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Naruto



Le Lys   Auteur: Encens Vue: 275
[Publiée le: 2008-08-10]    [Mise à Jour: 2008-08-15]
AP Romance/DrameCommentaires: 16
Description:
Le droit, le choix et le devoir sont des concepts abstraits, chacun en a une idée plus ou moins approchée de celle de son voisin.

Certains pensaient avoir le droit de mener leur existence comme bon leur semblait, de vivre comme ils l'entendaient.
Jusqu'à ce que vienne le temps du devoir où nul choix ne subsistait.
Crédits:
Les personnages de Naruto ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de leur auteur, Masashi Kishimoto.

<< ( Préc )

Commenter: Chapitre 1: Droit et Insouciance

Chapitre 1: Droit et Insouciance

[8700 mots]
Publié le: 2008-08-15
Mis à Jour: 2008-08-15
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Chapitre 1 : Droit et Insouciance

 

Sabaku No Gaara jeta un dernier coup d’œil à la missive qu’il venait de recevoir avant de la poser sur son bureau dans un geste las.

Tous les arguments exposés dans cette lettre lui disaient d’accepter l’offre qu’on lui soumettait.

Le respect, la bonne entente, le risque minime de voir s’élever à nouveau des tensions entre son pays et celui dont le chef venait de lui écrire ainsi que des échanges commerciaux profitables aux deux nations.

C’étaient là des nouvelles qu’il aimait à recevoir mais il y avait une condition à remplir, une sorte de garantie pour veiller à la pérennité de ces relations amicales et profitables.

Si le prix avait été autre, Gaara aurait accepté sans hésitation, soucieux de son pays.

Voilà où se situait le problème, le prix en question s’avérait être plus que précieux puisqu’il s’agissait, en fait, de sa propre sœur.

Si on lui avait demandé, presque dix ans auparavant si sa famille lui importait, Gaara aurait répondu qu’il ne considérait pas les êtres faibles et insignifiants qui l’entouraient comme sa famille.

Puis il vous aurait simplement tué histoire de se sentir vivant.

Aujourd’hui, les choses avaient radicalement changé. Sabaku No Gaara n’était plus une machine de guerre pratiquement invincible, porteur du démon à une queue, Taniku ; au contraire, il ne vivait plus que pour son village et son souci premier avait toujours été d’écarter les quelques dangers qui auraient pu s’abattre sur Suna.

Or, un refus à l’encontre du Pays de la Terre était un moyen très sûr de s’attirer des foudres qu’il ne souhaitait pas.

Alors qu’il se perdait dans des conjectures personnelles, la porte s’ouvrit sur un quartet de jûnins revenus d’une mission de haut rang.

Les quatre hommes s’inclinèrent et attendirent, au garde-à-vous, que leur Kazekage leur accorde le droit de parler.

D’un geste de la main, Gaara ordonna la remise du rapport qu’il feuilleta vaguement avant de le laisser tomber sur son bureau, lui cachant ainsi la vue de cette missive qui le hantait.

-Faîtes venir Kankuro et Temari. Exécution.

Le quartet s’inclina dans un même mouvement et quitta la pièce sans poser une seule question et, surtout, sans un mot.

D’ordinaire Sabaku No Gaara réservait cette basse besogne de messager à des shinobis de seconde zone mais les quatre hommes avaient compris que l’affaire était suffisamment importante pour ne pas tolérer de délai.

 

Temari, puissante Jûnin de Suna et diplomate affectée aux affaires de Konoha, ne se doutait pas encore de l’avalanche qui était en train de s’abattre sur elle.

La jeune femme venait de rentrer d’une ennuyeuse mission de reconnaissance de territoire où le seul ennemi à tuer avait été le temps et ne rêvait plus que d’une chose : dormir jusqu’au siècle prochain au moins.

Ses vœux ne furent malheureusement pas exaucés car, à peine posait-elle dans un coin son arme de prédilection, un immense éventail finement ouvragé qui faisait sa fierté, qu’un homme vint frapper à la porte de son logement pour lui faire parvenir sa convocation dans le bureau du Kazekage.

Son respect pour son frère cadet l’empêcha de congédier l’informateur d’un ton acerbe et elle fila directement le retrouver sans se soucier plus longtemps de cette sieste qu’elle avait tant rêvée.

Elle parcourut en courant à grandes enjambées les longs couloirs qui reliaient entre eux les principaux bâtiments du village, bousculant sur son passage ceux qui avaient eu le malheur de se trouver en travers de son chemin, que ce soient de jeunes aspirants au cœur encore tendre ou des membres du conseil qui la suivirent des yeux un certain moment avec un air revêche.

C’est à peine essoufflée qu’elle parvint finalement devant le bureau de son frère et les trois coups qu’elle frappa contre la porte n’indiquaient en aucun cas son épuisement.

Malheureusement pour elle, une autre épreuve l’attendait et celle-ci était de taille.

 

Gaara leva le nez d’un des nombreux rapports qui dormaient sur son bureau tandis que sa sœur entrait, impassible et indifférente.

Il connaissait ce masque aussi bien qu’elle-même car c’était celui qu’elle utilisait en toutes circonstances quand ce n’était pas celui de la colère.

La jeune femme s’inclina profondément en baissant la tête puis attendit qu’il veuille bien prendre la parole.

Le Kazekage l’observait depuis son siège.

Il savait que Temari jouait le jeu de la soumission car elle le voulait bien et qu’en vérité elle était comme un chat sauvage qui sortait facilement ses griffes.

Ses colères étaient mémorables dans le monde entier, il en avait entendu plus d’une.

-Vous avez demandé à me voir, Kazekage-sama ? Demanda-t-elle après qu’il eût laissé un certain temps s’écouler.

Toute comme ses colères, son manque de patience était légendaire.

-Tu as dû croiser Kankuro en arrivant, je suppose ? Demanda-t-il finalement.

La jeune femme acquiesça, elle avait discerné la silhouette de son frère dans la foule qui entrait et sortait de la bâtisse mais elle ne s’était pas attardée à aller le rejoindre.

Gaara soupira, ce qui arracha une mimique interloquée à sa sœur.

Donc, songea-t-il, elle n’était, apparemment, au courant de rien.

Il s’empara du message du Pays de la Terre dans un geste qu’il feignit indifférent et le lui tendit.

Temari le parcourut de long en large et, à mesure qu’elle avançait dans sa lecture, ses yeux s’agrandirent comme frappés de plein fouet.

Frappée. Le mot était trop faible.

« Mariage », « Accord »,  « Bonnes relations » et tant d’autres mots qui explosaient devant son regard et s’imprimaient à jamais dans son esprit.

