
| Complot | Auteur: Encens | Vue: 510 |
| [Publiée le: 2007-08-21] [Mise à Jour: 2008-03-21] | ||
| AP | Suspense/Action-Aventure/Drame | Commentaires: 12 |
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Description: UA "Dictature" est un mot dur, sans poésie et sans fluide. Un mot cassant. Dictature est ce contre quoi ils se battent. Peu leur importe de vivre ou de mourir, ils désirent seulement sentir la liberté couler dans leurs veines une dernière fois. Cachés dans l'ombre, ils tissent peu à peu les prémices de leur ultime combat. La vie aurait pu leur tendre les bras, le bonheur épouser leurs pas mais l'existence dans une cage est plus qu'ils ne peuvent en supporter. Le souffle court, le dos courbé mais le regard déterminé ils ne songent plus qu'aux effluves de la liberté. Nés enchaînés, laissez-les goûter un instant la saveur d'un fruit. Une idée. | ||
| Crédits: Les personnages de Naruto ne m'appartiennent pas. |
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Chapitre 2[6226 mots] |
Publié le: 2008-02-29 Mis à Jour: 2008-03-21 | |
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Chapitre 2:
Shino s'était arrêté à un feu rouge.
Il n'était pas tout à fait invisible dans ce quartier populaire avec sa voiture de première catégorie mais à cette heure-ci, il n'y avait plus qu'ivrognes et employés attardés à leurs bureaux qui se dépêchaient de rentrer chez eux où un repas chaud les attendait.
Concentré sur la route, il sursauta pourtant à peine quand on tapota à la vitre de son côté.
Il se contenta de glisser un regard en coin vers l'inopportun avant de ne plus s'y intéresser.
-Eh! Elle est... elle est classe... ta caisse...
L'homme était ivre, une bouteille de bière coincée entre ses doigts sales.
Shino ne baissa pas la vitre pour seulement lui conseiller d'aller vomir sa pestilentielle haleine plus loin.
Shikamaru lui avait dit d'être invisible.
Et invisible il serait.
Le feu passa au vert et le chauffeur démarra en trombe alors que son interlocuteur continuait de lui faire la conversation.
L'homme en fut si étonné qu'il fit quelques pas en arrière, bégayant, marmottant de sa voix peu assurée.
-Connard! Beugla-t-il finalement une fois la surprise passée.
Il enjoliva le tout d'un geste obscène du bras et retourna auprès de ses compagnons de beuveries qui observaient la scène en ricanant.
L'Aburame se gara sur un terrain désaffecté comme il en grouillait dans les endroits les moins fréquentés de la ville. Certains mômes venaient s'y amuser quelques fois plutôt que d'aller à l'école tout comme les adolescents en faisaient leurs territoires pour fumer à l'abri des regards indiscrets.
Mais cela, Shino n'en avait cure. Il y avait dans la poche de sa veste de quoi leur fermer le bec.
Il descendit de la voiture et ouvrit le coffre.
D'un geste assuré, il s'empara des deux bidons d'essence qui reposaient à l'intérieur.
Il les posa à l'écart et, avec un chiffon, entreprit d'essuyer le volant, le levier de vitesse et le frein à main.
Le jeune homme savait parfaitement qu'il serait difficile de trouver des traces après avoir fait ce qu'il allait faire, mais des années aux côtés de comparses comme les siens lui avaient fait comprendre une chose: On n'était jamais trop prudent.
Il en profita pour récupérer la mallette de son ancienne passagère et fourra les quelques papiers importants qu'elle contenait dans un sac à dos qu'il avait sorti du coffre.
Sa tâche accomplie, il enleva les plaques d'immatriculations de la voiture et les jeta à côté de son sac.
Il glissa sa main dans sa poche et en sortit un briquet en métal prêté par Shikamaru.
Il pouvait sentir contre ses doigts les inscriptions gravées au couteau par ce dernier.
Le briquet remit en poche, il souleva l'un des bidons et versa son contenu sur la voiture. Il répéta la même action avec le deuxième après avoir trempé le chiffon d’une bonne quantité d'essence.
Il mit le feu au chiffon avant de le jeter sur le véhicule et la voiture s'enflamma, véritable feu de joie dans cette nuit sans Lune.
Si les policiers du lendemain avaient pu deviner que tout ceci était le départ de l'embrasement de toute une population.
Sans un regard en arrière, Shino se détourna, son sac sur une épaule, les plaques d'immatriculation sous le bras, et sortit du terrain vague.
Il jeta les plaques dans une poubelle, quelques rues plus loin dans un coin particulièrement répugnant et se mit en marche pour la station de métro la plus proche.
Une fois rentré dans la chambre qu‘il louait sur le campus de l‘université, il ne serait plus qu'un étudiant en droit aux passe-temps bien peu intéressants.
