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Anhelvens, Voyage 1 - Acquisition
[Histoire En hiatus]
Auteur: Darf Vue: 113
[Publiée le: 2007-08-13]    [Mise à Jour: 2007-08-14]
G Général/Mystère/SuspenseCommentaires: 1
Description:
Découvert en orbite autour de la terre, Arael est le premier ange capable de contaminer psychiquement ses ennemis, c'est d'ailleurs la pauvre Asuka qui en fera les frais. En effet Arael réveillera les souvenirs enfouit au plus profond d’elle, souvenirs qu'elle avait réussi à oublier... Voila la version "officielle", celle que Gendo Ikari a réussi à faire croire aux vieillards de la Seele mais la vérité est en fait toute autre...
Crédits:
Les personnage, les lieux, l'action se passent dans l'univers d'Evangelion et appartiennent aux studios Gainax. Tous les autres personnages "fictifs" connus appartiennent à leurs auteurs et éditeurs respectifs.

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Commenter: Où est-elle ?

Où est-elle ?

[8370 mots]
Publié le: 2007-08-13Format imprimable  
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ANHELVENS
Voyage 1 - Acquisition


Cette fic reprend l’histoire à l’épisode 22 après la contamination mental d’Asuka par l’ange Arael. Cependant, la contamination ne se passe pas exactement comme vous le savez et Asuka est projetée dans le T-World (le véritable monde). Comment ? Un personnage fictif hors de son monde ? Mais c’est impossible ! C’est pourquoi la société secrète ‘Anhelvens’ va tout faire pour renvoyer la jeune fille d’où elle vient. Mais a-t-elle vraiment été envoyée dans le T-World par hasard... ?

===================================================================

Episode 22
Quinzième ange: Arael
Découvert en orbite autour de la terre, Arael est le premier ange capable de contaminer psychiquement ses ennemis, c'est d'ailleurs la pauvre Asuka qui en fera les frais. En effet Arael réveillera les souvenirs enfouit au plus profond d’elle, souvenirs qu'elle avait réussi à oublier... Voila la version "officielle", celle que Gendo Ikari a réussi à faire croire aux vieillards de la Seele mais la vérité est en fait toute autre...

---====== Chapitre 1 – Où est-elle ? ======---

Japon: Tokyo-3 - An 2015
Une masse informe était observable en orbite géostationnaire au dessus de la cité forteresse de Tokyo-3. L’ange, ainsi surnommé par les hommes qui le combattaient, semblait attendre quelque chose. L’organisation spéciale NERV avait lancé quelques minutes plus tôt deux robots gigantesques conçus pour combattre cette nouvelle entité. L’Evangelion prototype 00, le premier des deux robots, était piloté par une jeune fille de 14 ans. Rei Ayanami, une adolescente froide et distante aux cheveux bleus et à la peau blanche. Ses yeux étaient d’un rouge étincelant. L’Evangelion 02, quant à elle, était pilotée par ce qu’on pouvait qualifier comme l’exact contraire de Rei, autant physiquement que mentalement. Sôryû Asuka Langley, une jeune fille rousse d’une grande beauté mais possédant une confiance en elle plus qu’excessive la rendant extrêmement arrogante.
Des milliers de gouttes d'eau tombaient sur l'armure rouge vive de l'Eva-02, Asuka, armée d'un énorme fusil à positron, attendait les ordres du Major Katsuragi. Ayant fourni ces dernières semaines des résultats irréguliers, la jeune fille était anxieuse.

Asuka (à elle même): J'ai intérêt à réussir ce coup là si je ne veux pas être virée. C'est partit pour un sans faute, Asuka!

Shigeru Aoba: La cible est toujours hors de portée de tir

Asuka: Ah! Allez l'ange ramènes toi! Montre nous c'que t'as dans le ventre bon sang!

La tension était palpable et la cible était toujours hors de portée de tir, la jeune fille commença à montrer des signes d’impatience. Lorsque soudain, un énorme rayon de lumière enveloppa l’Eva-02. La panique ne tarda pas à gagner les locaux du quartier général de la NERV.

Misato: Qu'est-ce que c'est ??! Une attaque directe?

Makoto Hyuga: Négatif, aucune trace d'énergie thermique!

Maya: Anomalies dans le psychographe d'Asuka! C'est une contamination mentale!

Ritsuko: Ce serait une attaque psychique? Les anges seraient capables de comprendre l'esprit humain?

Asuka: VA AU DIABLE !!!!!

Ignorant totalement ce qui pouvait se passer au QG, Asuka décida d’attaquer sans attendre les ordres. Deux boules de feu sortirent du fusil de l'Eva-02 et filèrent à toute vitesse vers le ciel. Malheureusement, la cible était toujours hors de portée, et les balles manquèrent l'ange de plusieurs kilomètres.

Shigeru Aoba: Attaque manquée, aucun effet, il est toujours hors de portée

L'Eva-02 (ou son pilote) sembla devenir folle et tira plusieurs rafales du fusil destructeur sur Tokyo-3, détruisant une partie de la ville.

Shigeru Aoba: L'Eva-02 a épuisé ses munitions!

Misato: Et l'analyse du rayon?

Makoto Hyuga : Des ondes énergétiques inconnues, ça ressemble à un AT Field à quelques détails près.

Misato: Et Asuka?

Maya: Elle est en danger, on frôle les limites de la contamination

Asuka: NNNNNNNNOOOOOOONNNNNNN !

Misato: ASUKA !!!

Maya: Psychographe au point critique!

Ritsuko: Ses liaisons nerveuses vont subir de graves dommages, elle doit rapidement se mettre à l’abri de ce rayon!

Misato: ASUKA REVIENT !

Maya: Le signal de l'Eva-02 s'affaiblit

Ritsuko: Elle n'est même pas protégée par le LCL!

Maya: L'immersion n'a pas atténué le choque de l'attaque.

Ritsuko: Priorité au système de survie, empêchez une rétroaction de l'Eva!

