui défilait à toute allure au travers de la vitre. Des fumées, de grands bruits … non, tout ça n’était vraiment pas normal, même pour cette ville. Quelque chose clochait, plus que d’habitude, et il aurait donné cher pour savoir quoi. Cette fille ne devait pas être totalement étrangère au problème, il n’aurait pas cette chance. Une femme qui ferait pâlir Shina de jalousie, qui en plus savait se battre, et dotée d’une cosmo-énergie correcte … le rêve quoi. Au détail près qu’elle avait essayé de lui régler son compte, mais « personne n’est parfait, donc bon …. »
Kirhümalia était étendu sur son lit, un simple drap de soie couvrant ses jambes, et dégustait un verre de champagne, appréciant la finesse des bulles, savourant la fraicheur de la boisson, contemplant le corps détourné de Nathalie, endormie à son coté. L’avantage d’être un chevalier était qu’une nuit de sexe sauvage ne faisait pas perler la moindre goutte de transpiration, évitant cette ennuyeuse réaction physiologique qui faisait souvent … tache à défaut d’autre qualificatif, dans le décor. Sa respiration régulière, la courbure de ses épaules … un sourire satisfait planait encore sur son visage lorsqu’il se levait, passait une simple tunique de lin blanc, et se rendait devant son ordinateur. Encore des nouvelles alarmistes d’un peu partout. Encore des catastrophes ici et là. Et rien. Pas plus que Tanyuë ou Kanon, il n’avait d’explication sur ces cosmos qui apparaissaient et disparaissaient soudain, déclenchant invariablement des problèmes dans le monde des hommes. Un bruit très léger lui fit dresser l’oreille, et un vague pli de concentration barra son front. Mais non, ce n’était qu’Huriis qui arrivait aux portes de son temple, sa cosmo-énergie juste déployée de sorte qu’il ne la sente qu’éveillé. Ce Chevalier d’or en était presque gênant de courtoisie. Il sorti de ses appartement privés, et alla accueillir son confrère qui arrivait.
- Je ne te dérange pas trop ? j’ai vu de la lumière dans tes appartements alors …
- Du tout, répondit le Bélier avec un sourire. Que puis-je pour toi ?
- L’un de mes chevaliers a eu un problème a New York, annonça Huriis sur un ton grave.
- Sean ? Fit le Bélier surpris.
- Oui, Sean. Il s’est fait attaqué par une femme, une femme disposant d’un cosmos éveillé.
- Et il va …
- Bien, enfin autant que faire se peut. Selon ce que j’ai compris, il n’a pas été trop gravement blessé, mais j’ai besoin d’en avoir le cœur net.
- Et tu veux que je l’examine tout de suite, termina Kirhümalia.
- S’il te plait. J’aurais posé la question à Tanyuë, mais il était plongé dans une méditation profonde. Et tu sais comment il est …
Le Chevalier d’or du Bélier sourit, ferma les yeux un instant, et laissa son esprit voyager jusqu’au Etats Unis. Quelques secondes plus tard, il rassura son pair.
- Il va bien. Quelques dégâts, mais rien de grave. Par contre la femme avec lui est salement amochée.
- Normal, fit modestement Huriis.
- Tu te laisses aller mon ami, ricana le Bélier, maintenant si tu permets, une certaine française me semble en voie de réveil.
- Merci Kirh, le capricorne utilisant inconsciemment l’abréviation qu’il utilisait alors qu’ils étaient tous deux apprentis.
- De rien, bonne nuit.
L’autre Chevalier reprenant la route des douze temples, Kirhümalia retourna dans ses quartiers. L’air ambiant restait imprégné des humeurs charnelles et il ne tarda guère à redonner vie à sa compagne endormie.
***
Bien plus tard, alors que Nathalie était retournée à son temple, Kirhümalia senti une présence au pied de la route, juste en bas de sa demeure. Et cette fois, pas de doutes, c’était hostile. La seconde suivante, il se trouvait à l’entrée de son temple, vêtu de son armure d’or, son cosmos déployé comme une barrière autour de lui. Là, en bas, une silhouette fluctuante vêtue d’une cape sombre flottant dans l’air troublé par ce cosmos malveillant. La silhouette fit un pas en direction de la première marche de l’escalier des douze maisons.
- Je ne pense pas que tu souhaites vraiment faire cela étranger, fit le Bélier. A moins bien sûr que tu n’ais une invitation du Pope, auquel cas je serais ravi de t’escorter jusqu’à lui.
- Et dans le cas contraire ? Répondit la silhouette sur un ton mielleux, clairement désagréable.
- Dans le cas contraire, poser le pied sur cette marche sera ton dernier acte en ce monde.
- Bien ! Tu as fait ton devoir en m’adressant ton avertissement. Je sais que je ne peux espérer vaincre le grand Chevalier d’or du Bélier, mais mes impératifs m’obligent à te défier malgré tout, dit la silhouette.
- Qui es-tu ?
- Je ne puis te révéler quoique ce soit à mon sujet.
- Bien.
