Chapitre 9 : Inconnu a ce nom
Alexandre se réveilla en sursaut. Son linge blanc était mouillé. Il avait dû transpirer comme un fou.... Son linge blanc ?! Perplexe, il se souvenait lentement que lui et Ryaon passaient la nuit chez Calire. Ils avaient fêté un peu le soir, et, d'après l'observation de Calire, Ryaon avait trop bu pour qu'il puisse s'asseoir dans une voiture, et Alex, lui, n'avait pas le permis.
Il entendit la pluie frapper contre la fenêtre. Une éclair déchirait le ciel suivit d'un tonnerre. Un orage. Alexandre gémissait. Il croyait avoir crié quand il s'était réveillé. Pourtant il n'avait eu aucun cauchemar. Il jetait un coup d'œil sur la montre. Cinq heures et demie... Il respira l'air rapidement et irrégulièrement. Que lentement, il se calmait. Il avait l'impression qu'avec ce rêve quelque chose s'était mise en route, quelque chose d'important, mais qu'il ignorait complètement à part qu'il avait un rôle à y jouer. Il entendit l'horloge de vie avec son tic-tac, tic-tac alarmant, comme si elle voulait lui dire qu'il devait faire attention, qu'il ne lui reste pas beaucoup de temps.
Il secouait la tête... Une horloge de vie... bien sûr... il aurait tout de même fait mieux de ne pas avoir bu le verre de whisky que Calire lui avait proposé. À propos Calire...
Alexandre faisait un bon dans son lit.
- Je dois avoir l'air d'un fantôme avec cet orage, s'excusa Calire en levant les mains. En effet, il avait un l'air plutôt mystérieux sous la lumière des éclaires.
- Tu as crié, expliqua-t-il sa présence.
Alexandre se rappela alors de son rêve. Il n'avait plus rêvé... depuis son réveille chez Calire, il ne avait plus rêvé. Et là, soudainement... il rêvait la suite ! Oui il avait rêvait la suite de son dernier rêve ! Pourtant les quatre commandeurs cardinaux étaient morts dans le rêve, et là, il rêvait que Fhou se réveillât dans un hôpital ! Il n'avait pas pu lire les pensées de l'autre, ainsi son rêve n'avait consisté qu'en observant « Fhou » dans son lit. Mais il se sentait comme s'il avait subit un énorme cauchemar.
Depuis quelques minutes, il fixait Calire. La peur et la frayeur lui étaient écrites sur le visage, comme les lettres dans un livre. Et Calire pouvait lire aisément dans ce livre, tourner chaque page sans problème comme il lui plaisait.
- Un cauchemar, dit Calire plutôt comme conclusion que question.
- Non,...enfin si...non...non, bégaya-t-il.
- Quoi maintenant ?
Il ne répondit pas.
- Quoi que c'était, pour toi cela devait être un terrible cauchemar, conclut Calire de nouveau.
Alexandre avala sa salive.
- J'ai rêvé de nouveau... le dernier rêve...c'était...
Il s'interrompit.
- Et cela te bouleverse tellement de rêver ? demanda Calire étonné.
- Non... c'était...c'était le rêve...j'ai rêvé la suite.... Fhou...il me ressemble toujours tant... J'ai l'impression d'être ce Fhou, mais parfois je suis sûr d'être un tout autre...et ce rêve...j'ai comme le sentiment qu'il n'est que le début de quelque chose...
- Tu as peur, concluait Calire.
Il inclina la tête.
- Tu as peur de rêver la suite, parce que tu ne sais pas ce qui t'attend...
Il hochait de nouveau la tête.
- Mais un rêve ce n'est pas du réel.
Il secouait la tête.
- Mais cela ne te calme pas.
Il secouait la tête.
- J'ai comme un mauvais présentement... quelque chose me lie à ce Fhou, même si je ne sais pas quoi..., dit-il.
- Tu ne vas pas tâcher à le savoir alors. Essaye de dormir encore un peu...il fait encore tôt.....
Calire bâilla de plus belle.
- Moi en tout cas je vais encore un peu dormir... N'y pense plus. Ce n'était qu'un rêve.
Sur ce Calire quitta la chambre d'Alexandre, qui restait dans son lit, toujours aussi perplexe qu'au début. Ce n'était qu'un rêve, certes, mais il n'arrivait pas à y croire ! Sur le couloir Calire croisait Ryaon encore à moitié endormi.
- Qu'est-qu'il y a ? demanda-t-il bâillant aussi.
- Il a rêvé..., répondit Calire.
Ryaon se réveilla pour de bon.
- Alors ? demanda-t-il curieux.
Calire haussa les épaules.
- Rien de spécial pour le moment.
- Mais est-ce bon ou mauvais ? continua Ryaon
Son ami haussa de nouveau les épaules.
- Cela dépend encore...bon maintenant je vais aller dormir...bonne nuit encore...et puis ronfle plus tellement fort oui ? Je t'entends jusque chez moi...
Sur ce il partit.
Ryaon haussa les épaules. Si grave cela ne peut pas être s'il est tellement calme, se pensait-il.
Il jeta un dernier regard vers la chambre d'Alexandre, avant de regagner sa propre pièce lui aussi pensif, mais il retombait dans un sommeil profond dès qu'il s'était couché. Après le temps, il s'y était habitué...
Alexandre s'était recouché et observait le plafond à présent. D'un blanc parfait, rien de plus excitant !
