
| DESTINS INVERSES | Auteur: IDEFIX | Vue: 892 |
| [Publiée le: 2008-05-01] [Mise à Jour: 2008-12-01] | ||
| G | Général/Suspense/Supernaturel | Commentaires: 25 |
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Description: Pour ceux qui ont vu le dessin animé,nous avons tous été frappés par la différence de vie entre Candy et Annie après l'adoption... Et si le choix des Brighton avait été différent ? NB : nous ne connaissions Annie qu'avec le nom des Brighton, il fallait qu'elle en ait un autre ! Plutôt que "Neige" (White en version anglaise, je crois), elle s'appelle dans cette version "Annie Flakes", soit "Annie Flocons"- ce qui allait aussi bien avec sa personnalité délicate et fragile. | ||
| Crédits: Les personnages ne m'appartiennent pas ! |
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Des secrets et des pactes[2059 mots] |
Publié le: 2008-10-22 | |
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Chapitre 15 - Des secrets et des pactes
Chère Tante Elroy,
Les semaines sont passées bien vite, et j’espère que vous allez bien.
Je me plais beaucoup au Collège, revois de temps en temps Archibald et Alistair, et apprends beaucoup de choses. J’aime surtout les cours de musique, et le professeur m’a invitée à rejoindre la chorale, où je vais avec ma nouvelle amie Patricia O’Brien.
Je m’applique à devenir une vraie demoiselle, et vous remercie, ainsi que Mr Williams, de m’avoir envoyée au Collège de St Paul.
Votre nièce,
Annie Flakes André
Je referme soigneusement l’enveloppe que je remettrai à Sœur Margaret demain. Dans cette lettre, j’ai préféré ne pas parler de certaines personnes… ni de Daniel et Elisa qui sont toujours aussi méchants, ni surtout de Candy- sait-elle seulement qu’elle est elle aussi au Collège ? C’est alors qu’on frappe à ma porte.
- Annie ! Annie, c’est moi !
- Candy ? Que fais-tu ici ? Nous n’avons pas le droit de sortir de nos chambres ?
- Il faut que je te raconte, c’est incroyable !
Et Candy se lance dans son récit : Terry est arrivé par erreur dans sa chambre, blessé, et elle doit aller chercher des médicaments et des pansements.
- Dans ta chambre ? Mais si jamais les sœurs le trouvent ? Tu ferais mieux de prévenir dès maintenant Sœur Margaret.
- Mais il sent l’alcool, Annie, et serait puni. Non, je vais aller en ville et personne n’en saura rien.
- Dans ce cas, je vais avec toi : je ne veux pas te laisser sortir seule dans les rues de Londres.
Et nous cherchons une pharmacie dans la nuit Londonienne… nous passons rapidement devant les Pubs, d’où sortent des éclats de voix et des chansons quand quelque un nous interpelle.
- Mesdemoiselles ! Vous êtes bien Candy Brighton et Annie André ?
- Mais qui nous connaît ? Albert !
- C’est bien vous ! Comme c’est bon de vous revoir !
Nous nous précipitons vers lui, Candy tout simplement joyeuse et moi rassurée d’avoir un adulte pour nous accompagner- comme d’habitude, mon amie ne mesure pas le danger. Nous lui racontons notre arrivée au Collège, l’intrusion de Terry dans le dortoir des filles et notre recherche de médicaments, et lui comment il est arrivé à Londres pour suivre ses animaux qui avaient été capturés. Il nous guide vers une pharmacie, où entre seulement Candy (ses parents lui ont laissé de l’argent que je n’ai pas).
Le moment est venu ! Je me lance.
- Oncle William, je voulais vous remercier de m’avoir adoptée.
- Que dis-tu ? Il se tourne vers moi, stupéfait.
- Je sais que vous n’êtes pas vraiment un vagabond, mais l’héritier de la Famille André et que c’est vous qui la dirigerez un jour. Je sais aussi que William est votre second prénom, qu’Anthony était votre neveu, que vous vivez caché malgré vous et que vous avez changé ma vie.
- C’est vrai, mais je suis très surpris que tu saches tout ça… comment est-ce possible ?
