
|
Les Disparues De Tamba Sasayama
[Histoire Terminée] | Auteur: hello-kitty | Vue: 1636 |
| [Publiée le: 2008-07-10] [Mise à Jour: 2008-12-24] | ||
| AP | Suspense/Action-Aventure/Romance | Commentaires: 34 |
|
Description: C'est la golden week. Kazuha espère passer ses vacances au côté d'Heiji, malheureusement le garçon a d'autres projets. Celui-ci s'en va dans l'arrière pays, dans un antique village médiéval. Il espère élucider les étranges disparitions de jeunes filles qui se produisent tous les dix ans... | ||
| Crédits: Aucun personnage issu du manga détective conan ne m'appartient. Qu'ils soient des personnages principaux, ou simplement cités : Kazuha, Heiji, Ran, Shinichi/Conan... sont la propriété de leur créateur Gosho Aoyama. En ce qui concerne tous les habitants de Tamba Sasayama, ces personnages proviennent de mon imagination et ne sont pas présents dans le véritable manga Détective Conan, tout comme les différents lieux cités. Ils sont propres à ma fan fiction. |
||
| << ( Préc ) | ( Suiv ) >> |
Gin[3636 mots] |
Publié le: 2008-08-21 | |
| Taille du Texte: (+) : (-) | ||
GIN
Le soleil brillait sur la peau hâlée de Heiji. Le détective était allongé sur un transat, et savourait pleinement ses derniers jours de vacances, avant que les cours ne reprennent. Tout était fini : une fois de plus, il avait résolu avec brio son enquête, mis un criminel sous les barreau, et aucune victime n'était à déplorer. L'adolescent n'imaginait pas une meilleure fin. Qui plus est, afin de fêter ce succès, il avait emmené Kazuha, sur une plage de Izu, dans un des meilleurs hôtels de la côte, et cela grâce à la prime qu'il avait reçu de Ren.
Tandis qu'il sirotait un cocktail, la jeune fille riait aux éclats au milieu des vagues. Ses yeux ne pouvaient s'éloigner de son amie d'enfance, qui resplendissait sous le soleil. Les vagues d'écume montaient sur ses jambes blanches, comme de la porcelaine, et aspergeaient son visage, où des mèches folles virevoltaient devant ses yeux. Ses yeux qui brillaient d'un éclat irréel, si envoûtant, qu'Heiji alla à sa rencontre sans s'en apercevoir. Parvenue à sa hauteur, il lui sourit calmement, puis se pencha en avant, geste si souvent rêvé qu'il lui paraissait habituel. Sa main posée sur sa nuque, il ferma les yeux, dans l'expectative de leur premier baiser.
Heiji poussa un cri de douleur lorsque le pied de Kazuha heurta ses reins, et se réveilla. Le matin était déjà là, mais la lycéenne n'était pas pour autant réveillée. Emmitouflée dans la couverture qu'elle monopolisait à elle seule, elle murmurait dans son sommeil, tout en jetant des coups de pieds convulsifs dans tous les sens. Un filet de salive s'écoulait de sa bouche entrouverte.
- Tu n'es qu'une petite fille, lui murmura-t-il, tout en faisant glisser sa main dans la sienne.
Malgré tout, son humeur était maussade. Sans le savoir, Kazuha lui avait gâché un très beau rêve, qui l'aurait rendu radieux toute cette journée. Heiji pouffa de rire : dans tous les cas, Kazuha était responsable de son bien être. Il contempla l'adolescente endormie, s'étonnant de trouver son amie d'enfance déjà dans un corps de femme. L'enfant qu'il avait connu, et qu'il s'était juré de protéger, semblait avoir grandi en une nuit. Alors que son cerveau aurait dû tourner à plein régime, cela afin de trouver les éléments manquants de l'enquête, Heiji ne parvenait pas à penser à autre chose qu'à l'idée d'emmener Kazuha à Izu, cela afin de concrétiser son rêve. Il était conscient de la mission qui l'attendait en ce jour, mais malgré tout, sa volonté d'enquêteur fondait comme neige au soleil devant cette silhouette emmaillotée. Ses doigts jouaient avec ceux de Kazuha. Tout à coup, elle poussa un ronflement sonore, digne d'un moteur de camion. Heiji, surprit, sortit de sa rêverie romantique, tandis qu'à ses côtés, Kazuha sortait lentement du fil de ses rêves. Ses yeux, gonflés de sommeil, clignèrent plusieurs fois avant de reconnaître Heiji. Elle se releva précipitamment, et releva la couverture jusque sous son menton. Le garçon la connaissait trop pour ne pas se méfier. Une seconde avant qu'elle ne se mette à crier de toute la force de ses poumons, il avait plaqué ses mains sur ses oreilles.