« Ce n'est qu'un rêve, Alexandre, rien qu'un rêve » essayait-il de se calmer « Un rêve n'est jamais réel. » Il y aurait cru sans hésitations. Si seulement sa première vie n'était pas lié à se rêve. C'était l'unique souvenir qu'il portait d'elle.
Il resta alors couché dans le lit, éveillé. Or, après quelques minutes, il sentit une fatigue soudaine s'abattre sur lui, le forçant à fermer les yeux et il sombra dans un sommeil profond.
Fhou se réveilla de nouveau, assez perplexe. Il sentit qu'il avait regagné un peu de force, et il se redressa péniblement dans son lit. Ensuite, il se passa la main dans les cheveux, intrigué. Quel rêve bizarre il avait fait ! D'un homme qui lui ressemblait comme une goutte d'eau, un autre qui lui rappelait Hokuto et qui parlait de lui, de Fhou. Celui qui lui ressemblait tant avait rêvé de lui. Et cela pas pour la première fois. Or, c'était bien la première fois que lui, il rêvait de cet alter ego !
Ce rêve était-il un hasard ? Son jumea...cette homme en blanc ressemblant à Hokuto. Simple production de son esprit ou bien il y avait-il quelque chose de vrai, d'important derrière ? Fhou n'était pas superstitieux. Et ce n'est pas maintenant que cela allait commencer. Donc, il venait à la conclusion que ce rêve n'était que le fruit d'un étrange hasard. Quoique...quelque chose en lui l'avertissait, lui disait de faire attention, que le rêve était important. Mais l'esprit rationnel du violoniste essayait de refouler ce sentiment.
Il se laissait de nouveau glisser dans son lit. Il n'y avait pas de messages dans des rêves, impossible.
À ce moment une infirmière entrait dans la chambre.
- Ah ! s'exclama-t-elle, vous vous êtes enfin réveillé !
Fhou tourna sa tête vers la jeune femme, mais ne dit rien.
- ça fait plus qu'un demi ans que vous était dans un coma inexplicable ! continua-t-elle.
- Plus qu'un demi an ? s'étonna Fhou, dans un coma ?
- Presque un an même.
Fhou détourna son attention de l'infirmière. Un an ? Si longtemps ?
- Une jeune femme vous a trouvé évanouit dans une rue, mourrant. Les médecins ont réussit à vous sauver des griffes de la mort, mais depuis tout le temps vous étiez dans le coma.
- Un an..., murmura Fhou, mes brûlures...
- Ils ne peuvent pas être guéris, expliqua l'infirmière, ils sont trop puissants, trop violents. Rien n'aurait pu provoquer des telles blessures. Qu'avez-vous fait ?
Fhou gardait le silence. Il devait être brûlé dans l'atmosphère...la seul preuve qu'il tenait était les blessures. Tout avait été réalité. Teppeï, Kotaro, Quattro, ces adieux dans l'espace...tout avait été vrai. Mais il pouvait mal le dire à l'infirmière...
- Je ne sais pas, répondit-il alors, je n'ai aucun souvenir.
- Amnésique ?
- Peut-être.
- Cela serait fort mauvais. Nous n'avons même pas réussit à vous identifier.
Fhou aurait voulu rire. Naturellement qu'ils n'en étaient pas capable ! La Mecanicae Imperium était une base secrète. Donc logiquement chacun qui y est, est inconnu à la population entière.
- Vous ne vous souvenez même pas de votre nom ?
- Fhou Lafine.
Il ne savait pas pourquoi il le lui disait. En même temps un simple nom n'allait pas leur aider beaucoup.
- Autre chose ?
- Non rien...
- Bien, conclut l'infirmière, je vais vous laisser de nouveau. Si par hasard vous vous souvenez de quelque chose, dites-le nous. Malgré notre avancement dans la médicine, l'amnésie reste encore incurable.
- Oui...
L'infirmière le laissa. Fhou était de nouveau seul.
- Skida..., murmura-t-il, où es-tu ?
Si jamais des débris de son B'T avaient été trouvé avec son maître, l'infirmière lui aurait en parlé. Skida...son B'T...malgré le fait qu'il s'agissait d'un robot, d'une machine de guerre, Fhou avait aimé son compagnon. Les B'T étaient si différents des autres robots. Ils avaient des sentiments. Alors...Fhou avait bien le droit d'apprécier son compagnon robotique. Il lui manquait. Cela faisait tant d'années qu'ils avaient fait équipe. Maintenant, il était seul, dans le vrai monde, où chacun ignorait son existence. Sans carte d'identité, sans passeport, sans rien, comment allait-il réussit à se débrouiller ? Il n'avait rien...sauf la vie. Il était vivant, alors qu'il devait être mort. Maintenant qu'allait-il faire ? Que pouvait-il faire ?
La Mecanicae Imperium devait rester inconnue au gens. Qui savait si quelqu'un n'avait pas soudainement envie de reconstruire un B'T comme Rafaelo ? Donc il devait tenir sa fausse amnésie, ou bien trouver un mensonge, ce qui était pratiquement impossible étant donné qu'il n'avait pas de base dans cette vie, et qu'il ne pouvait donc pas prouver ses dires. Fhou Lafine n'avait jamais existé autre part que dans l'empire mécanique.
Maintenant qu'allait-il faire de sa nouvelle vie ?