
| Les p'tits cailloux | Auteur: Aliocha | Vue: 138 |
| [Publiée le: 2007-08-31] [Mise à Jour: 2007-08-31] | ||
| G | Romance/Humour/One-Shot | Commentaires: 0 |
|
Description: Après cinq longues années, Heiji est devenu détective privé... Mais que devient Kazuha, son amie d'enfance qui semble s'être évaporée de sa vie ? Evaporée ? ...Pas tout à fait. Seconde particpation au concours dont le thème était "5 ans après". Un Heiji x Kazu. | ||
| Crédits: Tous les personnages appartiennent à l'oeuvre de Gosho Aoyama. |
||
| << ( Préc ) |
Les p'tits cailloux[1548 mots] |
Publié le: 2007-08-31 | |
| Taille du Texte: (+) : (-) | ||
« Cher Monsieur… Vous faites appel à moi car vous prétendez être menacé de mort par quelqu’un de votre entourage, mais vous ne m’en expliquez guère les raisons. Qu’est-ce qui vous amène à penser cela ? Des comportements suspects chez les membres de votre famille ? Des attitudes anormales ? Des lettres du tueur en question ? J’aimerais que vous m’indiquiez clairement tous les faits étranges qui se déroulent dans votre demeure, et une fiche détaillée de chaque personne susceptible d’en vouloir à votre vie. Il m’est actuellement impossible de venir jusqu’à vous pour des raisons personnelles, mais avec ce que je vous ai demandé, j’aurai de quoi réfléchir en attendant de venir enquêter sur les lieux.
Restez vigilant !
Avec mes plus sincères salutations,
Hattori Heiji. »
Heiji reposa pensivement son stylo plume sur la façade lisse de son bureau. Sur la lettre froissée à côté de la sienne qu’il venait justement de terminer, avait été écrit précipitamment : « Au secours, quelqu’un veut m’assassiner ! Pourriez-vous mener une enquête chez moi, à l’adresse indiquée ci-dessous ? Je vous attendrai devant le portail. Voici ma photo pour que vous puissiez me reconnaître. Je vous en supplie, j’ai besoin de votre aide ! Je vais me faire tuer ! »
Le jeune homme détourna les yeux du message de détresse anonyme et vit effectivement la petite photo glissée sous le papier. Un petit homme au visage pâle y figurait.
« Et voilà, encore un vieux fou qui est persuadé que l’épée de Damoclès flotte au-dessus de sa tête… »
Il recula sa chaise de son bureau et rejeta la tête en arrière. Dans sa réponse, il avait parlé de raisons personnelles qui l’empêcheraient de se rendre chez son nouveau client…
Cinq années avaient filé à une vitesse semblable à celle d’un escargot… Le lycéen d’Osaka avait vu son avenir, qui ne faisait aucun doute, se profiler au loin et il avait saisi un jour cette chance d’avoir sa propre agence de détective dans sa ville natale. C’était un rêve qu’il nourrissait depuis tout petit, et aujourd’hui encore, une lueur de satisfaction brillait dans ses yeux quand il recevait des demandes d’enquête – même si celles-ci se résumaient en ce moment à des clients paranoïaques, et dont le voleur était le plus souvent un mauvais chat affamé.
Depuis qu’il avait 20 ans, il entretenait sa petite agence qui faisait aussi office d’appartement avec amour.
Mais l’allégresse qu’il ressentait lors de la résolution d’une énigme ne parvenait pas à combler le vide qu’avait laissé cette personne. Il manquait une présence autour de lui, et il n’avait trouvé personne pour égaliser cette idiote qui avait disparu de sa vie comme s’il ne s’agissait que d’une bonne copine à qui l’on attachait guère d’importance.
Au bout de deux ans sans nouvelles de cette personne, Heiji avait renoncé à l’attendre.
Il avait renoncé à espérer sa venue. Il aurait aimé qu’elle surgisse là, par le balcon, comme si c’était la manière la plus banale qui soit de venir lui demander ce qu’il était devenu…
Soudain, un claquement se fit entendre. Heiji resta immobile, toujours renversé en arrière, tournant les yeux vers la provenance du léger bruit.
Il patienta, et une seconde détonation se produisit, fendillant la vitre. Cette fois-ci, il croyait savoir. Cela devait être un de ces gosses qui s’étaient amusés à endommager sa porte coulissante à coups de cailloux, le mois dernier. Cela lui avait coûté une fortune de la faire réparer.
Se levant prudemment de son siège, il attendit contre le mur le troisième projectile, qui fut lancé avec une telle habilité qu’il brisa la porte vitrée. Avec un râle de colère, Heiji se lança sur le balcon, bien décidé à donner une leçon au morveux.
« CA SUFFIT MAINTENANT ! tonitrua-t-il d’une voix rauque. IL Y A DES GENS QUI TRAVAILLENT ICI !
- Travailler à une heure pareille ? ria une voix. Désolée, je ne savais pas… »
Il s’arrêta net.
Il ignorait tout ce que cela signifiait.
Pourquoi une jeune fille de son âge se tenait-elle en bas à la place du gamin auquel il s’attendait ?
Il ne distinguait pas très bien la personne à cause de l’obscurité. D’ailleurs, qu’est-ce qu’une demoiselle fichait là à cette heure-ci ?
Il courut allumer la lumière pour faire un peu d’éclairage.
