INTRODUCTION
Voilà, je suis la sœur jumelle d’Itachi Ichiha. Oh, je ne suis pas très forte, côté ninja, loin de là ! Ma spécialité, c’est mes bijoux, mes créations, mes gadjets. J’adore profiter de la célébrité de mon frère ! Il me suffit de faire semblant d’être lui, et tout le monde tremble à mes pieds !
Je ne l’ai jamais vu, jamais. Je le connais seulement de réputation. Lui ne soupçonne même pas mon existence ! … enfin, jusqu’à qu’une affaire tourne mal… j’ai dupé son collègue, Kisame, en lui volant son identité… mais voilà, il m’a découverte. Je lui ai échappé de peu ! Ce jour-là, j’ai vraiment cru que c’était la fin… Mais en vérité, c’était plutôt un début !
CHAPITRE 1
« Itachi ?! », appelle Kisame sur un ton colérique, en distanguant une silouette entre deux frênes, dans une obscurité quasi-totale.
C’est moi. Me sachant repérée, je m’avance d’une démarche mal-assurée.
« Tu foutais quoi ??!! On est hyper en retard !! », aboie-t-il en s’élançant dans les arbres.
Je fais quelques pas en sa direction, hésitante. Je ne tiens pas à me retrouver à l’Akatsuki ! D’un autre côté, il faut que je le suive, à moins de lui balancer ?Itachi ? Qui c’est ?’, et de me tirer. Tentative inespérée, malheureusement… C’est vrai, j’avoue que c’est amusant d’être le terrifique Itachi Uchiha, mais seulement quand ça ne créé pas trop de problèmes… Et puis, je ne peux pas affirmer que je suis un modèle de courage, bravoure et puissance…
« Alors, tu te bouges ?!, s’impatiente Kisame.
Je redescends sur terre, et essaie d’enlever cet air hébété de mon visage. Mes jambes refusent de le suivre. Paniquée, je jette des regards nerveux autour de moi, cherchant une issue. Soudain, je perçois un léger bruissement derrière nous. C’est le véritable Itachi qui revient ! Et je ne tiens pas tellement qu’il me trouve ! (Il n’est pas au courant de mon existence, et c’est très bien ainsi !)
J’affiche un air qui se veut dégagé, lache un onomatopée, et emboîte le pas à mon nouveau partenaire. Petit problème : je ne connais pas le chemin. Je laisse Kisame passer devant, et le suis difficilement. Le vertige me fait tourner la tête (à vue d’œil, je dirait que les arbres mesurent plus de 15 mètres ! Rien que ça !), et les branches me giclent au visage.
« C’est là. », indique Kisame au bout d’une demi-heure.
Une massive villa, éblouissante par sa blancheur immaculé, d’une architecture digne d’un palace olympien, se dresse au milieu d’un lac scintillant. Son reflet ondule doucement sous la brise matinale. Une immense baie vitrée, s’étalant sur toute la face ouest de la demeure, baignant dans une chaude lumière orangée, dévoile le luxueux intérieur d’un salon très féminin. Magnifique. Je mémorise rapidement les lieux, pour y revenir avec ma bande de copines hystériques. Là, je pourrais m’extasier. Pas trop maintenant, vous comprenez.
Sans un mot, nous nous approchons prudemment. Mais à peine avons nous posé un orteil au-delà de la haute grille dorée, qu’un rossignol s’envole à notre arrivée (youpi...)… Et que des gardes nous encerclent d’un air sévère. Je précise que tous auraient pu se lancer dans la carrière de manequin masculin… A croire qu’ils sont plus recrutés pour leur physique que pour leur compétence…
Un rictus méprisant éclaire la face de Kisame, qui les toise avec un air de prédateur assoifée de sang. Je tente d’en faire autant, mais bon, ce n’est pas très réussi. Du coup, je prends un air impassible.
« Au nom de Sa Majesté, réincarnation de la grâce et de la beauté, délectation d’un million de regard, Papillon d’Orient, … (etc. etc.)… Je vous arrête ! », récitent nos assaillants d’une seule même voix.
Je me mord la lèvre pour ne pas éclater de rire : pas prétentieuse, la fille !
« Justement, nous voulons lui parler ! », réplique Kisame d’un ton sec en brandissant un droit de passage sous le nez d’un brun qui semble être le chef.
Les gardes échangent des regards interogatifs, puis le brun fronce les sourcils, semblant prendre la plus importante décision de sa carrière. Il inspire un bon coup, laisse passer un bref moment de suspense, lorgne le bout cartonné de Kisame, puis lui arrache des mains d’un geste brusque.
« Mouairf…Gnmm… », grommelle-t-il en parcourant la fine écriture d’un œil furibond.
