
|
Rien ne va plus!
[Histoire Terminée] | Auteur: Fane | Vue: 53 |
| [Publiée le: 2008-11-30] [Mise à Jour: 2008-11-30] | ||
| G | Humour/One-Shot | Commentaires: 1 |
|
Description: Rien ne va plus pour notre couple de militaires ! Serait-ce la fin du Roy/Ai ? Depuis quelques jours, Riza n’est pas rentrée à leur appartement. Roy commence à paniquer quand, alerté par les dires de ses collègues, il vérifie les affaires de sa femme et trouve ses placards… vides ! De toutes apparences, Riza est partie sans lui donner d’explications et l’a laissé avec leur fille ! Roy va-t-il déprimer ou reprendre sa vie de dragueur… ou bien autre chose ? Surtout lorsqu’il va par hasard croiser une belle blonde aux formes attirantes aux bras d’un autre homme fort séduisant… Et si la bombe naturelle se transformait cette fois-ci ? | ||
| Crédits: Les personnages (ormis les extras dont on ne connait pas le nom et la fille de Riza et Roy) appartiennent à Hiromu Arakawa. |
||
| << ( Préc ) |
Rien ne va plus![4444 mots] |
Publié le: 2008-11-30 | |
| Taille du Texte: (+) : (-) | ||
Rien ne va plus pour notre couple de militaires ! Serait-ce la fin du Roy/Ai ?
Depuis quelques jours, Riza n’est pas rentrée à leur appartement. Roy commence à paniquer quand, alerté par les dires de ses collègues, il vérifie les affaires de sa femme et trouve ses placards… vides ! De toutes apparences, Riza est partie sans lui donner d’explications et l’a laissé avec leur fille ! Roy va-t-il déprimer ou reprendre sa vie de dragueur… ou bien autre chose ? Surtout lorsqu’il va par hasard croiser une belle blonde aux formes attirantes aux bras d’un autre homme fort séduisant… Et si la bombe naturelle se transformait cette fois-ci ?
RIEN NE VA PLUS !
Riza se leva plus tôt que son mari ce matin-là. Elle regarda le courrier de la veille, chose qu’elle ne faisait pas habituellement. Mais ce jour-là, sur la table de la cuisine, une enveloppe non ouverte, écrite de façon manuscrite, l’attendait. Une magnifique écriture calligraphiée annonçait
« Melle Riza Mustang. »
Etonnée, elle fit glisser son ongle pour ouvrir l’enveloppe. En lisant la lettre, elle commença tout d’abord par faire des yeux doux, magnifiques, presque nostalgiques. Puis elle paniqua en la finissant. Il ne fallait pas que Roy sache. Jamais de la vie. Il serait fâché, même bien plus qu’en colère. Il lui en voudrait à mort. Se mordant les lèvres, le cœur lourd, elle savait qu’elle devrait prendre une décision.
Roy se réveilla un peu plus tard. Il s’enroula dans la couette avant de rouler sur le côté pour admirer sa compagne. Elle était là, endormie, le poing serré à côté de son visage songeur. Il sourit et dégagea une mèche de son front et l’y embrassa avant de regarder le réveil. Si Riza commençait plus tard ce jour-là, ce n’était pas son cas et il était déjà en retard. Il se leva rapidement et courut dans la salle de bain. A peine cinq minutes après, il en ressortit, affolé. Il avait une réunion importante ce matin-là et n’arrivait pas à faire son nœud de cravate. Riza se leva, ébouriffée, encore endormie mais légèrement contrariée.
« Tout va bien ? Tu as passé une bonne nuit ? »
Elle se contenta de hocher la tête pour lui répondre. Elle lui fit rapidement son nœud.
« Tu ferais mieux d’y aller. Tu es déjà en retard.
-D’accord, j’y vais. A ce soir.
-C’est ça. »
Il l’embrassa maladroitement mais la sentit absente. Coincé par sa réunion, il partit sans se douter de quoique se soit…
Tout au long de la journée, il avait bloqué sur ce baiser. Il ne comprenait pas son attitude. Il aurait encore été jeune, il aurait couru voir Maes pour lui demander ce que cela signifiait. Et Hugues aurait eu raison de répondre « un vrai gamin ! » pour parler de son meilleur ami. Sauf que là, il devait se débrouiller seul. Il médita toute la journée dessus, ne put présenter correctement son travail, se heurta contre deux autres militaires et restait plongé dans ses pensées.