Maya: A vos ordres!

L'Eva-02 cessa tout mouvement.

Makoto Hyuga : Eva-02 désactivée, système de survie perturbé, le pilote est en danger.

Shigeru Aoba: Cible immobile, distance relative inchangée

Gendo: Rei! Descends dans le Dogma et prends la lance!

Fuyutsuki: Vous voulez dire la lance de Longin? Mais Ikari vous savez que...

Gendo: C'est le seul moyen de traverser L'AT-Field d'une cible en orbite géostationnaire, dépêchez-vous!

Quelques minutes plus tard, l'Eva-00 réapparu à la surface armée d'une immense lance de couleur pourpre.

Misato: Alors c'est ça la lance de Longin...

Makoto Hyuga: Eva-00 prête pour le lancement.

Shigeru Aoba: Cible localisée, correction de l'erreur Ok!

MAGI: Début du compte à rebours, H moins 10.... 9..... 8..... 7..... 6..... 5..... 4..... 3..... 2..... 1..... 0!

La lance déchira les nuages à une vitesse proche de celle du son, elle traversa l'AT-Field et transperça l'ange qui disparu aussitôt.

Makoto Hyuga: Cible détruite !

Maya: Eva-02 libérée.

Misato: Etat du pilote de l'Eva-02?

Maya: Aucun signe de vie, tous les graphes sont a zéro.

Misato: Mon dieu... Affichage de l'intérieur de la plug !

Maya: Affichage activé.

L’intérieur de la plug s’afficha sur l’écran géant de la salle des commandes. On pouvait y voir le fauteuil du pilote et le liquide jaune qui la remplissait complètement. Il n’y avait aucune trace de la jeune fille. L’ensemble du QG resta figé, Ritsuko réagit la première.

Ritsuko: Maya ! Analyse du LCL !

Misato: Tu penses qu’elle s’est fait absorbée par l'Eva? Comme Shinji?

Ritsuko: Tu vois une autre explication ?

Maya: composition du LCL normal, aucune modification!

Misato: Quoi ?...

Ritsuko jeta un regard horrifié au commandant de la NERV. L’homme affichait un sourire satisfait.


---


Japon: Tokyo, an 2006. 7h45.

Une rue sombre, déserte. Une jeune fille gisait inerte entre deux containers. Bientôt une foule s'amassa autour du corps alertés par les cris des chats alentour. Personne ne bougea. Chuchotements.
- Elle est morte?
- Que lui est il arrivé?
- Il faudrait peut être faire quelque chose.
- Que se passe t-il ici? Ecartez vous!
Un policier coupa la foule et arriva près de corps de la jeune fille.
- Mon dieu, qu'est-ce que c'est que ça encore! Qu'est-ce que vous attendez pour appeler une ambulance! A moins qu'il ne soit trop tard...
L'homme s'approcha du corps.
- Elle respire! Mais très faiblement! Si on ne fait rien elle va mourir! Alors, cette ambulance ?!
Un homme dans la foule entreprit d’appeler les urgences. Pendant ce temps, le policier tenta de comprendre comment la jeune fille était arrivée ici. Il ne remarqua aucune trace de blessure apparente mais son uniforme attira l’attention du policier. Il s’agissait d’une combinaison rouge vive, probablement en latex, dont il ne parvenait pas à déceler l’ouverture. Il était pourtant vital qu’il la desserre, elle devait étouffer là-dedans ! Mais avant qu’il n’ait pu résoudre ce mystère, l’ambulance entra en trombe dans la ruelle.
Deux urgentistes sortirent rapidement du véhicule et ils se frayèrent un chemin vers le corps.
- Dépêchons nous, elle a l'air mal en point!
La jeune fille ouvrit lentement la bouche, un très faible son en sortit, semblant échapper aux personnes témoins de la scène.
- Ma... Man...
Des larmes se mirent à couler le long de ses joues alors que l'ambulance commençait à repartir vers l’hôpital.

BLACK OUT.

- Vite, on est entrain de la perdre!


---


Au même moment, dans un appartement miteux de la banlieue de Tokyo.
PIN PON PIN PON PIN PON PIN PON PIN PON
Une jeune femme regarda passer l’ambulance sans trahir la moindre émotion. Une sorte de profonde lassitude émanait d’elle, comme si elle n’attendait plus grand-chose de la vie.
- Et voila, encore un accident malheureux. On va peut être en parler ce soir au JT... Kiyoshi-chan, tu vas être en retard !
- Mmmmh, n’yarrive...
Un jeune homme sorti de sa chambre. C’était un garçon élancé de 14 ans, assez maigre. Il avait deux magnifiques yeux verts qu’il avait hérités de son père occidental et des cheveux court, constamment ébouriffés, d’un noir de jais... Il ressemblait beaucoup à sa mère. Celle-ci était une très belle japonaise d’une trentaine d’année, elle avait de longs cheveux noirs et des yeux d’un bleu électrique. Son visage trahissait une immense tristesse qu’elle essayait de dissimuler sous un peu de maquillage superficiel. Elle n’avait jamais vraiment supporté le départ de son mari...
- M’man je t’ai déjà dit de ne plus m’appeler -chan, j’ai 14 ans, je suis plus un bébé...
- D’accord mon bébé, tiens n’oublie pas ton déjeuné.
Le jeune homme ne releva pas la remarque de sa mère, il savait qu’elle essayait de le provoquer, c’était son grand jeu en ce moment.
- Merci... En ce qui concerne la sortie de classe du mois prochain, il faut verser 60000 yens (NdlA : environ 450€) à l’établissement...
- 60000 Yens ?? Vous aller en Amérique ou quoi ? Cette sortie est vraiment nécessaire ?
- Mais maman, déjà on va visiter des châteaux peut-être hantés en écosse et en plus tous mes copains vont y aller, tu vas pas me faire ça !
- Ok, ok, on va se débrouiller...
- Merci... Bon j’y vais sinon je vais être en retard... A ce soir M’man
Le jeune garçon embrassa sa mère et disparu dans l’entrée laissant cette dernière seule, ruminant de sombres pensées.
- Si seulement son père était encore la...


