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Candy Candy



DESTINS INVERSES   Auteur: IDEFIX Vue: 896
[Publiée le: 2008-05-01]    [Mise à Jour: 2008-12-01]
G Général/Suspense/SupernaturelCommentaires: 25
Description:
Pour ceux qui ont vu le dessin animé,nous avons tous été frappés par la différence de vie entre Candy et Annie après l'adoption...

Et si le choix des Brighton avait été différent ?

NB : nous ne connaissions Annie qu'avec le nom des Brighton, il fallait qu'elle en ait un autre ! Plutôt que "Neige" (White en version anglaise, je crois), elle s'appelle dans cette version "Annie Flakes", soit "Annie Flocons"- ce qui allait aussi bien avec sa personnalité délicate et fragile.
Crédits:
Les personnages ne m'appartiennent pas !

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Commenter: Une rencontre décisive

Une rencontre décisive

[1733 mots]
Publié le: 2008-05-24Format imprimable  
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Une rencontre décisive - 7

Les jours passent bien lentement depuis la visite de Candy et de sa mère. C’est drôle ! Je ne l’appelle plus Maman… de les avoir vues ensemble, j’en suis arrivée à vraiment les considérer comme une famille, et je suis heureuse de voir mon amie vraiment adoptée.

Bien sûr, Elisa n’a pas digéré sa deuxième « défaite » face à Candy, et me la fait payer par de multiples manigances et brimades : un jour le chocolat est trop chaud, le lendemain les biscuits sont trop secs, une heure plus tard ses anglaises sont trop serrées… et à chaque fois, sa mère lui donne raison, et souligne que « je ne suis bonne à rien ». Mais ceci n’a pas l’air de suffire, je la soupçonne de comploter encore autre chose.

Ce matin, alors que je finis de m’habiller, la porte s’ouvre subitement.

- Où est-elle ? Où l’as-tu cachée ?

- Bonjour Mademoiselle, que cherchez-vous ?

- Ma robe bleue, je suis sûre que tu l’as gardée alors que Maman t’avais bien dit que tu devais rendre tous mes vêtements. J’ai envie de la mettre, et Dorothée ne la trouve pas.

- La robe bleue avec des volants noirs ? Mais elle était devenue trop petite Mademoiselle.

- Insolente ! Tu oses dire que j’ai grossi ?

- Non, non… je veux juste dire que vous avez du grandir et qu’elle est trop courte.

- Donc tu l’as ?

- Mais oui, votre mère m’avait demandé de l’utiliser pour rénover son chapeau blanc avec de nouveaux rubans…

- C’est vrai, Mademoiselle Elisa, j’étais là, intervient Dorothée accourue en toute hâte, Annie devait même le faire avant la visite que vous devez rendre à Mme Elroy.

Désappointée de ne pas avoir gain de cause, Elisa s’apprête à faire demi-tour quand Daniel, qui la suit comme d’habitude s’exclame soudain.

- Regardez ! Regardez ce qui dépasse de dessous le lit !

Et il se penche pour attraper… la queue de Capucin, qui se débat, évidemment ! Mon pauvre compagnon manifeste son mécontentement, grogne, sort ses griffes et…

- Il m’a attaqué ! Au secours !

- Maman, Maman, il y a une bête sauvage dans la maison !

Quel chaos dans la maison ! Tout le monde accourt, et Mme Legrand elle-même arrive, avec une expression glaciale. Elisa désigne aussitôt Capucin, qui s’est réfugié dans mes bras.

- C’est cette chose, Maman ! Il était caché dans la chambre d’Annie et il a attaqué Daniel !

- Il voulait juste se défendre, Madame, Monsieur Daniel l’a tiré par la queue…

- Eh bien, Annie, je ne t’ai rien demandé. Tu es déjà en faute pour avoir dissimulé un animal sous mon toit, un animal dangereux, en plus !

- Il est très gentil, Madame, mais il a eu peur…

- Arrête de me répondre ! Je ne tolèrerai pas cette présence, tu vas t’en débarrasser dès aujourd’hui : il y a les bois pour ça.

- Je vous en prie (je me mets spontanément à genoux), j’ai recueilli Capucin quand il était tout bébé, il ne pourra pas survivre tout seul dans les bois…

- Une enfant trouvée qui recueille un animal, on aura tout vu, tu ne crois pas, Daniel ?

- Si ça se trouve, elle n’est pas plus civilisée que lui, et ne demande qu’à griffer et à mordre. Il faut la faire partir elle aussi, Maman !

- Je suis bien d’accord avec vous, mais il faut attendre le retour de votre Père. En attendant, Annie, débarrasse-nous de cet animal ou je te prive de repas jusqu’à nouvel ordre !

Le cœur bien lourd, je m’éloigne une heure plus tard avec Capucin dans mes bras… j’aperçois au loin une voiture qui remonte la route en cahotant, Alistair ! Que vient-il faire chez les Legrand ? Le véhicule ralenti à ma hauteur, et s’arrête.

- Bonjour Annie, comment vas-tu ?

- Bonjour, Alistair. J’amène Capucin à la forêt, Mme Legrand n’en veut pas chez elle.

- Comme il est mignon ! Il n’a pas été attaqué, lui aussi, j’espère ?

- Attaqué ?

- Notre Tante a été prévenue par le majordome des Legrand que Daniel avait été attaqué par une bête sauvage et féroce, et qu’il devait garder le lit… elle m’a envoyée voir ce qu’il en était, et s’il devait être hospitalisé.

