
| DESTINS INVERSES | Auteur: IDEFIX | Vue: 897 |
| [Publiée le: 2008-05-01] [Mise à Jour: 2008-12-01] | ||
| G | Général/Suspense/Supernaturel | Commentaires: 25 |
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Description: Pour ceux qui ont vu le dessin animé,nous avons tous été frappés par la différence de vie entre Candy et Annie après l'adoption... Et si le choix des Brighton avait été différent ? NB : nous ne connaissions Annie qu'avec le nom des Brighton, il fallait qu'elle en ait un autre ! Plutôt que "Neige" (White en version anglaise, je crois), elle s'appelle dans cette version "Annie Flakes", soit "Annie Flocons"- ce qui allait aussi bien avec sa personnalité délicate et fragile. | ||
| Crédits: Les personnages ne m'appartiennent pas ! |
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Faire ses preuves[1271 mots] |
Publié le: 2008-05-08 | |
| Taille du Texte: (+) : (-) | ||
Faire ses preuves - 3
En entendant le chant des oiseaux, je me frotte les yeux et m’assois… Où suis-je ? La mémoire me revient : dans la mansarde, chez les Legrand ! Daniel et Elisa m’ont accueillie hier soir « à leur façon », par un saut d’eau, mais je ne me suis pas défendue à coups de lasso comme Candy en son temps. J’ai juste attendu que Mme Legrand arrive, attirée par leurs rires (je devrais dire, leurs ricanements). En un clin d’œil, elle a vu ma tenue détrempée, ainsi que le saut que tenait toujours Daniel.
- Eh bien ? Que se passe-t-il ? Qui es-tu ?
- Vous voyez bien, Maman, une vagabonde, et nous allons la chasser !
- Tais-toi, Daniel ! Eh bien, réponds, qui es-tu ?
- Bonjour Madame, je suis Annie Flakes, je viens de la Maison de Pony. Bonjour Monsieur, bonjour Mademoiselle (je fais une révérence).
- J’imagine que tu as d’autres vêtements dans ta valise, alors entre te changer et nous t’appellerons.
La présentation ne s’est pas trop mal passée… Mr et Mme Legrand ont annoncé à Elisa que je devenais sa demoiselle de compagnie, elle a évidemment protesté ! Malgré tout, je reste. Et ce matin, je me prépare à descendre : mes vêtements sont modestes mais propres, je mets une attention particulière à ma toilette, devinant que Mme Legrand l’appréciera autant que Mam… Mme Brighton. Je demande aussi à Capucin de rester dans la chambre, devinant qu’il ne sera pas le bienvenu dans cette demeure.
J’entre dans la salle à manger, où Daniel et Elisa prennent leur petit déjeuner. Aussitôt, me voyant, Elisa se pince ostensiblement le nez
- Oh, Daniel, est-ce que tu sens ?
- Mais c’est insupportable !
- Quelle puanteur ! Je ne la supporte pas !
Cette horrible fille simule un évanouissement ! Et Mr Legrand arrive à ce moment précis !
- Bonjour… eh bien, Elisa, que fais tu ?
- Elle a perdu connaissance, Papa, cette fille sent tellement mauvais !
- Mauvais ? (il se tourne vers moi) Bonjour Annie, je te trouve bien mignonne ce matin. Elisa, voyons, arrête cette scène, elle est ridicule !
- Qu’est-ce qui est ridicule ? (Mme Legrand vient d’entrer)
- Elisa s’est évanouie à cause de l’odeur d’Annie, Maman, elle est infecte !
- Oh, ma pauvre chérie, elle est tellement délicate, tellement raffinée !
- Voyons, regardez Annie, il n’y a rien à lui reprocher !
- Nous allons lui fournir des vêtements… ça doit être l’odeur de l’orphelinat, ils en sont imprégnés. Nous regarderons dans les vieilles robes d’Elisa.
- Mes robes !(Elisa se « rétablit » d’un coup) Mais je ne veux pas lui en donner, Maman !
- Je parle de ce qui est démodé, que tu ne mettras plus- tu vas mieux, ma chérie ? Ce sera un acte de charité pour cette orpheline, et nous pourrons la sortir sans avoir honte.