« Melle Hawkeye n’est pas venue aujourd’hui ? »
Il entendit Falman et Sciezka discuter autours d’un café.
« Non. C’est étonnant d’ailleurs. Mais vu l’état de Mustang, je ne lui poserai pas de questions aujourd’hui. »
Il resta en transe toute la journée et rentra le soir, dans le même état.
C’est au pas de sa porte que la concierge l’épingla.
« Pssst ! »
Il ne réagit pas aux premiers abords.
« Monsieur Mustang ! »
Il tourna enfin la tête.
« Oui ?
-Votre petite est chez moi. Je ne sais pas pourquoi, votre femme avait l’air un peu perdue ce matin, alors elle m’a demandé de la garder ce matin. Oh bien sûr, ce n’est pas que cela puisse me gêner, votre petite est adorable, croyez le bien ! Mais quand même…
-Vous a-t-elle dit où elle est allée ?
-Ah ça non. Je n’en sais rien.
-D’accord… »
Il prit sa fille dans ses bras et remonta l’escalier, encore perdu dans ses pensées.
Cela faisait plusieurs jours maintenant que Roy Mustang, le haut gradé, remarqué pour ses faits d’arme et sa forte personnalité, devait jouer au père célibataire. Quand il rentrait, Riza était – soit disant – déjà partie. Et quand il partait, elle n’était – toujours soit disant – pas rentrée. Mais la petite la réclamait à longueur de temps. Il commençait à s’inquiéter.
« Dites, Hawkeye a donné sa démission ?
-C’est juste parce que le colonel veut la garder pour lui tout seul…
-Non, regardez sa tête. Je ne sais pas mais y’a de l’eau dans le gaz…
-Maintenant que j’y pense, elle m’a emprunté une paire de lunette l’autre jour ! Intervint Fuery.
-Hum… Elle est super sexy quand elle a des lunettes sur le nez et ses cheveux relâché… Elle a du trouver mieux, dans mon genre… »
C’est Havoc qui avait fait la dernière remarque. Ses yeux s’étaient plissés dans un mouvement ultime de fantasme délirant. Il l’imaginait très bien venir passer une soirée avec lui et… Son nez se mit à saigner et un filet de bave sortait de sa bouche. Il était là quand d’un coup…
« RIZA NE PARTIRAIT AVEC AUCUN AUTRE HOMME QUE MOI !!!!!!!! »
Rouge comme une tomate, Mustang sauta sur son subordonné. Il commença à l’étrangler en criant et lui secouait la tête dans tous les sens. Trop occupés pour prêter attention à cette scène de ménage entre collègue quotidienne, les autres vaquèrent à leurs occupations – à savoir, jouer, lire, dormir et autres activités tout aussi ludiques.
Cependant la remarque lui avait mis la puce à l’oreille. Son oreille elle-même se mit à bouger toute seule, comme Black Hayate quand il faisait semblant de comprendre quelque chose. Mustang relâcha Havoc, inconscient, et partit en courant.
« Urgence toilettes ? »
Aucun ne releva la remarque d’Havoc tant elle était débile.
Roy rentra chez lui au moment de sa pause déjeuner. Il venait de repenser à une lettre arrivée voilà déjà une bonne semaine. Il n’y avait pas prêté attention, mais plusieurs choses auraient dû l’alerter. Premièrement, elle était calligraphiée. Deuxièmement, elle était adressée à Riza, et Riza seule. Troisièmement, il aurait juré qu’une odeur de parfum en serait sortie… (Ou peut-être avait-il viré totalement paranoïaque). En arrivant dans son appartement, il ouvrit grand la porte. Comme il s’y attendait, elle n’était pas là. Il se précipita dans la cuisine. Alors que la plupart de leur courrier était entassé dans une boîte sur le frigo, la fameuse lettre n’y était pas, il s’en assura en renversant le contenu sur la table. Il se précipita ensuite dans la chambre et ouvrit grand l’armoire. Il n’ouvrait jamais sa porte à elle, il n’en voyait pas l’utilité, hormis pour ranger le linge quand elle lui criait de le faire. Et là, il crut faire une crise cardiaque. La plupart des affaires de la jeune femme avaient disparues, dont ses tenues préférées et ses tenues très féminines. Dans la salle de bain, il ne restait plus que ses affaires à lui. Abattu, il vint se laisser tomber sur le lit. Un petit éclat attira son attention. Elle avait même reposé son alliance sur la table de chevet, silencieusement, sans rien dire…
« MISSION D’URGEEEEENCE ! »
Breda leva les yeux au ciel. Voilà que le colonel en faisait encore qu’à sa tête. Il parait, revenait, ne prenait pas le travail au sérieux et criait sur les autres à son retour.
