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Detective Conan



Les Disparues De Tamba Sasayama
[Histoire Terminée]
Auteur: hello-kitty Vue: 1644
[Publiée le: 2008-07-10]    [Mise à Jour: 2008-12-24]
AP Suspense/Action-Aventure/RomanceCommentaires: 34
Description:
C'est la golden week. Kazuha espère passer ses vacances au côté d'Heiji, malheureusement le garçon a d'autres projets. Celui-ci s'en va dans l'arrière pays, dans un antique village médiéval. Il espère élucider les étranges disparitions de jeunes filles qui se produisent tous les dix ans...
Crédits:
Aucun personnage issu du manga détective conan ne m'appartient. Qu'ils soient des personnages principaux, ou simplement cités : Kazuha, Heiji, Ran, Shinichi/Conan... sont la propriété de leur créateur Gosho Aoyama. En ce qui concerne tous les habitants de Tamba Sasayama, ces personnages proviennent de mon imagination et ne sont pas présents dans le véritable manga Détective Conan, tout comme les différents lieux cités. Ils sont propres à ma fan fiction.

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Remise en question

[2677 mots]
Publié le: 2008-09-07Format imprimable  
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Remise en question

Est-ce que tu te souviens de chaque moment passé ensemble ? Kazuha... Moi, je n'ai rien oublié. Toutes tes premières fois, tes secondes fois. La moindre seconde passée à tes côtés, je l'ai gravé dans mon coeur. Rien de tout ce que nous avons fait ne se perdra dans l'obscurité de ma mémoire. Je t'aime. Je ne te l'ai jamais dit, et je prie pour avoir l'occasion de te chuchoter ces trois mots. Non, de te les crier. Et puis je te les répèterai tous les jours, afin que tu n'aies aucune excuse pour oublier à quel point tu comptes à mes yeux. J'ai passé ma vie avec toi, toujours là pour m'encourager dans toutes mes tentatives. Tu es ma vie. Alors comprends bien que je ne te laisserai pas disparaître aussi facilement. Rappelle toi nos moments passés Kazuha. Ne les pleure pas, parce qu'il y en aura d'autres.

Si, où que tu sois, tu entends cette prière, soit patiente. Je te fais cette promesse : j'arrive.

Heiji Hatori à Kazuha Toyama.

Lorsque Heiji et son père arrivèrent au fast-food, une équipe était déjà en place pour empêcher les clients de partir. Malheureusement, cette mesure fut vaine, comme tous les interrogatoires que les deux enquêteurs menèrent parmi l’ensemble des touristes comprenant la langue. Kazuha n’était nul part. Pire encore, personne ne semblait l’avoir remarquée au milieu de la foule. Les serveurs avaient prétexté avoir trop à faire, pour retenir le visage des gens qu’ils avaient servis dans les heures précédentes. Quant à Ran et Sonoko, les lycéennes, bien que pleines de bonnes intentions, s’étaient également révélées inutiles dans la progression de l’enquête. Elles avaient cherché leur amie dans les moindres recoins, et sur un maigre périmètre autour du restaurant en vain.

Les cris résonnaient dans toute la pièce. Les clients commençaient à s’impatienter, et voulaient sortir afin de profiter des festivités. Une adolescente avait disparu, et bien quoi ? Il n’y avait rien d’exceptionnel. La gamine avait dû fuguer, était-ce une raison suffisante pour les enfermer dans un restaurant au milieu des odeurs de graisse et de transpiration ? ! Il est vrai que l’atmosphère devenait étouffante. Heiji se sentait oppressé de toute part, comme prisonnier de son propre corps. Le moindre mouvement devenait un véritable périple au milieu de cette cohue. Un instinct de claustrophobie monta en lui, ainsi que le besoin de se retirer. Ran et Sonoko s’étaient glissées derrière un comptoir, et contemplaient avec espoir, Heizô en quête d’informations au sujet de Kazuha. Heiji le laissait faire, même s’il savait pertinemment que cette entreprise ne le mènerait à rien de concret. Ce n’était pas de cette manière qu’il viendrait en aide à la fille de son ami. Heizô, lui aussi, devait en avoir conscience. Pourtant, l’homme s’évertuait au gré de tout, à poursuivre cette démarche. Heiji le comprenait : cela valait mieux que d’attendre que les choses se passent d’elles mêmes. Le détective aurait voulu imiter son entrain, prendre un serveur, l’aveugler avec une lampe en le harcelant de questions, jusqu’à qu’il lui avoue un élément intéressant. Malheureusement, sa flamme de détective s’en était allée avec Kazuha. Si Kudo l’avait encouragé, peut-être aurait-il fait des efforts. Mais tout le monde était parti à présent. Il était seul. Tout était gâché.