- Moui Maman…
Les propos de Mme Legrand sont humiliants, elle parle de l’orphelinat comme si c’était une étable, mais me voilà nantie d’une dizaine de robes d’Elisa, qui n’ont pas dû être portées plus d’une ou deux fois. Elles sont bien luxueuses, comparées à celles que Melle Pony et Sœur Maria nous cousaient, mais d’un goût ! Quelle surcharge de nœuds, de volants ! Moi qui ai appris avec Mme Brighton que l’élégance était dans la sobriété, je les considère d’un œil critique. Je me souviens alors que Sœur Maria avait glissé du fil, des aiguilles et des ciseaux dans ma valise, pour que je puisse raccommoder et tenir mes vêtements en bon état, et prend les ciseaux. A moi de jouer ! Je me hâte d’arranger les choses avant « la leçon de musique » à laquelle je dois assister.
En entrant dans la salle d’étude, j’entends le cri d’Elisa
- Maman, regardez, elle a des vêtements neufs ! Oh, ce n’est pas juste ! Et moi, j’ai la robe du mois dernier !
- Je ne crois pas qu’elle porte des vêtements neufs, Elisa… Annie, approche.
Ma tenue est examinée d’un œil expert.
- Tu as coupé les rubans, n’est-ce pas Annie ? Et récupéré le volant pour en faire une ceinture et un nœud ?
- Elle n’avait pas le droit, Maman ! Ma jolie robe !
- Il faut bien reconnaître que le résultat n’est pas mal… bien sûr, ce serait beaucoup plus joli sur toi que sur cette fille. Dis-moi, Annie, tu sais faire autre chose à part coudre ?
- Oh oui, Madame : je sais broder, faire du tricot et du crochet, et aussi j’aidais les autres filles à se coiffer.
- Tu pourras donc te rendre utile ! Autant que tu le saches, ta présence comme demoiselle de compagnie est une idée uniquement de mon mari. Je doute fort que tu sois intéressante pour ma fille, qui est déjà une vraie demoiselle : elle reçoit une excellente éducation depuis sa naissance, rien à voir avec ce que tu as appris, vous n’avez rien en commun. Par contre, tu l’aideras dans le choix de ses toilettes, et tu les arrangeras… apparemment, tu aurais un peu de goût et tu serais plutôt habile, et ça m’évitera d’engager une camériste pour Elisa. Tu m’as comprise ?
- Oui, Madame.
- Tu dois te rendre utile, par contre tu reste à ta place. Tu n’es pas la fille de la maison, si tu veux que nous te gardions, il faudra faire tes preuves. Ah, Monsieur Le Professeur, vous voilà ! Voici Annie, elle est au service d’Elisa. Pour l’instant, elle va s’asseoir sur une chaise pour regarder les leçons, nous verrons un jour si elle en aura…
- Pour une domestique, ce n’est pas la peine, Maman.
- Je suis bien d’accord, mais tu connais ton père… enfin, tant que cette fille se rend utile, nous la supporterons.
Et me voilà assise sur une chaise, écoutant Elisa massacrer le morceau de piano. Elle n’écoute rien de ce que lui dit le Professeur de Musique, pourtant patient.
- Mademoiselle, reprenons la partition…
- ça ne sert à rien, vous ne savez pas expliquer les choses ! Mon cousin Archibald a commencé en même temps que moi, et pourtant il fait beaucoup mieux ! Il a sûrement un meilleur professeur, je vais le dire à Maman et vous faire renvoyer !
- Je vous en prie, reprenons… fa, sol, ré, voilà…
Les doigts me démangent, j’aurais tellement envie de m’asseoir à la place d’Elisa ! Bien sûr, je ne le propose pas…je dois rester à ma place. Je suis aussi très troublée d’entendre le prénom d’Archibald, mais c’est bien Daniel qui se glisse à côté de moi et me pince méchamment, sans être vu. Il espère perturber la leçon qui l’ennui autant que sa sœur, mais je serre les dents.
Combien de temps vais-je tenir ? Candy, si au moins tu étais avec moi…
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