Chapitre 6 : L'oubli vaut mieux !
La maison de Calire se trouvait à quelques pas du bistrot, ainsi le chirurgien ne vit pas l'utilité de prendre sa voiture. D'ailleurs il allait à chaque fois à pieds si le temps et la distance le permettaient. Calire était loin d'être aussi bavardeux que son ami Ryaon, ainsi il gardait le silence. De toute façon quoi dire ? Les deux amis se comprenaient avec des simples regards, des mots étaient depuis longtemps plus nécessaire. Ainsi il ne doutait pas que bientôt sa mascarade va bientôt être déjoué. Mais là, Calire ne lui jetait même pas un simple coup d'œil. Il semblait réfléchir. Il savait que Ryaon était quelqu'un de très curieux, ainsi il ne se retenait pas à en demander la raison. Calire mettait du temps avant de capter sa question, comme s'il était encore à moitié endormi.
- Rien...c'est rien. Tu me connais, je n'aime pas faire des fautes.
- Oui, murmura-t-il. En effet, il avait remarqué que Calire appréciait de retourner la pierre plus que deux fois avant de faire quelque chose, ce qui énervait des fois Ryaon qui faisait alors une crise si Calire se décidait maintenant ou en cent an ? Par la suite Calire prenait ses décisions étrangement vite.
- Mais tout le monde fait des fautes, c'est inévitable. Les fautes sont faites pour apprendre, s'il y en avait pas, tout le monde serait parfait, poursuivit-il. Calire était aussi quelqu'un qui voulait tout faire à la perfection.
Le médecin s'arrêta. Il le regardait d'un air étonné mais également un peu fâché.
- Contrairement à tout le monde, je n'ai pas le droit de commettre une faute, aussi petite qu'elle soit. Et tu le sais très bien.
Sur ce il se remit en marche, ne s'occupant plus de son ami. Pas qu'il était de nouveau plongé dans ses pensées, mais il sentait très bien qu'il le faisait exprès. Il semblait l'avoir vexé. Le médecin avait la mauvaise habitude d'être parfois un peu rancunier. Il augmentait la vitesse de ses pas. Il dût courir un moment avant de le rattraper.
- Excuse-moi, Calire. Je ne voulais pas de vexer, dit-il. Il avait déjà parfois observé ce genre de situation chez Calire et Ryaon : Quand ce dernier faisait ou disait une connerie qui vexait le chirurgien, c'était toujours lui qui s'excusait.
Calire ralentissait le pas de nouveau. Puis il secoua la tête.
- C'est rien. Tu as raison de toute façon. Mais le problème c'est que je ne suis pas comme tout le monde, murmura-t-il le regard perdu é l'horizon qui consistait qu'en gratte-ciels.
- Si tu le monde était pareil, cela serait un monde ennuyeux, remarqua-t-il.
Un sourire s'affichait sur la bouche de Calire, mais il n'était pas joyeux plutôt songeur.
- Merci de vouloir me remonter le moral, dit-il alors.
Le reste du chemin ils poursuivirent en silence. Calire faisait un détour, dans le parc proche de sa maison. Il aimait bien y aller quand il voulait réfléchir tranquillement.
Le parc était un endroit idyllique. Plein de oiseaux et d'écureuils se cachaient dans les arbres et les haies, l'herbe était des fois interrompu par un petit lac sur lequel des canards se laissaient gâtés par des bout de pain des passants.
Calire et lui, ils s'était assis sur un banc, accompagné par le chant des oiseaux. Mais Calire avait l'air tellement absent mentalement qu'il devait frissonner. Son regard lui paraissait tellement vide...
Cela faisait plus qu'une demi heure, peut-être même trois quarts, qu'ils restaient immobiles dans le parc. Enfin Calire se réveilla de sa transe.
- Tu es toujours là ? demanda-t-il, d'habitude tu...
Il s'interrompit.
- Tu n'es pas Ryaon ! Fhou ! Zut, c'est vrai on est le premier avril ! J'aurais dû m'en douter que Ryaon allait faire une connerie encore plus conne que d'habitude, pesta-t-il. Puis il commença à rigoler de bon cœur.
- Bon allons détourner le jeu un peu. On va retourner chez toi (il s'y trouve j'espère) et lui dire qu'on a une idée pour qu'il retrouve la mémoire mais qu'il faut qu'il nous cite le rêve de nouveau ! Dans tout les détails ! Il va galérer !