- C’est dur à croire, mais je connais déjà beaucoup de choses de cette vie, Oncle William. J’ai même l’impression de l’avoir vécue jusqu’à mon mariage, et je ne sais pas pourquoi, d’être redevenue une petite fille.
- C’est effectivement très dur à croire, mais je ne vois pas comment tu aurais deviné mon identité autrement… La Tante Elroy et Georges m’ont déjà dit que tu avais curieusement des réactions d’adulte, maintenant je comprends mieux. J’ai déjà entendu des histoires surprenantes d’esprits et de fantômes en Écosse dans mon enfance, et une amie de ma sœur avait beaucoup d’intuitions, alors pourquoi pas ?
- Vous me croyez, alors ? Je vous en prie, ne le dites à personne d’autre, on me croirait folle ! Il n’y a que vous à le savoir !
- Je te le promets si tu ne dis à personne qui je suis. Mais dis-moi, est-ce que tu sais si Candy est… Oh, mais la voilà !
Mon amie ne sent pas la gène d’Albert, qui reprend son attitude d’homme mystérieux et bienveillant. Nous retournons au Collège, il nous aide à escalader le mur, puis nous retournons à la chambre de Candy… pour découvrir que Terry était reparti ! Candy enrage, mais moi, je repense à ma conversation avec mon « père » et suis soulagée d’avoir enfin trouvé quelque un à qui parler.
Le lendemain, nous retournons en classe, comme si de rien n’était. Nous avons quand même trouvé le temps de raconter à Patty notre escapade et les retrouvailles avec « Monsieur Albert », et nous chuchotons toutes les trois dans le brouhaha des élèves qui s’installent.
- Et toi, Annie, tu n’as pas eu peur de sortir de nuit ?
- Oh si… et puis tu sais, Patty, la ville est très différente de ce que j’avais vu de jour, en arrivant.
- Mais nous étions toutes le deux, il ne pouvait rien nous arriver, assure Candy. Et ensuite, il y avait Monsieur Albert avec nous.
- Tu dis que c’était un homme qui vivait tout seul dans la forêt, avec les animaux ? Mais ce n’est pas un sauvage ?
- Non, c’est juste qu’il n’a pas de famille ni de maison.
- Mais c’est quelque un de très gentil, Patty, assuré-je, et de très compréhensif.
- Annie, au tableau ! Venez réciter votre leçon de latin puisque vous avez si envie de parler !
Le rouge au front, je me lève- Sœur Grace m’a surprise en plein bavardage, et je n’ai pas le courage de lui dire que je n’ai pas appris mes déclinaisons puisque j’étais « occupée » hier soir. Évidemment, je m’en sors mal, et devant mes erreurs inhabituelles, Elisa et ses amies s’empressent de ricaner, les réflexions fusent sans que Sœur Grace intervienne.
- Eh bien Annie, c’est trop compliqué, le Latin ?
- Elle n’est pas capable d’apprendre, ça se voit, elle n’a pas le niveau.
- Tu ferais mieux de suivre des cours de couture et de cuisine, ça t’irait mieux.
- C’est vrai, après tout c’était juste une domestique chez moi, quand elle est arrivée de son orphelinat, tout juste bonne à détacher mes robes et récurer les casseroles, sourit Elisa
- Mais ce n’est peut-être pas sa faute, Elisa, renchérit Louise : ses parents étaient sûrement analphabètes, et ce n’est pas à la Maison-de-je-ne-sais-pas-quoi qu’il doit y avoir une école !
- C’est faux ! Sœur Maria est une bonne institutrice !
La dernière réplique vient de Candy ! Celle-ci se lève, sans attendre l’accord de Sœur Grace, et vient me rejoindre sur l’estrade.
- Je n’ai pas toujours été Candy Brighton, mais Candy Neige avant d’être adoptée. Annie et moi avons été trouvées le même jour devant la Maison de Pony, et Melle Pony et Sœur Maria se sont bien occupées de nous. Elles nous ont appris beaucoup de choses, et surtout à respecter son prochain, ce que nous essayons toujours de faire, pas comme vous.