Elle dormait paisiblement, lovée dans son drap. A travers les rideaux, la lumière filtrait légèrement et finit par lui faire froncer le nez et à dessiner une grimace sur son minois.
Elle roula sur le dos et s'étira comme un chat en bâillant à satiété, enveloppée de la douceur de la chambre.
Tout en se levant, elle jeta un regard encore bouffi de sommeil à la fenêtre et un sourire vint fleurir sur ses lèvres.
Le soleil était déjà haut dans le ciel, brillant de tout son éclat.
Comme chaque jour à Suna.
Après une nuit peuplée de cauchemars irréels où elle était enlevée et enfermée dans une celle humide et sombre, Temari s'éveilla enfin, la tête lourde. Elle esquissa un geste vers sa lampe de chevet mais sa main ne rencontra que du vide.
Interloquée, elle fronça les sourcils dans le noir et ouvrit plus clairement les yeux.
Les battements de son coeur s'accélérèrent quand un doute affreux la prit à la gorge.
Et si... Et si tout ceci n'avait pas été un affreux rêve?
Elle porta la main à sa joue et frissonna quand elle sentit sous ses doigts fins la marque encore douloureuse d'un coup.
On l'avait battue. On l'avait vraiment battue.
Et on l'aurait tuée si on n'avait pas été arrêté.
Son coeur se glaça et elle enfonça ses ongles dans les paumes de ses mains pour s'empêcher de pleurer à nouveau.
Tout n'était pas encore rentré dans sa tête et elle n'y tenait pas.
Elle ne tenait pas à vivre avec la perspective de la mort hantant ses gestes.
Il avait passé la nuit sur le dossier qu'on lui avait remis voilà trois mois.
Trois mois jusqu'à ce jour.
Trois mois que toutes ses pensées étaient braquées sur Temari Sabaku No et son enlèvement.
Trois mois qu'il prévoyait chaque élément, chaque détail, avec une minutie presque maniaque.
Il se passa une main fatiguée dans ses cheveux bruns et finit par chercher son paquet de cigarettes dans la poche de son pantalon.
Il en porta une à ses lèvres et l'alluma d'un geste machinal.
Aspirant la première bouffée, il expira lentement, avec délectation.
Ses doigts parcouraient ces lignes qu'il avait lues cent fois et peut-être plus encore.
Il savait tout d'elle.
Son enfance, sa vie actuelle, son statut social, ce qu'elle prenait le matin, ce qu'elle aimait et ce qu'elle n'aimait pas, les gens et les lieux qu'elle fréquentait, ainsi que son influence dans la vie politique.
Il savait tout.
Sa liaison secrète avec un homme s'opposant à Gaara No Sabaku, son entraînement militaire à l'âge de seize ans sans oublier son parcours scolaire, ses bulletins de notes et l'âge auquel elle avait perdu sa première dent de lait.
Il savait tout.
Un mouvement dans son dos lui fit tourner la tête et il aperçut la tête blonde de Naruto qui cherchait de quoi manger dans le frigo.
Shikamaru s'extirpa de son étude et se leva de la chaise bancale sur laquelle il avait passé tant d'heures.
Sifflotant un air grivois, Naruto s'occupait à préparer des tartines de beurre. Shikamaru en prit une au passage et sortit de la pièce commune de l'espace qu'ils occupaient. Son compagnon poussa une exclamation mécontente mais il n'y prêta pas attention.
Il avait des choses à faire et elles n'étaient pas agréables.
Asuma Sarutobi ferma les yeux et se renversa dans son fauteuil de cuir noir. Il entendait vaguement le bourdonnement de l'agitation à quelques mètres de lui mais il ne s'en souciait plus.
Dès son réveil il avait senti que la journée ne s'inscrirait pas dans la routine habituelle.
Les choses n'avaient fait que se confirmer quand, à peine arrivé, sa secrétaire l'avait mis en ligne avec Morino Ibiki, le membre du conseil de Konoha responsable de la sécurité intérieure du pays.
Temari No Sabaku était portée disparue voilà quelques heures.
Son ambassade ne l'avait pas vue rentrer et aucun appel n'avait été reçu pouvant expliquer les raisons de cette absence.
Morino avait été clair: Asuma avait quatre heures pour la retrouver avant que les autorités de Suna ne soient mises au courant et que la jeune femme ne devienne la priorité numéro une de la police de Konoha.
-Qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu pour mériter ça? Maugréa l'homme avant de s'allumer une cigarette.
Asuma Sarutobi était commissaire de police depuis bientôt dix ans et il savait que s'il n'apportait pas une preuve tangible de la liberté ou de la captivité de Temari No Sabaku, il serait destitué de ses fonctions.
Ibiki Morino n'était pas un homme de compassion et n'acceptait sous ses ordres que des hommes d'action.