---


Kiyoshi courra jusqu'a l'arrêt de tramway le plus proche qui n'était qu'à une dizaine de mètre de son appartement.
- ouf j'espère que le tram n'aura pas de retard cette fois, pas comme hier...


---FLASHBACK---
Une salle de classe presque pleine, on frappa à la porte.
Une vieille prof avec un sourire sadique alla ouvrir, c'était une prof de maths comme on pouvait en juger par rapport aux équations incompréhensibles écrites au tableau...
Kiyoshi apparut sur le seuil de la porte, il était essoufflé et trempé de sueur. Le professeur pinça les lèvres, signe de son mécontentement, et demanda :
- Motif de votre retard Kiyoshi Chibo ?
- Désolé Sensei mais mon réveil, le tram, le... essaya Kiyoshi mais il fut vite interrompu par son professeur.
- Oui, comme d'habitude: vous êtes tombé dans un guet-apens tendu par des fans de Star-Wars en furie ayant aperçu Georges Lucas volé dans une réplique du faucon millenium, lorsque vous avez pu vous extraire de la foule, vous aviez raté votre tram mais après en course épuisante de 10 mètres vous l’avez récupéré à l’arrêt suivant. Malheureusement une fausse alerte à la bombe déclanchée par un amoureux transit en mal de sensations fortes a arrêté votre tram et vous avez finalement du faire les 8 kilomètres qui vous sépare de votre école à pieds. Ce qui explique votre retard... (NdA : désolé... ^^’)
- Je... heu... Oui c'est ça ! Comment vous le savez sensei?
La classe éclata de rire mais cela n’eut pas l’air d’enchanter le prof qui lança une réplique cinglante à son jeune élève.
- Cela suffit Chibo, vous n'avez que 14 ans alors ne faites pas trop le malin! Cela fait la troisième fois cette semaine que vous arrivez en retard! Vous allez me résoudre tous les problèmes de la page 124, il y en a 6, ça devrait vous occuper un moment !
- Mais...
Un sourire sadique se dessina sur le visage ridé du professeur.
- Ca ne vous suffit pas ? Très bien alors vous ferez également tout ceux de la page 125 et 126. Maintenant aller vous asseoir sinon je rajoute encore 5 pages !
Ne pouvant rien ajouter, Kiyoshi lui envoya un regard noir et alla s'asseoir sous les rires de ses camarades de classe. Son meilleur ami, Akuseru, le suivit du regard en étant à la fois inquiet et désolé pour lui. Il parla à voix basse lorsque Kiyoshi eut rejoint la table juxtaposée à la sienne.
- Pas de chance, Kiyo ...
- Oh ça va, je vais devoir y passer la soirée, tout ça parce que je ne me suis pas réveillé... répondit celui-ci, au bord de la crise de nerf.
- Bah pourquoi tu te couche si tard aussi, t’es toujours tout blanc et pleins de cernes...
Le silence s’installa et, un sourire se dessinant sur ses lèvres, Aku continua :
- Y’aurait pas une fille la dessous ?...
Kiyoshi ne répondit rien, ses joues se rosirent et il prit un air triste.
- Bon Tiang, vous aussi vous voulez passer votre soirée à travailler? Lança le professeur qui les avait surpris du fond de la classe
- Non Sensei. S’empressa de répondre Aku.
- Bien alors venez au tableau...

---FIN DU FLASHBACK---

Kiyoshi était plongé dans ses pensées, il était évident qu’Aku n’y comprenait rien mais, à vrai dire, Kiyoshi non plus. Après avoir hésité un cours instant, il décida qu’il ne lui en parlerait pas, tout du moins, pas tout de suite.
Le tram arriva enfin, Kiyoshi sauta dedans et mis les écouteurs de son lecteur MP3 dans ces oreilles, il s’apprêtait à l’allumer lorsque quelque chose attira son attention.