Elle releva vivement la tête vers Gaara qui restait fixé sur son visage dont le masque avait été brisé en mille morceaux. Son regard se fit dur, une expression indéfinissable sur son visage, entre le mépris et la déception.
-Kazekage-sama, je proteste… commença-t-elle d’une voix cassée.
-Ton avis ne sera pas retenu, la décision m’appartient et elle est déjà prise.
Une voix froide, trop peu dans le ton. Gaara, égal à lui-même. Temari planta ses yeux dans ceux de son frère. On pouvait y lire tout ce qu’elle avait à lui dire, les mots n’étaient pas utiles. Pourtant...
-Je refuse ! Répliqua-t-elle d’une voix où, déjà, perçait l’indignation. Dans ce village, ma condition vaut au moins mieux que celle d’un homme, vous n’avez pas à me considérer comme de la marchandise et me vendre au premier venu !
-En tant que shinobi, ton devoir est justement d’assurer le futur de ta patrie, tu as prêté serment.
La voix du Kazekage restait neutre et Temari, devant ce calme de glace, avait envie de hurler encore plus fort. Son poing se serra violemment, jusqu’à ce que la douleur coule en elle, presque salvatrice. Elle respira profondément, mais son souffle était déjà quelque peu saccadé. Elle l’affronterait, il le savait. Le pire était à venir, car si elle se pliait à sa volonté, elle ferait tout pour briser le contrat de l’intérieur même si elle devait pour ça salir l’honneur de sa famille. Pourtant, Gaara la regardait comme si de rien était, presque sereinement. Ceci ne faisait qu’augmenter la colère de Temari. Comment pouvait-il rester calme alors qu’elle était au bord de l’explosion ?
-Je suis ta sœur ! Tu ne peux pas me faire ça !
-Ta personne est secondaire.
-Tu ne peux disposer de moi à ta guise !
-C’est pourtant le cas…
-Je ne suis pas à un objet ! Coupa-t-elle d’une voix stridente, des larmes de rage menaçant de couler le long de ses joues rendues rouges par la fureur.
-…Et tu obéiras aux ordres que je te donne, quoi que tu en penses. Tu savais à quoi tu t’engageais en empruntant la voix du shinobi. Ne dis pas le contraire.

-C’est un ordre auquel je refuse d’obéir !

-Tu sers la cause de Suna, en tant que telle, tu te dois de faire des sacrifices pour ton village. Tu n’es plus kunoichi à partir de ce jour, seulement la sœur du Kazekage.

Ce fut le coup fatal. Temari le regarda, horrifiée. Elle avança d’un pas et gifla son frère. Celui ci ne fit rien pour l’en empêcher et accusa le coup. Il ne lui tiendrait pas rigueur de cet écart. Temari prit alors la parole, parlant d’une voix froide et coupant comme une lame. Cependant, chaque mot qui allait être prononcé serait pire que toute combat, pire que toute blessure. Ce serait les mots du désespoir, les mots de la simple colère, les mots de la peur, les mots de la déception. Des mots si vrais qu’ils ne pouvaient que blesser.


-A cet instant précis, petit frère, je te méprise plus que tu ne pourras jamais l’imaginer. Pas un instant tu n’as songé à ce que pourrait causer cette décision sur moi. Tu brises les gens sur ton passage sans te soucier des conséquences. Tu me brises ! Tu ne penses toujours qu’à toi, toi et ton pays, toi et tes charges, toi et toi, toi qui acceptes un contrat aussi répugnant, toi qui oublies ta propre famille pour faire survivre un pays qui ne t’aimera jamais ! Cria-t-elle brutalement. De mon vivant, quoique tu dises, quoique tu fasses, je ne me plierai en aucun cas à ta volonté, que ce soit bien clair ! Jamais ! Kunoichi je suis née, kunoichi je resterai même si je dois te tuer pour ça !

Elle lui lança un dernier regard qui traduisait sa rage, son profond ressentiment puis sortit sans un mot de plus, le souffle court et les larmes au yeux. Elle venait de lui porter le coup le plus dur qu’il ait jamais reçu car, quoiqu’on en dise, Gaara aimait sa sœur or, en plus de perdre un soldat, il venait de perdre un être qui avait tout donné pour tisser avec lui les liens d’une famille.

 

Konoha ou le village caché de la feuille, capitale du pays du Feu.

A bien des égards, Hinata est fière d’en être une habitante, une native. Elle était d’ailleurs toute aussi fière d’être  une kunoichi, une de ces combattantes de l’ombre que le commun des mortels admirait quand il ne les craignait pas.

Oui, Hinata était fière même si cette fierté ne se ressentait pas chez tous les membres de son clan. Ce clan dont elle était, à son grand malheur, l’héritière légitime et qui ne lui témoignait qu’un faux respect pour un mépris des plus véritables.

C’était ce qu’elle avait ressenti pour la énième fois lorsqu’elle avait traversé la cour principale de leur demeure et que des regards froids d’un blanc si semblable au sien s’étaient posé sur elle sans la moindre gêne.

 

Désormais entourée de ses deux gardes que son père lui avait affectés, elle parcourait des endroits retirés et paisibles du village afin de se rendre chez une personne pour laquelle son respect en tant que kunoichi et en tant que femme était des plus absolus.

Le dos droit, le regard impénétrable, elle marchait à pas mesurés, le suivant n’allant jamais plus loin que le précédent. Tel était le protocole qui seyait à sa condition et si son père, à bien dés égards, était déçu de son caractère doux et fragile, il n’avait jamais eu à se plaindre de son comportement en public.

Placés à exactement trois pas de distance d’elle, Inuzuka Kiba et Aburame Shino la suivaient, l’air imposant et froid.

Les quelques rares passants s’écartaient sur leur passage et s’inclinaient profondément à la vue de l’héritière du clan Hyûga.

La toute-puissance de la plus ancienne famille du village n’était ignorée de personne et la prestance avec laquelle le trio avançait était là pour le rappeler.

 

Yamanaka Ino, elle, était une autre espèce d’héritière, la parfaite antithèse de Hinata.

C’était ce qu’un œil extérieur aurait déclaré lorsque les deux jeunes femmes se retrouvèrent face à face dans l’une des nombreuses pièces de la demeure du clan Yamanaka.

Les pans en papier de riz avaient été ouverts sur le jardin de la propriété, immense fresque de fleurs aux couleurs vives ondoyant sous la douce brise printanière et Hinata laissa son regard s’attarder sur ce paysage unique alors qu’une servante leur amenait le thé.

Ino, du fait de sa condition légèrement inférieure s’était inclinée la première et lorsque l’héritière des Hyûga s’était inclinée à son tour, elle avait réitéré son salut plus profondément encore.

Pourtant, aussi sûre qu’était la différence de statut entre elles, l’assurance tranquille qui émanait d’Ino et la timidité naturelle qui entourait Hinata, les séparait bien plus que toute autre chose.

-Que me vaut l’honneur de votre visite ? Commença Ino de sa voix claire.