« Je réquisitionne toute mon équipe sur le champs ! »
Comme personne ne réagissait, il fut obligé d’employer les grands moyens.
« Réunion immédiate sous cause de licenciement !
-Mais vous ne pouvez pas !
-Vous en êtes sûr Fuery ? »
Le regard du colonel avait quelque chose de diabolique et son sourire était sadique à souhait. Ses subordonnés s’installèrent donc devant lui, prêts à toute mission possible et imaginable... (Sauf peut être celle là.)
« Je nous donne 48 heures pour retrouver Riza Mustang, née Hawkeye ! »
En disant cela, il insistait sur le fait qu’elle était encore mariée. Mais son attention fut à nouveau détournée.
« Où est passé Havoc ?
-Aucune idée, mon colonel. Répondit Falman.
-En rendez-vous avec une blonde… Intervint nonchalamment Breda.
-Bien ! Vous le préviendrez quand il rentrera ! Je veux que vous travailliez sous couverture. Pour ma part je vais poser des jours de congés et je vais aller sur le terrain !
-Mais, colonel, vous ne savez pas si elle a quitté la ville… »
Les autres approuvèrent avant de l’écraser en voyant les doigts de Mustang prêts à claquer dans le vide.
C’est ainsi que l’homme qui voulait devenir le plus grand se retrouva le plus petit. Il avait loué une chambre dans un hôtel banal du centre-ville et s’y était installé avec sa fille. Si la petite trouvait très amusant de changer de chambre, lui n’était guère enchanté par cela. Il n’avait aucun reproche à se faire. Elle ne pouvait rien lui dire sur son comportement avec les autres femmes alors… Mais oui ! Et si c’était elle qui avait une aventure ??!!
Paniqué, Mustang manqua de tomber par la fenêtre qui donnait sur la rue, au bord de laquelle il s’était installé pour observer les passants incognito.
« Papa ! Papa ! Glagla ! »
La petite éternua. Ronchonnant comme un môme, il ferma la fenêtre.
« Dis moi ma puce, on va au parc ? »
Elle applaudit devant cette initiative et se mit à rire.
Trois quarts d’heures plus tard, au bout de leur troisième jour de planque sans succès, et du dixième jour sans nouvelles de Riza, donc du onzième jour après l’arrivée de la mystérieuse lettre, et donc pour pousser plus loin du huit cent vingt deuxième jour après la naissance de leur fille, Mustang était debout, derrière une balançoire, en train de pousser une petite fille aux cheveux noirs comme les siens qui rigolait aux éclats. Un groupe de trois femmes, une brune, une rousse et une aux cheveux châtains passa à côté et gloussa en le voyant. Tandis qu’elles s’éloignaient, elles n’arrêtaient pas de se retourner pour l’observer. Il faut dire que, du moins c’est ce que Mustang avait entendu de la part de Havoc qui avait tenté d’emprunter sa fille pour sortir draguer sans danger de colonel « Et-que-j-te-pique-ta-nouvelle-copine », les hommes beaux, encore jeunes, intelligents (bien que cela ne se voit pas toujours sur leur visage) et principalement ACCOMPAGNÉS D’ENFANTS, ça fait craquer les femmes. (Théorie à vérifier cependant. L’autrice s’excuse auprès de la gente féminine dont elle fait partie pour ces propos.). Il n’y prêta pas plus attention que ça. Il voulait retrouver sa femme, mais il devait aussi s’occuper de sa fille. C’est alors qu’il vit Havoc passer, particulièrement élégant, en train de siffloter, son éternelle cigarette à la bouche. Il avait le visage particulièrement joyeux et rigolait seul en disant « Si le colonel savait ! ». Mustang attrapa sa fille par la taille et sauta derrière un buisson pour se cacher. Elle protesta.
