Dieu veille sur vous
Il examinait la petite église. Il restait, comme indécis à quelques mètres du bâtiment. Il semblait hésiter. Pourtant aucun trait de son visage ne trahissait ce qu'il ressentait vis-à-vis de l'église, des circonstances,... de cette humiliation.
Oui, parce que c'était censé d'être une humiliation. Lui, commandeur cardinal de sud condamné à se poste de défense minable tout au bout de l'immense Mecanicae Imperium. Pour quelqu'un de son rond cela était une grave sentence, très grave. Sa réputation avait pris un sacré coup.
Pourtant, il était plutôt indifférent sur ce sujet. Il avait accepté sa punition, point c'est tout. Il avait laissé enfuir Karen, la Mecanicae Imperium l'avait prit comme faute et l'avait punit en retour. Donc, il méritait son châtiment, la réduction de son pouvoir.
Mais au plus profond de lui, il savait qu'il avait bien agit de la laisser s'échapper...son cœur le luit dit, alors que sa raison se révoltait. Il avait juré fidélité à l'empereur Mecanique, et il n'avait pas le droit de la trahir. Et dans ces moments de dilemme, quand le cœur et la raison s'opposent, le cœur prenait, à la fin, toujours le dessus.
L'unique chose qui l'avait surpris, c'était la punition. Certes, il en méritait une. Déjà uniquement du fait que ses sentiments étaient plus importants que la fidélité à la Mecanicae Imperium. Mais qu'ils allaient le condamner à ce poste de défense...
« Vous aimez bien jouer au prêtre non ? » lui avait-on dit. « Autant garder l'orphelinat qui se trouve au frontière de l'empire et le désert Gobi. Vous devriez vous sentir à l'aise, car il s'agit d'une église. »
Et maintenant le voilà devant ce fameux édifice religieux. Hokuto lui demandé de prendre soin de Karin, jeune fille amnésique, et dont le médecin-maître n'avait pas réussit à lui rendre la mémoire. Normalement, elle devait déjà s'y trouver et l'attendre. Malgré son amnésie, elle était caporal. Et aussi la sœur de Karen... Un sourire un peu mélancolique s'affichait sur son visage.
- Maître Fhou ?
La voix de son B'T le tira de ses pensées. Il retourna sa tête vers son compagnon robotique.
- Ce n'est rien Skida, dit-il avec un léger sourire aux lèvres, je réfléchissais juste.
Son B'T ne répondit rien.
- Les coïncidences sont tellement étranges des fois, ajouta le violonsite.
Ensuite, il se mit à gravir les quelques escaliers devant l'église. Au même moment le portail de l'édifice s'ouvrait.
Fhou s'arrêta net. Une jeune fille sortit. Du premier coup d'œil, il la reconnaissait comme sœur de Karin. Elle avait les mêmes cheveux roux que sa sœur, quoique coupé en carré et non en bataille et en queue de cheval. Son visage fut le même, ses yeux aussi, sauf qu'ils n'étaient pas encore si mûrs que ceux de Karen.
Elle portait son armure de caporal.
- Vous devez être sire Fhou, dit-elle, sire Hokuto m'a...
Le commandeur cardinal, ayant gravé les dernières marches restaient, mit sa main sur l'épaule de la jeune fille.
- Je suis au courant, dit-il, je suppose que je suis considéré comme maître du lieu ?
- Ou...oui, murmura la jeune fille perplexe, vous êtes quand même...
- Bien, interrompit Fhou, mettons alors au point une chose : Laissons les formalités, comme sire, à côté. Je ne suis qu'un homme comme les autres. Rien de plus, rien de moins.
Karin était ébahis par les paroles du commandeur cardinal. Ce dernier s'apprêta à franchir le portail de l'église, mais s'arrêta net.
- J'ai horreur des uniformes, dit-il à la sœur de Karen, surtout qu'elles ne sont pas faites pour les femmes. Veuillez tâcher, je vous en prie, de ne pas la porter trop souvent sous mes yeux.
- B...bien sûr..., bégaya-t-elle surprise.
Fhou lui jeta un sourire. Voici donc la petite sœur du commandeur cardinal de l'ouest. Elle avait un caractère tout à fait différent. Cela était peut-être dû à cause de son amnésie. Il paraissait qu'elle ne se rappelait même pas de soi-même. Alors, il va l'aider à se bâtir une nouvelle identité, digne de la sœur de Karen. Il ne savait pas pourquoi, mais il sentait qu'une relation spéciale allait s'installer entre lui et elle. Peut-être allait-il la considérer également comme une petite sœur ? Qu'il fallait protéger ? Comme Lily... il l'avait bien considérée comme une petite sœur. Mais il avait échoué. Il n'avait pas pu la protéger... Cela n'allait pas arriver une seconde fois !
Il entra dans l'église. Du coin de l'œil, il vit que Karin le suivit.
Il se retrouva face à face avec une bande d'enfants qui le dévisageait, quelques uns d'un air intimidé, d'autres avec plein de curiosité.
- Le voilà !
- C'est lui...
- Le commandeur cardinal du sud !
- Il paraît qu'il est prêtre...
- Regardez, il tient un violon entre ses mains !
Les chuchotements venaient de partout. Mais ils étaient trop peureux pour lui adresser la parole. Ils attendaient ses prochains mouvements.