---


La chambre d’hôpital était baignée de la lueur diffuse du soleil qui perçait à travers les stores. Une seule patiente occupait la pièce. C’était une jeune fille d’une quinzaine d’année. Elle semblait dormir profondément malgré la multitude d’appareils électronique qui l’entourait et qui émettaient des bips intempestifs toutes les dix secondes, signe que son état de santé était stationnaire.
Un médecin était entrain de l’examiner. Ainsi, il mesura sa tension, son rythme cardiaque et il vérifia que la perfusion s’écoulait normalement dans les veines de sa patiente. Pour lui, s’était la routine. En effet, en tant que chef de ce service, il s’occupait déjà d’une vingtaine de cas similaires. Mais pour il ne savait quelle raison, cette patiente là attirait particulièrement son attention. D’après ce qu’il savait, elle était tombée de nulle part, en plein milieu d’un “coupe-gorge”– c’est ainsi qu’il appelait ces toutes petites rues aussi inquiétantes le jour que la nuit – vêtue uniquement d’une étrange combinaison rouge en latex. Elle ne portait aucun signe de coup apparent et rien n’expliquait le fait qu’elle soit aujourd’hui plongée dans le coma. Il examinait une fois encore sa fiche de suivi lorsqu’un homme qu’il connaissait bien entra et s’adressa à lui:
- Alors comment va-t-elle ?
- Son état est stationnaire, elle est toujours plongée dans le coma et on ne sait pas du tout ce qui s’est passé. Elle ne semble pas avoir été blessée ou battue, elle n’a pas non plus été violée. Je pense qu’elle a reçut un énorme choc émotionnel. En fait elle ne semble pas vouloir sortir du coma, c’est comme si elle n’avait tout simplement plus envie de vivre. Tout ce qu’on peut faire maintenant, c’est attendre, ensuite ce sera a vous de prendre le relais docteur Wells.
Le docteur Wells regarda un instant Asuka, étendu sur le lit, il jeta ensuite un œil à sa plugsuit rouge vif. Wells était un homme d’une quarantaine d’années au regard sévère qui portait des lunettes rectangulaires. Il avait les cheveux châtains coupés très court. On distinguait également quelques rides d’expression sur son visage occidental, cela lui donnait un certain charme... Il était grand et le badge sur sa blouse indiquait qu’il était psychiatre dans cet hôpital. Son visage était fermé, il ne trahissait pas la moindre émotion.
Il reconnu immédiatement la combinaison rouge et, pendant une fraction de seconde, il fronça les sourcils. Cependant, lorsqu’il reprit la parole, il avait déjà récupéré son visage inexpressif.
- On sait qui c’est ? demanda t-il.
- Alors là ce n’est pas à moi qu’il faut poser la question – répondit le médecin – allez voir le lieutenant Takagi, c’est lui qui est chargé de l’enquête. Tout ce qu’on peut dire c’est qu’elle doit être fan de cosplay... Et particulièrement douée !
- Oui certainement... Je vais aller rendre visite à l’inspecteur Takagi, vous avez autre chose à me dire docteur Geller?...
- Non je crois qu’on a fait le tour... Ah si ! Je ne sais pas si ça peut vous intéresser mais elle a prononcé quelques mots dans son sommeil.
- Evidemment que ça m’intéresse ! Allez-y je vous écoute. Répliqua aussitôt Wells
- Hé bien elle semble essayer d’appeler sa mère, je pense qu’elle a été abandonnée lorsqu’elle était petite. Elle a aussi mentionné des mots tel que ‘Eva’, ‘Ange’, ‘Shinji’...
- Shinji, c’est un prénom masculin japonais ça non ?
- Ah Oui, c’est vrai que vous n’êtes pas d’ici vous. En effet mais il doit être porté par plusieurs centaines de japonais.
- Je vois, je vais en parler à l’inspecteur Takagi. Merci et contactez moi si il y a du nouveau, voici ma carte.
Wells tandis un petit bout de papier plastifié à Geller. Ce dernier hésita, il fixa le psychiatre et avec un sourire il s’exclama :
- Excusez moi mais, vous êtes flic ou quoi ?
La remarque ne sembla pas amuser le docteur Wells.
- Non je suis psychiatre, mais j’aime bien m’intéresser de près à mes patients, surtout lorsqu’ils sont aussi mystérieux que cette jeune fille. D’autant que j’ai comme le pressentiment que cette affaire est assez complexe...
Le docteur Geller ne répondit rien, il était persuadé que ce n’était pas un simple psy, ce type. Wells reprit la parole.
- Quoi qu’il en soit, vous avez mon numéro, contactez moi au moindre changement de son état, au revoir docteur.
- Au revoir.
Wells se dirigea rapidement vers la sortie, laissant un docteur Geller pour le moins songeur.


---


Ligne 12 du tramway de Tokyo, un jeune garçon entra dans le wagon de tête. Il mis le casque de son lecteur MP3, appuya sur ‘play’ mais aucun son ne sortit du casque. Kiyoshi ne comprenait pas, il s’acharna mais rien ne se passa lorsque quelque chose attira son attention : le silence. Il était presque 8h, l’heure de pointe, et pourtant aucun bruit ne perturbait le wagon. Il releva doucement la tête et assista à la chose la plus bizarre qui lui ait été donné de voir. Tout était figé, l’atmosphère était sombre et personne ne semblait se rendre compte de ce qui était entrain de se passer. Enfin presque personne...
En effet, Kiyoshi remarqua que certaines personnes semblaient aussi interloquées que lui, elles semblaient même se demander ce qu’elles faisaient là. Kiyoshi croisa d’abord le regard d’une jeune fille aux longs cheveux châtains coiffés en bataille. Elle portait un uniforme étrange et semblait terrorisée. Plus loin, Kiyoshi aperçu un petit garçon qui ne devait pas avoir plus de 6 ans. Il portait de grandes lunettes rondes et observait la scène avec la plus grande attention. Kiyoshi tourna les yeux et tomba nez à nez avec une jeune fille qui le fixait, elle portait l’uniforme d’un lycée qu’il ne connaissait pas mais, bizarrement, il ne lui était pas inconnu. Ce qui l’interpellait le plus c’était le regard de cette jeune fille : un rouge intense. Il était comme hypnotisé et retint son souffle lorsque soudain, son lecteur se mis en marche. Kiyoshi sursauta en entendant d’un seul coup une chanson de son interprète favori et regarda une nouvelle fois devant lui. Les deux filles et le petit garçon avaient disparus et le wagon s’était remis à rouler au rythme des conversations matinales de ses passagers. Kiyoshi fronça les sourcils, bien sur, personne ne semblait s’être rendu compte de ce qui venait de se passer. Une nouvelle vision qui inquiéta Kiyoshi, ce n’était pas la première mais celle la semblait vraiment réelle. Il décida de ne plus y penser pour l’instant, il avait sûrement besoin de repos, voila tout, et il descendit à l’arrêt suivant. Il ne remarqua pas qu’un homme n’avait cessé de l’observer durant tout le trajet...