- Comme c’est touchant ! (Elisa exulte) Regardez-les, je vous avais bien dit que Candy non plus n’était pas de notre monde. Ma Sœur, il faut les faire partir du Collège très vite pour notre réputation à tous…
- Parce que vous allez me dire comment diriger le collège, Melle Legrand ?
La Mère Supérieure vient d’entrer, attirée par le brouhaha de notre classe. Sœur Grace est visiblement embarrassée, mais pas Elisa.
- Mes parents payent pour une école de jeunes filles et jeunes gens du monde, pas un établissement de charité pour les enfants trouvés !
- Tout d’abord, Elisa Legrand, votre scolarité est financée par la famille André, et pas par vos parents : vous profitez donc de la charité de vos cousins fortunés. D’autre part, j’étais au courant des adoptions de Candy Brighton et d’Annie André, qui ne peuvent être tenues pour responsables d’être orphelines. Enfin, Melle Brighton vient de vous donner une bonne leçon de courage, d’honnêteté et de camaraderie que vous retiendrez toutes je l’espère. Le Latin peut s’apprendre plus facilement que l‘éducation morale qu‘elles ont eu toutes les deux. La classe peut reprendre, Sœur Grâce.
Nous regagnons nos places avec le sourire de Patty (à qui nous nous étions déjà confiées) et sous le regard furieux d’Elisa, blême. Je la devine humiliée, au-delà des révélations de Candy qui prouvent qu’elle avait la bonne intuition, et j’ai peur des représailles.
Nous nous retrouvons effectivement dès le lendemain dans un guet-apens de Daniel et de ses amis, qui veulent nous rudoyer et nous humilier en nous prenant nos robes… seules dans un coin isolé du parc, nous entendons soudain un claquement de fouet, et Terry apparaît.
- Alors, on attaque les jeunes filles ?
Il a tôt fait de les chasser après une brève lutte où il a visiblement l’avantage- où a-t-il appris à se battre avec ses poings, lui, un aristocrate ? Candy l’appelle.
- Attendez ! Nous voulons vous remercier !
- Vous n’avez pas à le faire, je n’aime pas ces garçons, ce n’est pas pour vous que je l’ai fait.
- Mais quand même…
- Quoi ? Mais que voulez-vous ? Flirter avec moi- eh, pourquoi pas, une blonde ou une brune, ça laisse le choix. Ou plutôt devrais-je dire une lionne et une petite souris…
- Vous êtes insupportable ! Viens, Annie, partons !
- Je viens, Candy.
- Annie et Candy ? C’est vous dont tout le monde parle ? Les orphelines ?
- Eh bien oui, c’est nous, et alors ?
Terry est devenu subitement sérieux. Il tend la main vers Candy :
- Félicitations pour votre courage. J’ai su ce que vous avez dit en classe, il fallait oser. Beaucoup d’entre nous n’auraient pas été solidaires de votre camarade et auraient eu trop peur que la vérité soit sue.
Comme c’est vrai ! En un éclair, je me rappelle de ma première arrivée au Collège, quand j’avais évité Candy et fait comme si je ne la connaissais pas.
- Il a raison, Candy, et je ne t’ai même pas remerciée.
- Moi, par exemple, je cache mes origines, ajoute Terry.
- Vos origines ?
- Je suis bien le fils du Duc de Grandchester, mais ma mère n’est pas noble, c‘est une actrice américaine. Mon père et ma mère m’ont dit que personne ne doit le savoir.
- Et pourquoi nous le dites-vous ?
- Parce que ça me trouble, ce que vous avez fait. Vous vous sentez mieux, depuis ?
- Oh oui, et pourtant Maman m’avait fait jurer le secret. Mais je suis tellement soulagée !
- J’aurai peut-être le courage de faire pareil un jour…
- En attendant, je ne répèterai rien.
Terry et Candy se sourient, je me sens à part de leurs confidences- et tellement surprise ! Jamais Candy ne nous avait raconté l’histoire de Terry dans son autre vie. En une journée, voilà quatre secrets dévoilés et des pactes liés, entre Albert et moi, Terry et Candy …
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