Asuma se redressa sur son fauteuil, écrasa sa cigarette alors qu'il venait de la commencer et composa un numéro de téléphone.
A peine une sonnerie qu'on décrocha à l'autre bout du fil.
-Patron?
-Va chercher ta copine et soyez là dans dix minutes. J'ai du boulot d'urgence pour vous.
Pas de réponse, son interlocutrice avait déjà décroché.
Ce n'étaient pas ses deux meilleurs agents mais son chef lui avait précisé que les fuites seraient malvenues jusqu'à ce que l'affaire soit rendue publique. Autant employer des éléments passe-partout.
Temari s'était adossée contre le mur froid et humide. Ses jambes ramenées contre elle, la jeune était parfaitement réveillée.
Le moindre mouvement près de la porte la faisait sursauter légèrement.
Passée la première nuit, sa peur prenait le pas sur le reste. Silencieuse et implacable, prenant la forme de créatures imaginées, tapies dans les ténèbres de sa cage.
Oubliée sa colère, oubliée son insolence, elle voulait juste sortir d'ici.
Mais pourrait-elle seulement sentir la lumière du soleil avant de mourir?
Car elle mourrait, elle le savait.
Pas de «peut-être», pas de «seulement si»
L'autre type le lui avait dit.
Elle allait mourir.
Juste parce que des gens se croyaient enfermés dans une dictature qui n'existait pas.
Naruto allait enfoncer sa casquette sur sa tête quand il jeta un oeil sur le dossier que Shikamaru étudiait depuis qu'il l'avait reçu.
Son regard se posa sur la photo de Temari.
Elle avait un visage rieur et taquin, des yeux d'un vert d'eau profond et une chevelure blonde aux mèches rebelles.
Il aimait bien son regard. Le regard d'une femme qui fait ce qu'elle doit faire et assume ses actes.
Le regard d'une femme qui arrive à le faire avec le sourire.
Le jeune homme se demanda évasivement qui dans sa vie pouvait la faire avancer avec tant de confiance.
-On ferait mieux d'y aller, prévint une voix féminine près de lui.
Semblable à son équipier, Ino avait, elle aussi, vissée une casquette sur sa longue chevelure blonde et enroulé une longue écharpe noire autour de son cou.
-Je sais...
Il s'empara du sac à dos qu'il avait à ses pieds et rejoignit sa compagne.
La vigie attendait comme la veille près de la porte, assis sur une caisse, son chien somnolant à ses pieds.
-Vous êtes supposés revenir à quelle heure? Demanda-t-il de sa voix rauque quand il vit arriver les deux camarades.
-Si dans la fin de l'après-midi on a pas donné signe de vie, répondit Naruto, préviens quelqu'un. Mais de nous tous, c'est Sasuke qui risque de se faire embarquer si il croise la route des flics.
La sentinelle ricana avant de leur ouvrir la porte.
Ino et Naruto disparurent derrière la porte et descendirent les escaliers en colimaçon.
-Je trouve que tu as autant de soucis à te faire que Sasuke, commenta soudain la jeune femme alors que Naruto déverrouillait la porte en bas des marches. Tu es supposé être mort.
Ils ressortirent par la bouche d'égout que Shikamaru et la jeune fille avaient emprunté le soir de la veille et se dirigèrent vers une porte délabrée.
Elle ouvrait sur un corridor poussiéreux à l'atmosphère de renfermé, habité par des araignées qui tissaient leurs toiles dans les coins.
La pièce au bout du couloir était une petite boutique pleine de livres étalés sur des présentoirs et coincés dans des bacs et des étagères.
Quelques hommes lisaient, concentrés dans leur lecture mystérieuse.
Ino renifla de dégoût en pénétrant dans la pièce et considéra les clients avec mépris.
Son compagnon se dirigea tout droit vers le responsable des lieux qui étudiait d'un oeil acéré, assis derrière son comptoir, la double page d'un magazine à la couverture représentant une femme aux formes avantageuses dans une position plus qu'explicite.
Naruto s'éclaircit la gorge et l'homme leva le nez de sa contemplation.
Son visage s'éclaircit d'un sourire de rapace et il sortit une bouteille sale de sous son comptoir.
Il tira le bouchon, la porta à ses lèvres et but une large gorgée.
Soupirant de contentement, il se tourna une nouvelle fois vers Naruto.
-Tu as la somme, petit?
-Bien entendu, répliqua le garçon, sinon je serai pas ici.
Son interlocuteur hocha la tête et tendit la main.
Naruto y déposa une enveloppe blanche avant d'observer la boutique d'un oeil vague.
Il ne doutait pas du contenu de la plupart des ouvrages vendus ici et savait que des étagères de vidéos étaient cachées dans une petite pièce pas plus grande qu'un cagibi dont la seule porte se trouvait derrière le comptoir de la caisse.