« Papa ! Pou’quoi ?
-Chut ! Attends une minute, on se cache !
-Ah ! Joue à cache cache !
-Euh… Oui c’est ça.
-A’ec tonton Jean ? »
Mustang regarda la petite. Il vira au bleu. Un tic agita son œil.
« Quoi ? »
La petite pointa du doigt Havoc et répéta.
« Tonton Jean ! »
Elle était toute souriante et applaudissait encore. Mustang lui plaqua la main sur la bouche et l’attrapa sous le bras. Pour un militaire contre un gabarit de la corpulence de sa fille, cela ressemblait fort à un enlèvement. C’est d’ailleurs ce que dut se dire un policier, passant par là pour sa ronde de l’après-midi, quand le colonel sortit de leur cachette.
« Monsieur, s’il vous plait !
-Euh… Oui ?
-Veuillez lâcher cette enfant !
-Pardon ? Ah non il doit y avoir méprise. Il s’agit de ma fille.
-Bien sûr. Et moi, ma mère était la dernière reine de ce pays.
-Euh… Si vous le dites, même s’il n’y a jamais eu de famille royale.
-Monsieur, lâchez cette enfant ! Où est sa mère ?
-Alors ça, je l’ignore. C’est d’ailleurs le grand problème. Je la cherche parce que j’ai quelques réclamations à lui faire voyez-vous. »
Le policier fit un pas en arrière. Il se demanda quand il devrait sortir son arme de service pour neutraliser le kidnappeur.
« Je ne le répèterai pas ! Vos papiers et lâchez cette enfant !
-Alala je vous jure, quand la justice fait du zèle… Les voilà mes papiers ! Maintenant, je peux partir avec ma fille où vous désirez un test de paternité aussi ? »
Il arracha ses papiers des mains du représentant de la justice qui resta, pantois.
Et voilà. Mustang maudit celui qui était plus ou moins son collègue indirect. Il avait perdu la trace de Havoc et par la même occasion, celle de Riza. Il commença à traverser la rue fréquentée, tirant sa fille par le bras et passa devant un bar, où une blonde se faisait draguer bien plus qu’explicitement par un homme assez musclé. Cependant, elle semblait s’amuser. Elle portait des lunettes aux montures noires, ses cheveux longs étaient relâchés. Elle était assise sur un tabouret. Sa jupe courte remontait légèrement. Elle se leva et Roy eut une magnifique vision de ses fesses moulées dans le vêtement et il dut bien avouer qu’elles étaient plaisantes à observer. Se ressaisissant, il se mit à marcher droit devant lui quand ses yeux noisettes croisèrent rapidement son regard. Ce n’est que dix mètres plus loin qu’il eut le déclic.
Il venait de croiser sa femme.
Comme subissant un électrochoc, il fit demi-tour. Sa fille se plaignait parce qu’il tirait trop sur son bras pour la faire presser le pas.
« Oh mais qu’elle est choupineeeeette ! Dites c’est votre fille ? Elle est adorable vous savez ! »
Une jeune femme l’aborda et au loin, il vit Riza s’éloigner au bras de Havoc ce coup-ci.