« Et bien, Rold ?! », questionne un rouquin en agitant son glaive préhistorique sous le menton de Kisame, qui mesure environ deux ou trois têtes de plus.
Au silence de l’interpellé, celui qui se trouve le plus proche de moi sort lentement une épée luisante de son fourreau, pour l’amener à dix centimètres de mon visage. Désagréable, ça, très désagréable… Je suis certaine que le terrifique Itachi Ichiha n’aurait pas apprécié…
« Range ça ! », j’ordonne d’une voix vibrante.
« Hein ?! »
« Range ça, j’te dis ! »
Il tourne la lame entre ses doigts, sous les ricanements de ses camarades.
Okay, compris. C’est une bien mauvaise idée de chercher des noises à Itachi-girl !
D’un geste royal, je pose ma main sur le fer, et le retourne soudainement contre son propriétaire. Il pousse un cri, alertant Rold, qui lève enfin les yeux de notre droit de passage, et, me voyant menacer la vie de son compagnon, l’oublit complètement.
Il aboie un ordre, et tous se jettent sur nous. A mes côtés, Kisame ne remarque pas ma panique, et pousse un soupir ravi en empoignant sa faucheuse dans un sourire bien à lui. Je me baisse juste à temps pour garder ma tête sur mes épaules, quand elle tournoie autour de moi, provoquant un frappant relachement de la part du camps ennemi.
Puis soudain tout le monde se pétrifie, le temps s’arrête, la terre cesse de tourner. Seuls les oiseaux font un charibari impossible, plus mélodieux les uns que les autres. Je pense alors à imiter les gardes devenus béats, c’est à dire lever le nez en l’air.
Sur un balcon, le corps droit, la tête légèrement penchée, les cheveux soulevés par une brise fraîche (cheveux blonds, inutile de préciser XP), une main sur la hanche et l’autre sur la rambarde, se tient une déesse comme illuminée de l’intérieur, plus belle que le jour et la nuit réunis, les traits fins tirés par la noblesse. Son regard bleutée balaie la scène d’une moue désintéréssée. Une longue robe d’un blanc immaculé épouse parfaitement ses formes, un ruban doré est noué à sa taille, et un long châle pend sur ses avants bras.
Se reprenant immédiatement, les gardes s’applatissent sur le sol.
« Ces personnes sont mes invitées ! », tonne-t-elle en nous désignant, avant de disparaître à l’intérieur.
Je lui souris gentiment, et me retiens de lui adresser un petit signe de la main. Mince, Itachi ne serait pas aussi chaleureux…
« E… En… Trrr… ez…, Nobles S… Seigneur… », articule misérablement Rold.
Ah, je préfère ça ! Je ne me fais pas prier, et suis Kisame dans le vaste hall d’entrée.
Une fois installée dans le spacieux salon avec la baie vitrée (ouah ! Dommage que je n’ai pas d’appareils photo !), autour d’une table basse en marbre où sont disposés d’innombrables pâtisseries ou appéritifs plutôt… alléchants - Je me demande si mon Itachi est gourmand… Dans le doute, je ne prend qu’une petite dizaine de truc au chocolat -, la jeune imprératrice y va direct :
« Nous sommes là pour parler affaires, ne l’oublions pas. »
"En effet...", affirme Kisame en me lançant une oeillade de travers.
Euh... Itachi est sensé ajouter quelque chose ?...
"Venons-en au fait !", je lache lentement, intéréssée. Cela semble satisfaire le regard insistant de mon compagnon.
"O... Oui, oui...", murmure la jeune femme, visiblement peinée, Voilà... en fait, je... je..."
Un voile de tristesse enfantine assombrit ses yeux d'océan quand elle baisse la tête. Je ressens une envie soudaine de la consoler, mais bon, voilà quoi.
"Je ne veux pas me marier !! V... Vous comprenez, hein ?!! Je ne VEUX PAS me marier !!", s'écrie-t-elle tout à coup, en redressant vivement la tête, faisant voler quelques mèches.
Je sursaute. Oui, d'accord, on est content pour toi. Vive le célibat !! Bref.
"Et pour cela... j'ai besoin de votre aide", explique-t-elle.
Elle soupire, et, à notre silence, continue :
"Je suis la benjamine, et de cela Père ne m'estime pas comme je le mérite. Il me pense incapable de gouverner seule, alors il me cherche des maris tous plus vieux les uns que les autres ! Mais je vais prouver ma valeur aux yeux de ma famille !!"
"OK. Et comment pourrait-on vous aider ?!, la coupe Kisame, impatient, en la voyant raconter sa vie.