Pendant ce temps, le patron comptait avec avidité les billets, calculant dans un murmure.
Il finit par y trouver le bon compte et un sourire de dents jaunes s'étira une nouvelle fois sur son visage mal rasé.
Il essuya sa main moite de sueur sur sa chemise qui n'était plus de la première fraîcheur depuis longtemps et rangea les billets dans sa caisse.
-Je m'demande bien ce que toi et ta copine -il désigna Ino du menton- faîtes dans la cour de derrière.
-Vous occupez pas de ça, Jiraya, contentez-vous de surveiller ce qui se passe dans la rue, c'est largement suffisant.
Le dénommé Jiraya haussa les épaules et se tourna soudain vers un client qui venait payer.
Le vendeur regarde l'ouvrage qu'on lui tendait avec un oeil appréciateur.
-Très bon choix Icha Icha Paradise, je connais l'auteur, c'est un fin connaisseur. Je vous conseille les tomes suivants, d'ailleurs.
Naruto fit signe à Ino qu'ils pouvaient poursuivre et elle le rejoignit tandis qu'il passait la porte. Elle ne put s'empêcher de jeter un oeil au client.
-Sale pervers, murmura-t-elle à son attention.
Naruto étouffa un rire dans le col de son pull et ils s'enfoncèrent dans le froid de la rue encore vierge de présence..
Elle croisa ses jambes sur sa chaise de bois verni et prit une tranche de pain légèrement grillé dans un petit panier en osier qu'une servante lui tendait.
Elle la tartina de confiture d'un mouvement lent et précis et la posa sur son assiette ornée d'armoiries dorées finement ciselées.
La servante lui versa un verre de jus de fruits qu'elle but à petites gorgées délicates.
Le soleil se faisait légèrement sentir à travers les rideaux aux teintes pastelles et éclairait la pièce d'une lumière enchanteresse.
-Déjà réveillée?
Un homme entra dans démarche droite et assurée, les mains dans les poches.
Il se pencha vers elle et embrassa langoureusement sa nuque. Elle gémit de satisfaction tandis qu'il glissait une main ferme et aventureuse entre les pans de sa robe de chambre, effleurant la courbe d'un sein.
-Je te rejoins plus tard, glissa-t-il dans un souffle grave, il veut me voir.
-Ce qu'il peut être agaçant, commenta-t-elle, l'air mécontent.
Il embrassa le bout de son nez avant de la laisser et de ressortir par où il était venu.
-Qu'a-t-il dit?
Les deux femmes montèrent dans une voiture bleu foncé.
-Temari Sabaku No, vingt-cinq ans, blonde, ambassadrice de Suna.
La première ouvrit de grands yeux ronds et manqua de faire tomber son café brûlant sur ses genoux.
-Tu rigoles? On va se faire étriper si on la retrouve pas!
L'autre secoua légèrement la tête, concentrée sur la route.
-Pas d'après le boss. Faut juste apporter une piste avec des preuves. Soit elle est quelque part dans la ville saine et sauve et qu'il lui a juste pris l'envie d'aller faire la bringue avec son chauffeur -Elle essuya le regard dubitatif de sa coéquipière d'une mimique qui montrait qu'elle n'était elle-même pas très convaincue- soit elle a eu quelques problèmes et les choses se compliquent.
-Crois-moi, Kurenaï, on a tout intérêt à mettre la main sur elle. Sinon ça voudra dire qu'on doit s'attendre à un truc gênant.
-Genre? Fit Kurenaï en passant une mèche de ses longs cheveux rebelles derrière son oreille.
-Un bouleversement politique, ça te parle? Répondit l'autre avec un sourire sans joie.
-Je trouve que c'est un peu fort tout de même...
-La soeur de Gaara No Sabaku, c'est plutôt un coup de filet intéressant...
Kurenai comprit le sous-entendu.
-Tu dérailles, Rin.
-Comme toujours... Prends la première à droite, on va se rendre à l'ambassade pour un portrait plus précis.
Kurenai bifurqua et le véhicule se retrouva sur une large avenue bordée de rangées d'arbres alignées sur le bord de trottoirs pavés.
-Tu penses vraiment qu'on a le temps de s'occuper de ça?
-En quatre heures? Tu parles, on peut même se payer un café et un muffin, répliqua Rin en s'installant confortablement dans son siège. Au pire on jouera de la sirène et du gyrophare.
Un sourire amusé naquit sur les lèvres fines de Kurenaï qui appuya légèrement sur l'accélérateur.
-Si Sarutobi t'entendait, il t'enlèverait deux heures histoire que ça te fasse les pieds.
-Mes pieds se portent très bien merci.
Adossé contre le chambranle de la porte coupe-feu d'une grande salle qui, autrefois, à l'époque où le bâtiment n'était pas encore désaffecté, servait de lieu de conférences, Shikamaru observait Sasuke assis sur l'immense table poussiéreuse qui trônait au centre de la salle, plongé dans sa lecture.