---


DRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIING

- Raaaah chuis à la bouuuuuuure !
Kiyoshi traversa la cours de l’école en courant et entra en trombe dans l’entrée de son établissement. Il tourna à droite et monta quatre à quatre les marches qui le séparait du premier étage. Il arriva à la porte en même temps que son professeur qui le toisa du regard.
- Juste à l’heure Chibo. Bon est-ce que vous avez fait ce que je vous aie demandé ?
- Oui..., voila. Répondit Kiyoshi, à bout de souffle.
- Bien, aller à votre place nous allons commencer le cours de mathématiques.
Kiyoshi perçut quelques ricanements lorsqu’il se dirigea vers sa place, à côté de son ami Akuseru, mais il décida de les ignorer, il avait d’autres soucis en tête en ce moment. Son ami le regarda, l’air à la fois perplexe et amusé :
- Encore en avance à ce que je vois Kiyo...
Le professeur commença son cours mais Aku n’y prêta pas attention.
- ...Alors aujourd’hui nous allons traiter les équations du second degré...
- Qu’est ce que t’as encore fait cette nuit ? Demanda le jeune homme
- ...Prenons pour exemple cette équation : 2x² 12x 11/2...
- Bah j’ai fait mes problèmes tiens, qu’est ce que tu veux que je fasse d’autre crétin... répondit Kiyoshi avec une pointe d’agacement dans la voix. Mais il savait que cette réponse ne le satisferait pas.
- ...L’important est tout d’abord de calculer le delta de l’équation suivant la formule suivante...
- Arrête un peu, ça fait un mois que t’arrive systématiquement en retard, ça cache forcément quelque chose, tu pourrais m’en parler quand même...
Kiyoshi choisit d’esquiver les reproches de Aku, il n’avait pas du tout envie de parler de ça maintenant.
- Demain on n’a pas cours, si on allait boire un verre au centre commercial, ou voir un film! Lança t-il d’un ton dégagé.
Il avait lancé cette phrase sans vraiment y pensé mais cela lui rappela un fait déroutant dans la vision qu’il avait eu le matin même à bord du tramway. Cette jeune fille, l’air terrorisé... Mais il fut coupé par son ami.
- Tu te fous de moi ? Ne change pas de sujet comme ça... Tu sais qu’on raconte pas mal de trucs à ton sujet, il paraîtrait que ta mère est en prison et que tu sois obligé de travailler tard pour pouvoir te payer à manger...
- Ainsi on trouve bien un delta de 100 et...
S’en était trop pour Kiyoshi, qui se leva d’un bond en lançant un regard de haine à son ami.
- MAIS C’EST FAUX !
Tout le monde se figea et fixa Kiyoshi. Le professeur le regarda d’un air mauvais, elle semblait vraiment en colère maintenant.
- Non ce n’est pas faux ! Non mais vous vous croyez où Chibo ? Vous voulez peut-être faire le cours à ma place ?
- Euh... Désolé senseï... Je ne parlais pas de votre...
- Vous ne parliez pas de mon cours ? Vous parliez de quoi alors ?
Kiyoshi ne répondit pas.
- Bon, vous viendrez me voir à la fin du cours Chibo... Un peu de calme, asseyez vous, je reprends le cours !
Aku s’excusa, il avait l’air sincère et Kiyo décida de lui pardonner. Il avait plus besoin d’une relation amicale plutôt que de nouvelles tensions.
Le cours se poursuivit dans le calme pendant 1h45 minutes. La cloche annonçant la fin du ‘calvaire’ retentit et tout le monde commença à se lever pour partir en récréation. Kiyoshi se dirigea vers le bureau du professeur. Celle-ci attendit que tout le monde soit sorti avant de fermer la porte. Elle regarda Kiyoshi dans les yeux.
- Bon Chibo, je suis votre professeur principal et j’ai remarqué que vous arriviez en retard tous les jours depuis un mois. Vous avez également l’air très fatigué et vous ne participez plus du tout en classe. Malgré vos retards, vous essayer d’être le plus discret possible. J’ajouterai aussi que vos notes sont en chute libre... Ai-je tord ?
- Non senseï...
- Les autres professeurs m’ont fait part des mêmes impressions vous concernant. Nous nous inquiétons Chibo, pouvez vous me dire ce qui a changé depuis un mois ?...
Kiyoshi garda la tête baissée, il ne répondit pas. Le professeur repris.
- Ecoutez, si vous ne vous décidez pas à parler, nous ne pourrons pas vous aider...
- Je... ne peux rien dire...
- Kiyoshi-kun, vous n’avez aucune raison d’avoir peur...
Kiyoshi remarqua qu’elle l’avait appelé par son prénom et cela le mis mal à l’aise.
- Est-ce que je peux sortir ?...
- Allez-y... Mais si un jour votre langue se délit, n’hésitez pas à venir me parler, je suis aussi la pour ça...
- Merci senseï.
Kiyoshi sorti de la salle de classe et rejoignit Akuseru qui l’attendait dans le couloir. Ils se dirigèrent tous les deux dans la cours sans prononcer un mot. Un élève les aborda.
- Alors Chibo, ta mère est toujours en prison ? Il paraît que c’est parce qu’elle se prostituait, c’est vrai ?
Un petit groupe d’élèves aux alentours se mit à rire. Aku ne sourcilla pas, preuve que leur amitié valait mieux que ça, ce qui fit énormément plaisir à Kiyoshi.
- Ne les écoutent pas, ils iront griller en enfer de toute façon... Bon c’est ok pour demain. Tiens et puis si on a le temps on pourra peut-être aller faire un tour au karaoké !
Kiyoshi souria.
- Merci Aku, t’es un vrai pote... Je vois bien que tu t’inquiètes pour moi mais je ne peux pas en parler pour l’instant tu comprends ?
- Je comprends je penses... Mais ça pourrait te libérer aussi...
Kiyoshi ne répondit pas, il croisa le regard d’un garçon aux cheveux roux qui lui jetait un regard malveillant en souriant légèrement. Il s’exclama :
- Sont-y pas mignooon, alors c’est pour quand le mariage les mecs ? Je serais invité ?
Aku et Kiyo s’apprêtèrent à lui jeter une réplique cinglante lorsqu’une jeune fille entra en scène.
- Ta gueule Urashima, tu vaux cent fois moins qu’eux, t’es un crétin qui sait pas aligner deux mots sans se foutre de la gueule de quelqu’un. Tu crois vraiment qu’un mec comme toi a de l’avenir ? Et puis tu crois impressionner les filles ? De toute façon tu finira tout seul dans un deux pièces avec des blattes comme seules animaux de compagnie ! Tu les appelleras tes bébés et tous les gosses du voisinage te fuirons et t’appellerons le cinglé aux blattes ! Tu seras le cinglé aux blattes !
Un silence s’installa puis... Tout le monde éclata encore plus de rire en regardant Urashima
- Je vais te tuer !
Aku s’interposa.
- T’approche pas d’elle ! Si t’es vexé c’est qu’elle ne doit pas être bien loin de la vérité !

DRRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINNG

- Z’avez de la chance tous les trois, on se reverra... lança le garçon roux en s’éloignant.
- Paye ton cliché... lança Aku d’un ton qui se voulait méprisant.
- Merci Nami...
- Aucun problème Kiyo, je peux venir avec vous demain ?
- Pourquoi tu demandes, c’est évident !
Les trois amis rentrèrent en classe d’une humeur plus joyeuse, malgré les 3h de japonais qui les attendaient.


---


- J’aimerai parler à l’inspecteur Takagi je vous pris.
- Oui, qui dois-je annoncer ? demanda la jeune réceptionniste
- Docteur en psychiatrie William Wells, répondit nouveau venu.
- D’accord, veuillez patienter.

La réceptionniste du poste de police décrocha son combiné téléphonique et composa un numéro. Le docteur Wells jeta un coup d’œil autour de lui. Il se trouvait à l’adresse que lui avait laissé le Dr. Geller, c’était un poste de police assez miteux de la banlieue de Tokyo. Le bâtiment devait être vieux de plusieurs dizaines d’années et cela faisait longtemps que la peinture des murs s’était décollée. Les cellules de garde à vue jouxtaient la réception et il remarqua qu’une femme le fixait avec insistance. A juger par son comportement et par la manière avec laquelle elle était habillée et maquillée, Wells supposa que c’était une prostituée. Elle lui lança un regard qui se voulait certainement langoureux mais qui laissa Wells complètement indifférent.
- Alors mon mignon, je ne te plais pas ?
Le docteur Wells décida de l’ignorer et continua son inspection des alentours. Son regard s’arrêta sur un petit poste télévisé qui fonctionnait dans la salle d’attente. Il y était diffusé un dessin animé dans lequel un jeune garçon blond parlait avec quelqu’un qui se trouvait dans une armure. L’armure traça ensuite un cercle au sol et fit une sorte de magie qui répara un objet cassé en mille morceaux. William Wells ne comprenait pas très bien car il n’y avait pas de son mais quelque chose l’attira dans ce dessin animé. Il se jura d’y jeter un œil quand il aurait terminé sa mission. Il continuait de fixer le poste lorsqu’une voix le sortit de ses pensées :
- Vous vouliez me parler ou vous êtes juste venu au poste pour regarder un dessin animé ?
Wells se retourna et se trouva nez à nez avec un jeune inspecteur souriant d’environ 25 ans. Il avait les cheveux courts, était assez beau gosse et n’avait pas du tout la tête d’un inspecteur. L’homme lui tendit la main.
- Inspecteur Takagi, enchanté.
Wells la lui serra, toujours sans trahir la moindre émotion, ce qui mis mal à l’aise le jeune inspecteur. Il prit la parole :
- Bonjour, je suis le docteur Wells.
- C’est ce que m’a dit Asuka, que puis-je pour vous.
Wells se figea, comment était-ce possible...
- Asuka ?
- Oui... La réceptionniste, là-bas. Il montra du doigt la jeune fille avec qui s’était entretenu Wells quelques minutes auparavant. Ce dernier se détendit et souris.
- Ah oui, bien sur...
- Alors... euh... Que puis-je pour vous ? demanda l’inspecteur quelque peu interloqué par le comportement étrange de l’homme qui lui faisait face.
- Pourrions nous parler en privé ?
- Bien sur, veuillez me suivre.

Les deux hommes pénétrèrent dans un petit bureau de 8m². Cette pièce était du même acabit que le reste de l’établissement : peinture défraîchit, plafond qui tombait en morceaux, vieux ventilateur qui, selon Wells, ne pourrait jamais tourner assez vite pour faire de l’air... L’inspecteur fit asseoir Wells puis pris lui-même place en face de lui, derrière son bureau.
- Alors je peux savoir ce qui me vaut votre visite ?
- Je suis William Wells, docteur en psychiatrie. Je suis le médecin assigné à la jeune fille rousse que vous avez retrouvé ce matin, inconsciente, dans la rue, j’aimerai savoir ce que vous savez sur elle.
- Ah oui, la pauvre jeune fille. On ne sait rien sur elle, on n’a pas eu d’avis de recherche, elle ne vient de nulle part. Pas un indice, pas un papier, rien. En fait tout ce qu’elle avait sur elle c’était une étrange combinaison rouge moulante d’un aspect bizarre. Un morceau de cette combinaison est d’ailleurs en cours d’étude au labo, tout ce que je peux vous dire c’est que je n’avais jamais touché cette matière avant. Cette fille, c’est comme si elle était tombée du ciel... Mais pourquoi ça vous intéresse ?
- Je suis psychiatre, plus j’en saurai sur elle, mieux je pourrais la soigner.
- Ah oui, et à ce propos, comment va-t-elle ?
- Elle est dans le coma, il ne nous reste plus qu’à attendre. Et cette fille ne vous dit rien du tout ?
Takagi fit la moue, il aimait son métier de flic, il aimait que chacun reste à sa place, que chacun fasse le job qui lui convenait. Et il n’aimait pas que les gens se prennent pour ce qu’ils n’étaient pas. Et il ne put s’empêcher de penser qu’on pouvait se demander lequel des deux était flic dans cette pièce. Malgré tout, il décida de garder ça pour lui et de répondre à la question.
- Non, je ne l’ai jamais vu.
- Je vous remercie, pourriez vous m’appeler si vous avez la moindre évolution dans l’enquête ?
- Non.
Il souriait mais avait répondu avec une certaine raideur. Il pensait que, cette fois ci, le psy était allé trop loin.
Ce dernier, désarçonner par cette réponse crue, ne put s’empêcher de répondre.
- Pardon ? demanda Wells
- Vous n’êtes pas policier, vous êtes psychiatre, comme vous, je suis tenu par le secret professionnel, et je pense que je vous en ai déjà dit beaucoup trop.
- Oui vous avez raison, je vous pris de m’excuser, c’est juste que je veux la comprendre au mieux...
- Oui je comprends, je vous contacterai si j’apprends quoi que ce soit sur son entourage mais nos contacts s’arrêteront là.
- D’accord, je vous remercie.
- Je vous en prie, je vous demanderai juste en retour de me communiquer toute information sur elle qui pourrait faire avancer l’affaire.
- Comptez sur moi.
- Au revoir docteur
- Au revoir inspecteur.
Les deux hommes se serrèrent la main et Wells sorti de la pièce.
Resté à l’intérieur, Takagi se promis de garder un oeil sur ce psy peu ordinaire.
Dehors, Wells se dirigea vers sa voiture. La nuit commençait à tomber et le ciel prenait une couleur pourpre, on pouvait entendre au loin les sirènes d’une ville en pleine effervescence qui se préparait à l’agitation de la nuit. Le docteur Wells sourit...
- Parfait, les flics ne se doutent de rien... Plus qu’à le trouver...
Le psychiatre démarra et fonça vers le centre ville.