Le temps s’était assombri. Les premières gouttes de pluie s’éclataient contre les fenêtres, dont les stores étaient à demi relevés. Bien vite, la rue sombra dans cet univers aux couleurs ternes, si propre aux gros orages. Heiji regarda cet univers délavé. Rien n’allait plus. Gin et Malibu étaient sortis en toute discrétion. Aucun policier ne les avait retenu sous prétexte que les deux hommes possédaient un excellent alibi, approuvé par Ran et Sonoko. Les hommes en noirs étaient en liberté dans la nature, alors que Kudo allait devoir se terrer. Il ne pouvait plus jouer aux ingénus. Il était bel et bien traqué. Ran et Sonoko allaient devoir en supporter les conséquences, puisque Gin et Malibu avaient deviné leurs liens d’amitiés avec Shinichi. Heiji ne voulut pas penser à l’après de ces "vacances". Kudo ne réapparaîtrait pas dans les parages, pas avec l’organisation à ses trousses. Ran et Sonoko allaient partir, Kudo s’en chargerait. Que ferait-il de son côté, sans personne ?

Kazuha avait été enlevée. Il avait beau tout faire pour la retrouver, il n’y arrivait tout simplement pas. Il ne pouvait pas accomplir de miracles sans aucune piste. Il n’était pas Dieu, bon sang ! A cette pensée, les paroles de Conan lui revinrent à la mémoire. «  Heiji, tu n’es pas un dieu, juste un crétin qui pense pouvoir l’être. » L’enfant avait eu raison dès le début. Sur quoi pouvait-il influer exactement ? Il était en marge de tout, incapable de sauver Kazuha, incapable de retenir Kudo. Lorsqu’il était enfant, il avait idolâtré son père. En tant qu’homme de loi, il avait en charge la sécurité de la population. Il améliorait le monde à sa manière. Du moins, c’est ce qu’il avait cru jusqu’à ce que son rêve se brise. Jusqu’à ce qu’il comprenne que, sans preuve, les assassins étaient libérés, prêts à commettre de nouveaux forfaits. Alors il s’était juré d’empêcher tous ses monstres de nuire, de découvrir la vérité dans chacune de ses enquêtes. Afin que les innocents puissent vivre en paix, dans un monde qu’il aurait participé à rendre meilleur. Heiji se sentit vaniteux. Sur quelle base avait-il reposé son jugement, pour se croire meilleur qu’un autre à résoudre une enquête ? Il avait lu des livres policiers, étalé ses raisonnements, pourtant il restait un homme comme des milliards sur terre. Un homme, pas un dieu. Car un dieu aurait pu empêcher tous les évènements qui gravitaient autour de lui, dieu aurait prévenu tout cela. Heiji, lui, ne pouvait que constater les dégâts. Cette brutale leçon d’humilité lui donna la nausée. Son reflet dans une vitre l’écoeura, à tel point qu’il se crut sur le point de vomir. Heiji se précipita à l’extérieur, malgré les policiers qui faisaient barrages.

A l’extérieur le vent soufflait par rafales. Une fine pluie, assez dense pour tremper quiconque jusqu’aux os, dégoulina rapidement sur ses cheveux, puis ses épaules. Les prémices d’une tempête étaient réunies. Heiji se retrouva à genoux, et crachota sa bile sur le bord du trottoir, en s’étouffant à moitié. Il y avait ce poids dans sa poitrine, cette douleur qui le faisait souffrir par à coup, et refusait de s’apaiser. Il voulait tellement que tous ses soucis disparaissaient avec le souffle du vent. Il aurait fait n’importe quoi pour que son souhait se réalise.

Comme une réponse à sa prière, un officier en uniforme lui tendit une cigarette. Heiji, encore accroupi, leva son visage vers l’inconnu. L’homme était âgé d’une quarantaine d’année. Son visage à la peau tannée, provenait d’un métissage dont attestaient ses longs cheveux bruns. Heiji demeura silencieux, mais repoussa la cigarette d’un revers de main. Il savait que certaines personnes devenaient dépendantes au tabac, ou à l’alcool, afin de supporter la difficulté de leur existence. Toutefois, l’adolescent refusait d’y avoir recours. Certes il vivait dans la souffrance, mais il était hors de question qu’il s’enferme dans un quelconque paradis artificiel, afin d’effacer la réalité. L’inconnu approuva d’un hochement de tête compréhensif, puis sortit un briquet de sa poche. Il respira plusieurs bouffées de sa propre cigarette, avant d’ouvrir la bouche.

- Tu n’as pas tort, concéda-t-il, sans même songer à se présenter. Il vaut mieux ne pas tomber dans le piège, plutôt que d’avoir à en sortir par la suite. Pour ma part, je n’ai jamais réussi à arrêter. Les commerciaux ont beau m’assurer que mon calvaire se terminera avec leurs patchs et leurs gommes à mâcher, j’ai toujours besoin de mon paquet pour tenir la semaine.

Heiji, étonné de se voir interpellé de la sorte, ignorait quoi dire. Pourtant, son interlocuteur ne semblait pas se préoccuper de son mutisme. Il ne voulait pas d’une discussion avec l’adolescent, juste lui confier ce qu’il avait à dire, ensuite partir. Il tira quelques bouffées avec une respiration sifflante, ce qui provoqua en lui des accès de toux. Entre deux hoquets, il esquissa un maigre sourire.