Enthousiasmé il prit son ami par le bras et le tire avec soi. Ils faisaient tout le chemin vers l'arrêt du bus en courant. Son appartement se trouvait plus éloigné, et Calire voudrait quand même bien arriver vite. Après un quart d'heure les deux descendaient du bus. Déjà de loin, ils pouvaient entendre un brouhaha inhabituel.
- J'ai un mauvais pressentiment, un très mauvais même, murmura Calire.
Il avait raison. Devant l'appartement où habitait Fhou, se trouvait des voitures de police ainsi qu'une ambulance. Les deux virent comment deux secouristes sortaient de l'appartement en tenant une barre sur lequel reposait...
- Ryaon ! cria Calire terrifié. Ils étaient devenus entièrement pâles.
- Ryaon ! Ryaon ! Non ! cria-t-il de nouveau et courut vers son ami, mais un policier lui plaqua la route.
- Vous n'êtes pas autorisé à vous approcher d'avantage, dit-il, de plus cet homme ne s'appelle pas Ryaon, mais Fhou.
- C'est faux ! Ce n'est pas Fhou ! C'est Ryaon ! Son mon meilleur ami ! Laissez-moi auprès de lui, hurla Calire excité.
Fhou s'approcha.
- Il dit la vérité, moi c'est Fhou. On se ressemble tellement que Ryaon a voulu faire une blague. On s'est passé chacun pour l'autre, expliqua-t-il. Sa voix tremblait. Comme preuve il enleva l'élastique qui retenait ses cheveux et aussitôt ils retombaient en bataille. Puis il lui plaquait sa carte d'identité sous le né. La plupart des choses, comme la date de naissance, était des simples estimations vu qu'il ne s'en souvenait pas.
Surpris le policier alla vérifier : En effet, celui qu'il croyait être Fhou portait la carte d'identité de Ryaon.
- Que s'est-il passé ? demanda Calire.
- La femme de l'étage en dessous a apparemment entendu un fracas énorme. Quand le bruit ne cessa pas, elle voulait aller voir, et voyait encore un homme habillé entièrement en noir (le voleur classique) s'enfuir à toute vitesse. Après elle a directement appelé la police. Eh bah...on a retrouvé votre ami dans cet état là... expliqua le policier
- Un voleur ? demanda-t-il étonné, un voleur dans ma maison ? Je n'ai aucune fortune qui en vaut le coup d'être volé
Le policier semblait être gêné.
- Justement, rien n'a été volé. Mais les coups supportés par votre ami ont été donnés avec beaucoup de précision.
Calire et Fhou devenait encore plus pâle. Il dû s'appuyer contre le mur d'une maison. Et dire qu'il devait être à la place de Ryaon ! C'était lui qui devait être assassiné pas lui...mais pourquoi ? La même question se posait le policier.
- Pourquoi quelqu'un en voudrait à votre peau ? demanda-t-il.
Il le regardait d'un air perplexe.
- J'en sais rien, j'en sais rien ! Je suis amnésique je m'en souviens de rien.
Il secoua la tête.
- L'assassin ne devait pas le savoir, ajouta-il.
- Quoi qu'il en soit, je crois qu'il vaut mieux que tu ne te souviennes jamais..., murmura Calire, l'oublie vaut mieux.
Fhou inclina la tête tristement.
- Tu n'as à ton vouloir... tu ne pouvais pas le savoir. Ryaon est dur, il va survivre quoi moi, l'encouragea Calire en regardant vers le sécuristes.
- Oh mon dieu ! Que font-il, c'est pas ainsi qu'il faut le traiter ! cria-t-il choqué et courut aussitôt vers son ami et même les policier ne pouvait pas l'arrêter. Il disait deux mots aux sécuristes puis retourna chez Fhou :
- Rentre chez moi. Je vais partir avec Ryaon. J'ai une bonne réputation en tant que docteur. En plus je laisserai jamais mon ami entre les mains d'un autre médecin à part Hokuto, expliqua-t-il en lui donnant les clés de sa maison.
Il inclina la tête.
- Mais avant vous aller vérifié si il y effectivement rien de volé. Votre voisine a dit que non, mais on ne sait jamais.
Il soupira.
- Croyez-moi, parfois j'ai l'impression qu'elle se connaît mieux que moi dans mes affaires... si elle dit non c'est ainsi. Enfin...
Il regarda l'ambulance partir puis suivit le policer dans son appartement démoli.
Personne ne remarqua la personne en noir dans une ruelle proche.
- Amnésique hein ? murmura-t-elle, puis enleva sa capuche.
- C'est bien, tant que tu le restes...
Puis il quitta la scène vers un endroit où personne ne le soupçonnera de rien, car tout le monde y était habitué de le voir qu'en noir...