---


- Bon alors qu’est-ce qu’ils font...

Kiyoshi était assis sur le muret en pierre qui entourait une fontaine représentant un petit ange nu qui faisait de la musique avec sa harpe. Il était habillé d’un jean bleu et d’un tee-shirt blanc sur lequel était dessiné un petit personnage faisant une figure de skateboard. Il portait également une veste en jean. De l’endroit où il se tenait, il pouvait voir une marée humaine qui allait et venait à l’entrer du plus grand centre commercial de Tokyo. Il se plaisait à observer tous ses gens habillés de manière hétéroclite et qui avaient tous leur propres problèmes et leurs propres buts dans la vie. Il se sentait tout petit. Il se disait que finalement qu’est ce qui le différenciait de cet homme en costume, le téléphone portable collé contre son oreille qui courait jusqu’à sa voiture. Qu’est ce qui le différenciait de ce petit garçon en short qui pleurait contre la jambe de sa mère parce que celle-ci n’avait pas voulu lui acheter une glace. Qu’est ce qui le différenciait de la majorité de ces gens qui détournaient le regard dès qu’ils croisaient le sien.
Kiyoshi n’aimait pas ce genre de comportement. Pourtant il se disait qu’il n’aimait pas non plus quand les gens soutenaient son regard, il avait l’impression d’avoir fait quelque chose de mal.
Kiyoshi regarda sa montre : 10h45, il avait un quart d’heure d’avance sur le rendez-vous qu’il s’était fixé avec Nami et Akuseru, ses deux meilleurs amis. Ils s’étaient rencontré à l’âge de 7 ans et ne se quittaient plus depuis.
Il se sentit soudain chanceux d’avoir des personnes sur qui il pouvait compter et qui pouvaient compter sur lui. Cette pensé lui redonna le sourire.
- T’as l’air bien pensif... Tu penses à une fille ?
Kiyoshi sursauta et se retourna. Il se trouva face à face à une jeune fille de 14 ans très jolie. Elle avait de grands yeux bleu foncés, quelques tâches de rousseurs à peines visibles sur les joues et de longs cheveux châtains ondulés magnifiquement soyeux qui renvoyaient des reflets dorés à la lumière du soleil. Elle arborait un sourire lumineux. Aujourd’hui, elle portait un pantacourt bleu et un débardeur rose tout simple. Kiyoshi avait toujours eu un petit béguin pour son amie mais son manque de confiance en lui l’empêchait toujours de faire le premier pas.
Il esquissa un sourire.
- Ah salut Nami, ça va ?
- Très bien, et toi ? répondit-elle, radieuse.
- Ca va, comme d’hab’...
- Rooh, décoince toi un peu, on est la pour s’amuser ! Dis donc, t’es bien classe aujourd’hui, c’est pour moi que tu t’es habillé comme ça ?
Kiyoshi sourit en détournant les yeux.
- Tiens, voila Aku !
Un jeune homme au teint mat s’approchait d’eux. Akuseru était grand, beau, classieux, musclé, sportif, intelligent, gentil, drôle et populaire. Il avait toujours une dizaine de filles qui lui courait après. C’était le type même du garçon qui plaisait aux filles en étant complètement naturel. Etait-ce ses cheveux mi-long ou bien son teint matte qui attirait tant les filles ? Kiyoshi se le demandais mais cela ne l’empêchait pas d’avoir toujours eu un sentiment d’infériorité vis-à-vis d’Akuseru bien qu’il essayait de ne pas y faire attention.
- aluuuu les keupaings !
- Saluuut !
Nami avait le regard pétillant quand elle s’adressait à Aku et Kiyoshi était persuadé qu’il n’y avait pas que de l’amitié entre ses deux amis mais il n’avait jamais cherché à en savoir plus. Il se disait qu’il valait justement mieux qu’il en sache le moins possible à ce sujet.
- Bon alors qu’est-ce qu’on fait ? Demanda Nami.
- On a cas aller boire un verre dans un pub, comme ça Kiyo nous dira peut être ce qui le tracasse depuis un mois... Répondit Aku en regardant Kiyoshi avec insistance.
Nami ne put s’empêcher de penser que c’était le meilleur moyen pour pourrir l’ambiance dès le début mais elle accepta tout de même de suivre ses compagnons.