Complètement abattu, Mustang rentra en portant sa fille dans ses bras jusqu’à son hôtel. En l’espace de même pas dix minutes, il avait vu son épouse dans les bras de deux hommes différents dont l’un qu’elle connaissait depuis plusieurs années, qu’elle fréquentait au travail tous les jours depuis la même durée, et que lui aussi connaissait très bien. Sa fille tira sur ses joues pour le faire sourire. Elle lui tira la langue. Il ne réagit pas. Alors, quand il l’assit sur la chaise pour lui retirer ses chaussures, elle l’empêcha de se pencher et inonda sa joue de bave avec un énorme bisou d’enfant. Il lui fit un petit sourire triste et peiné. Jamais il n’aurait imaginé que sa femme, la mère de cette petite fille, puisse être aussi volage. Pire encore, elle n’avait même pas donné d’ordre de démission, ni de préavis pour leur séparation. Elle ne lui avait rien laissé à part son alliance et leur fille. Comment avait-elle pu lui faire ça ? Il avait du mal à y croire. Mais il commençait à se poser des questions. Après tout, c’était bien elle qui l’avait séduit, et il n’avait pas pu résister. Avait-elle fini par s’ennuyer ? Allons donc. On n’a pas une enfant avec un homme qu’on aime – du moins, qu’on dit aimer – pour ensuite les abandonner tous les deux. Passablement déprimé mais également prêt à faire un massacre avec non seulement son subordonné mais aussi tous les hommes présents dans la ville, il préféra aller se coucher.
Sa dernière pensée avant de sombrer dans les limbes de l’inconscience nocturne fut quand même pour ces petites fesses et ce grand regard.
Quand il se réveilla le lendemain, Mustang était bien décidé. Premièrement, il allait retrouver Havoc – ou « tonton Jean ». Pourquoi ? Pour lui faire comprendre gentiment, donc uniquement à coup de combustion sur son corps, qu’il devait s’éloigner de Riza. Ensuite peut-être, il le ferait parler pour savoir où elle était. Deuxièmement, et ce uniquement si Havoc survivait assez longtemps pour lui dire, il irait voir Riza, où qu’elle soit et quelle que soit la raison pour laquelle elle était partie. Alors la grande question, la plus dure de toutes ses décisions de la journée, vint hanter son esprit : qu’allait-il faire de sa fille ?
C’est alors que tout naturellement il retourna au quartier général de l’armée. Il avait bien servi de nounou à ses subordonnés (enfin, uniquement dans son esprit), ils pourraient lui rendre la pareille. Breda fut naturellement enchanté de devoir garder une petite fille, déjà que le colonel lui avait refilé obligatoirement son chien à garder depuis le début de l’enquête. Là encore, il n’avait pas put refuser… En effet il avait disons une petite, minuscule même, dizaine de dossiers en retard qu’il n’avait toujours pas commencé (à croire que la mauvaise influence de Mustang y était pour quelque chose).
« Et vous allez faire quoi, colonel ?
-Allez débusquer cette pourriture de tonton Jean pour lui faire comprendre qui est le patron ici ! »
L’air de Mustang ressemblait bien plus à celui d’un Yankee qu’à celui d’un militaire. Les yeux brillants, la veine palpitante sur sa tempe, il remonta ses gants et s’apprêta à claquer des doigts.
« Tonton Jean ? Vous avez un oncle qui a le même prénom que Havoc ?
-Tonton Jean ! »
La petite rigolait toujours en entendant ce nom.
« Aucune chance que j’ai un oncle assez débile pour s’appeler Jean.
-Mais colonel, on ne choisit pas son n… »
Devant l’air de son supérieur, Breda préféra l’écraser, bien qu’il ne comprenne pas grand-chose à toute cette histoire.
Roy était en planque depuis près de deux heures devant le domicile de Havoc. C’était une petite maison à la sortie de la ville. Il avait donc eu le temps d’utiliser huit mouchoirs pour pouvoir vider son nez, de boire deux cafés, de faire puis effacer trois fois les mots croisés dans le journal et de bailler près de deux cent soixante dix-huit fois quand Havoc sortit enfin et là… Ce fut le drame. Une voix de femme le rappela.
« Jean ! Mon choupinet ! »
Avec le vent, Mustang n’arrivait pas à distinguer à qui appartenait cette voix. Cependant, il fut vite certain, rien qu’au timbre, que ce n’était pas celle de sa douce. Il ria intérieurement. Les maîtresses avaient parfois de drôles de surnoms.
« Prends quand même un pull supplémentaire il fait froid ces temps-ci !
