Puis je comparer ma vie à un nuage ?
Puis je considérer, toi ou moi, comme un oiseau en cage
A cause de cet endroit auquel nous étions enchaîné par serment ?
Le phoenix renaît de ses cendres, mais pas toi...
Ni moi.
Chaque être décède un jour ou l’autre.
Hélas, toi, tu l’es déjà...
J’ai pleuré ta mort, beaucoup.
J’en aie assez de souffrir, de gémir.
Sentir cette boule dans ma gorge au moment où les larmes veulent déborder.
Oui, j’ai beaucoup pleuré.
Je suis trop facilement accessible.
Il ne suffit de pas grand-chose pour me faire penser à ce qu’il ne faut pas.
Et mes yeux pleurent, mon cœur se serre.
Tu es mort en le prévoyant.
Et tous les deux, on le savait dès que l’on s’est rencontrés.
On savait que notre « amitié » ne durerait pas assez.
« Amitié » ainsi car je sais que ce qui nous liait était bien plus forts que cela.
Je crois... Non, j’en suis certaine.
Frères et sœur non pas par les gênes mais par le cœur.
La mort ouvre ses ailes à beaucoup de gens.
Quelque soit l’âge, l’origine, l’apparence…
Elle ne fait pas la différence.
Sa faux écarte l’âme du corps lorsqu’elle juge qu’il est temps.
Et toi tu étais si jeune.
Quoiqu’il se passe je ne pourrais jamais oublier.
Ton dernier regard avant...
Avant que ça ne soit le dernier que j’ai aperçu.
Tu le savais, tu savais que c’était maintenant.
Mais tu m’as parlé avec les yeux.
Tu m’as montré « C’est la dernière fois... que l’on se voit. Adieu »
J’ai voulu me persuader que j’avais tort ou mal interprété, voire rêvé.
Mais je t’ai vu mort.
Et avant ce que tu m’avais dit, toi qui adorait cet oiseau :
« Lorsque je mourrais, comme le phoenix je renaîtrais de mes cendres »
J’ai bien compris ce que tu voulais dire.
Tu as toujours cru à la vie après la mort.
Alors ça signifiait que tout allait recommencer pour toi
Mais sans moi...
Où es tu maintenant ?
Me regardes tu, de tes yeux lilas?
J’aimais tant me plonger en eux dès que j’en avais l’occasion.
Seulement voilà...
Je ne pourrais jamais plus le faire.
Parce que tu as disparu.
Parce que tu n’es plus dans la vie d’aucun.
Et eux non plus.
Nos amis t’ont rejoint et moi je suis ici.
L’idée de te perdre m’était déjà insupportable
Mais savoir que eux aussi, au même moment y ont laissé leurs vies...
Doit on vraiment qualifier cela de chance ?
Pour moi c’est un cauchemar.
Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerais toujours.
Eux aussi... mes amis, mes frères de coeur.
Attendez... attendez moi, c’est aujourd’hui que j’ai envie de vous rejoindre !
Ce n’est rien d’autre qu’un petit morceau de verre
Et des réseaux de sang
Qui me conduiront à vous, à toi.
Je n’ai bientôt plus de ce liquide rouge dans les veines.
C’est fini.
Je revois ton visage et les leurs.
Je revois enfin vos sourires et surtout le tien.
Je suis soulagée, enfin je vous revois
Ce que j’aperçois dans vos yeux,
C’est de la joie.
Mais pas seulement cela…
J’y lis aussi cette profonde amitié qui nous lie.
Je souris, c’est pourtant rare.
Mais c’est parce que je suis de nouveau avec vous,
Pour toujours et à jamais.
Et nous avançons tous les quatre vers une lumière
Une lumière apaisante et sereine.
Alors c’est ça la mort...
Si oui, de quoi a t’on peur ?
Ma main dans la tienne.
Ta main dans la mienne.
Hokuto a un visage calme et reposé.
Ron sourit doucement
Ce sont dans ces derniers mots que se passera notre éternité ensemble :
« Aishiteru »