- Qu'est-ce que tu m'as fait ? Explosa-t-elle. Qu'est-ce qui s'est passé ? Toi... moi... on n'a pas... enfin, on n'a rien fait ?
Heiji patienta jusqu'à que son hystérie retombe. Le sourire au lèvre, il croisa les bras, puis la toisa de haut.
- Tu as une si haute opinion de toi même pour t'imaginer que tu puisses m'attirer. Je te l'ai déjà dit, non ? Je te le rappelle : ton corps n'a pas assez de formes pour éveiller du désir chez un homme normalement constitué. Et il se trouve que je suis parfaitement normal. Maintenant, si ton cri est une façon de me remercier pour t'avoir supportée toute une nuit, malgré tes coups, tes ronflements, tes mauvais rêves, sans parler du vol de la couette, alors j'accepte tes remerciements.
Kazuha rougit face à ses exploits nocturnes. De plus, elle s'était méprise sur le compte de son ami, qui avait été assez bienveillant pour prendre soin d'elle. Kazuha allait pour s'excuser, mais il posa son doigt sur sa bouche.
- Inutile de gaspiller ta valise, princesse. Utilise la à bon escient. Maintenant, puisque nous sommes réveillés, allons déjeuner. J'ai une faim de loup.
Il roula sur le côté, sans attendre de réponse, pour aller s'enfermer dans la salle de bains. Durant son absence, Kazuha sourit à elle même, puis plongea en arrière pour respirer l'odeur de son amour imprégné dans les bras, heureuse d'être sa princesse.
Dix minutes plus tard, lorsque tous deux furent enfin prêts, Heiji tourna le verrou de la porte, en s'apprêtant à sortir. Kazuha la retint à l'intérieur.
- Qu'y a t il ? S’enquit le garçon.
Sans un mot, elle lui tendit l'amulette qu'elle avait confectionnée avant son départ. Heiji fixa l'objet avec intensité, avant de refermer la main de Kazuha sur son gri-gri.
- Garde-le, lui conseilla-t-il. Il te sera peut-être utile. Et puis tant que tu es en sécurité, j'irai bien de mon côté. Allons-y.
- Vous avez prévu de sortir ? S’inquiéta Heiji à l’annonce de la représentation de théâtre.
Tous s’étaient réunis autour d’un copieux petit déjeuner, offert par la maison. Ran venait d’évoquer leur emploi du temps du jour, tandis que les deux garçons s’apprêtaient à plancher sur l’énigme. Devant l’inquiétude de son collègue d’Osaka, Sonoko leva un sourcil.
- Il ne s’agit pas d’une affaire d’état, affirma-t-elle après avoir avalé une bouchée de ses céréales, juste une pièce de seconde zone, interprétée par des acteurs tout aussi minables.
- Si tu en penses tant de bien, la nargua Conan, pourquoi accompagnes-tu Ran et Kazuha ?
- Tout simplement parce que je n’ai pas le choix, soupira l’héritière. Je ne connais personne dans ce village, et je ne souhaite pas me retrouver une fois de plus abandonnée, rappela-t-elle sur un ton accusateur.
- Qu’est devenu ce garçon que nous avons rencontré à notre arrivée ? L’interrogea Kazuha. Mark Miles, il me semble. Tu semblais l’apprécier.
A l’évocation du touriste, Sonoko ne put retenir son exaspération.
- Cet idiot n’est nulle part, expliqua-t-elle. Ou du moins, nulle part où je l’ai cherché. Par ailleurs j’ai fouillé les moindres recoins. Il est introuvable.