Hinata ne put empêcher un léger rougissement de venir colorer ses joues. Si Kiba et Shino étaient restés avec elle, plutôt que dehors comme l’exigeait l’usage, la jeune femme aurait pu garder un semblant de paraître mais l’amusement qui perçait dans la question de son interlocutrice avait eu tôt fait de la déstabiliser et de rappeler à sa mémoire pourquoi elle n’était pas la digne représentante des Hyûga.

-Je…

Rien n’y faisait, pas même le sourire encourageant qui se dessinait sur les lèvres d’Ino.

Elle ne pouvait s’empêcher de penser que la jeune femme était plus belle, plus intelligente, plus courageuse, plus forte, que son insolence lui valait l’admiration de ses pairs et qu’elle était la fierté de son clan.

Sa réussite en tant que kunoichi lui assurait le respect de bien des hommes et depuis sa plus tendre enfance, elle avait joui d’une grande liberté de mouvement et de parole, lesquels étaient la source de son caractère si peu porté à la soumission.

C’étaient tous ces points que Hinata connaissait de son interlocutrice et qui l’empêchaient d’avoir un tant soit peu confiance en elle-même.

C’est donc d’une voix malhabile qu’elle reprit la parole, prenant toutefois garde à ne pas donner l’impression de lancer un appel de détresse.

-J’ai… besoin d’aide.

Automatiquement, elle se mordit la lève inférieure à sang. Ce n’était pas ainsi qu’elle aurait voulu formuler sa demande.

Ino arqua un sourcil tandis que ses yeux d’un bleu aussi clair que le ciel qui perçait les quelques pâles nuages du printemps, brillaient d’une étincelle de compréhension.

L’aspect de vilain petit canard qu’avait Hinata au sein de sa propre famille avait toujours suscité l’amusement et la moquerie parmi les badauds et les commères mal intentionnées du village mais, alors qu’elle la regardait plus profondément, Ino ne put que penser au fait que le canard en question était, comme le conte le soulignait, un cygne qui n’avait pas fini de s’éveiller.

Eh bien soit.

-De l’aide ? Et en quoi puis-je vous être utile ?

C’est ainsi que, d’une voix légèrement bégayante, Hinata lui raconta son désir le plus secret de vouloir changer afin que ne subsiste seulement dans les yeux de son père la fierté qu’il éprouverait envers sa fille aînée.

 

L’équipe neuf de Konoha n’avait pas été réunie depuis de nombreuses semaines pourtant, alors que Hinata osait enfin se faire violence, prise du désir, du besoin de changer, les trois coéquipiers s’étaient retrouvés sur leur terrain d’entraînement.

Or ce n’était pas pour se battre.

Neji s’était adossé contre un arbre et son front mis à nu révélait ce sceau qu’il avait tant maudit durant sa jeunesse.

Aujourd’hui, dans très exactement cinq heures, au crépuscule, il verrait se réaliser la preuve incontestable que les choses pouvaient changer, qu’il n’y avait pas de courant défini pour chaque être vivant dans ce monde.

Tenten, quant à elle, bien qu’au courant de la situation, gardait un air sombre que Lee ne comprenait pas tandis qu’il les regardait tour à tour.

Le silence pesant, installé depuis le début de leur réunion, se faisait de plus en plus lourd à mesure que les secondes s’égrenaient.

Nul oiseau, nulle brise ne venait troubler ce moment, seule la voix de Tenten vint finalement le briser.

-Eh bien nous sommes ravis pour toi, affirma-t-elle tout en lançant un regard à Lee qui acquiesça.

Personnellement, ce dernier, s’il y avait été autorisé, aurait donné une fête en l’honneur de son vieil ami, mais quand il regardait Tenten, il se disait que les choses n’étaient pas si merveilleuses qu’elles en avaient l’air.

C’est alors que, regardant une nouvelle fois Neji et son kimono immaculé, il comprit la raison de tant de défaitisme.

Quand le Hyûga, normalement membre de la Bunke, la branche secondaire de son clan, se verrait accepté dans la Soke, la branche principale, les choses changeraient irrémédiablement.

D’un an l’aîné de Hinata, Neji deviendrait le membre le plus à même de devenir l’héritier des Hyûga.

Sa puissance, son intelligence, son acharnement au travail et son sang-froid le rendaient plus méritant que n’importe quel autre membre du clan ; Hiashi Hyûga, lequel avait pris le jeune homme sous son aile, avait tout bonnement décidé d’assurer complètement la légitimité de son protégé.

Là se situait le problème, une fois Neji héritier puis, vraisemblablement, chef de son clan, plus rien ne serait comme avant, leur équipe serait dissoute du fait de leur différence sociale trop importante.

Généralement, lorsque les jeunes shinobis passaient aspirants et étaient intégrés à des équipes, le niveau de chaque famille dans l’échelle hiérarchique était un facteur minime que l’on prenait rarement en compte, de plus, du fait de leur âge, les enfants étaient mélangés sans distinction afin de favoriser leur intégration dans un élément où seul le grade, l’obéissance et l’esprit d’équipe importaient.

Une fois une certaine maturité acquise, pourtant, l’usage voulait que les gens se regroupent en fonction de leur rang social or, bien que la tradition se perdît progressivement, Lee était persuadé que Neji quitterait leur équipe afin de ne pas porter préjudice au patriarche de sa famille et de respecter ses volontés en remerciement pour ce que cet homme avait fait pour lui.

Voilà pourquoi Tenten était d’humeur si sombre et voilà pourquoi il sentait tout d’un coup son moral tomber.

Ceci était la dernière réunion de l’équipe neuf en tant que telle, après ils devraient s’adresser à Neji en tant que « Hyûga-sama ».

Telle était la règle.

 

Le Godaime Hokage n’était pas une femme sensible qui se laissait facilement amadouer par ses sentiments.

Certes, lorsqu’elle songeait à son ancien amant et à son petit frère, son intransigeance capitulait légèrement devant ses souvenirs, mais elle n’aurait jamais pensé qu’un autre sujet puisse la toucher autant et lui causer, aujourd’hui, tant de tourments.

Lorsqu’elle avait pris Haruno Sakura comme disciple, elle avait tout simplement songé que les objectifs de la jeune fille valaient la peine qu’on lui accorde de l’aide.

Sakura, de surcroît, était une élève obéissante et son extraordinaire contrôle sur son chakra avait facilité son avancée vers les hautes sphères de la connaissance.

N’importe quel maître aurait été fier d’enseigner à une telle enfant et Tsunade défendait quiconque de dire le contraire.

Or, de fil en aiguille, plutôt que de se sentir la fierté d’un professeur, le Hokage avait ressenti celle d’une amie, d’une sœur et enfin d’une mère heureuse de voir sa fille unique, cette fille qu’elle n’avait jamais eue, grandir si bien dans le chemin qu’elle s’était choisie.