- Eh, je suppose que j’ai mérité ce qui m’arrive. Si je n’avais pas été assez faible pour commencer, je n’aurai pas besoin de consulter mon médecin aussi souvent. Et je déteste ce médecin, plaisanta-t-il. Mais toi tu n’en as que faire de ma vie. Je ne suis pas ton ami, tu n’es pas le mien. Les histoires d’un pauvre fumeur ne devraient pas retenir aussi facilement l’attention du grand détective d’Osaka, Heiji Hatori !

- Vous me connaissez ? S’étonna alors, tout à coup, le jeune homme.

- Je n’ignore en rien le célèbre parcours des Hatori ! Ton père et moi nous connaissons de l’université de droit. Il a toujours été plus brillant que moi, au point qu’il est devenu préfet, tandis que moi je ne suis que le commissaire d’un village de montagne. Mais cela me convient, avoua-t-il. Heizô mérite tout ce qu’il a. Il n’a jamais abandonné, et il s’est battu pour cette vie. Il m’a également poussé à poursuivre mes rêves. Heizô est un grand homme. Je le respecte infiniment.

- A d’autres, marmonna Heiji en se relevant. J’ai mieux à faire que d’entendre l’éloge de mon paternel. Si vous tenez tant à parler de lui, allez vous inscrire à son fan club. Sayonara !

Heiji tituba, mais se remit sur ses deux jambes. Il était maculé de boue. Sa casquette s’était aplatie sur ses cheveux mouillés qui dégoulinaient sur son front, puis ses yeux. Heiji n’était que l’ombre de lui même. Il fit un pas, puis deux, progressa vers l’intérieur du fast-food, sans but précis. C’est à ce moment, que le policier reprit la parole, et se confia sans prévenir.

- J’avais une femme, ainsi qu’une petite fille. Elle s’appelait Yuna. C’était la plus jolie et la plus sage des petites filles. Jamais un mot de travers, toujours en train de rire et de sourire. N’importe quel père aurait envié mon sort. Quant à mon épouse, c’était une femme exceptionnelle. Elle avait trouvé en elle assez d’amour à donner à moi, et à notre enfant.

Heiji s’était arrêté, surpris de devenir le confident d’un étranger. Toutefois, celui-ci n’en démordit pas dans sa démarche. Il poursuivit son récit, les yeux dans le vague.

- Il y a dix ans un pédophile m’a pris ma Yuna. On a retrouvé son corps dans la berge, trois jours plus tard. J’avais perdu mon enfant chéri. Ensuite est venue le tour de ma femme, qui a demandé le divorce. Elle disait que j’étais responsable, que j’aurais dû empêcher ce fou de nous voler notre enfant. Selon elle, tout était de ma faute. De tels criminels devaient être mis à l’écart des populations, et n’était-ce pas mon rôle justement. Au début, moi aussi je me suis senti coupable, autant que l'homme qui avait infligé un tel traitement à ma fille unique. Jusqu’à ce que Heizô vienne me rendre visite. Je ne te raconterai pas tout ce qu’il a pu m’expliquer, bien que ces mots m’aient permis de sortir de ma dépression. Je te donnerai juste l’essentiel : rien de ce qui m’est arrivé, ou de ce qui t’arrive, n’est de notre faute. Même si je déteste cette appellation, c’est le destin. Nous ne sommes pas des êtres supérieurs, nous ne pouvons pas prévenir les aléas de la vie. Le hasard frappe à n’importe quelle porte. Un tueur en série, ou un chauffard pourrait nous tuer, qui est-ce qui peut y changer quoi que ce soit? Mais avec nos métiers, moi en arrêtant les gens pour infraction aux codes de la route dans une ville de seconde zone, toi en mettant en prison des assassins, on contribue à diminuer les risques de ces incidents. Alors cesse de te tenir responsable de ce qui arrive à cette jeune fille. Ne te demande plus comment tu aurais pu empêcher cela, mais plutôt comment y remédier. C'est ton rôle.

Les pensées d'Heiji tournaient à plein régime. Comment un inconnu pouvait lire dans son esprit, et le comprendre aussi facilement ? Il avait tant eu besoin de ces paroles de réconforts, des mots justes et sincères, qu'il avait désespéré de les entendre. La vérité est qu'il devait mettre de côté ses sentiments, et envisager cette histoire comme toutes les précédentes. Oublier qu'il s'agissait de Kazuha, ne pas penser au départ de Kudo, se recentrer sur ses faits.

Comment Kazuha était sortie ? Ran et Sonoko étaient assises de face à l'entrée principale, elles l'auraient remarqué. Autre détail troublant, Kazuha les aurait prévenus de son départ. Elle n'était pas le genre à partir sans un mot. Si Kazuha était sortie du restaurant, elle l'avait fait par une autre sortie. Les toilettes ne comportaient pas de fenêtre, quant à la sortie de secours...

Heiji comprit au moment où le tonnerre gronda. Sans même remercier le commissaire, il se précipita avec force dans le fast-food. Le regard du vieil homme l'accompagna dans sa course. Il était heureux d'avoir pu rendre la monnaie de sa pièce à Heizô. Tout finirait par aller bien dorénavant.

 

 

 


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