-Oh ça va maman, je suis grand maintenant ! »
Le colonel tomba des nus et eut encore plus de mal à se retenir de rire. Il commença donc sa filature. Cela le conduisit tout d’abord dans une boutique qui louait des costumes taillés sur mesure. Ensuite, il le suivit jusqu’à une fleuriste réputée pour confectionner des bouquets pour les amoureux. Un peu dépité, il se dit qu’il n’avait pas offert de fleurs à sa femme depuis longtemps. C’était déjà le midi. Havoc se dirigeait vers un restaurant réputé pour son ambiance et la possibilité de s’isoler en couple. Le colonel perdit de son flegme naturel et manqua de lui sauter dessus quand il reconnut Riza assise seule à une table, l’air d’attendre quelqu’un. Malheureusement, Havoc ne s’assit pas face à elle. Il prit une table d’où il pouvait l’observer. Le regard que « Tonton Jean » posait sur « Maman » ne plaisait pas vraiment au colonel. C’était un regard protecteur (peut-être même un peu trop à son goût). Mais c’est un autre homme qui vint la rejoindre. Et là, Mustang ne comprit plus. Que pouvait-elle trouver à un homme ayant près de quinze ans de plus qu’elle, des rides de toutes parts, et avec des cheveux grisonnants déjà ? Il comprit vite en voyant le costume qu’il n’aurait même pas osé avoir en rêve. Il était fortement fortuné ce chenapan. Alors c’était ça qui intéressait les femmes plus que le pouvoir, la beauté, l’intelligence, le rire, et tout un tas d’autres qualités dont il était, en plus de celles énumérées ci-dessus, doté depuis toujours ? Il resta donc à observer sa femme faire du gringue à un autre homme que lui. Et, bien évidemment, cela ne lui plaisait vraiment pas, un peu comme si ce qu’il n’avait pas mangé ce midi-là lui laissait un arrière goût amer. Elle mangeait en compagnie d’un autre homme. Elle riait avec un autre homme. Elle laissait un autre homme lui faire du pied. Elle était habillée de façon très attirante avec un autre homme. En bref, elle était AVEC UN AUTRE HOMME. Et de toutes évidences, ils faisaient la queue pour pouvoir passer un moment avec elle. Ne le supportant plus, Mustang, sauta sur Havoc, l’attrapa par le cou et l’entraîna derrière des plantes vertes pour demander des explications.
« Colonel !
-Pas de colonel qui tienne Havoc ! »
Le regard du brun avait à nouveau changé. On aurait dit un prédateur prêt à attaquer sa proie. D’ailleurs, après une matinée de filature et dix jours de planque pour les retrouver, ce n’était pas ce qu’il était, finalement ?
« Pourquoi vous prenez des tickets pour pouvoir passer des moments avec ma femme ?
-Colonel, vous allez tout…
-
Havoc était sur le point de mourir étranglé. Son visage virait déjà pâle comme un linge. Riza ne put s’empêcher de remarquer que la plante située près d’elle était en train de remuer, mais surtout que Havoc avait disparu mystérieusement. Elle commença à s’inquiéter mais ne laissa rien transparaître. Sauf que son plan allait virer court d’ici peu. Elle dégagea sa main de celle de l’homme en face et ils se regardèrent droit dans les yeux. Elle savait qu’il était armé.
Tout se passa alors très vite.
L’homme dégaina son arme. Elle fit de même. Les clients autours pointèrent une arme à feu sur elle. D’autres clients pointèrent une arme à feu sur eux et sur lui. Et Havoc se dégagea de l’emprise de son colonel pour aller désarmer le vieux mais il fut prit de vitesse. Mustang arriva et décrocha une droite phénoménale afin d’assommer l’homme pendant que les membres de l’armée neutralisaient les hommes de main. Havoc en profita donc pour se jeter au cou de Riza, mais n’eut pas le temps d’arriver jusque là. Il se jeta sur elle mais fut arrêté dans sa course par un coup de poing lancé à pleine puissance par un gant blanc. Mustang épousseta sa veste de costume marron et toussota.
« Quitte à choisir quelqu’un, tout mais pas un sous-fifre quand même ! »
Il se tourna vers elle. Elle baissa ses lunettes et lui sourit. Sauf que quand elle s’approcha, elle lui fit un croche pied et le mit à terre. Posant son talon aiguille sur les côtes de son mari, elle se mit à hurler contre lui, sans retenue.