Et si Tsunade avait éprouvé de l’amour maternel pour Sakura, aujourd’hui elle avait peur, terrifiée pour elle et son futur.

Le Godaime Hokage frappa le plateau de son bureau de la paume de sa main, épuisée, harassée.

Depuis trois ans et sans que Sakura n’en ait aucune idée, elle refusait les alliances matrimoniales qui concernaient sa disciple, prétextant que l’intéressée était trop jeune, trop ignorante de ces « choses de la vie » et qu’il fallait attendre encore un peu.

Elle avait réussi à faire patienter tout ce monde trois années durant. Trois longues années durant lesquelles Sakura s’était épanouie, avait grandi.

Les rumeurs vantaient sa beauté, son intelligence et sa maturité.

La vérité contredisait rarement ces faits, ce qui n’était pas pour arranger les affaires de Tsunade qui, pour le coup, aurait préféré qu’elle fût moche et bête.

Après ce délai qui se perdait dans le court et le long, les dialogues avec les pays voisins s’étaient envenimés : il fallait que la célèbre kunoichi fasse un choix sur le futur mari de son élève.

Entre bonnet blanc et blanc bonnet, Tsunade ne percevait pas tant d’alternatives que ça.

Elle fit pianoter ces doigts sur son bureau avant de le frapper à nouveau et de se lever. Sa chaise, subissant son brusque redressement, alla se cogner contre le mur et, à l’instant même où Tsunade s’apprêtait à sortir, Shizune entra en trombe, un rouleau à la main.

Suna avait dépêché son meilleur messager aérien pour faire parvenir ces quelques mots à son voisin.

Une journée seulement s’était déroulée depuis l’affrontement entre Gaara et Temari.

Le Pays du Vent annonçait la prochaine union entre la sœur aînée du Kazekage et un parent du Kage de la Terre, or il était de notoriété publique que le Pays du Feu n’avait jamais entretenu de bonnes relations avec ce dernier.

 

D’un geste souple du poignet, Temari déploya son éventail et envoya un vent puissant s’abattre sur le mannequin qui lui servait de défouloir.

-Mais quel sale petit con ! Hurla-t-elle alors que son adversaire inanimé se brisait progressivement sous  les rafales de plus en plus puissantes.

La jeune femme avait eu beau crier et hurler, Gaara n’avait pas cédé d’un pouce sur sa décision de la marier à un notable du Pays de la Terre et voilà qu’elle se retrouvait à épuiser sa rage dans un vieux terrain d’entraînement aux confins du village, seule, abandonnée de tous.

Kankuro ne lui avait pas adressé un mot lorsqu’ils s’étaient retrouvés face à face dans le plus grand des hasards alors qu’elle parcourait le village d’un pas rapide pour faire retomber sa colère.

Il s’était contenté de passer son chemin, détournant la tête pour éviter de croiser le regard de sa sœur, aussi vert qu’était profonde sa colère.

Epuisée de fatigue, Temari finit par se laisser tomber sur le sol de terre, le souffle court et trempée de cette sueur qui perlait sur ses tempes et coulait le long de son dos.

Elle était kunoichi, bon sang ! Pas une vulgaire fille à marier !

Oui, elle éprouvait un profond mépris pour ces jeunes femmes en quête d’un mari, prêtes à se mettre en quatre pour s’en dégoter un.

Temari les avait vues tant de fois se diriger d’un pas pressé pour rencontrer la marieuse qu’elle ne retenait même plus ses exclamations dégoûtées.

Elle, elle n’avait jamais voulu se marier, c’était aux antipodes de ses véritables désirs et elle avait toujours cru que Gaara lui épargnerai ce genre de choses.

C’était, en vérité, plus qu’un simple mariage entre deux personnes qu’il lui soumettait.

Il la forçait à contracter une alliance avec un pays voisin et, par-là même, coupait ainsi court à toutes les ambitions qu’elle avait pu caresser.

Devenir une kunoichi reconnue par les hommes dans le monde entier et s’affranchir enfin de sa simple condition de femme qui lui valait, à bien trop de reprises, des sarcasmes sexistes et des remarques obscènes, était son objectif, son but le plus absolu, celui qu’elle aurait défendu jusqu’à en mourir. 

Gaara ne lui laissait même pas ça et il savait qu’elle n’irait jamais s’abaisser à se donner elle-même la mort alors qu’elle avait encore tant de choses à accomplir.

Cette fois, il avait été impitoyable et ça la rendait absolument folle de rage.

Qu’il ne se repose pas trop non plus, elle n’allait pas se laisser faire.

Ce n’était pas dans sa nature.

 

Pendant que Hinata et Ino s’entretenaient dans le plus grand secret, Kiba et Shino attendaient patiemment, positionnés de part et d’autre de la porte close.

Bien que concentré sur sa tâche, Kiba ne pouvait s’empêcher de laisser son regard errer autour de lui sur les longs couloirs au parquet sombre, interminables et menant aux quatre coins de la demeure.

Lorsqu’il était encore enfant, il avait pris pour habitude de venir jouer ici et avait fini par connaître chaque pièce de la propriété du clan Yamanaka.

Certes, la petite héritière qui lui servait alors de camarade de jeux n’était pas ce qu’on pouvait appeler une petite fille adorable mais plutôt une gamine bornée aussi casse-cou et amatrice de mauvaises blagues que lui.

Bien entendu, ils n’avaient que cinq ans et leur insouciance était mémorable, à présent l’héritière en question avait souvent le don de l’agacer prodigieusement par sa nonchalance envers les obligations qui seyaient à sa position alors que lui-même devait courber la tête et faire des ronds de jambe pour rétablir l’honneur de son clan.

La porte coulissa justement pour laisser apparaître les deux héritières, Hinata en première et rougissant encore de toutes ces révélations intimes qu’elle avait murmurées, Ino près de la porte, s’inclinant poliment.

Lorsque l’héritière des Yamanaka leva finalement son regard bleu, celui s’illumina d’une étincelle d’amusement.

-Kiba-kun ? Cela faisait longtemps que tu n’avais pas pris le temps de venir nous rendre visite !

L’intéressé baissa les yeux vers elle et se reprit à temps pour ne pas lui répondre d’un grognement ce qui eût été impoli alors qu’actuellement il accordait une attention particulière à son langage.

-Yamanaka-san, la salua-t-il en s’inclinant profondément.

Il l’entendit, et ce avec un certain mécontentement, étouffer un rire espiègle derrière la manche de son kimono.

Elle n’avait pas changé, songea le jeune homme, toujours aussi désintéressée par les marques de respect et les exigences qu’on pouvait avoir envers elle.

-Désires-tu voir mon père ? Cela fait longtemps que vous ne vous êtes pas entretenus, il me semble.