Les trois amis se dirigèrent donc vers l’entrée du centre commercial. Le lieu était bondé. Kiyoshi entra mais il eu l’impression qu’il était encore dehors. Mise à part la climatisation qui donnait à l’air une température idéal, il y avait une petite fontaine, des bancs et mêmes des arbres à l’intérieur de la galerie. Un immense tapis roulant menait vers un étage entouré de commerces et des petites terrasses de café. Le petit groupe jeta son dévolu sur une des rares tables libre du « Spoutnik », un serveur accoura immédiatement vers eux.
- Qu’est ce que je vous sert les jeunes ?
Les adolescents passèrent commande (un coca fraise, une grenadine et un diabolo menthe !) et le serveur s’éloigna. Aussitôt Nami et Akuseru se tournèrent vers Kiyoshi qui essayait d’éviter leur regard en fixant les gens qui arrivaient sur le tapis roulant qu’ils avaient emprunté quelques secondes plus tôt. Voyant qu’il essayait de les éviter, Akuseru insista :
- Kiyo, tu nous as promis de nous en parler...
Kiyoshi soupira mais il ne put continuer de les ignorer d’avantage.
- Ok, mais promettez moi de ne pas vous moquer de moi s’il vous plait, c’est pas aussi simple que ça en a l’air.
Nami s’accouda sur la table en regardant intensément Kiyo alors que Aku s’adossa à sa chaise.
- Bon... Alors voila, ce qui fait que j’arrive toujours en retard à l’école et que j’ai toujours l’air fatigué, c’est...
Silence. Akuseru s’impatienta.
- Alors ?
- Je pense que c’est un manque de sommeil ! Voila on a fait le tour, on peut y aller maintenant !
Nami éclata de rire.
- Tu te fous de nous ? Franchement Kiyo, si il y a des gens à qui tu peux parler des tes problèmes c’est bien nous non ? Et puis, on a peut être vécu la même chose qui sait ? dit-elle avec douceur.
Kiyoshi rougit.
- M’étonnerai.
Aku n’y tenait plus.
- Bon par pitiééééé crache le morceau !!
Il fut interrompu (au grand soulagement de Kiyoshi) par le serveur qui revenait chargé de verres à moitié pleins (ou à moitié vide, c’est comme on veut).
- Alors on a une grenadine pour la jolie demoiselle, un coca fraise pour le beaux gosse et un diabolo menthe pour le charmant garçon, ça vous fera 1000 yens tout rond (NdlA : environ 7€)
Akuseru sortie son portefeuille
- Ca va, je vous invite...
- Qu’il est galant ! Remarqua le serveur.
- Mouais, ce sombre crétin me doit encore 5000 yens alors il peut se montrer galant !
Personne à part Kiyo n’entendit Nami se plaindre. Découverte, elle lui lança un clin d’oeil. Le serveur s’éloigna et Aku demanda une dernière fois à Kiyo de parler.
- Très bien, alors voila je fais des rêves étranges. Des rêves ultra réaliste en fait. Je vois des… gens… qui me demandent de faire des trucs, ou de venir les rejoindre. C’est... très bizarre !
Aku et Nami se retinrent très fort d’éclater de rire (très très fort)...
- Je sais, ça à l’air débile et moi aussi ça me faisait marrer au début, jusqu'à ce que je me rende compte que bien que je dorme, mon corps ne se reposait pas. Comme si je crapahutais toute la nuit. Et puis hier matin j’ai eu une vision dans le tramway...
- T’as vu quoi ? Les envahisseur ?...
- Voila vous me prenez pour un dingue, j’en était sur.
- avoue qu’il y a de quoi !
- C’est vrai, mais d’un autre cot...
Kiyoshi se figea, il venait d’apercevoir la même fille que la veille sur le tapis roulant, elle le fixait de ce même regard froid et écarlate. Elle ressemblait vraiment à Rei. Il devint blanc comme un linge.
Voyant le malaise de leur ami, Akuseru et Nami firent volte face. Nami écarquilla de grands yeux. Akuseru se retourna.
- Quoi, c’est juste un vieux pervers qui mate Nami, tu le connais ?
Nami se retourna et fixa Kiyo.
- Tu l’as vue toi aussi ? Demanda Kiyo
- Vu quoi ? Questionna Aku
- Incroyable... répondit Nami
- Pourquoi Aku n’a rien vu ? Se demanda Kiyo
- Vu quoi ??? Intima Aku
- J’en sais rien moi ! Dit Nami
- Parce qu’il n’en est pas capable ! S’exclama une voix derrière eux.
Les trois adolescents se retournèrent pour voir un grand homme d’une quarantaine d’années au regard sévère caché derrière ses lunettes de soleil rectangulaires.
- Vous êtes qui vous ? demanda Aku, surpris.
- Pardonnez moi, je suis le docteur Wells, psychiatre, j’ai quelque chose d’important à vous montrer monsieur Chibo, et j’aimerai que vous nous suiviez également mademoiselle.
- Pourquoi j’irai avec vous ? dit Kiyoshi, visiblement sur la défensive.
- Pour trouver une réponse à vos rêves... Et parce qu’une jeune fille actuellement dans le coma a besoin de vous...
- Une fille dans le coma ? Qui est-ce ?
- Nous l’ignorons pour l’instant, je sais juste qu’il faut que je vous conduise à elle, mon rôle dans cette histoire s’arrêtera la...
- Quel rôle ? Quelle histoire ?
- Vous le saurez en vous rendant ici.
Wells tandis un morceau de papier à Kiyo, ce dernier le déplia et lu l’adresse d’un hôpital dans le centre de Tokyo. L’homme reprit la parole.
- Veuillez vous y rendre le plus rapidement possible s’il vous plait, il en va de la vie de cette jeune fille.
Sur ces mots, Wells tourna les talons et s’éloigna
- C’est qui ce vieux cinglé ? Demanda Aku.
- Qu’est ce que tu va faire Kiyo ? Interrogea Nami
Mais le temps qu’elle se tourne vers Kiyoshi, celui-ci avait disparu...
- Bah, où est-il ?...


FIN DU CHAPITRE

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