Quand il revint, son cœur battait dans sa poitrine avec une telle énergie que sa respiration était saccadée. Il espérait que la jeune fille n’avait pas pris la fuite…
Non, elle était toujours là. A la faible lueur de la lampe du balcon, l’inconnue se découpa mieux de l’obscurité. C’était une ravissante jeune fille dont l’éclat vert émeraude de son regard était souligné par des lunettes rectangulaires très fines. Elle avait de longs cheveux noirs qui lui descendaient à mi-dos, et elle ne semblait pas se soucier des mèches que le vent soufflait sur son joli visage sans maquillage. Elle avait l’air d’une personne sympathique, à en juger son sourire à la fois confiant et apaisant.
L’attention de Heiji se porta sur sa main droite serrée : elle tenait caillou. Comprenant la situation, la charmante inconnue, vêtue d’un long manteau beige qui recouvrait une robe rouge criard, s’empressa de dissimuler la pierre dans son dos en rougissant :
« Je suis désolée, je ne pensais pas l’atteindre… », dit-elle avec un sourire gêné en parlant visiblement de la fenêtre.
Le timbre de sa voix était sucré, doux. Une voix qu’Heiji n’espérait plus entendre…
« Kazuha… ? » murmura-t-il d’une voix à peine audible.
Cette dernière hocha énergiquement la tête.
« Je suis venue voir ce que tu devenais », expliqua-t-elle.
Alors elle était revenue ! Il ne l’avait pas reconnu, sans ses cheveux noués en queue de cheval ! C’était bien son amie, là, en bas, qui devait grelotter de froid dans la légère brise… Non, elle ne frissonnait même pas, il ne l’avait même jamais vu en aussi bonne forme, dans un si joli sourire. Il parut soudain plus détendu et s’accouda à la barrière.
« Tu sais quelle heure il est ? demanda-t-il.
- Non, et je m’en fiche. »
Lui aussi il s’en fichait, d’ailleurs…
« Et pourquoi tu n’as pas utilisé l’interphone pour me prévenir de ton arrivée ? s’enquit-il.
- Je voulais marquer mon retour d’une manière originale…, répondit Kazuha. Non, en fait, je voulais te mettre la pétoche en te faisant croire que c’était un dangereux criminel qui voulait t’attaquer mais ça n’a pas marché…
- Effectivement… Lancer des cailloux dans les fenêtres est le meilleur moyen pour saluer un ami qu’on n’a pas revu depuis cinq ans, ça coule de source… »
Mais il était trop heureux de pouvoir lui reparler pour s’énerver pour une broutille, comme s’il avait toujours 17 ans… Visiblement, Kazuha semblait penser de même.
« Alors, ton job ? demanda-t-elle bien qu’elle connût déjà la réponse.
- Détective privé…, répondit Heiji d’un air dégagé. Et toi ?
- Moi, je suis professeur en aïkido », dit-elle en faisant un geste magistral.
Le détective écarquilla les yeux avec stupéfaction.
« Je n’aurais pas cru, lâcha-t-il.
- Pourquoi ?
- Avec tes lunettes, ton long manteau… Tu ressembles à un prof.
- Ah, bon…, murmura Kazuha en observant ses vêtements.
- Et, euh… Comment dire… »
Il ne savait pas comment poser sa question, qui était plutôt embarrassante.
« Tu… Tu es mariée ?
- Oh, oui ! lança-t-elle d’un ton joyeux. Dès que je suis sortie du lycée ! J’ai eu au moins dix enfants, tu verrais !
- C’est… C’est vrai ? », balbutia-t-il, alors qu’il sentait un profond chagrin l’envahir.
Le professeur d’aïkido éclata de rire en se tapant les genoux.
« Bien sûr que non, Heiji, enfin ! s’écria-t-elle en parvenant à s’arrêter de rire. Je veux profiter de ma jeunesse, moi ! »
Heiji demeura silencieux. Il ne trouvait pas la plaisanterie très drôle, mais il était soulagé au fond de lui-même. Qu’aurait-il fait si elle avait réellement été marié ?
Il contemplait Kazuha. Maintenant, il ne savait plus de quoi parler… Et en plus, il était très tard, et il commençait sérieusement à avoir sommeil. Il bailla.
« Je tombe de fatigue… Dis-moi, où tu habites, maintenant ?
- Je n’ai pas changé d’adresse, répondit Kazuha en secouant la tête. Et effectivement, moi aussi, je commence à me sentir épuisée…
- Rentre tranquillement, suggéra Heiji avec un sourire. Je passerais te voir demain après-midi. Je n’ai rien de particulier à faire.
- Bonne idée, approuva-t-elle en souriant également.
- Ah, attends, j’allais oublié… »
Et son amie le vit s’engouffrer à nouveau à l’intérieur.
« Eh, ho ! lança-t-elle, agacée. C’est dingue ça, ça fait cinq ans qu’on s’est pas revu et toi, tu pars, comme ça… »
Elle attendit quelques secondes, puis des cailloux fusèrent vers elle, en provenant de la porte que Heiji avait laissée ouverte sur le balcon. Ils rebondirent mollement sur ses vêtements, et elle laissa échapper un petit glapissement de surprise.
« Merci, hein ! hurla-t-elle d’un ton persifleur à l’adresse du détective qui n’avait toujours pas réapparu.
- Bonne nuit ! » cria celui-ci de l’endroit où il se trouvait.
Kazuha sourit, ramassa les trois petits cailloux dans le noir, les enfouit dans sa poche, jeta un dernier regard de reconnaissance vers le balcon et tourna les talons.
Fin
| << ( Préc ) |