-Je suis aux ordres de Hinata-sama, répondit Kiba en songeant qu’il ne pouvait décemment voir le patriarche de la famille Yamanaka maintenant de peur de devoir lui expliquer pourquoi il n’était pas venu demander de l’aide à l’homme qui l’avait toujours considéré comme un fils. La raison était pourtant simple : Ino se serait probablement moquée de lui jusqu’à la fin de ses jours et il avait cette perspective en horreur.

-Mais… Commença l’intéressée d’une petite voix.

-Je suis navré mais votre père ne tolèrerait pas un tel manquement à mes devoirs envers vous. Je passerai le voir prochainement, assura-t-il à l’intention de leur hôtesse.

Une moue mécontente s’esquissa sur le fin visage d’Ino tandis qu’elle croisait les bras.

-Tu ne le feras pas.

Hinata les regardait tour à tour avec une certaine appréhension. Elle voyait parfaitement que Kiba faisait preuve d’un calme olympien pour ne pas déclarer tout net à Ino qu’elle n’avait qu’à se mêler de ses affaires, ce qui aurait pu passer pour une offense et, d’un autre côté, l’héritière des Yamanaka éprouvait un sentiment de colère très puissant quand on la traitait avec tant d’indifférence surtout quand il s’agissait d’un ami d’enfance tel que lui.

-Je suis navré, mes obligations…

-Silence, intima Ino.

Il obtempéra dans l’instant et la jeune fille poussa un soupir accablé.

-Il faut croire que tes amis à quatre pattes ont fini par t’enseigner quelque chose à ce que je vois. 

Là encore, il ne réagit pas mais Hinata voyait bien qu’il serrait les dents et les poins pour retenir une phrase malheureuse.

Ino attendit une réponse qui, autrefois, ne se faisait jamais attendre or Kiba garda un air impassible qu’elle ne lui connaissait pas.

D’ailleurs, en y songeant, pourquoi était-il si cérémonieux à l’encontre de Hinata, laquelle était pourtant sa coéquipière depuis l’enfance ?

C’était un point qu’elle se devait d’éclaircir.

La jeune femme jeta un œil à Shino qui avait gardé un silence de pierre tombale depuis le début de l’entretien.

-Hinata, déclara-t-il soudain, nous devons y aller.

Ino fronça les sourcils. En voilà un qui ne faisait pas de courbettes justement.

Hinata sembla remarquer le regard soucieux de sa compagne et s’enquit immédiatement des problèmes qui la tracassaient :

-Quelque chose ne va pas ?

Ino secoua la tête avant d’éclater d’un doux rire qui résonna comme un chant aux oreilles de l’héritier des Inuzuka bien que celui-ci fît tout pour ne pas l’écouter.

-Je songeais seulement à la tenue que j’allais choisir pour la réception de ce soir, mentit-elle. Il s’agit d’un évènement donné par le clan Akimichi à l’occasion de l’anniversaire de la petite sœur de Chôji-kun. Participes-tu à la soirée ? Demanda-t-elle à l’intention de Kiba qui se croyait pourtant sorti d’affaire. J’espérais revoir Hana-san.

Ce faisant, ils se remirent en route vers l’entrée du domaine, Shino toujours trois pas derrière eux tandis que Kiba se voyait forcé de marcher aux côtés des deux jeunes femmes pour répondre aux questions qu’on lui posait.

-Ce ne serait pas convenable, affirma-t-il d’une voix froide.

-Je ne comprends pas, le clan Inuzuka est pourtant…

-Yamanaka-san, s’il vous plaît.

Il l’avait coupée en plein élan, las de ses questions embarrassantes. Si elle ne savait rien de la situation de sa famille, il n’avait aucunement envie de la mettre au courant.

-Puis-je retourner à ma place ? Ajouta-t-il à l’intention de Hinata qui hocha la tête avec un faible sourire.

Sur ce, il se retourna pour prendre place aux côtés de Shino qui le regardait derrière ses lunettes noires.

Le jeune Aburame savait tout des problèmes qui pesaient sur son compagnon mais il n’en dit mot, cela ne le concernait pas.

 

Alors qu’un serviteur leur ouvrait le portail, Ino et Hinata se saluèrent une dernière fois puis Kiba et Shino s’inclinèrent à leur tour, exprimant silencieusement l’un et l’autre leur respect envers la jeune femme.

Ino leur adressa un signe de la tête.

-Passez donc un de ces jours, Inuzuka-san, conclut-elle en faisant bien attention à employer le vouvoiement, une mimique taquine sur le visage, voilà longtemps que père n’a pas eu un adversaire digne de ce nom pour s’exercer au Taijutsu.

 

A peine le trio eut-il reprit sa route qu’Ino partit en quête de son père d’un pas aussi rapide que possible, malheureusement ralentie par son kimono.

Tant bien que mal, elle finit par le trouver penché au-dessus d’un jeune plant d’arbre.

-Père, l’interpella-t-elle en croisant les bras.

Yamanaka Inoichi se retourna et sourit en apercevant sa fille. Il nota au passage son air étrangement sérieux et se redressa correctement, soudainement inquiet.

-Que me vaut le plaisir de ta compagnie ?

-Kiba-kun est venu, il accompagnait Hinata-san.

-Est-il resté ? Demanda Inoichi, heureux de savoir que le jeune homme avait finalement décidé de passer à nouveau le seuil de leur porte. Je voulais justement lui parler de quelque chose d’important.

-Non, justement. Père je ne comprends pas, que se passe-t-il ?

-Ce garçon est un mystère décidément, soupira le patriarche pour lui-même, puis il fronça les sourcils à la question de sa fille. Qu’est-ce que tu entends par là ?

-J’entends par là le fait qu’il se soit subitement mis au service des Hyûga, répliqua la jeune femme, excédée.

-Oh… Tu veux parler de cette histoire-là… C’est assez…

-Bon sang ! Plus vite on aura fini, plus vite je pourrai aller lui tirer les oreilles !

Inoichi soupira, épuisé.

-Non, tu n’iras pas. Et je vais te faire la fleur de te dire pourquoi, ajouta-t-il en riant de sa blague de botaniste.

 

Plusieurs années auparavant, alors qu’Uchiwa Itachi était encore un jeune shinobi de Konoha et que le clan à l’éventail faisait partie des notables du village, le jeune héritier qu’était alors l’aîné des frères Uchiwa faisait équipe avec Inuzuka Hana.

L’entente entre les deux adolescents avait toujours été presque fusionnelle, tant lors de la mission que durant leur temps libre.

Les membres du conseil du village et le patriarche du village lui-même, y avaient vu un excellent duo qui ferait partie de l’élite des shinobis et, bien que Hana ait décidé plus tard de se tourner vers un but plus médical, soucieuse de prodiguer de la vie plutôt que de la mort alors qu’Itachi entrait, très jeune, chez les jûnins puis les services secrets, ils étaient restés très liés, au point de susciter des soupçons auprès de leurs deux familles quant à leurs véritables relations.