Il finit par abandonner son poste et s'avança vers son compagnon.
Sasuke leva les yeux de son ouvrage et resta de marbre quand Shikamaru s'affala sur une l'une des chaises qui entouraient encore la large table.
N'étant pas très loquaces, ils restèrent silencieux un bon moment avant que l'un ne prononce un mot.
Shikamaru chassa une araignée qui courait sur l'accoudoir de sa chaise puis ouvrit enfin la bouche.
-Tu resteras désormais en-dehors des interrogatoires... Et si on te prend à proximité des cellules, faudra pas t'étonner si tu reçois une balle dans le genou.
-C'est lui qui t'a dit de prendre des mesures? Questionna l'autre avec un sourire ironique.
Shikamaru se leva et fit un mouvement mécanique vers la garde du couteau accroché à sa ceinture. C'était une arme récupérée dans un surplus de l'armée qu'il n'avait jamais hésité à utiliser.
Naruto était plutôt arme à feu, lui il préférait le corps à corps.
Quant à Sasuke... Le terrain de Sasuke torturer. Et il se révélait particulièrement doué pour faire durer la douleur autant qu'il le souhaitait.
Shikamaru ne comptait plus le nombre de fois où il avait entendu des prisonniers hurler à fendre l'âme tant la souffrance que Sasuke était capable d'infliger pouvait être insupportable.
-C'est tout comme. Vous êtes sous mes ordres car c'est sa décision. Considère que ce que je dis c'est ce qu'il dit.
-Quand je pense que tu étais le dernier d'entre nous qui souhaitait monter en grade. D'ailleurs, personne n'a jamais compris pourquoi tu nous avais rejoins cinq ans auparavant.
Le regard de Shikamaru rencontra celui de Sasuke et les deux hommes s'affrontèrent en silence, l'un narquois, l'autre peu avenant.
-Toujours en première ligne, le premier à dégainer son arme, ajouta Sasuke avec une fausse admiration, le premier à tuer. Et il était très fier de toi, c'est clair. A l'époque, on aurait dit un démon tellement tu avais la rage. Puis tu es redevenu comme lorsqu'on était tous gamins: l'éternel Shikamaru blasé.
Il claqua son livre d'un geste sec, dépassa son supérieur et se dirigea vers la porte.
-Je me tiendrai loin de cette fille puisqu'il faut la garder présentable pour l'heure de sa mort. Après tout, ça fera une jolie photo à envoyer à ses frères, conclut-il avec un ricanement.
Shikamaru le regard partir, le regard sombre.
Sans s'en rendre compte, il avait la main serrée sur son couteau.
Comme si sa vie en dépendait.
Après quelques minutes, Rin sortit de l'ambassade, un carnet à la main.
Elle s'engouffra dans la voiture et claqua la portière.
-Élimine d'office l'idée qu'elle ait pu aller se lâcher dans une boîte, dit-elle avant même que Kurenaï ait pu lui poser la moindre question. Elle prenait son boulot très au sérieux et on l'avait suffisamment mise en garde sur les dangers de la ville pour qu'elle n'aille pas n'importe où contre l'avis des personnes responsables de sa sécurité.
-Tu songes à l'enlèvement?
Rin hocha la tête avant de poursuivre.
-Hier soir, aux alentours de 22h30, elle quitte la résidence présidentielle après un dîner avec le gratin du gouvernement. C'est le dernier témoignage.
-Des nouvelles du chauffeur? Le signalement de la voiture?
-Le chauffeur n'a pas donné signe de vie non plus. Soit il est mort, soit-il est avec elle mais pas en état, soit... Soit il est le kidnappeur. Ou l'un des kidnappeurs.
Kurenaï acquiesça pensivement d'un signe de la tête avant de prendre la radio de la voiture.
-La description de la voiture? Demanda-t-elle à son équipière avant d'envoyer un message au commissariat central de la ville où Asuma attendait certainement un rapport.
-Classique. Une berline noire aux vitres opaques. Attends que je regarde l'immatriculation...
Elle lui donna les chiffres et Kurenaï donna le signalement du véhicule disparu, précisant que c'était très urgent.
-Et maintenant on fait quoi?
Un sourire se dessina sur les lèvres de Rin et elle souffla sur une de ses mèches de cheveux qui lui cachait la vue.
-J'ai bien envie d'un café... Et d'un muffin. Je te promets que c'est moi qui offre cette fois.
Kurenaï sourit à son tour et leva les yeux au ciel.
-Tu le dis toujours.
-Ça prouve ma bonne fois, non?
Temari avait ramené sa couverture sur ses épaules et attendait en silence.