Face aux paroles de leur amie, les regards des deux détectives se croisèrent. « Ainsi donc, songea Heiji dissimulé derrière une tasse de thé qu’il portait à ses lèvres, Mark Miles a disparu. Se pourrait-il que… Non, c’est absurde ! Les victimes ne sont que des femmes dans les deux affaires, il ne peut pas être mort. A moins qu’il n’ait découvert quelque chose… »
Il laissa de côté ses hypothèses, lorsque la main de Kazuha se posa sur son avant bras. Son intervention le prit de court. Elle-même avait remarqué le trouble de son ami, mais l’avait mis sur le compte de sa sortie, alors même que l’éclipse aurait lieu le soir même. Elle tenta de le rassurer :
- On ne courre aucun risque. La pièce se joue en milieu d’après midi, bien avant le coucher de soleil. De plus, ce n’est pas comme si nous serons seules, nous resterons ensemble.
- Sans parler de nos talents en art martiaux, rajouta Ran afin de finir de le persuader.
Heiji se laissa convaincre. Les trois filles prirent congés, sous l’œil inquiet de Conan, qui aurait bien aimé les ordonner de rester dans leur chambre, cela afin de pourvoir à leur sécurité. Malheureusement dans son corps d’enfant, quelle autorité pouvait-il avoir sur ses aînés ? Malgré son impuissance, ses yeux restèrent pendant plusieurs minutes fixés sur la porte par laquelle elles étaient parties. Un mauvais pressentiment s’était emparé de lui, l’empêchant d’être rationnel. Le danger était réel, après tout, il avait donc raison de s’inquiéter. Cependant, Ran avait eu raison de noter leur capacité à se défendre seules, les filles n’avaient en aucun cas besoin de son aide. Tout à coup, Heiji posa un morceau de feuille devant son assiette. Conan le regarda d’un air étonné.
- Tu ne lui seras d’aucune utilité à ta chère fiancée, en la suivant comme un toutou bien dressé, ou en restant planer là à te ronger les sangs. Alors donne moi un coup de main, Kudo.
Conan baissa les yeux, et analysa l’énigme. Puis, au bout d’une dizaine de minutes, il se tourna vers son ami, un sourire triomphant sur les lèvres.
- Par où je commence l’explication ? S’enquit le détective.
- Comment ? Hoqueta son confrère. Tu as déjà saisi toutes les nuances.
- Nao Kaneda s’apprête à exécuter un échange avec l’assassin de Sarah Blade, ce soir, à 400 km de l’entrée de la ville, et ce à 11h 43. En échange de ses informations, elle réclame un million de yen, déclara Conan avec aplomb.
- Je veux bien que tu aies compris l’idée de l’échange avec l’assassin, ainsi que le jour. Mais comment diable as-tu deviné des détails comme le lieu, l’heure, ou même la somme à réunir ? S’exclama-t-il avec une pointe de jalousie, à l’idée que Kudo n’avait mis que quelques minutes à découvrir des éléments qu’il avait à peine compris en des heures d’étude.
Devant sa mine déconfite, Conan éclata de rire. Il se rassit convenablement sur sa place, puis tout en croisant les bras, but le fond de son verre. Un sourire éclatant, mélange de vantardise et d’ego, ornait ses lèvres.
- J’ai beau avoir l’aspect d’un gamin de sept ans, il n’empêche que je suis allé au lycée, et j’ai suivi les cours de chinois. On ne t’as jamais enseigné les mythes dans ton lycée, ou n’écoutais-tu pas assez ? Plaisanta-t-il. Décidemment Osaka, même dans l’éducation, ne fait pas le poids face à Tokyo ! En tout cas, simplement pour te signifier un vieux symbole chinois qu’on m’a enseigné est celui de l’arbre du bout du monde.