Le secret qu’ils avaient réussi à garder tant d’années durant avait finalement éclaté l’année de leurs seize ans quand Itachi avait déclaré vouloir épouser Hana malgré leurs différences de rang.

L’histoire avait fait le tour du village en quelques heures et, malgré les menaces de son père ainsi que des notables de son clan, Itachi n’en avait démordu à aucun moment.

Hana fut punie par son propre père, lequel mourrait en mission quelques années plus tard, pour ne pas être restée à la place qu’était la sienne.

Malgré les interdictions de leurs deux familles et le fait qu’on les ait intégrés à de nouvelles équipes, les jeunes gens avaient continué à se voir en secret.

L’affaire avait suivi son cours et certaines personnes anonymes avaient même décidé de les aider à contracter une union tout à fait officielle dans le plus grand secret, or quand ils eurent dix-sept ans et à la surprise générale, Uchiwa Itachi assassina tout son clan avant de déserter proprement, délaissant sa promise à la critique déjà ambiante des autres.

L’on interrogea de nombreuses fois la jeune femme éperdue mais celle-ci ne savait rien et l’histoire finit par être jetée aux oubliettes.

La suite est connue de tous : Inuzuka Hana est devenue une femme droite et loyale se consacrant pleinement à son métier.

Pourtant, et ce depuis plusieurs semaines, la jeune femme agissait étrangement, quittant le village tard dans la nuit pour disparaître plusieurs jours durant avant de revenir au village sans donner une explication.

De nouveau, le service des interrogatoires lui avait posé des questions et le Hokage lui avait, à maintes reprises, demandé un rapport qui aurait pu expliquer ses agissements mais, dans un cas comme dans l’autre, Inuzuka Hana garda le silence, provoquant ainsi le doute et la méfiance sur son clan.

L’histoire de ce mariage raté ressortait peu à peu des oubliettes et on parlait d’une traîtrise éhontée de la part des Inuzuka.

La matriarche de la famille ne faisait rien pour arranger cette affaire, protégeant sa fille envers et contre tous ; seul Kiba cherchait à redresser le tord qu’on leur causait en demandant l’aide de Hyûga Hiashi, le patriarche du clan le plus puissant de Konoha, celui-là même qui imposait le respect à quiconque le croisait et ne tolérait aucune réplique à ses décisions.

Pour prouver sa loyauté, il était clair que Kiba avait mis sa personne au service du clan, avait alors jugé Yamanaka Inoichi, surpris que le jeune homme n’ait d’abord pas pensé à lui demander de l’aide à lui.

 

Sakura se passa une main dans les cheveux pour la énième fois avant de finalement se décider à entrer dans le bureau de Tsunade.

Ce n’était pas qu’elle n’appréciait pas de se faire attribuer des missions à la dernière minute mais au vu de la mine de Shizune qui lui avait fait passer le message, l’affaire avait un air de gravité qu’elle appréhendait.

Ce fut une Tsunade penchée soucieusement au-dessus de lettres et de missives qu’elle eut la surprise de découvrir.

-Hokage-sama ? Appela-t-elle d’une voix interrogative. Vous m’avez fait demander ?

Tsunade releva vivement les yeux de ses papiers avant de les ranger à la va-vite dans un tiroir déjà rempli à ras bord qu’elle n’arrivait pas à fermer.

Sakura fronça les sourcils mais ne pipa mot et s’avança vers le bureau de son maître.

-Vous avez une mission à te confier ?

Le Hokage hocha simplement la tête, s’évertuant à rentrer ce satané tiroir dans lequel se trouvaient la plupart des demandes d’union adressées à Sakura.

-Je t’envoie pour une mission diplomatique pour à Suna. Nous nous devons d’intervenir avant que cette sale affaire ne prenne une ampleur qui nous serait défavorable.

La jeune fille arqua un sourcil et devant son air d’incompréhension, Tsunade soupira et lui tendit un récapitulatif de sa mission.

-Le Kazekage a décidé de s’allier au Pays de la Terre au moyen d’une union matrimoniale.

-Mais, le Pays du Feu n’a jamais…

-…Entretenu de bonnes relations avec la Terre ? C’est précisément pour ça que je t’envoie là-bas.

-Gaara…-sama, se rattrapa-t-elle à temps, n’est-il pas au courant de ces tensions ?

-Bien sûr que si, c’est pour ça que je ne comprends pas à quoi il joue. Vas là-bas, raisonne-le par tous les moyens verbaux qui sont à ta portée et essaie de trouver une solution qui nous serait profitable à tous. Le Kazekage n’a pas l’air de bien saisir ce qu’il est en train d’accepter.

-Ne peut-on pas essayer de trouver un arrangement avec le Pays de la Terre ?

Tsunade soupira à nouveau avant de planter son regard dans celui de son élève.

-Par deux fois ces lâches se sont introduits sans autorisation dans Konoha afin de nous espionner et organiser une offensive. Je ne me laisserai pas avoir une troisième fois or le Kazekage est en train de leur offrir une possibilité en or de venir fouiner chez nous. Si jamais ce mariage se fait, Kaze No Kuni serait un traître et le Pays du Feu ne traite pas avec les parjures, au mieux nous les exterminerons avant qu’eux ne se chargent de nous attaquer.

-Hokage-sama…

-Sois prête dans une heure, Lee t’accompagnera. Tu as cinq jours en plus du temps qui te sera nécessaire pour faire le voyage.

Sakura s’apprêtait à protester sur les propos de son maître mais elle se ravisa et sortit tandis que Tsunade la regardait partir avec soulagement.

Durant au moins onze jours, Sakura serait loin de Konoha et des diplomates qui arrivaient peu à peu pour accueillir la réponse du Hokage envers les demandes en mariage de leur maître.

Elle ne voulait pas souffrir le fait que sa disciple puisse se faire enlever par un shinobi étranger. 

 

Alors qu’elle s’habillait pour assister à l’anniversaire de la cadette de Chôji, Ino pensait encore à cette histoire de mariage et d’abandon.

Que Kiba ait décidé de prendre toute la responsabilité sur lui-même prouvait qu’il était préparé à devenir le chef de son clan ce qui semblait plutôt étrange pour la jeune fille car, elle avait beau être du même âge à peu de choses près, elle n’était pas prête à abandonner cette vie insouciante qu’elle appréciait tant.

Ils avaient changé depuis l’époque où ils s’amusaient à se cacher dans les meubles de la maison pour effrayer les serviteurs.

Aujourd’hui Kiba ressemblait à un chien apprivoiser prêt à lever sagement la patte et remuer gentiment la queue devant n’importe quel type prêt à lui accorder de l’aide.