Sa peur la hantait et elle n'arrivait pas à la refouler comme elle le faisait habituellement. Les yeux fixés dans le noir, elle se mordillait la lèvre inférieure d'un geste machinal.
Elle n'avait plus de larmes à verser mais le serrement qui lui comprimait le coeur était toujours là.
Elle avait l'impression d'étouffer.
La porte s'ouvrit soudain et à peine Temari eut-elle tourné la tête vers celle-ci qu'elle la détourna tant la lumière l'aveuglait.
Elle plissa les yeux et se força à regarder qui entrait.
C'était le type qui gardait la porte la veille.
Son chien sur ses talons, il s'accroupit près d'elle et la considéra d'un oeil méfiant.
-On m'a dit de vous emmener prendre une douche. C'est pas comme si on allait vous laisser crever dans la saleté.
-Laissez-moi sortir d'ici, murmura-t-elle d'un ton suppliant, son regard se remplissant de nouveau de larmes brûlantes.
Il secoua la tête.
-Ça j'peux pas. On est pas des monstres mais vous savez que c'est impossible.
-On a bien révisé nos leçons, fit une voix grave sur le pas de la porte.
L'inconnu appuya sur l'interrupteur et un néon diffusa brusquement sa lumière crue dans toute la pièce.
Les démons de Temari, tapis dans l'obscurité, se réfugièrent dans sa tête où elle réussit à les briser le temps d'un instant.
Elle leva un regard incertain et toisa le nouvel arrivant.
Shikamaru s'affala contre la chaise et s'alluma une cigarette.
Il souffla la première bouffée avec la même délectation qui le prenait à chaque fois et posa son regard sur elle.
Elle l'ignora et, aidée de l'homme au chien, elle se leva, ses jambes croulant légèrement sur son poids.
Il siffla entre ses lèvres entrouvertes et son chien le rejoignit immédiatement.
-Ramène-la ici quand elle aura fini, Kiba. J'ai quelques questions à lui poser.
-Je ne sais rien sur mon frère qui puisse vous intéresser, déclara faiblement Temari qui essayait tant bien que mal de tenir seule sur ses jambes. Si vous croyez qu'il me raconte tous les secrets d'État de mon pays, vous vous trompez largement.
Shikamaru lui jeta un coup d'oeil et souffla une nouvelle bouffée tandis qu'elle disparaissait dans le couloir à pas lents, Kiba sur ses talons avec son chien.
L'Aburame regarda autour de lui avant de soulever la plaque d'égout dans la cour derrière la boutique de Jiraya.
Il descendit quelques barreaux l'échelle, remit la plaque en place malgré sa lourdeur et finit sa descente.
Il fit le chemin qu'il avait parcouru déjà des centaines de fois auparavant, traversa les boyaux à l'odeur suffocante et, monta des dizaines de marches et arriva enfin devant la porte qui menait au repaire de ses camarades.
Une jeune femme aux cheveux d'un rouge flamboyant lui ouvrit.
Il la salua d'un geste vague et fit légèrement glisser ses lunettes sur son nez, à la recherche de Shikamaru.
Il croisa Sasuke qui haussa les épaules quand il lui demanda où il se trouvait, passa devant Kiba et Temari qui le considéra d'un oeil hostile.
Alors qu'il trouvait son compagnon dans la cellule ouverte, il sentait encore le regard perçant de la jeune femme sur lui.
-Quand j'ai fait le ménage dans voiture, j'ai récupéré des affaires qui pourraient peut-être t'intéresser. Et j'ai quelque chose à te rendre.
Il lui tendit le briquet que Shikamaru prit d'un geste qui se voulait désintéressé.
Shino lui lança une oeillade tandis que le jeune homme traçait de son pouce le contour des gravures puis il ouvrit son sac et en sortit la liasse de feuilles qu'il avait trouvée dans la mallette de Temari.
Shikamaru les consulta d'un air égal puis se leva.
-Je vais les envoyer au patron histoire de voir ce qu'il en dit. Ino et Naruto sont rentrés?
L'Aburame secoua négativement la tête.
-Bien sûr que non ils sont pas rentrés, maugréa l'autre pour lui-même, c'est le jour du "loyer"... En plus ils doivent faire des courses... -il réfléchit un instant, aspira une nouvelle bouffée d'un geste machinal puis se tourna vers Shino- Tu penses que tu peux aller déposer ça où tu sais?
Le jeune Aburame acquiesça.
-Dans ce cas je vais y aller maintenant, j'ai cours dans une heure.
Il récupéra les documents, laissa la mallette et salua Shikamaru d'un léger signe de la tête avant de s'en retourner à la lumière du jour d'un pas posé.
Shikamaru jeta son mégot sur le sol en béton et l'écrasa du pied.
Naruto attendait, adossé contre un mur tandis que de l'autre côté de la rue, Ino s'entretenait avec un type de leur connaissance.