- Vraiment ? S’étonna Heiji. J’avais mis cette expression sur le compte d’une image, ou d’une sous énigme. Je ne pensais pas qu’il y avait trait à la réalité…
- Bakka (idiot) ! Le traita Conan. Si Nao Kaneda a rendu son message publique, c’est bien parce qu’elle n’a jamais eu affaire à son destinataire. Elle ne le connaît pas, en conséquent, il est dans son intérêt de rendre le message le plus clair possible. Bon, passons. L’arbre du bout du monde est une réplique de l’arbre séfirotique, qui relie le ciel à la terre. On le dit doté d’un tronc long de100 lieues de haut, et de branches où pendent 10 soleils. Je pense que Nao Kaneda a modifié quelques détails afin de donner ses renseignements. Dans son histoire, l’arbre est tombé. Son tronc est couché à l’entrée de sa ville natale, c’est à dire Tamba Sasayama. C’est à la cime qu’ils doivent se retrouver, soit 100 lieux. Une lieu vaut 4 kilomètres, donc un enfant de maternel comprendrait que la distance est 100 fois plus grande… Quant au million de soleils, puisque leur nombre ne correspond pas au symbole, j’en ai conclu qu’ils représentaient la somme à déverser.
- J’adhère à ton raisonnement, concéda Heiji, en se levant de table. Mais il te reste un détail à clarifier : pourquoi 11h43. L’heure n’est pas spécifiée dans le message.
Conan soupira, comme s’il se sentait obligé d’expliquer un fait trop simple en soit. Il sortit une brochure froissée de sa poche, qu’il avait emprunté subrepticement à Ran, durant son sommeil. Il la tendit à Heiji.
- Jettes-y un coup d’œil, lui conseilla-t-il. Nao Kaneda a précisé qu’elle rencontrerait son destinataire dès que la lune s’éteindrait dans le ciel. C’est à dire au début de l’éclipse. Hors il est marqué qu’elle commencera exactement à 11h43. Élémentaire mon cher Watson.
- C’est bon, c’est bon, je déclare forfait. Si tu es si brillant, Kudo, explique moi la marche à suivre maintenant.
Conan cessa de sourire, son expression trahissant le véritable détective qu’il était. Autour d’eux, les touristes s’affairaient, certains couraient aller s’acheter des yukata en prévision du soir. La vérité frappa Heiji. Les yukatas étaient portés lors des fêtes, comme il y en aurait une ce soir. Qui disait fête, disait musique, des groupes qui chanteraient sur la place publique. Donc des fans, des amis, venus les encourager. Et parmi eux, des dizaines de jeunes filles, étrangères au village et sans défense si elles venaient à ce faire enlever. Les yeux des deux détectives se croisèrent. En cet instant, la détresse était trop visible dans le regard du lycéen d’Osaka, pour que son ami ne la saisisse pas.
- Tu as compris la gravité de la situation, Heiji. Certes, nous sommes désormais en mesure de résoudre l’enquête de Sarh Blade. Mais qu’en est-il des disparitions. On ne peut pas avancer sans quelques éléments.
- Alors, quoi ! S’emporta tout à coup Heiji, s’attirant ainsi l’étonnement des personnes qui l’entouraient. On ne va pas attendre d’avoir un cadavre pour arrêter le coupable. Si on y parvient. N’as-tu donc aucun plan ?
Conan le força à se rasseoir, puis esquissa des sourires aux gens attablés aux alentours. Le calme revenu, il se pencha vers Heiji.
- Si, j’ai un plan, murmura-t-il. Mais il ne va pas te plaire. Préviens ton père, à la préfecture. Dis lui ce qui se trame dans ce village, et demande lui d’apporter toutes ses brigades disponibles. Qu’ils viennent en civils, afin de ne pas éveiller les soupçons du kidnappeur.
Sans plus attendre, Heiji sortit son portable, composa le numéro.
- La situation ne pourrait pas être pire, maugréa-t-il, en portant le combiné à ses lèvres.
Avant le déjeuner, le trio féminin visita les boutiques de souvenirs, et le musée de l’ère Edo. Kazuha y aperçut de loin la propriétaire, Nao Kaneda, qu’elle trouva singulièrement changée par rapport à la veille. Son teint était pâle, strié par de fines ridules, qui lui couraient sur le visage, sur le coin des yeux et des lèvres. Ses cheveux aussi étaient en piteux état, et couraient sur ses épaules dans un désordre flagrant. La nuit semblait avoir été difficile pour cette femme. Elle aurait aimé l’observer d’avantage, cela afin de faire un rapport à Heiji, mais Nao Kaneda se volatilisa dans la foule. Kazuha la laissa dans un coin de ses pensées pour se concentrer sur les paroles échangées par les deux autres filles. La conversation, très anodine, porta finalement sur la description de leur lycée respectif, de leurs professeurs, ainsi que de leurs proches. Très vite, la discussion se resserra sur Kazuha et Heiji.