L'église...cela lui rappelait tant de souvenirs, quelques uns heureux. Mais il y avait surtout un, un souvenir qui le hantait, qui avait refait face dès qu'on lui avait annoncé son nouveau poste de travail. Lily, Quattro... Il souhaitait tellement retourner dans le passé, réparer ses erreurs, raconter un mensonge à Lily... un mensonge qui lui aurait sauvé la vie, où du moins la laisser mourir heureuse.
Mais le temps est cruel, il n'attend personne et ne tourne pas en arrière pour quelqu'un.
Le regard de Fhou examinait son nouveau domicile. De l'intérieur s'était beaucoup moins visible qu'il s'agissait d'une église. Elle eut été adaptée afin de servir d'orphelinat. Rien que quelques reliques restantes montraient son ancien usage. Son regard tomba presque immédiatement sur l'orgue.
Un sourire mélancolique s'affichait sur son visage. Et il s'approcha de l'instrument. Les enfants firent place par intimidé et respect.
Le commandeur cardinal du sud s'assit sur la chaise posée devant l'orgue, posa le violon à côté de lui et entama un air mélodieux. Ses doigts glissaient aisément sur les touches, malgré le temps qu'il n'avait plus joué. Ses pieds aussi retrouvaient rapidement les notes sur le pédalier. Son âme se souvenait lentement mais sûrement de tous ses airs religieux qu'il avait autrefois joués pendant des masses...autrefois, avant que la bombe avait tout détruit. Bientôt, son âme et son corps recommençaient, comme jadis, à collaborer ensemble, à tirer de l'instrument des tons doux mais sûrs, gentils mais déterminés, agréable mais sévère.
Les enfants l'écoutaient, surpris par cette réaction inattendue, émerveillés par le talon d'un des hommes les plus puissants de la Mecanicae Imperium.
Quand Fhou jouait, il oubliait le temps. Combien de temps avait-il joué ? Cinq, dix minutes ? Un quart d'heure ? Une heure ? Ou encore plus.
L'unique chose dont il s'était sûr était que son chant avait plut aux enfants. Quand il se leva et se retourna, les enfants souriait heureux, réjouit par le chant. Leur visage était une mine de bonheur. Mais ils étaient toujours trop timides pour lui adresser la parole.
En les voyant si réjouit, Fhou aussi se sentit heureux, et son sourire mélancolique se transformait en un sourire rayonnant, ensuite dans un rire de joie.
Avec cet acte, la barrière entre lui et les enfants était brisée. Les enfants commencèrent à rire à leur tour, à applaudir les talents de Fhou.
- Dites, dites, c'est vrai que vous êtes prêtre ? demanda un enfant curieux.
- Je ne fais que prêcher la foi de notre seigneur, répondit Fhou.
- Pourriez-vous nous parler de Dieu ? demanda un autre enfant.
- Oui ! Parlez-nous de Dieu !
- On sait si peu de lui !
Fhou sourit, alla vers les enfants, et s'assit au milieu d'eux. Il sortit la Bible de sa veste satin de couleur bordeaux. Curieux, les enfants s'assirent à leur tour, autour de lui.
- Vous pouvez approcher, remarqua le prêtre malgré lui, je ne mords pas.
Surpris au premier moment, les enfants lui obéissaient heureux. Après tout, les commandeurs n'étaient pas si froids et sévère que ça !
Un des enfants s'approcha tout près de lui. Son nez touchait presque la manche droite de la veste, et il sentait l'odeur spéciale qu'entourait le commandeur. Un eau de toilette ? Un parfum ? Ou une odeur naturelle ? Aucune idée. Mais elle lui allait à la merveille.
Fhou, remarquant l'enfant, le dévisageait un peu surpris, puis lui caressa avec un sourire aux lèvres les cheveux. L'enfant poussa un cri de joie. Les autres aussi. Fhou dévisageait la bande d'enfants heureux qui s'approchait à présent encore, car cela faisait des années qu'il n'avait plus vu un enfant joyeux, et triste, car cela lui rappela en même temps des anciens souvenirs...
Impatient, les enfants le regardaient, attendaient patiemment qu'il commença à leur parler de Dieu.
- Dieu veille sur vous, dit Fhou finalement en ouvrant la Bible, sur chacun d'entre vous.
Les enfants l'écoutaient passionné. Fhou devait sourire devant tant de naïveté. Et il continuait à parler de Dieu, à raconter des mensonges. Mais si ces mensonges étaient vitaux, ils leur en raconteraient d'autres. Toujours. Si l'homme avait besoin de mensonges pour vivre, il leur en allait raconter. Après tout, la bible en était remplie.
Fin
Mot d'auteur :
Comme la routine, tout d'abord merci. Si vous lisez ceci, cela veut dire que vous avez, normalement, lit les 2 et demi pages suivantes ! J'espère que la petite histoire vous a plus ^_^
Encore, une ou deux remarque. Il n'est pas dit dans le manga que les orphelins faisaient partis de l'ancien post de défense de Fhou, vu qu'on ne l'a pas vu (on ne voit aucun post de défense des quatre commandeurs cardinaux...), et à mon avis ce n'était pas le cas. Donc j'ai pensé que les orphelins étaient toujours dans l'église. Quant à Karin, Hokuto l'a confiée à Fhou en même temps que ce dernier à été pénalisé pour avoir laisser échapper Karen. Donc il (ou qqn d'autre) l'a directement transportée à l'église le jour même où Fhou commence à protéger son nouveau post de défense ! Enfin bon, ce n'est pas très clair....mais j'espère que vous comprenez...
Voilà, c'est tout que j'ai à dire...encore merci d'avoir lu. Je suis ouverte pour tous les éventuels critiques ^_^
Reven Niaga