C'était un garçon un peu plus âgé qui ne passait guère inaperçu avec ses sourcils épais et sa coupe au bol mais les personnes de son entourage le considéraient comme inoffensif tout comme son oncle qui lui ressemblait en de nombreux traits physiques.
Sans que personne ne la vit, Ino glissa un papier dans sa main, le salua d'un signe de tête avant de rejoindre Naruto qui rabaissait sa casquette sur son visage tandis qu'un trio de types contre lesquels il s'était frottés par le passé, passait devant lui avec indifférence, sans même lui jeter un coup d'oeil.
-Alors? Demanda-t-il quand Ino s'arrêta à sa hauteur.
-Il va voir ce qu'il peut faire mais ça devrait être bon.
Un sourire éclaira le visage du garçon.
-On rentre maintenant, dit-il en observant du coin de l'oeil les trois types qui disparaissaient au coin de la rue.
-Tu ne vas pas la voir?
Naruto haussa les épaules et se remit en marche.
Ino abandonna ses questions et le suivit en secouant légèrement la tête.
Temari avait rendossé sa chemise et se dirigeait de nouveau vers sa cellule, Kiba toujours sur ses talons.
Shikamaru attendait encore, assis sur sa chaise, jouant pensivement avec son briquet.
Dès qu'elle le vit, Temari se crispa et baissa la tête.
Kiba ferma derrière elle et ils se retrouvèrent dans le noir, aucune lumière ne filtrant sous la porte. Temari chercha le mur du bout du bras et s'avança, ses doigts touchant à peine le ciment.
Elle sentait qu'il la fixait, qu'il ne perdait aucun de ses gestes.
Mais une seule chose comptait et terrassait le peu de courage qu'elle avait récupéré en faisant sa toilette: s'il tentait de la toucher ou de la frapper, personne ne serait là pour l'aider.
Personne.
La jeune femme trébucha soudain sur le bord de sa couche et tomba en avant. Elle réprima une exclamation et s'assit plus convenablement, ses jambes ramenées contre elle, entourées de ses bras écorchés.
Il y eut un grand silence.
Tout en sirotant son thé, Kurenai regardait autour d'elle avec intérêt. Le temps se rafraîchissait et on commençait à sortir les manteaux ainsi que les écharpes.
Rin à côté d'elle ne semblait pourtant pas avoir froid malgré sa simple veste et son débardeur. Elle dévorait à pleine dents son gâteau avec l'air de quelqu'un qui passe une excellente journée.
Pourtant, Kurenai n'arrivait pas à effacer la Rin timide, simple stagiaire, qui les avait rejoints quelques années plus tôt.
Avec le temps, elle était devenue plus forte, mais cela n'expliquait pas vraiment la dureté dont elle faisait preuve à preuve et dont elle aurait été incapable à son arrivée au commissariat central de Konoha voilà trois ans.
De nature plutôt détachée, Kurenai ne posait pas souvent de questions. A dire vrai, à moins que cela n'ait un rapport avec le travail qu'elle menait, elle n'en posait jamais.
Shikamaru faisait jouer son briquet entre ses doigts, le regard rivé sur Temari malgré l'obscurité.
Il sortit une cigarette de son paquet et la porta à ses lèvres. D'un geste mécanique, il alluma son briquet et, un instant, Temari put voir son regard sombre posé sur elle à la lumière de la flamme vacillante.
Un regard froid qui lui glaça le sang tant il semblait dur et sans scrupule, prêt à la tuer au moindre geste inconscient.
Ses yeux noirs fixés sur elle la pénétraient jusque dans son âme, balayaient ses convictions, faisaient taire d'un geste ses opinions les plus justes.
En un instant, il avait dévasté son univers.
Puis de nouveau les ténèbres étouffantes qui l'entouraient telles des gardiennes jalouses enserrant leur proie de leur étau.
Elle le devinait à quelques mètres, sa cigarette négligemment coincée entre ses doigts, la jaugeant du regard.
-Vous savez pourquoi vous êtes là ?
Le front contre ses genoux, Temari ne répondit pas.
D'ailleurs, Shikamaru n'attendait pas vraiment de réponse. Elle avait trop peur pour seulement l'insulter.
Il croisa ses mains sur ses genoux. Sa cigarette grillait lentement, se consumant peu à peu.
Le temps s'égrenait lentement et si Temari avait pu, elle aurait compté les secondes.
Shikamaru s'éclaircit la gorge, tira une nouvelle fois sur sa cigarette et souffla lentement la fumée. Il avait tout son temps. Du moins pour l'instant.
Soufflant une énième bouffée de fumée, il s'installa plus confortablement sur son siège.
-Comment pourriez-vous savoir, en fait… Vous vivez dans un pays maîtrisé par la force mais vous pensez que votre famille agit pour le bien de tous. Vous traitez avec un pays qui ne montre que ses bon côtés et cache son linge sale avec un talent de prestidigitation incroyable.