Ino n’avait jamais été obligeante et elle comptait bien poursuivre dans cette voie.

 

A la demeure Akimichi, elle adressa ses respects et ses félicitations aux parents de Chôji. La petite fille qui se tenait entre eux, richement vêtue pour le jour de son anniversaire, s’inclina respectueusement quand Ino la salua, rougissant jusqu’à la racine de ses cheveux châtains.

Dans les jardins de la propriété, éclairés dans la nuit naissante par les lumières de lampions se balançant sous la brise printanière, la jeune femme avisa rapidement son ami ainsi que Shikamaru qui s’était affalé dans un coin, une cigarette entre les lèvres, le dos confortablement calé contre un arbre.

La plupart des invités s’étaient regroupés dans la demeure, songeant que la soirée était trop fraîche pour s’aventurer trop longtemps à l’extérieur.

Elle savait que Naruto ne serait pas convié à cette soirée tout comme Sakura et bien d’autres de ses compagnons qui n’étaient que des plébéiens qu’un patriarche ne pouvait se permettre d’inviter.

Dans un coin, elle reconnut pourtant Tenten et Shino, assis dans l’herbe loin de la foule d’invités et se décida à les rejoindre sans plus attendre alors que son père entrait dans une grande discussion avec Nara Shikato.

-Ino-chan, la salua l’ancienne coéquipière de Neji, que nous vaut ce plaisir ?

La blonde lui rendit le sourire qu’elle lui adressait avant de hausser les épaules.

-Si on te le demande, tu diras que tu sais pas.

-Comme c’est joliment dit, accorda Tenten en tapotant l’herbe à côté d’elle pour lui enjoindre de s’asseoir. Personnellement, je n’ai rien contre Chôji-kun mais il n’y a même pas moyen de mettre la main sur un doigt de saké.

-Un jour l’alcool aura raison de ta personne et affectera tes capacités physiques et morales, créant une dépendance qu’il te faudra satisfaire envers et contre tout si tu ne veux pas…

-… Devenir complètement dingue ? Proposa la brune avec une grimace. Je ne parlais que d’un doigt de saké, Shino-kun, pas d’une pleine barrique et c’est toi qui va finir pas me rendre chèvre avec tes phrases moralistes interminables.

Ino éclata d’un grand rire et alors qu’elle jetait un œil à Shino, elle se retint pourtant de lui demander des nouvelles de Kiba et sa famille. 

-C’est bien rare de te voir si sage, Ino-chan. Habituellement tu es la première à t’élancer dans les soirées pour les animer, ajouta Tenten en mimant grossièrement quelqu’un qui dansait.

Ino eut une mimique songeuse.

-Je n’ai pas envie de m’amuser ce soir, je réfléchis.

-Tu as finalement appris ce qu’il se passait chez les Inuzuka ? Demanda Shino en redressant ses lunettes sur son nez.

-Et après ? Attaqua la blonde en plissant les yeux, Kiba-kun va me réprimander ? J’aurais d’abord deux mots à lui dire avant qu’il ne me lance quelques ronds de jambe à la figure et des «Yamanaka-san » absolument agaçants.

-Oh ! Se moqua leur amie, une confrontation avec le bel héritier des Inuzuka ! Cela s’annonce palpitant ! Surtout depuis qu’il est devenu aussi aimable qu’une porte de prison…

Shino ne répondit pas et se leva.

-N’oublie tout de même pas qu’un homme a sa fierté et que, face à une femme il préfèrerait mourir plutôt que de paraître faible.

Ino fronça les sourcils.

-Shino-kun, tu n’as jamais songé à paraître moins mystique afin de faciliter la tâche à ton entourage ?

-Non, jamais.

Sur ces mots et après les avoir saluées de la tête, il partit en direction de Shikamaru qui soupira rien qu’en le voyant arriver mais ne le chassa pas avec une réplique acerbe. Au moins, celui qui venait lui tenir compagnie n’était pas une espèce de pie bavarde.

Alors qu’Ino et Tenten entraient dans une fascinante discussion qui ne concernait qu’elles, Chôji les rejoignit avec deux parts d’une pâtisserie que l’héritière des Yamanaka appréciait particulièrement.

Tenten avisa plus loin un serviteur des Hyûga venu présenter les compliments de ses maîtres au patriarche des Akimichi et se leva prestement afin de demander des nouvelles de Hinata.

-Tout se passe bien ? Demanda poliment Chôji en lui tendant sa part. Tu m’excuseras si je ne te fais pas la révérence mais j’ai bien peur de m’étaler complètement si je tente quelque chose dans le genre.

Ino lui répondit d’un grand sourire alors que Chôji devenait pensif.

Il s’assit tranquillement à côté de la jeune fille qui picorait dans son assiette.

-Tu m’as l’air soucieuse, Ino. Qu’est-ce qui t’arrive ?

-Tu as entendu parler de la honte…

-… Qui est sur Kiba et sa famille ? Oui. Je ne pense pas que Hana-san cherche à rejoindre Uchiwa Itachi. Du moins, ce n’est pas mon avis mais qui sait ?

Ino acquiesça de la tête en se mordillant la lèvre inférieure.

-Kiba va en tomber des nues si tu passes ton temps à autre chose qu’à te moquer de lui, plaisanta Chôji en passant un bras amical autour de ses épaules.

-Je ne suis pas si méchante.

-Mais tu n’es pas tendre, répliqua le jeune homme avec un sourire.

Il laissa passer un temps avant de reprendre.

-Je suppose que tu vas aller les voir sitôt que l’anniversaire de ma sœur sera fini.

-Tu supposes bien.

-Alors fait-moi plaisir et amène avec toi deux ou trois bricoles que Kiba et Hana-san aiment bien. D’ailleurs, comme je sais que tu vas t’ennuyer à mourir pour je ne sais quelle obscure raison…

-Tu sais comment je réagis mais pas pourquoi, plaisanta Ino, son sourire s’élargissant.

-Etrange, non ? Accorda Chôji en souriant à son tour, enfin bref, vas-y maintenant, les rues ne sont jamais sûres une fois que la nuit est avancée.

Ino souleva discrètement un pan de son kimono et le métal de l’ouverture d’un étui à shurikens fermement accroché à sa cheville brilla à la lumière d’un lampion.

-J’aurais de quoi me défendre, ne te fais pas de soucis.

Chôji leva les yeux au ciel avec un air désabusé.

 

Neji était à genoux face au conseil de la famille Hyûga. Ceux-ci étaient au nombre de cinq et le regardaient de leurs yeux immaculés, assis sur une même ligne serrée.

Celui du centre prit finalement la parole d’une voix haute et claire que Neji ne reconnut pas.