La silhouette acheva son premier pas, et la fraction de seconde suivante, le chevalier d’or s’était positionné face à lui, posant avec une étrange douceur la paume de sa main sur son abdomen. Le regard grave, Kirhümalia détailla avec toute la célérité que lui procuraient ses sens d’Atlantes aidés par son énorme cosmo-énergie, celui qui allait mourir sous ses coups. Mais rien … rien n’émanait de son adversaire, sinon malveillance. Il aperçu tout de même les yeux de l’être face à lui, des yeux exorbités, injectés de sang et d’un gris froid comme la mort. Un instant d’hésitation failli lui couter cher, l’autre ayant enfin réagi et expédié son poing environné d’énergie cosmique en direction de son visage. Mais la vague d’étoiles destructrices s’échappa finalement de sa main tendu, et le silence de la nuit fut instantanément empli des bruit de fracas d’armure, de déchirement des chairs et du cri de douleur. Propulsé par une force considérable, le corps de l’étranger s’encastra dans la roche environnante, ajoutant encore au carnage. Mais avant qu’il ne puisse retomber au sol, il était déjà récupéré avec douceur par le chevalier d’or qui l’allongea avec délicatesse sur le sol.
- Maintenant, peux-tu me dire pourquoi te lancer dans une bataille où tu n’as aucune chance de vaincre ?
- Peut-être parce que … répondit l’autre en crachant du sang, en me faisant tuer par toi, j’obtiens précisément ce qui me fait emporter la victoire, haleta-t-il.
Le Bélier fronça les sourcils.
- Je comprend la notion de sacrifice, même de sa propre vie, pour un idéal. Mais là …
- Tu verras, Bélier … soupira le mourant, ma mort est le premier coup qui vous exterminera tous, toi et les autres Chevaliers d’Athéna.
- Si tu le dis. Souhaites-tu une inhumation particulière ?
- Inutile … mais tu as mon respect pour l’avoir demandé …
Ce furent ses dernières paroles. Et devant un Chevalier d’or perplexe, la silhouette commença à s’étioler, comme gagnée par le temps. Elle s’écoula en poussière si fine que la simple brise la fit voleter tout autour du rocher où le corps avait rencontré son funeste destin. Kirhümalia détourna les yeux pour voir arriver trois autres chevaliers d’or, tous en armure. Il secoua la tête négativement, et se releva pour raconter à ses pairs ce qui venait d’arriver.
***
Tanyuë ouvrit brutalement les yeux. Il avait ressenti un tel choc que sa méditation s’était interrompu d’un coup. Il n’avait pas le don de Pithiale, Chevalier de Bronze de Cassiopée, et il n’interpréta pas donc pas sa vision comme une prémonition. Mais l’image était nette, sans doute donc une scène en cours. En tout cas, il n’avait pas rêvé, c’était certain. Il voulu bouger, mais sa longue méditation avait ankylosé tous ses muscles. Grimaçant, il parvint tout de même à lancer un signal par son cosmos en direction des autres maisons. Les autres chevaliers d’or arrivèrent avec toute la célérité imaginable pour ces êtres capables de se déplacer aussi vite que la lumière, et Najilla fut le premier à soutenir un Tanyuë perclus de crampes. Il lui lança un bref sourire en plaisantant :
- Rester un mois en méditation … la prochaine fois, il faudra prévenir, qu’on te dépoussière à l’occasion.
Le chevalier d’or de la vierge répondit par un pauvre sourire, avant de reprendre son sérieux, et d’annoncer d’une voix grave
- Fiona et Jabu sont en grand danger à Beyrouth. Sean aussi, bien que différemment.
Les autres n’eurent aucune réaction attendant la suite.
- Il faut les aider …
Nathalie s’avançait déjà vers la sortie.
- Nathalie, nous ne pouvons pas y aller. Aucun de nous, souffla Elissandre des poissons, avec son accent méditerranéen.
- Pardon ? mais pourquoi …
- Tous les chevaliers d’or doivent rester au sanctuaire, je viens de recevoir cet ordre du Pope. Pithiale semble avoir eut une vision.
Tous les chevaliers présents fixèrent la dernière arrivée avec attention. Son teint halé et sa crinière d’ébène tranchait avec sa cape blanche, son port noble et altier attiraient immanquablement les regards. Les prémonitions de Pithiale de Cassiopée n’étaient jamais prise à la légère, même si techniquement elle était d’un rang inférieur aux neufs chevaliers présents dans le temple de la vierge.
- Si nous quittons le sanctuaire, si un seul d’entre nous quitte le sanctuaire, un grand malheur risque de nous frapper. Et, rajouta-t-elle fermement en levant la main, je n’ai pas d’autres détails.
Les Chevaliers d’or se fixèrent longuement entre eux, ruminant l’information, quand le Chevalier d’or Kansial du Lion se dirigea vers la sortie du temple.
- Andreas et Suzume iront à Beyrouth pour prêter main forte à Jabu et Fiona. Axel doit pouvoir faire le trajet rapidement depuis Mexico jusque New York. Si nous devons rester au sanctuaire, je pense que c’est la meilleure ligne de conduite.
Les autres approuvèrent de la tête.
- Je leur passe le message tout de suite.
Fiona était allongée dans sa chambre d’hôtel, méditant sur les événements de la journée passée. Ni elle ni Jabu ne s’étaient attendus à être confronté à un tel cataclysme. Les informations locales faisaient état de plus de cinq cents morts, et de milliers de blessés. Et encore, disait-on à la télévision, il semblait que l’intervention miraculeuse de deux personnes étrangères aux capacités étonnantes avait fortement diminué le nombre de victimes. Elle coupa le son, et s’enfouit plus profondément sous ses draps. Le Pope devait être au courant maintenant. Et si le danger craint par Jabu était réel, il enverrait des renforts … quelques chevaliers supplémentaires, un chevalier d’or qui sait. N’y pouvant plus rien, elle ferma les yeux. Sans voir la lueur rouge sang qui illuminait ceux d’une silhouette à sa fenêtre, silhouette qui fixait le Chevalier d’argent avec une avidité malsaine.
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