Aucune réponse.
La jeune femme se serrait contre le mur, le nez contre ses genoux.
Il ricana pour lui-même, amer. On avait caché l'assassinat de bien des personnes dans ce « linge sale » et il savait que celle de ses chers amis n'avait pas été omise.
Elle voulait qu'il s'en aille. Qu'il ferme cette porte derrière lui. Qu'il la ferme à tout jamais.
Qu'il la laisse avec son chagrin et ses peurs.
Elle voulait rester seule.
Jusqu'à la fin de tout.
Temari aurait voulu hurler devant sa propre faiblesse. Se gifler pour se réveiller enfin. Lui crier sa rage et sa douleur à ce type froid et distant qui traçait sa vie sans qu’elle ne puisse dire un seul mot.
Elle aurait voulu hurler, encore et encore, jusqu’à s’en casser la voix.
Mais il n'en avait pas fini avec ses tourments et resta là, à songer à un passé teinté de sang et de cadavres enfouis, aux couleurs de la mort et du mensonge.
Un passé qu’elle auquel elle refusait de penser. De seulement songer.
Son frère disait la vérité. Konoha était un pays libre et droit.
Pas une stupide dictature avec une rébellion menée par un paranoïaque.
Mais elle savait qu’un jour, quelqu’un, de force, lui retirerait ses œillères et la forcerait à contempler dans toute sa splendeur, un champ de bataille jonché de corps agonisants.
Une autre vérité.
Trop invraisemblable pour qu’on puisse y penser.
Mais qui, sans que Shikamaru ait besoin de dire un mot, s’installait déjà dans son esprit.
Trop de mystères dans ces sourires. Trop de sous-entendus dans les paroles des hauts dirigeants.
Trop de secrets, trop d’arrières pensées quand ils écoutaient ce que Suna envisageait.
Trop de tout. Pas assez de rien.
-Est-ce que vous comprenez pourquoi vous êtes là?
Elle ravala sa salive, sa gorge soudain sèche.
-Allez-vous en… Disparaissez…
A mi-chemin de ses lèvres, Shikamaru suspendit son geste d’amener sa cigarette.
Il ne sourit pas mais elle sentit la moquerie dans ses paroles.
-Auriez-vous peur de comprendre enfin que le monde dans lequel on vous a élevée n’est qu’une mascarade?
Une nouvelle fois, elle refusa de répondre.
« Garde le silence, s’intimait-elle, ne rentre pas dans son jeu de provocation »
Il s’extirpa de sa chaise et s’accroupit en face d’elle pour lui glisser à l’oreille, son souffle balayant légèrement ses mèches blondes.
-Bienvenue dans le monde réel, Sabaku No Temari. Mais ce ne sera pas pour trop longtemps.
Elle ne pouvait pas se reculer, le souffle court, terrifiée. Elle n’avait même plus la force de crier.
Il s’écarta de lui-même, tira une nouvelle fois sur sa cigarette avant de se relever. Il la dominait complètement.
Mais, bien caché au fond de son cœur, recroquevillé tel un fœtus, le courage de Temari n’était pas mort.
Il fallait juste lui laisser le temps de reprendre du poil de la bête.
Tout doucement, elle se rappela le visage de son amant et de ses petites lunettes à propos desquelles elle le taquinait car elles lui donnaient un air trop sérieux.
Elle leva les yeux vers Shikamaru qui la regardait toujours, imprimant dans son esprit le moindre de ses gestes de captive pour mieux les étudier et les décortiquer.
Il ne put retenir un sourire narquois quand il sentit qu’elle le fixait aussi.
On ne lui avait pas menti. Sabaku No Temari n’était pas une femme faible.
Mais elle était trop attachée.
Il suffirait de lui enlever ce à quoi elle tenait pour la briser à jamais.
Temari finit par baisser les yeux, instinctivement.
Bientôt, il lui raconterait, de sa voix basse et rauque, ce qu’il croyait être la vérité.
Et il lui faudrait accepter ou refuser ce pour quoi ils battaient.
Rin et Kurenaï remontaient en voiture après un bon petit-déjeuner quand le téléphone de cette dernière vibra.
-Yuhi, fit-elle simplement en guise de "bonjour".
-On a trouvé quelque chose qui pourrait convenir à la description que t'as envoyée.
-C'est à dire?
-Bah une berline. On l'a retrouvée sur un terrain vague.
-Vous avez vérifié les plaques?
-C'est bien là l'problème. Y'en a plus...
-Qu'est-ce que tu racontes?!
-C'est comme j'te l'dis. Plus de plaques. La caisse est complètement cramée. Ça t'intéresse toujours?
-On arrive.
Rin mit le contact et démarra.
A suivre...
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