-Nous, notables de la Soke, reconnaissons que la valeur de Hyûga Neji, sa force, son courage et son sang-froid, le rendent tout à fait digne de faire partie de la branche principale du clan Hyûga. En conséquence, à dater de ce jour et jusqu’à sa mort, Hyûga Neji n’est plus une ombre de la Bunke mais un membre de la Soke sous le tutorat de Hyûga Hiashi, patriarche du clan Hyûga.

Le jeune homme s’inclina avec respect, sa longue chevelure noire suivant gracieusement son geste.

 

Quand, chargée de mets pour les personnes qu’elle avait considérées comme étant de sa famille, Ino se présenta au portail du clan Inuzuka, elle ne s’attendait pas à trouver les arbres alentours aussi sombres et peu avenants mais mit cela sur le compte de la nuit d’encre qui s’étalait au-dessus d’elle.

L’entrée s’ouvrit pourtant et les deux battants de la porte furent repoussés pour qu’elle puisse pénétrer dans la propriété.

Quelques serviteurs la saluèrent longuement dans un mouvement aussi gracieux que silencieux et tant de lumières furent allumées sur son passage, le feu se nourrissant de l’huile des torches, qu’elle se crut comme en plein jour.

Elle pénétra dans le bâtiment principal de la demeure, un air suffisant collé sur son fin visage alors que son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, trahissant son appréhension grandissante.

Cela faisait tant d’années qu’elle n’avait pas mis les pieds ici qu’elle se crut en un lieu étranger. Tout était triste et morne, la chaleur semblait avoir quitté ce foyer qu’elle avait tant aimé et la vie qui l’avait égayé du tant de sa jeunesse n’était plus qu’un vague souvenir.

Ino ne recula pas pourtant et redoubla la vivacité de son pas qui résonnait dans le silence du couloir qu’elle traversait.

-Ino-chan ? Que fais-tu ici ? Fit une voix féminine depuis une pièce dont l’ouverture laissait voir une jeune femme assise à même le sol, entourée d’une liasse de papiers, un chiot assoupi sur ses genoux.

Ino s’arrêta net et fit coulisser la porte dans un geste vif.

-Hana-san ! Cela faisait si longtemps !

La blonde congédia les serviteurs d’un geste puis s’avança dans la pièce pour la saluer.

-Personne ne m’a prévenue de ton arrivée, s’excusa Hana en se relevant lentement, le chiot dans les bras et les jambes engourdies par les nombreuses heures qu’elle avait passées dans une même position à feuilleter ses documents. Comment cela se fait-il que tu viennes nous rendre visite si tard ?

-Une envie soudaine ? Proposa Ino avec un sourire coupable.

-Je croyais que le clan Akimichi…

-Tiens ! Justement ! Tant que tu m’y fais penser, Chôji-kun m’a donné ça pour vous !

Sur ces mots, la blonde lui fourra le paquet dans les mains et Hana l’ouvrit avec un froncement de sourcils.

-Quand il a su que je venais vous voir, il en a profité pour m’encombrer les pattes de présents à votre attention, expliqua Ino de son habituel ton bavard, un vrai exploiteur, pas vrai ? Comment va ta mère ? Je ne l’ai pas vue.

-Elle dort, expliqua vaguement la brune avant de sourire, j’irai remercier Akimichi-san de son attention, demain. Kiba doit être revenu des enclos, j’imagine. Viens avec moi, je vais demander à ce qu’on nous prépare du thé en l’attendant.

 

Une tasse fumante entre les doigts et un chien jouant dans ses jambes, plus tard, Ino dégustait les pâtisseries de Chôji tout en discutant avec Hana.

Elle savait que son père serait déçu de sa conduite mais heureux de savoir qu’elle s’était rendue chez les Inuzuka, en conséquence elle ne se faisait pas trop de mouron.

La porte coulissa sur un Kiba trempé à la moelle ce qui tint coites les deux jeunes femmes.

Il fronça les sourcils, visiblement mécontent.

-Qu’est-ce que vous faîtes ici, Yamanaka-san ?

-Tu vois, Hana-san, fit Ino en se tournant vers l’aînée, j’ai décidé de faire comme s’il n’existait pas tant qu’il me parlerait comme ça. Donc, nous disions…

-Qu’est-ce que tu fous ici, nom de Dieu ?! Coupa Kiba de sa voix grave. Les Akimichi font une fête, non ? Alors retournes-y !

-Mais, j’ai des gâteaux de Chôji-kun ! S’indigna faussement Ino qui ne se laisserait pas faire aussi facilement. Je venais pour ça justement !

-Vas t’en. J’ai jamais dit que j’avais besoin de ta pitié.

Ino eut une moue dubitative. D’accord, il avait compris qu’elle avait compris ce qu’il se tramait.

-T’ai-je déjà ménagé, Kiba-kun ?

Il ne répondit pas.

-Alors arrête de raconter des salades et viens manger ta part avant que je la prenne parce que je meure de faim.

Kiba leva les yeux au ciel et s’assit sans pour autant toucher à son dessert.

Hana l’observait avec un demi-sourire moqueur.

-Qu’est-ce que tu regardes ? La provoqua-t-il avec un regard noir.

-Rien du tout, petit frère, répliqua-t-elle, son sourire s’élargissant. Ta bêtise n’a d’égal que ton cerveau de batracien.

Ino éclata d’un grand rire qui alla en s’amplifiant quand Kiba lui adressa un œil furieux.

-Mais que t’est-il arrivé pour que tu sois aussi… trempé ? S’enquit tout de même Hana.

-L’un des fils d’Akamaru, le plus costaud, m’est rentré dedans pendant que je me penchais pour vérifier un truc et je suis tombé dans le bac d’eau où ils boivent.

-C’est donc de là que vient l’odeur ! S’exclama Ino avec la mine éclairée de celle qui vient de faire la découverte de l’année.

-La ferme, toi ! Et mange !

-Ne sois pas si méchant avec tes invités !

-Tu t’es incrustée chez nous sans rien demander alors si j’étais toi je me tairais une bonne fois pour toute.

-Mais tu n’es pas moi.

-Tu ne sais pas à quel point je m’en porte bien.

C’est ainsi que la soirée se passa. Ino riait aux éclats, les joues rosies, tout simplement heureuse de retrouver enfin ceux qui avaient fait partie de son enfance, de retrouver son vieil ami sans ces artifices idiots.

Elle et Kiba passèrent la soirée à se disputer, lui rouge de colère d’être ainsi tourné en dérision tandis qu’Hana se contentait de regarder la joute avec un sourire apaisé de grande sœur.

Elle savait ce que son petit frère faisait pour leur famille et avait honte qu’il se charge de la sale besogne à sa place.

Réveillée par les rires et les exclamations, la matriarche du clan était descendue de sa chambre et, restée dans l’ombre du couloir, elle avait eu la perplexité sinon le bonheur de trouver ses enfants en compagnie de leur joyeuse compagne qui avait participé à leurs frasques de