"Et bien..., répond-t-elle, les villages voisins me gènent dans ma requête... Vous ne pourriez pas les repousser, en tant que bons ninjas ?"
"Hum... Vous voulez nous engager comme mercenaires, c'est bien ça ?", résume-t-il.
Elle approuve, nous dévorant du regard, comme si nous représentons le célibat. Ouais, mon pote Kisame et moi on va monter une association contre le mariage forcé !!
"Qu'en dis-tu, Itachi ?", lance mon futur associé, me prenant par surprise.
Celle-là, je ne m'y attendais pas ! Alors là pas du tout ! Je n'en sais rien ce qu'il en pense, Itachi ! Bon, restons dans le vague.
"Il faut en réfléchir...", je répond, très fière de moi.
Kisame hoche la tête, puis se lève pour clore l'entretien. Je pose délicatement ma tasse sur la table, et l'imite. La belle princesse ne supporte pas de voir ses chevaliers servants hésiter à lui porter secours. Elle nous scrute, les larmes perlant aux coins des yeux, d'un regard suppliant et terrifié. Elle semble si fragile et innocente ! J'aimerais bien l'aider ! Et ensuite nous deviendrons amies (et je serai riche^^), nous fonderons cette fameuse association anti mariages forcés, et même que nous la baptiserons "Le célibat, et que ça !" (oui, je n'ai pas trouvé mieux malheureusement...), et... Ah oui, je suis sensée être Itachi...
Je profite que Kisame regarde ailleurs pour lui adresser un sourire chaleureux, avant d'ajouter :
"Et qui sont les ennemis ?"
Son visage s'éclaire, ravie, et elle se précipite sur un tiroir pour en retirer une carte régionale. Kisame soupire discrètement et va se rassoir.
"Ici, c'est nous.", présente la princesse en désignant un point rouge intitulé "Village de Beauté". "Là, c'est moi.", continue-t-elle, fière et droite, en montrant un portrait la représentant parée d'une montagne d'or et d'argent. "Mon dieu, ce collier ! Mère m'oblige à le porter pour les cérémonies ! Quel horreur ! Le rubis est mal centré, n'est-il pas ?! Et d'un rouge terne, comme une tache sur le bleu de ma robe de soie ! Heu-reu-se-ment que Mamie Ressa - elle est si généreuse ! - me permet de lui emprunter ses boucles d'oreilles ! Voyez cet or si finement travaill..."
"En quoi consiste-notre boulot, SI nous acceptons ?", la coupe Kisame en accentuant le "si".
Je me penche pour détailler la photographie. Elle une loupe à la place des yeux, cette fille ?!
"Euh... Oui... Ahem..., se reprend-t-elle, calmée, les villages alentours veulent me prendre mon pouvoir (les méchants !!)."
"Village Ohm, Rein, Kern.", lit Kisame.
Elle acquièse. "C'est d'accord ??"
"On va y réfléchir.", je répète.
Elle sourit comme pour nous assurer que nous allons accepter, puis nous raccompagne jusqu'à la somptueuse porte d'entrée, où Rold et sa bande nous attendent sagement, comme de bons vieux toutous.
Une fois leur souveraine partie, ils nous sautent dessus.
"Alors comme ça vous voulez nous piquer notre place, hein ?! Sales étrangers !", explose Rold, furibond.
"comment ?", je lâche, plus-méprisante-tu-meurs.
"Sa Grandeur nous met à la porte pour des étrangers, vous trouvez ça normal les gars ?!!", tonne-t-il en se retournant vers les autres.
Ils poussent de hauts cris de mécontentement, levant le poing en signe de rebellion.
"Je crois que votre avis n'interesse personne.", Je rétorque, puis, la tête haute, suis Kisame en dehors de la propriété.
Une fois à l'abri des oreilles indiscrètes, ce dernier s'adosse à un arbre.
"Faut demander à Pein.", Lâche-t-il enfin.
Pein ? C'est qui, Pein ? Ok, Elainy mode détective à l'action !
"Je me demande ce qu'il va en penser...", j'acquièse.
"Ouais, c'est plutôt compliqué. On doit gagner la confiance de cette femme, mais les autres servent ses ennemis..."
Euh... oui, oui, oui, tout à fait ! Tu pourrais devellopper un peu, mon pote ?...
"Qui est à Ohm, déjà ?", Je me renseigne prudemment, en balançant le seul nom des trois villages dont je me souviens.
Kisame me lance un regard surpris. Lalalala...
"Deidara et Sasori. Kakuzu et Hidan à Rein, et Zetsu et Konan à Kern., Répond-t-il après un long silence.
"Ouais, je sais...", dis-je, très convaincante.