« NON MAIS ÇA VA PAS ? T’AS FAILLI TOUT GÂCHER ! »
Ils étaient assis sur les marches du restaurant. Mustang avait eu droit aux premiers soins suite à la blessure reçue par la chaussure gauche de sa femme. Elle buvait tranquillement son thé et il soufflait sur un café.
« Roy, tu ne peux pas me laisser cinq minutes respirer ?
-Cinq minutes ? C’était plutôt douze jours là !
-Ah oui ? »
Elle était réellement surprise.
« Je n’ai pas dû voir le temps passer alors. »
Grosse goutte sur la tempe des subordonnés qui écoutent aux portes pour entendre la conversation.
« Enfin Riza, tu aurais pu me prévenir !
-Tu sais, une mission secrète doit, ma foi rester secrète.
-Oui mais je suis ton mari.
-Secrète. »Insista-t-elle.
Il se frotta le menton en réfléchissant.
« Et Havoc ?
-Quoi Havoc ?
-Pourquoi Lily l’appelle Tonton Jean ?
-Ah… C’est parce qu’il est débile à souhait. Quand il est venu me chercher pour qu’on parte ensemble… »
Mustang manqua de s’étouffer en avalant une gorgée de travers.
« … pour la mission secrète, il a joué au tonton gâteux et lui a dit de demander ce qu’elle voudrait à Tonton Jean.
-C’est juste ça ?
-Ben oui. Tu te serais mis dans une colère noire si je t’avais annoncé que je partais en mission en t’abandonnant avec la petite.
-Moins que lorsque j’ai vu l’alliance sur la table de chevet.
-Alors c’est là que je l’avais perdue… »
Riza était songeuse. Mustang s’écroula en arrière. Il se releva.
« Quoi ?
-Je ne me souvenais plus où je l’avais posée. Remarque tant mieux, j’étais censé être seulement célibataire pendant cette mission. Enfin, sauf quand on se trompait de poisson, Havoc devenait mon petit ami. Il a mis beaucoup de cœur dans cette mission. »
Devant le regard furieux et pleins d’étincelles et de menaces du genre « toi tu perds pas une minute… » Havoc se recula, le front rempli de perles de sueur, les mains levées devant lui en signe d’abdication. Il tremblait et se demandait quelle cuisson le colonel lui réservait.
« Roy, tu as réellement cru que j’allais te quitter comme ça ?
-Et la lettre ?
-Ben, un ordre de mission aussi ça se déguise. »
Elle l’embrassa et lui tendit la main pour qu’ils rentrent ensembles.
Ils passèrent au QG pour aller chercher Lily. Quand ils arrivèrent dans la grande salle, ils la virent seule en train de faire du collage.
« Oh mais c’est qu’elle est douée en art ma puce ! Et tu as découpé qu… »
Mustang manqua de s’étrangler. Elle avait découpé ou plutôt déchiré des dossiers administratifs importants qu’il devait rendre le soir même et les avait inondés de colle. Plus rien n’était lisible.
« Où est Breda ? »
Farman passa à ce moment là.
« Au dispensaire, colonel. »
Avant de continuer sa route. Inquiets, les époux se regardèrent. Riza prit sa fille dans ses bras et ils décidèrent de rendre quand même visite au subordonné roux.
« AAaaaaaaaaaaaaaaah la laissez pas m’approcher ! »
Il était allongé sur un lit, le ventre à l’air, et l’infirmière s’énervait.
« Enfin ce n’est qu’une enfant ! Votre supérieur vient vous rendre visite et vous réagissez comme ça ? Et ARRÊTEZ DE BOUGER BON SANG ! »
Elle l’immobilisa tant bien que mal.
« Une enfant ? Un monstre ! C’est la fille des deux réunis là ! Comment voulez vous que se ne soit qu’une enfant ! Elle m’a arraché les poils du ventre à main nue ! Elle a étalé de la colle sur mes jambes avant de tout arracher de façon douloureuse !
-Hé bien, il faut croire que cette petite n’aime pas les hommes poilus. »
Riza et Roy regardèrent leur fille comme s’ils la voyaient pour la première fois. Elle rigolait et lançait des confettis faits avec les restes des dossiers. Décidemment, ils allaient devoir la surveiller d’un peu plus près pour éviter les ennuis à l’avenir…
FIN
| << ( Préc ) |