- Oh… la bête en question, c’est Capucin, mais il a juste griffé Daniel parce qu’il l’avait attrapé par la queue, et seulement sur la main.

- Je vois (Alistair éclate de rire). Il n’a rien d’un grizzli, je vais pouvoir rassurer la Tante Elroy! Il a l’air même très gentil…

Alors qu’il s’apprête à caresser Capucin, il retient son geste.

- Annie… tes mains… qu’est-ce que c’est que ces brûlures ?

- J’ai retiré des gâteaux trop vite du four.

- Et tes ongles ? Ils sont tout abîmés, comme si tu les trempais tout le temps… Archibald l’aurait vu avant moi, il admirait justement la délicatesse de tes mains, et ton habileté, mais dis-moi ce qui t’es arrivé ?

- Je suis… je suis aux cuisines depuis le bal. Excuse-moi, je dois y aller !

Et là-dessus, je préfère m’enfuir plutôt que de continuer cette conversation. Mes mains ! Ce sont celles d’une souillon maintenant, que dira Archibald, l’arbitre de l’élégance, en les voyant ? Il ne risque plus de me voir que comme une fille de cuisine… et Anthony aussi. Comment vais-je m’en sortir, maintenant ? Capucin court derrière moi, et je ne réponds pas aux appels d’Alistair.

La nuit tombe petit à petit… depuis combien de temps suis-je en train de tourner dans cet immense bois ? Des heures, sûrement. Et je sens que j’ai très faim… que dois-je faire ? Capucin semble soudain m’appeler, et trotte dans un sentier. Je le suis, aperçois un cours d’eau, une clairière où brûle un feu de camp. Une grande silhouette se dresse entre ce feu et moi !

- Hé bien, que viens-tu faire ici ? Hé, ça ne va pas ?

Quand je me réveille, je suis recouverte d’une couverture. L’homme se tourne vers moi.

- Ne va pas t’évanouir à nouveau ! Je m’appelle Albert, et toi ?

- Annie… Annie Flakes.

Albert ! Jamais je ne l’aurais reconnu avec cette barbe et ces lunettes fumées ! Comme il a l’air plus âgé qu’il ne l’est- Mais oui, c’est vrai : il doit vivre dans la vieille maison des André, caché de tous. Mais moi, je sais qui il est : et si je lui demandais d’intervenir dès maintenant ? Mais comment pourrais-je lui expliquer que je connais son identité, et les raisons de sa drôle de vie ? En tout cas, il est fidèle à lui-même : comme dans cet appartement avec Candy, il s’active, me sert une assiette.

- Tu m’as tout l’air d’avoir faim. Tu aimerais goûter à mon porridge ? Je ne suis pas un grand cuisinier, je te préviens !

- Oh oui, merci, Monsieur.

Et la conversation s’engage, tout naturellement. Je lui explique que je suis au service de Mr et Mme Legrand, et que je ne pouvais pas garder Capucin et cherchais un endroit sûr pour lui.

- Et tu l’as depuis longtemps, ton petit raton laveur ?

- Depuis que je l’ai trouvé tout bébé, près de la Maison de Pony.

- La Maison de Pony ? Ce n’est pas à côté d’une colline ?

- Si, Monsieur. Vous connaissez ?

- J’y suis allé il y a quelques temps, mais n’y ai pas trouvé ce qu’on m’avait dit. En tout cas, il ne survivrait pas longtemps tout seul vu que tu l’as apprivoisé depuis longtemps…

C’est alors que j’entends mon nom, crié dans les bois. Anthony, Alistair, Archibald ! Ils me cherchent ! Des branchages craquent, et soudain Capucin court vers la personne qui sort des buissons.

- Candy !

- Annie ! Ça y est, je t’ai retrouvée !

Sans autre témoin qu’Albert et ses animaux, nous courrons dans les bras l’une de l’autre.

- Je le savais, je le savais que moi je te trouverais… j’étais avec Anthony dans sa roseraie quand Alistair nous a prévenu, et j’ai insisté pour partir te cherche moi aussi.

- Oh, Candy, comme je suis contente de te revoir…

- Annie, comment vas-tu ? Je n’arrête pas de penser à ces affreux Legrand, surtout Elisa : tu dois avoir la vie dure…

- Anthony ? La Roseraie ? Mais qui êtes-vous toutes les deux ?

Candy se tourne alors vers Albert, qui marque un mouvement de surprise en la voyant à la lumière du feu.

- Je m’appelle Candy Brighton depuis quelques mois, mais je viens de la Maison de Pony, comme mon amie Annie Flakes, et j’étais Candy Neige, avant. Et vous ?

- Appelez-moi Albert.

- Vous n’avez pas de nom, pas de maison ?

- Eh bien… non, tu vois, je suis juste Albert.

- Vous êtes comme nous, alors, un orphelin ou alors vous ne connaissez pas vos parents ! Tu vois, Annie, tu n’es pas la seule… oh, vous entendez ?

Les voix des cousins André se rapprochent, j’entends surtout celle d’Archibald avec bonheur. Albert empoigne son sac alors que Candy appelle nos amis, en lui tournant le dos. Il la regarde une dernière fois longuement, visiblement troublé par la rencontre, puis me fait un signe, prend Capucin et disparaît dans la nuit.


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