- Vous avez passé la nuit ensemble, remarqua Sonoko dans un murmure parfaitement audible. Donne nous au moins quelques détails.
- Des détails ? Releva une Kazuha abasourdie.
Sonoko l’arrêta en marche, et lui tira la manche, en sautillant comme une petite fille capricieuse.
- Ne fais pas l’innocente ! N’importe quoi fera l’affaire.
- Je ne sais pas quoi te dire, sinon qu’Heiji a les pieds froids.
Ran éclata de rire, tandis que Sonoko faisait la moue. Les bras croisés, elle ne put retenir son exaspération, et en fit par à la lycéenne d’Osaka.
- Ton ami d’enfance, que tu aimes en secret depuis des années, t’invites, non t’ordonnes, de passer la nuit dans sa chambre, et toi, tout ce que tu es mesure de me dire, c’est la température de ses pieds ! Kazuha, dis moi que la soirée a été un peu plus mouvementée entre vous deux.
- Mouvementée ? Répéta-t-elle, sans trop comprendre le sens de ses paroles.
- Ce que Sonoko souhaiterait savoir, lui expliqua alors Ran, c’est si désormais, toi et Heiji formez un couple.
Aucune poudre n’aurait été en mesure de donner autant de rouge au visage de Kazuha. L’intéressée plaqua les mains sur son visage, avant de s’exclamer, sa voix un ton au-dessus de la normale :
- Heiji est un ami, rien de plus. Nous sommes bons amis, je suis son amie, il est mon ami. Il n’y a pas à en faire toute une histoire.
- Si tu le dis, ricana Sonoko.
- Bien sûr que je le dis ! Maintenant changeons de sujet. Parlons de quelque chose qui mérite qu’on l’aborde au moins, bougonna-t-elle en reprenant leur promenade.
- Tu as raison, affirma Ran, qui ne souhaitait en aucun cas une dispute entre les deux adolescentes. Et tant que nous y sommes, allons manger. Je meurs de faim.
Sa proposition fut approuvée à l’unanimité. Elles se rendirent dans un fast-food surpeuplé. Alors qu’elles se glissaient dans une queue, Ran fut tout à coup secouée par Sonoko.
- Regarde, regarde ! S’écria-t-elle avec plaisir.
Elle tourna son visage dans la direction qu’elle indiquait. Assis quelques rangées plus loin, Mark Miles leur faisait signe de s’asseoir à ses côtés. Plateau en main, elles vinrent le saluer.
- Quel plaisir de vous retrouver ! S’enthousiasma Sonoko sans retenue. Vous avez complètement disparu hier.
- J’ai été très occupé, s’excusa Mark, avec une assurance toute nouvelle. Mais puisque j’ai refait surface, pourquoi ne pas déjeuner ensemble.
- Avec joie ! Accepta immédiatement Sonoko.
- Est-ce raisonnable ? Le questionna Ran. Nous ne voulons pas vous déranger.
En effet, l’étranger n’était pas seul. Assis en face de lui, un homme d’une trentaine d’année fixait obstinément la fenêtre. Ses longs cheveux blonds virevoltaient autour de ses épaules et de sa nuque en raison de la climatisation. Kazuha resserra son emprise sur son talisman : l’aura de l’homme lui donnait la chair de poule, comme s’il y avait infiniment de mal en lui. L’inconnu releva son chapeau et esquissa un sourire.
- Votre arrivée ne me pose aucun problème, jeunes filles. Au contraire elle m’enchante. Mais excusez ma rudesse. Je me nomme Yuki Hakusuisha. Mais, je vous en prie, appelez-moi Gin.
| << ( Préc ) | ( Suiv ) >> |